Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

Twin Temple, amants maudits ?

Établis à Los Angeles, Alexandra et Zachary James, mariés à la ville, publieront leur troisième elpee, « Doomed Lovers », le 23 octobre sur leur propre label, Pentagrammaton Records, distribué à travers le monde par Secretly Distribution. L'annonce survient…

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Editors
Gary Numan

En Attendant Ana

Principia

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Troisième long playing pour cette formation parisienne au sein de laquelle l’ancien ingénieur du son, Vincent Hivert, est passé à la basse, depuis 2020, remplaçant ainsi Antoine Vaugelade. Et il faut avouer que ses interventions se révèlent particulièrement judicieuses, quelquefois caoutchouteuses, apportant très souvent un contrepoint aux mélodies des compos. 

Tout au long des 11 plages de cet opus, les arrangements sont soignés, parfois subtilement cuivrés. Hormis sur « Same old story » au cours de laquelle ils virent carrément mais élégamment au free jazz. Une piste aux harmonies vocales féminines qui s’entrecroisent en français et en anglais. Un régal ! Alors que « To the crush » adopte le profil d’une valse, « Wonder » est imprimé sur un tempo krautrock enlevé.

On en oublierait presque la voix de Margaux Bouchaudon (NDR : c’est aussi la compositrice) toujours aussi pure, sorte d’hybride entre celle de Laetitia Sadier (Stereolab) et de Verity Susman (Electralane), dont les groupes constituent des références majeures pour En Attendant Ana. Et si les sonorités des guitares sont toujours aussi cristallines, elle se fondent davantage dans un ensemble bien moins shoegaze que sur les albums précédents…

An Eagle In Your Mind

Intersection

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« Intersection » constitue le troisième elpee d’An Eagle In Your Mind, un duo lyonnais réunissant Sophia Acchibat et Raoul Canivet. Elle se consacre au chant et à l’harmonium indien. Il se réserve le synthé, les guitares (dont une de marque dreadnought), le banjo, le guembri (instrument de musique à cordes pincées des Gnaouas) ainsi que les percus (berbères, brésiliennes, analogiques et la boîte à rythmes). Les instrus insolites ont été ramenés lors de leurs voyages, effectués notamment en Europe de l’Est et en Afrique du Nord.  

Hypnotique, introspective, presque mystique, la musique d’An Eagle In Your Mind navigue à l’« Intersection » de l’Orient et de l’Occident, soit quelque part entre celles de Dead Can Dance, Natacha Atlas et de Lola Colt, la voix spectrale, éthérée de Sophia accentuant cette impression…

Marquis (de Sade)

Konstanz

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Au cours de sa brève existence, (1977-1981) Marquis de Sade a vécu de nombreuses tensions internes, différents qui ont conduit à la séparation, quatre ans et deux elpees plus tard. Il se reforme en 2017, puis décide de sortir un troisième opus. Mais alors que le projet est bien avancé, Philippe Pascal, le chanteur charismatique, se donne la mort le 12 septembre 2019. Le temps d’encaisser le coup et puis de décider si l’aventure va reprendre ou pas, le groupe recrute le Belge Simon Mahieu pour le suppléer, après avoir fait le tour de quelques invités comme Etienne Daho, feu Dominic Sonic et Christian Dargelos. Finalement, l’album sort en mars 2021. Pour la circonstance, Frank Darcel, le compositeur/guitariste avait accordé une interview à Musiczine (à lire ou à relire ici)

Alors que le nouveau line up semble stable, le bassiste historique du band, Thierry Alexandre commence à souffrir d’une maladie des mains et perd sa dextérité sur les cordes. Or, l’enregistrement du nouvel LP est en cours. Le reptilien et menaçant « Brighter » vient alors d’être mis en boîte. Pour pallier cette nouvelle défection, le combo est obligé de faire appel à plusieurs substituts. Cinq en tout ! Dont l’ex-Marc Seberg, ex-Kas Product, Pierre Corneau, et Jared Mickael Nickerson (The The). Mais la liste des invités ne s’est pas arrêtée en si bon chemin, puisque Vernon Reid (Living Colour) est venu donner un bon coup de six cordes sur « Er Maez », et l’ex-Voidoids Ivan Julian, sur « Listen to the big bang », auquel participe Denis Bortek (Jad Wio) au chant et James Stewart (Sun Ra Arkestra) au saxophone. Et parmi les autres guests préposés à ces instruments à vent, figurent Pierrick Pédron et Daniel Pabœuf. Sans oublier le claviériste Adriano Cominotto et le trompettiste Mac Gollehon. On en oublierait presque la chanteuse Eli Madeiros qui partage un duo avec Simon tout au long de « In the mood for love », un morceau traversé de sonorités de guitare tintinnabulantes. Bref, une vingtaine de musicos ont participé aux sessions d’enregistrement.

De ce long playing, on épinglera encore « Immensité de la jeunesse », piste au refrain contagieux, dont les lyrics évoquent la révolte des femmes en Iran. Et encore « Aux premiers feux », une ballade brumeuse qui réveille les spectres d’un passé qu’on regrette sans doute encore un peu…

Bref, un album qui tient la route, dont le titre se réfère à Constance, une ville allemande sise entre la frontière de l’Autriche et de la Suisse où Balzac, Thomas Mann, Herman Hesse, Peter Handle et quelques autres sont allés chercher l’inspiration pour écrire.

Petit bémol, la voix de Simon (qui chante pourtant aussi bien en anglais, en français, en breton qu’en allemand) ne parvient pas à transcender les morceaux et n’atteint sa plénitude que lors des duos.

Josy & The Pony

Hyponyme deluxe

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C’est Fan(n)y Gillard, présentatrice sur Radio 21, qui va donc remplacer Josette aux vocaux, au sein de Josy & The Pony. Encore que sur l’enlevé « Secte équestre », elles chantent en duo. La moitié des compos qui figurent sur cet « Hyponyme deluxe » sont de nouvelles versions d’anciens titres. Mais il recèle également 4 inédits. Sans quoi, l’esprit n’a pas changé. On y retrouve ces références hippiques, sous forme de jeux de mots, ces sous-entendu lubriques (sur le morceau final, « Barbara Âne – Trot slow II », on entend, en fin de morceau, un mec crier ‘A poil’ ; mais en fait ce serait lié à l’interdiction de balancer cette impertinence lors des concerts, en mettant un terme à l’histoire de « Jean-Roger », le skette-braguette de l’hiver dernier), cette autodérision et cet humour décalé ; et puis ce climat sixties entretenu par la guitare surf et le clavier rogné, réminiscent d’Inspiral Carpets. Sans oublier les références aux femmes qui ont chanté pour Gainsbourg (Bardot, France Gall, etc.) et quelques sonorités électroniques pour rester dans l’air du temps… Une valse quand même (« Jean-Roger – Trot slow ») et puis « Canassonic = Panic » qui nous rappelle les B52’s ; même que la voix masculine emprunte les intonations de Fred Schneider…

Big Brave

Nature morte

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Quand on parle de « Nature morte », on pense immédiatement à des peintures sur huile représentant des éléments inanimés (aliments, gibiers, fruits, fleurs, objets divers...) disposés très souvent dans une intention symbolique. A traves « Nature Morte », le trio montréalais a voulu nous sensibiliser à l’effondrement écologique, aux objets inanimés et à la mort.

La disparition de l’espoir, les conséquences sans fin des traumatismes vécus par les humains ainsi que l’oppression du genre féminin sous toutes ses formes sont évoquées par Robin Wattie tout au long de cet LP.

Les six plages de cet opus ne sont pas faciles à assimiler. D’abord, à cause de la voix de Robin : tour à tour criarde, écorchée, hantée ou comparable à un feulement. Parfois fragile ou délicate, quand même. Et puis l’ambiance y est constamment claustrophobe.

Produit par Seth Manchester (Battles, The Body), le climat anxiogène de « Nature morte » se nourrit de sonorités de guitares volcaniques, dissonantes, grondantes, chargées de larsens ou de drones distordus, du drumming minimaliste, mais aussi parfois de langueurs ténébreuses voire contemplatives. Pas de basse, cependant ! Et le tout est lacéré par les interventions vocales de Robin, dont les inflexions sont quelquefois susceptibles de rappeler celles de Björk. En bref, on ne peut pas dire que l’ambiance est à la joie !

Seul instrumental, « My hope renders me a fool » frôle l’univers de Godspeed You ! Black Emperor, autre band montréalais. Et la première partie de « The fable of subjugation » évoque une prière bouddhiste, avant de virer à la noisy âpre et dramatique…

Outed

Ondes De Gravité

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Originaire de Strasbourg, Outed est un couple sur scène comme à la ville. Il réunit Noémie Chevaux et Fred Tavernier. Ils puisent leur inspiration dans la musique qu’écoutaient leurs parents ; en l’occurrence celles des Shadows, des Rolling Stones, d’Eddy Cochran, d’Elvis Presley, de Barbara, d’Higelin, des opérettes, du classique et des Yéyés.

Découpé en 11 plages, l’opus s’ouvre par « A l’Envers », un morceau de pop sautillante éclairée par des paroles lumineuses : ‘Nos corps nus attirés par la lumière. Bercés par un chant familier. Pour un premier voyage en solitaire. Avec champagne à l’arrivée’. Des kalimbas africains (un genre de piano à pouces) enrichissent la piste dont les textes évoquent un retour aux sources et aux origines de l’humanité sur les terres africaines.

Entre ballades pop, morceaux plus électro ou pop-rock énergiques imaginés pour la scène, l’elpee révèle une approche riche et variée du duo. Enfin, pas tout à fait, car lors des sessions, il a reçu le concours de Franck Bedez à la basse, Cédric Macchi à la batterie, David Linderer aux claviers ainsi que Sébastien Hoog aux guitares et à la réalisation.

Ecrits à 4 mains, les textes conservent le style initié dans le premier album « La Matrice Du Chaos ». Et ils alimentent des chansons à leur image : sincères, libres, en clair-obscur qui reflètent les moments de joie, de névroses, d’amour, de délires de peurs, de colères et d’engagements. Mais qui peuvent soulever des questions existentielles avec légèreté et humour ou se transformer en véritable pamphlets caustiques. Plus sombres, ils enfoncent le clou sur un monde chaotique. Il y a même des poèmes mis en musique. Selon Fred et Noémie, cet LP est également une cellule d’observation en milieu psychiatrique.

Sautillant, caractérisé par sa pop électronique légèrement vintage, « Ephémère » est taillé pour le dancefloor.

« Vie tranquille », c’est le nouveau single qui a précédé la sortie du second long playing.

L’amour est éternel sur « Refaites-Moi » : ‘Faites de moi. Le plus bel Apollon, la nouvelle Aphrodite. Un modèle du genre qui vous excite. Je veux être l’objet de tous vos désirs.’

Et parfois les spectres de Daho, des Innocents, de Gainsbourg voire de Gainsbarre se mettent à rôder…

The New Death Cult

Supernatural

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The New Death Cult n’est pas un nouveau dérivé du patronyme du groupe britannique The Southern Death Cult, ni de (Death) Cult, mais une formation norvégienne responsable de deux albums à ce jour. Et « Supernatural » constitue son second. Ses sources d’inspiration ? A Perfect Circle, Biffy Clyro, Feeder, Queens of The Stone Age et Muse. Bref, essentiellement des formations nées au cours des nineties.

Il y a du groove, de l’énergie, un peu d’emphase, des changements de tempo et surtout des riffs de guitare granuleux, explosifs ou par giclées, parfois à la limite du métal voire du grunge. La voix tout comme les harmonies vocales sont à la fois raffinées et limpides et le sens mélodique soigné. Dommage que plusieurs compos semblent sorties d’un même moule, notamment en seconde partie de l’elpee.

Deerhoof

Actually You Can

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Votre serviteur ne compte plus les albums de Deerhoof chroniqués pour Musiczine. Entre 1994 et 2021, la formation a enregistré la bagatelle de 17 long playings. Et, alors que « Actually You Can » est soumis à la chronique, « Devil Kids » est paru en décembre 2021 et « Miracle-Level », en mars 2023.

Comme d’habitude, explorer l’œuvre de Deerhof, c’est plonger dans une sorte de chaos sonique au sein duquel des mélodies inventives et improbables éclosent. La voix si particulière de Satomi Matsuzaki confère une dimension unique au noise rock expérimental du groupe californien (NDR : il est issu de San Francisco). Les plages de cet LP oscillent entre morceaux quasi-pop (« Scarcity is Manufactured ») et dissonances assumées (« Epic Love Poem »). Le tout est enrobé de non-sens et de critique acerbe du capitalisme.

S’agit-il du meilleur ou le moins bon album du quatuor ? Difficile à dire ; mais finalement la réponse à cette question n’est pas très importante, puisque Deerhoof a fait du Deerhoof pur jus. De quoi ravir les aficionados du band américain…

Fenne Lily

Superbe et intimiste…

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Née en 1997, Fenne Lily est une auteure-compositrice-interprète de folk. Son premier album studio, « On Hold », est sorti en 2018, un opus enregistré sous la houlette de John Parish, le bras droit de PJ Harvey. Depuis, l’artiste britannique a déménagé à New York et intégré l’écurie de Dead Oceans (Phoebe Bridgers, Mitski, Bright Eyes) et publié deux autres long playings, dont "Breach", en 2020, et « Big Picture », ce 14 avril 2023. Cet LP a été écrit après une déception amoureuse vécue en 2020 ; et elle y raconte les diverses phases qu’elle a traversées au cours de cette période douloureuse.

Naima Bock assure le supporting act. Cette musicienne, chanteuse et compositrice indépendante est basée à Londres, au Royaume-Uni. Fille d’une mère grecque/anglaise et d'un père brésilien, elle a passé sa petite enfance à Sao Paulo. Naima et sa famille ont déménagé dans le sud de Londres à l'âge de sept ans. Adolescente, elle a commencé à assister à des spectacles, principalement au Windmill de Brixton. À l'âge de 15 ans, elle fonde Goat Gril en compagnie de quelques amis. Au sein de ce groupe de post-punk, elle se consacre alors à la basse. Après y avoir passé 6 années, elle décide de se lancer en solitaire. Son premier album, « Giant palm », est paru en 2022. Et elle vient de publier un nouveau single, « Lines ».

Sur les planches, elle est seule, armée de sa gratte semi-acoustique. C’est cet instrument et sa voix profonde qui véhiculent ses émotions, dans un style folk teinté de carioca, de jazz et aux réminiscences balkaniques voire folktronica ; un univers sonore qui oscille quelque part entre ceux d’Aldous Harding, de Matt Elliott et de Broadcast. Bref, particulièrement éclectique. Ses morceaux à rallonge frôlent parfois l’impro.

La setlist va nous réserver le nouveau single, des extraits de son premier album (NDR : elpee aux harmonies vocales multiformes et enrichi d’une pléiade d’instruments insolites), et de nouvelles compos, probablement prévues pour un futur elpee.

Setlist : « Thirty Degrees », « Lines », « Campervan », « Gentle », « Assum », « Giant Palm », « Some Day »

Fenne Lily grimpe sur les planches. Elle se consacre au chant et à la guitare. Elle en possède 4 dont une superbe de couleur blanche et une semi-acoustique. Elle est soutenue par un bassiste et un drummer. En arrière-plan, figure le logo de son dernier long playing, sur une tenture.

Le set s’ouvre par le country/folk « Map Of Japan », une chanson empreinte de tendresse. Et pourtant elle se sert de pédales de distorsion qui lui permettent d’injecter de la reverb dans sa gratte et de vocoder sa voix. Très interactive, elle s’adresse régulièrement à l’auditoire. Sur un ton optimiste, « Lights Light Up » évoque paradoxalement l’inéluctable rupture. La compo débute sur un ton léger et brillant aux harmoniques tamisées. Le drumming est opéré par des sticks à balais, y compris sur les cymbales. Les accords de gratte sont d’abord fragiles avant de devenir plus allègres. Belle et aérienne, la voix caresse les tympans. Elle épanche toute sa mélancolie tout au long de "Dawncolored Horse" et devient bouleversante sur « Henry » et « Pick ». Au beau milieu du set, Naima Block rejoint le trio et s’installe derrière les claviers.

Fenne tisse d’élégantes mélodies aux textes à tiroirs, qui devraient ravir les fans de Phoebe Bridges, Charlie Cunningham et Taylor Swift.

« Big Picture » lui permet de trouver un sens à son existence avant de prendre de la hauteur sur « In My Own Time » et la conclusion enchanteresse et intimiste de « Half Finished » où elle cicatrise sa peine la plus profonde afin de pouvoir tourner la page.

Une prestation superbe et intimiste de cette très jolie et sympathique Britannique. Selon l’humble avis de votre serviteur, elle ne devrait pas rester longtemps célibataire…

Setlist : « Map Of Japan », « Lights Light Up », « Dawncolored Horse », « Hypochondriac », « Berlin », « 2+2 », « In My Own Time », « Pick », « Alapathy », « Henry", « Half Finished ».

Rappel : « I Used to Hate My Body but Now I Just Hate You », « Car Park », « Top To Toe »

(Organisation : Ancienne Belgique)

UK

Jean-Baptiste Guégan

Quelque chose de… Johnny…

Écrit par

Après sa victoire dans l’émission de télévision ‘La France a un incroyable talent’, décrochée en 2018, Jean Baptiste Guégan a vendu plus de 400 000 albums de son premier album « Puisque c'est écrit ». Ce qui lui a permis de fouler la scène d’une cinquantaine de Zénith et même celle de la mythique Accor Arena de Paris, en mars 2020. Son troisième elpee, « Toutes les larmes sèchent un jour », est paru en décembre de l’an dernier.

Surnommé la voix de Johnny, il s’évertue la plupart du temps, à faire revivre son idole sur les planches, même si au fil du temps, il s’est forgé un répertoire personnel. Cependant, il a baptisé sa nouvelle tournée ‘Johnny, vous et moi’. Et puis, il a quand même bossé en compagnie du parolier attitré de Jean-Philippe Smet, Michel Mallory.

Il se produisait ce mercredi 12 avril au Cirque Royal de Bruxelles. Ce concert devait se dérouler le 11 mars dernier, mais il avait été reporté pour raisons de santé.

Le set s’ouvre par une version revisitée d’« Allumer le feu ». Une bonne entrée en matière pour un show qui promet d’être sulfureux. Le son est nickel. Place ensuite à une adaptation fidèle à la compo originale de la superbe ballade, « Marie ». Sur les planches, Jean-Baptiste Guégan est entouré de son fidèle sextet, en l’occurrence un drummer, un claviériste, deux guitaristes, un harmoniciste (NDR : celui qu’on entend le plus) et un bassiste. Sans oublier les deux choristes. Vêtu de noir en début de concert, J-B J va se changer au cours de la soirée, lorsque trempé de sueur, il filera dans sa loge afin d’enfiler un froc en cuir (noir) et une chemise (bleue) de style Elvis Presley. Il lui rend d’ailleurs hommage à travers « Chante Elvis ».

JBG signale que le répertoire (NDR : qui est sculpté aussi bien dans le blues, le boogie, le rock, le rockabilly, l’americana et les ballades) est équitablement partagé entre le sien et celui de Johnny. Mais son âme plane toujours au-dessus des mots.

Interactif, il s’assied parfois sur un siège haut, une six cordes à la main, lors de morceaux acoustiques. Ce sont les rares moments au cours desquels il peut reprendre son souffle.

Tout au long de « Les frères du Rock’n’roll », les grattes sont huileuses. Parfois il y en a quatre en même temps. Et le résultat est particulièrement électrique. Il attaque » Coupable ». Signé Mallory, ce morceau était, au départ, destiné à Hallyday, mais finalement, à la suite de son décès, c’est J-B G qui l’a enregistrée à Nashville, comme la plupart des titres de sa discographie.

Toujours dans le domaine des reprises, « Gabrielle » est une chanson d’amour issue de la plume de Jacques Revaux (parolier de Claude François et de Michel Sardou). Elle oscille entre la country et le r&b. J-B G nous réserve « Le Baiser De Judas » à la gratte semi-acoustique, une composition qui traite de l’hypocrisie. Le texte du premier couplet relate : ‘Les faux amis c'est comme le temps. Ça ne fait pas de cadeau. Des intrigants prêts à tout. Pour être sur la photo. Quand tous ces flatteurs qui se prétendaient mes frères. Qui me serrait dans leurs bras…’ Ecrite par Georges Garvarentz, parolier pour les Chaussette Noires, Michel Sardou, Sylvie Vartan et Charles Aznavour, « Retiens La Nuit » nous replonge à l’époque des ‘yéyés’. Tout au long de « Saint-Barthélemy » (NDR : c’est là où repose son maître), île française des petites Antilles, il rend hommage à Johnny. Emouvant, Le Pays d’Armor » évoque la Bretagne d’où il est originaire, et notamment de Saint-Brieuc, fait de granit, de terre, de légende, de lande, de rivière et de vent. L’absence de cornemuse est compensée par le fifre, joué par l’excellent harmoniciste. C’est le moment choisi par J-B G pour se fondre dans la foule afin de signer des autographes, accepter des selfies et empoigner des mains. Il signale que le temps est compté, car il doit continuer son show, mais il y passe quand même 10 bonnes minutes, alors que les musicos meublent l’espace sonore. Guégan achève son concert par « Passez La monnaie » et « Sur Le Bord de La Rue ».

En rappel, il revient seul pour interpréter « Merci ». C’est sa façon de nous remercier.

Quelque chose de Johnny hante les concerts de Jean-Baptiste Guégan. Mais l’artiste évite les faux-semblants. Ses albums sont à la fois personnels, intimes, mais rock et populaires, abordant des thèmes que Johnny aurait aimés. Et la voix ! Même les critiques musicaux comme Philippe Manœuvre le disent : ‘Il a la même voix, la même empreinte vocale. Quand on ferme les yeux on entend Johnny Hallyday’. Mais on ne ferme pas les yeux pour un spectacle de Jean-Baptiste Guégan car, comme lui, il a fait le show pendant près de deux heures.

Votre serviteur a rarement assisté à un spectacle d’un artiste si près de son public. Il n’est pas un fan de Johnny, mais a été charmé par celui de Jean-Baptiste Guégan...

Setlist :

« Allumez le feu », « Marie », « Les Frères du Rock And Roll », « Coupable », « Gabrielle », « Le Baiser De Juda », « Retiens La Nuit », « Oh Chérie » (Lavoine), On Va A Nashville », « Saint-Barthélemy », « Chante Elvis », « Le Pays d’Armor », « Passez La monnaie », « Sur Le Bord de La Rue ».

Rappel :

« Merci »

(Organisation : Next Step)

 

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