Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Afghan Whigs
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A Spoonful Of Blues Part 2

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Le Centre Culturel René Magritte à Lessines accueille un festival de blues, ce vendredi 17 février. Il s’agit de la deuxième édition, la première remontant au samedi 10 décembre 2022. Une soirée consacrée aux blueswomen. Au programme : Mylene L. Chamblain, Little BIG 6Ster, Ghalia Volt & Band et en tête d’affiche Beverly Jo Scott, également soutenue par son backing group.

Belgo-française, Mylène L. Chamblain est la première à brancher ses instruments. Agée de 41 printemps, elle pratique une musique qui navigue à la croisée des chemins du delta blues et de l’americana. Un peu comme si les cowboys chevauchaient des alligators.

Mylène se consacre à la guitare et au chant. Elle est épaulée par l’harmoniciste Geneviève Dartevelle, qui souffle face à un micro américain. Mais également par le drummer Marc Descamps, le guitariste Ludwig Pinchart et le bassiste Stephan Mossiat.

Le set s’ouvre par « Blues Is Gone ». La voix de Mylène est atmosphérique. Les interventions de Geneviève à l’harmo diatonique sont fréquentes, parfois empreintes de mystère, mais excellentes. « Last Long Road » traverse les grandes plaines du Far West. Mylène brille à la slide sur l’énergique « Something Instead », un extrait du dernier Ep. Davantage acoustique, « Wise and Fool » baigne au sein d’un climat propice à la quiétude. A cet instant, la voix de Mylène touche au sublime ! « So long Blues » revient vers le delta blues, après avoir opéré un petit détour par les Appalaches. Un set bref, mais intense et surtout de bonne facture…

Mylène L. Chamblain assurera le supporting act de Big Country le 15 mars, au Zik-Zak à Ittre.

Setlist : « Blues Is Gone », « Last Long Road », « Something Instead », « Wise and Fool », « So Long Blues », « Belly Song «, « IT Drives Me Mad ».

Place ensuite au combo angevin Little Big 6Ster. Bonnet vissé sur le crâne, Virginie Pinon en est la frontwoman et la chanteuse. Le line up implique également le chanteur/banjoïste/harmoniciste Nicolas Bach (NDR : barbu, coiffé d’un stetson, il a une bonne bouille), le drummer (NDR : très technique, il faut le souligner) Vincent Lechevallier, le bassiste Gilles Théolier et le préposé aux percus et au didgeridoo, Cyril Bach.

Lorsque Little Big 6Ster ne s’abandonne pas à une musique roots aux nuances colorées, il s’attaque à un métal/blues plutôt burné. Son premier elpee, « Cobra » (2017), trahissait des accents à la fois folk et trash. Paru en 2021, son second, « LB6 », est paru en 2021. Il se révèle plus âpre sous sa forme instrumentale.  

Issu de « LB6 », « King » entame la prestation. La voix de Virginie emprunte des accents à Janis Joplin, et c’est surprenant. Plus électrique, « Killer Rif » livre un combat entre les pecus et les cordes huileuses de la gratte. Virulent et tribal, « Me Blind » libère une fameuse énergie rock. Nico se réserve le micro sur le blues « Someday Baby », une compo amorcée par une intervention entraînante à l’harmo. « Dirty » est à la fois dynamisé par les percus et abrasé par la cigar box traitée à la slide. Le didgeridoo dynamite littéralement « Spirit Flies ». Le spectre de Xavier Rudd plane, même si la fin de parcours s’enfonce dans le psyché. Le concert s’achève par « Heavy Soul », probablement une nouvelle compo. A suivre de très près !

Setlist : « King », « Killer Rif », « Me Blind », « Someday Baby », « DIRTY », « Spirit Flies », « Bron Yaur Stomp », « I’m A Woman », « Heavy Soul »

En février 2022, elle s’était produite au l’Espace Toots du Centre Culturel d’Evere, en solo. Expatriée à Nashville, elle est de retour en Belgique, mais accompagnée d’un backing group. En l’occurrence le drummer Bryan Shaw (NDR : il est issu de La Nouvelle Orléans), le claviériste Phil Breen et le bassiste Dean Zucchero (NDR : ces deux derniers sont originaires de Nashville). Ghalia Volt évolue toujours sans setlist.

Le concert s‘ouvre par le « Shake your money more » d’Elmore James, un blues qu’elle traite à la slide. Vêtue de cuir (pantalon noir et veste noire), elle rayonne et se montre toujours très interactive auprès du public.

Elle embraie par une longue et classieuse adaptation du « Wade In The Water » des Fiks Jubilee Singers, une compo qui remonte à 1901. Sa version figure sur son elpee, « Mississippi Blend ». Elle résume là, son riche héritage du blues. « Squeeze » est imprimé sur un boogie/rock. « It Ain't Bad » (NDR : un titre extrait du long playing « One Woman Band ») et « Drag Me Down » sont absolument superbes, mais ce dernier se révèle plus psyché. Elle nous réserve le « You Gotta Move », de Mississippi Fred McDowell, un vieux delta blues.  Ghalia a soif. Elle empoigne une bouteille de gin qui traîne à ses pieds et se rince le gosier au goulot. Elle avoue apprécier l’Orval, la fête, le monde de la nuit et signale être insomniaque. Et puis, un peu de gnole détend et adoucit les cordes vocales. Elle attaque deux compos à la slide : « Shake Your Money Maker » et « Shake Baby Shake ». Au cours du concert, elle s’est frottée au rhythm’n’blues, au rock’n’roll, au boogie, au (delta) blues et aux roots. Et en fin de show, elle se fond dans la foule…

Il revient à Beverly Jo Scott de clore le festival. Tout au long de son set, la native de Deer Park (NDR : c’est en Alabama) va nous entraîner au cœur d’un périple sonore chargé de sensibilité et d’émotion, parcourant ses propres compositions, quelques grands classiques et de belles découvertes. Alternant gratte semi-acoustique ou électrique, elle est épaulée, ce soir, par un guitariste, un claviériste, un drummer, un bassiste et deux choristes.

Le set débute par le très cool et sexy « One Shot Shy », une compo chargée de groove et de spleen qui figure sur l’elpee « Mudcakes ». « Light That Torch » oscille entre rock et funk. « She's Your Woman » est une superbe ballade blues, aux harmonies vocales épurées. Depuis longtemps, B.J. voue une véritable passion pour les harmonies vocales. Et pourtant, rocailleuse, parfois envoûtante, sa voix est capable d’emprunter des inflexions à Janis Joplin. Elle empoigne sa sèche pour la première fois et attaque « Mobile Bay », un morceau country de toute beauté. « Whisky Blues » est un autre blues lent. Après l’énergique « Tolling », elle achève le spectacle par deux remarquables covers de grands classiques de l’histoire du rock, « The House Of The Rising Sun » des Animals et le « With A Little Help From My Friends » des Fab Four. Le festival est terminé. Les divas du blues ont gagné leur pari.

(Organisation : Centre Culturel René Magritte)

 

Stephan Eicher

Exclusif: Stephan Eicher annonce que Grauzone va sortir un 2e album

En concert à Bruxelles le 22 février, Stephan Eicher a annoncé que Grauzone, le groupe légendaire emmené par son frère, Martin Eicher, et dont il a fait partie au début de sa carrière, va sortir un deuxième album, 42 ans après le premier. Grauzone est considéré comme un groupe 'culte' par toute une catégorie de fans de new-wave. Leur hit, “Eisbaer”, est encore dans toutes les mémoires.

Comme il l'avait confié dans l'interview accordée à Musiczine en 2022, Stephan Eicher donne une valeur toute particulière au groupe de son frère. “Grauzone a une véritable valeur historique. J'ai un respect énorme pour mon frère. C'est un artiste hors pair ! Dans “Eisbaer”, je me limitais juste aux 'pilip-pip pilip-pip'…”

A plusieurs reprises, au cours des décennies écoulées, Martin Eicher a composé et enregistré des chansons pour ce fameux 2e album de Grauzone. “Martin venait me jouer des nouveaux morceaux. Il me les faisait écouter et j'en pleurais... parce que c'était d'une beauté inouïe... Je lui proposais de sortir un disque mais il détruisait tout pour recommencer à zéro.”

Cette fois, apparemment, c'est la bonne! Pour Stephan, ce nouvel album de Grauzone est très important. “La reconnaissance a toujours été tournée vers moi en raison de mon succès postérieur mais c'est injuste vu que Grauzone, c'est surtout Martin. J'étais juste musicien, accompagnateur, un peu co-producteur mais la voix et l'âme de ce groupe, c'est mon frère...”

On attend avec impatience ce nouvel album, qui devrait marquer un regain d'intérêt pour ce groupe légendaire, qui a marqué plusieurs générations de fans de musique 'wave'.

Pour regarder le moment où Stephan Eicher joue “Eisbaer” et fait l'annonce pendant son concert: voir ici.

Pour écouter l'interview de Stephan Eicher, diffusé dans l'émission WAVES en 2022, c'est ici.

Pour lire l'article avec l'interview, c'est là.

Pour écouter le dernier EP de Stephan Eicher : “Autour de Ton Cou”, c'est ici. 

Pour commander les albums et la 'box' de Grauzone, c’est là. 

 

Laura Cox

Head Above Water

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Laura Cox est un enfant de YouTube. En 2008, elle commence à y partager des soli de guitare. A cette époque, les artistes féminines ne sont pas légion à utiliser ce site web d'hébergement de vidéos et média social.

Pourtant, dans l’histoire du rock, des dames talentueuses qui se consacrent à six cordes, il n’en manque pas. Dans le désordre : Annie clark (St Vincent), Kelly Deal, Poison Ivy, Jennifer Batten, Ana Popovic, Samantha Fish, Susan Tedeschi, Sue Foley, Bonnie Raitt, Sister Rosetta Tharpe (NDR : qui a eu son heure de gloire dans les années 30 et 40) et la liste est loin d’être exhaustive…

Franco-britannique, Laura Cox mériterait certainement de s’ajouter à cette longue liste. Sur « Head Above Water » elle se consacre, bien sûr, à la guitare, dont une steel, mais aussi au banjo et au chant. Son backing group réunit le drummer Antonin Guerin, le second sixcordiste Mathieu Albiac et le bassiste François C. Delacoudre,

Le disque s’ouvre par le titre maître. Les sonorités de cordes sont à la fois, cristallines et vivifiantes, alors que la voix de Laura évoque, tout à tour, Beth Hart, B.J. Scott, Tina Turner ou encore Typh Barrow.

L’esprit embrumé, elle nous invite à emprunter la Route 66, en Harley Davidson, depuis Chicago à Santa-Monica en passant par Tucumcari, au Nouveau Mexique. A l’instar de « So Long », un blues électrique d’une grande pureté au cours duquel elle double au banjo, communiquant un petit goût americana à la compo. Un banjo, qui revient régulièrement à la surface, tout au long du long playing.

Après un début atmosphérique, « One Big Mess » s’emballe et nous réserve des envolées à la Steve Vai.

« Set Me Free » devrait plaire aux fans d’AC/DC, malgré la voix féminine, parfaitement en phase et harmonie avec les sonorités crasseuses et huileuses des deux six cordes.

Plus paisible et empreint de délicatesse, « Old Soul » exhale un parfum americana. Les discrètes interventions au banjo et celles de la lap steel, nous entraînent jusque Nashville.

Toujours lancé sur la Route 66, « Wiser » opère un petit détour, en empruntant la Route 61, vers le bayou.

« Before We Get Burned » et « Seaside » nous transportent dans les grandes plaines des States, où paissent les bisons et que sillonnent les cowboys... 

Mathieu Albiac et Laura Cox sont particulièrement complémentaires aux grattes. Et l’efficace « Swing It Out » en est la plus belle démonstration. Impressionnant !

L’elpee s’achève par la ballade « Glassy Day », une plage au cours de laquelle guitare en slide et banjo entrent, à nouveau en osmose.

 

Ali Farka Touré

Voyageur

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Né le 31 octobre 1939 à Kanau et décédé le 7 mars 2006 à Bamako, Ali Farka Touré était un musicien et chanteur malien. Album posthume, « Voyageur » constitue la première sortie de matériel inédit consacré à cet artiste, depuis « Ali & Toumani », paru en 2006. Depuis son village natal, si au bord du fleuve Niger jusqu’à Los Angeles, feu Ali Farka Touré a planté les graines de la world music sur tous les continents. Le son d'Ali Farka Touré a fusionné des styles musicaux traditionnels maliens très appréciés avec des éléments distincts du blues ; ce qui a abouti à la création d'un nouveau genre, connu sous le nom de blues du désert.

Cet opus propose une collection de joyaux capturés à divers moments, pendant une quinzaine d’années, sur la route et en studio, entre les sessions d’autres elpees. Sa compatriote superstar malienne Oumou Sangaré apporte son concours pour trois titres : « Bandoloboourou », « Cherie » et « Sadjona ».

Produit par Nick Gold de ‘World Circuit’ en compagnie du fils d'Ali, Vieux Farka Touré, ce long playing révèle 9 titres originaux.

La voix inimitable d'Ali et son jeu de guitare envoûtant ont tout pour séduire n’importe quel amateur de musique world.

Son premier single, « Safari », se distingue par ses riffs de guitare hypnotiques, véritable signature de l'artiste, des rythmes de calebasse, le tout agrémenté du vrombissement fantomatique d’une flûte peule.

Trois joyaux sont à épingler : les versions acoustiques et électriques de « Sambadio » ainsi que le remarquable « Kombo Galia ». Des grooves épurés et envoûtants dans le style Sonrhaï aux chœurs hymniques des pêcheurs, en passant par les rythmes palpitants des chasseurs, à l’instar de « Malahani », chargé de guitares et de luths comblés de réverbération, « Voyageur » est une œuvre indispensable pour tout fan de world music.

Hater

Sincere

Écrit par

Hater est un quatuor suédois. Issu de Malmö, très exactement. Sa dream pop teintée de shoegaze pourrait devenir une porte d’entrée aux cœurs de milliers de mélomanes romantiques. Après un hiatus de 4 longues années (NDR : l’elpee « Siesta » remonte quand même à 2018 !), la formation est donc de retour. Et elle semble en pleine forme (si on peut dire…)

Ses compos combinent à merveille un esprit pop et des sonorités shoegaze chère à My Bloody Valentine. Les sonorités de guitare sont devenues plus amples, sans pour autant renoncer aux climats éthérés que traverse la voix cristalline de Caroline Landahl. Sincère mais également talentueux, c’est une certitude !

 

Modern Studies

We are there

Écrit par

Modern Studies ne bénéficie pas, sur le Vieux Continent, d’une grande notoriété. Fondée en 2015, la formation glaswégienne jouit pourtant d’un excellent crédit, outre-Manche, grâce à ses trois premiers elpees qui ont recueilli des critiques favorables lui permettant ainsi de fouler les planches des grands festivals britanniques.

A croire que les paysages bucoliques, verts et vallonnés influencent et inspirent les autochtones. Modern Studies s’inscrit dans la lignée d’une série de groupes folk écossais qui aiment entretenir le lyrisme et la culture de son pays. A l’écoute de ce quatrième album, on pense en premier lieu aux meilleurs représentants de ce terroir, Belle and Sebastian. Ce parallélisme est d’autant plus prégnant que Modern Studies est emmené par la voix d’Emily Scott proche de celle d’Isobel Campbell. Scott est elle-même soutenue par des chœurs qui rappellent également ceux de Crosby, Still, Nash & Young. On se délecte par ailleurs de la richesse instrumentale exposée sur l’ensemble des morceaux et, plus particulièrement, sur les langoureuses lignes de violon. Son folk est cependant parfois discrètement enrichi d’éléments psyché comme sur « Mothlight ». Au-delà d’un sens mélodique pointu, Modern Studies maîtrise la science du crescendo comme sur les superbes « Wild Ocean » et « Open Face ». La formation hausse parfois le ton, accélère le rythme et devient lyrique, à l’instar de « Won’t Be Long ». 

 

Daan

Un régal!

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Agé de 54 ans, Daan Stuyven, mieux connu sous son prénom, est un compositeur, chanteur, guitariste et acteur louvaniste. Son registre musical oscille du rock à l'électro, en passant par les ballades, qu’il interprète d’une voix de crooner, souvent en anglais, parfois en français. Son treizième elpee solo, « The Ride », est paru en novembre dernier. En parallèle à son parcours en solitaire, il compose des musiques de films, mais surtout drive Dead Man Ray, une formation fondée en 1997, au sein de laquelle militait, à ses débuts, Rudy Trouvé (dEUS).

Pas de première partie. Le concert commence à 20h30 précises et il est sold out depuis longtemps. Le fidèle backing group de Daan réunit toujours Isolde Lasoen (drums, percus), Jeroen Swinnen (claviers, synthés), Jean-François Assy (basse), Jo Hermans (trompette, bugle) et enfin, bonnet de couleur noire enfoncé sur le crâne, Geoffrey Burton (guitare). Vêtu d’un costume bleu ciel, d’une cravate noire et de baskets bleu foncé, Daan est chaussé de ses habituelles lunettes fumées sur le nez. Il s’accompagne à la guitare, tour à tour d’une semi acoustique d’un noir jais ou d’une électrique d’un bleu pétant.

Le set s’ouvre par « Western », un long instrumental filmique de près de 5 minutes, sorte de Sergio Leone 2.0. Jean-François a empoigné un banjo. L’idée n’est pas mauvaise et nous entraîne à réaliser un petit voyage dans les grandes plaines des States, à moins que ce ne soit dans les Ardennes, du côté de Manhay, endroit choisi pour illustrer le titre d’un de ses long playings (NDR :  Daan l'a initialement composé en 10 variations différentes pour ‘Rookie’, le premier film de Lieven Van Baelen, un drame qui se déroule sur et en dehors d'un circuit, mettant en scène des motos de course débridées et des cow-boys mélancoliques qui les chevauchent). Particulièrement électro, « Women And Children » est dynamisé par les percus d’Hermans (NDR : qui a alors abandonné sa trompette) et d’Isolde, alors que soutenue par cette dernière aux chœurs, Daan chante d’une voix de crooner. L’artiste ôte sa veste juste avant d’attaquer « 16 Men », puis sa cravate avant « Exes », car il a chaud. Ensuite, il relève les manches de sa chemise en signalant qu’il s’arrêtait là. Ce qui déclenche l’hilarité dans la foule. Il semble prendre du plaisir à se produire au Zik-Zak et déclare être content de remonter sur les planches. Jeroen nappe « Icon » de ses claviers, un autre extrait de « Simple » ; puis Isolde en accélère le tempo alors que Daan pose sa voix de baryton. Entre espoir et désespoir, « The Valley » compare la vie à un voyage dans une vallée où tantôt vous êtes seul, mais parfois vous êtes entouré de tous ceux que vous aimez.

Il serait injuste de ne pas signaler le rôle de Jo Hermans, dont les interventions aux cuivres sont toujours judicieuses. Et puis, c’est un excellent ambianceur, incitant régulièrement le public à frapper dans les mains et à se remuer. Il joint d’ailleurs souvent, le geste à la parole.

Daan nous réserve trois morceaux interprétés dans un français impeccable. Tout d’abord « Parfaits mensonges », au cours duquel il se révèle impérial. Mais également « La Crise », celle de la quarantaine, et « La Vraie Décadence ». Des plages issues de l’opus « Le franc Belge », publié en 2013. Des chansons d’amour qu’il chante à la manière du rockeur français, Dick Rivers. Puissant, « Victory » libère des sonorités singulièrement vintages. Et celles de « Be Loved » le sont tout autant, mais probablement produites par un orgue Hammond, elles donnent l’impression d’émaner d’une église (norvégienne ?).

Le set s’achève par l’électro « Best Days ». Jeroen en profite pour mettre le souk aux claviers.

Et toute l’équipe va encore nous accorder un rappel de 4 titres. Un régal de 75’ au cours duquel Daan aura interprété les 10 pistes du dernier opus, en modulant sa voix du grave à l’aigu, sans aucune difficulté.

Daan se produira à l’Ancienne Belgique le 26 avril prochain.

Setlist : « Western », « Women And Children », « 16 Men », « Exes », « Icon », « The Valley », « The Dancer », « Kill », « Parfaits mensonges », « La Crise », « La Vraie Décadence », « Victory », « Be Loved », « High », « Best Days ».

Rappel : « Morning Sun », « The Player », « Swedish Designer Drugs », « Housewife »

(Organisation : Ether Agency)

 

Crows

Entre post punk, funk blanc, psychédélisme et garage…

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Bien que fondé en 2012, Crows n’a publié son deuxième opus, « Beware believers » (NDR : pour lire ou relire la chronique, c’est ici

) qu’en août de l’an dernier. Un album qui faisait suite à « Silver tongues », paru en 2019. Le quatuor londonien s’inscrit dans la nouvelle mouvance du rock britannique, à l’instar de The Murder Capital, IDLES, Fontaines DC, Shame et TV Priest. En outre, il jouit d’une solide réputation ‘live’, en Grande-Bretagne. Il se produisait au club de l’Aéronef, ce samedi 11 févier. Plus ou moins 250 personnes pour accueillir le band ! La salle est donc bien remplie.

C’est la formation australienne Clamm qui assure le supporting act. Ce trio power punk avait accordé un set particulièrement brillant lors de son passage au festival Leffingeleuren, en 2022. En outre, sur disque, quoique sauvage, (deux albums à son actif, « Beseech me » en 2021 et « Care » en 2002), sa musique tient la route. Depuis, la formation a subi quelques modifications de line up. La bassiste, Maisie Everett, a cédé le relais à Stella Rennex, pour se concentrer pleinement sur son groupe, Belair Lip Bombs. Mais cette dernière ne participe pas à la tournée européenne. Elle est remplacée par un autre musicien. Enfin, le drummer, Miles Harding, n’a pas fait le déplacement, non plus. C’est Alan Jones, le bassiste de la première heure, qui siège derrière les fûts.

Tout un remue-ménage qui explique, sans aucun doute, le manque de cohésion de l’ensemble. Les titres sont courts et écrasants. Finalement, seul Jack Summers, le chanteur/guitariste tente de tracer le fil rouge d’une expression sonore monocorde, assourdissante et dont les mélodies devaient certainement se cacher sous un mur de bruit. 45’ de set, c’était même beaucoup trop long pour nos pauvres portugaises…

Pour les photos, c’est là

Place ensuite à Crows. Un quatuor réunissant le batteur Sam Lister, le guitariste (NDR : barbu et une veste en jeans sur le dos), Steve Gossard, le bassiste Jith Amarasinghe (NDR : il a un petit air à la Jamel Debbouze) et le chanteur James Cox. Qui se sert de deux microphones : un ordinaire et un astatique. Tantôt séparément, tantôt ensemble. Et quand il tient leurs supports en main, on a l’impression qu’il se prépare à s’élancer sur une piste de ski…

Le concert s’ouvre par « Silver tongues », le titre maître du premier long playing. Lancinante, imprimée sur un tempo tribal dans l’esprit des Cramps, cette compo est abrasée par le delay et le fuzz dispensés par la gratte de Steve. James Cox descend dans le public pendant le plus punk « Garden of England », un morceau au cours duquel, sa voix est particulièrement réverbérée. Manifestement, son charisme a de quoi impressionner. Régulièrement, il balbutie quelques mots en français, du style ‘Ça va ?’. Dès « Wednesday’s child », martelé d’une frappe sèche par Sam, le public commence à déménager au sein des premiers rangs. La ligne de basse devient caoutchouteuse tout au long de l’hypnotique « Slowly separate », et le spectre de la bande à feu Lux Interior se remet à planer. « Only time » emprunte le rythme d’un convoi ferroviaire lancé à toute allure. « Closer still » s’avère plus lourd et puissant. Le guitariste ôte sa veste avant que le band n’attaque le fiévreux « Healing ». Puis, Crows nous réserve une toute nouvelle compo, qui évolue sur un mid tempo. « The Itch » alterne passages plus calmes et périodes explosives. C’est alors que Cox emprunte certaines intonations à Mark Burgess (The Chameleons). Et pour le spectateur, difficile de se détourner les yeux de ce showman.

Point d’orgue du set, le syncopé « Room 156 » est carrément hanté par le « What we all want » de Gang of Four, un morceau que pilote le drumming martial et percutant de Sam. La foule devant le podium est de plus en plus houleuse. Et un intrépide se lance dans le crowdsurfing. Un tempo similaire contamine le tout aussi fameux « Hang me high », un titre que le gratteur charge de fuzz. La ligne de basse rebondissante conduit l’hymnique et parfois psychédélique, « SNAX ». D’abord rock’n’roll, « Chain of being » adopte progressivement un rythme infernal soutenu par les accords de basse indus et traversé d’éclats de sixcordes spatiaux.

Le rappel, « Pray », sera attaqué dans la foulée. Ce single décapant date de 2015 ; et particulièrement sauvage, il ressuscite les Stooges cuvée 1970 (« Fun house » et tout particulièrement son « Down in the street »).

Entre post punk, funk blanc, psychédélisme et garage, Crows a accordé, ce soir, un superbe concert !

Pour les photos, c’est ici

(Organisation : Aéronef)

Photos Ludovic Vandenweghe

 

Arthur H

La vie

Écrit par

Arthur H est de plus en plus surprenant et finit même par émerveiller.

Il a commencé à chanter plus haut sur l’album « Négresse blanche », son neuvième, paru en 2003. Mais c’est en 2018, sur le titre « La boxeuse amoureuse » de son elpee « Amour chien fou », sorti en 2018, qu’il transcende le genre, un mélange de voix grave et de voix aiguë tout en chantant davantage qu’à ses débuts.

Son style très jazz et fanfare des Balkans au départ, puis enrichi de recherches sonores et ouvert au rock est devenu de plus en plus mélodieux, de plus en plus accrocheur pour se diriger vers un monde qui n’a rien à envier à ceux des grands artistes de la chanson française. Son côté rugueux demeure mais avec ce petit quelque chose en plus.

Il est réjouissant de constater que cette manière de créer et d’interpréter appartient intégralement à son univers car elle procure une émotion puissante tant au niveau du sens que du son.

Son nouvel opus, sur lequel figure le single éponyme « La vie » (voir chronique ici)

https://www.musiczine.net/fr/chroniques/item/88535-la-vie-single-arthur-h.html

 baigne dans la poésie. Réflexions brillantes sur notre condition humaine.

Les respirations, les silences, le piano et les cordes de Clément Ducal ont la part belle pour nous plonger à la fois dans les textes, mais également l’ambiance atmosphérique de son univers. On touche à l’essentiel.

Les douze titres de son opus nous immergent dans une tranche de vie, un road trip cosmique, nautique, … à l’influence de Debussy ou de Ravel, un côté fou à la Brigitte Fontaine en plus. Mêlant ce qu’il y a de plus sombre et de plus rayonnant. Un cocktail magnifique et détonnant !

Les chansons de ce disque ont été conçues en compagnie de Léonore Mercier, sa compagne, et Nicolas Repac.

L’artiste entame une tournée (pour les dates, c’est là)

https://www.arthur-h.net/concerts

au cours de laquelle vous aurez certainement l’occasion de l’applaudir.

On se réjouit du chemin de vie musical emprunté par Arthur H, sur lequel on chemine volontiers à ses côtés.

Paradis Minuit

De rouille et de sang

Écrit par

« De rouille et de sang » constitue le premier album de la formation montpelliéraine. Au sein du line up figurent des musicos qui ont manifestement de la bouteille. Dont deux guitaristes : Motch, ex-OTH (actif de 1978 à 1991) et Ludovic Crès, l’ancien gratteur des Naufragés. Et puis le drummer d’Electric Ducks, Fred Maggesi, ainsi que la chanteuse/bassiste Marielle Valenti, ex-Kotaké.

Découpé en 11 plages, cet opus se distingue par son contraste entre l’instrumentation énergique, agressive, et la voix mélodieuse, empreinte de sérénité de Marielle.

Des grattes quelque peu punkysantes alimentent « Paris Marylou ». Elle ses révèlent soignées tout au long de « Guérilla ». En fait, même lorsqu’elles adoptent un profil sauvage, elles n’altèrent ni n’assombrissent jamais les vocaux de la préposée au micro.

Les singles « Paris Marylou », « Sous La Dune » et le dernier « Tout Le Monde (Court) ») ont précédé la sortie du long playing.

Pas de temps mort entre les différentes pistes. Il n’est d’ailleurs pas conseillé d’écouter cet LP avant d’aller se coucher, le soir, mais plutôt le matin, au réveil, pour avoir la pêche toute la journée.

Contagieux, « J'ai Perdu mon Punk » opère un violent retour dans le passé. « Bruler les Gaz » sonne comme… Téléphone.

Signés Marielle, les textes –en français– abordent des thèmes variés, mais plutôt graves. Certains sont autobiographiques.  

Marielle constitue la colonne vertébrale de la formation. C’est elle qui écrit toutes les chansons et elle s’en sort plutôt pas mal.

Du rock français hypervitaminé !

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