Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Viagra Boys
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Wilco

Cousin

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La presse internationale est dithyrambique à l’égard de « Cousin », le dernier elpee de Wilco, un disque produit par Cate Le Bon. Extrêmement soigné, il recèle plusieurs plages qui pourraient aisément être programmées sur des radios traditionnelles, même si les textes sont souvent ouvertement sociopolitiques, à l’instar d’« Evicted », ouvertement anti-armes à feu. C’est aussi un des morceaux où l’on retrouve ce groove offensif, si caractéristique, libéré par la section rythmique, qui en fait sa marque de fabrique (NDR : ça rime !). Tout comme sur « Soldier child ». Les arrangements sont riches, très riches, même parfois. Les interventions de Nels Cline sont moins tranchantes. Plus complexes comme sur « Sunlight ends ». Dans un climat sonore moins organique. Encore qu’il injecte une bonne dose d’électricité en fin de parcours sur deux pistes. Tout d’abord, elles sont déconstruites sur « Infinite surprise », pourtant traversée d’une symphonie de synthés. Et surtout sur le titre maître qui s’enfonce alors dans le psychédélisme. Mais pas sûr que Nels soit satisfait de sa collaboration sur ce disque. Ce n’est qu’un avis personnel. Après l’avoir écouté, vous pourrez aisément faire le vôtre…

The Silencers

Silent Highway

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19 longues années que les Silencers n’avaient plus enregistré d’album studio. Enfin, Jimme O'Neill avait quand même publié un elpee solo, en 2008, « Real ». En fait, il s’est installé en Bretagne avec toute sa famille. Et c’est en sa compagnie (sa fille chante sur deux morceaux et ses fils y ont participé) ainsi que le bassiste Steph Greer, le drummeur de Delgrès et de Jean-Louis Aubert, Baptiste Brondy (NDR : qui coproduit le disque), que les sessions se sont déroulées. A Nantes. Et le tout a été mixé à Glasgow. 

En résulte un opus plutôt éclectique dont les 12 titres oscillent du surf ‘enniomorriconesque’ enrobé de chœurs féminins (« Western swing ») au hard rock (un « Bringing up the young » aux accents légèrement empruntés à AC/DC et un « Torchsong » qui aurait pu figurer au répertoire des slows de Scorpions) en passant par du rock made in US plus vrai que nature (« Sunnyside »), de la ballade romantique (« Windswept girl »), du trip hop (« Whats Inna name »), du blues rythmé (« On ma mind »), du folk/pop (le titre maître, dont le long développement et les harmonies vocales sont très susceptibles de rappeler Fleetwood Mac), sans oublier les réminiscences celtiques et un synthé vintage.

Si Jimme O’Neill chante plusieurs titres, d’une voix savourement graveleuse, l’ensemble manque quand même de ligne directrice. Un seul dénominateur commun : les textes. Authentiques, sincères, politiques, ironiques ou ludiques, ils reflètent la sensibilité de l’artiste.

Pale Blue Eyes

This house

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Pale Blue Eyes est une compo écrite par Lou Reed, pour l’album éponyme du Velvet Underground, paru en 1968, mais c’est également le patronyme choisi par le trio britannique. « This house » constitue son second elpee, et fait suite à « Souvenirs », paru l’an dernier.

A propos de « Souvenirs », le combo n’en manque pas. Et surtout douloureux, puisque l’artwork de la pochette est illustré par la photo des parents de Matt Board, décédés récemment. Une sorte d’hommage.

Le line up implique donc le chanteur/guitariste Matt, son épouse Lucy, aux claviers et le bassiste Aubrey Simpson.

Naviguant quelque part entre dream pop, krautrock, electro 80’s, cold wave et shoegaze, la musique de Pale Blue Eyes est souvent offensive, enlevée, dansante, mais jamais frénétique. Si la voix de Matt est particulièrement douce, ses accords de guitare peuvent fourmiller en spirale (« Hang out »), devenir fugitivement tintinnabulantes (« Spaces »), mais surtout se révéler entraînants.

Si l’ensemble de l’opus souffre cependant d’une certaine linéarité, le morceau qui le clôt, « Underwater », est tout à fait remarquable et constitue un ‘must’ dans l’univers du shoegaze…

Tannhauser Orchestra

Spring rites

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Fondé en 2007, ce trio louvaniste répondait alors au patronyme de Tannhauser. Ce n’est qu’en 2013 qu’il a décidé d’y adjoindre le terme Orchestra. Du line up originel, il ne reste cependant qu’Erick de Deyn.

« Spring rites » constitue son sixième opus, et la formation le décrit comme du dreampunk aux tempos enragés, aux sonorités de guitare agressives, aux harmonies vocales feutrées et aux synthés caverneux. En réalité, hormis le titre maître frénétique, l’elpee trempe généreusement dans un shoegaze qui le plus souvent rappelle My Bloody Valentine ; surtout lorsque ces sonorités deviennent sinusoïdales, les harmonies vocales éthérées collant donc parfaitement à l’expression sonore. On épinglera, quand même, ces sifflotements allègres sur « Spring reverb » et puis le plus élaboré « April Pt. 2 » qui s’ouvre dans un climat pop avant de céder le relais à une belle intensité électrique…

In Search of Embers

Desillusion/Ban Habit/The Swamp (singles)

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In Search of Embers, c’est le nouveau projet de Wim Guillemyn, ex-bassiste et co-compositeur de Sygo Cries et toujours impliqué chez The Other Intern. Pour le ténébreux et incantatoire « Desillusion », Wim a fait appel à la chanteuse de ce groupe, Em Ra. Alors que Nour se charge des vocaux sur « A ban habit ». En fait, afin d’enregistrer son album, « The fragments of the interspace », dont la sortie ne devrait tarder, Wim a fait appel à des vocalistes différent(e)s. Ce qui n’est pas le cas pour « The swamp », puisqu’il s’agit d’un instrumental.

Musicalement, In Search of Embers navigue à des années-lumière de la cold wave et du post punk pratiqué par Sygo Cries. Les spectres de Red Zebra, Siglo XX et The Names ont totalement disparus pour laisser place à une expression sonore contemplative alimentée par un clavier (synthé/piano), une boîte à rythmes et quelques accords de guitare subtils. On devrait en apprendre davantage lors de la sortie de l’album…

 

Hellmut Lotti

HeLLmut Lotti Goes Metal…

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Helmut Lotigiers, aka Helmut Lotti, est né à Gand, en 1969. Il a entamé son parcours en imitant Elvis Presley, dont il est fan depuis son plus jeune âge, avant de se lancer dans une carrière de chanteur autodidacte de musique classique qui sera couronnée de succès (plusieurs disques d’or) et lui permettra de se produire un peu partout en Europe (NDR : il remplit, sans problème, le Sportpales d’Anvers) et même aux USA.

Il est cependant et également fan de heavy et de hard rock mélodique depuis son enfance, et il ne s’en cache pas. Cette nouvelle aventure a débuté par une blague, lorsque Helmut a interprété « Run To The Hills » de Maiden sur Radio Willy, une radio flamande qui cherchait à faire le buzz. Résultat, il est invité à se produire dans le cadre du Graspop Metal Meeting 2023. Et il accepte. Trois jours avant le festival, son manager et guitariste lui demande de composer un morceau, mais de métal, destiné à ce set, en particulier. Ce sera « Darkness ».  Dans la foulée, ce concert enregistré live sera immortalisé sur support, dont de nombreux titres seront interprétés, ce soir, au Cirque Royal, comme lors des dates de sa tournée.

Pour bien coller au style, Lotti avait changé son nom en HeLLmut. Et sa prestation ainsi que celle de son backing group ont agréablement surpris la foule.  

Alors là, ce soir, le public est vraiment hétéroclite et improbable. On y croise des néerlandophones, des francophones, des mammys aux cheveux gris, des papys (presque) chauves, mais aussi des métalleux barbus, tatoués et sympathiques

Il est 20h10 lorsque HeLLmut et sa troupe grimpent sur les planches. Une immense toile est tendue en arrière-plan sur laquelle on remarque la présence –dans la grande tradition des décors consacrés aux groupes de métal– des flammes de l’enfer, des éclairs et le nom de la star du soir en lettres métalliques dorées.

D’habitude, Lotti, dans son personnage de chanteur classique, de gala, de concert de Noël ou de nouvel an, est vêtu de son éternelle tenue de soirée, en queue de pie. Ce soir, elle est plus relax, car elle est constituée d’un pantalon de cuir et d’une queue de pie en cuir noir ainsi que d’un tee-shirt qui brille sous les faisceaux lumineux des projecteurs. Il est soutenu par son fidèle manager et guitariste, un bassiste, et sur deux estrades distinctes, un drummer et un claviériste.

Le set s’ouvre par « Holy Diver », une cover de Dio. HeLLmut Lotti va nous réserver les plus grands classiques du métal et du hard-rock : Kiss, Alice Cooper, Iron Maiden, ZZ Top, AC/DC, Scorpions, Metallica et Guns’n’Roses. Notamment. Bref, du lourd et de l’intemporel sur les terres sacrées et endiablées du métal. Et surtout des compos qui lui tiennent à cœur. Mais également un inédit et un titre chanté en français. Et pas n’importe lequel ! Soit « Que je t’aime » de Johnny Hallyday. Avant d’aller changer de t-shirt. Car manifestement, il l’avait bien mouillé.

Son jeu de scène est imparable. Le light show balaie généreusement le podium et l’auditoire. Après avoir attaqué d’une manière très théâtrale le « Poison » d’Alice Cooper, il embraie par l’incontournable « Smoke on the water », un titre bien rogné par l’orgue Hammond. Dans un français parfait, Lotti explique que très jeune, son frère l’a initié au hard rock en lui faisant écouter « Run To The Hills » du Maiden. Son frangin est d’ailleurs présent aux premiers rangs. Et il monte sur les planches pour épauler HeLLmut au chant. A l’issue de sa contribution, il redescend dans la fosse et accepte une bière que lui tend un spectateur.    

HeLLmut Lotti invite la foule à allumer les GSM ; et la salle se met à briller de mille feux.  Dynamiques, les musicos exécutent régulièrement des soli. Moments choisis par Lotti pour se mettre en retrait afin qu’ils puissent s’exprimer librement. Mais sa voix est toujours aussi puissante et exceptionnelle ; d’ailleurs, l’auditoire l’applaudit souvent. Pendant « I Was Made for Lovin' You » de Kiss, l’artiste ose une danse compliquée et sexy

Au cours de ce show, il a enchanté son public, mais surtout les métalleux les plus sceptiques. Et lors du rappel, il achève sa prestation par l’incontournable « Highway To Hell » d’AC/DC, que reprend en chœur tout le public du Cirque Royal, qui lui accorde une énorme ovation lorsqu’il quitte la scène, avec la satisfaction du devoir accompli et la tête haute.

Setlist : « Holy Diver » (Dio cover), « Poison » (Alice Cooper cover), « Smoke on the Water » (Deep Purple cover), « Run To The Hills » (Iron Maiden cover), «  Easy Livin' » (Uriah Heep cover), « Darkness », « Still Loving You » (Scorpions cover), « When the Lady Smiles » (Golden Earring cover), « That's Alright, Ace of Spades » (Elvis Presley cover), « Gimme All Your Lovin' » (ZZ Top cover), « Tiritomba » ([traditional] cover), « Breaking the Law » (Judas Priest cover), « Nothing Else Matters » (Metallica cover), « Paranoid » (Black Sabbath cover), « I Was Made for Lovin' You »  (KISS cover), « Que je t'aime » (Johnny Hallyday cover), « Born to Be Wild » (Mars Bonfire cover), « Here I Go Again (Whitesnake cover), « Paradise City » (Guns N’ Roses cover).

Rappel : « Highway to Hell » (AC/DC cover)

(Organisation Greenhouse Talent)

 

Thomas Frank Hopper

Du blues, mais pas seulement…

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Né à Bruges, Thomas Verbruggen, aka Thomas Frank Hopper, a longtemps vécu sur le continent africain où il a pas mal bourlingué, à cause de la profession de son paternel, dont la famille devait changer régulièrement de port d’attache. Il est également le chanteur de Cheeky Jack, une formation responsable d’un seul elpee à ce jour, « Black Sheep », paru en 2014. En solo il a gravé deux Eps et deux elpees, en autoproduction, dont le dernier, « Paradize City », est paru en septembre dernier. Le Zik-Zak, c’est un peu chez lui, car il est managé par Nicolas Sand (Rock Nation).

Le supporting act est assuré par Red Beans & Pepper Sauce, un quintet issu de Béziers, dans le sud de la France, mais depuis établi à Montpellier. Il a été fondé en 2010.

Ses références oscillent du ‘new blues’ (Gary Clark Jr., Tedeschi Trucks Band) au ‘néo vintage’ (Blue Pills, Wolfmother, Saverio Macne & Double As, The Excitements) en passant par le ‘classic rock’ des seventies (Led Zeppelin, Deep Purple), mais aussi contemporain (Rival Sons, The Black Keys) ainsi que le funk. En dix ans d’existence, ce quintet hexagonal a gravé sept elpees, dont le dernier, sobrement intitulé « 7 » est paru en février dernier. Et le band va nous en proposer quelques extraits. Il vient, cependant, de publier un Ep 4 titres baptisé « Song For The Past ».

La salle est déjà blindée quand la formation monte sur le podium.

Le line up réunit Jessyka Aké au chant, Laurent Galichon à la sixcordes, Serge Auzier aux claviers, Pierre Cordier à la basse et Niko Sarran à la batterie. La musique dispensée privilégie le rock/blues pêchu et vintage ainsi que l’americana nerveux. Mais c’est toujours le blues qui sert de socle aux compos. Lorsque Jessyka parle entre les chansons on reconnait bien l’accent du midi. Le son est un peu fort mais le public apprécie.

S’étalant sur 12 minutes, « Lock U down Long », le dernier morceau, est enrichi par quelques longs solos de guitare particulièrement techniques, dispensés par Laurent. La voix de Jessyka est aussi puissante que celle de Ian Gillan à ses débuts. Vu les applaudissements nourris, manifestement le public a apprécié le concert…

Setlist : « Going Blind », « Glitter », « No Saint », « Gonna Dance », « World Is Burnin’ », « What Happens », « Holy Guest », « No Cross », « Half World », « Lock U down Long » (12’)

Ce soir, Thomas Frank Hopper est accompagné du guitariste Diego Higueras (NDR : en parallèle, Il a développé un chouette projet en compagnie du violoniste Nicolas Draps, The Lanscape Magazine), du bassiste Jacob Miller, du claviériste Maxime Siroul et du drummer Nicolas Scalliet, installé en retrait sur une estrade.  

Frank s’assied et pose sa lap steel guitar (NDR : une dobro qui a un son plus métallique) sur ses genoux, un instrument qu’il branche sur un ampli lampes. Parfois, il se sert d’un skate board en bois muni de 4 ou 5 cordes. Mais lorsqu’il se lève, c’est pour affronter Diego dans un duel de grattes. Et ce dernier possède un toucher de cordes digne de Carlos Santana. Thomas possède une voix claire, précise et parfaitement en harmonie avec les chœurs.

Au cours de ce set particulièrement intense, l’expression sonore va osciller du boogie texan (le titre maître) au rock sudiste, en passant par la roots, le funk et le delta blues dont le périple va nous entraîner au cœur des marais louisianais, poursuivi par des alligators. De Matt Schofield à Lightnin’ Hopkins, en passant par Sean Chambers et Jimi Hendrix, les références sont multiples. « A song for the devil » voyage même nonchalamment en (Led) Zeppelin. Et l’orgue Hammond infiltre suavement « Chimera ».

Enfin pour le premier morceau du rappel, Thomas et Diego s’infiltrent au milieu de la foule et nous réservent une version dépouillée et acoustique de « Dog In The Alley », chantée à deux voix…

Setlist : « Back To The Wild », « Paradize City », « Come Closer », « A Song For The Devil », « Chimera », « The Sinner », « Crazy Mojo », « Tomb Of The Giant », « Troublemaker », « Tales From The Rails », « Savages ».

Rappel : « Dog In An Alley », « Tribe », « Till The Day I Die ».

(Organisation : Rock Nation + Zik-Zak)

 

Pomme

Elle voit des champignons partout…

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Deux ans après avoir gravé « Les Failles », pour lequel elle a remporté deux Victoires de la Musique, Claire Pommet, aka Pomme, a publié un nouvel elpee en août dernier. Intitulé « Consolation », elle l’a écrit et produit elle-même. Des nouvelles chansons qu'elle présente en concert lors d'une tournée étalée de janvier 2023 à avril 2024 baptisée ‘Consolation Tour’. La salle n’est pas comble, sur les 8500 places, il en reste 3000 de libres.

Son nouvel album s’avère intimiste, mais plus lumineux que le précédent. Dans « Les Failles », elle parlait notamment de ses anxiétés, de ses souffrances du moment. Une forme de thérapie, en quelque sorte. Pomme partage beaucoup sur la santé mentale et en a fait l’un des thèmes principaux de ses chansons.

Safia Nolin assure le supporting act. Une Québécoise connue et reconnue au Canada, mais méconnue sur le Vieux Continent. Blonde, un peu enrobée, elle (en)chante de son fort accent canadien, il fallait s’est douter ! Armée d’une sèche, elle est soutenue par un guitariste électrique. Suave, son folk chargé de spleen véhicule des textes engagés, interprétés dans la langue de Voltaire, à l’instar de « Lesbienne » …

Pomme est vêtue d’un pantalon noir et d’un body brillant orné de longues cordes blanches retombant sur ses pieds. Le décor ressemble à une immense champignonnière parsemée –bien évidemment– de champignons, mais lumineux et de tailles diverses, mesurant de 20 cm à 2 mètres de hauteur. La scène est divisée en deux parties. Le côté gauche est réservé à Pomme, sa guitare semi-acoustique, son micro et son clavier. Elle est épaulée par un quatuor, soit Elodie (mandoline), Corentin (clavier/guitare), Michelle (bassiste/guitariste), et Zoé (batterie). Ils sont tous coiffés de chapeaux en forme de champignon, mais suivant l’angle d’éclairage, ces chapeaux ressemblent alors à de grands couvre-chefs coniques tonkinois. Pomme va nous entraîner au sein d’une forêt enchantée. Mais la surprise est à chercher du côté de la droite du podium sur lequel est échafaudé une estrade de trois paliers accueillant une douzaine de musiciens classiques. Le premier réunit les violonistes, le deuxième les violoncellistes ainsi que le contrebassiste et le troisième, les cuivres (2 trombones à coulisse, 1 hautbois, 1 flûte traversière et une à bec). Toute la petite troupe est dirigée par une chef d’orchestre.

Le set débute par « Nelly », une chanson inspirée par Nelly Arcan, une écrivaine canadienne féministe qui s’est suicidée en 2009. Pomme se couche au sol pour déclamer son texte empreint de sensibilité. Dès les premières notes de « Dans Mes Rêves », toute la salle est émue, mais chante en chœur le refrain : ‘Ah minuit est là, ah je ne dors pas’. Malgré certaines chansons tristes qui parlent de la mort, elle est très interactive et attentive à l’auditoire. Avant la covid 19, elle devait accorder un set acoustique au sein d’une crypte du cimetière de Laeken (NDR : votre serviteur y était invité), mais entretemps, la pandémie est passé par là et le récital a été annulé. Elle incite la foule à chanter, danser et participer. Sa version acoustique de « Les Séquoias », en solo, constitue un moment fort de cette première partie de concert. Pendant « La Rivière », les sonorités du piano manquent parfois de clarté et de précision, ce qui perturbe le sentiment de quiétude et de sécurité que peuvent procurer les chansons de Pomme. Au milieu du spectacle, elle fait passer un appareil photo argentique, dans la fosse, afin d’immortaliser les visages de celles et ceux qui l’écoutent. Des souvenirs qu’elle publiera sur un compte Instagram dédié, pendant toute sa tournée.

Pomme alterne sans cesse entre mélancolie heureuse et désespoir doux ; son timbre clair conte les amours et tristesses d’une jeune femme de son époque. Elle est follement attachée à la nature et à ses paysages, mais aussi particulièrement engagée dans la communauté LGBTQ+. Elle va ainsi leur dédier une de ses compos. Comme elle aime improviser dans la setlist, elle y glisse une chanson douce qu’elle interprète en japonais. D’une sensibilité extrême et de toute beauté elle touche les cœurs délicats.

Mais le point d’orgue du set se produira lors du rappel. En rendant hommage à Barbara, à travers « B. », et en solitaire. Surprenant ! Et même déroutant. A cause de ce recours aux voix fausses et du vocodeur.

Le Secours Populaire est présent dans le hall de Forest National pour organiser une collecte de jouets destinée aux enfants défavorisés. Une belle initiative !

Un concert de près de 120 minutes, lumineux, parfois déconcertant, délicatement humoristique, détendu et cosy…

Setlist : « Nelly », « Dans Mes Rêves », « Septembre », « Un Million », « Les Séquoias » (Pomme solo), « RDV », « My Baby » (Julia Stone cover), « Ceux Qui Rêvent » (Pomme solo), « Soleil Soleil », « La Rivière », « Je Sais Pas Danser », « Jardin », « Anxiété », « La Lumière », « On Brûlera » (Pomme solo), « Bleu ».

Rappel : « B. » (Pomme solo), « Grandiose » (Pomme solo), « Very Bad », « Une Minute ».

(Organisation : Live Nation)

Caesar Spencer

Get out into yourself

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Citoyen anglais, Caesar Spencer est né au Pérou. Il possède, en outre, la double nationalité (suédoise) ; et déçu du Brexit (encore un !), il s’est établi en France.  On peut donc aisément parler de musique sans frontières à son égard…

Les compos de son nouvel elpee, « Get Out Into Yourself », naviguent entre pop ‘so british’ (« Isn’t That Jimi Said »), saillies surf-rock (« Hail Ceasar ») et ballades pour pur chanteur de charme baroque (« Requiem »). Mais, selon ses dires, le songwriter voulait avant tout écrire une lettre d’amour à la France et il a choisi de la graver au studio ‘La Fugitive’ où enregistraient, à l’époque, les Rita Mitsouko. Les sessions se sont déroulées en compagnie d’artistes du cru tels que Jacqueline Taïeb, le très doué Jean Felzine (Mustang) et Jo Weldin. De sa voix de crooner à la Alex Kapranos, Caesar Spencer délivre une série d’hymnes plutôt imparables (« Broken by the Song »). Une réussite de bout en bout !

Factheory

The Day (Ep)

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Le post-punk des Belges de Factheory devrait ravir les fans du genre ! En effet, « The Day », son premier Ep est plus que réussi ! Les 4 titres, pour 20 minutes de musique, ont été mixés par Stéphane Devillers du duo OK Lion ! Les morceaux d’obédience électro-pop définitivement ‘dark’ (dont 2 versions de « The Day ») rappellent bien entendu des illustres ancêtres tels que Joy Division ou Bauhaus mais aussi les plus récentes œuvres des Français de Vox Low. Synthés sombres, rythmes syncopés et voix spectrale sont bien entendu au menu ! La bande nous réserve même, avec succès, un morceau interprété dans la langue de Molière (« Souvent ») qui confère une touche d’originalité à l’ensemble. 

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