L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

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Dernier concert - festival

Ora Cogan
Ora Cogan

Sense Field

Sense Field

Difficile de ne pas succomber au timbre vocal du chanteur de ce groupe californien. Un timbre qui campe un savoureux hybride entre celui de Ray Thomas (Moody Blues) et de George Michael (NDR : l'allergie exercée par la musique de ce playboy ne nous empêche pas de lui reconnaître d'excellente capacités vocales). Mais une voix qui domine presque constamment l'expression instrumentale. Ce qui oblige l'auditeur à faire preuve d'un gros effort de concentration pour bien décrypter la musique. Un style dont l'électricité opulente, subtile et hyper mélodique dispensée tout au long de cet opus éponyme, concède une intensité comparable au dernier album de Tragically Hip, "Day For Night". Mais Sense Field dispose d'un chanteur d'une toute autre trempe. Et là est toute la différence...

 

Senser

Stacked Up

Bien que récoltant un gros succès aux Iles Britanniques, Senser n'en est qu'à son premier album. En fait, la formation s'est surtout illustrée sur les planches ; et puis à travers une flopée de singles, parmi lesquels "Age Of Panic", "The Key", "Switch" et "Eject" se retrouvent sur "Stacked Up". Un opus bien dans l'air du temps qui explore un funk-rap-techno-metal sauvage, sale, féroce et viscéral. A premier abord, on pense à Rage Against The Machine, Red Hot, voire à Stereo MC'S. Mais une écoute plus attentive permet d'y déceler des nuances beaucoup plus insulaires. Réminiscentes de Pop Will Eat Itself et de Carter USM. Ce qui semble normal lorsqu'on sait que le septuor colporte des lyrics hostiles au thatchérisme, au totalitarisme et à la xénophobie. Mais déconcertant lorsque l'agit pop s'élève instinctivement dans l'éther obsessionnel, vertigineux de Gong. Encore que la formation londonienne ait régulièrement ouvert les concerts d'Ozric Tentacles au cours de l'année dernière…

 

Shadow Project

In tuned out

Lorsque Rozz Williams quitte Christian Death en 1987, Valor décide de reprendre en mains la destinée de la formation californienne. Valor et Williams étaient devenus des ennemis intimes, et leur collaboration devenait de plus en plus difficile, pour ne pas dire houleuse. Mais cette coopération était indispensable à l'équilibre du groupe. Ce qui inévitablement plongera le futur des deux antagonistes dans la plus parfaite confusion. Les cendres de Christian Death finiront même par s'éparpiller dans les profondeurs de l'oubli dès 1990. Quant à Rozz, tant ses expérimentations individuelles –faites de collages et d'incantations mystiques pas toujours du meilleur goût– et son aventure au sein de Shadow Project ne soulèveront guère l'enthousiasme. Une bonne raison pour refermer le chapitre de la musique gothique californienne. Et bien non. Puisque Rozz continue de s'accrocher à son Shadow Project. Et, il faut reconnaître que cet album live ne lui donne pas tout à fait tort. Mieux encore, malgré la production plus que bâclée de Mark Linett (Jane's Addiction), ce disque renoue avec le style oppressif, ombrageux, farouche de Christian Death. Celui de "Death wish" et de "Ashes" pour être plus précis. Une œuvre qui inclut deux covers particulièrement réussies. Une de Bowie ("Panic in Detroit") et un autre, présentée sous une forme de medley, d'Alice Cooper (" Killer/Babies "). Bref un projet qui pourrait enfin sortir de l'ombre...

 

The Shamen

Different Drum

Le seul intérêt de ce "Different Drum" procède de la présence des cinq hits de ce groupe de techno, dans leur version originale. Soit "LSI", "Ebeneezer Good", "Coming On Stray", "Boss Drum" et "Phorever People". Pour le reste, ce CD est encombré de remixes aussi pénibles les uns que les autres. Paraît même que certains d'entre eux n'auraient jamais été, jusqu'à preuve du contraire, immortalisés sur CD. Qu'ils reposent donc en paix. (Sh)amen !

 

Sharkboy

Matinee

Premier album pour cet ensemble insulaire (Brighton) qui relève du même label que Suede. Et pour un coup d'essai, il faut admettre que Sharkboy vient de réaliser un coup de maître. Bien sûr, "Matinee" n'est pas d'un abord facile. Ajoutons même qu'il est plutôt complexe. Il nous a d'ailleurs fallu plusieurs écoutes avant de pouvoir l'assimiler. Mais au fil du sillon la musique devient de plus en plus fascinante, envoûtante même, nous replongeant dans les explorations étranges, lyriques d'Hugo Largo et de Tim Buckley. Encore que l'éventail instrumental nous fait plutôt penser à Tindersticks. Surtout à cause de ce violoncelle spectral, de cette trompette glaciale, et puis de cette langueur vulnérable, sensuelle qui s'entortille autour du fil mélodique. Un fil mélodique constitué de cordes de guitares déchiquetées, ‘slide’, de drums tantôt brossés, tantôt tribaux et d'une ligne de piano minimaliste, qui autorise la voix féminine, sensuelle d'Avi de chuchoter, avec mystère et désir, des conflits émotionnels, traumatiques, passionnels, à la manière de la déesse de la lune, feu Nico... Epatant!

David Shea

Prisoner

Petit protégé de John Zorn, David Shea vient de rendre un hommage à la quintessence des séries télévisées diffusées aux cours des sixties. Entre autres, "Les agents très spéciaux", "Le fugitif" et surtout le "Prisonnier". Un prisonnier qui donne le nom à cet album. Structuré en sept mouvements, à la manière d'une symphonie moderne, il a bénéficié du concours de toute la crème de l'avant-garde new-yorkaise, en l'occurrence Marc Ribot, Anthony Coleman, Zeena Parkins, Sebastian Steinberg, Jim Pugliese, etc... Inutile de dire que cette œuvre reste prisonnière de ses propres expérimentations. Bonjour chez vous!

 

Shed Seven

Change Giver

Aux Iles Britanniques, le premier album de ce quartet insulaire doit supporter une foultitude de comparaisons avec "Definitely Maybe" d'Oasis. Certaines mauvaises langues n'ont d'ailleurs pas hésité à taxer Shed Seven, d'Oasis Jr. Pourtant, hormis la jeunesse, l'ambition, l'érotomanie, l'impertinence, voire l'arrogance, la formation de York (un patelin situé dans le Nord de l'Angleterre) ne concède qu'un seul point commun avec la bande aux frères Gallagher : une admiration sans bornes pour les Stone Roses. Car il existe une différence fondamentale entre les deux groupes. Oasis cherche le compromis idéal entre les Beatles et les Sex Pistols, tandis que Shed Seven butine la pop post adolescente chère à Blur, à Wonderstuff et aux Smiths, en l'aiguillonnant de new wave circa Bunnymen, Sad lovers & Giants ou Snake Corps. Et si vous avez malheureusement focalisé votre attention sur la nature du single "Mark", faites abstraction de cette impression première ; "Change Giver" offre un éventail de compositions acérées, excitantes, spasmodiques, fougueuses autrement audacieux. Superbe !

 

Sonetic Vet

Peer

Constitué de trois kids et d'une fille, ce quartet amstellodamois cherche le compromis idéal entre le popcore de Throwing Muses, voire de Jale et la new wave de Pollen ou de Park. Dans ces conditions, pas difficile d'imaginer le rôle central joué par la vocaliste Liesbeth. De sa voix fragile, fracturée, elle tisse un fil mélodique sous tension électrique convulsive, presque noisy...

 

Dominic Sonic

Les Leurres

Retour à la case départ pour Dominic Sonic qui vient d'enregistrer "Les Leurres" dans l'esprit de son premier elpee, "Cold Tears". Des compositions farouchement électriques ou délicatement acoustiques qui baignent dans un climat tantôt orageux, cynique, mélancolique ou épileptique. Retour aux sources, puisque le Rennais assure pratiquement toutes les parties instrumentales, ne concédant que quelques accès de violon à Blaine Reininger et les percussions à Philippe Kirby (Yargo) ainsi qu'à Franck Mikaëls (avec un k et un s comme dans Khmers pas un c et un h comme dans chloroforme). Si l'Anglo-saxon a pratiquement disparu de son vocabulaire, c'est pour pouvoir se concentrer davantage sur l'aspect poétique, littéraire de ses nouvelles. Des textes qu'il épanche avec virulence et passion, un peu à la manière de Bashung. Un album bourré de contrastes arides, agressifs, obéissant à un tempo le plus souvent stoogien, découpé dans les cordes de guitare tranchantes, effilées, slide, et flagellé par la voix nasillarde, âcre de Dominic. Des leurres qui n'en sont pas!

 

Soul Asylum

Insomniac´s Dream

Si à l'origine cet ensemble yankee partageait les mêmes desseins punkcore que Replacements et Hüsker Dü, il faut reconnaître qu'aujourd'hui son style n'a plus grand chose à voir avec celui de ses condisciples. Pensez donc, Nirvana et Pearl Jam ont longtemps considéré Soul Asylum comme guide spirituel. Ce qui explique sans doute pourquoi celui-ci a bénéficié de l'avènement du grunge pour se faire une place au soleil. Sinon comment expliquer que "Grave Dancers Union" se vende à plus de deux millions d'exemplaires, alors que son expression flirtait davantage avec la pop que le métal. Le single "Runaway Train" en est la plus belle illustration. Un hit que l'on retrouve sur ce mini CD ‘live’ destiné au grand public. Un morceau de plastique constitué de six titres, dont deux ont été enregistrés en version acoustique à New York et quatre au Texas, sous une forme légèrement électrifiée. Agréable, mais pas de quoi provoquer des "Insomniac's Dream".