La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Hockey

Ce Hockey m’est resté en travers de la gorge, toute la soirée…

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A l’instar de MGMT et de Passion Pit aux States, mais également de Friendly Fires en Grande-Bretagne, Hockey fait l’objet d’un véritable ‘hype’. Il se produisait au Botanique ce 3 mars 2010, pour y défendre son « Mind Chaos », un très bon premier opus sorti durant l’été 2009. Le combo avait, par la même occasion, la ferme intention de montrer son savoir-faire ; mais également prouver qu’il méritait une place au sein de la scène pop indie festive...

Début des hostilités à 20 heures. Ce soir la Rotonde n’affiche pas complet. Lorsque les musiciens montent sur les planches, on constate que le line up s’est enrichi d’un nouveau membre. Un claviériste, plus précisément. Tout au long du set, il va saupoudrer la solution sonore d’interventions électro. Si leur elpee brillait par son dynamisme et sa vivacité, on ne peut en dire autant de sa transposition en live. Et pourtant la prestation avait commencé en force. Mais après avoir aligné quelques morceaux excitants, Hockey a progressivement perdu son fil conducteur. Et la version country de « Four Holy Photos » (NDR : une horreur !) ainsi que l’adaptation d’« Everyone’s The Same Age » en slow ringard, en sont vraiment de parfaites illustrations. Et franchement, elles n’ont vraiment plus rien de percutant. On a même eu droit à une nouvelle compo. Pathétique ! Drôle d’idée de briser constamment le rythme. Ce qui n’annonce rien de bon pour le prochain album…

Les Ricains vont achever leur show par « Too Fake ». Les percus sont enfin judicieuses et stimulantes, mais elles ne font pas long feu. De quoi accentuer notre sentiment de désillusion. D’ailleurs on ne peut pas dire que les acclamations aient été nourries. Alors qu’on s’attendait à un concert festif et riche en déhanchés, ont a dû se contenter d’un spectacle mou et laborieux…

(Organisation : Botanique)

Dominique A

4 rappels et puis dodo…

Écrit par

La salle Jean Noté était aux deux-tiers remplie pour accueillir Dominique A. A vue de nez, il devait donc y avoir plus ou moins 600 spectateurs. Une belle performance lorsqu’on sait qu’une semaine plus tôt, la Maison de la Culture de Tournai n’avait alors enregistré que 250 préventes. Mais ce manque d’intérêt est incompréhensible, surtout quand on sait que la plupart des concerts accordés par le natif de Provins (NDR : c’est en Seine et Marne), dans le Nord de la France, affiche sold out ! Comme quoi, il ne suffit pas de chanter en français pour remplir une salle dans la cité des Cinq Clochers. A cet égard, cette situation me permet allègrement de battre en brèche les arguments fallacieux justifiés par certains mélomanes et journalistes locaux, lorsqu’ils ne veulent pas se rendre à un spectacle. En fait, ces censeurs imitent la foule en ne se déplaçant que lorsque l’artiste jouit d’une popularité certaine ou est matraqué sur les ondes radiophoniques formatées (NDR : les deux conditions étant souvent liées). La langue de Shakespeare, ce n’est qu’un prétexte ! Bref, on ne va pas refaire le monde, mais il est bon, de temps à autre, de remettre les pendules à l’heure…

En première partie, l’ex-leader de Venus, Marc Huyghens était venu présenter son nouveau projet : Joy. Un trio au sein duquel milite une percussionniste (Françoise Vidick, son épouse), également vocaliste (NDR : très beau timbre !) et une violoncelliste (Anja Naucler, de nationalité suédoise). Bref, on retrouve chez Joy, cet esprit ‘classique’ qui hantait déjà l’ex-formation du Gantois. Le trio rôde son show depuis plus de six mois et il faut reconnaître qu’il est parfaitement au point. La texture musicale est très soignée, ténébreuse (NDR : drôle d’idée de choisir Joy pour patronyme), contemplative, minimaliste. Un univers sonore parfois déchiré par les accords de la six cordes de Marc ou du violoncelle (NDR : les deux musiciens ont recours aux pédales de distorsion), et subtilement martelés de rythmes celtiques et circonstanciellement tribaux. La voix de Marc me fait parfois penser à celle de Mark Chadwick, le leader des Levellers. Et quand elle se conjugue en crescendo avec celle de son épouse, c’est absolument superbe. Quant aux envolées lyriques, parfaitement en harmonie, elles lorgnent plutôt du côté de Muse. Le seul problème c’est que l’ensemble est tellement bien huilé, qu’il manque de relief. Le climat mélancolique, à la limite mélodramatique, accentuant cette impression. Le set aurait même pu s’étaler sur un seul et long morceau, dans l’esprit prog si cher au 70’s. Pas encore d’album pour Joy, mais quelques démos à découvrir sur leur MySpace.

La dernière fois que j’ai assisté à un concert de Dominique A, c’était en 2002, dans le cadre des Nuits Botanique. Faut dire que jusqu’alors, j’étais quelque peu indifférent à sa musique. Or, lors de ce spectacle, j’avais eu une excellente surprise. Seul au milieu d'une multitude de pédales, ce véritable homme-orchestre avait montré une facette de son talent que je ne lui connaissais pas. En outre, son timbre vocal était devenu bien plus mûr qu’à ses débuts. Superbe il m’avait même fait penser celui de Léo Ferré. Enfin, paru l’an dernier, son dernier elpee, « La musique », m’avait beaucoup plu. Raison pour laquelle je m’étais décidé à me rendre à la Maison de la Culture de Tournai, pour assister à son show.

Pour la circonstance, Dominique est soutenu par 3 musiciens. Tout d’abord un drummer qui double également (NDR : probablement ?) à la boîte à rythmes et un claviériste. Plutôt appliqués et impassibles. Et puis un guitariste/claviériste/bidouilleur assez étourdissant. Il est jeune, brillant et se multiplie pour assurer ses différentes tâches. Ce soir, c’est un peu lui l’homme-orchestre. Et quand on peut s’appuyer sur un tel musicien, on peut dérouler. Et c’est ce qui s’est produit ce soir. Dominique est au sommet de sa forme. Cold wave, new wave, valse, tango, paso doble, ballades, noisy, rock, tout y passe. “Hasta- que el cuerpo aguante”, “Immortels”, “Le bruit blanc de l’été”, « Sur nos forces motrices » ainsi que l’inévitable et remarquable “Le courage des oiseaux” sont passés en revue. On a même droit à une nouvelle chanson dont les accords de gratte scintillants, déchiquetés, semblent empruntés à Kitchens of Distinction. Le light show est sobre, mais efficace. Un éclairage essentiellement placé à l’arrière de la scène, projetant des ombres chinoises. Des lumières parfois stroboscopiques, qui traversent également des panneaux tournants, toujours en arrière-plan. Des images d’OMD, Ultravox, Noir Désir et même Bashung traversent mon esprit. Dominique est généreux. Il frappe du pied, secoue la tête (NDR : raison de son regard oblique ?) Et puis, il émane une telle force, une telle beauté et une telle sérénité de ses textes qu’on en est complètement retournés. Le public est conquis, mais gourmand. Il en veut encore et toujours. Et Dominique lui accorde quatre rappels. Dont le dernier, sous forme de slow, histoire de calmer un peu l’enthousiasme, ajoutant : ‘C’est la dernière, et puis Dodo !) Je regarde ma montre, il est 11h45 ! Il doit avoir joué plus de deux heures. Impressionnant !

(Organisation Maison de la Culture de Tournai)

 

30 Seconds To Mars

Mars en ébullition !

Écrit par

‘Was it a dream?’ Il aura fallu attendre plus de dix longues années avant de voir débarquer la planète rouge en Belgique. Une formation dirigée de main de maître par Jared Leto. Un artiste aux multiples facettes qui a d’abord tâté du cinéma avant de devenir ce showman, susceptible de faire fondre le cœur de ces demoiselles ! D’origine californienne, 30 Seconds To Mars est une formation responsable d’une musique, dont les influences sont puisées essentiellement dans le rock, l’électro et la new wave ; une musique qui séduit un public très large. Donc aux goûts éclectiques.

En supporting act, vont se produire deux combos. Tout d’abord Lost Alone, un ensemble britannique dont le post punk teenager, pourtant agréable, ne retient l’attention que des quelques spectateurs agglutinés contre le podium. Street Drum Corps, ensuite. Un combo original, percussif, qui n’hésite pas à se servir de tout ce qui lui tombe sous la main (NDR : dont des fûts de bière) pour alimenter son punk rock à la fois torrentueux, sauvage et accrocheur. Le public est réceptif et semble conquis. Les musiciens vont d’ailleurs revenir, sur les planches, lors de la prestation de 30STM, pour y rouler du tambour.

21 heures. Après avoir supporté d’interminables cris féminins, à en faire exploser les tympans, 30 Seconds To Mars entre enfin en scène. Un système de protection a été installé devant le podium pour empêcher les nombreux photographes de passer devant Jared. Dès les première notes d’« Escape », intro du dernier album « This is War », l’hystérie est à son comble. Et se prolonge tout au long de « Night of the Hunter ». Le leader affiche un look punk destroy. Il est vêtu d’un long manteau noir couvrant à ce moment encore un T-shirt blanc sur lequel est imprimé le fameux triangle mystique, tant au recto qu’au verso. Sa voix est à la fois enivrante et hypnotique. De quoi faire rapidement monter la température corporelle. La passion des fans est dévorante. A la demande de Jared, ils se mettent déjà à jumper. Bien qu’approchant la quarantaine, cet artiste est parvenu à conserver une attitude adolescente et malicieuse (NDR : une bonne raison pour me sentir un peu moins seule au beau milieu de ces teenagers). Les morceaux s’enchaînent sans jamais perdre de leur intensité. Le public chante en chœur tout au long de « Attack », « From Yesterday » et « A Beautiful Lie ». Mémorable ! Deux  écrans surélevés diffusent une multitude d’images, tant de la scène, de la foule qu’issues de clips vidéo. Jared décide de ralentir la cadence. Il prend le temps de parler avec son public. S’excuse de ne pas être passé plus tôt par la Belgique. Salue l’esthétique de la Grand Place de Bruxelles et vante notre délicieux chocolat. Il ose quelques mots en français comme ‘Silence partout, je vais à la plage, voulez vous…’, sans pourtant terminer ses phrases. De quoi enthousiasmer le public féminin. Mais la soirée ne fait que commencer. L’excellent « This is War » relance la machine. Les cordes s’électrisent. Derrière ses fûts, Shannon entretient cette montée d’adrénaline. Il est temps de se réveiller pour un monde nouveau, de vivre intensément, d’entrer dans l’univers de 30 STM. Nouvelle pause, puisque Shannon (NDR : c’est le frère de Jared) se lance dans une session acoustique, au cours de laquelle il interprète « 100 Suns » et « L490 ». Il entame cet exercice de style par le recours à un bol chantant (NDR : ces récipients sont utilisés lors de rites chamaniques, et trouvent leur origine dans les calottes crâniennes utilisées pour appeler les esprits ; et selon la tradition tibétaine, le mouvement rotatif du bâton autour du bol permettrait d’entrer en méditation). Les vibrations alors émises envahissent votre corps. Fabuleux ! Au cours de cette séance, le leader en profite pour s’offrir un moment de relaxation, en se plaçant à l’opposé de la scène, parmi les spectateurs. « A Modern Myth » s’ouvre en douceur, avant de prendre de l’amplitude et même de la puissance ; un parcours en crescendo parfaitement maîtrisé par la voix de Jared. Un délice ! Avant de passer au délire. Engendré par « Closer to the Edge », « The Kill » et « The Fantasy » qui mettent littéralement le feu à la salle ! Les musiciens sont déchaînés. Bondissent sur les planches. Semblent heureux de communiquer avec leur public. Jared monte sur les barrières du front stage. Il veut entrer en osmose avec ses aficionados. Des mains se lèvent et tentent de l’agripper, certaines parviennent à l’effleurer du bout des doigts. Mais le set arrive à sa fin. Une trentaine de spectateurs privilégiés parviendront quand même à rejoindre la troupe sur l’estrade. Pour y chanter à tue tête « Kings and Queens ». Une compo qui va mettre un terme à ce voyage sidéral, au cours duquel on n’est quand même toujours pas parvenu à élucider l’énigme de l’Argus Apocraphex, un casse-tête chinois soulevé par Jared, lors de la sortie du deuxième elpee « A beautiful Lie ».

Pas de rappel. Dommage ! On aurait bien apprécié quelques riffs bien cinglants issus de leur premier opus. Et malgré l’heure trente de spectacle, je n’étais pas rassasiée. Mais bonne nouvelle, 30 Seconds To Mars se produira ce 2 juillet, dans le cadre du festival de Werchter…

Organisation Live Nation

(Voir aussi notre section photos)

 

Arid

Et ben Jasper, qu’est-ce qui t’Arid ?

Écrit par

En ce dernier week-end de février, l’Ancienne Belgique était entièrement réservée (dévouée) à un ‘petit groupe’ belge : Arid. Samedi et dimanche, la (plus belle) salle de concert de la capitale affichait complet, soit 4 000 personnes pour les deux représentations de la formation du ‘Freddy Mercury’ gantois. Appréciable…

A titre de comparaison, Ghinzu, autre combo noir-jaune-rouge avait attiré autant d’aficionados, mais dans l’antre de Forest National et en une seule soirée (ce qui faisait un peu vide, il faut l’avouer). Mais revenons à nos ‘schapen’ (moutons en français).

En première partie, Roadburg, formation limbourgeoise, réussit à rassembler et à captiver plus de la moitié du public présent, en dispensant un mélange de  jazz et d’indie alternatif. A revoir assurément! Il est 20h15, le band vide les lieux. Le rideau tombe ; et, c’est caché derrière ce voile que la suite se prépare, à l’abri des yeux indiscrets. Mmmm, surprise surprise ?

20 h 45, les premiers accords de « Something Brighter » retentissent. La lumière disparaît et au lever du rideau… pas de surprise, rien d’étonnant ! Ben pourquoi tant de mystères alors? Bon, pas grave ! Jasper est bien là, David Du Pré et sa guitare aussi et Steven Van Haevere est également présent derrière ses drums. Manque à l’appel le bassiste Filip Ros. Il a quitté le combo et est remplacé par Wladimir Geels ; le claviériste Luc Weytjens complétant le line up.

D’entrée de jeu, Jasper, très à l’aise, communique son énergie à ses fans, maniant aisément les deux langues nationales, s’excusant pour la présence des caméras (en vue de la réalisation d’un dvd) dans le public et invitant ses fidèles à battre des mains, à chanter et danser avec lui. Racoleur, le gaillard a du charisme à revendre et il gagne aisément son pari. La communion est totale, à tel point que lors de l’interprétation du futur tube « All that’s here is all that’s left », il descend de son estrade, s’invite au milieu de ‘son’ public pour partager encore plus ses émotions. Il n’y a pas à dire, il sait y faire. Quel charmeur le Jasper ! Tout au long du set, il volera la vedette à ses acolytes. Et l’auditoire n’aura d’yeux que pour lui, tantôt à la guitare, au piano et bien sûr au chant.

Pendant plus d’une heure et demie, Jasper, heu, Arid pardon, va nous proposer vingt titres, mêlant les succès 'classiques’ aux plages plus récentes du dernier opus (sortie ce 1er mars) pour le plus grand plaisir de la foule en délire. Car en ce qui concerne l’ambiance, on peut parler de délire. Assurément. Un summum ! Que du plaisir donc. Mais au top, on ne peut pas l’être constamment… Jasper va en faire la triste expérience à trois reprises. La première fois lorsqu’il massacre (et ce n’est pas peu dire) la splendide ballade « Mindless », chantant un ton en-dessous de ses musiciens (aïe aïe aïe, les oreilles). La seconde lorsqu’il se trompe de guitare, s’en rend compte, change d’instrument, s’excuse et recommence tout à zéro ; et enfin, la dernière, lors de l’ultime rappel, le batteur manquant précisément à l’appel (sans jeu de mots) !

Ces trois malheureux détails n’ont cependant pas gâché une superbe soirée où (presque) tous se sont régalés de la splendide voix d’un interprète hors du commun.

Organisation AB

(Voir aussi notre section photos)

Le Loup

Hungry Like The Wolf

Écrit par

Le 27 février 2008, Le Loup déployait ses griffes pour la première fois dans la petite salle bruxelloise. Presque deux ans jour pour jour après avoir perpétré son premier carnage à la Rotonde du Botanique, la meute, dont deux membres se sont fait abattre en cours de route, revient semer la terreur. Pour attirer le gibier, elle s’est armée de « Family », une formidable deuxième galette, évoquant un Fleet Foxes voire un Grizzly Bear dévoré par des Animal Collective. Ce soir, c’est sûr, ça va sentir la bête !

A 20h15, une Rotonde à moitié remplie accueille les cinq bestiaux washingtoniens. Ils sont venus défendre leur nouvelle portée. En ouverture, on se repaît d’un « Saddle Mountain », immédiatement enchaîné par un « Beach Town » de toute beauté. Le leader de la troupe, Sam Simkoff, sautille devant son clavier. Le public, lui, se contient. Quelques fessiers gigotent sur les tribunes mais personne n’ose encore s’avancer sur le parterre, à découvert. C’est que Le Loup montre les crocs et accélère la cadence.

Les sonorités frénétiques de « Family » rejoignent harmonieusement celles de « The Throne Of The Third Heaven Of The Nations’ Millenium General Assembly ». « We Are Gods, We Are Wolves » s’échappe des baffles, très vite suivi par le titre-maître du deuxième Long Play et un « Outside Of This Car, The End Of The World » à la rythmique envoûtante. Difficile de rester le cul scotché aux gradins. Les proies bouillonnent. Le Loup s’en lèche les babines : ‘Tôt ou tard, vous succomberez !’ Déjà « A Celebration » vient clôturer le set.  Un berger s’approche et se laisse emporter par le son des percussions. Victoire ! Justement, un « Sherpa » salutaire va servir de rappel festif. Très vite, une bonne partie du troupeau s’approche à son tour, histoire d’allécher Le Loup, qui peut enfin se retirer, repu.

Organisation : Botanique

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

The Tragic Tale of Brian Wilson !

Écrit par

Bienvenue dans le monde merveilleux de Brian Wilson (fondateur des Beach Boys) ! Sous le ciel gris de Bruxelles, l’Archiduc ouvrait généreusement ses portes aux derniers récits sonores de My Little Cheap Dictaphone (NDR : prononcez MLCD !).

Deux ans d’écriture résumés en cinq clins d’œil mélancolico-tragiques tirés du nouveau ‘spectacle-album’ minimalement orchestré par Redboy (Chant-guitare), Xavier Guinotte (Basse) et Louis Louis (Piano). Architecture narrative habilement désossée contant le destin torturé du leader des Beach Boys.

Essence d’un opéra pop qui éclipsera les premiers visages sur les planches du Cirque Royal le 08 mai 2010. Un univers kaléidoscopique qui évoque, d’une voix ‘tomwaitsienne’ en filigrane, le monde magique de Mercury Rev et Bernard Herrmann (musiques de films Hitchcock). Fiction ingénieusement drapée d’une mise en scène orchestrée par Bubble Duchesse (Eve Martin) et d’une scénographie réalisée par Catherine Cosme et Gaspard Berlier. Vidéos (Eve Martin et Nico Bueno) qui prêtent un supplément d’âme aux symphonies ‘dictaphoniennes’. Spectacle sonore et visuel qui image le décor ‘rockocos’ d’une animation 50’s d’une synchronisation digne d’un d’horloger suisse. Attention aux oreilles et aux yeux car le résultat est surprenant !

Entre rêve et réalité le quatuor liégeois tourne les pages de la vie captivante du musicien californien avec un talent narratif digne de Tom Waits. Une expression surréaliste à ne surtout pas rater dans les bacs dès la mi-mars.

Concert-Spectacle à découvrir impérativement le 07 mai 2010 à la Caserne Fonck (Liège) et le 08 mai 2010 au Cirque Royal (Bruxelles) dans le cadre des Nuits du Botanique.              

 

The Swell Season

Soldiers Of Love

Écrit par

En 2008 paraissait « Once », un petit film musical irlandais, sans prétention. Ce Dvd mettait en scène Glen Hansard, leader de The Frames, et une certaine Markéta Irglovà. En tant que mélomane et fan des Frames, impossible de passer à côté. Une petite location et 1h20 plus tard, c’est le coup de foudre. Le lendemain, je décidais donc d’acquérir non seulement le Dvd mais également le splendide disque éponyme du duo qui finira par tourner en boucle dans la platine. Parce que The Swell Season n’est pas un groupe que l’on apprécie vulgairement mais une formation dont on tombe amoureux, inconditionnellement. Et le concert accordé au sein d’une AB, dans sa configuration Flex (semi-assis), comble et comblée n’a fait qu’accentuer ce sentiment !

Josh Ritter a manifestement un penchant pour les Irlandais. Pour son premier passage en Belgique, il était soutenu par Damien Rice. C’était en 2004. Six ans plus tard, le troubadour nous offre un set du même acabit, un sourire figé sur le visage. Seul avec sa guitare, Ritter parcourt le meilleur de sa discographie qui compte quatre enregistrements studios presque impeccables. Il est content d’être là, le bougre. Et le public l’écoute. Religieusement. Après un court récital de 30 minutes, il se retire, promettant de revenir au printemps. Le rendez-vous est pris !

The Swell Season ne fait pas attendre son public. Seulement un quart d’heure plus tard, Glen Hansard débarque sur scène salue le parterre et entame un « Say It To Me Now » en solo avant d’être rejoint au micro par Makéta Irglovà pour « All The Way Down ». Le ton est donné. Ce soir on va frissonner. Glen, particulièrement bavard et amusant, présente ensuite ses amis de The Frames, invités à monter sur le podium pour la suite des festivités. Elles démarrent par le décontractant « Low Rising ». Les extraits du récent « Strict Joy » vont joliment se mêler à ceux de l’éponyme. La formation fait vibrer l’AB à plusieurs reprises. Et notamment lorsque Hansard interprète un « Leave » intense, au point de donner la chair de poule. Carrément !

The Swell Season est un collectif et le démontre en cédant l’avant-scène d’abord à Rob Bochnik (guitare). Ce dernier réinterprète magistralement le « Little Arithmetics » de dEUS. Puis à Colm Mac Con Iomair (violon). Il présente un extrait de « The Hare’s Corner », son recueil de musiques traditionnelles irlandaises. Retour ensuite à la prestation de la troupe qui enchaîne par « The Rain », « The Moon », « Back Broke », « Fantasy Man » et encore « When Your Mind’s Made Up », avant de se retirer sous une ovation bien méritée.

Le rappel sera l’occasion pour le combo de présenter d’autres morceaux de « Strict Joy » et surtout, le splendide et ‘oscarisé’ « Falling Slowly ». Josh Ritter rejoint ses amis le temps d’un « Come And Find Me », extrait de son « Golden Age Of Radio ». Après 2 somptueuses heures, Glen, Markéta et les autres membres de The Swell Season se retirent une dernière fois, laissant derrière eux un public entièrement conquis à leur cause. On en redemande !

Organisation : Ancienne Belgique

Asaf Avidan

La traversée du désert avant la terre promise…

Écrit par

Suite à la chronique consacrée au dernier album d’Asaf Avidan and the Mojos, concoctée par Michel Serry, j’ai décidé de me rendre à l’ABClub ce jeudi 18 février, afin d’assister à leur set programmé en première partie de Mai Lev, artiste inconnue au pavillon (de mes oreilles). Dans un souci de progression qualitative dans le texte, j’éviterai de raconter cette soirée selon l’ordre chronologique. Je commencerai par la fin. En principe, la coutume veut que l’on programme la tête d’affiche en second ; ainsi la soirée est comme un feu d’artifice clos par un superbe bouquet final. Après un premier groupe très fort, on espère toucher les étoiles. Ce soir, après Asaf Avidan et ses Mojos (NDR : qui avaient placé la barre très haute, il faut le reconnaître), la déception était totale. Le flop, la débandade.

Mai Lev se fait attendre et les essais de ses techniciens sont longs avant que ne débute son show. Enfin, elle arrive, boudinée par une robe de collégienne japonaise montée sur bottes blanches de travelo et dessinant des mimiques de petite fille. Entre notes de carillons et airs de flûte à bec (évoquant là encore l’école), elle se dandine et chante d’une voix sucrée des chansonnettes aux textes niaiseux. Elle nous balancerait des bonbons qu’on ne serait pas surpris. La réclame de l’AB promettait une révélation, parlait de Ravel, des Beatles… Une blague ! On n’est pourtant pas déjà en avril.... Je n’ai pas eu le cran de rester parmi les courageux vétérans, et suis partie, comme la plupart du public, avant la fin du spectacle ( ?!?!?)

Mais revenons en arrière, au début de soirée. Les cinq musiciens d’Asaf Avidan and the Mojos ouvrent la soirée. Pas un cadeau pour le combo, puisque le public bruxellois se résume à une quarantaine de personnes éparpillées dans la petite salle. C’est regrettable, parce que le groupe a de quoi faire vibrer un espace plus grand que l’ABClub. Leur musique est riche, émouvante, naviguant entre tension calme et explosions vrombissantes. La voix exceptionnelle d’Asaf Avidan est souvent comparée à celle de Janis Joplin. Eraillée, criarde, chargée d’émotion et susceptible de dérailler à tout instant, elle est portée par quatre musiciens de haut vol : une violoncelliste, un guitariste, un bassiste et un batteur. Sur scène, le groupe évolue avec une élégante simplicité. Les soli de chant, percussions ou guitare, sont des moments étranges où tous s’effacent pour écouter celui qui joue seul. Le guitariste balance un solo très rock, puis le chanteur Asaf Avidan, au milieu de la compo, s’octroie un instant a cappella, un temps suspendu, une éternité qui se prolonge tandis qu’il se tortille pour exploiter la moindre alvéole pulmonaire. Un cri poussé par un ange égosillé. L’échine se glace, les boyaux se tordent. Puis les musiciens répondent et le morceau reprend. On pense même avoir rêvé.

L’émotion est là parce que chacun la ressent. Les Mojos sont heureux de jouer. Ils s’amusent à répliquer via leurs instruments. Ils s’écoutent. Sourires complices. Aux titres lents succèdent des compos plus rock’n’roll, mais le public, timide, ne leur réserve pas un franc honneur. Des applaudissements, oui, mais peu de mouvement, et toujours cette distance polie de deux mètres au devant de la scène. Où sont les fans ?

Je sors de ce double concert mi-figue mi-raisin. Parce que terminer ainsi une soirée si bien commencée, c’est triste. Parce qu’assister au non-accueil d’un groupe fantastique, c’est désolant… Parce que ne voir aucun autre point commun entre deux groupes israéliens que leur nationalité pour justifier leur programmation le même soir, c’est énervant.

Si les Mojos ne sont pas trop rancuniers, j’espère que leur prochaine tournée en Belgique sera saluée, remarquée et applaudie. Perso, promis, je rameute tous mes potes et on leur fait un accueil digne de ce nom ! 

(Organisation Ancienne Belgique)