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Enregistré sous Ex:Re

Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Dernier concert - festival

The Cure
Gary Numan

The Wildcards

Earth Vs The Wildhearts

Curieuse destinée pour le premier opus des Wildhearts, promis aux bacs poussiéreux des disquaires, dès sa sortie en 1993, malgré la participation du célèbre Mick Ronson à la slide sur "My baby is a headfuck". Et pourtant, plusieurs fanzines insulaires le considéraient comme l'album de l'année... Début 94, la formation des Midlands décroche inopinément un tube avec "Caffein Bomb", un single qui flirtera plusieurs semaines avec les charts britanniques. Rien de tel pour relancer la mécanique. Et d'exhumer le CD moribond en lui administrant en bonus track le fameux hit. Un rétablissement judicieusement couplé un cocktail hymnique, venimeux, de glam, de trash, de punk et de métal. Alice Cooper rencontre Voodoo Queens. Mais en deuxième division !

 

Mike Wilhelm

Wood & Wire

Virtuose de la guitare acoustique à douze cordes, ce Yankee vient de concrétiser son rêve le plus secret : enregistrer un album solo. Rien que sa râpe et sa voix. Sur les quinze fragments, deux compositions ont cependant reçu le concours de Gerlach Cedar à la guitare sèche. Mais c'est tout. "Wood & Wire" baigne inévitablement dans le blues, le folk ou la country traditionnelle, une œuvre techniquement irréprochable mais à écouter de préférence auprès d'un feu de bois...

 

Wire

Pink Flag/Chairs missing/154

Associé erronément au mouvement punk à ses débuts, Wire constitue probablement le plus bel exemple de ce qu'on appelle un ‘groupe intemporel’. Evidemment, jouer en 77 la carte du minimalisme, avec des titres courts et rapides, hachurés constamment de guitares écorchées (le premier album " Pink flag "), avait de quoi entretenir une réelle confusion. Pourtant, ce disque évidé de toute couleur, de toute profondeur, atomisé de sonorité grises et sinistres proposait en 21 morceaux une vision extrémiste, tordue et décapante de la musique industrielle. Plus spacieux, " Chairs missing " se rapproche d'un psychédélisme plus ‘classique’. Celui de Syd Barrett pour tout dire. On y retrouve ce qui sera le manifeste pop du groupe, " I am the fly ", paru en single quelques mois plus tôt. A l'époque, l'album est jugé prétentieux et intello ; parce qu'il revisite en 15 plages ce que le Floyd développait sur des faces entières. Mais aujourd'hui, avec le recul, " Chairs " apparaît beaucoup plus riche, surréaliste, voluptueux même, mais sans la moindre concession. Les morceaux les plus difficiles ouvrent l'album, mais l'auditeur capable de surmonter ces ‘difficultés’ sont invités à en savourer la quintessence…

Sorti en 79, " 154 " est considéré comme le chef-d'œuvre du quatuor. Colin Newman, Graham Lewis, Bruce Gilbert et Robert Gotobed sont au sommet de leur art. l'album contient de petites perles comme " The 15th ", " Map ref 41 N 93 W " et puis toute une série de compositions qui serviront un peu plus tard de plate-forme à la musique des eighties… et des nineties ! New-wave chez Echo & The Bunnymen, cold wave pour Joy Division et Cure, psychédélisme ambient pour Spacemen 3 et ‘perfect pop’ pour l'école néo-zélandaise du label Flying Nun (Chills, Verlaines, JPS Experience, Bats, Bailter Space, etc.). A l'issue de cette trilogie, Wire va mettre un terme à son existence. Pour finalement réapparaître avec de nouvelles idées en 86. Mais là, c'est une autre histoire. EMI a donc eu l'heureuse initiative de ressortir en CD ces trois albums, enrichis pour la circonstance de quelques bonus tracks.

 

Wizards Of Ooze

Trippin' On A Fuzzball (Ep)

Les Iles Britanniques connaissant depuis le début des nineties un engouement croissant pour l'acid-jazz, il fallait s'attendre tôt ou tard à une contamination du Vieux Continent. Le virus s'est ainsi installé chez le groupe anversois Wizards Of Ooze. Une infection qui remonte déjà à 1992; mais à l'époque la formation incubait sous le nom de Vibes Ahead Alliance. Elle avait en outre récolté un énorme succès aux Pays-Bas lors de la sortie du single "The Bone". Musicalement, WOO colporte un acid-funk-soul-rhythm’n’blues-jazz à la croisée des chemins de Defunkt, des Impressions et de Chicago. Transit Authority pour être précis. Sur cet Ep, qui implique un fragment supplémentaire en vinyle, la musique swingue avec beaucoup de bonheur au diapason des cuivres, de la flûte, du piano électrique et des drums syncopés. Evidemment si vous possédez déjà des anticorps, les toxines secrétées par ce "Fuzzball Trippin'" risquent de n'exercer aucun effet sur votre organisme...

 

Jah Wobble

Take Me To God

Evoquer Jah Wobble, c'est inévitablement replonger au tout début des eighties, lorsque ce bassiste d'exception s'était associé à Holger Czuckay et à Jaki Libezeit du mythique Can, pour enregistrer le formidable single "How Much Are They?". Pourtant, avant de graver cet hymne mémorable, Jah avait sévi au sein de PIL. Le temps d'enregistrer deux elpees : "First Edition" et "Metal Box". Ce sera d'ailleurs sa dernière aventure au sein d'un véritable groupe. A partir de cet instant, il se confinera essentiellement dans un rôle de musicien de studio. Un rôle qui lui permettra d'apporter sa collaboration à une multitude d'artistes rock, parmi lesquels figurent The Edge, Annie Whitehead, Björk, Ginger Baker, Eno, Peter Gabriel et bien d'autres. Une disponibilité qui va entraîner, inévitablement, une certaine réciprocité. Comme pour enregistrer "Take Me To God", opus pour lequel il reçu, à son tour, le concours d'une pléiade de vocalistes et de musiciens. Et notamment de Dolores O'Riordan (Cranberries), Gavin Friday, Anneli Drecker (Bel Canto), Andrea Oliver (Rip Rip & Panic), Baaba Maal et de l'inévitable Jaki Libezeit. A la manière de David Byrne, Jah Wobble cherche à jeter des ponts entre le rock contemporain et la musique ethnique. Pas seulement pour en extraire les rythmes latinos, mais surtout pour fertiliser l'éclectisme absolu de la world music. Pensez au single "Becoming More Like God", par exemple. Même si les autres fragments de l'opus ne possèdent ni le feeling, ni le sens mélodique de cette composition...

 

Robert Wyatt

Nothing Can Stop Us

Pour Robert Wyatt, la démocratie a toujours été un mensonge, un oasis de paroles libres et un océan de misère réprimée. C'est sans doute habité par ce sentiment de frustration et puis par dégoût du ‘thatchérisme’ qu'il décide d'adhérer à la philosophie marxiste en 1979. Au cours de cette année, il entreprend ainsi l'enregistrement de toute une série de singles plus rouges les uns que les autres. Ce sont d'ailleurs la plupart de ces titres qui figurent sur "Nothing Can Stop Us", dont l'elpee était paru en 1982. Depuis "Arauco", air chilien dénonçant l'extermination des Indiens par les latino américains, à "Shipbuilding", chanson écrite par Costello à l'occasion du conflit des Falklands, en passant par "Caïmanera", hymne national de Cuba, "Born Again Cretin", protest song dénonçant l'emprisonnement du leader de l'ANC, "Strange Fruit" de Billy Holiday qui pleure les victimes des lynchages racistes dans le sud de l'Amérique, "Stalin wasn't Stallin" et "The Red Flag", chants de propagande communiste; et puis surtout l'adaptation tellement bouleversante de la meilleure composition de Chic, "At Last I Am Free"...

 

Tom Waits

The Black Rider

"The Black Rider" n'est pas véritablement un nouvel album de Tom Waits, mais le résultat d'une collaboration avec le metteur en scène Robert Wilson et l'écrivain célèbre William S Burroughs, destiné à sonoriser la pièce de théâtre du même nom. Tom s'est d'ailleurs contenté ici d'assurer la composition de la musique et l'interprétation des textes de William. Côté arrangements, il a reçu le concours de Greg Cohen, multi-instrumentiste qu'il côtoie régulièrement en studio depuis une bonne quinzaine d'années. Concoction de pop, de vaudeville, de rock, de cabaret et de blues, cet opus projette des images obscures sur un écran sonore fragilisé par la voix ravagée de Tom et tourmenté par son piano spectral. Un seul regret, l'uniformité du ton de ce disque qui finit inévitablement par lasser...

 

Rick Wakeman

Greatest Hits

Le "Greatest Hits" de Rick Wakeman est double. Si le premier morceau de plastique se résume à des adaptations de titres du Yes, le second sélectionne quinze fragments issus de son œuvre en solitaire. Une initiative qui aurait pu se révéler intéressante si les notes consignées à l'intérieur de la pochette avaient été un peu plus explicites. Pour s'y retrouver, c'est d'ailleurs un véritable casse-tête chinois! Ah oui, nous allions oublier, Roger Dean est toujours le responsable du graphisme des pochettes...

The Walkabouts

Satisfied Mind

L'an dernier, Chris Eckman et Carla Togerson s'étaient quelque peu démarqués de leurs compagnons de groupe en accomplissant une tournée à caractère acoustique, à travers le monde. De cette expédition, le duo yankee (Seattle) avait retenu les sets accordés en Allemagne, et en particulier ceux dispensés à Cologne et à Hambourg, pour graver un opus ‘live’. Il faut croire que cette aventure les a marqués, puisqu'ils ont décidé d'entraîner les Walkabouts dans une expérience semblable. Simplement, elle s'est déroulée en studio. A bénéficié du concours de quelques grosses pointures telles que Peter Buck (REM), Steve Turner (Mudhoney) ou Mark Lanegan (Screaming Trees). Une œuvre consacrée exclusivement à l'interprétation de covers. Depuis Gene Clark à Patti Smith, en passant par John Cale, Nick Cave, Robert Forster et quelques autres. Une œuvre qui ne manque certainement pourtant pas de charme, mais bien d'un zeste d'électricité...

 

The Walkabouts

Setting The Woods On Fire

Au cours des deux dernières années Chris Eckman et Carla Torgerson ont essentiellement développé des expérimentations acoustiques. D'abord en duo. A l'occasion d'une tournée européenne qui sera immortalisée sur l'album "Shelter For An Evening". Ensuite en compagnie des Walkabouts, pour l'enregistrement de "Satisfied Mind", opus exclusivement consacré à l'interprétation de covers. En gravant "Setting The Woods On Fire", Chris et Carla ont remis les pendules à l'heure électrique. Pas que l'instrumentation acoustique ait totalement disparu de la circulation, puisque la mandoline, la guitare sèche, le violoncelle, l'accordéon et l'harmonica ont toujours leur mot à dire. Mais sans jamais se faire violence, elle se liquéfie dans l'électricité garage, un peu comme chez Green On Red. Râpes fiévreuses, claviers fluides, piano gémissant, drums arides, basse flottante, vocal âpre –comme le miel épanché sur le gravier– de Chris, et plaintive, sensuelle de Carla –à mi chemin entre Emylou Harris et Sonja Kristina du défunt Curved Air– se concentrent en une même intensité blanche pour projeter des images chargées de passion, de douleur et de grâce sur les désillusions de l'existence. Une excellente surprise!