La manille pour bébé de Panic Shack

Fondé en 2018, Panic Shack eéunit Sarah Harvey, Meg Fretwell, Romi Lawrence, Em Smith et Nick Williams. La formation a décidé de défier l'atmosphère exclusive des scènes indie et punk dominée par les hommes. Sa musique est décrite comme explosive et…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Ours

Le soir de la Bête(s)

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Un vendredi soir particulièrement sympathique s’ouvrait sous les meilleurs auspices. Les rayons du soleil n’en finissaient plus d’exhaler leur chaleur. La terrasse du Bota résonnait des rires chaleureux des clients, et surtout, la Rotonde accueillait deux artistes, qui méritent davantage que la curiosité : la reconnaissance. Après avoir avalé quelques décilitres de houblon bien frais, la foule déjà sous le charme du climat, s’est enfin décidé à prendre le chemin des portes de la salle, sur le coup de 20h00.

Il faudra attendre cependant encore 20 minutes pour voir apparaître le premier des monstres poilus de la soirée : Le Yeti. Responsable d’un set pop/folk tendre, particulièrement propice à l’ambiance générale, les quatre larrons enchaînent mélodies intimistes au sein d’une ambiance feutrée et parviennent rapidement à chauffer la salle. Le groupe a déjà fidélisé son public. D’ailleurs, aujourd’hui, s’il se produit en première partie, il aurait pu faire la tête d’affiche, sans le moindre supporting act. Sorti de sa tanière, le Yeti est venu nonchalamment effleurer de ses doigts poilus, le duvet de notre sensibilité. En dix plages et quarante-cinq minutes de set, le combo est parvenu à nous communiquer des frissons d’émotions, et visser encore plus le sourire sur nos lèvres. Bien cool les gars.

21h05, la salle se vide quelque peu. Le temps de refaire le plein de kérosène et de griller un petit quelque chose, et elle se remplit à nouveau. Un entracte qui ne durera qu’une quinzaine de minutes. La Rotonde n’est pas bondée, mais les places disponibles sont plutôt rares. Une situation qui ne peut que satisfaire l’artiste suivant. Surtout lorsqu’on sait que quelques mois plus tôt, sa prestation n’avait attirée qu’un auditoire assez clairsemé. Installation du matos. Sound check. Il est 21h35 lorsque le mal léché fait son apparition. Il est affublé de son éternel t-shirt fait main avec du scotch. Et ouvre les festivités par « Il était temps ». En clamant de suite, qu’il ‘veut hurler d’avantage’. Ca promet ! L’accueil est vraiment chaleureux, et le public ne se prive pas de saluer l’artiste frénétiquement. Remerciements avant de raconter la même histoire concernant son t-shirt, en voie de construction comme le groupe’… (NDR : à force de taper sur le clou, on finira par le savoir !) Les bons mots s’enchaînent. Le public apprécie son humour. Très représentatifs du répertoire de l’artiste, « Quand Nina est saoule » et l’excellent « Cafard des fanfares » embrasent l’assemblée. Ours, aka Charles Kienast/Souchon, manifeste une grande sensibilité sur scène. Et on ne peut qu’être impressionné par son sens du contact humain. Il ne donne pas l’impression d’être une star sur les planches. Celle que l’on vient admirer et aduler. Il sourit timidement mais ouvre son cœur. Il parle aussi avec ses mains, dévore des yeux, et ses attitudes amplifient la profondeur de ses textes et la contagion de ses mélodies. Il passe de la guitare sèche à l’électrique, bondit, fait la fête en compagnie de ses acolytes. Grand gosse, il ne se prive pas du plaisir de cultiver un esprit potache et se permet même de balancer quelques calembours bien tordus. Quand « Révèle » finit de résonner, il se lance dans une version fabuleusement rock de « Nina se réveille ». Le groupe s’éclate et se donne. Les musiciens donnent l’impression d’être une équipe très soudée (NDR : et pas seulement d’un point de vue musical) tout en manifestant un respect mutuel. « On essaye d’imaginer » et « Orange » entrent en éruption, mais Ours conserve un flegme imperturbable. Il improvise une chanson, fait rimer les mots que le public lui soumet. Le courant de sympathie grimpe encore d’un échelon. La prestation se termine à 22h45 par « Petits Moments », partagé en duo avec Chloé Monin, transfuge de Scotch & Soda, de visite en notre capitale.

Le rappel s’ouvre par le très touchant « Comment c’est », suivi de « La maison de mes parents » qui conclut la soirée. Conclure c’est vite dit. En effet, le public complètement comblé et gourmand en réclame encore, et Ours semble avoir du mal à s’en séparer. Pas qu’il souhaite encore que les projecteurs se focalisent sur sa personne, mais sa joie de rencontrer son auditoire le marque. Ca se voit. C’est flagrant. Seul à la guitare, il lui accorde un dernier cadeau : « Chérie c’est quand ? ». Un dernier salut venu du cœur. La main levée vers le ciel comme pour le remercier, il prend définitivement congé à 23h05, laissant derrière lui le parfum d’un homme qu’on aimerait compter parmi ses amis. C’est qu’il nous a touché l’animal. Une pensée qui se transforme en envie me traverse l’esprit : ‘vivement un album live, et la suite de ses aventures…’

Organisation Botanique

 

Etienne Daho

Les Cygnes de Daho…

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Il y a déjà quelques mois que le concert d’Etienne Daho, prévu à la Maison de la Culture de Tournai, était sold out. Et la majorité du public présent ce samedi soir, était constitué de fans. Juste avant d’entrer dans la salle on me signifie que les photos sont interdites, même à l’aide d’un GSM. Sachant que l’intéressé n’accorde pas d’interviews aux websites et que son dernier album (« L’invitation ») est plutôt mou du coude, mon esprit critique est soudainement entré en effervescence. Dehors, la température est estivale. A l’intérieur de la salle, plutôt tropicale. Une frange du public commence à battre des mains…

20h45, toute la troupe entre en scène, et entame son intro basée sur le single « L’invitation ». Au bout d’une trentaine de secondes, la musique s’arrête et Daho, combinaison en cuir noir, largement échancrée au niveau du cou (NDR : pour exhiber le haut de son torse), prend la parole. Il remercie les nombreux aficionados venus l’applaudir ce soir, et caresse quelque peu le public tournaisien, dans le sens du poil, en le qualifiant de chaud comme la braise. Rien de tel pour faire monter la température de quelques degrés supplémentaires.

Sept musiciens accompagnent l’artiste. Ceux situés à l’arrière-plan, sont divisés en trois sections. Et disposés sur des socles. Le drummer à gauche. Trois demoiselles à droite en tenue de soirée : deux violonistes et une contrebassiste. Et le bassiste au centre, qui redescend circonstanciellement sur les planches, tout en fixant bien son espace dévolu. D’ailleurs, bien que se dandinant constamment, ses pieds semblent enracinés au sol. A gauche de Daho, Jean-Paul Rouve se charge des parties de guitare, alors qu’à sa droite, le claviériste passe régulièrement à la six cordes. Entre la plupart des morceaux, l’artiste présente ses chansons. En toute simplicité et humilité. Il nous parle de ses débuts accomplis sur la scène musicale rennaise, de Marianne Faithfull en compagnie de laquelle il avait bossé, de sa jeunesse dissipée, de difficultés à trouver parfois ses textes. Et n’oublie pas de présenter ses musiciens. En fait, Daho est un véritable autobiographe ; et c’est souvent son vécu qui transparaît à travers ses poésies.

Le tracklisting alterne compos issues de son dernier opus et ses inévitables tubes. Et surprise, ce sont ses compos les plus mélancoliques qui passent le mieux la rampe. « Cet air étrange », « Les fleurs de l’interdit », « Un merveilleux été », « Sur mon cou » (en n’oubliant pas de rappeler qu’il s’agit d’une mise en musique opérée par Hélène Martin, d’un poème de Genet sur la condamnation à mort) ou encore « Boulevard des Capucines ». On est d’autant plus étonné, que ce type de compo manque singulièrement de relief sur son dernier opus. En fait, c’est le trio de cordes qui leur donne une nouvelle dimension. Il les booste même aussi majestueusement qu’efficacement. Tout en plaçant régulièrement la cerise sur le gâteau en fin de parcours. Et pour en remettre une couche, lorsque Daho colore ses compos de r&b de type ‘stax’ ou ‘tamla motown’ (NDR : notamment « L’enfer enfin » et « Obsession » caractérisés par ses jeux de lumières incandescents), c’est encore le trio qui parachève les morceaux. A cause de leurs interventions redoutables, effilées, incisives et vertigineuses, qu’elles dispensent tout en manifestant, par leurs déhanchements, une sensualité d’un grand esthétisme (NDR : comparable à des cygnes !) On relèvera encore deux superbes versions de « Des heures indoues » et « Le premier jour (du reste de ta vie) », au cours desquelles les deux guitaristes sont passés à l’acoustique, ainsi que l’inévitable single « L’invitation » – achevant le corps du concert– et ses handclaps hispaniques, auxquels la foule participe allègrement. Un tracklisting, entrecoupé des inévitables tubes : « Des attractions désastres », « Saudade », « Rendez-vous à Vedra » et autre « Epaule Tatto », etc. invitant le public à se lever pour frapper des mains ou pour reprendre en chœur les refrains. A mon humble avis, les moments du set les moins intéressants (NDR : quoique ceux qui recueilleront le plus de succès), d’autant qu’imprimés sur un tempo binaire, tout bêtement disco. Mais on retiendra également le superbe light show dominé par les lumières blanches. En particulier des lasers pivotants. Ainsi que de hautes colonnes de spots pilotées par un chenillard. Sans oublier un écran placé derrière la formation, sur lequel seront projetées des images d’une grande sobriété, parfois simplement celles des musiciens, le plus souvent en noir et blanc.

Deux rappels seront accordés. Daho y interprétera notamment « Promesses », la reprise du « Mon manège à moi » d’Edith Piaf, « Week end à Rome », au cours duquel le public va se substituer à l’artiste au chant et un remarquable « Cap Falcon », achevant la prestation dans le charme du romantisme et de la mélancolie. Remerciements chaleureux de l’équipe ; nouvelle salve d’applaudissements pour solliciter un nouvel encore, qui ne viendra plus. Mais après plus de deux heures de spectacle, il n’y avait manifestement pas de motif de se plaindre…

Organisation : Maison de la Culture de Tournai

 

 

Wire

Punk mais arty…

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Chouette ambiance au 4AD de Diksmuide ce 1er mai, qui accueillait le groupe mythique Wire. La date est sold out, mais on circule facilement au sein du club qui doit accueillir plus ou moins 300 personnes. Et comme le bar est à moins de 10 mètres du podium…

La première partie était donc dévolue à De Brassers. Un groupe culte en Flandre ! Pensez donc, ses premiers faits d’armes remontent à 1980. Puisant déjà ses influences majeures dans le punk, la new et la cold wave, cette formation limbourgeoise avait alors atteint la finale du Rock Rally. Et puis s’est mise à tourner, en compagnie, notamment, de Siglo XX et de Red Zebra. C’est ainsi qu’elle s’est forgée une solide réputation au Nord du pays et aux Pays-Bas. Depuis un peu plus d’un quart de siècle, le parcours du combo est cependant entrecoupé de longues périodes d’hibernation. Mais le revivalisme eighties semble avoir requinqué leur moral. Le line up peut toujours compter sur un trio de base constitué de Willy Dirckx (guitare), Marc Haesendonckx (basse) et Marc Poukens (chant). L’ex Struggler, Erwin Jans a remplacé Eric Poukens aux drums et Ben Dekkers a cédé ses claviers à Joachim Cohen (Infernal Beauty). Beaucoup plus jeune, ce dernier rend au moins 20 ans au reste de l’équipe. Les autres musiciens ont du vécu. Ca se soit et ça s’entend sur scène. Marc Poukens est un véritable showman et joue du micro comme un pro (il ne le fait quand même pas tournoyer comme Roger Daltrey !) Cependant, si l’alternance entre le recours à la langue de Shakespeare et celle de Vondel est louable (il chante même à une ou deux reprises dans celle de Goethe), je suis moins convaincu de l’impact opéré sur un public plus large. Ce qui explique sans doute, pourquoi le groupe n’a jamais rencontré de succès, que chez les néerlandophones. En outre, malgré les interventions très atmosphériques du claviériste, réminiscentes de The Danse Society, toute leur musique a pris un sérieux coup de vieux. On retiendra donc, surtout leurs excellentes et hypnotiques envolées instrumentales ; notamment de leur morceau accordé avant le rappel. Mais il est regrettable qu’un supporting act commence en retard et joue les prolongations, alors que 30 à 45 minutes de prestation auraient largement suffi.

Première surprise lorsque Wire monte sur le podium, pas de trace de Bruce Gilbert. En fait, il y a un bout de temps que le natif de Watford a jeté l’éponge. Ce serait même depuis 2004. Les tournées, il n’en a plus rien à cirer. Et s’il n’exclut pas une éventuelle collaboration en studio, il n’en fait plus une priorité. Enfin, la dernière fois qu’il a accompagné le groupe en Belgique, c’était lors de l’édition 2003 du Pukkelpop. Et tant pis si vous n’y étiez pas. Ex-Laika, Margaret Fiedler McGinnis le remplace à la guitare rythmique. Tiens c’est amusant, c’était Laika qui à ce jour, avait réalisé la meilleur cover d’une compo de Wire ; en l’occurrence « German Sheppherds ». Mais venons-en au set.

Comme d’hab, pas d’artifices lumineux. Et dès les premières mesures, le set fonce à du 100 à l’heure. Margaret semble avoir bien intégré son nouveau rôle ; et ses échanges opérés avec Colin Newman sont de toute beauté. Surtout lors des morceaux les plus élaborés. Un Colin légèrement enveloppé, qui ne se sert plus de petits papiers pour se souvenir de ses lyrics, mais d’un Mac. C’est le progrès ! Newman et Margaret disposent d’une panoplie de pédales plutôt impressionnante. On comprend ainsi beaucoup mieux, l’amplitude de leurs tonalités électriques et le recours fréquent aux effets spéciaux. Crâne rasé, basse vrombissante, Graham Lewis affiche une tête menaçante. A contrario d’un Colin dont le sourire cynique oscille entre ironie et sarcasme. Quant à Robert Gotobed, il est devenu manifestement le pilier du combo. Jouant le plus souvent les yeux fermés sur un kit minimalise, son tempo métronomique et implacable fait absolument merveille. Titres hymniques, furieux, vindicatifs (auxquels participe Graham pour les vocaux), élaborés, mélodiques, la setlist parfaitement équilibrée mélange allègrement compos récentes et anciennes. Les breaks et les chutes de morceaux sont toujours aussi surprenants. Confirmant bien que Wire constitue bien une des inspirations majeures des Pixies. Mais si l’esprit punk est toujours bien vivace, la prestation reste très soignée. Elle épouse presque une forme arty. Et manifestement, si le public apprécie le concert, remuant même la tête, le tronc ou les jambes, il se montre particulièrement réservé et n’ose pas se lancer dans le moindre pogo. Etonnant !

Deux rappels seront accordés, dont un premier incluant le fantastique « 15th » (NDR : il trotte encore dans ma tête). Le public essaiera bien d’en obtenir un troisième, mais sans succès. Et puis, il était déjà plus de 0h30. Prochaine étape pour Wire : leur nouvel album. Il a été repoussé à juillet. On en salive déjà…

Organisation 4AD.

Setlist

Circumspect
Our time
Mr. Marx’s table
Comet
Being sucked in
Mekon headman
One of us
Advantage in height
Agfers
I don’t understand
All fours

Boiling boy
15th
12XU

Lowdown
106 beats that

 


 

 

Belle & Sebastian

Un groupe profondément attachant...

Depuis leur passage remarqué au Botanique, il y a environ quatre ans, les charmants Ecossais de Belle and Sebastian n'étaient plus jamais revenus fouler les scènes de notre plat pays. Selon Stuart Murdoch, le chanteur à la voix d'ange mais aux idées noires, ce concert-là n'était pas à retenir dans les annales du rock… " Nous essayerons de mieux jouer cette fois-ci ", lance-t-il goguenard aux fans venus nombreux en cette fin de journée printanière pour déguster ses chères ritournelles folk-pop. Mais quoi qu'il dise, on ne le croit pas : ce concert, il y a quatre ans, était fiévreux et onctueux, et l'on croise les doigts pour qu'encore une fois, lui et ses amis nous emmènent dans leur petit monde chéri, où les délicats Simon and Garfunkel (pour les mélodies) jouent à la marelle avec Stephen Jones (pour l'ironie) et Leonard Cohen (pour la poésie). Venus spécialement pour promouvoir leur nouvel album (bientôt dans les bacs) et la BO de " Storytelling " (qu'ils ont composée), les douze (ou treize ?) membres du groupe ont tout l'air d'un groupuscule néo-hippie, les chemises à fleur en moins : en parfaite symbiose pendant tout le concert, ils n'auront de cesse d'échanger leurs instruments, comme on se passe un joint. L'atmosphère est d'ailleurs des plus bucoliques, et les mélodies chantées à bout de voix par Stuart et sa jolie copine semblent parfaites pour les veillées autour du feu… Mais attention : derrière ses complaintes baba susurrées d'une voix presque enfantine et ces minois charmants se cachent des petits malins qui jouent avec nos nerfs, plus proches de songwriters comme Randy Newman que de la Kelly Family. Car en se penchant sur les paroles de leurs chansons soi-disant guillerettes, l'auditeur attentif trouvera des thèmes souvent pessimistes, voire glauques. Belle and Sebastian n'est donc pas un groupe pour midinettes, mais plutôt le moyen idéal de refouler ses pulsions négatives dans une musique apparemment inoffensive : en d'autres termes, celui qui dit encore une fois que c'est de la musique de tapette a mon poing dans sa figure.

A part ça, le concert privilégia dans sa première partie de nouvelles compositions, dont une très flamenco. Puis les tubes s'enchaînèrent, de " Dog On Wheels " à " Sleep The Clock Around " en passant par " The Fox In The Snow ". En une heure et demie, Belle and Sebastian a prouvé, encore une fois, qu'il était un grand groupe, peut-être pas assez aventurier (c'est finalement toujours à peu près la même recette) mais profondément attachant.

 

Ian Brown

Ian Brown nous a enlevé le dessert de la bouche!

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Suivant sa (bonne ?) mauvaise habitude Ian Brown est monté sur les planches avec un retard plus que certain. M'enfin, il n'était quand même que 9h10, lorsqu'il a entamé son set. Faut dire que pendant les 40 minutes d'attente (NDR : il n'y avait pas de supporting act), il a fallu se farcir des vieux disques de Genesis, qu'on entend plus que chez Marc Isaye. Une chose est sûre, le band de Brown dispose d'un matos d'enfer qui occupe toute la scène de l'Orangerie. Enfin, le combo arrive. Ian salue la foule. Il est vêtu de son anorak baggy. Un vêtement qu'il ôtera après deux chansons pour arborer un superbe t-shirt à l'effigie de Beethoven. Mais ce qui frappe tout d'abord, ce sont ses musiciens. D'abord le percussionniste, que Ian surnomme Mr Goldfinger. Probablement un Indien ou un Pakistanais. Enrubanné, vêtu d'une longue robe blanche, on le croirait sorti tout droit du film " La lampe d'Aladin ". Et ce qui ne gâte rien, il est vraiment brillant tout en virevoltant au beau milieu d'une panoplie impressionnante de percus. Le guitariste, ensuite. Il porte à la main droite des bagues, sur lesquelles des lasers ont été adaptés. Et comme sa guitare clignote comme un sapin de Noël, il incarne un light show à lui tout seul. Le drummer joue constamment un écouteur hi-fi sur les oreilles, tandis que le claviériste supervise le tout d'un portable high tech. Plus sobre, mais terriblement efficace, le bassiste donne l'assise du groove, même si sur le morceau d'ouverture, il joue d'un clavier miniature. Ian Brown n'a pas une voix exceptionnelle, mais c'est un showman charismatique; et il peut compter aujourd'hui sur un groupe particulièrement solide. Son caractère a beaucoup changé. Il accorde des autographes entre les morceaux, se laisse photographier, sourit (parfois) et remercie le public. Il offre même un t-shirt à une admiratrice qui s'était approché de la scène. En outre, il parvient à adapter son timbre vocal à la musique, par la technique de la réverbération. Le concert commence sur un mid tempo, passe ensuite au dub, avant de nous entraîner dans la house mancunienne. A partir de cet instant la fièvre commence à monter et la magie house à produire ses effets. Le public ne peut plus rester en place et se met à danser, comme s'il commençait à entrer en transe. Les percus vous envahissent. Le groove est irrésistible. De temps à autre Ian imite l'attitude d'un adepte du bodybuilding, à laquelle le public répond par les mêmes gestes. Mais alors que nous étions prêts à vivre un des meilleurs moments de l'année 2002, la formation s'est retirée. Juste le temps de saluer et nada ! 50 minutes, pas de rappel, nonobstant les clameurs du public. Frustrant ! Un peu comme si on nous avait enlevé le dessert de la bouche. M'enfin, il est vrai que cette attitude était déjà celle des Stone Roses. Faut croire que Ian veut entretenir un certain mythe…

Interpol

Hanté par les fantômes de Chameleons, Joy Division et même des Smiths...

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Girls Against Boys et Interpol partageaient donc l'affiche de l'Aéronef ce mardi 12 novembre. Si à l'origine, Interpol devait se produire en première partie, c'est avec beaucoup de sagesse que les rôles ont été inversés, cette dernière formation rencontrant déjà, nonobstant une moins grande expérience, davantage de succès Outre-Quiévrain. Faut dire que leur dernier album " Turn on the bright eyes " a réveillé, au fond des âmes, le spectre de Ian Curtis et de Joy Division. Et la cold wave fait apparemment encore recette en France. Maintenant, il est vrai que sans être particulièrement novateur, cet opus véhicule de bonnes vibrations. Ne connaissant pas suffisamment Girls Against Boys, je ne me risquerai donc pas à réaliser une review sur leur prestation. Grégory s'en est chargé lors de leur passage à l'AB de Bruxelles.

Eclairé par un light show à dominante rouge, la plupart les musiciens d'Interpol montent sur scène, sapés dans des costards à la fois, seyants, étroits et élégants. Seul le basiste Carlos, a opté pour un look dandy new wave. Même le claviériste qui les accompagne pour la tournée, tout vêtu de noir, se fond dans l'ensemble. Faut croire que les démarrages des concerts sont pour l'instant laborieux, puisqu'il a fallu cinq ou six chansons avant que la formation new-yorkaise ne parvienne à sortir du carcan de son album. Même le riff de guitare, destiné à ouvrir chaque refrain, manquait singulièrement de pêche. Mais progressivement toutes ces imperfections se sont dissipées, pour faire place à un véritable envoûtement. Pourtant, si la belle frimousse du chanteur (Paul Banks), attire tous les regards des filles, pendant que Daniel Kessler et Carlos D semblent plongés dans leur trip, le métronome du set n'est autre que le drummer Sam Fogarino. Son jeu tribal tout en souplesse et en dextérité permet aux autres musiciens de se libérer. Tout au long de ce concert, les fantômes de Chameleons, de Joy Division et même des Smiths vont me traverser l'esprit ; mais sans jamais me communiquer le vague à l'âme. Au contraire! D'autant plus que les musiciens, qui clôturaient leur tournée dans la métropole, étaient de très bonne humeur. Avec deux rappels à la clef, ponctués d'une distribution généreuse de sticks de drums assurée par Sam, on pouvait retourner chez soi l'âme en paix, sans même penser à Ian Curtis. Et pour cause, le public venait de succomber au charme d'une étoile qui vient à peine de naître…

Sonic Youth

Comme à la plus belle époque de Grateful Dead...

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L'Aéronef de Lille était plein comme un œuf pour accueillir le concert du mythe avant-gardiste new-yorkais. Une jolie performance, compte tenu du style musical particulièrement alternatif pratiqué par cette formation. Un concert qui s'inscrivait dans le cadre d'une tournée mondiale, destinée à promotionner leur nouvel album, « Murray street ». N'ayant, à cette époque, pas encore eu le loisir d'entendre ou d'écouter leurs nouvelles compositions, c'est avec une certaine appréhension (NDR : et des boules quiès !) que je me suis rendu à ce spectacle. En effet, la dernière fois que je les avais vus se produire en public, mes oreilles étaient en compote, tant le volume sonore était élevé. Elles ont même dû bourdonner pendant deux jours !

Première constatation : lorsque Sonic Youth monte sur scène, ils ne sont plus quatre, mais cinq. Jim O'Rourke (NDR : qui a également participé à l'enregistrement de leur nouvel opus), les accompagne pour leur périple mondial (NDR : il se chuchote même qu'il deviendrait leur cinquième membre). Deuxième constatation, le quintet projette sur grand écran, placé derrière le matos, le film de leur prestation, mais vu de dos. Troisième constatation les fans, particulièrement enthousiastes, sont venus en nombre ! (NDR : j'ignorais qu'il en existait tant !) Et enfin, dernière constatation : le volume sonore est parfaitement équilibré, ni trop faible, ni assourdissant. De quoi être rassuré. Mais venons-en au set

Jim O' Rourke joue également de la guitare (enfin, la plupart du temps), ce qui fait trois guitaristes (Moore/Ranaldo/O'Rourke) sur scène. Et à contrario de ce qu'on pourrait penser, la musique de S.Y. n'a rien d'un mur d'électricité. Les trois six cordes se conjuguent comme à la plus belle époque de Grateful Dead. Les subtilités et les nuances des sonorités psychédéliques serpentent au beau milieu des mélodies contagieuses, que chante tout à tour Kim Gordon et Thurston Moore, pendant que Steve Shelley martèle ses peaux. La formation va ainsi jouer la quasi intégralité de son nouvel album. Depuis le bringuebalant « Rain on tin », au 'mybloodyvalentinesque' « Sympathy for the strawberry », en passant par le tribal, 'pjharveysque' « Plastic sun » et le garage « Disconnection notice ». Un répertoire entrecoupé de classiques judicieusement choisis. Parmi lesquels on aura le grand plaisir de savourer « Bull in heathen », « Eric's trip », « Cotton crown », ainsi que l'incantatoire « Kissabiliy ». S.Y. accordera même deux rappels, au cours duquel le sauvage et enlevé « Kool thing », ponctuera ce set de toute beauté.

The Libertines

C'était vraiment bien, mais on n'a pas vu grand-chose?

‘La’ café-théâtre : une mauvaise idée comme salle de concert. L'Orangerie et la Rotonde ayant été réservées pour le festival du cinéma méditerranéen, il aura fallu se contenter de ce sous-sol certes joli, mais à l'acoustique minable, sans parler de ces énormes colonnes qui obstruent toute vision. En un mot : on an entendu (mal), et on a rien vu. The Libertines, donc : le groupe de rock'n'roll anglais qu'on attendait depuis que Liam et Noël d'Oasis ont arrêté de faire de la bonne musique. Bref, un bail. Leur album, « Up The Brackets », est, de fait, une petite bombe de rock juvénile, qui sent le stupre, l'alcool et la sueur. Le genre de disque qui vous met une pêche d'enfer, quelle que soit l'heure de la journée, grâce à quelques mélodies bien troussées, des riffs un peu crétins et de l'attitude, cette étincelle dans les yeux qui manquent cruellement à la plupart des groupes de rock actuels. En à peine trois-quarts d'heure, les quatre Anglais (Liverpool, le come-back) auront mis le feu à l'assemblée, du moins aux trois premiers rangs (les seuls qui voyaient quelque chose), et ce malgré le son moyen. Un petit rappel après 10 minutes de pause et les lumières allumées, et puis une virée dans les loges pour quelques happy few bien contents de pouvoir fumer un pétard avec leurs nouvelles idoles. Manque plus que le sexe, et on l'a, cette bonne vieille sacro-sainte trilogie qui fait tant défaut à Moby, Garou et Georges-Alain de la Star'Ac !