Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Tommigun fait de vieux os…

Les vétérans belges de l'indie pop signent un retour marquant. Dix ans après la parution de Wooden Son, Tommigun rompt un long silence et dévoile « Heavy Bones ». Ce morceau inaugure un nouvel elpee éponyme, dont la sortie se profile pour le 20 novembre 2026…

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Dernier concert - festival

Viagra Boys
Gary Numan

Strung Out

Another day in paradise

Ce groupe californien semble ne pas trop savoir sur quel pied danser. Tantôt, il épouse le tempo punk, pur et dur d'un Damned ou d'un 999, mais le ‘clashe’ d'un vocal vindicatif. Tantôt, il s'agite sur fond de métal trashé, spasmodique sub Metallica, Motorhead. "Another day in paradise", on en doute ; mais en enfer, cela ne fait pas l'ombre d'un doute...

 

 

Strangelove

Time for the rest of your life

"Time for the rest of your life" constitue le premier opus de ce quintet insulaire (Bristol) qui implique des anciens membres de Blue Aeroplanes et des Mekons. Un superbe album qui alterne moments empreints de mystère, d'ombres et de brumes, et turbulences tempétueuses, chargées d'intensité et de violence. Les guitares jumelées d'Alex Lee et de Julian Poole y font absolument merveille. Cliquetantes, floydiennes, ténébreuses ou atmosphériques, elles vous plongent dans un abîme de mélancolie et de fraîcheur. Patrick Strangelove ne se contente pourtant pas de prêter son nom au groupe. Il en est le chanteur, le compositeur. Et par la force des choses, le leader. Un type torturé, énigmatique qui épanche de sa voix emphatique, dramatique, parfois même irascible, ses préoccupations morbides avec une élégance glacée. Une voix qui campe un hybride entre celle de Matt Johnson et de Garce (Sad Lovers & Giants). The The et SL&G constituant d'ailleurs des excellents points de repères pour définir Stangelove. Les Smiths et Suede également ; mais sans doute davantage pour l'attitude que pour l'expression. N'empêche, avec de semblables atouts, Strangelove vient peut être d'enregistrer un des meilleurs albums de l'année…

Tuxedomoon

Solve Et Coagula (The Best Of)

En 1977, la scène avant-gardiste de San Francisco est en pleine ébullition. Des formations comme Residents, Snakefinger, Indoor Life, Chrome et MX 80 contaminent toute la baie de leurs élucubrations alternatives. La plupart d'entre elles relèvent du label Ralph Record, un label que rejoint quelques mois plus tard un certain Tuxedomoon. Son créneau? Réaliser la fusion parfaite entre les musiques électronique, classique, tzigane, orientale, jazz, contemporaine, punk, tout en laissant la porte ouverte à d'autres cultures. Un objectif qu'il atteindra en 1981 lors de l'enregistrement de l'indispensable "Desire". Et puis également réunir plusieurs disciplines en un même acte associant musique, films et action dramatique. Or, l'Amérique ne semble pas tellement séduite par ces expérimentations artistiques. Le groupe décide donc de s'exiler en Europe. Au Pays-Bas d'abord. Puis en Belgique, élisant même domicile à Bruxelles. Bien que victime de plusieurs changements de line-up au cours de son existence, Tuxedomoon parviendra à aligner toute une série d'œuvres aussi fascinantes que différentes, signant même sur "Divine" la musique d'un ballet de Maurice Béjart... En quatorze fragments, Crammed Disc a voulu rendre hommage à ce mythe underground disparu en 1988. Septante minutes pour un groupe à géométrie variable dont les principaux acteurs ont été choisis parmi Blaine Reininger, Steven Brown, Peter Principle et Winston Tong. Sans oublier le metteur en scène Bruce Geduldig, dont l'âme plane encore sur chacune des compositions, ainsi que de l'ingénieur du son Gilles Martin, devenu au fil du temps le relais technologique indispensable à l'équilibre de Tuxedo. Splendide!

 

The Tea Party

Splendour Solis

Non seulement Jeff Martin, chanteur de Tea Party, campe un baryton profond, sombre, proche de feu Jim Morrison, mais en plus, il possède un physique très proche du roi lézard. Pourtant Jeff n'est pas la réincarnation du mythe disparu, mais le leader d'un nouveau groupe canadien. Un trio, pour ne rien vous cacher, qui possède un énorme avantage sur le chanteur californien : il est encore vivant!... Et puis, le line up ne comporte pas de claviériste. C'était probablement trop risqué. Imaginez un peu la présence d'un organiste qui ressemblerait, comme deux gouttes d'eau, à Ray Manzarek... Si Tea Party réfute toute corrélation avec les Doors, sa musique présente de nombreuses affinités avec celle de Led Zepplin. Parce que blues, folk et heavy metal se fondent dans même univers exotique, orientaliste, digne du troisième elpee enregistré par le célèbre dirigeable. Pas pour rien que le guitariste reconnaît pour influences majeures John Renbourn, Bert Jansh et Roy Harper; c'est à dire celles qui avaient inspiré Jimmy Page, à cette époque très précise. Produit par Glenn Robinson (Voivod, 13 Engines), "Splendour Solis" possède toute la science infuse (!) du métal le plus précieux, le plus vivifiant. Alors, pour notre plaisir nous en reprendrons volontiers une tasse. Mais avec deux sucres...

 

Tears Of Passion

Desperation

Nous ignorons si l'exil d'Andrew Eldritch à Hambourg suscite des vocations en Allemagne; mais il est curieux de constater que depuis son arrivée, les groupes gothiques commencent à s'y multiplier (NDR : croissez et multipliez...) Au cours des derniers mois, nous avons ainsi hérité d'un certain Love Like Blood, et aujourd'hui de Tears Of Passion. Hormis la présence de claviers atmosphériques, que nous pourrions qualifier de sub And Also The Trees, il n'existe guère de différence entre les deux combos. Si ce phénomène s'était produit il y a une décennie, nous aurions pu comprendre. Mais aujourd'hui, il nous paraît totalement suranné. Sœurs de la Miséricorde, priez pour eux!

 

Terrorvision

How to make friends and influence people

Ils sont issus de Settle, près de Bradford, en Angleterre, et non de Seattle dans l'état de Washington, et proclament vouloir devenir aux nineties, ce que Slade était aux seventies. Or, si le groupe des Midlands et Terrorvision s'illustrent par un même sens mélodique contagieux, le quartet du Yorkshire a d'autres atouts à faire valoir. Car il existe une énorme différence entre aligner les tubes et sonder l'histoire du rock britannique avec un esprit glam. Celui de Sweet et d'Alice Cooper, pour ne rien vous cacher. Encore que l'on retrouve des traces de funk métal dans l'expression profonde de sa musique. Inspirées de Red Hot. Mais également une intensité hardcore digne de Loud et de Beyond. A cause des riffs de guitare âpres, meurtriers, distordus, et des lyrics recherchés, spirituels et décapants. Le titre de l'album en dit d'ailleurs long sur la ligne de conduite adoptée par ce groupe insulaire: ‘Comment se faire des amis pour influencer les gens’...

 

That Dog

That Dog

Histoire de famille pour That Dog qui implique trois sœurs, Anna, Petra et Tanya Haden ; même si la dernière citée n'est pas (encore) membre effective du groupe. A premier abord, nous aurions tendance à rapprocher ce quartet californien des Breeders. Parce que la musique d'apparence paisible manifeste de semblables flambées de violence. Mais si les Breeders dynamisent leur pop, That Dog folâtre plutôt du côté du folk. Un folk élaboré, underground même. Investi de guitares acoustiques bien sûr. Mais également par le violon. Encore que cet instrument à cordes soit capable de développer des climats languissants, mystérieux ou jazzyfiants, climats aiguisés par les harmonies vocales tantôt tendres, sensuelles, angéliques ou angoissantes. Bref un opus très intéressant, mais pas toujours facile à assimiler.

 

Therapy?

Troublegum

Bien que d'excellente facture, le précédent opus de cet ensemble irlandais n'en était pas moins difficile à assimiler. Une œuvre grinçante, dévastatrice, aride, infectée de punkcore, dont l'insensibilité se soldait inévitablement par une violente migraine. "Troublegum", ne souffre heureusement plus des mêmes carences mélodiques. La musique est toujours aussi crépitante, incisive, stimulée par ce compromis savoureux entre Killing Joke, Hüsker Dü, Big Black et les Only Ones. Les lyrics aussi ironiques et morbides, mais l'intensité et la passion irradient à travers ses quatorze fragments. D'autre part, la présence des singles "Screamager", "Turn" ou "Nowhere" ainsi que la cover de Joy Division, "Isolation" ne font que renforcer notre sentiment de rencontrer le premier must de l'année 1994...

 

Third Stone

The Stuff

Si ce quartet yankee (Champaign, Illinois) estime être capable de poser la troisième pierre, elle devra inévitablement reposer sur celles de Soundgarden et d'Alice In Cahins. "The Stuff" est ainsi taillé dans un métal rock énergique, intense, aéré de l'une ou l'autre ballade semi-acoustique, mélodramatique, pour conserver la rime. Les mélodies progressent par paliers (NDR: ne pas oublier d'y prévoir des escaliers!). La basse cogne (aïe!), rampe tel un reptile. Les guitares acérées transpercent la mélodie. Le chant impérieux épanche ses lyrics nihilistes, angoissés, irascibles, alors que les drums impriment un tempo implacablement lourd. Une description qui s'appliquerait aujourd'hui à une multitude de groupes américains qui se réclament du même mouvement (NDR: ne pas bouger pour la photo!). Mais si ce disque n'apporte rien de bien neuf, il faut reconnaître qu'il prend véritablement aux tripes. Une excellente raison pour croire que ce groupe devrait être pris très au sérieux (NDR: s'abstenir?)...

 

Thirteenth Floor Elevators

The very best of

Groupe-phare de la mid sixties, Thirteenth Floor Elevators dispensait un rock psychédélique, volontiers mystique, caractérisé par l'utilisation d'un instrument insolite, sorte de cruche en argile électrifiée, responsable de sonorités totalement inhabituelles pour l'époque. Entre 1965 et 1968, cet ensemble d'Austin enregistrera une flopée de singles et trois albums considérés aujourd'hui comme des références obligées du psyché garage texan. Malheureusement, la suite sera beaucoup moins glorieuse pour Rocky Erickson et ses disciples. Le goût trop prononcé de son leader pour les substances hallucinogènes lui vaudra un séjour de trois années en hôpital psychiatrique. Libéré en 72, Rocky ne reviendra plus jamais au premier plan... Ce "Best of" propose la quintessence du répertoire de Thirteenth Floor Elevators. Dix-huit classiques vertigineux, obsessionnels, précipités dans l'acid rock, enrichis de quatre interprétations des Spades, c'est-à-dire du combo géniteur du célèbre mythe disparu. Un testament indispensable!