Fence n’en a rien à foutre…

Le combo rock limbourgeois Fence sortira son nouvel album, « Nobody Gives A Fuck », le 16 octobre 2026. Un titre qui laisse peu de place à l'imagination, quoique... Propulsés par un nouveau batteur, Wim Coppers, installé derrière les fûts, les musiciens de…

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Christophe

Mythique Christophe à Tournai?

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Tout comme votre serviteur, et avec un cœur de rocker, vous avez sans doute encore en tête l'image de ce beau blondinet élevé au sein de la variété et responsable de tubes un peu ‘cul-cul’, dont le plus notoire demeure « Aline ». Pourtant, Daniel Bevilacqua (de son vrai nom) a fait son grand retour sur scène en 2002, après une longue traversée du désert…C'est donc partagé entre cette image, qui risque d'ailleurs de le poursuivre jusqu'à perpétuité, et les critiques élogieuses de ses derniers concerts accordés au Bota et aux Francofolies en 2002 (après…27 ans d'absence !), que l'on attendait la venue de ce représentant de la chanson française. Très vite, l'image du bon blondinet s'estompe : c'est le visage aigri, les cheveux blancs, et derrière des lunettes fumées que le chanteur fait son entrée sur scène, dans un début de show chimérique. Des contrastes, il y en aura tout au long de la soirée : malgré son physique, sa voix, bien à lui, n'a pas pris une ride. Impressionnant et froid au début, il brise rapidement la glace en se rapprochant du public, lui contant sa vision de Tournai. Frappants aussi les arrangements parfaits, tantôt mélancoliques et simplistes, tantôt plus recherchés, de ses vieux morceaux dépoussiérés : « Les marionnettes » et « Les mots bleus ». A l'heure où de nouvelles stars adaptent ce tube inusable, Christophe a véritablement offert une bouffée d'air frais à la chanson française, témoignant d'une longévité que l'on attendait plus. Si en 1965, il criait « Aline » pour qu'elle revienne, ce dimanche c'est ‘Chris-tophe’ qu'a scandé le public tournaisien, lors des rappels. Quel «succès fou» ! Et quelle émotion ! Une émotion omniprésente, que le chanteur a bien rendu, allant jusqu'à rester sur scène un bon quart d'heure après la fin du concert, pour signer des autographes, tout en arborant un large sourire à ses fans. Et oui, rangeons au tiroir nos a priori sur ses tubes de ‘variété à 2 balles’, et rendons nous compte de l'authenticité du personnage, afin de ne pas attendre sa mort pour se dire que l'on tient là un véritable artisan de la chanson française. En surpassant les apparences et en le croisant après le concert, force est de constater que Christophe a su garder son charme et ses beaux yeux, une intégrité artistique et une sensibilité à fleur de peau, aussi bien sur scène qu'en dehors.

 

 

Windsor For The Derby

En route pour la quatrième dimension...

'A chilly night' au Nijdrop d'Opwijk, une maison des jeunes s'improvisant presque toutes les semaines salle de concert. Au programme de cette soirée à l'ambiance résolument feutrée : Nona Mez, alias Geert Maris, de Leuven, et Windsor For The Derby, combo américain à géométrie variable, lointain cousin de This Heat, PIL et Tortoise.

Nona Mez et son « Songs of Leaving » nous avait scotché fin de l'année dernière, avec une recette pourtant maintes fois ressassée : une guitare acoustique, un clavier et une voix vaporeuse, susurrant de mornes complaintes sur l'amour et ses dérives. De dérives, il en était fortement question ce soir, à cause d'une maladresse qui fit perdre la patience de notre jeune ami, puis, rapidement, la nôtre. Une guitare qui tombe, et voilà que le tatillon Maris s'énerve et bâcle ses compos, pourtant fort belles… Et la méticulosité, en concert, ça saoule : à force de vouloir réaccorder sa guitare pendant une plombe à chaque fin de morceau (pire : pendant), Nona Mez nous aura fait oublier l'essentiel : que son disque est fort joli. Comme quoi, le live n'est pas une cure pour les timides et les maniaques.

Heureusement, Windsor for the Derby était là pour sauver la mise, avant que la soirée ne soit rebaptisée « A boring night » : leur post-pop entre L'Altra et The Sea & Cake au placard le temps d'une heure, c'est sous les traits soniques de chevaliers de l'Apocalypse noisy-punk-funk que l'on a pu apprécier, ravis, ces Américains au look impeccable. Une tornade de rythmes binaires hypnotiques, de riffs en boucles, de paroles ânonnées avec grâce : Windsor for the Derby nous aura cloués sur place. Comme l'acid rock à la Grateful Dead, le minimalisme à la Terry Riley et le punk incisif à la Wire, Windsor for the Derby nous aura embarqués dans une quatrième dimension que seuls les grands groupes arrivent à traverser, sans se brûler les ailes. Une fois les dernières notes retentissant dans la salle, le choc avec la réalité fût rude : la marque des grands groupes, assurément.

Couch

Shoegazing...

Pendant tout un week-end, les Allemands de Notwist ont pris d'assaut l'AB avec tous leurs copains, pour deux soirées spéciales autour du groupe : films, clips, merchandising, DJ-sets, et surtout des concerts, de Notwist (en apothéose) et de leurs side projects (Console, Lali Puna, Ms John Soda, Tied & Tickled Trio, Couch). The Notwist, c'est donc une nébuleuse, une constellation : autour du groupe gravitent plusieurs formations qui ont toutes en commun cette propension à mixer indie pop et électro (de l'indietronica), émotion et technologie, impro et refrains chantés. En cela, The Notwist est une petite entreprise qui fonctionne plutôt bien : la « scène » dont le groupe s'est retrouvé fer de lance connaît un beau succès d'estime, en témoigne ce soir une AB bien remplie, alors qu'au début l'événement était prévu dans l'ABBOX.

C'est Couch qui ouvre les festivités, un trio rappelant Add (N) to X (une femme, aussi, aux claviers) et ces groupes de post-rock qui malmènent leurs guitares sans dire un mot. Les riffs sont répétitifs et la batterie reste calée sur le même rythme, provoquant chez leurs géniteurs une transe solitaire qui n'emporte que très peu de spectateurs. Une heure de concert, ce fût long, malgré quelques bons moments.

Arrive alors Lali Puna, qu'on a rarement le plaisir de voir en concert. Valerie Trebeljahr chante timidement, tandis que Markus Acher (chanteur-guitariste des Notwist) reste courbé sur sa guitare, l'air concentré ou l'esprit ailleurs. Des nouveaux morceaux, et quelques perles de « Scary World Theory », leur dernier album en date, un véritable petit joyau. En rappel, une reprise de « 40 Days » de Slowdive, qu'on retrouve sur la compile « Blue Skied An' Clear » du label Morr Music.

Vers 22h30, les Notwist entrent en scène. Il y a plus d'un an qu'on ne les a plus vus, depuis ce passage raté à Werchter, avec Arne Van Petegem en remplacement de Micha Acher et son plantage sur « Pick up the phone » (un grand moment). Cette fois, le groupe est au complet. Les hits y passent, surtout ceux de « Neon Golden » (à part un « Chemicals » un peu fade), plus quelques morceaux plus noisy, traces un peu crasses de leur passé d'ados tourmentés (les premiers albums). C'était là qu'en effet, le bât blessait : peut-être à cause d'un manque de répétition, d'une cuite à la bière belge ou d'un gros rhume chopé pendant le voyage, les quatre Allemands semblaient à côté de leurs pompes quand il s'agissait de jouer ensemble et de jongler avec les crescendo. Pendant ces morceaux rock, de longues plages de silence, avant l'explosion, cassaient tout rythme, et toute ambiance (n'est pas Mogwai qui veut). Un peu comme si on avait coupé le courant pendant quelques secondes (« Mais qui a éteint la musique ? », était la réaction la plus fréquente), avant de rebrancher les prises et de laisser les quatre Allemands faire leur boucan en totale discordance. Bizarre qu'après un an de tournée, deux albums excellents, The Notwist soit encore victime de telles imprécisions. A tel point qu'après trois-quarts d'heure de concert, l'attention du public n'était plus que polie (il était tard aussi), et l'ambiance de partir en couilles comme un vulgaire plat de nouilles. Pas glop.

 

The Hives

More Tussles In Brussels !

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Après un concert époustouflant, accordé à l’AB en 2004, un set immortalisé sur le DVD « Tussles In Brussels », l’autoproclamé meilleur groupe du monde est revenu ce dimanche 2 décembre sur le lieu du crime, décidé à faire trembler la capitale, une nouvelle fois.

En ouverture des festivités, Pelle Almqvist et sa bande avaient convié leurs collègues suédois de Quit Your Dayjob, un trio détonnant venu présenter « Tools For Fools », leur nouveau recueil, un opus partagé entre electro et rock, voire métal ! Légèrement difficile à suivre lorsque l’on débarque fraîchement du froid polaire des rues de Bruxelles, cette bande d’allumés (qui sera en concert au VK le 12 janvier prochain) aura le mérite de réchauffer la salle en deux temps trois mouvements.

A contrario de Dan Sartain, une première partie soûlante à souhait. Originaires de l’Alabama, Dan et son batteur se complaisent dans le rock ‘cliché’, dispensant une succession de riffs largement inspirés de classiques et autres morceaux choisis. Une inversion entre les deux formations d’ouverture aurait été plus que judicieuse.

Il est difficile d’imaginer que The Hives était capable de réitérer son exploit accompli en 2004. En effet, le concert légendaire filmé à l’Ancienne Belgique n’a toujours pas vécu de remake ; et ses prestations festivalières n’ont été accueillies que trop mollement. Mais à peine arrivé sur scène au son de « A Stroll Through Hive Manor Corridors », interlude de leur dernier essai, la formation suédoise a de nouveau été reçue par une horde de fans déchaînés. Ce sont donc pogos après pogos qui se sont succédés sur les tubes de la formation, tels que « A Little More For Little You », « Walk Idiot Walk », « Hate To Say I Told You So », « Diabolic Scheme », « Die! Allright » ainsi que « Try It Again », « Well All Right ! » ou « Won’t Be Long », extraits du « Black & White Album », tout fraîchement publié. Affublé de ses costards habituels, le quintet s’est montré à la hauteur des espérances, balançant son rock old school avec une énergie incroyable et une précision d’orfèvre. Un cocktail qui aura fait vibrer l’ensemble de la salle. Devant l’énorme logo lumineux représentant le nom de la formation -le même qu’en 2004-, le leader n’a évidemment pas manqué de rappeler à l’assistance combien The Hives est un groupe exceptionnel. Et devant un tel déploiement d’enthousiasme, autant sur le podium que dans le public, on ne pouvait qu’agréer avant de se remettre à danser sur un « Two-Timing Touch And Broken Bones » retentissant. Une petite heure de spectacle plus tard, la formation a accordé un rappel court mais efficace, enchaînant « Return The Favour », « T.H.E.H.I.V.E.S. », « Supply And Demand » et enfin « Main Offender », grandiose final.

En 1h20, The Hives a prouvé à la salle comble qu’il était, en effet, un des meilleurs groupes live au monde, comme il le prétend si bien…

(Organisation : Live Nation)

Supergrass

Dans leur bulle...

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Auteur d'un chouette album l'an dernier (« Life on other planets »), Supergrass fait un peu bande à part au sein de la scène britpop. Alors que la plupart de leurs contemporains rêvent un jour de détrôner Blur, Oasis ou Radiohead (NDR : faudra bientôt ajouter Coldplay !), le trio d'Oxford n'en finit plus de revisiter l'histoire de la pop britannique. A sa manière, il faut le reconnaître. C'est à dire avec talent, attitude (ce look !) et beaucoup d'humour.

Pour son dernier album, la formation s'est mise à l'heure du glam. Mais sur les planches de l'Aéronef, il n'a guère été question de glam. Au cours de vingt première minutes, le combo nous a ainsi asséné une version très musclée de son répertoire. Sans les harmonies vocales (NDR : toujours aussi limpides et savoureuses !), on se serait cru à un hommage à ACDC voire à Metallica. Et pourtant, la formation vient d'accueillir un  nouveau membre : Rob Coombes, c'est à dire le frère aîné de Gaz. Aux claviers. Mais on ne remarquera vraiment sa présence que lorsque la musique deviendra moins métallique. Car les interventions qu'il y injecte fluidifient les chansons. Le groupe va alors enchaîner ses classiques avec beaucoup d'application ; ne concédant qu'une seule cover : « The loner » de Neil Young. Si Danny Goffey est bien le fils spirituel de Keith Moon, le drummer du défunt Who, Gaz et Mickey semblent vivre dans leur bulle. Gaz remercie poliment le public, après chaque salve d'applaudissements ; mais ne donne pas l'impression de vouloir communiquer avec lui. Une nouvelle chanson et deux titres concédés en rappel plus tard, Supergrass nous disait au revoir… Et à la prochaine. C'est à dire le 26 juin prochain, lors de la nouvelle édition du festival de Werchter.

Aston Villa

Une pêche d'enfer...

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C'est face à un large contingent de fans que Yel s'est produit sur les planches du Bota, en première partie d'Aston Villa. Faut croire qu'ils avaient organisé le voyage en car… Curieusement en interprétant ses premières chansons, Jean-Christophe Van Achter épouse les inflexions de Fred Franchitti. Le groupe avait-t-il assisté au soundcheck d'Aston Villa ? Le mystère reste entier. Mais c'est plus que vraissemblable… Ce qui n'a pas empêché le quatuor de dispenser un set de bonne facture et d'aligner les « Nos cœurs à genoux », « Nouvelle vague » et consorts, sans oublier de réserver l'une ou l'autre composition au format acoustique. Le moment le plus fort de leur prestation restera cependant « Comme un seul homme », lorsque Jean-Christophe fit allusion à Bush, en regrettant que parfois les décisions soient parfois prises seulement par un seul homme. Lors du rappel, Yel a délivré une nouvelle chanson, au cours de laquelle le chanteur y a démontré un certain talent à l'harmonica. En quittant la scène, le groupe a également annoncé qu'il entrait bientôt en studio pour enregistrer un nouvel album…

La dernière fois que j'avais assisté à un concert d'Aston Villa, c'était (NDR : si mes souvenirs sont exacts), en 1999. A Lille. Au Splendid. Pour un spectacle de bonne facture, sans plus. Depuis, le groupe a sorti un 'live' acoustique et surtout l'an dernier « Strange », qui figure parmi mes albums de l'année. Je voulais donc un peu voir, dans quelle mesure, ils avaient également progressé sur les planches. Première constatation, il y a eu du changement au sein du line up. Les frères Nico et Doc Muller (guitariste et drummer) ont été remplacés respectivement par Franck Pilant (NDR : il avait déjà participé à l'enregistrement des deux premiers elpees du groupe) et l'ex Ben's Symphonic Orchestra, Gregory Baudier. Ne reste donc plus du line up original que Fred, le chanteur, et Djib le bassiste. Tout ce remue ménage aurait pu laisser croire au pire. Et bien non ! Aston Villa nous a délivré un set absolument épatant. Ils avaient une pêche d'enfer. Faut dire que la présence de deux drummers y est aussi pour quelque chose, même si le second (NDR : Eduardo Tomassi qui accompagne régulièrement la formation en tournée) se concentre davantage sur les percus, avec une dextérité pas possible. Fred est en plein forme. Son regard vous transperce. Il bondit d'un côté à l'autre de la scène. Ne s'arrêtant que pour jouer de son clavier adapté. Oui, ceux qui n'ont jamais vu Aston Villa l'ignorent : il manque l'avant bras gauche à Fred. Il ne s'en formalise pas. Et avant de gratter un peu de guitare lors de sa cover d'« All apologies » de Nirvana, il promet que la prochaine fois, il le laissera repousser. Et finalement, lorsqu'il tournoie sur scène, sa manche de chemise virevolte un peu dans tous les sens, avec une certaine élégance. Et puis si ses chansons sont truffées de jeux de mots, ce n'est jamais gratuitement. « L'âge d'or », « Les codes » et « Le chien », sont autant de messages et d'attitudes qui raillent les mécanismes de notre société de consommation. Une attitude fort proche de celle de Noir Désir. Une comparaison renforcée par la puissance du set. A ce sujet, vous pouvez me croire : les riffs de guitare étaient cinglants ; et lorsqu'ils bavardaient avec la ligne de basse, on retrouvait presque une structure en crescendo digne de dEus. Ce qui n'a pas empêché le public de partager de formidables moments hymniques. Et en particulier à l'issue de « Peu importe » ; parce que le groupe dût se résoudre à improviser pour embrayer sur le refrain entonné par une partie du public. Génial ! Pour souffler un peu, Aston Villa nous quand même réservé l'une ou l'autre chanson un peu plus acoustique et même permis au bassiste (NDR : de son baryton profond, il prétend même faire craquer toutes les filles…) d'en interpréter une plus badine. J'avais même failli l'oublier. Et lors du rappel, on a eu droit à un « J'en rêve » de rêve. Le groupe semblait même surpris de l'ovation que lui a accordée le public. Vibrant ! Et le mot est faible. Manquait plus qu'ils reprennent le « J'aime regarder les filles » de Coutin et c'était la folie… Une grande claque !

Jane Birkin

Un parfum d'Orient...

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Le concert que Jane Birkin accordait à la Maison de la Culture de Tournai, ce samedi 15 février, était bien sûr sold out depuis quelques jours. Pourtant, le public partagé entre jeunes et surtout moins jeunes était prévenu : à l'instar de son denier album (« Arabesque » (Kachalou/EMI), l'Anglaise préférée des Français allait revisiter les compositions de Gainsbourg à la sauce orientale. Et pour y parvenir, elle s'appuie sur une solide formation constituée de Fred Maggi au piano, d'Aziz Boularoug aux percussions, d'Amel Riahi au luth et de Djamel Beneylles au violon. Egalement responsable des orchestrations, ce dernier est également le leader du groupe algérien Djam & Fam et un collaborateur régulier de Jacques Higelin, Khaled ou encore Florent Pagny.

Jane monte sur scène vêtue de noir, pantalon et top (NDR : mais avec manches longues). Elle est vraiment belle et toujours aussi frêle. Et arbore un sourire jusqu'aux oreilles. Pas de trace de l'orchestre, mais simplement de son pianiste. Elle entame son répertoire par de nouvelles chansons, de cette voix fluette, sans grand registre, mais tellement chargée de grâce et d'émotion ; des chansons qu'elle a écrites et puis une compo de Zazie. Toutes sur ce mode minimaliste. On n'échappe évidemment pas au poème de Prévert, « Les feuilles mortes ». Histoire de faire la transition et de faire place à son orchestre. L'éclairage passe à l'orange, et on entre dans le monde oriental. Enfin, tantôt à coloration algérienne, andalouse, un peu gitane ou même sud américaine pour « Couleur café ». Jane aligne ses classiques : « Elisa », etc. Elle est ravie et parle entre chaque interprétation, autant qu'elle ne chante. Puis échange un remarquable duo avec le chanteur Moumen, avant de disparaître pour laisser la formation jouer l'instrumental « She left her ». Lorsqu'elle revient, c'est vêtue d'une longue robe rouge et chanter le très évocateur « Les dessous chics ». Jane est toujours aussi hantée par l'esprit de Serge Gainsbourg. Elle parle toujours autant de lui. Même sur scène. Moment d'émotion intense, lorsqu'elle récite un poème du fils de son frère, décédé suite à un accident de circulation, en compagnie de tout son groupe. Le temps semble passer à une vitesse folle. Pour « Les clefs du paradis », Jane se met à danser. Ce qui n'est pas nécessairement une réussite. M'enfin le rythme on l'a ou on ne l'a pas dans le sang. Et en plus pour une Anglaise… Elle remercie plusieurs fois ses musiciens (NDR : qu'elle embrasse affectueusement, à plusieurs reprises, tout au long du set), ses collaborateurs, les éclairagistes, le public… presque les nuages… Mais c'est dit avec une telle sincérité qu'on ne peut que craquer. Elle félicite la Belgique pour sa position dans la question de l'Irak. Et puis, c'est le moment de « Comment te dire adieu ». La salle est debout ! Les applaudissements nourris la décident à remonter sur scène, pour interpréter deux derniers titres, dont « La javanaise » a cappella, au cours duquel le public l'accompagne. Rideau. L'homme à la tête de chou aurait été très fier de Jane…

Miam Monster Miam

A vous couper l'appétit...

Benjamin Schoos est un petit marrant, même si sa musique, elle, n'est pas drôle (« Forgotten Ladies », son nouvel album). Un soupçon de Venus et de Don Corleone (l'abat-jour et le fauteuil, la gomina et la grosse caboche), un zeste de Ry Cooder et de Tindersticks (le trio en backing band – Jacques Stotzem, André Klenes, Phil Corthouts – et l'air emprunté de Miam), un léger parfum de belgitude (l'accent liégeois, le surréalisme des paroles – trois mots, à toutes les sauces, love despair sadness) : circulez, y a rien (de neuf) à voir ! ! ! Benjamin, en plus, est aussi à l'aise sur scène qu'un éléphant dans un magasin de porcelaine : une blague belge, une blague belge, une blague belge ! Eh bien non, pas de blague… même si ce concert de Miam Monster Miam en fût une. Les musiciens, eux, étaient parfaits. Dommage que Benjamin n'a pas la classe d'un Stuart Staples, et qu'il ferait mieux de chanter en français. « When I was a ninja », pop-song idiote dédicacée à Bruce Lee, clôturera ce concert raté, même si livré avec plein de bons sentiments. Miam Miam Miam ! ? Non : pas glop.

Après un concert si « délicieux » (dixit plein de gens venus en bus de la cité ardente), Nicolai Dunger (Suède), la vraie tête d'affiche de ce concert, n'aura bien sûr pas trop retenu l'attention. Pas de chance pour lui : c'était pas son show-case. « Va voir à Seraing si j'y suis ! ». Pourtant, son americana composée à quatre mains avec Will Oldham (excusez du peu) valait bien qu'on s'y attarde. Du sax, de la flûte, des guitares rugissantes, et surtout cette voix, râleuse et raclante, comme rôdée à l'alcool et au vieux tabac. Un Dunger vaut mieux que deux Miam tu l'auras, comme on dit. Pour les fans d'alternative country… Pas nombreux dans la salle, il allait sans dire.