Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Kosmos

J’aime le pouvoir et le poids des mots

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L’actualité des concerts réduite comme peau de chagrin, c’est par le biais de Skype que votre serviteur s’invite à pénétrer dans l’univers particulier de Kosmos. Son frontman, Tom, se livre entre actualité brûlante, confinement et un amour inconditionné des mots. Naviguant quelque part entre Michel Berger, -M- et les Rita Mitsouko, sa musique s’ouvre et risque de surprendre, grâce à une palette de compos à la fois légères et énigmatiques qui flirtent autant avec la pop, le funk que la ballade bossa. Après avoir publié “Je connais un guerrier Maasaï”, un single remarqué, le groupe français sort un premier Ep baptisé « Des Kollages ». Un second Ep tout aussi solennel est déjà en préparation et devrait ravir (encore une fois) les amateurs du genre.

Derrière Kosmos se cachent cinq personnes aux influences musicales plutôt variées : jazz, funk, métal, techno, etc.

Quel est le point commun entre les membres de la formation et comment s’est déroulée votre première rencontre ?

Je vais commencer par la rencontre parce qu’elle constitue la base de pas mal de choses… Durant plusieurs mois, j’ai écrit et composé des chansons que j’avais par ailleurs maquettées. Je voulais dénicher des musiciens susceptibles de transposer le projet sur scène. Ce qui nous lie, c’est l’envie de s’ouvrir à des univers qui ne sont pas les nôtres, tout en évoluant en dehors de notre zone de confort. A titre d’exemple, Adrien vient du monde de l’électronique alors que Cyprien, de celui du jazz. Ce dernier amène l’harmonique des morceaux. Au départ, je cherchais de jeunes musiciens qui souhaitaient bosser ensemble sur le long terme. Habitant Pigalle, j’ai effectué le tour des écoles de mon quartier. C’est ainsi que j’ai rencontré, par le biais d’un contact, un bassiste. De fil en aiguille, nous nous sommes retrouvés à cinq. Tout le monde se connaissait au moins un peu ou avait déjà travaillé avec les autres. Il existe cette volonté chez chacun d’atteindre un équilibre qui à l’origine n’est pas le sien. Nous restons persuadés que si nous avions choisi de se consacrer à la musique individuellement, nous ne serions jamais parvenus à ce résultat. La dynamique de groupe l’a emporté !

Un Ep qui résume à lui seul le côté créatif du combo. Les sonorités partent dans tous les sens : il y a de la pop, du funk, une ballade bossa. On ne peut pas dire que les compos soient cadenassées dans un style particulier… Était-ce une volonté commune ou les choses se sont-elles déroulées naturellement ?

Les paroles et les structures harmoniques étaient déjà écrites. Il y avait effectivement une volonté de créer une ossature autour de ces éléments. Puisque la base de travail était existante, j’envoyais simplement les maquettes à mes comparses. Généralement, lorsqu’un groupe débute, ça prend du temps parce qu’en amont, tout un processus créatif est à mettre en place, de la composition à l’écriture. Nous avions donc un gros avantage à ce niveau. On pourrait penser que c’est moi qui décide, mais pas vraiment. On essaie de se remettre en question tout le temps. Il existe cette volonté d’aller toujours plus loin. D’ici quelque temps, on va enregistrer un nouvel Ep. Nous sommes au stade de la réalisation des maquettes et des arrangements de dernière minute. Cette après-midi encore, nous répétions. La manière dont nous allons aborder ce disque reste cohérente ; à vrai dire, nous refusons la facilité. Aune sortie physique n’est prévue. On aimerait bien sortir un vinyle ou un CD commun, une fois le second Ep finalisé.  

Cette approche stylistique constitue un pari osé, l’auditeur pourrait penser qu’on veut l’induire en erreur et le surprendre trop fréquemment...

C’est clair ! Il s’agit probablement d’un reproche que les auditeurs pourraient formuler à l’égard du groupe. C’est une des raisons pour lesquelles l’Ep s’intitule « Des Kollages », une manière de brouiller les pistes, de dérouter le mélomane. Nous sommes conscients que cette démarche ne s’inscrit pas dans l’air du temps. Aujourd’hui, tout doit être identifiable et cloisonné. Les points de friction constituent justement une démarche artistique en tant que telle. Pour être tout à fait honnête, la première écoute est souvent saisissante. Il faut du temps pour s’imprégner des morceaux et en pénétrer toutes les couches. Nous souhaitions obtenir un produit fini assez ‘riche’. Je n’aime pas trop ce terme parce que parfois la simplicité rime avec grande richesse. Oui, effectivement, la manière dont nous concevons les choses peut être déroutante, mais l’univers dans lequel nous baignons l’exige. Quoi qu’il en soit, il existe une grande sincérité dans nos actes.

Pour certains, confinement a rimé avec productivité en termes de créativité musicale. As-tu profité de cette parenthèse obligée pour laisser exprimer tes idées soit individuellement, soit collectivement ?

Spontanément, la réponse est non ! Parfois, tu as l’impression de perdre ton temps et de ne rien faire alors qu’en réalité il y a tout un tas de processus qui se met en place. En ce qui nous concerne, nous avons été confinés à des endroits géographiquement différents. Les sessions en commun sont très précieuses en termes d’échange d’idées. Se réunir au sein d’une seule et même pièce est important. Cette période Covid a effectivement eu un effet dévastateur : les concerts et la sortie de l’Ep ont été suspendus. Les maquettes du prochain étaient prêtes. Nous voulions, lors du déconfinement, proposer un produit fini et, dans la foulée, commencer à enregistrer. La réalité a été un peu plus compliquée qu’on ne l’imaginait, parce que vu la distance, nous devions transmettre des fichiers qu’il fallait ensuite centraliser. Résultat, un travail qui aurait dû nécessiter une seule après-midi en temps normal, nécessitait parfois presque une semaine. Heureusement, nous avons respecté une certaine discipline. A titre tout à fait personnel, d’un point de vue musical, je n’ai pas l’impression d’avoir été particulièrement créatif. Nous avons traversé une période pour le moins anxiogène. Paradoxalement, lorsque tu es musicien ou artiste, en général, tu aspires à disposer de temps pour laisser exprimer cette créativité latente. J’étais confiné chez moi, entouré de mes instruments et de mon matériel. Faire de la musique était quasi la seule occupation qui m’était permise. Je me suis remis au piano classique. Ce qui m’a, cependant, fait un bien fou. Cette parenthèse inattendue m’a démontré, qu’au final, ce n’est pas de temps dont on a besoin, mais de l’équilibre de la vie et des gens qui t’entourent pour trouver l’inspiration. Il est peut-être un peu tôt pour prendre le recul nécessaire, mais je n’affirmerai pas que cette période ait été totalement inspirée. Pareil pour mes comparses, je crois. Entre les conditions de confinement pas évidentes et l’absence d’activité du groupe, je dois avouer que ce n’était pas facile tous les jours. Nous pensions qu’en se servant des réseaux sociaux, nous serions plus inventifs, mais c’était une erreur. La virtualité ne remplacera jamais la réalité ! Être musicien, c’est partager ! Confiner un musicien, c’est à contre-courant de sa nature profonde. Ce n’est pas comme si le gars partait durant trois semaines dans son coin pour se réaliser. Non, ici les conditions étaient totalement surréalistes. Je suis donc mitigé par rapport à cette situation, mais l’avenir nous dira si je me suis trompé…

Tom, tu as écrit les morceaux au revenir d’un voyage d’un an autour du monde. Qu’en as-tu retiré sur un plan tant musical que personnel ?

Ce voyage a marqué un tournant dans ma vie tout simplement. Je n’avais pas l’intention de me lancer dans la musique de manière professionnelle. Si je l’ai toujours pratiquée, notamment en jouant du piano et en militant dans pas mal de groupes, j’ai aussi suivi un cursus scolaire dans une école de commerce. J’ai monté un projet en compagnie de trois amis. Notre job consistait à mesurer l’impact social de pays en voie de développement. On a travaillé dans des endroits d’une violence extrême en matière d’environnement, de pauvreté, etc. J’ai vite commencé à prendre du recul et me suis rendu compte que nous avions de la chance de vivre dans une région comme celle-ci. Pourtant, nous sommes vite préoccupés par nos petites contrariétés qui peuvent aussi rapidement prendre des proportions sidérales. Un jour, au Madagascar, je discutais avec un étudiant de mon âge. Un traducteur qui me rappelait la chance d’être français. Nous sommes entourés de magasins de musique. On se paye ce que l’on veut. Là-bas, si un autochtone veut s’acheter un ampli guitare, c’est quasi-mission impossible. Cette expérience a changé mes objectifs. J’en ai conclu que voulais vraiment me lancer dans la musique. C’est ce qui me passionne. C’est la raison pour laquelle je me lève le matin. Ce vécu a marqué au fer rouge mon existence et je crois qu’il se ressent dans les paroles des compos de cet Ep. J’aime prendre du recul par rapport à un quotidien qui a parfois tendance à nous ensorceler et nous emporter dans un tourbillon chaotique.

« Des Kollages » c’est un peu l’histoire d’un gars qui se cherche pour se (re)trouver. Une histoire autobiographique ?

Bien évidemment. On y décèle des fragments de ma vie personnelle. Cet écho est d’ailleurs bien plus subtil dans d’autres morceaux. J’ai essayé d’imaginer une suite logique a posteriori, mais lorsque j’écris des textes, j’aime l’idée que l’on ne puisse pas vraiment comprendre ce qui se passe immédiatement, mais qu’ils laissent une impression. Je suis un fan inconditionnel de Bashung, par exemple. Lui et son parolier ont réalisé un travail formidable. Cet artiste joue et triture les mots quitte à les travailler syllabes par syllabes. Si tu prêtes une oreille attentive à certaines de ses compositions, tu te rendras compte qu’il y a des mots qu’on entend, mais pas prononcés. Dans « La nuit je mens », il cite : ‘J’ai fait la cour à des murènes’. Pourtant, je perçois ‘J’ai fait l’amour à des sirènes’. Le sens est à construire en permanence. N’est évidemment pas Bergman qui veut, mais j’apprécie l’idée de fourvoyer l’auditeur et de le forcer à réfléchir pour le rendre partie prenante de l’écoute. Cette approche renforce aussi la cohésion du groupe, car nous n’accordons aucune concession. Je suis bien conscient que cette attitude ne facilite pas une diffusion sur les radios généralistes. Nous n’essayons pas d’aller au plus efficace. Notre réalisateur est aussi là pour nous cadrer parce que si nos chansons restent de la pop, il ne faut pas le perdre de vue, le but n’est pas davantage de composer des morceaux de jazz qui s’étalent sur quinze minutes.

Dans le titre « Dé-Pense », tu dis ‘Je mène la résistance contre ceux qui pensent, qui calculent, qui font des plans pour gagner du temps’. Pourtant aujourd’hui, nos vies sont définies par des algorithmes en tout genre jusqu’à même prendre le pas sur notre libre arbitre…

Oui, complètement. C’est sans doute le morceau le plus autobiographique de l’Ep. Lorsque je fréquentais l’école de commerce, on nous enseignait l’efficacité, le gain de temps, comment produire plus avec moins de ressources, etc... Je me suis rendu compte que dans nos vies, tout est formaté jusqu’au moindre désir. Les réseaux sociaux modélisent nos rapports à l’amitié, les applications de dating ou encore les GPS qui indiquent le chemin le plus court. Aujourd’hui, il faut gagner du temps à tout prix en supprimant les obstacles comme si nous devions agir comme des ordinateurs. L’optimisation est profondément inhumaine. Les rencontres imprévues et les chemins de traverse demeurent réjouissants. Tout comme perdre son temps permet d’exercer son imagination. Les plus belles fêtes sont celles que l’on n’a pas prévues. Je réfute l’idée de devenir une machine. J’habite Paris. Ici, le matin, les gens ressemblent à des zombies. Ils courent sans cesse pour essayer de rattraper le temps. Parfois, moi aussi, il m’arrive de rater le métro et de râler. C’est ridicule parce que le prochain arrive dans quatre minutes. Cette pression constante devient pesante même. Il faut pouvoir prendre du recul parce qu’au fond que perd-t-on lorsqu’on perd du temps ? Je terminerai en affirmant que c’est sans doute le morceau le plus engagé.

L’enregistrement de l’Ep a été réalisé à l’aide de matériel exclusivement analogique. Pour accentuer l’émotion ?

Je ne suis pas ingénieur du son, mais je pense que oui. Il y a une chaleur et une humanité dans le matériel analogique. On sent les résistances qui chauffent et ce grain particulier, même si je reconnais qu’on peut obtenir un résultat quasi-équivalent par le biais de procédés modernes. Il ne faut pas tomber dans l’excès inverse et devenir anti-digital ! Nous souhaitions quelque chose de très organique dans le projet et nous préférions capturer l’énergie du moment plutôt que de passer des mois à mixer. On préférait, dès le départ, un résultat tranché quitte à réduire le champ des possibles. Perso, en tous cas, ce à quoi je suis sensible, c’est la sincérité, peu importe d’ailleurs le genre et l’histoire à raconter.

Pour beaucoup, la musique est souvent juste un produit de consommation marketing qui n’existe que pour satisfaire un besoin immédiat. Vu votre style si particulier, crois-tu que Kosmos puisse traverser les âges et les générations ?

J’aimerais bien. Aujourd’hui, il faut pouvoir plaire à tout le monde. Quel est l’individu qui prend encore le temps de se poser dans le salon pour écouter un album entier ? C’est devenu tellement rare ! Et pourtant, c’est un vrai plaisir. La musique est de nos jours écoutée dans les transports ou en toile de fond, à peine perceptible. Plus jeune, lorsque j’écoutais des CD, le rapport à la musique était beaucoup plus lié à l’objet. Attention, il ne faut pas non plus tomber dans le discours rétrograde, ce n’était pas forcément mieux avant. Par exemple, grâce à Spotify, j’ai pu écouter des centaines de chansons que jamais je n’aurais découvertes autrement. Je crois encore une fois, qu’il il faut être autothétique dans la démarche et conter de belles histoires à l’auditeur, car il y est sensible. Si effectivement, il y a une kyrielle de morceaux qui sont cadrés pour le succès, un tas d’artistes ont encore cette ambition de vouloir raconter quelque chose à l’auditeur et lui permettre d’être partie prenante de cette démarche. Je cite souvent Flavien Berger qui reste tellement libre dans ses démarches et sincère dans ses propos. Il réalise parfois des morceaux de douze minutes et ils fonctionnent ! Ce n’est peut-être pas les plus gros succès, mais il a foulé les planches de l’Olympia. Si nous arrivions ne serait-ce qu’à sa cheville, nous serions déjà contents. Il est aujourd’hui navrant de constater dans les statistiques de Youtube que les gens décrochent parfois juste après quelques secondes d’écoute. J’ignore s’il s’agit de l’air du temps. Nous les jeunes, nous consommons pas mal de streaming, c’est une histoire de génération. Les plus âgés sont moins réceptif à ce mode d’écoute. La génération actuelle deviendra plus mature dans vingt ans, les mentalités aussi sans doute. Mais, comment prédire l’avenir ? Tout change tellement vite. C’est un vrai sujet de fond. Comme je te signalais tantôt, la formation ne fait aucune concession dans sa démarche artistique. A tort, peut être…

Les textes sont ciselés. Ils ont du coffre et de la puissance. Souvent, on aime revivre les compositions à travers les paroles. Est-ce votre cas ?

J’affectionne écrire les textes et sortir le meilleur jus des mots. Presque plus encore que d’écrire les musiques. Ma mère est anglaise, ma plume s’exerçait dans un premier temps dans la langue de Shakespeare. Pour ce projet précis, l’envie de coucher les mots sur le papier en français était grande. J’aime le pouvoir et le poids des mots. J’avoue que la prise de risque est plus importante car les gens dressent une oreille plus attentive en français alors que pour l’anglais ils s’attachent plus à la mélodie. J’apprécie l’idée que l’auditeur puisse jouer un rôle à part entière dans cette dynamique. Comme expliqué avant, il est aussi intéressant parfois de ne pas saisir le sens des mots, mais juste être bercé par les paroles. Une manière de sensibiliser sans proposer quelque chose de manichéen…

A contrario un texte, quand il est écrit, est parfois plus difficile à accepter que chanté…

Oui, tout-à-fait ! C’est la philosophie que nous épousons ! Sur « Dé-Pense » par exemple, j’ai fait le choix, à la fin de la compo, de ne faire que des jeux sur les syllabes. Sur le prochain Ep, il y aura beaucoup d’homonymes. Je ne suis pas convaincu que les paroles doivent être lues, mais juste entendues. Par analogie, au collège ou au lycée, on demande aux élèves de lire des pièces de théâtre ; c’est contre-productif ! Une pièce existe pour être entendue et interprétée, pas nécessairement pour être analysée. 

Quand on écoute, « Je Connais un Guerrier Maasaï », on se dit qu’au fond, la recette de Kosmos pour faire plus facilement passer un message, c’est un texte bien écrit et un groove. Ces deux éléments se suffisent-ils à eux-mêmes ?

C’est tout à fait exact ! Nous sommes à la recherche d’un groove, mais au sens large du terme. Pour chaque morceau, nous essayons d’adopter une rythmique qui se suffit à elle-même tout en balançant son lot de paroles qui sonne bien. Nous aimons maquiller le très sérieux et le très lourd avec un soupçon de futilité. L’idée est encore une fois de rendre l’auditeur actif dans l’imaginaire. Ce qui me tient à cœur, c’est l’histoire qui est racontée, pas une succession de mots alignés les uns derrière les autres…

Quel(s) est (sont) le(s) artiste(s) qui t’a (ont) le plus marqué(s) ou influencé(s)

Lorsque j’étais adolescent, j’ai découvert les Beatles. Comme eux, j’écris une musique mélodique à fredonner. Il y a quelque chose d’immédiat. J’étais aussi fan de la musique anglo-saxonne des années 60-70 ; ma mère étant anglaise, j’ai baigné dans cette culture. Mais aussi, tout ce qui est rock progressif et pop-rock de cette époque. Sans oublier la chanson française, évidemment. Il est difficile de cibler précisément un artiste précis. Je citerai quand même Michel Berger, France Gall, Serge Gainsbourg. Dans la musique plus contemporaine par contre, j’apprécie l’Impératrice. Il s’agit d’un groupe de pop/disco français, fondé à Paris en 2012. Il est parvenu à créer un univers ambitieux, mêlant des genres musicaux iconoclastes lui permettant de s’auréoler d’une identité réelle. Je crois qu’il est parvenu à marquer un tournant dans la chanson française. J’aime aussi l’univers de Flavien Berger. Je suis aussi fan de Philippe Katerine depuis ses débuts. La sincérité dont il fait preuve dans sa folie m’émeut complètement. En matière de musique internationale, j’adore Parcels, groupe originaire de Byron Bay en Australie, formé en 2014. Je suis allé les voir au Botanique et j’ai été bluffé par la légèreté et leur groove.

Avant de nous quitter, peux-tu dévoiler quelques petites news pour les lecteurs de Musiczine ?

Oui, le prochain Ep sur lequel nous travaillons s’intitulera « Dé Ménage ». Il contiendra cinq titres, des chansons d’amour. Il ne s’agira pas d’une suite, mais plutôt d’un pendant au premier volet. Le réalisateur sera le même. Je pense que ce disque sera plus homogène en termes de style, mais je ne m’avance pas trop, on verra bien… Nous sortons d’ici quelques semaines un nouveau single qui s’intitulera « Petit Suisse ». Il sera assez proche du « Guerrier Maasaï » dans le côté décalé. Nous devrions jouer en live en septembre, mais les dates ne sont pas encore confirmées. Les salles parisiennes sont en effet un peu plus frileuses à l’égard des petits groupes comme les nôtres et prennent davantage de précautions vu cette crise sanitaire. Nous espérions pouvoir participer à quelques festivals cet été… Se produire en Belgique serait une opportunité à saisir, il y a chez vous une proximité et une accessibilité que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.

Swamp Dogg

Sorry You Couldn’t Make It

Écrit par

Jerry Williams, aka Swamp Dogg (ou Little Jerry ou bien encore Little Jerry Williams), semble connaître une seconde jeunesse à près de 78 balais ! Depuis sa Virginie natale, il a pourtant enregistré à partir de 1954, alors qu’il n’avait que 12 ans ! Transformé en chanteur soul décalé sous l’alter-ego Swamp Dogg dès 1970, ce ‘maverick’ flamboyant colore aujourd’hui ses morceaux trempés dans la soul d’une belle dose d’excentricité et d’une âme country, sur des titres tire-larmes tels que « Sleeping Without You is a Dragg » ou « I’d Rather Be Your Used to Be ». « Sorry You Couldn’t Make It » a bénéficié du la participation de John Prine (il nous a quittés il y a quelques semaines), Justin Vernom (Bon Iver), Jenny Lewis et des membres de Poliça. De quoi permettre aux morceaux de ne pas sombrer dans l’exercice de style et d’afficher une belle créativité. N’oublions pas que son elpee précédent (« Love, Loss and Autotune ») était dédié à l’autotune (!)… c’est dire si l’homme n’a peur de rien. Enregistré à Nashville, « Sorry I Couldn’t Make It » ne sent pas la naphtaline. Pas pour rien que ce ‘Chien des Marécages’ ne fait pas son âge…

Homem Em Catarse

Sem Palavras, Cem Palavras

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Homem em Catarse, c’est le projet d’Afonso Dorido, un Portugais responsable de quatre disques à ce jour, dont deux mini-albums et deux elpees. « Sem Palavras, Cem Palavras » constitue donc son second long playing.

La biographie mentionne que la musique de Homem em Catarse navigue à la croisée des chemins de Slowdive, Durutti Column et Explosions In The Sky, mais un E.I.T.S. sous sa forme la plus atmosphérique, alors. Durutti Column, c’est une certitude. A cause de ce toucher de guitare et puis de ce climat empreint de mélancolie si caractéristique. Et le titre « Hey Vini ! » n’est autre qu’un hommage rendu au guitariste, Vini Reilly. Et puis des pistes comme le bonus track ainsi que « Marie bonheur », un morceau qui bénéficie du concours du violoniste Graça Carvalho et de la violoncelliste Marguarita Pereira, en sont de nouvelles illustrations. Mais Afonso ne se contente pas de jouer de la gratte, le plus souvent en picking ; il se consacre également aux synthés, aux percus et autres machines en compagnie de Pedro Sousa, qui se charge également de la production. Pas de voix, mais des chœurs sur « Yo La Tengo » (NDR : un clin d’œil adressé au trio de Hoboken ?). Et puis un poème (‘Sans paroles, sans mots’), reproduit dans le booklet, qui a inspiré les titres de cet opus. Le plus enlevé ? Le post rock « Dancas marianas ». Afonso y joue de la basse, en s’appuyant sur les boucles de guitare qui impriment le tempo. Bref, un album émouvant à l’esthétique romantique et harmonieuse que votre serviteur conseillera aux nostalgiques de Durutti Column, quelque peu disparu des radars, depuis 2014, soit depuis les deux attaques cérébrales dont a été victime Vini Reilly…

Pepe Wismeer / Thierry Müller

L’écho des chiens dans le sang de la tactique / No re re night fever

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Pepe Wismeer est un duo drivé par Anne-Laure Therme et Damien Van Lede, une formation responsable d‘une vingtaine d’albums depuis 1999 et dont la musique expérimentale navigue aux confins de l’indus, du dark folk et de l’ambient.

Actif chez Ilitch, Thierry Müller alias Ruth Ellyeri (c’est son anagramme) est compositeur et multi-instrumentiste. Tout aussi expérimentale, sa musique est encensée par des artistes comme Lee Ranaldo (ex-Sonic Youth), Edward Ka-Spell (Legendary Pink Dots), Tim Gane (Stereolab) ou encore Steven Stapleton (Nurse with Wound). 

De la rencontre entre Pepe Wismeer et Thierry Müller ne pouvait naître qu’une solution sonore… expérimentale. C’est manifeste sur « L’écho des chiens dans le sang de la tactique ». Mais davantage tout a long du deuxième disque, « No re re night fever », deux titres (plus de 20 minutes chacun quand même) qui synthétisent le fruit de trois nuits d’improvisation. Et le résultat nous plonge au sein d’un univers qui oscille entre ambient et indus, traversé de sonorités cosmiques. On pense parfois au Floyd circa « More », à Tuxedomoon ou encore à Throbbing Gristle…

Ces références sont disséminées tout au long du premier CD. Auxquelles on pourrait ajouter Wire (« Even Eve », malgré les claviers cathédralesques ainsi que « Et l’on fera venir les chiens », une piste éthérée qui suscite un Mercury Rev), Sophia (ce sentiment de mélancolie accentuée par les cordes de guitare languissantes, tout au long de « I exteem »), le Legendary Pink Dots (le minimalisme synthétique, mais rythmé de « I am Azon ») ainsi que Berlin Blondes. Surtout à cause des voix triturées, incantatoires, maléfiques voire angoissantes. Et si « Pulsyciety » pourrait servir de B.O. cinématographique à une nouvelle ‘Rencontre du 3ème type, se distinguant par un crescendo qui mêle arrangements de cordes classiques et électro, la meilleure plage de l’elpee est incontestablement « Unicyconic icon ». Imprimée sur un tempo krautrock et légèrement teintée d’orientalisme, elle est traversée par des interventions de saxophone free, dispensés un peu dans l’esprit de Steven Brown (Tuxedomoon). Pour public averti uniquement !

Pour découvrir le clip de "Unicyconic icon", c'est ici

Bärlin

The dust of our dreams

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Bärlin est un trio lillois qui réunit le bassiste Laurent Macaigne, même si parfois on a l’impression qu’il se sert de cet instrument comme d’une guitare, le drummer Simon Thomy et le clarinettiste/chanteur Clément Barbier. Déjà que cette formule trio n’est pas courante, mais Clément possède une voix un peu particulière, incantatoire, sorte d’hybride entre Brendan Perry (Dead Can Dance) et David Eugene Edwards (Wovenhand, 16 Horsepower). Et puis ses interventions solennelles sur sa clarinette (qui sonnent parfois comme un hautbois) oscillent entre le jazz noir, le concerto (pensez à Sergueï Prokofiev et Serge Rachmaninov) et la no wave (Tuxedomoon). Le climat de cet opus est sombre, énigmatique, déchirant parfois même étouffant, mais l’ensemble tient parfaitement la route s’achevant par l’élégiaque « Opium fields », avant qu’un bonus track de type drone ne vienne atterrir en fin de parcours, pour souffler sur la poussière de nos rêves…

Sunflowers

Endless voyage

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Troisième elpee pour Sunflowers, un trio portugais (NDR : issu de Porto, très exactement), dont la musique semble, à premier abord, instrumentale. Il faut d’ailleurs attendre le 4ème morceau pour entendre les vociférations du chanteur. M’enfin, pas comme au sein de certains groupes de métal. Plutôt caverneuse, elle intervient cependant, sur les titres les plus musclés.

« Endless voyage » est partagé entre plages percutantes et morceaux atmosphériques aux bidouillages électroniques, quand ils ne virent pas carrément à la lounge (NDR : ou si vous préférez à de la musique d’ascenseur). Depuis le paisible « Prologue », une brève intro à écouter religieusement, aux deux versions épiques du titre maître. Frénétique, la première est soulignée de chœurs sauvages, alors que la suivante, d’abord incantatoire (ces chœurs !) s’égare dans un périple cosmique, expérimental, truffé d’interventions de synthés vintage.

Mais le plus intéressant procède des morceaux les plus énergiques, nés d’un cocktail explosif entre garage, punk, noisy, psychédélisme et krautrock. A l’instar du sauvage « Deflective machine », de « A conflict taking place » et ses chœurs martiaux, qui ne ferait certainement pas pâle figure sur un album de Ty Segall, du groovy « Dreamweaver » qui semble hanté par Jon Spencer ainsi que d’« Oscillaitons », toutes guitares dehors. Entre chaos électrique et harmonies synthétiques, « Endless voyage » doit son imprévisibilité à ses contrastes.

Peter Green

Le blues pleure une de ses légendes : Peter Green s’est éteint à l’âge de 73 ans…

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Peter Green est décédé paisiblement durant son sommeil, ce samedi 25 juillet 2020.

De son vrai nom Peter Greenbaum, il était né le 29 octobre 1946 à Bethnal Green, un quartier sis à l'est de Londres. Peter avait eu la lourde tâche de succéder à Eric Clapton au sein des Bluesbreakers de John Mayall, en juillet 1966. Un challenge relevé brillamment. Il n’y militera cependant qu'une seule année, le temps de l'album "Hard Road" qui révélait déjà son talent de guitariste. A l’instar du long instrumental "Supernatural", auquel il communiquait une tonalité tout à fait personnelle (en écoute ici)

Peter Green fonde alors sa propre formation baptisée Fleetwood Mac, en s’inspirant des noms du batteur (Mick Fleetwood) et du bassiste (John MacVie), co-fondateurs du band. Le combo fait ses débuts en août 1967. Il deviendra l'un des fleurons de la fameuse blues boom qui sévit alors en l'Angleterre. Peter quitte Fleetwood Mac en mai 1970, victime de problèmes psy, alors que F.M. va devenir une usine à tubes, dans un style résolument pop.

Compositeur remarquable, chanteur d'une rare sensibilité et surtout guitariste exceptionnel, ses interventions aux cordes étaient à la fois chargées de feeling et à la fluidité inégalable, alors que parcimonieuses, elles faisaient chaque fois mouche.  

En 1970, il publiait un album prémonitoire intitulé "The end of the game".

Il disparaît alors des radars, et retourne régulièrement en hôpital psychiatrique, pour se faire soigner.

Il opère son comeback en 1979, un retour salué par ses nombreux fans, mais malheureusement, il ne retrouvera plus jamais sa dextérité et son inspiration sur sa gratte.  

Au cours des nineties, il tente un nouveau retour, en compagnie du Spinter Group, mais il y est aussi discret à la guitare qu’au chant.

Celui qui fut mon héros musical s'en est donc allé durant son sommeil.

BB King en personne avait avoué que Peter était le seul guitariste dont les tonalités de cordes, d’une extrême douceur, lui flanquaient des frissons partout.

« Oh well » et « Black Magic Woman », repris plus tard par Santana, titres les plus notoires du Fleetwood Mac impliquant Peter Green sont en écoute ici et là

REPOSE EN PAIX PETER !

Songe d’une nuit BW 2020 : dimanche 19 juillet

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Le cadre est magnifique. Les trois scènes ont été installées à des endroits différents, mais en prenant soin de préserver le coup d’œil sur les étendues d’eau des carrières, considérées comme formant un des plus beaux sites de Wallonie. Eclairé, le parcours réunit des groupes de 50 spectateurs accompagnés par des guides bénévoles. Un petit trajet de 1 200 mètres qui longe le haut de la carrière afin d’accéder aux 3 scènes. La distanciation sociale est très bien respectée. Pour une première organisation, c’est vraiment parfait et chaque équipage est complet. Un équipage constitué de 3 ou 4 artistes qui joueront chacun à 5 ou 6 reprises des sets de 30 minutes.

Noah Moon est la première artiste programmée. Votre serviteur suit attentivement son parcours depuis plus ou moins dix ans. Elle se produit, en général, au sein d’un trio. Aujourd’hui, elle est soutenue par un drummer (NDR : un nouveau !) et la claviériste Laetitia Collet. Et elle se sert d’une gratte semi-acoustique. Le podium est entouré de fleurs et de roseaux. Manifestement, Manon est boostée par cette opportunité de pouvoir rejouer devant du public, après 4 mois de confinement, une période au cours de laquelle, pour ne pas perdre la main, elle avait accordé de petits concerts intimistes, relayés par les réseaux sociaux.

« Alive » ouvre le set. Allègres et sautillantes, les sonorités électro/pop sont stimulées par de généreuses percus. Souriante, jolie, épanouie, Manon a toujours le (petit) mot pour (sou)rire. Ivoires et percus entretiennent le climat paisible mais chargé de feeling de « Found Me ». Il faut dire que la voix Manon s’adapte aisément à cette atmosphère empreinte de quiétude. Un filet de sonorités semi-acoustiques amorce « Paradise », avant que la plage nous entraîne vers celles, plus ensoleillées, de Kingston. Le soleil est au rendez-vous, mais il y manque le sable et la délicatesse des embruns marins. Mid tempo, « Sparks » évolue au rythme synthétique d’un cheval au trot. Après « Run », le plus acoustique « At Last We Tried » retrouve une certaine forme de sérénité. Et en guise de rappel, « Now » clôt ce concert qui a mis du baume au cœur de votre serviteur, même si Manon n’a pas interprété de nouvelle compos…

Setlist : « Alive », « Found Me », « Paradise », « Sparks », « Run », « At Last We Tried », « Now »

Direction seconde scène que Juicy squattait vendredi. Lubiana est venue nous présenter de larges extraits de son Ep éponyme. Découpé en 5 pistes, il est paru en avril dernier. Elle compose, chante et se sert d’une kora, un instrument de musique à cordes originaire du Mali que l'on trouve dans toute l'Afrique de l'Ouest. Agée de 26 ans, cette jeune Belgo-camerounaise est considérée comme la nouvelle sensation de la scène musicale belge. A cause de deux ses deux premiers singles, « Self Love » et « My Man Is Gone », et de son style qui mêle pop, soul, jazz et world. Elle avait fait forte impression lors de sa prestation, dans le cadre du festival Esperanzah, il y a deux ans ; mais également en première partie de Youssou’n’Dour, au Palais 12.

Avant d’entamer son set, elle raconte que dans son pays, la kora est réservée aux griots qui ne sont que des hommes. Ce sont les poètes et les chantres de l’Afrique de l’Ouest.

Plutôt imposant, cet instrument est posé en hauteur, sur un support, afin qu’elle puisse en pincer les 10 cordes. Epreinte de douceur, la compo est interprétée en solo. Un titre soul, qu’elle chante aussi bien en anglais qu’en dialecte camerounais. A partir du deuxième morceau, elle est rejointe par un préposé aux synthés et IPad. Elle n’en n’oublie pas son hit « I Think ’bout You », un morceau dont les percus électroniques vont faire grimper la température ambiante. En symbiose avec la foule et tout en pinçant les cordes de sa kora, elle lui demande de participer au refrain de « Sunday Last ». Satisfaite, elle le remercie en le qualifiant de lumineux…  

Setlist : « Break Free », « Self Love », « I Think ’bout You », « Sunday Last ».

Le grand podium est réservé, aujourd’hui, à Sarah Carlier. Encore une artiste que votre serviteur soutient depuis plus d’une décennie. Comme d’habitude, la trentenaire a revêtu sa large chemise marocaine. Elle est, bien sûr, épaulée par d’excellents musicos. En l’occurrence le gratteur Yannick Werther (Selah Sue), le bassiste/claviériste Clive Govinden, le programmateur Fabrice Blin et un nouveau drummer qui remplace Boris Tchango, dont le kit a de quoi impressionner.

Sarah ne va pas nous proposer de nouveaux morceaux, mais des versions revisitées d’anciens titres. Soit à la sauce électro/pop. Pas étonnant que le claviériste tire son épingle du jeu. Clive joue de sa basse en slap et tapping. Toujours aussi inspirée par Richie Havens son idole, Sarah s’autorise une cover du regretté New-yorkais. Sa gratte semi-acoustique, Sarah ne va s’en servir que lors du troisième et quatrième set, soit en fonction du répertoire proposé. Bref, une bonne petite répétition générale post covid 19…

Setlist : « Big Planet », « Nation Of Love », « Watch Tower », « Deep Down », « My Dear ».

Organisation : Inc’ Rock BW + Festival Songe d’une Nuit BW + Le Coup de Pouce ASBL

Sarah Carlier + Lubiana + Noa Moon

Man Man

Dream Hunting in the Valley of the In-Between

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C’est avec un immense plaisir que l’on retrouve Man Man, sept ans après la parution de son dernier opus, "On Oni Pond”. Sa pop foutraque et loufoque nous avait fortement manqués.

La bande originaire de Philadelphie est donc de retour et vient de graver “Dream Hunting in the Valley of the In-Between”. Et autant le dire, rien de tel qu’un album de ce type en cette période pour le moins morose. La musique de Man Man est toujours aussi insaisissable. La voix éraillée de Ryan Kattner (alias Honus Honus) et le xylophone sont toujours aussi reconnaissables. Les Américains se plaisent à casser les codes. Ils parviennent à déstructurer leurs morceaux tout en préservant le sens de leurs mélodies. Sur ce dernier essai, ils n’ont pas lésiné sur les moyens et ont intégré une multitude d’instruments à la fête. Des classiques (guitare, basse, batterie, claviers, etc.), des moins conventionnels (ukulélé et marimba, notamment), mais surtout une section de cuivres. Aussi, outre la pop baroque qu’on leur connaissait, sur ce dernier LP, le groupe va pêcher ses influences sur d’autres continents et s’amuse à les incorporer à sa folie organisée. On pense notamment au plus latino “Inner Iggy”, au country “The Prettiest Song in the World” ou à l’oriental “Animal Attraction”.

“Dream Hunting in the Valley of the Valley” est une véritable bouffée d’air frais. Un album riche, déstabilisant, captivant qui mérite clairement le détour. Croisons les doigts afin de pouvoir admirer les performances scéniques de cette formation atypique. 

Joyfultalk

A separation of being

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La découverte d’un projet porté par le label montréalais Constellation suscite toujours son lot d’interrogations. Depuis maintenant plusieurs années, l’écurie débusque des artistes qui ne s’inscrivent dans aucune case. Difficile d’adhérer à l’ensemble du catalogue tant les expérimentations proposées sont diverses et parfois poussées à l’extrême.

Joyfultalk appartient à cette catégorie de formations qui offrent ce type d’aventure sonore à laquelle il est difficile de rester insensible. Derrière ce patronyme et cette pochette colorée (issue d’une fresque murale) se cache Jay Crocker, un musicien originaire de la Nouvelle-Ecosse, au Canada. Sur ce troisième opus intitulé « A Separation of Being », il poursuit sa redéfinition de la musique. A l’aide d’instruments de sa création et, surtout de synthé, il propose une musique futuriste aux influences psychédéliques. Divisé en trois plages de sept, huit et seize minutes, Joyfultalk développe des nappes synthétiques qui tournent et finissent par vous hypnotiser. Particularité : on n’y décèle quasiment aucun crescendo...

Si l’écoute de “A separation of being” peut paraître indigeste à certains (elle l’a été en ce qui concerne votre serviteur), cette forme d’expérimentation a le mérite d’exister et de pousser toujours plus loin les limites de la créativité. On peut compter sur Constellation pour continuer à nous sensibiliser aux évolutions musicales...

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