Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Aucun remboursement de prévu pour les Lambrini Girls

Le duo punk Lambrini Girls sortira son deuxième album, « No Refunds », le 15 janvier 2027 chez City Slang. En attendant, il a partagé un tout nouveau single, « Bang Bang Bang », accompagné d’un clip vidéo. Successeur de leur premier elpee, « Who Let The Dogs…

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Guns N Roses
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Todd Rundgren

No World Order

Quand on parle de Todd Rundgren, on pense immédiatement au rôle essentiel de producteur qu'il a joué pour des artistes comme les Tubes, New York Dolls, Patti Smith, Psychedelic Furs, XTC et plus récemment Pursuit Of Happiness. Et pourtant, tant au sein de Nazz, en compagnie d'Utopia ou en solitaire, il s'est illustré par toute une série d'albums avant-gardistes. Certains n'ont d'ailleurs pas hésité à proclamer que le Philadelphien était à la techno ce que Zappa était à la musique concrète. Nous n'irons pas jusque là, mais il faut admettre que sur tous ses disques, les références au regretté Zappa sont nombreuses. Début 80, il a ainsi poussé le délire en trafiquant un elpee totalement a cappella par la technologie moderne. Aujourd'hui, il s'exprime en termes d'interactivité. Pas seulement ‘live’, puisque ce "No World Order" constitue le premier opus totalement conçu en CDI. Evidemment pour pouvoir bénéficier d'une telle lecture, il est nécessaire de se procurer l'équipement adéquat. A vos portefeuilles, donc! Pour vous donner une petite idée des performances de cet appareil, l'album est enrichi d'un deuxième disque, présenté sous la forme d'un ‘medley’ du premier; tour à tour remixé par Bob Clearmountain, Don Was, Jerry Harrison et Hal Willner. Pour être plus précis, ce CDI vous permet de moduler à l'infini, suivant vos goûts et vos affinités, une matière première. Chaque instrument bien sûr, mais également la voix, le tempo, et plus surprenant encore, le climat émotionnel. Ce "No World Order" adopte un profil fondamentalement ‘dance’. Ce qui n'empêche pas Todd d'y injecter ses riffs de guitares acérés, luxuriants, et de nous envoûter de ses célèbres inflexions vocales à la fois chaudes et impérieuses. Nous finirons par croire que ce Rundgren est un extra-terrestre !

 

The Screaming Tribesmen

High Time

L'an dernier, nous vous avions décortiqué son dernier opus, "Formadelhyde", un disque d'excellente facture, mais entaché par les dérapages aussi incontrôlés qu'intempestifs du guitariste soliste. Collection de singles et d'Eps concoctée entre 82 et 89, "High Time" affiche les mêmes qualités et les mêmes défauts. Aux excellentes dispositions power pop oxygénées par l'esprit des Troggs et des Only Ones vient se greffer les mêmes interventions de râpe nombriliste sub Van Halen. Dommage, car toute l'œuvre baigne dans un climat mélodique, pétillant, intense, excitant, contagieux et mériterait un traitement électrique beaucoup plus raffiné.

 

Sebadoh

Bakesale

Tout comme Cell, Afghan Whigs et American Music Club, Sebadoh appartient à cette lame de fond américaine dont les groupes explorent la face la plus sombre du rock alternatif. Dans des styles différents, il faut le souligner. Le trio bostonien, par exemple, utilise une texture mélodique plus rampante, plus capricieuse, plus instable pour communiquer son spleen. La voix légèrement plaintive de Lou Barlow se chargeant de canaliser tout cet épanchement émotionnel. Pour enregistrer "Bakesale", Lou et Jason Loewestein ont pratiquement écrit toutes les chansons. Faut dire qu'Eric Gaffoney n'a plus qu'une présence symbolique sur ce disque, puisque après deux fugues successives, il a été définitivement et logiquement remplacé par le drummer qui avait assuré avec fruit l'intérim, Bob Fey.

 

Saigon Kick

Water

Saigon Kick n'est pas une chaîne de restauration ‘fast food’ vietnamienne, mais un trio californien incolore, inodore, insipide, dont la solution sonore résulte de la combinaison d'un volume d'eurock emphatique et de deux volumes de hard excentrique. "Water" navigue ainsi entre la luxuriance de Queen, privée de ses propriétés mercuriennes et la sophistication de Barclay James Harvest. Une solution qui semble, malheureusement, avoir stagné très longtemps, trop longtemps sans doute dans les eaux troubles, saumâtres des seventies. Pour preuve, l'adaptation du "Space oditty" de Bowie en est même devenue imbuvable...

 

Saint Etienne

Tiger Bay

Saint-Etienne incarnerait-il l'idéal pop des nineties ? C'est en tous cas ce que bon nombre de magazines spécialisés tentent de nous faire croire. Nous on veut bien. Mais si "Foxbase alpha" en 91 et "So tough" en 93 nous avaient presque convaincus, "Tiger bay" nous a confortés dans notre réserve. Pourtant, cet opus ne manque pas de qualités. Cinématique, mélancolique, il libère un electro bubblegum scintillant, ‘glamour’, sensualisé par la voix androgyne de Sarah Cracknell. Mais ces manipulations synthétiques reflètent une telle image glacée, uniforme que nous ne parvenons toujours pas à nous en délecter. Enfin, si cette solution, née de l'imagination de Wiggs et de Stanley, représente la face la plus brillante de la pop britannique, il est à craindre (ou à espérer) que d'ici peu nous allons revivre une nouvelle explosion punk...

 

Ryuichi Sakamoto

Sweet Revenge

Artiste aux talents multiples, compositeur boulimique, Ryuichi Sakamoto est probablement un des rares musiciens du pays du soleil levant à s'être imposé sur la scène musicale rock contemporaine. Ses plus grands succès, il les doit cependant à la confection de bandes sonores cinématographiques : "Merry Christmas Mr Lawrence", "Le dernier empereur", "The Sheltering Sky", "High Heels", "Little Buddha", et la liste n'est pas exhaustive. Curieusement, hormis l'un ou l'autre single, son approche fondamentalement rock n'a jamais reçu le même écho. Pourtant, à ses débuts, en compagnie de Yukihiro Takahashi et de Hamoni Hosono, il a réalisé pour Yellow Magic Orchestra des expérimentations synthé/pop particulièrement innovatrices. Depuis 83, Sakamoto semble plutôt rechercher son inspiration à travers de multiples collaborations. Thomas Dolby, Iggy Pop, David Bowie et David Sylvian constituant à cet égard, les points d'orgue. Pour enregistrer "Sweet Revenge", il a reçu le concours de multiples invités : Roddy Frame (Aztec Camera), Holly Johnson (ex Franky Goes To Hollywood), Adrian Belew, ses anciens comparses du Yellow Magic Orchestra et d'autres encore. Malheureusement, la présence de tout ce beau monde semble plutôt faire tapisserie. Pire, les quatorze compositions filtrées tantôt dans la dub, l'ambient, l'industriel, le minimalisme, la techno ou la pop ont une fâcheuse tendance à épouser un profil pour night clubs très select.

 

Salad

Single Bar

"Single Bar" n'est pas exactement le premier album de Salad, mais une compilation qui repique les trois premiers maxis du groupe dans leur intégralité. Soit "Kent" (juin 1993), "Minished Clothe" (novembre 93) et "On a Leash" (août 94). Onze fragments de popcore dont les principales variétés appartiennent à la famille de Throwing Muses, des Breeders, de Veruca Salt et même des Sugarcubes. Onze feuilles sonores assaisonnées de cordes de guitare acérées, grésillantes, fluctuantes, de claviers insidieux, fatiguées par la section rythmique spasmodique, menaçante et arrosée par le timbre vocal nerveux, volatil, passionnel (deux cuillers de Chrissye Hynde et une de Blondie) de l'ex-top model, ex-présentatrice d'MTV et native d'Amsterdam (Batavia?) Marijine Van Der Vlught... Salad ? Fraîche, croustillante, croquante et savoureuse !

 

Kim Salmon

Sin Factory

Kim Salmon, c'est avant tout le leader du défunt Scientists, ensemble mythique australien né en 1978 qui a directement influencé des artistes contemporains tels que Henry Rollins et Mudhoney. Il n'est d'ailleurs pas rare que ces derniers interprètent l'une ou l'autre cover de leur groupe fétiche sur les planches. Lorsque Salmon a recruté ses Surrealists, en 1987, il sévissait encore chez Beast Of Bourbon. Mais il faut croire que ce breuvage sonore ne le désaltérait plus tellement, puisqu'il a finalement vidé les lieux en entraînant avec lui le batteur Tony Pola. Quatrième opus de KS&TS, "Sin Factory" épanche une énergie beaucoup plus insidieuse, plus pernicieuse. Il subsiste, bien sûr, toujours un zeste de psychédélisme, mais l'ensemble des compositions est davantage dominé par une sorte de combinaison improbable de post punk menaçant (Stooges), de blues désarticulé (Nick Cave) et de blues rock sixtiesant (Jimi Hendrix, Cream), un style enfiévré, venimeux, que vivifie la voix lancinante, sombre, beefheartienne de Kim. Tout à fait surréaliste!

 

The Scabs

Live dog

A force de le répéter, vous finirez par nous croire. Sur les planches, les Scabs sont au sommet de leur art. Nous avions eu la chance de les applaudir en août 93, lors de leur set exécuté au Martrock de Louvain. Un concert mémorable immortalisé sur ce " Live dog ". Un double CD. Une face électrique. Ponctuée de deux covers de Neil Young. " Rockin' in the free world " et " Like a hurricane ". Une acoustique. Presque countrysante. Pourtant, une question nous turlupine l'esprit. Par quel subterfuge un concert d'une grosse heure peut-il accoucher d'une bande sonore de cent-dix minutes ? Mystère et boule de gomme !

 

Scorn

Evanescence

Depuis que Justin Broadwick s'en est allé fonder Godflesh, Scorn se résume aujourd'hui au seul tandem Michael Harris et Nick Bullen. Difficile à croire que ces musiciens aient pu un jour tremper dans le ‘death metal’ au sein de Napalm Death, lorsqu'on écoute leur troisième opus. Un disque avant-gardiste qui combine la complexité électronique et les rythmes sauvages dans une perspective individuelle... "Evanescence" reflète en tous cas parfaitement le climat qui règne sur cette œuvre, suggérant une forme d'amnésie qui glisse dans l'obscurité, un peu comme une ombre qui s'évanouit ou s'efface progressivement. AR Kane, My Bloody Valentine, Main, Eno constituent autant de points de référence pour cette forme de ‘metal ambient’ aux pulsations radioactives, hypnotiques, dub reggae et aux cordes de guitares brumeuses, spectrales et glaciales...