Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Les Nuits Botanique 2020 : mardi 6 octobre

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Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées ; et comme votre serviteur débarque assez tôt, il s’installe au premier rang. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

En juin 2017, les Parisiens Théo Cholbi (chant) et Florian Serrain (bassiste) fondent Süeür, une sorte de créature sonique explosive. Un an et demi plus tard, le batteur Léo Goizet rejoint le tandem. Eponyme, son premier elpee est paru en janvier dernier. Pourquoi 2 trémas sur les ‘u’ du patronyme ? Parce que lors d’une fête de la musique, il faisait encore 38 degrés, à 21h00…

La musique du trio mêle post-punk, drum & bass, noise, techno et hip-hop, un rap underground qui dresse constamment des passerelles entre la scène francophone (Vald, Fianso, Damso, Booba) et yankee (Ho99o9, XXXTENTACION, Death Grips, …) Death Grips surtout ! Issu de Sacramento, il agrège rap ténébreux et névrosé au punk.   

Avant de monter sur le podium, les baffles crachent de la musique signée Hollywood Undead. Et l’idée est judicieuse.

Constituée d’un drummer et d’un bassiste, la section rythmique est particulièrement dynamique. Le son est puissant et truffé d’électronique générée par un ordinateur et un MPD placé devant le drummer.   

Déchaîné, le chanteur se déplace constamment et pose ses textes incisifs avec une grande précision, des paroles qui s’inspirent de Rimbaud, Booba, Brel, de dialogues de cinéma et de la vie de tous les jours…

Pendant « MTM (Sur Ma Vie) », morceau paru en single avant la sortie de l’album, il déclame : ‘Manger des morts ou vomir des vivants. Ça veut pas dire grand-chose mais ça nourrit ma prose’. Ce qui se traduit pour Théo par ‘Viens partager ta peine avec moi’. Les textures sonores syncopées et profondes rappellent alors Massive Attack et Nine Inch Nails. Süeür, pour les rappeurs, c'est du rock. Et pour les rockeurs, c'est du rap…

Un set littéralement incendiaire !

Setlist : « Pleure », « Ride To Paris », « Petit Jack », « Malfamée », « QLL », « MTM (Sur Ma Vie) », « Peut Être », « En Equilibre », « Coupe Moi ».

Glauque réunit Louis Lemagne et Aaron Godefroid au chant, Baptiste Lo Manto aux claviers et à la batterie, Aadrieian Montens à la guitare et aux claviers et Lucas Lemage, également aux claviers. Encensé par la critique, le collectif namurois est également très apprécié en Wallonie. Faut dire que dans le style, c’est sans doute ce qui s’y fait de mieux. A son actif, deux Eps, parus pendant le confinement : « Glauque » et « Réécriture ».  Glauque c’est d’abord un style hybride, instinctif, qui évolue entre la rage du rock, le côté frontal du rap, les rythmes entêtants de l’électro, invitant parfois des sonorités très métalliques et industrielles ; mais aussi et surtout des textes singuliers, poétiques, parfois névrosés, mais résolument contemporains. Une musique chargée de nuances, subtile, qui reflète bien son époque.  

Il y a du matos sur les planches dont un piano à queue qui sert lors des deux premières chansons. Les interventions aux ivoires sont précises et délicates. Il faut se réveiller ! C’est le début de la compo interprétée en slam à la manière d’un Grand Corps Malade au sommet de son art. Après un départ lent et paisible, les événements se précipitent ensuite. Toujours slammé, « Vivre r2 » se révèle un peu plus électro. Une électronique qui va progressivement envahir l’expression sonore, tout en se mêlant au rap. On aura même droit à de la techno !

Le light show est impressionnant. Le band n’oublie pas « Robot », le single qui l’a fait connaître. Le refrain de « Vivre » est scandé en chœur par la foule debout (‘On est tous voués à vivre’). Les deux chanteurs arpentent les planches de long en large. Les musicos dansent sur place. Parfois Glauque me fait penser au groupe bruxellois Glù…

Et le concert de s’achever en forme d’apothéose par « Deuil ».

Setlist : « Plane r2 », « Robot r2 », « Vivre r2 », « Ego », « Venaire », « Personally », « Will I Be », « Vivre », « Robot r1 », « ID8 r1 », « Plane r1 », « Deuil »

Glauque + Süeür

(Organisation Botanique)

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Van Halen

Décès du guitariste légendaire Eddie Van Halen…

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Eddie Van Halen, guitariste et fondateur de Van Halen, illustre groupe de hard rock, est décédé ce mardi 6 octobre, à l’âge de 65 ans, après un long combat contre le cancer.

La famille Van Halen avait émigré en 1962 de Nimègue, aux Pays-Bas, à Pasadena, en Californie. Lui-même saxophoniste et clarinettiste, Jan Van Halen, avait encouragé très tôt la passion de ses fils pour la musique. Eddie et son frère aîné, Alex, ont reçu une éducation de piano classique pendant leur enfance. Eddie voulait devenir batteur et Alex avait suivi des cours de guitare flamenco. Mais lorsqu'Eddie a entendu son frère jouer des drums, il a abandonné l’idée et s’est concentré sur la gratte. Eric Clapton est le musicien qui a le plus influencé Eddie. Et Ginger Baker ainsi que John Bonham, les batteurs qui ont le plus inspiré Alex.  

Après avoir fondé divers groupes au collège, les frangins ont décidé de former Mammoth, en compagnie de Mark Stone à la basse (NDR : il sera relayé en 1974 par Michael Anthony). C’est en 1973, que les frères, qui se partageaient alors le micro, à tour de rôle, décident d’engager David Lee Roth au chant. Après avoir découvert qu’une autre formation portait le même nom, ce dernier leur a suggéré de choisir comme patronyme, le nom de famille des deux frangins.

Wolfgang ‘Wolf’ Van Halen, le fils d’Eddie, avait remplacé le bassiste original du groupe en 2007, lorsque David Lee Roth avait rejoint Van Halen pour une tournée, après une séparation de plus de vingt ans. Mais il faut reconnaître, qu’à partir de 1985, le combo n’est plus jamais parvenu à retrouver le lustre d’antan.

Quand on parle de Van Halen, on pense inévitablement à « Jump », tube vendu à des millions d’exemplaires, à la version du « You really got me » des Kinks et à l’intervention devenue mythique d’Eddie sur le « Beat it » de Michael Jackson. Dans l’univers du métal, doué d’une technique au-dessus de la normale, Eddie était considéré comme un virtuose de la guitare…  

RIP

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 4 octobre

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Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. Ce soir, pour accueillir River Into Lake soutenu par un quatuor à cordes ainsi qu’Offo Vrae, la salle de l’Orangerie est en configuration assise et peut accepter 150 personnes. C’est une formule qui plaît à votre serviteur, même si le port du masque obligatoire finira par devenir pénible au fil de la soirée.

Offo Vrae, c’est le nouveau projet de Jawhar Basti. Une nouvelle création qu’il a décidé de chanter dans la langue de Molière et non plus en arabe, et pour laquelle il a reçu le concours du producteur et arrangeur Lennart Hendels.  

Jawhar monte sur le podium vêtu d’une jupe-culotte marron et d’un pull brun foncé. Il porte un collier rouge autour du cou et sa tête est surmontée d’un turban de couleur bordeaux.

Jawhar raconte des histoires chargées de spleen qui parlent de devenir étranger à toutes les rives quittées pour un refuge ultime. Du rêve d’une pergola. D'un balcon qui donne sur la mer. D’une maison que frôle un sable doré. D’un corps qui ne ferait qu’un avec une forêt. Une véritable incitation au voyage. Un set léger et parfaitement maîtrisé au cours duquel, pour deux compos, il reçoit le concours de Yannick Dupont au synthé, qui leur instille quelques petites et délicates touches électro.

Setlist : « Si Ivre », « Souvenir de demain », « En chemin », « L’arabe de vos guerres », « Ces Ombres », « Oh », « Sein Masculin », « Blow », « Pergola »

Boris Gronemberger est loin d’être un inconnu. Non seulement il a apporté sa collaboration à Girls in Hawaii, Françoiz Breut, Castus et le duo Blondie Brownie, mais a surtout drivé V.O. pendant une quinzaine d’années, band bruxellois qu’il a finalement rebaptisé River Into Lake. Et dont le premier elpee, « Let the beast out », est sorti en septembre 2019. Un opus de pop orchestrale combinant malicieusement mélodies pop acérées, harmonies complexes et sonorités héritées des 70’s.

Boris se charge des claviers et des guitares. Il est soutenu par une section rythmique montée sur une estrade constituée de Franck Baya (Cloe du Trèfle, Sarah Carlier, Fugu Mango) à la batterie et de Frédéric Renaux (Coffee Or Not) à la basse et aux claviers. Mais aussi d’une préposée au glockenspiel et au saxophone (Aurélie Muller), d’un claviériste/trompettiste, d’un guitariste et d’une section à cordes (trois violonistes et un violoncelliste).

Et ce sont ces cordes qui vont donner une remarquable dimension au concert.

Paradoxal, mais le drumming de Franck est à la fois sauvage et particulièrement technique. A l’avoir vu en ‘live’, à plusieurs reprises, au sein de différents projets, il est manifeste que ce musicien est un prodige des baguettes.

Elaborées sous la forme de montagnes russes, les mélodies sont raffinées. Les duels entre les différents instruments sont permanents. Le spectre de Grizzly Bear plane. Celui de Beirut également, lorsque les cuivres s’enflamment et supplantent momentanément les cordes généreuses. Mais aussi du Pink Floyd, lors des longues envolées instrumentales. La musique pénètre alors dans une sorte de prog/rock souligné par des harmonies vocales parfois délirantes, dans l’esprit de Dave Penny (Archive). Mais une expression sonore qui tout en évoluant entre seventies et eighties, est très susceptible de virer au shoegaze, au jazz, à la pop classique et à la musique de chambre, tout en conservant une forme contemporaine.

Les neuf petites perles présentées ce soir constituent autant d’hymnes à l’amour, à la vie et à la beauté de l’univers dont la plupart d’entre nous s’écartent un peu plus chaque jour.

Un excellent concert à voir et à revoir…

Setlist River Into Lake

“The book on your chest”, “Far from knowing”, “Misunderstanding”, “Let the beast out”, “Downstairs”, “Between”, “Fiberglass”, “Dig your own way”, « Devil's hand »

River Into Lake (String Quartet) + Offo Vrae

(Organisation : Botanique)

Sophia

Holding on / Letting go

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Huitième opus studio pour Sophia, le projet de Robin Proper-Sheppard. Depuis 2016, le line up de son groupe semble stable, impliquant son fidèle drummer Jeff Townsin, ainsi que trois musiciens belges ; en l’occurrence le bassiste Sander Verstraete, le guitariste Jesse Maes et le claviériste Bert Vliegen.

Lors des sessions, Terry Edwards (Nick Cave, PJ Harvey) est venu souffler (brillamment, par ailleurs) dans son saxophone sur « Alive », une compo dont la mélodie romantique (NDR : ce sens mélodique est toujours aussi soigné tout au long de ce disque) est très caractéristique chez Sophia. Romantique comme la tendre ballade « Avalon ». Autre ballade, mais mid tempo, « Wait » combine subtilement cordes semi-acoustiques et électriques (NDR : une technique qu’on retrouve régulièrement sur cet LP), ces dernières finissant par se mettre à grésiller et à crépiter sur cette plage enrichie de chœurs hymniques.

L’elpee s’ouvre par « Strange attractor ». Amorcé par des synthés à coloration 80’s, cette piste vire ensuite au pop/rock entraînant. Imprimée sur un tempo métronomique (Wire ?), elle est ensuite dynamisée par une guitare graveleuse. Le long playing ne manque, bien sûr, pas d’électricité. A l’instar du très intense « We see you (taking aim) », une protest song qui vilipende le capitalisme. La basse est menaçante et les grattes électriques s’en donnent à cœur joie, un peu comme chez le Broken Social Scene de son album éponyme. Puis de « Road song », un titre au tempo paradoxalement latino qui s’achève dans la noisy. L’elpee recèle deux titres pop/rock plus classiques, « Days » et « Undone again », compo au cours de laquelle les cordes de guitare chevauchent allègrement les harmonies. Et la plaque de s’achever par l’instrumental cosmique judicieusement intitulé « Prog rock Arp (I know) ».

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que l’artwork de la pochette a été réalisé par Gertrude Grunow, artiste allemande du Bauhaus, qui a énormément bossé sur la liaison entre les notes de musique, les couleurs et les mouvements…

Gab De La Vega

Beyond space and time

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Après avoir milité au sein de formations punk et hardcore, Gab de La Vega a décidé de se lancer dans une carrière solo, à partir de 2011. Et « Beyond space and time » constitue déjà son troisième elpee personnel. Mais c’est le premier pour lequel il a reçu le concours d’un groupe au complet.

A travers les compos de cet opus, l’artiste d’origine italienne aborde des thèmes aussi brûlants que la question migratoire et le fascisme, mais également le combat de l’être humain face aux épreuves de la vie, la nécessité de trouver sa place dans le monde, la routine de l’existence ou encore la confiance et la foi.

La plupart des morceaux mêlent judicieusement cordes de gratte acoustiques et électriques. Pas étonnant que Gab aime autant Oasis que Noel Gallagher’s Flying Birds. Pas que les compos s’en inspirent directement, mais plutôt qu’elles utilisent une méthode qu’on pourrait qualifier de comparable. Pour les références folk, on penserait plutôt à Billy Bragg et surtout à Frank Turner, et tout particulièrement sur « Words unspoken », une plage enrichie d’un harmonica, ainsi que le morceau final, « I still believe ». 

Sans quoi, si la voix de la Vega n’est pas inoubliable, ses compos tiennent la route. Et tout particulièrement l’épique « Phoenix from the flames », une piste illuminée de cordes limpides, « Perfect texture », qui bénéficie d’une jolie intervention du violoniste Niocola Manzan (Bologna Violenta), violon qui traverse encore un « Rosary of days » au refrain hymnique, puis l’explosif « Bomb inside my head », réminiscent des débuts des Kinks et enfin « As one », une valse qui se mue en rock au crescendo électrique…

The Pilgrim

From the earth to the sky and back

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Gabriele Fiori multiplie les projets. Cet ex-Void Generator est le chanteur et guitariste de Black Rainbows et de Killer Boogie. Mais également de The Pilgrim, un duo italien qui implique le batteur actuel de Black Rainbows, Filippo Ragazzoni. Et pour ce tandem, il a décidé de privilégier la forme acoustique. C’était déjà le cas sur le premier essai, « Walking into the forest », même si sur le second, le drumming est plus présent.

Simplement, si elle se révèle fondamentalement country/folk, l’expression sonore intègre d’autres courants, dont une bonne dose de psychédélisme. Mais également du jazz (« Riding the horse », traversé par une pedal steel, le syncopé « Cuba »), de la bossa nova (« Fool around ») et même du rock latino (« Solitude » et son envolée de guitare électrique à la Carlos Santana).

Par la technique de l’overdubbing, Gabriele trame la plupart des compos dans les cordes, en picking et/ou grattées, les enrichissant parfois d’interventions plus électriques. Et franchement, sur son manche, il est doué !

Dommage cette voix un peu trop distante et linéaire, car les compos qui figurent sur « From the earth to the sky and back » rappellent souvent Crosby, Stills & Nash (sans les harmonies vocales, malheureusement) et parfois, notamment lors des morceaux les plus expérimentaux, The Dodos.   

Gabriella Cohen

Pink is the Colour of Unconditional Love

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L’Australienne Gabriella Cohen s’imagine californienne tout au long de « Pink is the Colour of Unconditional Love », son second album. Les sonorités ‘surf’ ne trompent d’ailleurs pas, ni celles plus folk du Laurel Canyon sur « Miserable Baby ». Sous la torpeur nonchalante du soleil de Los Angeles, elle tisse des morceaux langoureux et s’autorise de la reverb en toute décontraction. Douée, elle n’hésite pas à effleurer les couleurs brésiliennes sur « Morning Light » ou attaquer le ‘classic rock’ sur l’imparable « Music Machine ». C’est d’ailleurs tellement bien fait et référencé qu’il n’est pas étonnant que Gabriella Cohen ait tourné en compagnie de Foxygen. Pas loin de la coolitude absolue… en mode sépia, bien entendu…

Suarez

Vivant

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Suarez, dont le patronyme reste associé au charismatique Marc Pinilla, opère un virage à 180 degrés, en publiant ce nouvel opus intitulé « Vivant ».

Ce cinquième elpee correspond au dixième anniversaire du combo et propose une esthétique différente dans la direction artistique.

Abordant des univers davantage variés (« Nouveau Départ », « Céleste »), la formation assume une prise de risque évidente. Sans pour autant renier son passé, elle n’évite cependant pas quelques chansons passe-partout qui ont jusqu’ici forgé sa popularité (« Bienvenue »).

Les titres ‘grand-public’ s’enchaînent sans vraiment prendre leur envol et les thématiques gnangnans se ressemblent. Bref, cet elpee ne restera pas dans les annales. Au lieu d’un vent nouveau, le souffle se résume à une brise timorée…

Trois ans donc après avoir publié l’emblématique « Ni rancœur, ni colère », Suarez multiplie les efforts pour écrire un nouveau chapitre de sa carrière sans pour autant s’en donner complètement les moyens.

Malgré le changement de style, « Vivant » devrait ravir les aficionados de Suarez. Après l’étonnement, nul doute qu’ils y adhéreront...

Enfin, comme sur chaque LP, Pinilla et les N’Java ont adapté un tube retentissant de la variété. En l’occurrence « Sarà perché ti amo », un titre interprété à l’origine par le groupe de musique populaire italien Ricchi e Poveri, en 1981. Et si c’était la seule bonne nouvelle ?

Mumford & Sons

Delta

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Il faut avouer que votre serviteur n’a pas manifesté une motivation folle lorsqu’il s’est décidé à écouter « Delta », le nouvel album des machines de stade que sont devenues Mumford & Sons. Mis en forme par le ‘super-producteur’ Paul Epworth, il s’agit de sa quatrième livraison. La formation y prétend adapter son folk ancestral dominé par les banjos aux sonorités modernes. Mais le résultat est plutôt éclectique, oscillant entre ballade tire-larmes (« Beloved »), compo (sur)-orchestrée (le sirupeux « If I Say »), détour autotuné devenu aujourd’hui quasi-obligatoire (« Darkness Visible » … mais n’est pas Bon Iver qui veut), indie-folk à la Alt-J (« Woman ») et hymnes pop à reprendre en chœur (« Guiding Light » ou encore le moche « Slip Away »). Plus guère de trace des racines folk mais une succession de hits très produits lorgnant davantage vers Coldplay que Trampled By Turtles. Un produit finalement aseptisé qui ne risque pas de me rabibocher avec ce band britannique…

Nicolas Michaux

La classe dirigeante nous a conduit à la catastrophe…

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« Amour colère » constitue le tout nouvel LP de Nicolas Michaux. Il fait suite à « A la vie à la mort », paru en 2016. Hormis les drums, l’artiste se charge de toute l’instrumentation. Il y chante tour à tour en anglais ou en français, des textes qui s’inspirent de sa vie familiale, mais surtout traduisent sa colère face au monde politique qu’il juge responsable de l’état du monde dans lequel il nous a conduit. C’est ce qui explique, bien sûr, le titre de cet elpee. C’est notre collaborateur néerlandophone, Erik Vandamme, qui s’est chargé de réaliser cet entretien par e-mail ; et pour la forme, votre rédac’ chef s’est chargé de la traduction et de l’adaptation dans la langue de Voltaire...  

Avant de te lancer en solo, tu as milité chez Eté 67. Peux-tu nous rafraîchir la mémoire ?

Tout a commencé vers 2004. J’étais encore adolescent lors du début de cette aventure. Nous étions tous liégeois et nous produisons souvent dans la région, à l'époque. Il était agréable de sillonner les routes en compagnie de mes copains et très instructif d'être confronté si jeune au business de la musique, aux studios, aux tournées etc. Cette période m'a vraiment permis d'apprendre mon métier. Puis le groupe s'est séparé ; et après une petite pause, j'ai entamé une carrière solo. En 2014, j’ai alors sorti mes deux premiers singles : « Nouveau Départ » et « A la vie à la mort ».

Quelle est ton ambition, aujourd’hui, dans l’univers de la musique ?

Je ne me projette pas exactement sous cet angle. J'essaie de me concentrer sur mon travail, de l’accomplir honnêtement en y apportant tout mon engagement et ma concentration. Mais vous ne pouvez qu’y focaliser tous vos efforts. Vous ne pouvez pas anticiper le résultat et vous devez prendre du recul. Vous ne savez jamais si un projet va réussir ou pas. Il y a tellement de paramètres. J’ai passé de bons moments dans ma carrière, mais paradoxalement, ils n’étaient pas liés au succès commercial, etc. Pour ma part, la découverte constitue ce qui est le plus passionnant. Dévoiler une chanson ou même juste une belle partie musicale est toujours une source de grande joie.

Tu partages, d'après ce que j’ai lu, ton temps entre le Danemark et Bruxelles. Tes chansons sont interprétées tour à tour en anglais ou en français. Tu empruntes ainsi une trajectoire internationale. As-tu délibérément choisi cette approche ? Et pourquoi ?

C'est exact ! Je vis en partie à Bruxelles, car je suis impliqué chez Capitane Records, et en partie sur l’île de Samsø où résident ma petite amie et notre fille. J’ignore si j’ai opéré ce choix consciemment. Je ne crois pas que nous décidions de notre destin. Et certainement pas de qui nous tombons amoureux. Mais il est vrai qu’en quelque sorte j’ai adapté mon mode d’existence sans trop prêter attention aux frontières. J'ai toujours rêvé de cette sorte de liberté des déterminismes hérités. Je veux dire vivre à l'étranger une grande partie de l'année et être en relation avec quelqu'un d'une autre culture ; ce qui m'a sûrement éloigné quelque peu de mon environnement naturel et de ma zone de confort. De quoi vous inciter à réfléchir et à relativiser les événements. Et vous rappeler qu’ils peuvent être différents de ce à quoi vous êtes habitués et que très peu de choses sont vraiment naturelles ; la plupart d'entre eux étant socialement et culturellement construits.

Dans le communiqué de presse, on peut lire à ton sujet : ‘sa musique navigue au carrefour de différentes traditions : la grande époque de la chanson française, les auteurs-compositeurs américains, le rock britannique des années 60 et les débuts de la nouvelle vague’. Cette description est-t-elle fidèle à la réalité ?

C’est toujours difficile de répondre à une telle question. Je ne suis pas à l’aise quand il faut catégoriser, et tout particulièrement les genres musicaux. Alors, tu penses, ma propre musique… Elle réunit des éléments que je ne peux pas décrire dans la vraie vie. Mes paroles aussi. Cependant, il est sans doute exact qu’elle évolue quelque part entre l'indie rock et l'indie pop et qu'elle est influencée par le son des années 60 et 70.

Quels artistes constituent ta plus grande source d'inspiration ? Et pourquoi ?

D’abord, les grands auteurs-compositeurs américains comme Bob Dylan, Leonard Cohen, Hank Williams, Lou Reed et Townes Van Zandt… parce qu’ils sont tous très cool et qu’ils ont juste écrit toutes ces chansons incroyables. Puis ceux issus des 50’s et 60’s. Notamment les Beatles, les Rolling Stones, les Kinks, le Who, Pink Floyd, … le rock, c’est ce qui m’a incité à jouer quand j'étais adolescent et instinctivement, j’ai conservé une grande passion pour ces artistes-là. Et puis la chanson française traditionnelle, dont Léo Ferré, Barbara, Charles Trenet, Serge Gainsbourg, Georges Brassens, Jacques Brel, Jeanne Moreau… Pour moi, ces artistes sont immortels. C’est la musique que mes parents écoutaient à la maison. Mais j'aime aussi Moondog, le Clash ou encore les Beach Boys, entre autres... Et puis des mouvements tels que la scène CBGB, le highlife ghanéen et ses dérivés, la rumba congolaise, le jazz éthiopien, le country-blues… Mes goûts sont très éclectiques. En fait, j’apprécie les artistes, tant qu’ils ont quelque chose à dire et appartiennent à ce que Greil Marcus appelait autrefois la ‘république invisible’.

Tu as publié ton premier elpee solo, « A la vie à la mort », en 2016. Quelles ont été les réactions du public et des médias, à cette époque. Et ce disque t’a-t-il ouvert certaines portes ?

L'album était principalement interprété en français et il est paru sur un label parisien, Tôt ou tard. Il a récolté de très bonnes critiques dans de nombreux journaux et magazines. Nous avons effectué de nombreuses tournées après sa sortie, accordant plus d'une centaine de spectacles en Belgique, France, Italie, Suisse, Allemagne, au Canada et même quelques-uns en Chine.

Mea culpa, mais je n'ai pas encore écouté ton dernier album « Amour Colère ». A quoi faut-il s'attendre ? Peux-tu avancer une bonne raison de l’acheter ?

Ecoute-le alors, et tu me diras ton avis ! Je ne suis pas un bon agent de marketing….

Le titre de cet LP a-t-il une signification particulière ? Tu y parles d’amour et de colère, mais encore…

Ouais. Le titre se traduit en anglais par « Love Anger ». Mais un de mes amis utilise l'expression en français comme équivalent à ‘make-up sex’. C’est ainsi que j’ai déniché le titre. Plus sérieusement, au cours de ces dernières années, j’ai été déchiré entre des sentiments d’amour et de colère. Et puis j'ai pensé que ce qui était vrai pour moi était peut-être vrai pour beaucoup d’autres. Quand je débarque dans une ville, je me promène dans les rues autant que je peux et j’y constate qu’elles sont remplies d’amour et de colère, exactement comme dans mon cœur…

Qu’attends-tu personnellement de la sortie de cet opus ?

Ce n’est pas ce qui me tracasse. Je pense déjà au prochain album et aux autres projets du label. J'ai appris à ne pas trop attendre d’événements que je ne contrôle pas. Cependant, je serais très heureux si les gens l'écoutaient pour ce que c'est. Je suis conscient qu’il est ‘difficile’ et assez ‘sombre’. Je sais que ma musique est parfois malaisée à cataloguer et à synthétiser à cause de mes origines et influences multiples et du bilinguisme de mes œuvres. Je voulais donner aux gens une vue d'ensemble et ne pas me limiter pour quelque raison que ce soit. Je voulais que le disque parle pour moi et c'est le cas. J'en suis fier, sans aucun doute…

Nous vivons toujours une crise corona, qui ne disparaîtra pas encore cette année. Comment gères-tu cette pandémie comme être humain, musicien et compositeur ?

De toute évidence, le coronavirus est fâcheux pour de nombreuses raisons. Mais j’essaie de voir dans cette situation préoccupante une alarme et un encouragement à vraiment changer les choses. Nous courons vers de grandes catastrophes, si nous continuons à agir comme des bâtards qui ne respectent pas la nature et les autres espèces. Le coronavirus est un problème écologique, comme les incendies de forêt autour des globes, la perte de biodiversité, la pollution de la mer, etc. Le monde est sur le point de s'enflammer et avant la Corona, j'avais l'impression que la plupart des gens s’enfonçaient la tête dans le bac à sable, plutôt que de s’impliquer dans le processus politique. Mais maintenant, les choses évoluent et j'ai le sentiment que les êtres humains veulent récupérer le pouvoir. Je pense que c’est une bonne réaction, car c’est cela aussi la démocratie. Il ne s’agit pas simplement de se rendre au bureau de vote. La démocratie ne peut fonctionner que si le peuple est conscient de ce qui se passe et est prêt à participer au processus politique.

Cette pandémie a entravé tous tes plans ?

Ouais, certains concerts ont été reportés, d'autres ont été annulés. Mais nous avons décidé de nous concentrer sur la production et l'écriture. En tant que label et collectif de travail, Capitane Records dispose désormais de son propre studio et d'un bureau dans une vieille maison au milieu d'un parc au sud-est de Bruxelles. Et c’est formidable de savoir que nous disposons d’un tel endroit pour se concentrer sur notre travail. Si des spectacles peuvent être organisés, nous serons ravis de jouer les concerts. Sinon, nous produirons et enregistrerons de la musique pour les prochains mois. Under The reefs Orchestra et Turner Cody qui figurent tous les deux sur notre label bossent sur de nouveaux morceaux. Comme producteur musical, je suis également impliqué dans ces projets.

Penses-tu que la culture, qui a été particulièrement touchée au cours de derniers mois, pourra survivre à cette crise ?

Ouais, la culture est durement frappée, c’est vrai. Mais de nombreux autres secteurs également. De manière générale, le monde devient de plus en plus inégalitaire et irrespectueux envers les besoins de la Terre-Mère. Je pense personnellement que le capitalisme, tel qu'il s'est déroulé au cours des dernières décennies, est une menace dangereuse pour l'humanité et la terre. Mais comme je l'ai dit, au moins maintenant, il est assez évident que la classe dirigeante nous a conduit à la catastrophe. Donc, la situation pourrait enfin changer pour un mieux ; mais si seulement nous empruntons une autre direction, quand on reprendra le volant… Le 7 octobre, Capitane Records et le FACIR organisent une conférence du sociologue français Bernard Friot. Cet historien de la sécurité sociale viendra plaider pour un monde qui tourne progressivement le dos au capitalisme en étendant la sécurité sociale à de nouveaux secteurs d'activité parmi lesquels figurent le logement, l’alimentation, la presse, la culture etc. Il prône également l’instauration d’un ‘salaire à vie’ qui serait considéré comme un droit inconditionnel de l'homme…

Quand comptes-tu te produire en ‘live’ ?

Malgré la crise du Corona, quelques dates ont été fixées. Tout d’abord dans le cadre des Nuits Botanique. Ce sera le 1er octobre, lors de la soirée spéciale label Capitane Records, au cours de laquelle l’affiche impliquera également Under The Reefs Orchestra et Great Mountain Fire. Mais c’est sold out. Et puis, le même projet est programmé au Trefpunt à Gand, le 13 novembre. Ce n’est pas encore complet.

Quel est ton objectif ultime ?

Je ne suis pas sûr de bien comprendre ta question. Un objectif final pour quoi faire ? Changer le monde pour qu’il soit meilleur ? Vivre d’amour, de colère légitime et de musique, peut-être…

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