Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
The Cure

The Jai Alai Savant

Le futur leur appartient?

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Pour assister à la première apparition de The Jai Alai Savant en Belgique, l'AB Club n'avait rallié qu'une bonne cinquantaine de personnes. Faut dire qu'au même moment, les Nuits Botanique accueillaient, entre autres, Miossec, Oxmo Puccino, Cold War Kids et consorts. N'empêche, les absents ont eu tort, et vous comprendrez aisément pourquoi en lisant ces quelques lignes. Pour nous faire patienter jusque 21 heures, la projection d'un film consacré à une prestation `live' frénétique de Bad Brains avait été programmée. A voir ! Mais pour la qualité sonore, faudra repasser?

The Jai Alai Savant monte sur les planches. Ralph Darden en tête. Un musicien de couleur noire habillé dans un élégant costard blanc. La barbe en broussaille, des lunettes foncées et les cheveux en pétard, ce chanteur/ guitariste impose par sa stature. Mais aussi par son charisme. Très habile à la six cordes, il n'hésite pas à se servir d'un éventail assez conséquent de pédales de distorsion. En outre, il possède une belle voix dont le timbre campe un hybride entre Sting et Perry Farrell. A la basse, Nash Snyder, longiligne, la tête rasée apporte ses lignes complexes, palpitantes ou dub, appuyant de temps à autre le `lead' de backing vocaux, pendant que Michael Bravine, aux drums, joue dans tous les registres possibles et imaginables en manifestant une souplesse et une dextérité impressionnantes. Et finalement, ces instrumentistes hors norme pratiquent un reggae/funk/roots/dub/psyché/pop (parfois légèrement teinté de ska) terriblement excitant. Parfois aride, souvent bourré de groove, n'hésitant pas à adresser l'un ou l'autre clin d'?il aux Jackson 5 (« Scarlett Johansson why don't you love me ») ou aux Stones, même si on se rend bien compte que les références majeures de la formation répondent aux noms de Clash, The Police, Fugazi, Jane's Addiction et King Tubby. Si bien qu'après deux ou trois morceaux, certains spectateurs se mettent à remuer les pieds, la tête, les jambes ou même à danser. Faut dire que Ralph n'est pas à un déhanchement prêt sur scène. Et il invite même le maigre public à taper dans les mains tout au long de la version allongée d' « Akebono », moment le plus maquant du set, au cours duquel plus personne ne tenait en place dans la salle. Le groupe a même accordé un rappel, moment choisi par Ralph pour enlever sa veste. Bref, The Jai Alai Savant risque fort, à moyen terme, de devenir `hénaurme'. Vous pensez à Werchter ? Sur la scène principale ? Oui, d'ici deux ou trois ans. Et l'assistance présente lors de ce set se souviendra alors d'un vendredi de mai 2005, au cours duquel un futur super groupe se produisait devant 50 spectateurs? On en reparlera?

Ours

Le soir de la Bête(s)

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Un vendredi soir particulièrement sympathique s’ouvrait sous les meilleurs auspices. Les rayons du soleil n’en finissaient plus d’exhaler leur chaleur. La terrasse du Bota résonnait des rires chaleureux des clients, et surtout, la Rotonde accueillait deux artistes, qui méritent davantage que la curiosité : la reconnaissance. Après avoir avalé quelques décilitres de houblon bien frais, la foule déjà sous le charme du climat, s’est enfin décidé à prendre le chemin des portes de la salle, sur le coup de 20h00.

Il faudra attendre cependant encore 20 minutes pour voir apparaître le premier des monstres poilus de la soirée : Le Yeti. Responsable d’un set pop/folk tendre, particulièrement propice à l’ambiance générale, les quatre larrons enchaînent mélodies intimistes au sein d’une ambiance feutrée et parviennent rapidement à chauffer la salle. Le groupe a déjà fidélisé son public. D’ailleurs, aujourd’hui, s’il se produit en première partie, il aurait pu faire la tête d’affiche, sans le moindre supporting act. Sorti de sa tanière, le Yeti est venu nonchalamment effleurer de ses doigts poilus, le duvet de notre sensibilité. En dix plages et quarante-cinq minutes de set, le combo est parvenu à nous communiquer des frissons d’émotions, et visser encore plus le sourire sur nos lèvres. Bien cool les gars.

21h05, la salle se vide quelque peu. Le temps de refaire le plein de kérosène et de griller un petit quelque chose, et elle se remplit à nouveau. Un entracte qui ne durera qu’une quinzaine de minutes. La Rotonde n’est pas bondée, mais les places disponibles sont plutôt rares. Une situation qui ne peut que satisfaire l’artiste suivant. Surtout lorsqu’on sait que quelques mois plus tôt, sa prestation n’avait attirée qu’un auditoire assez clairsemé. Installation du matos. Sound check. Il est 21h35 lorsque le mal léché fait son apparition. Il est affublé de son éternel t-shirt fait main avec du scotch. Et ouvre les festivités par « Il était temps ». En clamant de suite, qu’il ‘veut hurler d’avantage’. Ca promet ! L’accueil est vraiment chaleureux, et le public ne se prive pas de saluer l’artiste frénétiquement. Remerciements avant de raconter la même histoire concernant son t-shirt, en voie de construction comme le groupe’… (NDR : à force de taper sur le clou, on finira par le savoir !) Les bons mots s’enchaînent. Le public apprécie son humour. Très représentatifs du répertoire de l’artiste, « Quand Nina est saoule » et l’excellent « Cafard des fanfares » embrasent l’assemblée. Ours, aka Charles Kienast/Souchon, manifeste une grande sensibilité sur scène. Et on ne peut qu’être impressionné par son sens du contact humain. Il ne donne pas l’impression d’être une star sur les planches. Celle que l’on vient admirer et aduler. Il sourit timidement mais ouvre son cœur. Il parle aussi avec ses mains, dévore des yeux, et ses attitudes amplifient la profondeur de ses textes et la contagion de ses mélodies. Il passe de la guitare sèche à l’électrique, bondit, fait la fête en compagnie de ses acolytes. Grand gosse, il ne se prive pas du plaisir de cultiver un esprit potache et se permet même de balancer quelques calembours bien tordus. Quand « Révèle » finit de résonner, il se lance dans une version fabuleusement rock de « Nina se réveille ». Le groupe s’éclate et se donne. Les musiciens donnent l’impression d’être une équipe très soudée (NDR : et pas seulement d’un point de vue musical) tout en manifestant un respect mutuel. « On essaye d’imaginer » et « Orange » entrent en éruption, mais Ours conserve un flegme imperturbable. Il improvise une chanson, fait rimer les mots que le public lui soumet. Le courant de sympathie grimpe encore d’un échelon. La prestation se termine à 22h45 par « Petits Moments », partagé en duo avec Chloé Monin, transfuge de Scotch & Soda, de visite en notre capitale.

Le rappel s’ouvre par le très touchant « Comment c’est », suivi de « La maison de mes parents » qui conclut la soirée. Conclure c’est vite dit. En effet, le public complètement comblé et gourmand en réclame encore, et Ours semble avoir du mal à s’en séparer. Pas qu’il souhaite encore que les projecteurs se focalisent sur sa personne, mais sa joie de rencontrer son auditoire le marque. Ca se voit. C’est flagrant. Seul à la guitare, il lui accorde un dernier cadeau : « Chérie c’est quand ? ». Un dernier salut venu du cœur. La main levée vers le ciel comme pour le remercier, il prend définitivement congé à 23h05, laissant derrière lui le parfum d’un homme qu’on aimerait compter parmi ses amis. C’est qu’il nous a touché l’animal. Une pensée qui se transforme en envie me traverse l’esprit : ‘vivement un album live, et la suite de ses aventures…’

Organisation Botanique

 

Coheed and Cambria

La forme olympique

Écrit par

Enregistré sous la houlette de Nick Raskulinecz, notamment responsable du son de Rush, la dernière galette de Coheed and Cambria ne peut que lui assurer un avenir radieux. C’est la sensation que nous avons éprouvée dès la première écoute de cette œuvre de metal mélodique mâtiné de punk rock et de prog, dont nous vous avons déjà amplement vanté les qualités ! On pouvait donc s’attendre, en ce soir béni, à ce qu’une assistance plus fournie s’active entre les murs du VK de Molenbeek. Une bonne moitié de la salle est comblée : une bien maigre récompense pour ce combo hors norme qui accordait à la Belgique un des cinq shows en club sur le Vieux Continent, avant de s’embarquer pour une tournée américaine pharaonique en compagnie de la grosse machine à hits Linkin Park. On s’étonne d’ailleurs de ce choix pour le moins curieux, tant la musique des Australiens se situe aux antipodes des rengaines commerciales de la bande à Chester Bennington!

Il est un peu plus de 21h30 lorsque l’intro acoustique du magnifique « No World for Tomorrow » ouvre le bal. Claudio Sanchez, le chanteur guitariste au timbre si particulier et ses sbires sont visiblement heureux de se produire devant un parterre tout entier dévoué à la cause de Coheed and Cambria.

Le combo évolue sur une scène dépouillée. Seul un back drop aux couleurs de l’avant dernier album, quelques effets de lumière, et deux choristes aux allures de sœurs siamoises égayent un décor pour le moins minimaliste. Mais les musicos affichent une forme olympique, le son est heavy à souhait, et les titres « Gravemakers » et « June Song » terrassent par leur puissance et leurs refrains taillés pour la scène. « A Favorhouse Atlantic » ainsi que « Ten Speed » nous replongent quelques années en arrière ; des titres déjà interprétés par les Aussies lors de leur passage presque anonyme au Pukkelpop 2005.

Mais le meilleur reste à venir ! « The Hound », pièce maîtresse du nouvel album, est interprétée de manière magistrale. La complicité entre les musiciens ne fait aucun doute, même si le jeu du batteur, qui dispose néanmoins d’un kit restreint, semble moins technique en live que sur plaque. La qualité de cette prestation repose en grande partie sur la dynamique qui règne sur la scène et sur la force d’une playlist ravageuse.

Même les siamoises qui ondulent fort généreusement restent crédibles et insufflent davantage de caractère à des compos aussi fortes que « Feathers » ou encore au single aussi rafraîchissant qu’irrésistible « The Running Free » dont les ‘Ho ho ho ho…’ sont repris en chœur par des fans comblés par cette performance de très bon ton. Nous n’assisterons malheureusement pas aux rappels accordés ce soir-là, et c’est l’esprit enivré de bonne musique que nous rallierons la Gare centrale, non sans avoir goûté à tout l’exotisme exaltant qui émane de la station Comte de Flandre un soir de janvier à l’heure du dernier train.  

 

Organisation VK

Morrissey

Le charisme de Moz

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Le 29 juillet 2006, Morrissey se produisait à l’AB pour un des meilleurs concerts auquel j’ai pu assister au cours de ces dernières années. Il faut avouer qu’à cette époque, on attendait son retour depuis belle lurette. Début 2007, il a donc programmé une mini-tournée en France. Périple qui est passé par la Laiterie de Strasbourg, la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand et l’Aéronef de Lille. Et passera encore par l’Olympia de Paris le 4 février prochain. Mais venons-en au set qu’il a accordé à l’Aéronef, ce samedi 19 janvier, devant un parterre archicomble. Et peuplé de nombreux néerlandophones et anglophones. C’était d’ailleurs sold out quelques jours après la mise en vente des tickets…

En première partie, Girl In A Coma s’est fendu d’une prestation d’honnête facture. Un trio texan, issu de San Antonio très exactement. Féminin aussi. Bénéficiant d’une section rythmique de poids (NDR : deux grandes amies par ailleurs), partagée respectivement entre Jenn Alva à la basse et Phanie Diaz aux drums (NDR : elles n’ont guère de chances de poser pour Playboy !) ainsi que sa sœur cadette –de huit années ! –Nina (NDR : oui, elle, est plutôt jolie !) Elle compose, joue de la guitare et chante d’une voix très expressive et particulièrement ample. Leur patronyme est inspiré d’une chanson des Smiths : « Girlfriend in a Coma », formation mythique à laquelle le combo voue une grande admiration, même si leur musique semble davantage marquée par les Pixies et Sleater/Kinney (également un trio féminin). Nerveuses et punkysantes, les chansons ne sont pas trop mal balancées, mais le son est encore un peu trop brouillon. Néanmoins, il faut avouer que la drummeuse assure sans le moindre complexe et les chansons sont particulièrement rafraîchissantes. Une chose est sûre, cette formation est à suivre de très près…

Girl in A Coma s’est produit devant un grand drap blanc déployé au premier tiers de la scène. Pas une situation idéale pour assurer le supporting act ; mais enfin… Cette toile va servir d’écran à toute une série de projections, dispensée avant la montée sur scène de la bande à Moz. Vont ainsi défiler des courts-métrages (à cette époque on ne parlait pas encore de clips) consacrés à des chansons interprétées par les héros de Morrissey : Sacha Distel, The New York Dolls, Vince Taylor, Brigitte Bardot, etc. En noir et blanc ! Sans oublier la référence à James Dean que l’on découvre en double effigie en arrière-plan, lorsque le rideau tombe. A cet instant on n’entend plus que de la musique d’opéra (Klaus Nomi ?), le temps que la formation débarque enfin sous les acclamations nourries de la foule scandant, depuis quelques minutes, des ‘Morrissey, Morrissey’, sur l’air d’une célèbre chanson d’étudiants grivoise…

Et le show démarre très fort par le « How soon is now ? » des Smiths, caractérisé par ses sonorités de guitare vibrato. Cinq musiciens tirés à quatre épingles –mais en chemise blanche et cravate– accompagnent la star. Qui n’hésite pas à enlever cette cravate dès le deuxième morceau ; la chemise à moitié hors du pantalon contrastant manifestement avec l’impeccable tenue du reste de l’équipe. On n’est pas le boss pour rien, même si trois des musiciens seront autorisés à venir de temps à autre le rejoindre sur le devant de la scène. Un line up constitué d’un bassiste (cironstanciellement contrebassiste), deux guitaristes, un drummer (impressionnant matos dont un gong et une énorme caisse) ainsi qu’un multi-instrumentiste jonglant allègrement entre la six cordes, les claviers (synthés et moog y compris) ou encore l’accordéon. Les balances manquent cependant de précision ; et il faudra attendre un bon quart d’heure avant que les réglages s’opèrent. Et ainsi bénéficier d’un son irréprochable. Morrissey semble de bonne humeur. Il improvise un jeu question réponses avec la foule en prêtant même son micro. Il dessine des cercles à l’aide du fil de ce microphone, un peu comme s’il maniait un lasso. A moins que ce ne soit un fouet ! Et en cadence. Il nous réserve plusieurs nouvelles chanson (NDR : elles devraient figurer sur son nouvel opus, un live, paraît-il ?). Et notamment « That’s how people grow up », « All you need is me », “Something squeezing my skull”, “I’m throwing my arms around Paris” et un remarquable et percussif “Mama lay softly on the riverbed”. Un des sommets du show ! Tout au long du spectacle plusieurs fans réussissent à monter sur scène. Certains se font vider en deux temps trois mouvements ; mais d’autres y parviennent et en profitent pour étreindre leur idole, qui semble particulièrement flatté de cette marque de sympathie (NDR : rien de tel pour gonfler son ego !). N’empêche quelle voix et quel charisme ! Lors des compos les plus populaires, ces aficionados reprennent en chœur les paroles des chansons. Parfois même, ils couvrent sa voix. Très surf, « The loop » frise le délire. Pour la ballade presque floydienne « Pigsty », le guitariste s’est mis à la clarinette. Tout comme lors de la nouvelle compo “I’m throwing my arms around Paris”, titre introduit par un interlude carillonnant intitulé « One day goodbye it will be farewell». Et le show s’achève par une interprétation d’« Irish B. English » qui enflamme littéralement l’audience.

Après une heure trente pile, bras-dessus, bras-dessous, les six artistes viennent saluer le public, comme un seul homme. Et nous reviennent lors d’un rappel au cours duquel ils n’interprèteront qu’un seul titre : le « Lost of the famous international playboys ». Mais la version est de toute beauté. Dès le morceau terminé, les lumières se rallument et la musique de fond calme les ardeurs. Il ne reviendra plus. Mais tout le monde est convaincu d’avoir passé une excellente soirée.

Tracklisting

How soon is now ? (The Smiths – Meat is murder)

The first of the gang to die (Morrissey – You are the Quarry)

I just want to see the boy happy (Morrissey – Ringleaders of the tormentors)

That’s how people grow up (nouvelle compo)

Stop me if you think you’ve heard this one before (The Smiths - Strangeways, Here We Come)

All you nee is me (nouvelle compo)

The national front disco (Morrissey – Your arsenal)

Something is squeezing my skull (nouvelle compo)

Billy Budd (Morrissey – Vauxhall and I)

The loop (Morrissey – Ep 5 titres The Loop)

Death of a disco dancer (The Smiths – Strangeways here we come)

Life is a pigsty – (Morrissey – Ringleader of the tormentor)

I’m throwing my arms around Paris (nouvelle compo)

Why don’t you find out yourself ? (Morrissey – Vauxhall and I)

Mama lay softly on the riverbed (nouvelle compo)

Sister I’m a poet ( Morrissey – The world of Morrissey – compile singles, etc.)

One day goodbye it will be farewell (interlude)

Stretch out and wait (The Smiths – Louder than bombs)

Irish Blood – English heart (Morrissey – You are the Quarry)

Rappel

Last of the famous international playboys (Morrissey – single – sur la compile Bona Drag)

 

Organisation A Gauche de La Lune

 

Editors

Plutôt trois fois qu’une

Écrit par

Editors sont probablement l’une des success-story les plus fulgurantes de ces dernières années. En deux albums et une (grosse) poignée de singles, le quatuor a réussi à s’imposer et à imposer le respect, autant de la part du public que des critiques. Dans le cadre de la tournée promo de leur petit dernier, « An End Has A Start », les Britons se produisaient non pas un mais trois soirs de suite dans nos contrées. A guichets fermés. Après leurs prestations à Gand et Anvers, c’était au tour de Bruxelles de succomber au charme des vocalises Curtis-iennes de Tim Smith.

Arrivés vers 20h à l’AB, on constate que l’on vient à peine de manquer Red Light Company, qui se produisait en ouverture de la soirée. Pas grave, on se rattrape cinq minutes plus tard en compagnie de la première partie, Mobius Band, trio originaire de Brooklyn, distillant d’agréables compos pop nappées d’une fine couche de synthé. La formation présentait son premier essai, un intéressant mariage entre Death Cab For Cutie et… Dntel ! A suivre de près.

Après cette mise en bouche sympathique, la scène dévoile un énorme écran à l’image de la pochette du dernier essai des Editors. Le public, serré comme des sardines, s’impatiente tandis que les roadies s’occupent du soundcheck. A 21h15, Tim et sa troupe apparaissent sur scène et, sans cérémonie, entament « Camera » suivi directement par « An End Has A Start ». Après un petit bonjour à l’assistance, la formation enflammera la grande salle de l’AB en enchaînant les tubes « Blood » et « Bullets ». Smith attire toute l’attention du public sur ses gestes et mimiques frénétiques, parcourant tous les recoins de la scène, grimpant au dessus de son piano ou tournoyant inlassablement autour de l’instrument. La prestance scénique du leader fait légèrement penser à un Chris Martin, un rien plus aliéné. Suivront quelques extraits tirés du dernier ouvrage, tels que « Escape The Nest » ou encore « When Anger Shows ». Editors poursuivront avec leur reprise imparfaite mais intéressante du « Lullaby » des Cure, enregistré spécialement pour une compilation de la station de radio britannique, Radio 1. Les fans en extase hurlent leur joie, qui ira crescendo tandis que la formation les abasourdit en balançant d’une traite les singles « Munich », « All Sparks » et « Put Your Head Towards The Air ». Le quatuor terminera son set sur un efficace « Fingers In The Factory » avant de se retirer quelques minutes et revenir en mettre plein les oreilles de l’assistance lors d’un « Racing Rats » surpuissant. Smith et ses Editors clôtureront leur excellent set par le single « Smokers Outside Hospital Doors ». On quitte la grande salle de l’AB le sourire aux lèvres, complètement charmé par cette formation qui, il faut le reconnaître, arrive sans le moindre effort à engendrer une série de tubes à partir d’un seul et même riff de guitare (à quelques notes près)…

Setlist :

Camera

An End Has A Start

Blood

Bullets

Escape The Nest

Weight Of The World

Lights

When Anger Shows

Spiders

Lullaby

All Sparks

Munich

Push Your Head Towards The Air

Bones

Fingers In The Factories

Racing Rats

You Are Fading

Smokers Outside Hospital Doors

 
(Organisation : Live Nation)

Coldplay

Le reflet d'un bonheur fugace, mais intense...

Écrit par

Il y avait longtemps que je n'avais plus vu autant de monde à Forest National. Si mes souvenirs sont exacts, c'était lors d'un concert de Depeche Mode. En 1997. Celui des britanniques Coldplay était bien évidemment sold out. Même le poulailler était plus que copieusement garni. Malheureusement, je n'ai pu assister qu'à la fin du set accordé par le supporting act, en l'occurrence Idlewild. Un retard provoqué par les travaux, les embouteillages et le temps nécessaire pour trouver une place de parking...

Mais venons-en à Coldplay. Première constatation, le light show est tout bonnement remarquable. Plusieurs écrans restituent, tant au dessus que derrière le groupe, les prestations individuelles des musiciens. Tantôt en couleurs, tantôt en noir et blanc. A l'instar de ce que U2 avait utilisé lors de son 'Elevation tour'. Sans oublier les stroboscopes et les lasers. Lors du rappel, un de ceux-ci va même projeter un ciel jaune virtuel, où les nuages circulent, juste au-dessus du public. Magique !

Ah oui, et le concert alors ? Somptueux, tout simplement ! Pourtant, après quelques morceaux, j'ai eu un peu peur, que la formation se contente de reproduire méthodiquement les plages de ses deux albums. Un peu comme le groupe l'avait fait lors de son dernier passage à l'AB. Une impression qui a duré 20 bonnes minutes. Et puis Coldplay s'est totalement libéré. Alternant chansons issues de ses deux opus, Chris Martin passe du piano à la guitare sèche ou électrique, comme si c'était déjà un vieux briscard. Assis derrière les ivoires, il ne tient pas en place. Debout, il saute d'un côté à l'autre de la scène. Aussi lorsque l'intensité électrique jaillit, c'est toute l'assistance qui s'enflamme. Et je pense tout particulièrement à cette interprétation flamboyante de « One I Love », issue du single « In my place », qui m'a rappelé les meilleurs moments de House Of Love. Faut dire que Jon Buckland, le guitariste, y met la gomme. Chris s'excuse de ne pas trop bien parler dans la langue de Molière. Mais il le fait avec une telle candeur, qu'on en tombe sous le charme. Sa voix est bourrée de feeling et correspond parfaitement au profil romantique de ses chansons. Mais, il a pris de la bouteille et tourne le micro vers le public pour le laisser reprendre en chœur ses plus belles mélodies. Des moments d'émotion indescriptibles pour les aficionados. Et n'oublions pas pour autant le travail de Guy Berryman à la basse et de Will Champion aux drums, une redoutable section rythmique décidée à ne laisser déraper le concert que si elle le contrôle. Une bonne heure trente-cinq plus tard, y compris le rappel, on pouvait lire sur le visage des spectateurs le reflet d'un bonheur fugace, mais intense. Comme quoi le rock ça peut rendre encore heureux.

Après un tel set, je me suis juste posé une question : celle de savoir si le groupe avait encore l'intention de grandir et risquer de perdre sa spontanéité juvénile, ou alors de conserver sa dimension humaine. Je n'ai pas la réponse, mais j'ai toujours en mémoire des (mauvais) exemples de groupes, qui au sommet de leur art, ont oublié qu'il fallait aussi se renouveler. Pensez à Simple Minds. Et même à Radiohead, qui à une certaine époque, a failli tomber dans le piège. Croisons les doigts pour que l'histoire ne soit pas un éternel recommencement.

 

Add N To (X)

Un seul être vous manque...

Add N To (X) en concert, c’est une orgie de sons vintage, au croisement de l’avant-garde électronique et du rock le plus garage. Leur nouvel album, « Loud Like Nature », sonne d’ailleurs comme du Stooges kraftwerkien : des guitares, des refrains, des mélodies, mais passés à la moulinette d’une électro « rétro-futuriste ». entendez par là une électro faite avec de vieux synthés trouvés aux puces, des machines ancestrales truffées de boutons de toutes les couleurs, qui font « wizzz » et « tuuut » quand on les tourne dans tous les sens.

En concert, le trio est accompagné d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur. De quoi donner davantage de punch et d’envergure à leurs ritournelles sexy. Malheureusement, cette fois-ci, leur prestation ne fut pas à la hauteur de nos attentes. Sans doute était-ce dû à l’absence de la charmante Ann Shenton, dont la vigoureuse poigne (comme elle triture ces synthés !) donne d’habitude une couleur « sensuelle » aux délires bruitistes de Steve Claydon et Barry 7, ses deux comparses particulièrement frappés du ciboulot. Add N To (X) sans les déhanchements fantasques d’Ann Shenton (cette main baladeuse qui caresse le theremin !), c’est un peu comme Boss Hog sans Christina, Nashville Pussy sans sa bassiste, Mazzy Star sans Hope Sandoval : triste et sans saveur. D’autant plus qu’en son absence, ces deux compères n’auront pas hésité à pousser le volume à fond et à gueuler comme la créature de Frankestein, entraînant l’exaspération du public et, par là, son indifférence. Au programme : que des titres du nouvel album, à part ce « Metal Fingers In My Body » toujours aussi bandant. Un peu court, comme orgasme… Surtout sans les clins d’œil aguicheurs d’Ann déguisée en cow-girl de la Planète Mars. « Plug Me In », qu’elle disait. Pfff.

The Faint

Leur horloge s'est arrêtée il y a vingt ans...

Aaargh, la cold-wave est de retour ! The Faint n'a plus écouté de musique depuis 1982, à l'époque ou Human League et Front 242 faisaient un tabac dans les clubs de Mouscron et de Detroit. De l'EBM qu'ils appelaient même ça ! Les saligauds, v'là-t-y pas qu'ils nous refont le coup comme en 40, avec les combat shoes et les tenues en treillis ! Ce beat ! Ces poses ! Cette voix ! Mais que diable, serions-nous au Steeple Chase de Waregem à danser sur Wumpscut, en balayant le sol de nos cheveux longs corbeau, les poings fermés se balançant d'avant en arrière ? The Faint ? Chouette alors, on se sent rajeunir, et pour ceux qui n'était pas nés, voilà une belle entrée en matière dans le fabuleux monde des années 80 ! Elektroklash meets Billy Idol, pour qu'ils comprennent mieux. Ah ouaiiis ! The Faint : le groupe qu'on aimerait ne pas aimer. « Danse Macabre » (NDR : ce titre !) est en vente chez tous les bons disquaires).

Radio 4 : on en a déjà parlé. Le punk funk, cette tendance rétro qui replonge dans le début des années 80, à l'époque ou Gang Of Four, A Certain Ratio et co. faisaient danser l'undergound avec leur mix de rock abrasif et de grosses basses frétillantes. Mais le public serait-il venu pour The Faint et son EBM figé dans le temps ? A voir l'ambiance (nulle) et les gens qui dansaient (personne), on se dit que Radio 4 s'est trompé de salle. Pourtant, leur « Gotham ! » est une pure merveille de rock dansant, produit par un duo de choc composé de Murphy et de Goldsworthy, alias DFA. Liars, The Rapture, c'est aussi eux. Bon, patience : un « Dance To The Underground » devrait embraser la salle en un quart de tour. Raté : « On se croirait presque à New York », ironise Anthony Roman, le chanteur-bassiste. Un petit rappel pour être polis (avec deux chansons de leur premier album, « The New Song And Dance » et le fameux « Certain Tragedy »), et puis Radio 4 met les voiles. Triste… Que dire de plus ?