Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Jon Zeeman

Blue room

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Jon Zeeman est issu du sud des Etats-Unis, et plus précisément de l'état du soleil, la Floride. Il pratique une forme de blues/rock. Il a contribué aux débuts de l’aventure de Freight Train, le band du regretté Derek Trucks (NDR : membre originel des Allman Brothers Band, il est décédé en janvier dernier), drummer qui a participé à l’enregistrement de deux plages. Jon comptait déjà trois albums à son actif, dont le dernier, 'Down on my luck", est paru en 2013. Il signe ici huit plages ; les deux autres sont des reprises. Il est épaulé par ses musiciens, une section rythmique et deux claviéristes qui doublent aux percussions!

"All I want is you" (NDR : auquel coopère Trucks) est un blues enlevé, théâtre d'un rapide envol des cordes, poursuivi par l'orgue. Un bon démarrage! "Hold on" baigne au sein d’un climat sudiste fiévreux et cool. Limitée, la voix de Zeeman colle bien à cette plage qui ne manque pas de charme. Le refrain est repris en chœur et la guitare prend un billet de sortie glorieux. Signé Robert Johnson, "Love in vain" avait été repris remarquablement par les Rolling Stones, en 1969 ; un morceau qui figure sur l’elpee "Let it bleed". La nouvelle version est particulièrement réussie. Les interventions au piano et à l’orgue sont délicats, celles de la gratte du leader, assez poignante. Shuffle bien ficelé, "Next to you" favorise de nouvelles envolées des solistes, dont celles de Derek Trucks. Encore une autre cover, le "Still rainin' still dreamin'" de Jimi Hendrix (NDR : la plage figurait sur le long playing "Electric Ladyland"). Les sonorités adoptent un profil légèrement jazzyfiant. La guitare se révèle volontiers taquine, face au traitement imposé par les claviers que se réservent Bob Taylor et Tom Regis. Zeeman affiche sa technique, face à ces ivoires, tout au long du blues lent de circonstance, "If I could make you love me". "All alone" lorgne vers un Chicago blues aux accents exotiques. Une approche chère à Otis Rush. Mais mélodieuse, la piste est cuisinée à la sauce JZ, s’illustrant par de nouveaux échanges heureux entre les cordes et les claviers. Curieux, mais le titre maître se résume à un court interlude de guitare classique amplifiée, de moins d'une minute. Chaleureux, cet LP s’achève par "Nothin' in the world", un titre qui colle parfaitement à l’ambiance générale de cette œuvre...

 

Tim Bastmeyer

Tim Bastmeyer's All Star Blues Band

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Tim Bastmeyer est issu de Toronto. Chanteur et guitariste, il est également producteur. Il possède ainsi son propre studio à Uxbridge, une petite ville sise au Nord de la capitale de l’Ontario. Il excelle dans le domaine du delta blues. Et jouit d’une excellente réputation dans l’art de se servir du bottleneck et de la slide. Il tourne régulièrement aussi bien aux States qu’en Europe et se produit en solo ou épaulé par son All Star Blues Band, une formation qui réunit quelques fleurons du blues canadien. En l’occurrence, le pianiste Julian Fauth (NDR : il a publié trois elpees personnels sur le label Electro-Fi), l’harmoniciste Paul Reddick (NDR : il est responsable de huit long playings à ce jour, dont quatre, concoctés en compagnie des Sidemen), Sean Pinchin, également spécialiste du bottleneck, le bassiste James Thomson et, circonstanciellement, le batteur Cam de Laat. Vu le talent des musicos, on se doute que la qualité sera bien au rendez-vous ; d’ailleurs, chaque soliste apporte, en permanence, sa pierre à l’édifice. Mais surtout, un souffle d’authenticité va emporter ce blues essentiellement acoustique.

L’elpee s’ouvre par "What a woman does to me", une compo quoi baigne au sein d’un climat très roots. Tim chante d’une voix naturellement grave. Les différents instruments s’intègrent parfaitement dans l’ensemble. Et les premiers billets de sortie sont accordés au piano de Fauth et à la gratte traitée au bottleneck de Pinchin. "Northern boogie blues" se révèle bien plus downhome blues que boogie. Paul Reddick s’immisce à l’harmo. L’ambiance est chaleureuse et propice à la bonne humeur. Autre jolie plage roots, "With you" progresse paresseusement. Amplifiés, les accords de gratte sont superbes. La contrebasse tire parfaitement son épingle du jeu. Grave, la voix souligne "It's a shame", une splendide ballade mélodieuse enrichie par une intervention aux ivoires, belle à pleurer! Country/blues chanté à deux voix, "That woman" se singularise par l’envol délicat de Reddick, à l’harmonica. "Love turns to pain" lorgne de plus en plus vers le Mississippi originel. Le régime imposé par le bottleneck est rugueux et métallique. Le piano de Julian Fauth s’inscrit parfaitement dans l’esprit du All Star Blues Band. Bien que funky jazz, l’instrumental "Funky ten" véhicule des accents délicieusement manouches. "Tomorrow is another day" est une autre ballade. Les deux voix se conjuguent en harmonie. Empreinte de sérénité, elle est illuminée par des interventions magiques aux ivoires. Et l’opus s’achève par l’indolent et excellent "Rough night at the office"…

Elvin Bishop

Elvin Bishop's Big Fun Trio

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Ce vétéran est au service du blues depuis plus d’un demi-siècle. Un véritable passionné ! Il fêtera bientôt ses 75 ans. Né en Californie, il a grandi dans l'Oklahoma avant de rallier Chicago, dès 1960. En 63, il rencontre l'harmoniciste Paul Butterfield, qu'il rejoint vite au sein du légendaire Paul Butterfield Blues Band, premier célèbre groupe de blues blanc. Il y restera cinq ans et côtoiera l'extraordinaire guitariste Michael Bloomfield. Elvin embrasse ensuite une carrière solo, toujours d’actualité en 2017. Il est sous contrat auprès du célèbre label chicagoan, Alligator. Récemment, il a organisé une jam dans son studio, en compagnie de deux autres musiciens. En l’occurrence le pianiste/guitariste Bob Welsh (NDR : membre du backing group d’Elvin Bishop, il a fréquenté de grosses pointures du blues californien comme Mark Hummel et Rick Estrin, notamment). Mais également le chanteur/percussionniste Willy Jordan. Enthousiasmé par cette réunion, Bishop décide d’attribuer un patronyme à ce projet : le Big Fun Trio. Et puis d’immortaliser cette rencontre à travers un album. Des sessions qui se sont déroulées au sein d’un studio californien…           

Baignant dans la bonne humeur, "Keep On Rollin'" ouvre la plaque. Entraînant, le piano roadhouse de Welch imprime le tempo. Willy se consacre aux percussions. Et tout particulièrement en se servant d’un cajon (NDR : d'origine sud-américaine, cet instrument ressemble à une boîte carrée sur laquelle on doit s’asseoir pour la tambouriner à l’aide des mains). Elvin et Willy chantent en duo. Et à tue-tête le remuant "Honey Babe", que le mythique Lightnin' Hopkins avait composé en 1948. Ils partagent un plaisir évident à conjuguer leurs voix. Bishop démontre qu'il n'a rien perdu de son talent de gratteur. Welch assure la partie de basse sur sa guitare. Shuffle percutant, "It's you, baby" est issu de la plume du pianiste chicagoan, Sunnyland Slim. Les ivoires dominent le sujet ; et Kim Wilson en personne vient souffler dans son harmo. Il s’y révèle époustouflant ! Bishop est au micro pour une adaptation authentique du "Ace in the hole", titre maître de ce long playing, gravé en 1995. Delta blues classique, "Delta lowdown" est une excellente piste. Rafraîchissante aussi. Le piano de Welch roule. Rick Estrin (NDR : c’est le leader des Nightcats) est éclatant à l'harmonica. Et Charlie Musselwhite l’est tout autant tout au long de "100 years of the blues", un autre grand moment de l’opus. Cinquante ans qu’ils se connaissent ! Ce qui explique le titre de ce morceau dont émane une émotion bien naturelle. Le Big Fun Trio est capable de hausser proprement le rythme. A l’instar de la cover allègre du "Let the four winds blow" de Fats Domino. Et les excellentes vibrations néo-orléanaises sont entretenues par Bob Welsh. Un climat au sein duquel baigne également "That's what I'm talkin' about", un compo du trio cuisinée à l’aide de produits locaux : gumbo, crawfish et soul food ! La reprise du célèbre "It's all over now" de Bobby Womack n'est pas piquée des vers. Et l’adaptation est finalement assez proche de celle proposée par les Rolling Stones, en 1964. Superbe!

 

Blonde Redhead

Masculin Feminin

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« Masculin Féminin », dernier essai de Blonde Redhead, n’est pas vraiment un nouvel album. En fait il s’agit d’un coffret qui compile des singles, des démos, des enregistrements radios ainsi que les deux premiers elpees du band new-yorkais, l’éponyme et « La Mila Violenta ». Parus respectivement en 1994 et 1995, ces deux long playings, parus sur Smells Like Records, le label de Steve Shelley (NDR : c’est le drummer de feu Sonic Youth), sont épuisés depuis belle lurette. 

A l’écoute de la plupart des morceaux, on comprend bien pourquoi le trio (à l’époque le line up était encore constitué d’un quatuor) a été comparé, pendant de longues années à Sonic Youth. La voix de Kazu Makino rappelle clairement celle de Kim Gordon. La guitare d’Amadeo Pace évoque les triturations noisy de Thurston Moore. Et enfin, ce rock ne perd jamais le sens de la mélodie. L’une des grandes qualités de Sonic Youth. La musique de Blonde Redhead est alors essentiellement noise/rock. Elle n’a pas encore été épurée. Et on n’y recèle pas encore de prédisposition pour la dream pop.

Ces rééditions enrichies d’inédits est donc une aubaine si vous souhaitez (re)découvrir les prémices de Blonde Redhead, un combo qui deviendra culte. En outre, a contrario de bon nombre de recueils de ce type, le son ne souffre de (quasiment) aucun raté…

 

Ben Lukas Boysen

Spells

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Né en 1981, Ben Lukas Boysen est tombé, dès le plus jeune âge, dans la marmite à la musique. Pas étonnant, quand on sait que sa mère était chanteuse d’opéra. A partir de sept ans, il commence déjà à apprendre la guitare et le piano. S’il vit de son métier depuis quelque temps, il lui a cependant fallu tout un temps avant de publier des œuvres, sous son propre nom. Auparavant, l’Allemand (NDR : établi aujourd’hui à Berlin) composait des bandes son pour la publicité. Il a également gravé plusieurs elpees électro sous le patronyme Hecq. Son premier elpee solo, « Gravity », est paru en 2013. A l’instar du premier, « Spells », son second, est paru sur le label Erased Tapes.

A l’instar de la majorité des artistes hébergés par cette écurie, Ben Lukas Boysen crée des pièces de musique classique au clavier (NDR : programmé pour reproduire le son du piano), sur lesquelles il vient poser des tonalités électroniques. Un concept assez proche d’Olafur Arnalds voire de Nils Frahm. Pas étonnant, d’ailleurs, de retrouver ce dernier au mixing. Mais pour enrichir son expression sonore, il a invité plusieurs musiciens. Dont Achim Farber (drums), Anton Peisakhov (violoncelle) et Lara Somogyi (harpe), qui apportent leur concours suivant les morceaux.

L’opus ne se limite cependant pas au néo-classique. Contemplative « The Veil » baigne dans l’ambient. « Golden Times 1 » est construit en long crescendo. Et tout au long de « Nocturne 4 », la batterie n’hésite pas hausser le rythme. Bref, malgré le style, « Spells » ne suscite jamais l’ennui. Bref, c’est une certitude, Erased Tapes a signé artiste talentueux…

 

Gary Cain

Twangadelic Bluesophunk

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Canadien, Gary Cain est chanteur/guitariste. Il est soutenu par une section rythmique, en l’occurrence le bassiste Tom Nagy, spécialiste dans l’unvivers du jazz, et le drummer Donnie McDougall. Les trois musicos sont diplômés du réputé Humber College de Toronto. Gary avait publié un Ep solo intitulé "The Holborn Sessions", avant que le trio ne grave ce "Twangadelic Bluesophunk". Cain signe les dix plages. Vu le titre de cet elpee, on imagine que la formation est responsable d’une expression sonore originale…

Et, en effet, dès "Live wire", les sonorités de gratte sont aventureuses, fouillées, complexes même, et comblent bien chaque espace, alors que la section rythmique doit s'adapter afin de suivre cette rapidité d'exécution. "Pipes and spoons" est un rock/blues plus classique. La voix se détache bien de l’ensemble. Et lorsqu’un créneau funk s’ouvre, Gary Cain se déchaîne sur sa gratte. Il adopte la technique du pickin’ (NDR : une pratique courante dans l’univers de la country) tout au long de "Thought I heard you say", un morceau de bravoure propice à la créativité. Etonnant ! Exercice de style instrumental, "Twang strut" se distingue par ces effets ‘twang’, produits pas la vibration des cordes, et tout particulièrement celles des guitares Fender. La vitesse d'exécution demeure impressionnante dans le style surf/country avant de virer à l’exotisme du reggae. Rockin' boogie, "Got me where you want me" enchaîne les riffs rythmiques, un peu dans l’esprit de ZZ Top. En accélération constante, les cordes sont en verve. Et se convertissent au métal sur le funk/blues "Last dance", une piste imprimée sur un mid tempo. Le spectre de Jimi Hendrix hante "Girl's too rich". Les accords sont nerveux, plaqués, saignants et adoptent une démarche rythmique en crescendo. Ballade instrumentale, "Faith healer" clôt cet opus. Un blues mélodique, au cours duquel, Gary injecte une bonne dose de réverb dans les cordes…

                       

Alex Cameron

Jumping the Shark

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Trois ans, c’est le temps qui a fallu au premier elpee d’Alex Cameron pour passer d’un hémisphère à l’autre. Cependant, tout au long de cette période, cet Australien a tellement rencontré d’imprévus, qu’au fil du temps, ces contretemps se sont mués en avantages…

Avant 2013, le natif de Sydney milite au sein d’un banal groupe électro. Mais c’est au cours de cette année qu’il décide de se lancer en solo. Il met en ligne ses compos et accorde plusieurs concerts. Après avoir publié un premier elpee, uniquement distribué en Australie, il a l’opportunité de tourner en Europe. Lors d’un concert à Paris, les musicos de Foxygen le remarquent et lui proposent de les accompagner lors de leur périple aux States. Au cours de celui-ci, Cameron est loin de passer inaperçu ; aussi le label Secretly Canadian lui propose de rééditer son album. Un concours de circonstance qui permet ainsi de découvrir cet excellent « Jumping the Shark ».

Partagé en huit pistes, cet opus se limite à 30 minutes. Les textes de ses chansons relatent les échecs du personnage auquel il donne vie. Un fil rouge qui peut finir par se révéler pathétique. La synth pop est minimaliste. Alex pose simplement sa voix sur des lignes de claviers, et rythme l’ensemble à l’aide d’une boîte à rythmes. Malgré cet apparent dépouillement, certaines plages se distinguent par une approche mélodique imparable. A l’instar des convulsifs « Happy Ending » et « Real Bad Looking ». Ou adoptent un profil austère. « Gone South » en est certainement le plus bel exemple.

S’il a fallu attendre trois longues années avant de voir débarquer ce premier long playing sur le Vieux Continent, on ne devrait plus patienter aussi longtemps pour connaître une suite, puisque l’Australien se produira en concert, au Botanique, ce 27 novembre, afin de défendre un second LP, dont la sortie est prévue pour cette année… 

 

Robert Cray

Robert Cray & Hi Rhythm

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Chanteur de blues, soul et r&b, Robert Cray est un artiste notoire et talentueux. Agé de 64 balais, il a entamé sa carrière en 1980. Pour enregistrer cet opus, il s’est rendu à Memphis, au Royal Studios, où il a bénéficié du concours de son ami Steve Jordan, pour la mise en forme. Steve est un illustre drummer (Stevie Wonder, Blues Brothers) et un célèbre producteur (Bob Dylan, Neil Young, BB King). Pour mettre en boîte cet opus de Memphis soul, Robert a bénéficié de la collaboration de Hi Rhythm, un combo qui implique les frères Charles et Leroy Hodges, respectivement organiste/pianiste et bassiste, ainsi que le claviériste Archie ‘Hubbie’ Turner…

"The same love that made me laugh" est un titre signé Bill Withers. Magique, la voix colle parfaitement à ce morceau de soul. Tout comme les accords de grattes, particulièrement accrocheurs. Il embraie par le funky r&b "You must believe in yourself", épaulé par les Royal Horns ; et sa gratte est véritablement insatiable. Robert reprend "I don't care" et "Honey bad", deux compos de r&b classieux signées Sir Mack Rice (NDR : ce gentleman de la soul a longtemps apporté sa collaboration au label Stax ; et tout particulièrement à des artistes comme Wilson Pickett et Eddie Floyd. Et deux morceaux issus de la plume du Louisianais Tony Joe White, qui rehausse l’adaptation de sa présence. En se réservant la guitare sur le nerveux, ravagé et hypnotique "Don't steal my love". Mais en plus, l’harmonica tout au long de la superbe ballade "Aspen, Colorado". Cray se consacre au micro pour trois de ses compositions. D’abord, "Just how low", un blues parfaitement structuré à l’instrumentation impeccablement huilée. Puis la ballade soul "You had my heart", une plage sentimentale au cours de laquelle les interventions dispensées par Robert à la gratte se révèlent empreintes d’une grande sensibilité. Et puis le tendre "The way we are". Enfin, il exécute, mais en deux parties "I'm with you", un titre écrit en 1960 par le guitariste et principal compositeur du groupe vocal doowop, The 5 Royales…

 

Cymbals Eat Guitars

Pretty Years

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Cymbals Eat Guitars est une formation issue de New York. De Staten Island (NDR : c’est une île !), plus précisément. Et progressivement, elle est parvenue à construite une œuvre solide et cohérente dénuée de toute faute de goût majeure… ‘Cymbals Eat Guitars’ sont des mots prononcés par un autre illustre habitant de la Grosse Pomme, Lou Reed, pour décrire la musique du Velvet Underground.

Plus influencé par le rock des 90’s que par le band underground mythique, la bande à Joseph d’Agostino propose donc son quatrième elpee, un disque qui a reçu le concours de John Congleton (The War on Drugs, Swans, St. Vincent) à la mise en forme. Zigzagant entre continuité sonique et nouveaux horizons sonores, « Pretty Years » recèle des plages nourries aux guitares shoegaze et grunge, dans un esprit souvent ‘slacker’. A l’instar du précédent elpee, « Lose », et tout particulièrement de la piste d’entrée « Finally » ainsi que sur « 4th of July, Philadelphia (Sandy) »). Néanmoins, le gang yankee n’en a pas pour autant oublié les salves punk réminiscentes de Titus Andronicus (« Beam »), mais aussi des pistes plus mélodiques tels que le plus groovy « Wish », une compo dont les interventions de saxophone à coloration eighties sont portées par la voix élastique du leader tout en lorgnant vers Modest Mouse. Enfin, de cet LP, on épinglera encore la ballade électrique « Dancing Days ». Nuancées et joliment référencées, ces « Pretty Years » (les années 90 ?) s’achèvent en feu d’artifice sonique, par le monumental « Shrine ». Une œuvre convaincante de bout en bout…

 

Darcy

Tigre

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Après avoir poussé « Le chant de la colère », en première partie de divers groupes, dont Mass Hysteria, Darcy propose son premier album. Intitulé « Tigre », il aligne douze titres qui ne resteront certainement pas gravés dans l’histoire de la chanson. Tout commence par une « Armageddon ». Un morceau qui pourrait sortir des débuts de BB Brunes, mais en plus criard. Les hurlements sont très énervés, mais au final, ne racontent pas grand-chose. Aligner les vulgarités ne sert pas forcément un texte susceptible d’envoyer du lourd. Bien au contraire, Darcy prouve par ces déroutes langagières, sa faiblesse à coucher sur le papier ses idées révoltées. Il vomit presque parfois ses lyrics, en oubliant que chanter, c’est aussi communiquer de l’émotion à celui qui les écoute. Pour mettre des tripes dans une chanson, il ne suffit pas de se casser à la voix en braillant. On trouve parfois l’un ou l’autre rythme sympathique comme sur « Mitraillette ». Mais l’ensemble reste bien fade. La fin de parcours adoucit quelque peu la sévère note accordée à cet LP. Grâce à son aspect mélancolique et plus doux, « La Janais » fait du bien, permet de respirer dans ce disque où l’excès est roi. Mais pour l’écriture, on dirait presque un ersatz de Damien Saez. Reste encore potentiellement « Paris » qui mérite une écoute, bien que le sujet ne soit pas franchement capital…

 

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