Musiczine recherche des collaborateurs.

Tu as une très bonne connaissance musicale et tu souhaites participer à l’aventure Musiczine.net ? Tu es passionné, organisé, ouvert, social, fiable et appliqué ? Tu as une bonne plume ? Alors n’hésite plus : rejoins-nous ! Vu l’ampleur prise par Musiczine et…

logo_musiczine

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
garbage_olt_rivierenhof_1...

The Hidden Cameras

Silence on tourne...

Trois groupes aux ambiances contrastées se partagent l'affiche de l'Orangerie en ce samedi automnal. Parts & Labor est un trio de Brooklyn qui fait beaucoup de bruit : deux hommes se tiennent prostrés sur leurs machines en s'agrippant parfois au manche de leur guitare/basse, tandis qu'un troisième larron martèle sa batterie comme s'il allait mourir demain. On pense parfois à Wolf Eyes au niveau visuel, à Oneida et à Whirlwind Heat pour la musique. Si les deux machinistes se partagent le micro, on aurait préféré qu'ils se taisent un peu plus : instrumentale, leur musique aurait encore gagné en puissance et en évocation. Le public, encore clairsemé à cette heure-là de la soirée, se laisse pourtant aller.

Ce n'est qu'un échauffement, avant la tornade pop, The Hidden Cameras. Entouré de sept musiciens à l'air décontracté (deux violonistes, un violoncelliste, un bassiste, deux claviéristes et une batteuse), Joel Gibb entame son set par « A Miracle », petit bijou tiré de l'excellent « The Smell Of Our Own », sorti en 2003. Après c'est « Lollipop », et l'on évitera toute blague potache sur les homosexuels, les sucettes, et tout le toutim, puisque ensuite Joel Gibb nous fait cadeau de « Smells Like Happiness » et de « Day is Dawning », pour rappel deux pièces majeures de « The Smell Of Our Own », leur meilleur disque à ce jour. « Music is my Boyfriend » enfonce le clou (à défaut d'autre chose…), puis « Bboy » et « I Want Another Enema » rappellent que « Mississauga Goddam » valait lui aussi le détour. En fin de compte, seuls les titres de « Awoo », le nouvel album, donnent moins envie de se donner des claques sur les fesses (« Learning the Lie », « Heji », « Waning Moon », « Death of a Tune »). En rappel, un bon vieux « Golden Streams », de l'excellent « The Smell Of Our Own », achève de nous convaincre : s'il y a bien un disque à posséder de ces gays Canadiens, c'est l'excellent « The Smell Of Our Own ». A noter également que l'un des violonistes ressemblait étrangement à John Locke de « Lost » : et nous qui pensions que c'était Jack qui allait se faire Sawyer !

Rien que pour son nom, I Love You But I've Chosen Darkness vaut la peine qu'on s'y attarde. Surtout que le premier disque de ces Texans est produit par Paul Barker himself, l'ex-compère d'Al Jourgensen de Ministry. Pas d'inquiétude, cependant : on ne parle pas ici d'indus metal mais bien de cold wave rigide, qui ne manque pas de puissance et de quelques refrains efficaces. Set court, qui prendra surtout de l'altitude vers les derniers titres : I Love You… ne connaîtra sans doute pas la trajectoire brillante d'Interpol, mais il y a chez ces types une élégance qui pour une fois n'a rien de tape-à-l'œil. Quand on sait qu'ils ont des accointances avec les exemplaires Windsor For The Derby, on ne peut donc que taper des deux mains. C'est ce que beaucoup de gens ont fait ce soir. Comme quoi le spleen à la Psychedelic Furs s'accorde parfois bien avec la fièvre du samedi soir.

Oxbow

Docteur Jekyll et Mister Hide

Soirée événement destinée aux aficionados de doom metal et de post-hardcore, programmée ce mercredi 29 mai, au Grand Mix de Tourcoing, en compagnie du quintette californien d’adoption (la formation est, en fait, originaire de Boston) Isis. Projet d’Aaron Turner, le fondateur du label indépendant Hydra Head Records, Isis en est déjà à son troisième album, « In the ocean of truth », un opus surprenant, complexe, riche en réflexions existentielles, dans lequel le clavier se fait plus présent aux dépens des hurlements ténébreux d’Aaron. Un indispensable de votre discographie de l’année 2006. Et vu la réputation dont ils jouissent sur scène, on s’attendait à une belle claque, place Notre Dame.

 Pour chauffer la salle, le projet qu’Isis souhaitait présenter dans le cadre de cette tournée, n’y est pas allé par quatre chemins. Il a choisi Oxbow. Un combo californien qui affiche déjà 20 années d’existence au compteur. Un groupe ‘culte’ qu’on peut franchement qualifier de ‘schizophrène’ en raison de la double personnalité développée à travers deux styles musicaux différents : le post-hardcore lorsque le combo se retrouve à quatre, le blues minimaliste quand Eugène Robinson et Niko Wenner sont réduits à un duo. C’est d’ailleurs sous cette configuration que Docteur Jekyll et Mister Hide nous ont proposé l’ouverture des festivités. Immense, de corpulence impressionnante, à la couleur de peau café, Eugène, véritable sosie de Michael Clarke Duncan (l’acteur qui endosse le rôle du condamné à mort John Coffie dans le film « La Ligne verte »), monte sur scène, flanqué d’un roman écrit en 1895 par Thomas Hardy, « Jude the obscure », une histoire sombre, pessimiste, triste, teintée de colère et d’injustice. Des sentiments qu’Eugène incarne à merveille sur les planches. Nikko sculpte un relief musical très blues à l’aide de sa guitare sèche. Eugène s’y ancre pour y dispenser un set intense, douloureux, rythmé par des moments de clameur et de silence, d’incantations et de prières. De déhanchements malsains aussi. Sans oublier le petit grain de folie. Quelque part entre un Jesus Lizard ‘unplugged’ et la Nico du Velvet Underground, le duo nous propose une bien belle prestation. La scénographie mêlée au personnage impressionne. Le public est surpris, dans le bon sens du terme. Le temps d’un rappel et d’une petite bière pour enfin vivre l’épilogue de la soirée.

 Le set d’Isis s’ouvre par quelques notes dispensées au piano. Bryant Cliffort, le guitariste/claviériste (Il  collabore également à un autre projet, Red Sparowes, groupe de post-rock qui jouait le même soir à Bruges) en est le responsable. Progressivement, les guitares de Michael et d’Aaron, la basse de Jeff et la puissance du batteur, l’autre Aaron, viennent envahir le public, dans un mur du son décoiffant. Cinq figures charismatiques, montées sur des tapis de pédales à effets sonores multiples, vous prennent alors au fond des tripes durant près d’une heure trente. Atmosphères tantôt pesantes, froides et inquiétantes, tantôt violentes, mécaniques et explosives, les cinq virtuoses nous emmènent dans l’univers de Neuroris, Cult of Luna, Amen Ra, Godflesh, Tool ou Mogwai. Derrière ce génie de technologie, les influences de Pink Floyd et du Led Zep s’imposent dans un tsunami de sons, bien huilé qui frôle la perfection. Le concert atteint des sommets quand « In Fiction », un des titres phares du quintette, fait exploser les décibels. Le moment d’un rappel et déjà le groupe quitte la scène. Le temps semble si court lorsqu’on est si proche du divin…

 Organisation Grand Mix Tourcoing

Abd Al Malik

La main sur le coeur...

Écrit par

La foule déambulant, ce soir, dans les couloirs du Botanique est un peu plus hétéroclite que de coutume. Des b-boys accompagnés de leurs copines, des intellos curieux et des amateurs de jazz se sont rassemblés pour assister à l'étape belge de la tournée d'Abd Al Malik. Ce Strasbourgeois est le responsable d'un des meilleurs disques sorti cette année : le formidable " Gibraltar ".

L'orangerie est bien remplie pour accueillir les quatre mc's/slammeurs qui ouvrent cette soirée co-organisée par l'association bruxelloise 'Lezarts-Urbains'. Lyrical 44 ouvre le bal en posant ses rimes multilingues (wolof, français, anglais) sur des beats qui rappellent le hip hop hardcore du milieu des années 90, Wu-Tang en tête. Baloji (un des MC's de Starflam) continue avec trois textes slammés dont les thèmes s'articulent autour de son Congo natal, déchiré entre luttes fratricides et malaises postcoloniaux. Meemee & Veence Hanao clôturent cette petite séance slammée. Couple sur scène et à la ville, on ne connaissait guère la jolie Meemee ; mais son compère Vince a déjà été remarqué au sein du prometteur trio Festen. Esprit TTC, un certain second degré pas souvent prisé en hip hop. Le duo slamme avec un bonheur inégal sur les problèmes des couples mixtes " Une moutouf et un flamand ", la famille et les problèmes du quotidien.

Abd Al Malik investit la scène en compagnie de son beatmaker Bilal, qui, tel un membre de Public Enemy, se poste bras croisés derrière ses platines et samplers divers. Ils commencent le set en duo par " Soldat de Plomb ", comptine obsédante et une des meilleures tranches de hip hop entendues depuis bien longtemps. On continue sur « m'effacer », construit autour d'une boucle de Keren Ann et le single radio " 12 septembre ".

Abd Al Malik est décontracté, place quelques pas de danse chaloupés entre quelques rimes acérées et remercie le public à la musulmane, c'est-à-dire la main sur le cœur. Le pianiste Laurent De Wilde fait son entrée pour " La gravité ". L'homme est un jazzman aux oreilles attentives (collaborations en compagnie d'Ernest Ranglin, Eddie Henderson, Lee Konitz, André Ceccarelli) et aussi auteur d'un livre sur Thelonious Monk disponible chez Folio. Le reste des musiciens suit : Julien Charlet à la batterie, Manuel Marches à la contrebasse et Gerard Carrocci aux percus. Une énergie jazz très forte préside à une superbe version de " Gibraltar " mais le ton sait ce faire plus hip hop (" Rentrer chez moi ") ou funk (" Le grand Frère "). Le concert passe vite et bien. Pendant une bonne heure défilent ainsi la quasi-intégralité de l'album. Un artiste d'exception, à ne manquer sous aucun prétexte lors de son prochain passage en Belgique.

 

Juana Molina

C'est la fille du célèbre tanguero Horacio Molina, mais pas seulement?

C'est dimanche, lendemain de la veille, le genre de soirée qu'on préférerait passer chez soi…  A moins qu'une belle affiche de concerts ne nous en dissuade. Ca tombe bien : l'Argentine Juana Molina et l'Italo-anglais Piers Faccini se partagent, en cette fin de semaine pluvieuse, la petite scène de la rotonde. C'est Nicolas Sirkis qui nous accueille dans la salle, en hennissant tel un cerbère Pure FM. Il est là, en direct des enceintes, et son laïus post-ado nous tanne les oreilles. Pire : le cd est griffé, et on résiste vaillamment à la chute de tension en écoutant ces trente secondes en boucle d'Indochine, comme si c'était une mauvaise blague ou une visite médicale. Peut-être était-ce aussi une (basse) manœuvre du francophile Faccini (il habite l'Hexagone) pour nous donner vraiment envie de le voir arriver, et fissa.

Quand il déboule c'est donc le soulagement, d'autant que le beau brun débute son concert par une cover a capella du grandiose « Grinnin' In Your Face » de Son House, le 'bluesman préféré de Jack White'. Classe. Frissons. Piers Faccini est pote avec Ben Harper (sur album et en tournée), mais heureusement il ne nous affecte pas d'agaçantes bondieuseries. Rejoint ensuite par un batteur et une contrebassiste réservés, Faccini se balade de minuit (« Midnight Rolling ») à midi (« Come My Demons ») sur le cadran du blues, et tout ça en un peu plus d'une heure. Folk, tarentelle, country, rock : le chanteur jongle avec les styles, en plein bayou sonore qui nous rappelle Wenders. Assis sur les gradins et dans la fosse, le public fait preuve d'une attention dévote : un concert de musique qu'on écoute vraiment, ce n'est pas tous les soirs. Il faut dire que Piers Faccini chante de très belles chansons, dont les racines se trouvent en plein Mississippi, voire en Afrique. Et il les chante d'une voix profonde et sensuelle ; une voix qui hérisse le poil mais dans le bon sens du terme. On pense aux fantômes des Buckley (Jeff et Tim) et de Spain, au gospel qu'on aimerait entendre dans nos rêves (« Each Wave That Breaks », « Talk To Her »). C'est distingué en plus d'être abordable, sans pour autant verser dans le consensuel : il n'en fallait pas plus pour terminer le week-end en beauté. 

Et ce n'est pas fini ! Deux artistes tête d'affiche, ça veut dire deux fois plus de plaisir. Si l'on cherche toujours dans les bacs des disquaires le dernier album de Juana Molina (« Son ») sorti il y a six mois, on ne pouvait décemment pas rater sa venue en concert. Un look de Sorcière Bien-aimée, une gouaille typiquement latino, et des chansons en espagnol qui rappellent à la fois Barbara Morgenstern et Astrud Gilberto : Juana Molina pourrait être notre mère, et pourtant elle manie mieux les loops et l'auto-sampling que Lionel Solveigh. De « Segundo » et « Tres Cosas » la chanteuse n'interprétera que quelques titres, dont « No Es Tan Cierto » et « Insensible », son seul morceau dans la langue de Molière. 'Parfois le français sonne trop français', avouera-t-elle d'ailleurs avant de se jeter à l'eau. Le public est conquis, même si la salle s'est vidée de moitié après le concert de Piers Faccini… Au menu donc, surtout des titres de « Son », qui frappent par leur envergure : les couches de guitare et de synthés se superposent jusqu'à former de jolies mélopées au parfum psyché-folk, sur lesquelles Molina pose sa voix si tendre. On reste bouche bée, et l'oreille tendue : si la maternité semble cette fois l'avoir inspirée, on lui souhaite encore beaucoup de gosses. Ca nous fera d'autres excellentes chansons, et des concerts d'une belle intimité… A quand un album de berceuses pour fans d'ambient folk et de tropicalisme ?

Gotan Project

Un souci de l'esthétisme poussé à son paroxysme...

Écrit par

Réunissant aujourd'hui la bagatelle de dix musiciens, Gotan Project est devenu un véritable orchestre. Un orchestre dont les membres se partagent une multitude d'instruments : du violon au bandonéon, en passant par le violoncelle, la guitare espagnole et le piano. Sans oublier le concours d'un dj et d'un bidouilleur, préposés aux 'beats'. Un ensemble tout de blanc vêtu. Les filles en robes très élégantes et les hommes en costumes bien taillés.

Gotan Project opère un mélange de tango argentin et de lounge plutôt excentrique. Une expression sonore qui est devenu leur marque de fabrique depuis deux albums.

'Le Colisée' est une salle de théâtre. Une belle salle. Mais surtout un décor idéal pour Gotan Project. Derrière la scène, des images (le plus souvent en slow motion) sont projetées sur un écran géant. Elles confèrent au spectacle une plus grande richesse. Un spectacle superbe, extrêmement soigné, baignant au sein d'une atmosphère chaleureuse. Un bémol : on a parfois l'impression que tout est réglé comme du papier à musique, organisation qui se fait, bien sûr, au détriment de la spontanéité. Une sensation accentuée par la position assez statique des musiciens. Il faudra ainsi attendre la nouvelle chanson « El Norte » pour les voir manifester un peu d'enthousiasme et puis surtout le rappel, moment choisi par la formation pour véritablement se lâcher. Et en particulier les deux bidouilleurs de service, derrière leurs pupitres électroniques, responsables de beats captivants tout au long de « Santa Maria » et surtout de « Triptico ».

En 'live', Gotan Project est un spectacle total. La qualité du son est irréprochable. Le chant est impeccable. Les musiciens performants et les images projetées envoûtantes et originales. Enfin, en bénéficiant d'un environnement aussi esthétique, le show a été, il faut le reconnaître, une parfaite réussite.

(Traduction : Hendrik Tant. Adaptation : Bernard Dagnies)

Organisation: France Leduc Productions

 

Gotan Project

White Night

Écrit par

Trois ans après « La Revancha Del Tango », Gotan Project nous revient avec « Lunatico » et son délicieux mélange de tango et de musiques électroniques. Ces 13 et 14 octobre, la formation franco-internationale (!) venait présenter ce bijou à une Ancienne Belgique comble et extatique.

Aucune première partie au programme. Sur scène se prépare un magnifique spectacle visuel. Derrière le décor d'un blanc immaculé se dresse un gigantesque écran. Les images commencent à défiler tandis que Philippe Cohen Solal, Eduardo Makaroff et Christoph H. Müller débarquent sur les planches en balançant les premières notes de « Differente ». Accompagnée de leur chanteuse attitrée, Cristina Villonga, et de leurs musiciens ( 4 violonistes, un pianiste, un accordéoniste/guitariste), la formation fait tanguer son public sur les superbes « Criminal », « La Vuelga » ou encore « Amor Porteno » (qui bénéficie, sur disque, de la collaboration de Calexico). Durant « Mi Confession », deux petits écrans apparaissent devant l'écran géant afin d'y projeter, de manière plutôt originale, une vidéo de Koxmoz, le duo de rappeurs latinos qui soutient habituellement Gotan Project sur ce titre. En guise de premier rappel, le trio est tout simplement parvenu à faire vibrer l'AB de son énorme tube « Triptico » avant de revenir une seconde fois lors pour une séquence assez intrigante, puisqu'elle a mêlé - façon bootleg - « Differente », le single par lequel l'ensemble a ouvert les festivités de la soirée, au « Money Money Money » d'Abba. Pas vraiment nécessaire mais on ne va pas s'en plaindre après un show tout bonnement magistral.

Danielson

Les contraintes du supporting act...

Écrit par

Pas de trace des sœurs Smith lors du set accordé par Danielson, programmé en première partie de Wovenhand. Le groupe est réduit à un quatuor : un bassiste, un drummer, un claviériste ainsi que Daniel Smith à la guitare et au chant. Les musiciens sont cependant vêtus d'un uniforme (le prénom de chaque musicien est frappé sur leur pull-over) et coiffés d'une casquette. Pas davantage de mise en scène théâtrale qui jusqu'à présent a fait la réputation du groupe. Et un éclairage peu performant (NDR : à mon avis, il était déjà réglé pour Wovenhand). Privilégiant les compos du dernier opus, « Ships » (NDR : soit dit en passant, un des meilleurs albums de l'année !), le combo va livrer une prestation correcte, mais sans éclat. Les compos hymniques, déchirées par la voix glapissante de Daniel, s'enchaînent, sans parfois même laisser le temps aux spectateurs d'applaudir. Daniel parvient quand même à prononcer quelques mots sur l'origine du groupe ('Nous nous appelons Danielson et venons du New Jersey'), de présenter ses musiciens (NDR : en quatrième vitesse), de glisser quelques mots entre certaines chansons, d'annoncer le concert de Wovenhand juste avant le dernier morceau et de remercier le public pour l'accueil réservé. Et trente minutes plus tard, montre en main, Danielson se retire. Bref, la formation n'a servi ce soir que de 'supporting act'. Et son service minimum nous a laissé sur notre faim. On aimerait ainsi pouvoir assister à un de ses sets, lorsqu'il est au grand complet et dans de meilleures conditions (jeux de lumières, décors, chorégraphie, etc.).

David Eugène Edwards est particulièrement apprécié aux Pays-Bas, en Allemagne et surtout en Flandre. L'AB devait compter, lors de cette soirée, près de trois-quarts de néerlandophones. Pas étonnant, lorsqu'on sait qu'il a réalisé la bande sonore du spectacle de danse 'Blush' de Wim Vandekeybus. Après avoir mis fin à l'existence de 16 Horsepower, David a donc réactivé le projet Wovenhand. Ou plus exactement l'a rendu plus permanent. Sur disque, la différence de musique est très palpable. L'ambiance est plus moyenâgeuse. L'orgue y est plus présent. Et sur le quatrième album, « Mosaic » (NDR : encore un des albums de l'année !), il y a même de l'harmonium. Malheureusement, le claviériste Daniel Mac Mahon brille par son absence. Par contre, l'ex-bassiste de 16 Horsepower, Pascal Humbert, est revenu dans le parcours : à la basse, bien sûr…. Le line up est complété par un guitariste et un drummer (Ordy Garrison ?). David (NDR : barbu, il ressemble à Vincent Van Gogh) est assis sur le devant de la scène. Il joue alternativement de la guitare, du banjo ou de la mandoline (NDR : plus d'accordéon). Le son est puissant, mais le ton toujours aussi ténébreux. A cause de la voix de David, bien sûr. Mais le mélange de musique gothique, d'Americana, d'alt country, de bluegrass et de folk appalache n'a jamais sonné aussi rock. Pas la peine de revenir sur les sujets abordés qui tournent toujours autour de la Bible. Ce qui pousse parfois Eugène à entrer comme dans une transe. Dans la salle, un spectateur lui réclame une chanson triste. Il répond qu'il n'en connaît pas… Le groupe interprètera deux titres du 16 Horsepower : tout d'abord une version retravaillée de « Phyllish rush » (rebaptisée « Phillysh An »), puis en rappel et en solo l'incontournable « Black soul choir ». Bref, si ce concert s'est avéré de bonne facture, il a surtout manqué de surprise. Mais franchement, était-il donc nécessaire de dissoudre 16th Horsepower pour conduire un nouveau projet à une formule aussi basique ? La question reste posée. Mais personnellement, j'ai l'impression qu'il s'est trompé de chemin (NDR : pour un évangéliste !)…

 

Quintron & Miss Pussycat

Everyone is a badass!

Écrit par

Auteurs d'un des albums de rock les plus furibards de l'année 2006, Quintron & Miss Pussycat avaient été contraints d'annuler, il y a deux mois, leur seule et unique date belge… De passage à Strasbourg ce mardi 17 octobre, les deux dégénérés de la Nouvelle-Orléans ont offert l'occasion aux irréductibles d'effectuer un petit crochet par la capitale alsacienne afin d'apaiser leur frustration…

La Laiterie, 17 octobre 2006. Une file interminable s'allonge depuis l'entrée de la célèbre salle strasbourgeoise jusque dans la rue avoisinante. Battant le pavé en cette douce soirée d'été indien, de jeunes filles en fleurs batifolent sous le regard concupiscent d'un groupe d'adolescents boutonneux. Un peu plus loin, plusieurs couples proches de la quarantaine se tiennent par la main, tout excités à l'idée d'avoir laissé les enfants à la maison pour une soirée musicale dont ils risquent de se souvenir… Impressionnant, vraiment, tout ce monde… Et diablement étonnant… Quoi, les Quintron & Miss Pussycat, sortes de Jon Spencer et Nico de bas quartier allumés à la benzédrine seraient donc 'famous in Strasbourg' ? Trônant en face des vestiaires, c'est l'antipathique receveur qui donne la réponse à cette interrogation bien légitime… ´Quintron & Miss Pussycat? C'est de l'autre côté ! Ici c'est The Divine Comedy...' dit-il en désignant une ruelle sombre au bout de laquelle luit une enseigne aux couleurs blafardes… Aaaah, c'était donc ça, les jeunes filles en fleur, les couples souriants… Et en effet, 200 mètres plus loin, à l'intérieur du club 'La Laiterie', la situation est quelque peu différente. Accoudés à un bar derrière lequel un barman à l'allure de Hell's Angel se tient raide comme une crosse de fusil, deux junkies, l'air paumé, sirotent une bière tout en avisant DJ Pasta, l'homme censé 'chauffer' la salle avant le concert. Pour le reste, l'endroit est vide… Ambiance glauque… Les paris sont pris. 20 ? 30 personnes pour ce concert programmé au bout du monde?

Master of Puppets

22H00. Après une heure d'attente, le petit théâtre de marionnettes installé sur la scène mais caché par la pénombre s'illumine. Le rideau se lève devant la quarantaine de spectateurs présents et laisse la place à de petites figurines vicieuses s'exprimant dans un anglais gras comme une dinde de Thanksgiving. Commencent alors 15 minutes d'abysse durant lesquelles se succéderont diables en rouleau de papier toilette et chaussettes en forme d'arbres bavards à la fenêtre de ce guignol pour enfants nourris, dès le placenta, aux Lucky Strike arrosées de whisky bon marché… 15 minutes, le temps nécessaire sans doute à Mister Quintron pour se préparer ; puisque le petit spectacle terminé, c'est bien lui qui monte sur scène et s'installe derrière son orgue décoré d'un pare-choc emprunté à une vieille Américaine. Arrive ensuite Miss Pussycat, satisfaite semble-t-il de son petit spectacle de marionnettes… Le show va pouvoir commencer.

'No more beer please…'

Pendant une heure et demie, Quintron & Miss Pussycat vont enchaîner les morceaux rock and roll à souhait. S'échinant derrière ses machines, Quintron est l'homme à tout faire d'un combo dont la folie fait plaisir à voir. Jonglant d'un air halluciné avec son orgue, de vieilles boîtes à rythme, deux micros sursaturés et un mellotron aux sonorités spatiales, l'homme chante aussi et surtout diantrement bien. A ses côtés Miss Pussycat agite maracas et popotin tout en s'égosillant à produire des chœurs hystériques. Le duo, s'il est parfois approximatif, n'en a pas moins la classe et réussit à faire danser le maigre public qui n'en demandait pas tant… Visiblement heureux de cette réaction positive, Quintron n'hésitera d'ailleurs pas à descendre dans la fosse pour accompagner ses fans dans une gigue éthylique, épisode auquel participera aussi une Miss Pussycat éclusant bière sur bière au point de se faire rappeler à l'ordre par un service de sécurité lui intimant un 'No more beer or the concert is over' pas vraiment à propos… 'You're a badass… I'm a badass… He's a badass' répète Mister Q. tout en pointant du doigt chaque membre du public lors d'un final qui le verra allumer les phares de sa voiture-orgue démoniaque le temps d'un aller simple pour l'enfer. Un enfer pavé de bonnes intentions par cette formation complètement dingue…