La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

ĠENN dévoile aujourd'hui « Jaguar Sun », un nouveau single en collaboration avec Aidan Moffat d’Arab Strap. Le titre sort au format digital ainsi qu'en 12’’ sur le label Rock Action Records, fondé par Mogwai, et accompagne l’annonce d’une tournée européenne…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

L7
Biohazard 8/8/26

Clap Your Hands Say Yeah

Impossible de ne pas avoir envie de frapper dans les mains...

Écrit par

Si à l’origine, Clap Your Hands Say Yeah était un peu considéré comme un clone de James, il faut reconnaître qu’au fil du temps, il a forgé sa propre identité. D’ailleurs, la formation puise aujourd’hui davantage ses influences chez Tom Waits, Modest Mouse et Talking Heads. Elle vient d’ailleurs de publier un nouvel elpee, « The tourist », et est venue le défendre ce soir, au Botanique… 

Lorsque Ryan McPhun, aka The Ruby Suns, grimpe sur l’estrade, il n’y a pas grand monde au sein de la Rotonde. Perso, j’imaginais qu’il allait se produire au sein d’un groupe. Mais le Californien, même s’il vit en Nouvelle-Zélande depuis très longtemps, est seul sur les planches. Enfin, pas tout à fait, puisque armé dune gratte électrique, il est également entouré d’un PC d’une loop machine et d’un synthé.

L’artiste est vêtu d’un bleu de travail. Et bonne nouvelle quand même, s’il a recours à la technologie moderne, ce n’est pas pour être sous son emprise, mais bien pour l’explorer. C’est lui qui crée les sonorités, et pas la machine qui les reproduit bêtement ! Epatante, sa voix touche parfois au sublime. Sa pop est à la fois expérimentale, subtile et mélodique. Mais, il y a un hic : privé de ses acolytes, l’artiste semble quelque peu perdu sur son île. Quand il reviendra en concert, qu’il n’oublie surtout plus d’emmener son backing group. Le résultat sera certainement et autrement concluant… 

Après trois ans de silence, Clap Your Hands Say Yeah vient donc de graver son cinquième LP. Précédé par le single vaporeux « Fireproof », il confirme la philosophie du ‘Do It Yourself’, prônée depuis le départ. Soit fin 2003, lorsque Alec Ounsworth et Lee Sargent ont été rejoints par Tyler Sargent, Sean Greenhalgh et Robbie Guertin. Ce dernier a cependant quitté le navire en 2015.

Lorsque CYHSY débarque, l’hémicycle est bourré comme un œuf. Chanteur et guitariste, Alec Ounsworth est chaussé de grosses lunettes et coiffé d’une casquette vintage. C’est aussi le leader. Et son look me fait un peu penser à celui de feu John Lennon. Nasillarde, sa voix campe un hybride entre celle de Thom Yorke (Radiohead) et David Byrne (Talking Heads). Il est entouré de deux claviéristes qui se servent également, tantôt d’une guitare ou d’une basse. Le drummer campe en arrière-plan. Et parfaitement synchronisées, ses interventions aux percus sont judicieuses. Enfin, les harmonies vocales échangées entre les musicos sont atmosphériques et surtout remarquables.

Extrait du tout premier long playing, « In This Home On Ice » ouvre le set. Chouette !  Caractérisé par ses cordes frémissantes et spasmodiques, « Better Off  », une compo qui figure sur le dernier essai, confirme que le timbre d’Alec est hanté par Yorke. Tout comme « A Chance To Cure », tiré du même LP. « Yankee Go Home » (« Some Loud Thunder », 2007) se distingue par son refrain fédérateur. Encore un titre issu de « Is This Love? », l’éponyme initial. « Some Loud Thunder » se révèle à la fois rafraîchissant et harmonieux. Alec remercie le public de sa présence et de son attention. Les guitares et la batterie s’emballent pendant « Coming Down » (« Only Run », 2014). Lorsque les morceaux virent à l’électro/pop, malgré la simplicité des accords, les mélodies se superposent, puis tourbillonnent, un peu comme au cours des eighties. Tiré du dernier elpee, « The Pilot » permet à Ounsworth d’afficher l’éventail de ses capacités vocales. Un morceau à la fois somptueux et radiophonique ! « Over and Over Again (Lost and Found) » se distingue par son côté festif. On a envie de remuer et de frapper dans les mains. D’ailleurs, le public réagit au quart de tour. Le set monte en intensité. « Same Mistake » (« Hysterical, 2011) rend le pouvoir au grattes. Mélancolique, « Ketamine and Ecstasy » est bercé d’une immense douceur. Et « Upon This Tidal Wave of Young Blood » achève le set. Enfin, pas tout à fait, puisqu’on aura encore droit, en rappel, à quatre titres, dont « Into Your Alien Arms », au cours duquel Alec va se servir d’une gratte semi-acoustique. Le show aura finalement duré deux bonnes heures. La foule est repartie des tas de mélodies gravées dans la matière grise. Alors on frappe des mains et on dit : ‘Ouais’ !  

(Organisation : Botanique)

 

Woods

Love is Love (Ep)

Écrit par

Une année seulement s'est écoulée depuis la sortie du précédent album de ce band new-yorkais, l'excellent "City Sun Eater in the River of Light". Au cours des derniers mois, il a parcouru différents continents afin d’accorder de nombreux concerts. Malgré un emploi du temps chargé, le groupe a tout de même trouvé le temps de composer et d'enregistrer six morceaux, en réaction à l'élection du grand affreux aux cheveux jaunes.

"Love is Love" propose des pépites de psyché/folk/rock qui s’inscrivent dans la lignée de l’opus précédent. Haut perchée, la voix de Jeremy Earl vient se poser sur une instrumentation chaleureusement cuivrée, fouettée par des rythmes afro et traversée par les solos de guitare, dispensés par Jarvis Taveniere, que l'on retrouve une nouvelle fois derrière les manettes. Un Ep au sein duquel figure un instrumental de 9 minutes qui fait la part belle à la six cordes. Dommage que ce disque soit d’aussi courte durée. 

« Love is Love » nous réserve un sursaut d’optimisme dans ce monde qui perd la boule. De quoi nous rendre un peu d’espoir face à ce futur de plus en plus angoissant…

 

Jherek Bischoff

Cistern

Écrit par

Actif depuis de nombreuses années, outre-Atlantique, Jherek Bishoff est un compositeur et multi-instrumentiste chevronné. Il a multiplié les projets en militant notamment chez Parenthical Girls et The Dead Science, sans oublier sa collaboration apportée à Xiu Xiu. Ce n’est qu’en 2012 que le Californien publie son premier elpee solo, sobrement intitulé « Composed ». Et embraie par « Scores ». Sur ces deux opus, Bischoff compose la musique et invite divers amis à y poser leur voix et/ou instrument. Parmi ceux-ci, on retrouve notamment David Byrne, Caetano Veloso, Zac Pennington (Parenthetical Girls), Greg Saunier (Deerhoof) ou encore Nels Cline (Wilco). Du beau monde donc…

« Cistern » constitue donc la troisième œuvre de l’Américain. Pour concocter cet LP, il a reçu le concours d’un quatuor à cordes, mais également d’Amanda Palmer, mieux connue pour avoir participé à l’aventure du duo Dresden Dolls…

Découpé en 9 plages, ce long playing adopte très souvent un format classique. Faut dire que les cordes y occupent une place importante, même si certaines compos affichent leur spécificité. Certaines baignent davantage au sein d’un climat ambient. « The wolf » peint une fresque sombre et lyrique. « Cistern » s’abandonnent avec emphase au cœur de la mélancolie. Proche du post rock, « Headless » s’autorise même un crescendo instrumental…

Jherek Bishoff revisite la musique de chambre. Et le résultat tient parfaitement la route. Surtout, si vous écoutez cette œuvre confortablement installé, et le casque sur les oreilles.

 

Highway

IV

Écrit par

Originaire de Montpellier, Highway a été formé en 2000 par les frères Ben et Romain Chambert (respectivement guitariste et batteur), une fratrie rejointe rapidement par le bassiste J.M Gantard et le chanteur Benjamin Folch.

Véritable bulldozer sur les planches, le combo a forgé son expérience en accordant plus de 300 concerts accordés à travers l’Europe. Son style ? Un hard rock pur jus qui puise son inspiration chez AC/DC, Whitesnake, KISS, Guns 'N’ Roses ou encore Aerosmith. Donc, qui suivant les plages, se frotte au blues ou au glam…

Son quatrième elpee, tout simplement baptisé « IV », a été produit par Brett Caldas-Lima (NDR : mieux connu pour avoir mis en forme des albums de Ayreon, Devin Townsend, Megadeth, Adagio ou encore Hypno5e) afin de forger une véritable identité sonore à ces douze morceaux riches et variés, au cours desquels on ne peut s’empêcher de taper du pied. Les compos sont puissantes et mélodiques. Les refrains, entêtants et les soli, mémorables. 

Enfin, sur le funky « Wake up », le légendaire chanteur yankee Jeff Scott Soto (ex-Yngwie Malmsteen, Talisman, Journey…) et Benjamin Folch s’autorisent un duo véritablement détonnant…

 

Lighthouse Sweden

Silence in the City

Écrit par

A l’origine, Linda et Mats Brandemark avaient fondé Lighthouse. Le couple avait gravé un excellent album en 2014. Eponyme, il était le fruit d’un savoureux cocktail entre americana, country et pop. Le duo a ensuite recruté trois nouveaux musicos. En l’occurrence le guitariste Tobias Bergström, le batteur Thomas Bjerklünd et le bassiste Marc Gransten. Et dans la foulée, le patronyme a été transformé en Lighthouse Sweden. Pas étonnant, quand on sait que le quintet est suédois.

"Love can seriously damage your heart" lorgne manifestement vers Dire Straits ; et tout particulièrement lorsque Tobias libère ses accords de guitare. A cet instant, on croirait entendre un Mark Knopfler au sommet de sa forme. Et il brille à nouveau sur le plus pop "Neon signs", une plage au cours de laquelle la voix de Linda est tellement proche de celle de Blondie. Mats récupère le micro sur le délicieux blues rythmé "Everybody's been a fool", avant que Linda la rejoigne, alors que l’ensemble est entretenu par l'harmonica de Derrick Big Walker et le piano électrique… Dans le même esprit, le classieux "We used to be lovers" se distingue par une excellente sortie sur les cordes. L’opus recèle plusieurs plages country, dont "Basier to life" une ballade romantique qui met en exergue la pedal steel, la sèche et l'orgue de Felix von Feilitzen, invité pour la circonstance. La slide se substitue cependant parfois à la pedal steel. Plage entraînante, "Hole in my soul" se singularise par ses harmonies vocales en couches ; mais également par une intervention remarquable à la guitare, accordée dans un climat blues. L’harmo et le sax d’Olaf Slund dynamisent le rock "Silver & Gold". "Angel" clôt cet LP. Un titre folk interprété d’une voix pure, lumineuse et simplement belle par Linda, réveillant en mon for intérieur le souvenir de Sandy Denny, la vocaliste de Fairport Convention, disparue depuis déjà près de 40 ans…

 

Lisa Portelli

La Nébuleuse

Écrit par

Lisa Portelli est née en 1987 à Lagny-sur-Marne. A 10 ans, elle suit des cours de guitare ; puis, après son Bac, intègre le conservatoire de Reims. Très vite la chanson prend le pas sur les études. C’est au Printemps de Bourges qu’elle est découverte avant de sortir lauréate du ‘Paris Jeunes Talents’, en 2010.

Après s’être produite au sein de nombreux festivals et assuré les supporting acts, notamment pour Cali et Olivia Ruiz, elle publie son premier LP, « Le Régal », au sein duquel figurent « L’Echelle » ainsi que le superbe « Dans l'air », un morceau écrit par Andoni Iturioz, le leader de la formation Je Rigole. Inspirée par Lisa Ann, Jeff Buckley et Alain Bashung, cette véritable artiste de scène est responsable d’une musique particulièrement énergique…

Il a fallu attendre 6 longues années avant la parution de son second opus, « La Nébuleuse ». Sa sortie est prévue pour ce 15 septembre 2017. Un oeuvre dont les textes évocateurs sont finement ciselés. Lors des sessions, elle a reçu le concours de deux excellents musicos, Alexis Campet (basse) et Norbert Labrousse (batterie).

Un premier extrait, « Appartenir Au Large », est disponible sur la toile depuis mai dernier (NDR : pour regarder et écouter la vidéo, c’est là)

« De Noir et d’Or » ouvre la plaque. La basse frémit. Limpide, la voix est empreinte de douceur…

Et elle devient atmosphérique et fragile sur « Appartenir Au Large », une plage pop/rock chargée d’intensité, au cours de laquelle les cordes de gratte s’emballent… 

Qu’importe la destination, seul le voyage compte. Il faut alors « Naviguer » pour mieux s’évader « Vers d’Autres Voies ». Et si tu « Cherche La Joie », tu la trouveras dans « La Nébuleuse » ; et « Tout cela » pour « Longtemps ». A moins qu’elle ne se cache « Dans La Rocaille », c’est-à-dire le monde intérieur de chaque être humain : ‘ce vaste refuge que l’on porte en soi et avec pudeur’.

« Obsession » est imprimé sur un tempo plus rock, et donc devient très susceptible de vous laisser « En Sueur »…

« Je Suis La Terre » constitue une déclaration d’amour au cours de laquelle Lisa met ses sentiments à nu...

Lisa Portelli part en tournée dès novembre, un périple qui passera, notamment, par la Maroquinerie de Paris, le 23 de ce même mois.

Delvaux.

// (Ep)

Écrit par

Quand on évoque Delvaux, on pense immédiatement à Paul, le célèbre peintre belge qui a tâté du post-impressionnisme, de l’expressionnisme, avant de passer au surréalisme. C’est également le nom de deux frères issus de Geraardsbergen, qui ont décidé de monter un groupe, en 2012, sous ce patronyme. En y ajoutant un point. De cette fratrie, il ne subsiste plus aujourd’hui que le seul Bram.

Découpé en 5 pistes, cet Ep propose une musique hybride, ténébreuse et particulièrement élaborée qui baigne au sein d’un climat angoissant. Et le vocal accentue cette impression. Suivant la bio, le quintet mêlerait l’ignorance des 60’s, l’expérimentation des 70’s et le kitsch des 80’s. Mais en approfondissant le sujet, on retrouve chez cette formation d’autres références. Qui évoquent tour à tour Ozark Henry à ses débuts (NDR : l’album « I’m seeking something that has always found me ») et puis deux combos de post punk expérimental qui à leurs débuts, avaient partagé le même label, Ralph Records : Tuxedo Moon ainsi que Rhythm & Noise. Mais le tout semble avoir été contaminé par le trip hop et probablement celui de Tricky. Ainsi, alors que le morceau d’ouverture, « Un homme », baigne dans l’ambient, « 58 » emprunte une ritournelle propulsée par le synthé vintage jusqu’à son dernier souffle, c’est-à-dire après avoir cédé le relais à un tic-tac qui finit par cesser… Et si « Holy thug » se distingue par ses drums tribaux et ses cordes de gratte fébriles, hypnotique et énigmatique, « Kalvendt » constitue la meilleure plage de cet Ep. Enfin, pas sûr que « Gerets/Groetjes » adresse un clin d’œil au célèbre footballeur. C’est sans doute une autre histoire…

 

Hoboken

H.B.K.N. (Ep)

Écrit par

Hoboken n’est pas une formation issue de la région anversoise, mais un quintet tournaisien, dont la plupart des musiciens ont été biberonnés au punk et au post punk. Celui des Ramones, Clash, Pistols, Dead Kennedys, Undertones, Ramones, Mekons et on en passe. Découpé en 6 titres, cet Ep trahit inévitablement ces influences. Les chœurs dont vindicatifs, dans l’esprit du duo Strummer/Jones. Le lead vocal est plutôt déclamatoire, parfois proche du slam, à l’instar de l’enlevé « Democracy ». En général imprimé sur un tempo 4/4, cette plage se distingue par des inflexions scandées rappelant quelque part les rappeurs qui accompagnaient Serge Gainsbourg, sur « You’re under arrest ». La ligne mélodique est soignée. Parfois on pense aux Babyshambles, même si les deux derniers morceaux, « Work it out » et « Stay » sont plus élaborés, le soliste s’autorisant même l’un ou l’autre petit solo, mais judicieusement incorporé. On ressent bien le DIY des sessions ; ce qui finalement ne nuit pas trop au style musical en présence, puisqu’il reflète l’attitude d’une certaine époque…

Les textes traitent de sujets très actuels, comme celui des jeunes très connectés, mais totalement déconnectés de la réalité parce qu’ils se coupent des relations humaines…

L’album est en préparation.

 

Till it’s a Crime

Demo

Écrit par

Till it’s a crime est un duo réunissant Emeline Dufoulon (composition, guitare électrique, synthé, boite à rythmes, chant) et Fabrice Dupuy (écriture, guitare électrique et chant). Cette démo propose 4 plages au cours desquelles les deux vocalistes dialoguent ou chantent des poésies érotiques et sulfureuses. La voix de Fabrice évoque parfois celle de Gaëtan Roussel. Celle d’Emeline me fait plutôt penser à celle de Brigitte Arens (NDR : si, si rappelez vous celle qui déclamait sur le hit de Visage, « Fade to grey », en 1980 !) ou quand elle devient plus confessionnelle, Cloé…

« Ces ci et ces là » est balisé par la boîte à rythmes et les accords de piano, quelques notes de guitare éparses mais carillonnantes se posant de ci de là sur la plage…

En attendant, sans doute, « La vague », un morceau complexe, atmosphérique, qui lorgne souvent vers une forme d’électro-indus-noisy, nonobstant des intermèdes exclusivement consacrés aux tête-à-tête…

Plus dépouillé, « Sans issue » installe une conversation sur un lit de synthé, secoué épisodiquement par une boîte à rythmes programmée en cadence binaire, avant que quelques cordes de guitare ne viennent résonner d’une manière bancale…

Imprimé sur un tempo métronomique, « Les vergers » parachève cette démo. Telles de feuilles en automne, les ivoires semblent tourner en boucle quand ils n’adoptent pas un profil jazzyfiant, alors qu’en milieu de parcours, la gratte vient se greffer furtivement sur la ramure…

Microglycérime

Une insurrection old school…

Écrit par

Il y a au moins 6 mois que votre serviteur n’a plus mis les pieds au Magasin 4, une salle qui privilégie la musique alternative, et le plus souvent la noisy, le rock, le punk et le métal. Parfois, il laisse un peu de place au hip hop. A l’instar de ce dimanche 10 septembre ; puisque y sont programmés Micorglycérine et, en supporting act, Moscow Death Brigade. La faune est dominée par des coqs et des poules aux crêtes multicolores. Sympa !

Microglycérime ouvre la soirée. Le band liégeois a été fondé par Sanboy, Psykosa et Cesare Fondé, en 2002. Sur les planches, le trio de MC’s est soutenu par (drum samples), Alliks (guitare) et El basso (basse). Ils relèvent du collectif Demonios Sekt.

Le flow est tellement puissant et la rime subtile, que parfois, on ne peut s’empêcher de penser à Vince Hanaoo. Le set baigne manifestement dans un climat old school. Sombre et envoûtant, également. « Introspection » explore notre for intérieur. « Metagore » est tout aussi noir, mais chargé d’une violence intense. Une incitation à l’insurrection qui vous conduit au bord du précipice. La voix est rageuse et aussi persuasive que celle de Joe Starr. « Passager Noir » frappe sur le clou avant de se figer sur le glacial « Psychanalysé ». Les paroles s’enfoncent insidieusement dans votre boîte crânienne. Heureusement, le timbre de Cesare adoucit le flow. Les ghettos, la politique : les messages sont engagés. « Diversion », « Sanboy », « Lavage », « Art Gore » et  « Asylume » accordent davantage d’espace à la guitare et à la basse. Et les interventions sont féroces. En final, la formation s’autorise une cover de Brel, « Les Bourgeois ». Non seulement elle est audacieuse, mais elle est épatante. Une véritable claque ! Fallait vraiment oser. Chapeau. Dommage que la prestation soit si courte. A revoir, de toutes manières.  

Moscow Death Brigade peut se targuer de disposer d’un impressionnant merchandising. Ce qui va provoquer un retard de 20 minutes. Mais pas de panique, il suffit de mettre en route le PC. Le duo russe, qui a enfilé des cagoules à trois orifices, grimpe alors sur l’estrade. Un accoutrement destiné à tétaniser la foule. Le set s’ouvre par le brûlot « Brother & Sisterhood », un morceau intéressant qui a été largement diffusé sur la toile. Les voix des deux Mc’s sont impétueuses et persuasives. Elles proclament des textes anti-fascistes. Caractérisée par ses beats féroces, la musique mêle rap, hip hop, hardcore, punk et métal. Les références à Public Enemy et Run D.M.C. sont manifestes. Mais cette expression sonore dispensée par l’ordinateur portable me dérange. S’il se plante, il n’y a plus rien. On se croirait à un spectacle de semi play-back à la Chantal Goya. Pourtant, les spectateurs se lancent dans le crowd surfing ou le stage diving. C’est tout ce qu’on peur retenir ce la prestation de ce tandem masqué venu du froid…

(Organisation : Magasin 4)

Page 199 sur 1356