Light Asylum lève le voile sur un nouvel album

Peu de groupes peuvent se targuer d'avoir le statut de 'groupe culte', mais c'est clairement le cas pour Light Asylum. Emmené par la voix énigmatique de Sharon Funchess, le projet basé à Portland, dans l'Oregon, a secoué le petit monde de la musique…

Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

Nos partenaires

Nos partenaires

Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Gary Numan

Zebra

Tango (Ep)

Écrit par

Trio transalpin aux desseins délibérément émotionnels, Zebra publie « Tango », un second Ep 4 titres qui fait suite à « Home Habilis », paru en 2016. Hormis la très saugrenue idée de plagier le phrasé d’Anthony Kiedis (Red Hot Chili Peppers) sur le très mauvais et faussement funky « Branco », le reste de l’album expédie Zebra au sein d’un univers hanté à la fois par Grizzly Bear et Jeff Buckley. A cause de cette voix et puis des cordes de guitare cristallines. En outre, belles et délicates, les mélodies sont empreintes de mélancolie. Depuis Bassano Del Grappa (NDR : ce n’est pas loin de Venise), Zebra dessine des vignettes ‘indie’ qui ne manquent manifestement pas de charme...

 

Avey Tare

Eucalyptus

Écrit par

Après avoir publié « Painting With », les membres d’Animal Collective sont retournés à leurs projets parallèles. Et Dave Portner, alias Ave Tare, nous propose seulement son deuxième opus solo, « Eucalyptus », un disque qui fait suite à « Down There », sorti en 2010. Car outre ses desseins en solitaire, l’artiste a également gravé plusieurs oeuvres en compagnie de Panda Bear ou de Kria Brekkan.

Bien que baignant dans le psyché/folk expérimental, la musique d’Ave Tare se rapproche très fort de celle d’Animal Collective. On y retrouve cette précision dans l’art de superposer les nappes de synthés, des chœurs et/ou des bruitages saugrenus. Et puis, sa voix, reconnaissable entre mille. Cet elpee est essentiellement partagé entre plages mélancoliques, minimalistes (« Season High »), et plus rythmées, à l’instar de « Jackson 5 ». Et puis l’une ou l’autre perle mélodique dont il a le secret dont l’excellent « Ms.Secret ». Malheureusement, certaines pistes bruitistes, ne présentent strictement aucun intérêt, si ce n’est celui de créer des intermèdes… qui rattrapent l’animal.

Bref, intéressant quoique inégale, cet LP mérite une écoute attentive et surtout répétée, avant de pouvoir en apprécier toutes les subtilités… 

Ave Tare se produira au Botanique, ce 10 décembre. Un spectacle qu’on peut déjà décréter comme expérience unique à vivre…  

 

Big Flo & Oli

La Vraie Vie

Écrit par

En général, le deuxième elpee d’un artiste ou d’un groupe constitue toujours un exercice de style périlleux. Analyse.

L’opus s’ouvre par le titre maître. Le duo en profite pour régler le compte d’Oralsan. Les paroles traitent de la vie quotidienne en mêlant provoc et humour…

Un sujet qu’on retrouve sur « Alors Alors ». Déchirée entre rêves, réalité, amours et études, l’existence est devenue difficile. On perd des potes, mais il faut avancer…

La musique est devenue un remède, pour « Personne » ou le simple mortel ; et un concert constitue un moment suspendu dans le temps, au cours duquel on oublie ses tracas…

« Salope » aborde les sujets de la prostitution et de la traite des êtres humains.

Quelques featurings. Joey Starr, d’abord. Pour le classieux « Trop tard », une piste dont les textes oscillent entre coup de foudre et relation toxique. Busta Rhuymes, ensuite. Pour « Ca Va Trop Vite », un morceau qui remue les tripes. Et enfin, leur paternel. Sur « Papa ». Une plage chargée d’humour et d’émotion qu’il interprète en espagnol. ‘Il m’a transmis son charme et sa poésie mais j’ai aussi hérité de sa calvitie’ (Oli).

« Répondez-Moi ». Ou quand on ne répond pas aux amis et aux parents. Les frangins s’en excusent et les remercient à travers une séance de psychologie inversée.

Oli c’est le cadet. Mais aussi le philosophe. Et il raconte son authentique histoire tout au long d’« Olivio »…

« La Vie Normale » : parce que la fratrie n’a pas chopé le melon. Ils sont demeurés simples et ne se sont pas laissé embobinés par ‘Babylon’.

« Autre Part » se penche sur le thème du suicide qui touche les jeunes et la nécessité d’écouter ceux qui sont sur le chemin de l’irréparable...

Coécrit par Stromae, « C’est Dommage » affronte le thème des violences conjugales...

Ce « Sac A Dos » rappelle la belle époque de leur jeunesse.

 On peut toujours rêver. « Dans mon lit ». Surtout quand on est seul, le soir. En regrettant le temps passé. Celui vécu à ‘Toulouse’, leur vile natale ? Pourquoi fallait-il grandir ? Une des 3 plages les plus longues de cet opus.

Caractérisé par ses métaphores raffinées, « Je Suis » s’écoule sur un flow constant et précis…

« La Vraie Vie » confirme tous les espoirs qui étaient placés en eux. Et leurs thématiques sont dignes de leurs aînés et références incarnés par Eminem, Joey Starr et IAM…

 

Alex Cameron

Forced Witness

Écrit par

Il y a quelques mois, le label américain Secretly Canadian rééditait le premier opus d’Alex Cameron, un œuvre qui compilait déjà des titres composés précédemment. Mais qui bénéficiait enfin d’une parution internationale. De quoi permettre à l’Australien, de mettre un terme à un parcours semé d’embûches. Enfin reconnu à sa juste valeur, il est alors invité à tourner en compagnie de Foxygen ainsi qu’à se produire lors de grands festivals estivaux. Et notamment, tout récemment, à Dour.

Quelques mois plus tard, il nous propose un nouvel elpee. Intitulé "Forced Witness", il a reçu le concours du talentueux Jonathan Rado, à la mise en forme. Pas une première, puisqu’il a déjà apporté son concours à la production pour des œuvres de Whitney et The Lemon Twigs.

"Forced Witness" s’inscrit dans la droite lignée du précédent LP. Il y a bien un saxophoniste, qui vient enrichir circonstanciellement, certaines plages. Mais sa musique est toujours aussi minimaliste. Tout en continuant de flirter avec le kitsch, elle se limite à des interventions de synthés et une boîte à rythmes, une expression sonore sur laquelle il vient poser sa voix de crooner, un peu dans l’esprit des eighties. Ce qui n’empêche pas certaines compos d’élever le tempo, à l’instar de « Country Figs », un morceau carrément dansant. Cependant, le sommet de ce long playing est atteint par « Stranger’s kiss », une piste au cours de laquelle Alex échange un superbe duo en compagnie de l’Américaine Angel Olsen.

Alex Cameron est à l’affiche, ce 27 novembre au Botanique. Gesticulations garanties !

 

FùGù Mango

Alien Love

Écrit par

Quatuor bruxellois, Fùgù Mango est né lors du festival Rock en Seine, en 2011. Il est drivé par les frangins Lontie, Jean-Yves (guitare) et Vincent (chant et percus), tous deux issus de feu Bikinians. Ils ont rapidement été rejoints par Anne Fidalgo (basse, claviers, chant), alors Djette au sein de la capitale européenne.

Agrégeant rythmes afro et indie pop, tout en privilégiant le groove, le combo était déjà parvenu à mettre sa culture métissée au service de « Mango Chicks », un premier Ep fort prometteur paru en 2016. Ce qui lui avait permis d’écumer pas mal de scènes et festivals (Eurosonic, Printemps de Bourges, Europavox, Paléo, etc.) et même de partir en tournée dans les Balkans…

« Alien Love » constitue donc son tout premier elpee. Un disque qui reflète une maturité progressivement acquise tout en se révélant dansant et contagieux.

Les sessions se sont déroulées au sein d’un studio, en pleine campagne. Reflétant une envie de liberté et d’évasion, à l’instar des singles qui squattent les ondes radiophoniques « Blue Sunrise » et « Summer Days ».

Les puristes qui ont qualifié cet ensemble d’accident musical ont dû revoir leur copie. Et pour cause, Frank Baya, alors préposé aux percus organiques, a été remplacé par un spécialiste des percus… électroniques. Pas n’importe qui, puisqu’il assumait alors ce rôle, au sein du backing group d’Arno. Il se charge même de programmer certaines mélodies sur des machines…

Et le résultat va au-delà des espérances. Si l’enveloppe sonore synthétique nous replonge tour à tour dans les eighties ou même le disco, la conjugaison des voix opérées entre Vince et Anne rappelle, de manière incantatoire, le binôme de The XX, groupe de rock britannique en vogue.

Les arrangements sont précis et judicieusement dispensés. En outre, ses multiples reflets ensoleillés et chaleureux entretiennent un certain sentiment d’allégresse.

Pour concocter cet opus, F.M. a également bénéficié du soutien d’une fameuse équipe. En l’occurrence Luuk Cox (Stromae, Girls in Hawaii, Roscoe) à la production, Alex Gopher au mastering et Ash Workman au mixing (Christine and the Queens). En bref, le band s’est donné clairement le moyen de ses ambitions.

Curieusement, la simple écoute du disque suscite l’envie d’aller applaudir ces joyeux drilles en concert, davantage que s’attarder sur une écoute attentive et répétée…

Ce qui n’empêche pas l’album de surprendre…

 

Mokroïé

Global - System - Error

Écrit par

A travers le titre de cet opus, « Global-System-Error », le message de Mokroïe est plutôt significatif. Et même son sous-titre : ‘L’incapacité de l’homme à éviter la guerre et les crises qui en découlent…’ Ce qui laisse présager une aventure sérieuse et engagée. Le projet a été imaginé par Francesco Virgillio. Il est soutenu par la chanteuse Carol Aplogan. Et pas seulement ; car tout en s’enfonçant au cœur d’une veine électro/hip-hop, il se veut pluridisciplinaire et invite, à chaque chapitre, une série de musiciens ou chanteurs différents, mais aussi des photographes et autres vidéastes. Ce nouvel essai est d’ailleurs inspiré par les photos de Sergey Ponomarev, photojournaliste russe actif au Moyen-Orient et auprès des réfugiés.

Mais revenons-en à l’aspect musical. Lors des sessions, Francesco a ainsi reçu le concours d’invités. Dont le percussionniste Cyril Atef (fondateur de Bumcello), le batteur Dave Collingwood (vu aux côtés de Yann Tiersen et Gravenhusrt) et le vocaliste Allonymous. Artiste américain notoire pour son spoken word vindicatif, il milite chez Basement Jaxx ainsi que Push-Up, auprès de Sandra Nkaké. Cet Ep propose deux fois deux titres enregistrés sous des versions différentes. Soit une moitié instrumentale, sculptée sous un format plus électro, et l’autre davantage acoustique. Et le résultat devrait assurément plaire aux fans de trip hop et de Saul Williams.

 

Trevor Sensor

Andy Warhol's dream

Écrit par

Lorsqu'il s'agit de dénicher de nouvelles pépites, le label Jagjaguwar n'est jamais en retard d’une guerre. Outre une valeur sûre comme Bon Iver et ses nouvelles recrues, parmi lesquelles on épinglera Foxygen et plus récemment Moses Somney, il vient de signer Trevor Sensor. Agé de 23 ans, cet artiste est issu de Sterling dans l'Illinois. Repéré par Dave Keunig (guitariste chez The Killers), il vient donc de graver son premier album, après avoir publié quelques Eps.

"Andy Warhol's dream" ne se distingue certainement pas par l’illustration de sa pochette. Par contre, lors des sessions d’enregistrement, l’Américain est parvenu s'entourer de grosses pointures pour la mise en forme. D’abord Richard Swift. Il a milité chez The Shins au sein duquel il était également producteur, avant de rejoindre les Black Keys, en 2014. Et son travail de prod, il l’a aussi réservé –notamment et de manière remarquable– aux œuvres de Kevin Morby, Valérie June ou encore Damien Jurado. Jonathan Rado (Foxygen) et Brandon Darner (Imagine Dragons) sont également derrière les mannettes. Une fameuse équipe !

La voix du songwriter est à la fois rocailleuse et nasillarde. Et elle surprend, dès la première écoute. Une forme d’hybride entre celles de Saras Per Kristian Matsson (Tallest Man on Earth), Bob Dylan et Tom Waits. Les mélodies sont contagieuses. Tramées dans le folk, les compos ne négligent pas pour autant les interventions de gratte, de piano, d’orgue ainsi que celles de chœurs. Finalement, l’expression sonore navigue à des années-lumière du folk minimaliste de Tallest Man on Earth, même si la palette d’émotions est aussi large. D’ailleurs certaines plages sont bien électrifiées. Bref, cet LP a vraiment de quoi séduire…

Trevor Sensor se produira ce 28 septembre au Botanique…

 

Superscream

The Engine Cries

Écrit par

Réunissant le chanteur Eric Pariche, le bassiste Stéphane Lescarbotte, le drummer Martin Mabire ainsi que les guitaristes Daniel Sminiac et Phil Vermont, cette formation rouennaise est née en 2010. Ses sources d’inspiration majeures ? Dream Theater, Guns N’ Roses, Pain Of Salvation, Megadeth, Led Zeppelin, Rammstein, Devin Townsend et Rage Against The Machine. Notamment.

Intitulé « Some Strange Heavy Sound », son premier elpee est paru en 2011, et avait reçu un accueil favorable auprès de la critique. Tout en mêlant judicieusement metal progressif et world music, cet opus se singularisait par ses riffs heavy, ses percussions latino-américaines, son rap et ses arpèges orientaux.

Tout au long de « The Engine Cries », son second opus, le quintet a exploré de nouvelles perspectives, intégrant ainsi éléments ethniques, jazz, percussions en tous genres dans son expression sonore. Ce qui n’empêche pas la musique d’alterner heavy metal et hard rock, tout en s’autorisant des passages surprenants voire expérimentaux. Bien sûr, en prenant soin du sens mélodique et en tenant à l’œil la pertinence des mesures asymétriques…

Le vidéo de « The Engine Cries », le titre maître du long playing, est disponible ici  

 

Channel Zero

Les portes de l’humanité… vont bientôt se refermer…

Écrit par

« Exit Humanity », le huitième opus studio de Channel Zero paraîtra ce 27 octobre prochain. Bien que s’inscrivant dans la lignée des deux précédents, le nouvel elpee s’annonce plus sombre, moins violent, même s’il recèle quelques pépites musicales qui tiennent parfaitement la route. Mikey Doling, le guitariste de la formation belgo-américaine, évoque, pour Musiczine, la récente actualité du groupe et, bien évidemment, la genèse de ce nouvel effort. Fidèle à lui-même, il n’a manifestement pas sa langue en poche…

Avant de se pencher sur votre nouveau long playing, revenons tout d’abord sur ce concert que vous avez accordé, le 24 juin dernier, en ouverture des Guns ‘N Roses, au Werchter Classic. Comment s’est déroulé ce show ? N’était-il pas trop intimidant de précéder les Guns ?

(rires) Non, pas tellement ! Enfin… si ! C’était intimidant, mais pas pour ces raisons-là ! Il y a, en effet, un an et demi qu’on ne s’était plus produits ensemble… Et crois-moi, débouler sur scène, devant 60 000 personnes, sans être vraiment préparés, c’était vraiment périlleux !

En 2015, vous vous engagiez dans un périple ‘unplugged’, aux quatre coins de la Belgique. Deux ans plus tard, quel regard portes-tu sur cette aventure un peu particulière ? Cette transition et ce calme temporaire étaient-il obligatoires voire nécessaires, afin de permettre au band de mieux débouler par la suite ?

Non, du tout ! On a juste accompli cette tournée pour se faire plaisir, c’est tout. Ce n’était en tout cas pas une étape obligatoire pour le groupe, mais juste une formule qu’on voulait tester. On avait simplement envie d’adapter quelques morceaux de Channel Zero sous un format acoustique, évaluer le résultat et le proposer à notre public. Et puis comme toujours : passer du bon temps ensemble.

Cet épisode a-t-il influencé la manière dont vous avez écrit votre nouveau long playing ?

Non, pas vraiment. On a accompli cette tournée acoustique ; c’était sympa et elle appartient dorénavant au passé. Pour ce nouvel album, on est vraiment passé à autre chose. On sentait bien que le moment était opportun pour écrire de nouvelles compos vraiment lourdes et pêchues. Cet intermède acoustique n’a donc pas vraiment eu d’influence sur « Exit Humanity », car je voulais tout particulièrement que ce disque soit dans la même lignée que « Kill All Kings » et « Feed Em With a Brick ». Mais… en même temps, qu’il reflète une évolution, et soit davantage mature et plus abouti.

… ce nouvel LP est en effet de la même veine, mais néanmoins me semble moins agressif et plus sombre. C’était le but que recherché ?

Tout à fait ! Je souhaitais donc quelque chose de lourd, non pas spécialement des morceaux plus rapides ou agressifs, mais plus profonds. Je voulais également que Franky puisse y chanter de manière un peu plus variée et davantage explorer de nouvelles mélodies, en plus graves ou plus aiguës. Quand on a commencé à composer, je lui ai dit : ‘Vas-y, lance-toi, fais-toi plaisir !’ On a abordé les parties vocales de manière différente ; et je pense que le résultat est plutôt réussi…

Que signifie le titre « Exit Humanity ? » Sur l’artwork de votre premier single, « Blood Letters », on y voit un macchabée dans une morgue, une étiquette accrochée au pied, sur laquelle on peut y lire ‘Cause of Death : Religion’. Peut-on dont en déduire que selon vous, la religion serait la source de l’extinction de l’humanité ?

Je suis en tout cas convaincu que, dans le monde actuel, les gens perdent de plus en plus leur sens de l’empathie ainsi que leur amour au sens large du terme de l’humanité. Plus le temps passe, plus on oublie ce qu’être pacifique implique. Tu sais, cette disposition à accepter tout le monde tel qu’il est, et peu importe les origines, les cultures ou les religions… L’être humain est de plus en plus dépouillé de son humanité et tout le monde semble plus ou moins s’en foutre ! Pas étonnant que la société dans laquelle on vit aujourd’hui devient si sombre et si violente… Et selon nous, la religion y joue un rôle important et néfaste. C’est ce qu’on aborde notamment dans le morceau « Blood Letters », au cours duquel on se penche sur ces écrits religieux, qu’ils soient issus de la Bible, de la Torah ou du Coran, qui ont fini, d’une façon ou d’une autre, par engendrer des effusions de sang…

… j’imagine que tu as donc été influencé par l’actualité lors de l’écriture de cet opus ?

Tout à fait ! Et notre président, Donal Trump, y est évidemment pour quelque chose. Ce mec, c’est une vraie merde. Pour tout te dire, je ne le considère même pas comme un être humain. Je ne parviens toujours pas à comprendre comment il a pu devenir le leader des Américains. Ca m’échappe complètement. Tout le monde le savait, le monde entier le savait ! Et aujourd’hui, comme Américain, je suis gêné d’avoir un tel Président. Mais bon, on pourrait encore en parler pendant des heures tellement j’ai horreur de ce gars…

Sur le fourreau en carton qui habille le disque ou sur la pochette, on peut y remarquer la présence d’une petite fenêtre blanche. Un autre message ?

Il faut la voir comme une porte de sortie. C’est par cette ouverture que s’échappe l’humanité. La pochette symbolise ce que nous devenons une fois que nous avons franchi cette porte : nous nous écrasons les uns sur les autres, entouré de murs et de buildings à n’en plus finir… c’est triste, mais c’est vraiment le reflet du monde contemporain…

 

 

L’artwork de ce nouvel elpee est vraiment sombre. En prenant un peu de recul, on se rend compte qu’on est assez loin de celui de « Feed Em With A Brick ». La disparition tragique et inattendue de votre batteur, Phil Baheux, en 2013, est-elle liée ?

Non, il n’y a pas de lien. Phil nous manque terriblement, c’était un frère. Je pense à lui tous les jours. Mais ce nouvel album n’a aucune corrélation, de près ou de loin, avec sa mort. Sauf peut-être en ce qui concerne ces quelques riffs très lourds qu’on retrouve à certains moments. Il adorait ce genre de riffs.

As-tu déjà établi la set list pour cette tournée de fin d’année ?

Elle n’a pas encore été définie… mais par contre, je peux confirmer qu’elle recèlera certainement la moitié de ce nouvel album ainsi que quelques morceaux de « Kill All Kings ». Et, évidemment, les grands classiques de Channel Zero !

Sur ce nouvel LP, on peut y entendre la voix de Sen Dog, un des membres de Cypress Hill, sur « Said and Done ». Une explication ?

En fait, au départ, j’ai écrit ce morceau pour le jouer en compagnie de Max Cavalera (Soulfy, Cavalera Conspiracy, ex-Sepultura). Quand tu l’écoutes, tu peux clairement entendre qu’il sonne comme du Soulfly (NDR : Mikey Doling figurait à l’époque au sein du line up original de Soulfly). Mais bon, comme d’habitude, Max est toujours très occupé et il n’a pu se rendre disponible. C’est un de mes bons amis, il n’y a donc pas de différent personnel. Simplement, une fois de plus, son agenda débordait. Et donc un jour, alors que je discutais avec mon ami Sen Dog sur Facebook, en lui précisant que j’étais occupé d’enregistrer un nouvel album, il m’a lâché: ‘fais-moi intervenir dessus !’ Et c’est alors que j’ai évidemment pensé à lui pour remplacer Max sur « Said and Done ». On s’est donc donné rendez-vous à Los Angeles. On est entré en studio. On a fumé une centaine de joints et on a enregistré la compo !

Huit dates sont actuellement annoncées pour la tournée prévue en fin d’année. Evil Invaders et King Hiss vous accompagnent. C’était votre choix de les associer à ce périple ?

Oui, je suis un grand fan de ces deux bands ! Ce sont des jeunes et des putains de bons metalleux. On a pensé que les emmener avec nous pour cette tournée serait vraiment un chouette package à offrir à nos fans. Les gars de King Hiss figurent parmi nos très bons potes. Ils font pas mal de bruit, en Belgique, pour l’instant… bon… mais au final on sera quand même les meilleurs sur l’affiche… cependant, on veut aussi leur donner leur chance (rires)…

Avez-vous l’intention de sortir du Royaume pour entamer une tournée internationale ? L’an prochain, par exemple.

On verra bien… quelques options nous ont été offertes, dont quelques festivals comme le Wacken Open Air en Allemagne ou le Hellfest en France. Mais on n’en sait pas plus.

Mikey, tu es également le fondateur de Snot, un groupe de Neo-Metal qui a marqué cette scène au milieu des années ’90. Il est beaucoup plus discret depuis décembre ’98, soit depuis la disparition de Lynn Strait, le vocaliste. Il n’empêche qu’il s’est quand même encore produit, ensuite, aux quatre coins du monde. Que devient le band, aujourd’hui ?

En effet, notre dernière tournée en date remonte à 2014, au cours de laquelle on a traversé pas mal de pays européens. On a rencontré un succès incroyable. Plusieurs dates étaient même sold out. On ne s’attendait pas du tout à un tel engouement ! Sans quoi on se rend au Japon, en novembre, pour y accorder quelques shows. Et on envisage également d’accomplir une tournée européenne, au tout début du printemps de l’année prochaine !

… et peut-on peut-être espérer un nouvel album ?

Non, je ne pense pas… tu sais nos morceaux étaient fortement liés à Lynn Strait. Depuis son décès, on a certes dispensé des concerts, mais on n’a pas du tout l’intention d’enregistrer un nouvel album. Snot, c’était avec lui, point. Si on recommence à jouer en ‘live’, c’est uniquement pour maintenir en vie l’esprit de Snot. Mais on n’envisage pas de composer de nouveaux morceaux. Malgré le décès de Lynn, les fans avaient encore envie de nous écouter en ‘live’. Alors on a décidé de poursuivre l’aventure suivant cette formule. Et pour info, lors de la tournée prochaine, vu que Jamie Miller est parti rejoindre Bad Religion, c’est Seven (NDR : batteur de Channel Zero) qui se chargera des drums…  

(Interview réalisée le vendredi 8 juin, à Bruxelles).

The Sparks

Un Mael sympathique et l’autre flegmatique… mais ce n’est pas du pourriel…

Écrit par

Quand on évoque Sparks, on ne peut s’empêcher de penser à « This town ain't big enough for both of us », un tube qui figurait sur l’album « Kimono my house », en 1974. Fondé par Ron et Russell Mael, à Los Angeles, en 1968, le groupe a progressivement évolué, se frottant ainsi aussi bien au glam rock, à la new wave ou au synthpop et s’inspirant même des productions disco. Et notamment celles de Girogio Moroder, qui a d’ailleurs produit le best seller « No. 1 In Heaven », en 1979. Le duo a influencé une multitude d’artistes et de formations, dont New Order, Depeche Mode, Faith No More, les Smiths, Siouxsie and The Banshees et encore Sonic Youth. Affichant près d’un demi-siècle d’existence, Sparks est venu défendre son nouvel opus, « Hippopotamus », le vingt-cinquième si on tient compte de « F.F.S » co-écrit en compagnie de Franz Ferdinand et paru en 2015.

Il n’y a pas grand monde dans la salle lorsque Mister Goonite, de son véritable nom Tyler Parkford, grimpe sur l’estrade. C’est le supporting act. Vêtu d’un costard suranné en pied de poule, l’artiste est seul sur le podium. Il a emporté un bouquet de fleurs, qu’il dépose sur une table basse. A côté d’une vieille platine, un sampler et une enseigne lumineuse sur laquelle est mentionnée ‘Goodnite’. L’artiste pose sa voix, un peu à la manière de Frank Sinatra, sur une bande sonore instrumentale jazzyfiante reproduite par le vinyle, craquements d’époque y compris. De quoi donner l’impression d’être transporté dans les années d’avant-guerre. Celles qui ont célébré Fred Astaire, Dean Martin et bien d’autres. Votre serviteur préfère quand même le répertoire d’un Michael Bublé. Ses compos sont plus explosives et contemporaines tout en conservant cette saveur vintage. Tyler Parkford remontera plus tard sur les planches, mais comme claviériste/choriste des Sparks… (Pour les photos, c’est ici)

Lorsque Sparks débarque sur le podium, la salle est sold out. Les frangins Mael, Ron (72 ans) et Russel (69 ans) sont accompagnés du drummer Steven Nistor (Daniel Lanois, Sparklehorse), du gratteur Evan Weiss (Junk) ainsi que des trois membres de Mini Mansions, le claviériste Tyler Parkford, le bassiste Zach Dawes et le second guitariste Michael Shuman. Ils sont tous vêtus d’un pull marin à rayures. A rayures comme le pull de Russel, qui a enfilé un pantacourt. Chaussé de grandes lunettes, cheveux gominés et moustache en brosse à dents, Ron, lui, porte une veste en tweed et un pantalon à pattes d’eph’. Il a noué une cravate assortie. Il va se planter derrière ses claviers à droite. Et va rester quasi-impassible tout le set. Russel affiche une attitude plus sympathique. Il salue le public en français, et sans le moindre accent.   

« What the Hell Is It This Time? » ouvre le show. C’est un extrait du nouvel elpee. Russel sautille sur les planches comme un lapin au milieu de l’herbe fraîche. Sa voix est haut perchée. Parfois, elle me fait penser à celle de Freddie Mercury. Surtout quand elle monte dans les aigus. A l’instar de « Good Morning » (« Exotic Creatures of the Deep », 1994). « When Do I Get to Sing ‘My Way’ » (« Gratuitous Sax & Senseless Violins ») adopte un profil funky. La température grimpe dans la fosse. « Missionary Position » n’est évidemment pas dénué de connotations à caractère sexuel. Tiens un ancien collègue ! C’est « Sherlock Holmes » (« Angst in My Pants », 1982) qui mène l’enquête. Tout au long de « Dick Around » (« Hello Young Lovers », 2006) les harmonies vocales se superposent en boucle. Des chœurs en cascade qui se muent presque en exercice de style a capella, même si en fin de parcours les grattes plongent dans l’univers du glam. Caractérisé par ses arrangements ‘beatlenesques’, « Scandinavian Design » (« Hippopotamus ») raconte l’histoire d’une dame qui a un faible pour les meubles Ikea. Nouveau single, « Edith Piaf (Said It Better Than Me) ») se souvient, bien évidemment, de la mythique chanteuse française. « Never Turn Your Back on Mother Earth » (« Propaganda »), c’est la compo qui a influencé Indochine et Depeche Mode : même que le band de Basildon l’a adaptée. M’enfin, rien de tel que la version originale. « I Wish You Were Fun » (« Hippopotamus ») relate l’histoire d’une femme fantastique qui n’a aucun sens de l’humour. « My Baby's Taking Me Home » est un morceau entêtant. Presque oppressant même. Et pour cause, Russel répète le titre à tue-tête. Ron se lève enfin. Il ôte sa veste, la plie en quatre et la couche sur le rebord du piano. Il approche du bord de l’estrade et entame une danse frénétique tout au long de « The Number One Song in Heaven » (« No. 1 in Heaven »). C’est un des meilleurs moments de la soirée ! Son numéro terminé, il retourne se placer derrière ses claviers. Un peu comme s’il allait rejoindre les personnages en cire qui peuplent le musée de Madame Tusseau. Enfin, dès les premières notes de « This town ain't big enough for both of us », la foule entre dans un véritable délire. Avant qu’« Hospitality On Parade » (« Indiscreet ») ne termine le show en douceur.

En rappel, « Johnny Delusional » adresse un petit clin d’œil à Franz Ferdinand. Et la prestation s’achève par « Amateur Hour », un autre extrait de « Kimono my house ». Ron remercie alors Bruxelles, là où les frères Mael ont enregistré deux elpees. Et dédie le concert à Marc Moulin… (Pour les photos, c’est là)

(Organisation : Greenhouse Talent)

 

 

 

 

Page 198 sur 1356