Les rituels étranges de This Is The Kit

This Is The Kit sortira son septième opus studio, « Ghost Coat », ce 15 janvier 2027. En attendant, il a partagé le single et « Skim a Stone ». Enregistré au cœur des Rockfield Studios dans la vallée de la Wye, au sud-est du Pays de Galles, ce disque place…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Dernier concert - festival

Ora Cogan
L7

Silkworm

Libertine

Trois chanteurs pour un même groupe, ce n'est pas monnaie courante. Surtout lorsqu'ils s'exécutent à tour de rôle. Le hic procède de leurs capacités vocales. Car hormis la voix vibrante, claire de Joel R.C. Phelps, nous déplorons les inflexions très limite de Tim Midgett et d'Andrew Cohen. Mais comme ces organes (NDR : vocaux !) naviguent bien en deçà de la trame instrumentale, on n'y prête guère attention. Une musique claustrophobe, sombre, secrétant des mélodies ébréchées par les cordes de guitares plaintives, languissantes, figées par des accords de basse glacés et drainées par les drums austères. A classer dans le même fichier que Swell, Sebadoh et Smog !

 

The Silos

Diablo

Tout comme Green On Red, Steve Wynn et Chris Cacavas flanqué de ses Junkyards, les Silos appartiennent à une même famille de céréales yankees cultivées dans les champs californiens du Paisley Underground. Ensemencé par l'intensité électrique des guitares, "Diablo" constitue la cinquième récolte du combo. Malheureusement, malgré l'omniprésence du violon, l'utilisation judicieuse de la steel guitar, et le sens contagieux de la mélodie, toute la moisson n'offre pas la saveur et la richesse du gluten sonore. Il semble en effet que la moitié des épis aient été abîmés par des averses de Rain Parade. Il est donc bien indispensable d'en séparer le grain dur du grain tendre...

 

Sister Psychic

Surrender,You Freak

En moins de trois mois, le label yankee Restless vient de nous faire découvrir trois ensembles très intéressants. A Minutemen, les Buckpets et aujourd'hui Sister Psychic. Ces groupes ne sont pourtant pas néophytes, mais ils bénéficient probablement de l'engouement réservé aux formations chargées de rock électrique, et puis certainement d'une promo plus judicieuse... Sister Psychic nous vient de Seattle. Le trio est même né dans la capitale du grunge. Mais n'y patauge pas. Ou si peu. "Surrender, You Freak" dispense treize fragments à la mélodie sombre, torturée. Treize chansons trempées successivement dans le metal de Screaming Trees et le Paisley Underground de Dream Syndicate, le timbre vocal d'Andy Davenhall épousant même les inflexions très yankee de Chris Cacavas. Excellent!

 

Solid Gold Hell (New Zealand)

Swingin´Hot Murder

Bien que relevant du label néo-zélandais Flying Nun, Solid Gold Hell n'a aucun point commun avec les JPS Experience, Bats, Bailterspace, Clean, Chills, Verlaines et consorts. Son style est beaucoup plus expérimental, ténébreux, voire même angoissant. Ecrasé même, sous le joug de ses propres références empruntées à Sonic Youth, Birthday Party et les Melvins. Les drums sont arides, impitoyables, tribaux, la basse accablante, le vocal caverneux, sinistre ; alors que les cordes de guitare s'infiltrent maladivement à travers les fibres de la mélodie; puis tuméfiées, purulentes, éclatent en de multiples plaies, que vient cruellement, cycliquement, envenimer des cuivres oxydés...

 

Mano Solo

La Marmaille Nue

Après avoir touché à la poésie, au dessin et à la peinture, ce Châlonnais a décidé d'embrasser une carrière musicale. En fait, Mano a beaucoup de choses à raconter. Toxico à quinze ans, séropositif à vingt-quatre, il n'a plus beaucoup de temps à perdre. Tout au long de "La Marmaille Nue", il nous parle de déprime, de solitude, d'absence d'idéal, et bien sûr de SIDA sur un ton brumeux, écorché, imprégné d'un drôle de trémolo. Entouré d'une formation qui limite sa participation à la clarinette, au violon, à la guitare et à l'accordéon, son expression flotte entre guinguette, jazz et flamenco, un style qui malgré quelques affinités avec Les Négresses Vertes ou Pigalle s'inscrit plutôt dans la tradition de la bonne chanson française...

 

Six Was Nine

Let It Come Your Way

Déjà que le simple "Drop Dead Beautiful" nous pompe l'air ; alors vous pensez, douze compositions pour un total de près d'une heure dans le même style a de quoi déclencher une crise d'apoplexie. Ce qui n'empêchera pas cet album de rencontrer un énorme succès... sur la bande FM. Pensez-donc, de la soul pop des seventies diluée dans le funk délavé n'intéresse plus aujourd'hui que les admirateurs de Michael Jackson. Achim Degen et Maxkus Tiederman auraient quand même pu utiliser un autre patronyme. "Six Was Nine" ! Jimi Hendrix doit se retourner dans sa tombe. Encore que dans une traduction très libre, il est possible d'entendre : ‘si c'était neuf ?’...

 

Slave Master

Under The Six

Sans l'originalité de ses textes, ce groupe yankee ne serait qu'un autre combo de funk-metal. Des lyrics composés par un certain Shabazz qui filtre toutes ses visions sociales, politiques, religieuses et historiques à travers la conscience de l'islam. Pourquoi pas pourvu qu'elles ne conduisent pas à l'intégrisme ! Instrumentalement, Slave Master ne manque pourtant pas d'étoffe, puisqu'il bénéficie de la présence de Michaël Hampton (Parliament, Funkadelic), du vétéran Mackie (Bad Brains) ainsi que du chanteur Gary ‘Mudbone’ Cooper (Bootsy's Rubber Band). Mais Allah seul sait pourquoi la solution manque cruellement de relief et ne parvient que trop rarement à faire passer le coran (!)

 

Sloan

Twice removed

"Smeared", premier album de ce quatuor canadien (Halifax), croulait sous un éventail de références aussi riche qu'électrique. Depuis My Bloody Valentine à Sonic Youth, en passant par Unrest, Chapterhouse, Vaselines, Ride et Pursuit Of Happiness. Les Byrds également. A cause du soin apporté aux harmonies vocales. Des harmonies vocales toujours aussi raffinées sur "Twice removed". Mais au service de mélodies beaucoup plus léchées, feutrées même, découpées à la manière des Lemonheads. Ce qui s'explique aisément lorsqu'on sait que les douze fragments de ce CD ont été composés à la guitare acoustique avant d'être remodelées sous un format pop. Rafraîchissant !

 

The Smashing Pumpkins

Siamese Dream

Smashing Pumpkins cultive, non pas des potirons, mais l'ambiguïté avec beaucoup d'adresse. Ambiguïté des lyrics, de la musique, mais également des propos affichés par les membres du groupe. Pourtant, à l'origine, le quartet de Chicago semblait surtout inspiré par les vertus du psychédélisme insulaire. Celui de Syd Barrett en particulier. "Gish", premier elpee de cet ensemble yankee (Chicago), en était la plus belle démonstration. Produit par Butch Vig, flanqué pour la circonstance d'Alan ‘My Bloody Valentine’ Moulder, "Siamese Dream", s'est quelque peu converti aux concepts métalliques bien dans l'air du temps. Les mauvaises langues ajouteront même au ‘grunge’! "Quiet", deuxième fragment du CD y est en tout cas plongé jusqu'au cou. Cette composition pourrait d'ailleurs devenir à Smashing Pumpkins, ce que "Smell like teen spirit" était à Nirvana. Mais n'anticipons pas!...Sans quoi, tout au long de ce disque, le groupe pille en quelque sorte toute l'histoire du rock'n’roll pour en remodeler une forme plus stimulante, plus progressive. Parfois vous penserez à Suede, à T Rex, à Steve Harley, à Steppenwolf, aux Beatles et pourquoi pas à N******. Mais la mixture sonore est tellement bien agitée, qu'elle ne permet plus guère de comparaison ; certaines compositions mélangeant même une intensité sub métallique et une pureté émotionnelle nées de somptueux arrangements symphoniques...

 

Smog

Burning Kingdom

Tout comme Sebadoh et Swell, Smog relève de la ‘lo fi’, mouvement musical yankee qui cherche l'inspiration dans une fascination morbide pour la solitude, le désespoir et la souffrance. Pas très rigolo donc. Mais très souvent efficace. Comme les trois premiers albums du brouillard émotionnel. Malheureusement ce nouveau maxi six titres s'égare un peu trop souvent dans l'expérimentation filandreuse. Et les trop rares instants d'intensité et de fièvre ne parviennent qu'à nous faire regretter les "Sewn to the sky", "Forgotten Foundation" et "Julius Caesar"...