La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce…

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Dernier concert - festival

Viagra Boys
L7

Travis

10 songs

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Le mélomane lambda imagine certainement que Travis a disparu des radars depuis un belle lurette et que son nouvel elpee coïncide avec une reformation récente. Pas du tout ! Fondé en 1990, le combo écossais ne s’est jamais séparé, même s’il y a eu du changement au sein du line up ; en outre, il a continué à se produire en ‘live’ et compte aujourd’hui 9 albums studio à son actif. Simplement, depuis 2003, il s’est toujours écoulé un temps certain entre la sortie de ses albums. Son tour premier (« Good feeling ») est d’ailleurs paru 7 ans après sa formation.

Pour enregistrer ce « 10 songs », le band a reçu le concours de Jason Lytle (Grandaddy), du maître de la steel guitar Greg Leisz (il a notamment collaboré aux albums de Ryan Adams, Beck, Eric Clapton, Joe Cocker, Joni Mitchell, Bruce Springsteen, Wilco et la liste est loin d’être exhaustive) et de Susanna Hoffs (Bangles) pour un titre. En l’occurrence « The only thing », une plage enrichie d’arrangements symphoniques, au cours de laquelle elle partage un duo avec Fran Healy. Des arrangements qu’on retrouve sur la ballade romantique classique, « Kissing in the wind ».

La plupart des compos sont construites sur des accords de piano sémillants. Ils sont même martelés tout au long de l’excellent « Valentine », un morceau qui s’ouvre en acoustique avant de virer à une forme d’électricité glamoureuse que n’aurait pas renié Elbow voire Blur. Le meilleur titre de l’opus !

Sans quoi on retrouve la voix mélancolique, parfois un peu gémissante de Fran, ces cordes semi-acoustiques et ce sens mélodique mélancolique qui rendent les chansons de Travis, si familières.

Energique, « A ghost » est hanté (?!?!) par Marcus Mumford, la piste s’autorisant un intermède au cours duquel piano, drums et (contre)basse adoptent un profil jazzyfiant.

Le reste du long playing nous réserve d’inévitables ballades romantiques qui devraient séduire le public féminin, des ballades parfois mid tempo ou encore soulignées de chœurs angéliques, à l’instar de « Nina’s song » ou de « Butterflies »…

Un album plein de charme mais qui nous replonge un peu plus de 20 ans dans le passé…

Sing Leaf

Not earth

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Etabli à Toronto, David Como, aka Sing Leaf, est à la tête d’une discographie plutôt conséquente, alors qu’il est pratiquement méconnu dans l’univers du pop/rock. « Not earth » serait son quatrième elpee, outre les singles et les Eps qu’il a déjà publiés.

David reconnaît pour influence majeure feus Mark Linkous (Sparklehorse) et l’écrivain et poète américain Richard Brautiga. Ce qui explique sans doute pourquoi, son œuvre mêle éléments pastoraux et surréalistes.

Découpé en huit titres, « Not earh » s’ouvre par le doux/amer « Easy on you ». Bruits étranges s’infiltrent tout au long d’une compo qui repose sur une sèche, dans l’esprit de Devendra Banhart. « Little magic » s’ouvre dans le même climat, puis s’électrifie subtilement au fil d’un morceau, malgré des synthés vaporeux…  Atmosphériques, ces claviers envahissent « Sunshine », une plage bucolique, épurée d’une flûte et dont la guitare ressemble plutôt à un instrument à cordes japonais ou chinois. On pense alors inévitablement à Mercury Rev. Tout comme lors de la piste finale « Out of the dream ». La voix est douce et harmonieuse. Complexes, les couches insufflent une touche enchanteresse au morceau. Ensoleillé, « Forever green » rappelle la douceur pastorale des 60’s ; et le toucher de cordes évoque Davy Graham voire Bert Jansch. Truffé d’effets spéciaux, « Honey eater » se révèle la plage la plus expérimentale. Enfin le baroque « Magnetic » adopte un profil plus électronique. A cause de ces synthés lo fi ou cosmiques et de cette boîte à rythmes, un peu comme si Talk Talk et Eyeless In Gaza avaient eu l’opportunité de bosser ensemble pour développer des expérimentations sur claviers…

The WRS

The WRS

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Premier elpee studio pour ce trio carolorégien. Découpé en 7 plages, il est éponyme. Le style ? Une forme de garage/punk revisité par le psychédélisme des 70’s. Imprimées sur un tempo sauvage, frénétique, voire tribal, les compos déferlent comme chez les Cramps voire The Experimental Tropic Blues Band. Mais il n’est pas rare qu’elles changent de rythme, parfois plusieurs fois au cours d’un même titre. Et le titre d’ouverture, « Magic powder » en est certainement le plus bel exemple. Une opportunité pour le gratteur d’intégrer ses interventions filandreuses ou brumeuses dans l’esprit d’Iron Butterfly, de Hakwind et surtout de Pink Fairies (NDR : à vos encyclopédies !). Instrumental exotique souligné de quelques chœurs, « Byzance » nous entraîne quelque part en Orient alors qu’incandescent, « Nobody is perfect but you » (près de 9’ quand même !) ondule tout en libérant un fameux groove. Même sans charbon, The WRS est capable d’entretenir le feu…

Twain

Rare Feeling

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Le mystérieux Twain a percé grâce à un post Facebook de Big Thief. Il s’agit un label ‘high quality’, à priori… La première écoute permet de découvrir la voix plutôt exceptionnelle de Mt. Davidson, rappelant parfois Jeff Buckley… L’émotion diluée est palpable dès l’inaugural et très ‘chair de poule’ « Solar Pilgrim ». Les mots visent juste et en plein cœur : ‘Life won’t last long / For those who hate it / For those who love it / It lingers on like a dream’ (Trad : ‘La vie ne durera pas longtemps / Pour ceux qui la détestent / Pour ceux qui l'aiment / Elle dure comme un rêve’). Des guitares cristallines, des giclées électriques (« Rare Feeling V.2 ») et de discrètes notes de piano (« Black Chair ») alimentent des mélodies sacrément bien ciselées (« Dear Mexico (Thank You for Joyce) »). Sculpté dans une sorte d’indie-blues cathartique, ce « Rare Feeling » redonne foi en l’humanité…

Marble Sounds

Plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

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Pour le retour des concerts à l’AB, la salle est en configuration assise. Un siège d’espace est prévu entre chaque bulle. Le gel hydroalcoolique est disponible partout. La distanciation sociale est bien respectée et la sécurité veuille. Enfin, ce soir le public est constitué des plus fidèles spectateurs de l’institution. A l’affiche, Marble Sounds, dont le dernier elpee « Traces, Outtakes volume 1 », est sorti en mai dernier, et Gianni Marzo, responsable d’un tout dernier album épatant (« The Vessel »), paru ce 16 octobre 2020.

Gianni Marzo est également le guitariste de Marble Sounds, mais aussi d’Isbells et d’Ansatz der Machine, outre ses multiples collaborations et ses musiques de films. Il bosse également comme chercheur à la VRT, où il réalise, entre autres, l’émission ‘Off The Record’. Aujourd’hui, il est considéré comme un des meilleurs guitaristes en Belgique.

Sa musique pose une réflexion sur le ‘temps’ et ce qu'il exerce sur l’être humain. Il tente alors de capturer son passage à travers une série de chansons intimes et mélancoliques. Gianni affiche un look à la Moby. Il est même chaussé de semblables lunettes rondes ; mais sa voix est beaucoup plus douce et mélancolique. Il tire parti d’une loop machine et d’une gratte semi-acoustique pour obtenir une palette de sonorités particulièrement riches, qui lorsqu’elle sont placées en couches révèlent des moments de magie. Sa musique est paradoxalement simple et recherchée. Dommage cette uniformité de ton, heureusement gommée sur disque par la présence d’autres musiciens… (voir la section photos ici)

Setlist : « The Vessel », « Sun », « Cass », « High Rise », « Debutant », « Elements », « One Day Some Day ».

Marble Sounds est une formation belge de post rock drivée Pieter Van Dessel. Elle jouit d’une énorme popularité à traves le monde, grâce notamment aux réseaux sociaux ; mais au pays des moules-frites, elle est considérée comme un éternel d’espoir, malgré cinq albums à son actif.

Le line up compte 8 musicos, mais ce soir il est amputé de son claviériste, Brecht Plasschaert, testé positif au Covid19. Dommage, car son toucher aux ivoires est vraiment particulier. Outre Pieter (voix, guitares, piano), et Gianni (guitare, voix), le line up implique Gerd Van Mulders (basse), Mattijs Vanderleen (batterie, glockenspiel), Renée Sys (backing vocals), Beatrijs De Klerck (violon) et Stefan Wellens (violon alto)

Une bande enregistrée crache de la musique dans les baffles, puis on entend la voix Brecht, le claviériste, qui s’excuse pour avoir été contaminé par le coronavirus. Les musicos montent alors sur l’estrade. Des faisceaux de lumière bleue sont projetés sur Pieter, à l’avant du podium, devant son micro. Puis des sonorités de violons envahissent l’espace sonore laissant alors la place au premier morceau du set, « In time », un titre qui met bien en exergue la conjugaison des grattes, alors que la section rythmique en impose déjà. Des grattes bien nerveuses tout au long de « Traces », une compo qui s’emballe alors que les voix montent dans les tours. Il s’agit d’une des seules plages du dernier opus, « Traces, Outtakes volume 1 ». « The Numbers Games » en est l’autre. La setlist fait la part belle à « The Advice To Travel Light », l’elpee que votre serviteur préfère. Une constante : on est plongé au sein d’un climat de mélancolie douce…

La version de « Learning All My Roles » est unplugged. Si la voix de Pieter n’est pas inoubliable, elle peut compter sur celle, particulièrement harmonieuse, de Renée. En fin de set et lors du rappel, Beatrijs se consacre alors aux ivoires, Stefan à la basse et Gerd à la trompette, un encore au cours duquel Pieter et Rénée vont interpréter en duo « All Gone ». Et le band d’achever définitivement sa prestation par « Tout Et Partout », dans la langue de Molière… (voir la section photos là)

Superbe, ce concert est à voir ou à revoir ici.

Setlist : « In Time », « Traces », « Anyhow (Even Now) », « They Can’t Take This Away », « The Little Lows », « The Numbers Games », « Never Lost, Never Won », « 39 », « One Last Regret », « Learning All My Roles (unplugged) », « Ten Seconds To Count Down », « Photographs », « Keep Repeating »

Rappel : « (All Gone) (duo) », « Leave A Light On », « Tout Et Partout ».

Gangsters d'Amour

En pensant à Jeff…

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Masque obligatoire et espace entre chaque siège afin de respecter la bulle familiale, lors du concert des Gangsters d’Amour, ce samedi, à la ferme du Biéreau de Louvain-la-Neuve.

Un bref historique, d’abord. En 1978, le regretté Bodart avait fondé Aphrodisiax, un groupe au sein duquel militait Jean Castin, un copain d’école de votre serviteur, à la basse. A l’actif de ce combo, un single pop/punk autoproduit. Chanté en français, il s’intitule « Sexe Symbole ».

C’est en 1982 que Jean-François Bodart, surnommé Jeff, forme Gangsters d’Amour. Le patronyme de la formation est tiré d’une chanson de Starshooter, groupe mythique de la scène punk lyonnaise des années 80, auquel Jean-François voue à l’époque un véritable culte. L’aventure va durer de 1982 à 1992. Soit dix ans, au cours desquels Gangsters d’Amour va publier deux albums et une dizaine de singles. Puis Jeff entame une carrières solo ponctuée de cinq elpees, en l'espace de 13 ans. Victime d’un accident cérébral, il décède en mai 2008.

Les Gangsters d’Amour étaient réputés pour leur énergie communicative. Les musicos se produisaient sur scène en costume croisé, borsalino et chaussures deux-tons. Sous la formule d’un big band, ils pouvaient compter sur le soutien d’une section de cuivres et de danseurs-choristes (Los Drogenbos).

En 2019, Louis Petyt, le fils de l’ancien claviériste, décédé il y a vingt ans, propose aux anciens camarades de son paternel de remonter le groupe et de repartir en tournée. 10 membres répondent présent, dont le bassiste originel Pep Romeo. Trompettiste, Louis s’est intégré à la section de cuivres à laquelle participe également le tromboniste Henri-Olivier Pector et l’autre trompettiste Vince Roméo. Vincent Warin se charge des percus, Jean-Marc Pitance des drums, Pierre Gillet des claviers, de l’accordéon et de la gratte semi-acoustique et Daniel Lenoir de la guitare électrique. Parmi Los Drogenbos, on retrouve Cédric aux chœurs, alors que le lead vocal est dévolu à l’acteur Philippe Résimont.

Le set s’ouvre par « Panne De Secteur ». D’emblée, les ‘ouah !’ fusent dans l’auditoire. Philippe et Cédric semblent montés sur ressorts et sautent constamment en incitant le public (masqué) à applaudir et à danser (on ne peut pas !) La folie furieuse s’est installée dès les premières secondes de la prestation. Faut dire que les jeunes du combo assurent… Plus soul/jazz, « Tireur Fou » déclenche un duel entre la section de cuivres et la section rythmique forte de 3 musiciens. Résimont est manifestement à l’aise sur les planches, et si sa voix a davantage de groove que le regretté Jeff, on parfois l’impression qu’il éprouve plus de difficultés à reprendre son souffle. La machine à hits est lancée. Pendant « Adieu les corps », les ivoires ont cédé le relais aux sonorités Hammond. Les cuivres s’en donnent à cœur joie tout au long de « Mort sur le Nil », avant que les cordes ne prennent le relais. « Baron Rouge », « Guerilla » et « Coûte Que Coûte » embraient tout naturellement. Cette succession de tubes fait monter la température au sein du public. Pour « Charlie », le claviériste s’assied sur le bord de son estrade et se concentre sur la gratte semi-acoustique. Philippe s’efface et on entend la voix de Jeff, alors que l’intervention à la trompette plonge l’auditoire au sein d’un climat empreint de sérénité… Le claviériste empoigne un accordéon pour « Désirs Noirs », un morceau pour lequel Louis Petyt se consacre aux vocaux. Il chante impeccablement dans un registre qui rappelle… Jeff…

Résimont récupère son micro pour « SOS Barracuda », une chanson reprise en chœur par la foule. Il plaisante en signalant qu’il ne connait pas les paroles et tourne la page, en y joignant le geste à la parole. « Chère Déborah » est entamé sous un tonnerre d’applaudissements…

Véritable bête de scène, Résimont se révèle très réactif et provoque souvent les rires aux premiers rangs. Tout au long de « Meurtre A Hawaï » et « Tora Tora » le light show brille de mille feux. Et le set de s’achever par « Willy ne Pense qu’à Ça ». Dommage que le groupe n’ait pas prévu de nouvelle compo.  

Mais il revient pour un rappel au cours duquel il va nous réserver la cover de Jacques Dutronc, « Et moi et moi », puis en apothéose, et pour la seconde fois, l’incontournable « Coûte Que Coûte ». Les vieux fans sont aux anges et les jeunes découvrent ce qui se faisait de mieux, dans les années 80, sur la scène noir-jaune-rouge. Jeff Bodart peut être fier de ce que ses Gangsters d’Amour sont encore capables de faire aujourd’hui. Et depuis le paradis des musicos, il a dû apprécier…

Setlist : « Panne De Secteur », « Tireur Fou », « Adieu Les Corps », « Mort Sur Le Nil », « Baron Rouge », « Guerilla », « Coûte Que Coûte », Charlie », Désirs Noirs », « SOS Barracuda », « Chère Deborah », « Meurtre A Hawaï », « Tora Tora », « Willy ne Pense qu’à Ça »

Rappel : « Et moi et moi » (Cover Jacques Dutronc »), « Coûte Que Coûte »

(Organisation : La Ferme du Biéreau)

Les Nuits Botanique 2020 : dimanche 11 octobre

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Suite à la pandémie du corona, l’édition 2020 des Nuits Botanique a été postposée au mois d’octobre. En outre, les concerts prévus sous le chapiteau ont été reprogrammés en plein air, sur un podium baptisé ‘Scène Parc’. Les spectateurs doivent prendre place sur des sièges laissant un espace vide entre chaque bulle. Sous cette configuration, toutes les places seront occupées. Dehors, il pleut et la température est plutôt froide. Heureusement, il y a de la musique pour réchauffer les cœurs. Et puis, on peut se lever et danser sur place tout en gardant son masque…

C’est la dernière soirée à laquelle votre serviteur assiste, dans le cadre des Nuits Botanique.  A l’affiche : Sage Comme Des Sauvages et en supporting act, Kùzylarsen.

Power trio infernal, Kùzylarsen a choisi le nom de famille de Mathieu Kùzylarsen, comme patronyme. Mathieu se charge de l’oud électrique et du chant. Il est soutenu Alice Vande Voorde à la basse et Julieta au beatbox. Ces deux dernières participent également aux vocaux. Interprétées dans la langue de Molière, les chansons parlent de la condition humaine, mais aussi d’amour et de sensualité. Julieta pratique le human beatboxing (Trad : boîte à rythmes humaine), technique qui consiste à créer de la musique en imitant des instruments, le plus souvent des percussions, uniquement avec la bouche). Cette pratique est fascinante et c’est d’ailleurs Julieta qui focalise toute l’attention du public. L’oud entretient un climat arabisant au concert. A l’instar de Juicy, Mathieu, dont le discours est engagé, dédie une de ses chansons à l’ex-secrétaire d’Etat à la migration, Théo Francken, pour ses accointances avec les partis néo-nazis. A l’issue de la prestation, la foule va réserver une véritable ovation à Kùzylarsen. Pas étonnant qu’il ait été récompensé dans la catégorie chanson française aux derniers Octave de la musique.

Setlist : « Le long de ta douceur », « Clarisse », « Le château vide », « Fils de tous », « La luciole », « 30 ans de voyage », « Fer de Lance », « Plus personne ne chante ici » (en version exceptionnellement ‘a cappella’).

Place ensuite à Sage comme des Sauvages, un duo réunissant Ismaël Colombani et Ava Carrère. Lui est Corso-belge et militait au sein du combo noisy expérimental Vitas Guerulaïtis. Franco-Américaine, elle est diplômée des Beaux-Arts et a fourbi ses armes dans le monde du cabaret à Berlin. A l’actif de ScdS deux albums, « Large La Peau », paru en 2015 et « Luxe Misère », en mars de cette année. Nourri d’humour noir et de rêves exotiques, l’imaginaire du tandem s’est depuis enrichi de rencontres aux quatre coins de la francophonie.

Une estrade est dressée sur le podium, à gauche, pour le percussionniste ; et une autre à droite pour le tandem infernal. Derrière eux on remarque la présence d’un rack sur lequel sont posés deux grattes semi-acoustiques, un oud, un bouzouki et un ukulélé.

Ils sont tous les 3 coiffés d’une couronne de roi épiphanique. Elle est vêtue d’une robe brune à paillettes et lui a enfilé un t-shirt à l’effigie d’une tête de loup et une sorte de smoking fantaisiste à queue de pie…

Le concert démarre en trombe par « Mon Commandant ». On ressent immédiatement de la sympathie pour ces musiciens. Le sourire radieux et les yeux pétillants d’Ava ne sont pas étrangers à cette impression. Parfois, elle me fait penser à Bianca Casady (CocoRosie). Le duo se partage le chant. Ismaël balance ‘Bruxelles vous êtes belle’. Puis ajoute ‘Vous êtes beaux, masqués’. Dynamisé par les percus, « Rouge Colère » baigne au sein d’un climat africain. Tout comme le tribal « Les Oiseaux Parents ». Les singes déboulent de la forêt tropicale et crient à tue-tête.

La musique est le fruit d’un savant cocktail entre chanson urbaine et percus tribales, où se mêlent joyeusement maloya, calypso et rebétiko (une musique issue du répertoire populaire grec). Hormis celle en cajun (« Panier su la tête »), toutes les compos sont interprétées en français. Les textes sont à la fois beaux et imprévisibles, poétiques et pertinents.

Tout est prétexte à nouer le dialogue avec le public. Le combo n’en oublie évidemment pas son single « Inattendu » (?!?!?). En général Ismaël se charge de l’ukulélé, parfois des autres instruments à cordes et Ava, assise, du tambourin marocain. Ava ne l’abandonne que pour 2 chansons afin de se consacrer à la gratte semi-acoustique…

Et à l’issue du set, le trio va nous accorder « Yassou Evropi », en rappel. A revoir, assurément !

Setlist : « Mon commandant », « Rouge Colère », « Inattendu », « Panier su la tête (Alain Peters) », « Les oiseaux parents », « Les Angoisses », « Lailakomo », « Garçon », « De L'eau », « Le goût de la fumée », « Luxe Misère »

Rappel : « Yassou Evropi »

Sage Comme Des Sauvages + Kùzylarsen

(Organisation : Le Botanique et FrancoFaune)

Thurston Moore

By the fire

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En septembre de l’an dernier, Thurston Moore avait publié « Spirit Counsel », un elpee expérimental et instrumental long de 2h30 partagé en trois titres seulement. Une sorte de symphonie avant-gardiste qu’il a reproduit partiellement en concert, et notamment dans le cadre du Sonic City, en novembre de la même année. Rappelant ainsi que les débuts de l’aventure Sonic Youth étaient bien moins accessibles que ce que le mélomane lambda pourrait croire. Née à la fin de la période no wave, c’est-à-dire au début des 80’s, elles étaient même chaotiques, atonales et furieusement abrasives. Ce n’est qu’au début des 90’s, que sa musique est devenue moins impénétrable, notamment après avoir signé sur le label major Geffen.

Pour « By the fire », Thurston n’a pas totalement abandonné ses desseins expérimentaux, mais il les a mieux équilibrés entre les différentes plages. Au sein du line up figurent toujours le guitariste James Sedwards et la bassiste de My Bloody Valentine, Debbie Googe, auxquels sont venus se joindre deux collaborateurs ; en l’occurrence Jon Leidecker aka ‘Wobbly’ (Negativland) et le drummer Jem Doulton. Sans oublier Steve Shelley, l’ex drummer de Sonic Youth, pour un morceau, et le poète londonien Radieux Radio qui s’est chargé de la plupart des lyrics ; des textes au message politique engagé ! Le long playing propose quand même 9 plages pour 83 minutes.

« Hashish » ouvre la plaque, Imprimé sur un tempo motorik, il se distingue par ses cordes de gratte chatoyantes, alors que désabusées, les inflexions vocales de Moore semblent empruntées à Ed Kuepper.

Libérant un fameux groove, « Cantaloupe » met en exergue la conjugaison grungy entre les cordes de Thurston et James, dans un esprit parfois réminiscent des 70’s. Pensez à Iron Butterfly…

D’une durée de 11’, le tentaculaire, « Breath » est découpé en plusieurs mouvements. Subtils, noisy ou bien rock, ils autorisent même un duo vocal entre Moore et Deb Googe ; un morceau qui s’achève dans la distorsion la plus sonicyouthienne…

« Siren » s’étend sur une minute de plus. Une forme de post rock –même s’il y a un peu de vocaux– à la mélodie mélancolique que n’aurait sans doute pas renié Explosions In The Sky ou 65daysofstatic. Encore que parfois, le spectre des ‘Frippertronics’ rôde…

La « Locomotive » et ses voitures ferroviaires parcourent plus de 17’. Ce train fantôme traverse différents paysages sonores dans un climat digne d’un thriller d’Alfred Hitchcock. Des ‘Frippertonics’ (NDR : on y revient !), des claviers floydiens, du rock mélodique chanté, des sonorités chatoyantes (Durutti Column ?) et on en passe défilent avant que le convoi ne vienne se fracasser dans un véritable chaos destructeur… Une référence au long métrage ‘Le pont de Cassandra’ ?

Vocaux éthérés et cordes de guitares semi-acoustiques chatoyantes alimentent l’intriguant « Dreamers work ».

Pas de drums pour « Calligraphy », mais uniquement guitare et basse enrichis par les bruitages électroniques de Leidecker.

Un Leidekcer qu’on retrouve tout au long de « They believe in love (when they look at you) ». Le tempo est obsessionnel. Le climat passe allégrement du crimsonien au thriller tourmenté et angoissant (le retour du train fantôme ?), même si à mi-parcours les inflexions vocales à la Ed Kueper refont momentanément surface…

Instrumental, « Venus » semble flotter seul dans l’espace. Déchiré entre angoisse et mysticisme, cette piste rappelle le respect que porte Moore à Glenn Branca…

Death Bells

New signs of life

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Issu de Sydney, Death Bells a décidé de s’installer à Los Angeles. Où il a enregistré son second elpee, « New signs of life », un album qui fait suite à « Standing at the edge of the world », publié en 2017. Drivé par Will Canning et Remy Vessels, le sextuor propose une musique sophistiquée (NDR : la production est particulièrement raffinée), fruit d’un cocktail entre post punk, cold wave, indie pop et alt rock. Chatoyantes, carillonnantes, incisives ou pétillantes, les sonorités des guitares, surtout lorsqu’elles sont conjuguées rappellent The Church (NDR : ce qui peut s’expliquer, quand on sait que le combo est également originaire de Sydney). Déchiquetées, elles lorgnent alors vers Interpol. Cotonneuse, la ligne de basse semble sortir en ligne droite des 80’s. Tout comme le drumming bien syncopé. Emphatique, la voix évoque tour à tour Paul Banks (Interpol) ou Garce Allard (Sad Lovers and Lovers & Giants). Délicates, volatiles et atmosphériques, les petites touches de synthé rappellent également SL&G (« Sacred », « Two thousand and twenty »). Et certaines compos bénéficient d’interventions au saxophone, mais en bien moins omniprésent que chez Psychedelic Furs. Quant au sens mélodique, il est, en général, plutôt proche des Smiths. Maintenant, toutes ces références –particulièrement élogieuses– sont à nuancer suivant les morceaux. Bref, un chouette album, même si l’excellence de la mise en forme risque de cabrer les puristes de l’indie rock…

Delage

Twist & doubt

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Votre serviteur n’est pas un grand fan d’électro ou se synth/pop, hormis lorsque cette expression sonore est ou originale ou vraiment accrocheuse. Et Delage, projet de Till Hormann cumule ces deux critères. Un projet pour lequel cet Allemand établi à Amsterdam est épaulé par un préposé aux synthés et un bassiste ; le leader se consacrant également aux synthés et à la guitare, mais surtout au lead vocal. Ses chansons, il les interprète dans la langue de Goethe (souvent), de Shakespeare (parfois) et de Molière qu’il invite uniquement sur « Liebe is rot ». Malgré la basse cold wave, les compos ont un petit goût suranné (NDR : l’elpee recèle au moins trois valses !) qui parfume parfaitement cette musique… romantique. A cause de ces claviers minimalistes subtils et/ou vaporeux (New Musik ? Ultravox ?). De cette boîte à rythmes kitsch, mécanique. De cette voix de crooner désabusée, un peu cabaret, très susceptible de rappeler celle de John Maus. Et puis de ce sens mélodique très affûté. Il y a bien quelques accords de guitare, mais bien que régulièrement déchiquetés, ils se fondent plutôt bien dans l’ensemble. Tout comme les interventions du saxophone, qu’on remarque lors du final enlevé, imprimé sur un tempo new wave, « Heartshape ». « Twist & doubt » constitue le second opus de Delage et il fait suite à « Loverboy Beatface », paru en 2018. 

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