Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Dernier concert - festival

Afghan Whigs
Jon Spencer

Slowdive

Eternal sunshine of the shoegaze mind

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Premier constat (NDR : et il saute aux yeux) : si vingt-deux années séparent l’album éponyme sorti au printemps dernier du précédent, Slowdive a remarquablement franchi le fossé générationnel. En effet, le public réunit jeunes et moins jeunes et s’agglutine devant le podium comme s’il était pressé de ne rater aucune miette du concert. Un engouement illustré par l’impressionnante liste de demandeurs d’un précieux sésame pour un événement décrété sold out en l’espace de quelques heures.

Issus de la scène Shoegaze (NDR : une étiquette musicale née de l’esprit moqueur d’un journaliste anglais qui décrivait, en ces termes, ces jeunes guitaristes qui, au seuil des années 90, se focalisaient essentiellement sur les multiples pédales de guitare alignées à leurs pieds), le groupe a donc réussi la gageure de survivre au statut de mythe d’un genre qui s’est toujours revendiqué mineur, même si foncièrement frondeur. Là où nombre de ses condisciples ont injustement sombré dans l’oubli, au prix parfois de retours avortés (NDR : notamment Lush), là où d’autres mentors ont clairement affiché leurs ambitions vénales sans vraiment se soucier de se renouveler, Slowdive affiche une santé éblouissante pour ses 28 printemps et surtout une richesse créative intacte.

Le show de ce soir va donc naviguer avec brio à travers le temps sans jamais donner l’impression de ressasser le passé. C’est le deuxième constat.

Mais avant d’aborder le compte-rendu de ce set, revenons un moment sur la première partie. En l’occurrence Blanck Mass.

Moitié de Fuck Buttons, Benjamin John Power est venu défendre « World Eater », son dernier opus solo, devant un parterre déjà copieusement garni.  

Si la prestation statique d’un artiste derrière ses consoles appartient aujourd’hui à la norme, il faut rappeler que si l’évolution des mœurs a vécu une lente révolution, elle n’en a pas pour autant fini de diviser une frange du public aujourd’hui réuni.

Le défi est donc de polariser l’attention sans user d’inutiles artifices. Rôdé à l’exercice, le protégé du label Sacred Bones va, durant 45 minutes, faire étalage de son talent en toute modestie. Sans esbroufe, juste accompagné de vidéos projetées en arrière-plan, l’Anglais tisse une toile captivante où les oreilles sont happées par diverses créatures sonores surgissant de partout et de nulle part.

Une prestation qui fait judicieusement le pont entre shoegaze et musique ambient, là où les barrières s’effondrent sur elles-mêmes en laissant l’esprit se libérer.

Et même si d’aucun estiment plus judicieux de placer ce type de performance en after party plutôt qu’en introduction, l’ami Benjamin n’en a cure et remplit son contrat haut la main.

Son set terminé, on s’attend aux mouvements de foule rituels en direction du bar. Et bien non. L’essentiel de l’auditoire préfère rester sur place. De quoi démontrer, une fois de plus, l’intérêt et la passion que génère aujourd’hui encore (et peut-être même plus qu’hier ?) le band emmené par Rachel Goswell et Neil Halstead.

Ceux-ci ne tardent d’ailleurs pas grimper sur l’estrade, sous une nuée d’applaudissements et de sifflets, en guise de bienvenue. Slowdive entame alors un périple en territoire conquis.

En toute logique, c’est par le premier titre du nouvel elpee que le rideau se lève. « Slomo » flotte donc sur une nappe de sons éthérés et de guitares délayées, sous l’impulsion d’une rythmique au souffle retenu. L’effet est immédiat et appuie le troisième constat : malgré les années, rien n’a changé. Sorte de lente progression dans la perfection, le son de Slowdive s’est forgé une identité propre et unique en son genre.

Revendiquant l’héritage de Brian Eno tout en se posant en digne successeur de la new wave, la formation est devenue précurseur d’un genre au sein duquel de nombreux disciples se sont engouffrés. Ses mystérieuses volutes soniques ont défriché de nouveaux horizons sonores, justifiant un statut de légende, qui n’a donc pas été conquis par hasard.

Et ce soir, elle va nous le démontrer.

Puisant au sein d’un répertoire de quatre long playings en presque trois décennies, le band enchaîne les titres comme autant de perles de pluie lors d’une averse d’été.

Une homogénéité illustrée par les deux extraits de « Pygmalion », sa troisième plaque gravée dans la douleur et se soldant par une séparation de près de dix ans (NDR : entre 95 et 2014, l’aventure a été mise entre parenthèses), LP subtil et clairement électro, tant dans sa composition, son instrumentation que dans son approche, qui ici, en version live, épouse parfaitement les courbes ascendantes des morceaux basés sur les guitares et les effets multiples.

Ainsi, titres d’hier et nouvelles compos s’épousent dans une harmonie intemporelle sans marquer le moindre temps mort.

Frissons et poils dressés garantis !

Réveillant les souvenirs des moins jeunes, fouettant le plaisir des nouveaux fans. Jusqu’à l’apogée, la magistrale reprise de Syd Barrett, « Golden Hair », qui clôture la première partie du concert. Les guitares, au souffle exaltant, se sont mises à balayer l’espace sonore. Et sous une voûte céleste pliant sous le poids de l’émotion, une averse de notes répercutées dans l’infini par des échos dorés, s’est abattue…

Le rappel va d’abord nous réserver un moment intimiste, à travers le magnifique « Dagger » (NDR : un extrait de l’album « Slouvaki ») avant de s’achever par « 40 days », sous un déluge de hourras et de mains dressées vers les cieux.

Un set maîtrisé de main de maître mais qui ne laisse somme toute aucune place à l’impro, redite de soir en soir, ce qui constitue peut-être le seul bémol du spectacle.

Mais il serait sot de faire la fine bouche quand le menu s’est montré si succulent.

Pour les photos, c’est ici

Setlist :

Slomo
Catch the Breeze

Crazy for You
Star Roving
Slowdive
Souvlaki Space Station
Avalyn
Don't Know Why
Blue Skied an' Clear
When the Sun Hits
Alison
Sugar for the Pill
Golden Hair

No Longer Making Time
Dagger
40 Days

(Organisation : Botanique)

 

J. Bernardt

Une fin de set carrément électro…

Écrit par

Balthazar s’est accordé une année sabbatique. Mais cette pause carrière suscite des envies d’émancipation. Les 5 membres du band ne se privent donc pas de cette opportunité. Maarten Devoldere est le premier à avoir monté son projet. Baptisé Warhaus, il est déjà responsable d’un premier elpee. Le deuxième larron, Simon Casier –c’est le bassiste– a également publié un premier elpee ; et il s’intitule « The Afterglow ». Et enfin, Jinte B. Deprez est le troisième à se lancer dans une aventure personnelle. Il a choisi pour pseudo J. Bernardt et a également gravé un premier long playing, « Running days », qu’il va proposer ce soir, dans son intégralité.

Glints assure le supporting act. Il s’agit d’un projet imaginé par le chanteur Jan Maarschalk Lemmens ainsi que les producteurs Jergan Callebaut et Mathias Bervoets. Le deuxième se charge de tout ce qui touche à l’électronique, le troisième se consacre à la guitare. Sur les planches, la formation se produit sous la forme d’un quatuor : un bassiste, un drummer, un guitariste et un vocaliste. Mais vu le matos nécessité par la tête d’affiche, les musicos n’ont guère d’espace pour s’exprimer.

La musique de Glints mêle pop, électro et hip hop. C’est d’ailleurs lors des compos de ce dernier style que le flow du chanteur –qui a enfilé un pantalon de couleur rose flashy– s’emballe, un peu à la manière de Kayne West ou de Jay Z. ; à l’instar de l’excellent « Egotism », un extrait du nouvel Ep 6 titres, « Burgundy », paru en avril 2017. Dynamisé par les percus et les beats électro, auxquels se consacre le préposé aux fûts, « Catalysm /New Flow » est davantage funky. A cause des accords de gratte. Régulièrement, Jan ondule sur place. Sa voix est vocodée tout au long de « Dread », alors que la guitare opère en toute discrétion. Si la suite du set va se révéler davantage pop, c’est lors du percutant « Sirens », un morceau hip hop, que le groupe va se révéler le plus convaincant…  

La grande salle de l’Ancienne Belgique est maintenant pleine à craquer. Trois énormes rampes de quatre spots led sont disposées en losange sur une estrade, à l’avant-scène. Lorsqu’ils tournoient, ils balaient la fosse de lumières multicolores, en synchro avec les samples électroniques. Six stroboscopes sont installés derrière la batterie, dont le kit est monté sur une estrade, plantée au milieu de la scène. Un light show qui pourrait faire pâlir d’envie Orbital voire les White Lies.

Adriaan Van De Velde, aka Pomrad, se charge des synthés. Klaas De Somer (Pomrad, Tourist LeMC), des drums. Chez Balthazar, Jinte se consacre au violon et à la guitare. Au sein de son projet il se mue en multi-instrumentiste. Il se charge même des machines et des samples. Habitée, grave, sa voix passe plutôt bien la rampe. La musique de J. Bernhardt navigue à des années-lumière de celle de Balthazar ; et pour cause, elle est issue d’un cocktail complexe et intéressant entre gospel, hip-hop, r&b et électro. Même si l’électro s’impose le plus souvent. Les cuivres sont d’ailleurs également restitués par les machines. Les vocaux et les synthés sont bien en phase. Intense, le drumming est chargé de groove. Jint relègue très souvent son pied de micro en retrait. Il se débarrasse rapidement d’un long loden de couleur noire. Faut dire qu’il fait de plus en plus chaud. Dans l’enthousiasme, il laisse tomber sa gratte, que s’empresse de ramasser un roadie. Un roadie qui va d’ailleurs souvent récupérer tout ce que Deprez laisse choir sur les planches. Qu’il arpente de long en large. Il va également prendre un bain de foule et squatter une estrade disposée dans la fosse, juste devant la table de mixage.

Du set qui va s’étaler sur 70 minutes, rappel compris, on épinglera « One Fire », un morceau caractérisé par un vocal… chamanique. Une voix qu’il place régulièrement en couches, grâce à la technologie moderne. Puis le hit contagieux « Calm Down ». Sans quoi la deuxième partie du show va nous entraîner au cœur d’une ambiance carrément électro…

(Organisation : Ancienne Belgique + Live Nation)

 

Fischer-Z

La satire politique d’un comédien dans l’âme…

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Fischer-Z s’est produit dans le cadre de l’édition 2017 du W-Festival (voir review ici). A l’issue du set, John Watts a accordé une interview à Musiczine. Si musicalement les médias ont trop souvent assimilé la musique de Fischer-Z à la new wave, c’est sans doute parce que le groupe a sévi à cette époque, alors que finalement, baignant dans une forme de reggae blanc, elle était plus proche de celle de The Police, Talking Heads ou de Split Enz. D’ailleurs, au fil du temps, elle est devenue intemporelle. Donc pas à la mode. Ce qui explique sans doute pourquoi, le band n’a jamais trop récolté de succès en Grande-Bretagne…

John admet : « Au début de l’aventure Fischer-Z, on a accordé 380 concerts, dont deux en Grande-Bretagne. On a dès perdu le contact avec les Britanniques et on s’est focalisé sur l’Europe. Par contre, cette année, on y a donné quelques shows. Six en tout. C’est plus que sur mes 40 premières années de carrière… »

Une carrière au cours de laquelle, outre Fischer-Z, Watts a monté d’autres formations et tenté une carrière en solitaire. De quoi brouiller les pistes. Il confirme : « Absolument ! (rires). Quand je me produis en ‘live’, je dispose d’un répertoire forgé au cours de toutes les époques que j’ai traversées. Tu sais, il doit compter plus de 240 titres. Donc c’est un bon vivier au sein duquel je peux puiser… »

Un jour, John a déclaré qu’il écrivait des textes difficiles sur des sujets sérieux, mais en les abordant à la manière d’un clown. Est-ce l’attitude d’un comédien dans l’âme ? Il avoue : « Je le pense. Tu sais, je crois que la plupart des sujets politiques douloureux peuvent être traités avec humour. Et quelque part, un discours politique est bien plus efficace quand il est véhiculé par des chansons, plongées au cœur d’un spectacle… » Ses lyrics traitent d’ailleurs souvent de politique. Le dernier album, ‘Building bridges’ (voir chronique là), paru cette année, est un nouvel exemple. Il traite de tas de sujets qui s’y rapportent, comme les conflits dans le monde, la globalisation, les scandales bancaires, l’escalade de la violence, les médias qui font la course au buzz, l’écologie, le terrorisme et on en passe. Mais où va-t-il chercher son inspiration pour demeurer un observateur avisé de la nature humaine. En regardant la TV ? En lisant les journaux ? Des bouquins ? Des magazines ? Ou via Internet ? Il clarifie: « Tout ce qui se déroule dans le monde m’intéresse. Pas les fictions. Mes sources principales sont puisées dans les journaux. Mais également le cinéma. J’ai trouvé mon chemin : faire la satire du monde politique. C’est la meilleure façon de faire de la politique. Internet n’est pas vraiment ma source d’inspiration… »

Pour rester dans le même domaine, au fil du temps, les politiciens perdent de plus en plus la confiance de leur électeurs, parce qu’ils prennent des décisions impopulaires. Et pourtant, dès que de nouvelles élections sont organisées, ils sont de nouveau élus. Comment comprendre ces choix ? Et comment changer cette situation ? La démocratie contemporaine, est-elle arrivée au bout du rouleau ? Il réagit : « Internet et la pub vont au-delà de la réalité. Le discours prononcé n’est plus réaliste, mais virtuel. Ce qui explique les volte-face des responsables politiques. Dès qu’ils sont élus, ils doivent affronter les faits et la réalité. Prends l’exemple de Trump aux Etats-Unis. Il ne pourra pas faire tout ce qu’il a promis. Il est limité par les structures gouvernementales. Heureusement d’ailleurs. En France, Macron veut tout changer, mais il lui faudra des années avant d’y parvenir. Puis, il y a ce stupide vote en faveur du Brexit, en Grande-Bretagne. On ne peut pas diviser l’Europe. Beaucoup de compatriotes ont choisi le Brexit en pure ignorance. Certains ont même voté blanc. Finalement ce choix va emmerder encore plus de monde. Les politiciens ne comprennent pas vraiment ce qu’est la véritable démocratie. Ce référendum n’aurait jamais dû être organisé. C’était une décision ridicule. Le Brexit ne va jamais se réaliser de la manière espérée par la population. En outre, il est impossible que cette sortie se réalise rapidement. L’intérêt du Brexit n’est pas celui de l’Europe. Et certainement pas celui des individus. Des entreprises. C’est dans l’intérêt de personne. Ce processus sera lent. Un peu comme toutes les décisions prises dans le domaine de la politique. Je ne pense pas qu’il y aura une version hardcore du Brexit, mais plutôt diluée… »

Fischer-Z est retourné sur un label major ; en l’occurrence BMG. Cette situation ne va-t-elle pas devenir, à terme, contraignante et freiner la créativité ? Il répond : « En fait, il s’agit d’une boîte dont le manager n’est autre que mon fils. C’est également lui qui contrôle les budgets. BMG fait la promotion et moi je suis totalement libre au niveau artistique… »

A l’exception de drums, John a assuré toute l’instrumentation, lors des sessions d’enregistrement de son dernier elpee. Se muerait-il en homme-orchestre ? Il répond : « En fait, j’ai demandé à un musicien de mon entourage de jouer certaines partitions et à partir de là, j’ai réalisé une sorte de sampling à la manière des artistes de hip hop. Le nouvel album sera différent… » Mais en remettant au centre du jeu de quilles, la guitare, n’était-ce pas une réaction face à la musique électronique. La réponse fuse : « Pas du tout ! J’aime la musique électronique. Enfin toutes les formes de musique. Electrique, bien sûr, également. En fait, je m’intéresse davantage à la musique contemporaine que celle du passé… »

Sur le titre maître de l’opus ‘Building bridges’, le riff de guitare semble emprunté au ‘You really got me’ des Kinks. Etait-ce intentionnel ? « Parfaitement ! Et ce titre sera remixé prochainement, sous une forme différente ; ainsi le riff ne sera plus le même… »

Après 4 décennies de carrière, John se sent-il toujours à l’épreuve quand il monte sur les planches ? « Vous savez, j’aime bien quand les événements tournent mal. C’est plus amusant. Je suis un comédien. J’aime le show et dialoguer avec la foule. C’est excitant quand il y a des imprévus… » Est-ce la raison pour laquelle il a un jour déclaré qu’il ne rejouait jamais deux fois le même show ? « Effectivement. Ma set list est toujours partagée entre nouvelles et anciennes chansons. Et pas forcément les mêmes… »

Avant de se lancer dans la musique, John a bossé comme psychologue/clinicien. Il a même suivi 5 années d’études universitaires pour obtenir ce diplôme. Son bouquin devrait bientôt sortir. Une autobiographie ? Il rectifie : « Sa sortie est reportée à l’an prochain. C’est davantage qu’une autobiographie, mais plutôt un recueil d’histoires biographiques. Il relate des pans de ma vie. J’écris ma propre histoire. Ensuite j’invite ceux dont je parle à réagir sur mes propos… C’est comme un blog analogique. Mais écrit, pas digital… » Il va également rééditer son œuvre. Probablement un boxset. Mais recèlera-t-il des inédits ? Il précise : Des remixes, c’est sûr. Mais pour l’instant, je suis trop préoccupé par les compos de mon futur album. Donc, une chose à la fois… » Ce sera quand le treizième de Fisher-Z…

Fischer-Z se produira en la salle De Roma à Borgerhout, ce 14 novembre 2017

Merci à Vincent Devos.

 

Machine Gun Kelly

Une Machine bien huilée…

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Machine Gun Kelly ou MGK, alias Richard Colson Baker, est un rappeur et acteur américain issu de Cleveland, dans l'Ohio. Son patronyme a été emprunté au surnom du criminel George Kelly Barnes. Mais il se réfère également à la rapidité de son flow. Devenu notoire suite à ses quatre premières mixtapes, il truste les Awards dans la catégorie hip hop. Et pourtant considérée comme hip hop destiné aux laissés pour compte, sa musique est largement teintée de rock.

Le supporting act est assuré par UMI, aka Umi Defoort. Avant de devenir Dj, il bossait comme plongeur au sein des cuisines de l’Ancienne Belgique. Seul derrière sa table et ses machines, il présente ses morceaux, tour à tour en français ou en néerlandais. Mais il ne parvient pas à établir le contact avec l’auditoire. La fosse est d’ailleurs envahie par un énorme brouhaha causé par les bavardages. Seules quelques jeunes groupies semblent plus attentives à sa prestation. Au bout de 40 minutes, il est rappelé à l’ordre par l’organisation. Il interrompt alors son set et repart en coulisses, sans adresser le moindre signe à la foule... 

L’Ancienne Belgique est en mode Box. Les balcons sont donc condamnés par une tenture. Réduisant ainsi la capacité de la salle à 600 spectateurs. Qui sont assez jeunes et parmi lesquels on remarque la présence de nombreuses (pré)adolescentes.

Trois cages grillagées sont plantées sur autant d’estrades. Une pour le drummer installé à gauche (NDR : à gauche et à droite de son matos trônent deux grandes rampes de lumières en forme de ‘X’), une autre sertie de pierres reconstituées pour le chanteur, qui a revêtu une veste d’hiver, et une dernière destinée aux deux préposés aux claviers ou à la basse. Un noir et un blanc. Ce dernier se consacre également aux backing vocaux et aux machines. Et lorsque l’un ou l’autre passe à la quatre cordes, il rejoint alors le guitariste, sur une même ligne. Un micro imposant en métal, mais en forme de fleur de tournesol, est planté au milieu du jeu de quilles, et il semble tourné vers le plancher. Sans doute une référence au titre du nouvel LP…

En début de set, le flow de Richard est plutôt rapide. Une véritable kalachnikov ! Il descend de son piédestal pour rendre hommage à feu Cheter Bennington, à travers une reprise magistrale de « Numb », au cours de laquelle le drumming se révèle à la fois précis et métronomique. Richard transpire de plus en plus et décide d’ôter sa veste, puis son tee-shirt. Il laisse ainsi apparaître d’imposants tatouages sur le torse et le dos, un peu comme Lincoln Burows, mais le pantalon est retenu par des bretelles. Régulièrement, il se sert d’une gratte. Et c’est loin d’être un manchot dans l’exercice. Il commence à y avoir du mouvement dans l’auditoire. Surtout chez les jeunes filles. Lorsqu’elles se densifient, les compos virent parfois au rapcore. Richard a envie d’en griller une. Il adresse un signe au public et un type lui balance un pétard qu’il s’empresse d’allumer et de fumer. L’interdiction de fumer à l’AB… ne s’adresse pas aux musiciens. Le batteur est un phénomène à lui seul. Le gratteur remue énormément sur le podium et, à un certain moment du concert, se prend pour Jimi Hendrix, en jouant de son instrument, placé dans le dos. Et il n’a pas son pareil pour muscler les compos. Pas un seul temps mort lors de ce concert accordé par Machine Gun Kelly. Dix-huit morceaux en près de 90 minutes ! Au cours desquels, de nombreuses plages du dernier opus, « Bloom », seront interprétées, dont les deux tubes qui ont cartonné sur le net, « At My Best » et Bad Things, mais sans Hailee Steinfeld, ni Camila Cabello. Richard rappe divinement ou chante, suivant les titres, d’une voix très susceptible de prendre un véritable envol ou alors de coller à un slow crapuleux. Manifestement, le MGK est une machine bien huilée…

 (Organisation : Ancienne Belgique)

The Souljazz Orchestra

Des saxophones pour mettre le souk !

Écrit par

Le lancement de JAZZ 100, opéré au printemps dernier, atteindra son point culminant lors de The New Wave of Belgian Jazz qui proposera, du 13 au 18 décembre, la crème de la nouvelle scène belge, mais également l’influente nouvelle vague londonienne, afin de célébrer dignement le 100ème anniversaire de la sortie du tout premier disque de jazz. Ainsi, le 16 du même mois, se déroulera un mini festival de jazz/fusion qui ira à la rencontre de la world, du funk, de la soul, de l’afrobeat et de l’élecro, notamment. En attendant, ce 30 septembre, dans le même contexte, l’Ancienne Belgique accueille deux figures du label londonien Strut (NDR : une des écuries préférés du gourou Gilles Petersen), The Soul Jazz Orchestra et Kondi Band.

Le Kondi Band ouvre donc la soirée. Il réunit le dj/bidouilleur/producteur américain Chief Boima et le Sierra léonais Sorie Kondi. Aveugle, ce dernier joue du kondi, c'est-à-dire une sorte sanza dont les vibrations des lamelles métalliques ou de bambous, fixées sur une planchette de bois, sont modulées par le bout des doigts ou les pouces. D’ailleurs l’attention de la foule se focalise sur cet artiste, dont l’instrument est posé sur ses genoux. Chief est planté derrière son partenaire, et tripote ses machines disposées sur une table haute. Le duo est soutenu par un préposé aux bongos (NDR : de petits formats !), aux percus électroniques et à la boîte à rythmes. La formation est venue défendre son dernier elpee, « Salone », paru en juin dernier. Les vocaux sont interprétés tour à tour en anglais ou en dialecte sierra léonais. Spasmodiques, ils sont propices à la danse et à la transe.

« Yeanoh » nous entraîne au cœur d’une atmosphère brumeuse peuplée de dieux et d’esprits créoles. Mais dès « Belle Wahalla », percussions, boucles électroniques et chant incantatoire entraînent le public dans une véritable transe hypnotique. Un envoûtement qui tire parti du principe de la répétition et de la progression lente afin d’atteindre une forme d’exaltation. Et si l’expression sonore a un pied aux States et l’autre dans la mystérieuse brousse africaine, tel un gardien des traditions, Sorie se transforme en conteur et en griot pour l’indolent « Thank You Mama ». Il invite une dame installée aux premiers rangs à monter sur les planches et à danser. Il se lève alors pour chanter et se met à se trémousser comme seuls les Africains sont capables de le faire. A cet instant la communion entre l’auditoire et le band est totale…  

Issu d’Ottawa, The Souljazz Orchestra réunit la chanteuse/percussionniste Marielle Rivard, le chanteur/pianiste/organiste Pierre Chrétien, le drummer Philippe Lafrenière et un trio de cuivres. Soit Steve Patterson (tenor sax), Ray Murray (baritone sax) et Zakari Frantz (alto sax). Les saxophonistes se placent d’ailleurs au centre et en ligne. Les deux autres musicos, aux extrémités du podium. Mais pas de trace de la vocaliste.

Et on est parti pour 60 minutes de folie. De jazz, il n’en est pas seulement question, mais également de rythmes latinos, soul, bossa nova, caribéens, disco et même funk. Explosifs, les saxophones vont littéralement mettre le souk. Et pourtant les cinq musiciens sont pros jusqu’aux bout des ongles. La musique est cependant, ce soir, essentiellement instrumentale. Episodiquement, on entend quelques mots ou vagissements viscéraux. Bien chauffé par le combo précédent, le public n’arrête pas de s’agiter.

Et après avoir quitté les planches, la troupe revient pour accorder un rappel de sept titres. Un peu comme si on assistait à un deuxième concert. Un encore au cours duquel on se serait cru en Australie, en pleine réunion de kangourous. Et pourtant, le band est bien canadien et pas australien…

(Organisation : Ancienne Belgique)

Bozar Electronic Arts Festival 2017 : vendredi 29 septembre

Le Bozar Electronic Arts Festival fête déjà sa sixième édition ; et pour être franc, c'est un des meilleurs festivals de musique électronique en Belgique. Le lieu ? Le Bozar (le Palais des Beaux-Arts, pour celles et ceux qui ne connaissent pas Bruxelles). Cet endroit est bien entendu magique et l'organisation, impeccable, mais c'est surtout la programmation qui est intéressante. Elle combine classicisme, expérimentation et avant-garde, sans négliger un côté 'mainstream', voire même 'clubbing'. Pour les aficionados de la musique 'dark' orientée 'wave', comme votre serviteur, il y a toujours quelque chose à se mettre dans le creux de l’oreille. Les années précédentes, l'affiche était rehaussée par la présence, notamment, de Silent Servant, Regis, Andy Stott ou encore Veronica Vasicka. Pour cette édition, c'est surtout la soirée du 29 septembre qui a retenu notre attention, car elle nous réserve des concerts de Black Rain et de Ben Frost.

La soirée commence bien : dans le hall, nous croisons Alison Lewis, mieux connue au sein des milieux 'dark' sous le pseudo de Zanias, une artiste interviewée à plusieurs reprises par votre serviteur. Ancienne chanteuse de la formation légendaire de dark-pop Linea Aspera, elle incarna également la moitié de Keluar. Et elle nous signale qu’elle prêtera sa voix à Black Rain. Une bonne nouvelle !

Black Rain, c'est un des multiples projets imaginés par l'Américain Stuart Argabright, connu grâce à Death Comet Crew et Dominatrix mais surtout à Ike Yard, la formation new-yorkaise pionnière de la 'no wave'. Active depuis les années 80, Black Rain a connu une renaissance en 2012 après la sortie des « Soundtracks 1995-1995 » de William Gibson, publiées sur l’écurie britannique Blackest Ever Black. Inscrit au catalogue de labels tels que Les Disques du Crépuscule et Factory Records, le projet est largement reconnu comme précurseur pour la musique industrielle, proto-techno et post-punk.

Au Bozar, Stuart Argabright est accompagné par Soren Roi, aux synthés modulaires et à la guitare, et Otto Lindholm à la contrebasse. Argabright se consacre au laptop, au synthé et à la basse. Dans le ‘Studio’, le petit amphithéâtre du Bozar, plein à craquer, la formation déroule sa musique dark ambient teintée de rythmiques technoïdes. Les compos sont assez bruitistes, atonales et sombres. La setlist se focalise sur « Black Pool », le dernier opus en date du projet, publié l'année dernière, mais propose également des nouveaux titres. Ils devraient d’ailleurs figurer sur le prochain disque, dont la sortie est prévue pour la fin de l'année. Dans le dernier tiers de la prestation, Alison Lewis rejoint le trio pour interpréter quatre titres, dont les deux « Profusion (I et II) ». Drapée dans un superbe ensemble noir aux allures de sari, elle fascine et impressionne. Telle une diva gothique, elle alterne mélodies lancinantes et phrasés plus expérimentaux. Par moments, sa voix lorgne sur le chant lyrique de Lisa Gerrard, une des chanteuses, on le sait, qui l'ont le plus marquée dans sa vie. Un set été intense et profond, qui constitue une excellente mise en bouche avant le plat de résistance...

Ce plat de résistance nous est servi par Ben Frost. L'Australien, qui réside en Islande, est un fidèle du festival ;  il a déjà foulé les planches du Bozar en 2012 et 2014. Aujourd'hui, il est clairement devenu une 'superstar' de la musique électronique et c'est en majorité pour lui que le public a investi en masse la grande salle Henri Leboeuf. La musique de fond dispensée avant le concert se résume à un son monotonique régulier, semblable au beep d'un électrocardiogramme. Enervant mais idéal pour créer un manque et susciter le désir avant le déferlement qui va suivre.

Vers 21h40, accusant 10 minutes de retard, l'artiste prend possession de la scène, sous les fumigènes. Arborant une barbe et des cheveux longs, campé derrière une large table placée au centre du podium, sa stature de bûcheron en impose. Le light show est exclusivement composé de lumières d'un bleu électrique rappelant la pochette de « The Centre Cannot Hold », son dernier opus produit par Steve Albini qui, jolie coïncidence, sort ce jour même chez Mute Records.

Si, sur disque, la musique de Ben Frost peut paraître parfois monotone, son incarnation sur scène est, par contre, d'une puissance impressionnante. Les écarts de dynamique sont frappants : on passe des atmosphères les plus 'ambient' aux explosions soniques d'infra-basses et de synthés. On reconnaît la plupart des thèmes du dernier LP, notamment « Ilonia » et « Entropy in Blue », mais les séquences rythmiques et les modules mélodiques sont triturés et torturés en live par un Ben Frost véritablement possédé. Un autre possédé, c'est le fan lourdingue du premier rang qui, en transe depuis le début du concert, va jusqu'à monter sur le podium pour congratuler l'artiste, avant d'être fermement éconduit par un membre de la sécurité.

Les jeux de lumière sont bluffants. Les vidéos projetées sur l'énorme écran, tendu au fond de l’estrade, deviennent progressivement plus précises et représentent des nuages en mouvement ou des mousses qui se gonflent comme un Alien, le tout dans la couleur bleue obsessionnelle qui évoque Klein.

L'univers sonore ressemble à un voyage dans les tréfonds des geysers islandais. Le calme sourd, sombre et profond, avant le surgissement des forces telluriques. On pense à Autechre, The Knife, Empyset, Prurient ou Blank Mass ; mais la signature musicale de l'Australien est foncièrement originale. 

Cette symphonie tirée des abysses de la terre s’achève au bout d’une heure. Et pour ponctuer ce show époustouflant, Ben Frost vient saluer la foule, la main sur le cœur. A revoir au plus vite !

Le programme prévoit encore la prestation de Pantha du Prince et la performance ‘SpaceTime Helix’ proposée par Michela Pelusio et Glenn Vervliet. Mais la soirée a été suffisamment riche. Ce sera pour une autre fois !

(Organisation : Bozar)

Slowdive

Slomo

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Vingt-deux ans que Slowdive n’avait plus enregistré de nouvel album. Il s’agissait de « Pygmalion », juste avant que la band ne soit viré par Creation. Le combo va alors poursuivre son aventure au sein de Mojave 3. Mais sans le drummer, Simon Scott, parti alors embrasser d’autres horizons sonores, chez Televisie. Les musicos vont également, en parallèle, développer des projets plus personnels. Mais en 2014, le combo se reforme, célébrant le retour de Scott. Et début de cette année, il décide de graver son quatrième elpee. Pour un résultat tout bonnement épatant. Malgré un recours judicieux à l’électronique. Car elle est mise au service de l’instrumentation organique. C’est même Simon qui s’en charge.

En écoutant ce « Slomo », on ne peut s’empêcher de penser à la nature. Aux nuages, aux étoiles, aux cieux, au vent ainsi qu’aux océans. Notamment. Les compos baignent au sein d’une brume veloutée. Limpides, les voix de Neil Halstead et de Rachel Goswell n’ont jamais été aussi complémentaires. Et puis il y a ces sonorités de guitares. Shoegaze, noisy, lumineuses, tintinnabulantes, éthérées, mélodieuses, raffinées, sauvages et surtout délicieuses…

Le long playing est découpé en 8 morceaux. Une œuvre qui s’ouvre par l’élégant et addictif « Slomo » et s’achève par l’hypnotique « Falling ashes », une piste caractérisée par ces notes de piano en boucle qui ouvre de nouvelles perspectives dans l’écriture de Slowdive. Hymnique, « Star roving » est abordé dans l’esprit de Ride, mais après avoir été trempé dans le miel. « Don’t you know why » et « No longer making time » lorgnent carrément vers Cocteau Twins, même si certaines tonalités de cordes évoquent plutôt Durutti Column. Des guitares en arpège et une ligne de basse alt rock alimentent le single « Sugar for the pill », une plage qui aurait pu figurer au répertoire de Mojave 3. Mélancolique, « Everyone knows » aurait pu servir à la B.O. du film consacré aux « Hauts de Hurlevents », le roman d’Emilie Brontë. Plus complexe, « Go get it » baigne au sein d’un climat ténébreux, mais se distingue par ses vocaux en couches, son riff sauvage, son crescendo luxuriant ainsi que son groove enfiévré et humide…

Un must ! Slowdive se produira ce 7 octobre au Botanique, mais c’est sold out depuis belle lurette…

 

The Afghan Whigs

In Spades

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Le 28 juin 2017, Dave Rosser, le guitariste d’Afghan Whigs décédait des suites d’un cancer du colon. Soit moins de deux mois après la sortie du septième opus du groupe de Cincinnati. Le gratteur avait remplacé Rick McCollum, en 2014. Il avait encore participé à l’enregistrement de cet opus, malgré le diagnostic, posé avant les sessions. Et « I get lost », valse bouleversante, aborde ce sujet douloureux…

Au sein d’Afghan Whigs, du line up initial, il ne reste plus que le chanteur/compositeur/guitariste rythmique Greg Dulli et le bassiste John Curley. N’en déplaise aux censeurs, mais votre serviteur avait apprécié le précédent opus, « Do the beast ». Et il apprécie tout autant cet « In spades ». Qui est quand même différent, il faut le reconnaître, même si on retrouve toujours la voix d’écorché vif de Dulli, également capable d’osciller du falsetto venimeux au baryton riche. Riche comme l’expression sonore qui est régulièrement alimentée de cuivres, d’arrangements de cordes et d’interventions de violon et/ou de violoncelle. Sans oublier la présence du piano, parfois électrique, du mellotron, du vibraphone, du synthé et bien sûr de l’instrumentation basique. Ce qui n’empêche pas certaines compos de se révéler particulièrement électriques et percutantes. A l’instar d’« Arabian heights » ou de « Copernicus », dont le riff principal semble avoir été emprunté au « You really got me » des Kinks, à moins que ce ne soit à T.Rex… et même du funkysant « Light as a feather ». Les autres compos adoptent le plus souvent le profil d’une ballade, mais souvent mid tempo et très susceptible de brisures ou d’envols ; des plages parmi lesquelles on épinglera le single diabolique et de mauvaise augure « Demon in profile », qui explore les thèmes de la sexualité, de la mort et du désir, du raffiné mais tellement vulnérable « Toy automatic » ou du final mélodramatique, « Into the floor ». Deux pistes osent des orchestrions surprenantes. D’abord le syncopé « Birdland » et puis « Oriole », construit en crescendo. Dans ces conditions, « In spades » constitue certainement un des meilleurs albums parus depuis le début de l’année…

 

Chastity Belt

I used to spend so much time alone

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Troisième opus pour ce quatuor féminin, issu de Walla Walla, dans l’Etat de Washington. Quand on écoute la musique de Chastity Belt (Trad : ceinture de chasteté), on ne peut s’empêcher de penser au mouvement Riot Grrrl, qui a connu ses heures de gloire, au cours des 90’s, notamment grâce à des groupes comme Babes in Toyland, The Breeders, Hole ou encore Veruca Salt. Une constante : les droits de la femme. Chez Chastity Belt, l’approche de ce type de lyrics est cependant humoristique, même si le climat peut paraître tour à tour mélancolique ou ensoleillé. Les cordes des deux guitares sont le plus souvent plaquées et s’enchevêtrent mélodieusement, même quand elles virent au noisy, un peu dans l’esprit lo-fi d’un Pavement, alors que la ligne de basse sert de colonne vertébrale à l’ensemble. Quant aux harmonies vocales, elles sont abordées d’une manière désinvolte, un peu comme chez Sleater-Kinney. Agréables à l’écoute, les morceaux de cet elpee évoluent quand même un peu trop souvent sur le même ton…

 

Gold Class

Drum

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« Drum » constitue le second opus de ce quatuor australien, issu de Melbourne très exactement ; un LP qui fait suite « It’s you », paru en 2015. Etonnant, mais la musique de Gold Class puise essentiellement son inspiration dans le post punk britannique. De Joy Division aux Smiths en passant par The Sound, même si solennelle, la voix d’Adam Curley lorgne plutôt vers celle de Garce Allard (Sad Lovers & Giants). La ligne de basse est propulsive, les cordes de gratte savoureusement discordantes, effilées, vulnérables, les drums implacablement syncopés, le tout baignant au sein d’un climat ténébreux, vous vous en doutez. Mais il existe une alchimie entre l’instrumentation et le chant qui rend l’expression sonore profondément addictive…

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