L’appel à débrancher des Burning Heads

La formation skate punk orléanaise Burning Heads vient de partager un second extrait de son nouvel opus « All Fired Up ». Attendu pour le 16 octobre 2026, ce disque succède au titre « SOS 2 » publié début septembre. À l'aube de ses quatre décennies de…

Un diptyque pour Then Comes Silence

Le trio post-punk suédois Then Comes Silence s'apprête à publier « Requiem Ballroom ». Ce huitième long playing est attendu pour le 20 novembre 2026 sous la bannière de Metropolis Records. Pour faire patienter l'auditoire, la formation menée par Alex Svenson…

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Dernier concert - festival

Biohazard 8/8/26
Guns N Roses

Annabel Lee

Drift

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Produit par Amaury Sauvé, « Drift » constitue le 3ème elpee d’Annabel Lee. Un disque qui fait suite à « Little Sad And Not So Sad Songs », paru en 2018 et « Let The Kid Go », en 2020.

Découpé en 10 plages, cet opus s’ouvre par l’offensif « Dinosaur ». Et étonnant, tant le timbre que les inflexions de la chanteuse Audrey Marot n’ont jamais été aussi proches de Suzanne Vega. Ce qui n’est pas pour déplaire à votre chroniqueur. Tout comme l’attaque de la guitare opérée sur « Kiss & ride » et l’enlevé « By the sea », qui rappelle celle de Chris Martin (Coldplay) sur « Yellow », c’est-à-dire la période la plus électrique (et intéressante) du band britannique. Et le reste ne manque pas d’allure. A l’instar de l’excellent « High anxiety », une compo d’abord imprimée sur un tempo tribal et gratinée par des accords de sixcordes cristallins puis incisifs et dynamisée par une ligne de basse cotonneuse. « Terrain vague » monte progressivement en intensité, alors que d’abord introspectif, « Comedy » s’autorise un accès de frénésie aux 2/3 du parcours, avant de retrouver sa quiétude en toute fin de piste. On épinglera encore la ballade abrasive « 24/7 » ainsi que le morceau final bien pêchu, « Spiders and monkeys ». Quant aux textes, plutôt sombres, ils abordent des thématiques tourmentées voire angoissantes…

Iggy Pop

Every loser

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Avant d’écouter le dernier elpee de l’Iguane, votre chroniqueur a sans doute eu le tort de lire les critiques –la plupart négatives– qui fourmillent sur le net. Car finalement, cet « Every loser » est de bonne facture. Bien sûr, il recèle l’une ou l’autre compo moins percutante (la ballade croonée « Morning show », l’intermède « The news for Andy »), mais l’ensemble tient vraiment la route.

Lors des sessions, il a reçu le concours de grosses pointures du rock, comme Duff McKagan (Guns N’ Roses), Stone Gossard (Pearl Jam), Chad Smith (Red Hot Chili Peppers) ainsi que des drummers Taylor Hawkins et Travis Barker. Mais aussi 3 (ex) membres de Jane’s Addiction : Dave Navarro, Chris Chaney et Eric Avery. Ce qui, bien sûr, vu le nombre de guests notoires, est rarement bon signe. Et pourtant…

Le long playing s’ouvre par le punchy et hymnique « Frenzy ». « Elégant, « Strung out Johnny » décrit les étapes des addictions qu’il a traversées et surmontées. Le « Raw power » des Stooges hante « Modern day rip off ». Iggy se moque du punk contemporain sur « Néo punk », un morceau auquel collabore Travis Barker (Blin 182). Et ça s’entend !

« Comment » s’aventure dans le post punk et enfin « The regency », titre qui clôt cet opus, s’ébroue sur un midi tempo avant de mordre dans un rock à la mélodie ténébreuse. Tout en subtilités, il est imprimé par le drumming ample de feu Taylor Hawkins (Foo Fighters) ; James Newell Soesterberg Jr en profitant pour stigmatiser l’industrie musicale.

A 76 balais, le rocker a toujours la pêche !

Tropical Fuck Storm

Submersive behaviour (Ep)

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Un Ep de 36 minutes, c’est plutôt rare ! Evidemment, lorsque, le titre d’entrée, « 1983 (A Merman I Should Turn To Be) », une reprise improbable de Jimi Hendrix, frôle les 18 minutes, on atteint facilement le temps requis pour qu’il soit considéré comme un elpee. Si le début et la fin du morceau se révèlent mélodieux, le cœur de la compo s’aventure au cœur d’une expérimentation réminiscente du Floyd circa « A saucerful of secrets », voire du Led Zeppelin. Les 4 autres morceaux constituent autant de reprises, dont la dernière, « Ann », est signée par les Stooges. Et franchement, pour la reconnaître, on vous promet bien du plaisir. Elle glisse sur des harmonies vocales falsetto avant de s’enfoncer dans une noisy frénétique, réminiscente des débuts de Sonic Youth. Les autres covers concernent des formations aussi obscures les unes que les autres : Middle Aged in The Middle Esat in The midle Ages, Men Menstration et Compliments to the Chef.  

Evidemment, pour ces pistes, le band aussie continue d’explorer. Ce qui n’est fondamentalement pas une surprise. Sonorités de guitares acides, corrosives, sur Moonburn » et rythme hip hop décalé tout au long « The golden ratio » confirment cette analyse. Seul le blues (du désert ?) « Aspirine / Slight return » se distingue par une jolie mélodie. Sur laquelle, les musicos viennent greffer leurs élucubrations sonores…

Enfin, l’artwork de la pochette a été réalisé par l’illustrateur Patrick Crimewave…

Gorillaz

Cracker Island

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Pour enregistrer son huitième LP, Gorillaz a de nouveau bénéficié du concours de toute une floppée de collaborateurs.

Beck est ainsi crédité sur le morceau final, « Possession island ». Mais il se montre plutôt discret, alors qu’un sifflotement rend le climat léger tout comme les interventions électro à la Todd Rundgren.

Bad Bunny chante en espagnol le reggaeton « Tormenta », une compo parfois jazzyfiante et à la ligne de basse aquatique.

Kevin Parker (Tame Impala) entraîne « New gold » dans une brume néo-psychédélique.

Stevie Nicks (Fleetwood Mac) chante en duo avec Damon Albarn l’élégant et rythmé « Oil ».

Thundercat se consacre à la basse et aux backing vocaux sur le titre maître, une piste… disco.

Parmi les guests on épinglera encore la présence d’Adeleye Omotayo, de Bootie Brown et MC Bin Laden.

Et si « Skinny ape » se nourrit de sonorités exotiques, la mélodie de « The tired influencer » semble s’inspirer de Prefab Sprout.

La patte d’Albarn est bien présente tout au long de « Baby queen », une compo qui relate sa rencontre avec la princesse Siribha, en 1993, lors d’un concert de Blur, à Bangkok.

La bande animée à Damon Albarn et Jamie Hewlett n’a pas exploré, sur « Cracker Island », de nouveaux horizons sonores, mais semble plutôt avoir voulu se rappeler au bon souvenir de ses aficionados…

 

Guillaume Ledent

Fancy Fair

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Son dernier elpee, « Mot dit », remonte à 2018. Entretemps, Guillaume Ledent s’est produit, pendant plus de 10 ans, en compagnie de son groupe Dérange ta Chambre pour un spectacle destiné aux enfants (plus de 200 concerts quand même). Il nous propose donc son nouvel essai, « Fancy Fair ».

S’il assure l’essentiel de l’instrumentation, outre le chant, il a quand même reçu le concours de quelques collaborateurs et collaboratrices dont sa fille Jeanne, aux vocaux et Bastien Wibaut à la basse sur « Le chanteur solo », un morceau qui évoque la solitude de ces artistes qui s’accrochent (NDR : serait-ce autobiographique ?), Stéphane Letot au cajon sur « Prends », mais surtout Emma Duret à la trompette sur six plages, interventions qui communiquent un aspect feutré aux compos.

Bossa nova, « La tanière » exhale un petit parfum Everything But The Girl. Guillaume se met à siffloter sur deux pistes. Tout d’abord le titre maître, dont les arrangements symphoniques semblent émaner d’un mellotron. Puis l’allègre « Balek », au cours duquel il clame son détachement à l’égard des entreprises de vente en ligne.

On retrouve ses intonations à la Richard Gotainer tout au long de « Tas d’idées », un titre au cours duquel il double au saxophone et au ukulélé.

Il chante les couplets à la manière de Jean-Louis Aubert (en solo !) « La fille du milieu, une chanson qui bénéficie d’une jolie mélodie.

Vous cherchez un slow du style ‘La Boum’, « Tu dénoues » en est un exemple parfait.

Le disque s’achève par « Chiche », une composition qui démarre nonchalamment, avant qu’elle ne vire au jazz/lounge, Guillaume en profitant pour souffler dans son saxophone.

Le digipack du cd est superbe. Il contient un livret avec les textes des chansons (NDR : poétiques, mais ésotériques) et puis des photos pour chacune d’entre elles, immortalisées au fond de la carrière de la CCB, à Antoing (NDR : c’est près de Tournai).

Un album soigné auquel il manque probablement deux ou trois titres plus punchy pour satisfaire pleinement le chroniqueur…

En concert

 8 Avr SAINT-GHISLAIN – SEPTEM (Foyer Culturel)

20 Avr MOUSCRON – Centre Culturel Marius Staquet

27 Mai TEMPLOUX – Templerie des Hiboux

 

Dominique A

Reflet du monde lointain

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Les morceaux qui figurent sur « Reflet du monde lointain » sont probablement des titres écartés du tracklist de « Monde réel », le précédent album de Dominique A. Il recèle 8 pistes dont une intro symphonique de 35 secondes, baptisée « Le dénouement », et un morceau instrumental de 2 minutes (« Le retournement ») tramé sur une boucle électronique minimaliste. Une boucle qu’on retrouve sur « Chaque enfant dans son monde » et « La plaine ».

Les compos les plus intéressantes figurent en première partie du long playing. D’abord l’énigmatique « Les vagues et les regrets ». Impliquant aussi bien la flûte, la basse que la batterie, les arrangements sont soignés. Une plage tout au long de laquelle le spectre de Thiéfaine plane. Des arrangements qui deviennent à nouveau symphoniques sur « La fadeur et l’intensité », après avoir goûté aux synthés aquatiques.  Et enfin « Les yeux dans le soleil » qui bénéficie d’une jolie mélodie.  

Enfin, l’opus s’achève par le dépouillé « Maison d’ambre », une chanson dispensée en mode piano/voix.

Et hormis les deux instrumentaux, ces compos véhiculent des textes remarquablement poétiques…

 

David Newbould

Power up !

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Originaire de Nashville, David Newbould a été contaminé par la musique dès son plus jeune âge. D’après les rares informations dénichées sur la toile, il publie des albums depuis 2007. Et ce « Power up ! » constitue son cinquième. Mais son parcours est plutôt mystérieux. 

L’album s’ouvre sur le morceau maître, une compo découpée dans des riffs de guitare blues/rock incisifs. Mais le reste est d’une autre nature ! Dès le sublime « Peeler Park », David nous réserve un americana comme seuls les Sudistes sont capables de nous proposer. Bien senti et sous tension électrique, son country/rock alternatif évoque Drive-By Truckers, Wilco voire Neil Young.

Le Texan maîtrise parfaitement son sujet. On ressent l’expérience du musicien qui roule sa bosse de saloon en saloon depuis de longues années. La production n’est ni trop léchée, ni trop garage. Elle laisse percoler les émotions vécues par le barbu.

Lors des sessions d’enregistrement de ce « Power up ! », David Newbould a pu compter sur une kyrielle d’invités qui viennent, tour à tour, enrichir l’expression sonore. Ainsi une superbe intervention au violon traverse « Ready for the Times to Get Better », une autre de saxophone, le morceau maître, sans oublier les incursions de guitare slide ou d’orgue, disséminées tout au long de l’opus.  

Bref, si vous appréciez l’americana, ne manquez surtout pas cet elpee de David Newbould…

Ryuichi Sakamoto

Décès de Ryūichi Sakamoto

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Le compositeur, musicien, producteur et acteur japonais Ryūichi Sakamoto est décédé ce 28 mars, à l’âge de 71 ans, des suites d’un cancer colorectal, après avoir été traité pour celui de la gorge depuis 2014

Né à Tokyo le 17 janvier 1952, il a grandi en baignant dans la culture et les arts. Initié très tôt au piano, il est inspiré aussi bien par les Beatles, les Stones, le psychédélisme de la West Coast, Bach, Haydn, le minimalisme nippon que Debussy, pour lequel il affichait une grande admiration.

A la fin des seventies, il fonde le Yellow Magic Orchestra en compagnie de Haruomi Hosono et Yukihiro Takahashi, dont la musique est influencée par Kraftwerk, musique qui va inspirer les mélodies synthétisées des premiers jeux vidéo.

Pour le mélomane lambda, il est surtout connu pour avoir composé, en 1983, la musique de ‘Furyo’ (‘Merry Christmas Mr. Lawrence’) un film réalisé par Nagisa Oshima, film dans lequel il joue face à David Bowie. Il a aussi signé de nombreuses autres B.O. de longs métrages, dont celle du ‘Dernier empereur’ de Bernardo Bertolucci, en 1987, qui lui a valu un Oscar l’année suivante, et dans lequel il joue également, ainsi que de ‘Talons aiguilles’ de Pedro Almodovar.

Côté musical outre sa trentaine d’albums (NDR : intitulé « 12 », son dernier, était paru début 2023) naviguant aux confins de la bossa nova, du classique, de l’électro, de la house, du jazz, de la lounge, du rap, du rock, de la world ou tout simplement de l’expérimentation, il a également créé des jingles publicitaires et même les sonneries des téléphones Nokia !

Il a aussi multiplié les collaborations, pami lesquelles, figurent David Byrne, David Sylvian, Iggy Pop, Maceo Parker, Robert Wyatt, William Burroughs, Youssou N’ Dour, entre autres…

Militant écologiste de longue date, il était devenu une figure de proue du mouvement antinucléaire au Japon après la catastrophe de Fukushima, en mars 2011.

En 2007, il avait également fondé ‘More Trees’, une ONG de gestion durable de forêts pour le Japon, l’Indonésie et les Philippines.

RIP

 

Beartooth

Le metal contemporain est bien vivant et pour longtemps encore…

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Trois formations se produisent, ce jeudi 23 mars, à l’Ancienne Belgique : Stray From The Path, Motionless In White et Beartooth. Ces concerts étaient programmés en 2021, mais ont été reportés à la suite de la COVID. Responsable d’un hardcore punk, le premier est issu de Long Island, New York. Fondé en 2001, il compte dix albums à son actif. Motionless in White (MIW) est une formation originaire de Scranton, en Pennsylvanie. Elle est née en 2004 ! C’est ce band qui méritait la tête d’affiche. D’ailleurs, la foule s’est déplacée en masse spécifiquement pour ce groupe. Enfin, Beartooth nous vient de Columbus, dans l’Ohio. Formé en 2018, ce combo de hardcore punk a gravé son quatrième et dernier elpee, « Below », en 2021. La date est sold out depuis bien longtemps.

Quatuor, Stray From The Path réunit le chanteur Andrew ‘Drew York’ Dijorio, le guitariste (et manager du combo) Thomas Williams, le bassiste Antoine Altamura ainsi que le drummer Craig Reynolds (un Ecossais !), perché sur une estrade. Vêtu d’une salopette et d’un marcel, le charismatique Andrew exhibe ses magnifiques tatouages sur les bras. Assez interactif, il s’adresse régulièrement aux spectateurs sis aux premiers rangs. Il hurle d’une voix aigüe, des textes à l’engagement politique manifeste. A l’instar de « III » qui évoque les violences policières et raciales aux States. La setlist va proposer essentiellement des plages extraites du dernier long playing, « Euthanasia », paru en septembre de l’an dernier.  

Le set s’ouvre par « Needful Things », le morceau d’entrée de cet LP. Les gratteurs sont en ligne. La frappe du batteur est tour à tour, dynamique, sauvage ou métronomique. Véritable brûlot, « Guillotine » tombe comme un véritable couperet, un titre qui précède le morceau de clôture, « First World Problem Child », qui traite du problème des différences de classes sociales entre ethnies, aux USA. Bonne mise en bouche d’une durée de 30 minutes.

(Photos Romain Ballez ici)

 Setlist : « Needful Things », « May You Live Forever », « Goodnight Alt-Right », « III », « Fortune Teller », « Guillotine », « First World Problem Child »

Estimé et même adulé aux Etats-Unis, Motionless In White implique le chanteur et frontman Chris ‘Motionless’ Cerulli (ses tatouages au cou sont impressionnants), Ricky Horror à la guitare rythmique, Ryan Sitkowski à la solo, Vinny Mauro aux drums et Justin Morrow à la basse. Son patronyme s'inspire de « Motionless and White », une composition d’Eighteen Visions. Au lieu de la Pennsylvanie, ce quintet aurait pu émaner de Transylvanie ; car sa musique, fruit d’un cocktail entre gothique, indus et metalcore, explore souvent les thèmes des ténèbres, de l'horreur et du macabre, attitude également reflétée par le look des musicos.

C’est son sixième opus, « Scoring The End Of The World », gravé en juin 2022, qui va alimenter l’essentiel de la setlist.  

« Thoughts & Prayers » (« Disguise ») ouvre les hostilités. Chris ne tient pas en place. Grâce à son maquillage, Ricky Horror semble débarquer des profondeurs de l’enfer ou d’un mauvais film d’épouvante. Un mort/vivant ? Un zombie ? Tornade metalcore, « Cyberhex » souffle tout sur son passage. Chris passe aisément du chant clair au ‘screamé’. L'ajout de rythmiques à coloration ‘électro’ rend l’expression sonore décalée. Riffs gras, drumming puissant ainsi que synthé glitch et techno entretiennent cette ambiance de films d’horreur de série B.  

La frappe sur les fûts est aussi punchy que technique. MIW n’en n’oublie pas son hit brutal, « Slaughterhouse » (NDR : la version studio met en vedette Bryan Garris, le chanteur de Knocked Loose). Et c’est le leader de Beartooth, Caleb Shomo, torse nu, qui monte brièvement sur le podium pour interpréter le rôle de Garris. De quoi ravir le public.

La reprise des Killers, « Somebody Told Me », est étourdissante. Et la prestation de s’achever par Eternally Yours ». Un set de metalcore absolument délicieux ! Et il fallait s’en douter, à l’issue de celui-ci, une partie de l’auditoire vide les lieux…

(Photos Romain Ballez là)

Setlist : « Thoughts & Prayers », « Cyberhex », « Slaughterhouse » (with Caleb Shomo), « Break The Cycle », « Masterpiece », « Werewolf », « Another Life », « Soft », « Somebody Told Me » (The Killers cover), « Eternally Yours ».

Beartooth est drivé par Caleb Shomo. Il est épaulé par le bassiste Oshie Bichar, le batteur Connor Denis ainsi que les sicordistes Zach Huston (solo) et Will Deely (rythmique). Avant le début du concert, les roadies viennent tendre une toile à l’avant le podium. Elle doit tomber en début de show, mais à l’heure prévue, elle reste accrochée au beau milieu. Caleb bondit déjà sur son estrade en avant-scène. Il est entouré des gratteurs qui vont déambuler tout au long du spectacle. En arrière-plan, le batteur est planté sue une haute estrade, au centre, entre des haut-parleurs Orange, des spots à leds et des stroboscopes aux couleurs variables. Au pied de chaque mur, une machine va propager, à plusieurs reprises, d’épais nuages de fumée.

Le concert s’ouvre par les très heavy « Below », « Devastation » et « Disease ». Les fans sont aux anges et hurlent à tue-tête les paroles des morceaux, devant un Caleb monté sur ressorts sur son avant-scène. Beartooth maîtrise ces refrains évocateurs, où l’on ne peut s’empêcher de crier de toutes ses forces et de danser comme si personne ne regardait. « Riptide », l’un des derniers titres du groupe, en est aussi le parfait exemple. Positive et optimiste, la chanson mélange subtilement les éléments pop et métal avec brio. Le répertoire du combo est destiné à être chanté devant des milliers de de personnes. Bon ici il doit encore y en avoir pas mal, mais c’est suffisant pour mettre le feu à l’AB. Encouragés par Caleb, les round circles éclatent dans la fosse. Torse-nu, transpirant à grosses gouttes, il est là pour assurer le spectacle. Le son est excellent et c’est le drummer, derrière sa double batterie, qui imprime le tempo, mais coordonne aussi les lumières à la fois aveuglantes et puissantes.

Ecouter les anciens titres est un véritable plaisir. A l’instar de « The Lines », « Body Bag » ou encore « In Between ». Evidemment, c’est quand même le dernier opus de Beartooth, « Below », qui domine la setlist. Sept morceaux en seront dispensés dont « Hell Of It », « Skin » et « Dominate », des compos qui passent l’épreuve du ‘live’ haut la main. C’est aussi et sûrement dû à la transformation physique de son chanteur Caleb Shomo, plus svelte et musclé ; et surtout, bien dans sa peau aujourd’hui. Sa forme se ressent sur son comportement sur les planches ; ses complexes physiques appartiennent dorénavant au passé.

En rappel, le groupe va nous réserver « The Past Is Dead » et « The Last Riff ». Lors du dernier morceau, Caleb Shomo prend un bain de foule tout en jouant de la guitare. Dans la fosse, les fans sont enchantés et lorsque le chanteur se baisse, ils l’imitent. La salle se transforme alors en une énorme discothèque métal, alors que les riffs des guitares résonnent.

Après Motionless In White, Beartooth a assuré le spectacle, même s’il aurait été logique que le premier cité soit la tête d’affiche. Mais, suite à ces concerts, on peut affirmer le metal contemporain est bien vivant et pour longtemps encore…

(Photos Romain Ballez ici)

Setlist : « Below », « Devastation », « Disease », « Body Bag », « Riptide », « Dominate », « The Lines », « Beaten In Lips », « Skin », « Hell Of It », « You Never Know », « Bad Listener », « Hated », « In Between ».

Rappel : « The Past Is Dead », « The Last Riff » inclus un solo de batterie et Caleb à la guitare.

(Organisation : Live Nation)

 

The House Of Love

30 ans plus tard…

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Votre serviteur avait assisté à un concert de The House of Love, pour la première fois, dans le cadre du Pukkelpop, en août 1991 (NDR : à la même affiche, il y avait aussi, notamment, Sonic Youth, les Ramones, Ride, les Pogues, Dinosaur Jr et Nirvana). Il avait ainsi eu l’opportunité d’interviewer, son leader Guy Chadwick (à retrouver là).

Mais surtout le 8 mars 1993, le groupe avait accordé, à l’Aéronef (NDR : l’ancien, celui de la rue Solférino), un des 20 meilleurs concerts au cours desquels il a pu assister en un peu plus de 5 décennies…

Bref, 30 ans plus tard, la formation revenait à Lille, toujours à l’Aéronef, mais celui qui est Implanté au cœur du centre Euralille depuis 1995. Et nostalgie quand tu nous tiens, il y avait une envie irrépressible d’y retourner de la part de qui vous savez.

Depuis sa création, le quatuor a connu pas mal de changements de line up. Il s’est séparé et s’est reformé plusieurs fois. Guy Chadwick a tenté une expérience en solo, mais malgré deux elpees, elle s’est soldée par un échec. Enfin, membre fondateur, Terry Bickers, le guitariste soliste, a abandonné puis réintégré le navire, à plusieurs reprises, et la dernière fois qu’il avait tiré sa révérence, c’était en 2020. C’est Keith Osborne qui le remplace. Et la basse a été confiée à son fils, Harry. Autre jeune recrue, le drummer Hugo Degenhardt.

Lorsque The House of Love monte sur les planches, le club est très bien garni et on y dénombre une majorité de quadras, quinquas et même sexagénaires.

Le set d’ouvre par « Cruel » et première constatation, malgré une belle envolée du soliste, la voix de Chadwick a perdu de sa superbe. En début de concert, elle n’est pas du tout en place. Le groupe embraie par « Christine », un hit paru en 1990. Le baryton de Guy passe mieux tout au long de « Hope », mais c’est quand il la sollicite en falsetto que les choses se compliquent. Heureusement, au fil du spectacle, il parviendra un peu mieux à la maîtriser, malgré des chœurs, pas toujours très en harmonie. Quant au drummer, pendant une bonne moitié du set, il va aussi sembler à la traîne. Mais à partir de l’excellent « Burn down the world », moment choisi pour se servir de sticks en feutre, il va trouver la bonne carburation. Heureusement, les gratteurs excellent. Les guitares sont tour à tour cristallines, gémissantes ou tintinnabulantes. La ligne de basse est profonde.

La setlist inclut quatre plages du dernier elpee, « A state of grace », dont le titre maître, le bien rock « Sweet water » et le lancinant « Sweet loser ». Mais pas de trace d’harmonica sur le « Light in the morning », malgré ses accents country…

Evidemment, ce sont les classiques qui enchantent l’auditoire, dont il reprend les refrains en chœur, à l’instar du ‘reedien’ « The Beatles & The Stones » et de l’incontournable « Shine on ». D’ailleurs, les ¾ du répertoire proposé ce soir sont consacrés à des titres issus de la première période d’existence du band, soit en 1988 et 1993. Mention spéciale à « Se dest », une ballade mid tempo énigmatique, atmosphérique, qui s’autorise quelques coups d’accélérateur bien sentis.

En rappel, Guy Chadwick revient d’abord en solo pour attaquer « Don’t pay the way ». Puis les trois autres musicos le rejoignent pour nous livrer trois compos, dont en finale, une version remarquable de « A love in a car ». Elle monte progressivement en intensité, avant de s’achever dans un climat noisy digne du 8 mars 1993 ; les trois gratteurs faisant alors face au batteur qui démontre alors que son jeu n’est finalement pas dénué de subtilités…

Bref, malgré les quelques imperfections, ce concert, qui s’est achevé en apothéose, ne pouvait rappeler que de bons souvenirs…

Photos Ludovic Vandenweghe ici

Setlist :

Cruel
Christine
Hope
Light of the Morning
The Beatles and the Stones
Into the Tunnel
Sweet Loser
The Girl With the Loneliest Eyes
Shine On
Sweet Water
Crush Me
Burn Down The World
Destroy The Heart
Se Dest
State of Grace

Rappel :

Fade Away (Guy solo)
In a Room
I Don't Know Why I Love You
Love In A Car

(Organisation : Aéronef, Lille)

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