Un dixième album studio pour Idlewild

Idlewild sortira son nouvel opus – un éponyme – ce 3 octobre 2025. Il s’agira de son dixième. En attendant, il a partagé le single intitulé "Stay Out Of Place". Le chanteur Roddy Woomble explique que la chanson traite de la multiplicité des voix et de la…

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Le cauchemar de This Will Destroy Your Ears…

This Will Destroy Your Ears verse dans le dark wave, puise son inspiration dans la noirceur des sons de l’Angleterre des années 80 tout en y mêlant des notes psyché accrocheuses et des salves soniques noisy. « Funland », son nouvel album, sortira le 10…

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Bernard Dagnies

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mercredi, 03 octobre 2018 08:32

Black Paper Plane (Ep)

Issu de la région de Tournai, Black Paper Plane réunit des ex-Pillow, Heroïne et Alien Satellite. Découpé en 5 plages, son premier Ep est éponyme. Baignant au sein d’un climat mélancolique, les compos sont, en général, tramées sur un même schéma : un rythme entraînant imprimé par la section rythmique et les pulsations du synthé, sur lequel deux grattes en strates, en arpèges, parfois chargées de reverb (Durutti Column ?), et souvent en crescendo, viennent se greffer, dont une plus cadencée et l’autre qui se détache régulièrement pour s’autoriser des envols parfaitement maîtrisés ; et puis la voix bien timbrée mais chargée de spleen de Steph, qui tourmentée, claustrophobe, semble parfois hantée par Simon Huw Jones, le chanteur d’And Also The Trees (« Take control »). Et si le titre final lorgne, en tout début de parcours, vers les Pixies (basse et guitare), la suite revient au schéma fondamental, même si la fin du morceau est enrichie par des notes de synthé en émulsion. Exception qui confirme la règle, « Don’t give up », un morceau qui constitue le sommet de cet Ep. D’abord abordée comme une ballade mid tempo, elle s’ouvre par des accords de gratte en picking, puis monte progressivement en intensité ; mais c’est surtout sa jolie mélodie, réminiscente de Mud Flow, qui fait la différence. Pour un premier essai, le résultat est tout à fait convaincant…

 

mercredi, 03 octobre 2018 08:31

Archi Deep (Ep)

Depuis que Martin Leroy, le bassiste est parti vivre aux States, Archi Deep est réduit à un duo réunissant le batteur Camille Sullet et le chanteur/guitariste Arthur Di Piazza, un Oléronnais qui a monté ce projet en 2013. Au départ flanqué de l’appendice Monkeyshakers, le duo a donc décidé de l’amputer. 

Pour ces 6 plages, la paire a bénéficié du concours de Lucas Thiéfaine et de Frédéric Scaps, respectivement à la sèche et aux claviers, sur deux plages. Bien rock, la musique d’Archi Deep se réfère davantage aux 90’s qu’aux 70’s, évoquant tour à tour Smashing Pumpkins (« Losing my mind »), Black Crowes, Queens of The Sone Age, Lenny Kravitz et surtout White Stripes, pour l’empreinte blues, à l’instar du percutant et âpre « With no money no time » ainsi que du premier single « I’m just a man », une plage cependant plus pop, sifflotée en cours de route, mais sont le tempo s’accélère en milieu de parcours. Souligné par un filet de clavier, et joué à la guitare en picking, l’acoustique « Hey » met en exergue la superbe voix, bien timbrée, d’Arthur Piazza, alors que variant constamment de ryhtme entre refrain et couplet, « I’ll be by your side » est saupoudré de ‘ou ouh’ rollingstoniens (NDR : c’est dans l’air du temps !)

 

mercredi, 03 octobre 2018 08:46

Any common sense

Avant d’opter pour le patronyme Seno Nudo, cette formation sévissait sous celui de La Tentation Nihiliste ; elle avait même publié un Ep, intitulé « One year without sex », en 2014. Réunissant les guitaristes Yasmina H’mamou et Pierre Constant, la bassiste Sonia Hoge, ces trois musicos participant également aux vocaux, ainsi que le drummer Gérald Bouchat, elle pratique une forme de noisy/shoegaze plutôt complexe, mais qui tient parfaitement la route. Bien que pour la plupart mélodieuses, contrastées, les compos se caractérisent par de fréquents changements de rythme et s’achèvent volontiers dans des finales éruptives. Les harmonies vocales sont tour à tour claires, lancinantes, désabusées, proférées en retrait ou même déclamatoires, « We always know » ressemblant même à une scène de ménage, probablement extraite d’un film. On pense tour à tour à Jesus & Mary Chain, My Bloody Valentine, Slowdive, Blonde Redhead, les Breeders, les Pixies, Throwing Muses, et surtout Telescopes, lorsque les cordes de gratte se mettent à grésiller ou à crépiter, si vous préférez… Excellent !

jeudi, 20 septembre 2018 13:48

Hope downs

Après avoir commis deux superbes Eps, ce quintet australien nous propose son premier opus. Un disque remarquable, qui s’inscrit dans la lignée de la scène ‘Dunedin sound’ du label néo-zélandais Flying Nun, dont les artistes ont marqué la scène indie des 80’s. Pensez à JPS Experience, The Chills, The Verlaines, Bailter Space ou encore Able Tasmans. Tout en intégrant quelques références puisées chez Go-Betweens, il faut le souligner ! Vous vous en doutez, la musique du band fait la part belle aux guitares (deux grattes électriques et une sèche), mais aussi aux superbes mélodies qui peuvent se révéler contagieuses, un peu comme chez REM (« Talking straight »). Drums métronomiques et basse caoutchouteuse communiquent un feeling post punk à certaines compos. Les trois gratteurs se consacrent aux vocaux, et leurs voix sont totalement complémentaires. Parfois elles se colorent subtilement de hip hop quand elles n’adoptent pas des inflexions empruntées à Robin Proper-Sheppard (Sophia) et tout particulièrement sur « Exclusive grave ». Dans le style, c’est un des albums de l’année !

 

jeudi, 20 septembre 2018 13:41

Moods

Dirk Da Davo et TB Frank ont fondé Neon Judgement au tout début des eighties. Ce duo et Front 242 sont considérés comme des pionniers de l’electro body music (EBM). La paire s’est séparée et reformée à plusieurs reprises, moments choisis par Dirk pour se concentrer sur son autre projet, Neon Electronics, se consacrer à son label Dancedelicd ou encore entreprendre une aventure en solitaire.

Cette compile réunit des morceaux récents de Da Davo publiés en numérique sur son label. Des titres qui titres figuraient sur les Eps « Protest », « DDJMX », enregistré sous la houlette de l’ex-TC Matic Jean-Marie Aerts (NDR : pour rappel, d’abord guitariste, mais également producteur, c’est lui qui avait déjà mis en forme le « Blood and thunder » de Neon Judgement », en 1989 !), et « 3DFLY », sous celle de Make Marena, mieux connu pour avoir produit, notamment, des œuvres de Screaming Trees, The The et Bootsy Collins. Et ces deux collaborateurs cosignent chacun 4 pistes. Outre les 12 plages annoncées, le disque recèle deux bonus tracks.

De « Protest », on épinglera « Bound », un titre hanté par New Order, au cours duquel on retrouve les influences c&w de Dirk. Et puis l’hypnotique « Deny it », une morceau imprimé sur un tempo plutôt basique. On ne parvient d’ailleurs pas à déterminer s’il s’agit d’un rythme à deux ou quatre temps.

La patte de Jean-Marie Aerts est particulièrement présente tout au long des plages retenues de « DDJMX », notamment à travers les accords surf/funk de sa gratte (« Attack dogs achieve », « We’re slipping and sliding »), alors que le plus cool « New normality » baigne au sein d’un climat cinématique digne d’Ennio Morricone, une piste introduite par des accords de cordes jouées en picking. 

Hormis l’EBM électrifié « Money back », « 3DFLY » privilégie une forme de disco. Excellent, l’enlevé « How much more » lorgne même vers Pet Shop Boys.

Reste les deux extra tracks. Le premier est expérimental, alors que le second emprunte plutôt un profil indus/funk.

jeudi, 20 septembre 2018 13:39

American utopia

« Grown Backwards », le dernier album studio de David Byrne remonte déjà à 2004. Bien sûr, entre-temps, il a participé à de multiples projets, dont un opéra disco, en compagnie de Fatboy Slim, à partir de 2005. Pour enregistrer « American utopia », il a reçu le concours d’une belle brochette de collaborateurs, dont Jack Penate et surtout Brian Eno, qui non content de se charger du volet électronique, coécrit « Everybody’s coming to my house ». Une excellente composition qui aurait pu se révéler sublime, dans l’esprit de « Remain in light », si elle avait été davantage organique. Car le défaut de cet opus est bien là ! On retrouve bien la voix si particulière de Byrne, mais hormis le funky « It’s not dark up here », cet excès de synthétisme délave toute bonne disposition. Et « This is that », titre minimaliste dispensé dans l’esprit de sa collaboration avec Ryuchi Sakamoto, opérée sur la B.O. du film « Le dernier empereur », fait pâle figure. Une déception !

jeudi, 20 septembre 2018 13:38

Emotions singulières

Fondé en 2015, Antidote (NDR : ne pas confondre avec le band punk batave, ni le groupe anarcho/hardcore/punk britannique) est un duo réunissant Alain Verdier et Khadija Othman. Le premier est loin d’être un néophyte, puisqu’il a participé à l’aventure de The Shakes, au cours des sixties, une formation considérée comme précurseur du psychédélisme ; un combo au sein duquel figurait un certain Dany Lademacher, guitariste belge qui a notamment milité chez Herman Brood & His Wild Romance ainsi que Kleptomania. La seconde a sévi au sein du groupe africain Princesse Mansia M’Bila, du crew hip hop Zamenhof et du combo electro/pop Urban Vibe ; en outre, sous le pseudo de Zelda, elle a atteint la finale de la Biennale de chanson française, qui s’était déroulée à Bruxelles (NDR : concours qui est devenu ‘Parcours Francofaune’).

Mixé par Ian Caple (Bashung, Higelin, Kate Bush, Tricky, Tindersticks, Yoko Ono, Simple Minds, etc.), « Emotions singulières » baigne au sein d’une mélancolie sombre qui reflète des sentiments comme la nostalgie, l’ironie, l’espoir, le désespoir ou l’humour, à travers des textes poétiques rédigés dans la langue de Molière, des poésies que chante d’une voix incantatoire, mais au timbre proche de Pierre Bachelet, Alain Verdier, ou/et –mais trop peu souvent– chatoyante, vibrante et expressive, Khadija Othman ; des textes qui reposent, à l’instar de Seterolab, sur une forme d’électro/pop minimaliste, le plus souvent dispensée en boucle. Une homogénéité qui, au fil de l’opus, finit par rendre l’ensemble monocorde...

Dommage, car quelques titres sortent du lot, à l’instar de « Soho 66 », dont la mélopée rappelle « Set the control for the heart of the sun » du Floyd, alors que les interventions vocales de Kahdija communiquent une touche arabisante à l’ensemble, de l’indolent « Femme éphémère », réminiscent du duo Gainsbourg/Birkin ou encore d’« Eclipse du sommeil », au cours duquel la voix féminine épouse la musique, un peu à la manière de Mylène Farmer.

Un concept orignal, mais bien trop dépouillé, à mon goût…

 

jeudi, 20 septembre 2018 13:35

Here come the aliens

Quand on évoque Kim Wilde, on pense immédiatement à « Cambodia », « You keep me hangin’ on » et bien sûr « Kids in America ». Des tubes qui ont marqué la première moitié des eighties. Entre 95 et 2005, elle va prendre une longue pause pour élever ses enfants. On ne peut pas dire que son come-back sera fracassant, mais il tient honnêtement la route. Entre-temps, elle se lance dans l’horticulture, publiant sur ce sujet, des bouquins, des articles dans la presse et présentant même l’émission ‘Garden Invaders’, à la BBC, dès 2001.

Elle est donc repartie en tournée, périple qui passait d’ailleurs par le W-Fetival, en août dernier. Et puis vient de publier un nouvel elpee, « Here come the aliens », un disque pour lequel elle a reçu le concours de son frère, Rick Wilde, à la production, ainsi que sa nièce, Scarlett.

Particulièrement entraînant, l’électro/pop « 1969 » traite d’un cataclysme écologique que seul les extraterrestres pourraient éviter. C’est le seul véritable titre intéressant du long playing. Le reste oscille entre bubblegum (Spice Girls, Abba ?), pop mièvre, hymnes contagieux mais déjà entendus et chansons dignes de l’Eurovision. Il y a bien quelques bonnes interventions de gratte et surtout une superbe ligne de basse tout au long de « You’re t’il the end » (Mike Karn ?), mais en général ces excellentes dispositions sont rapidement noyées dans l’expression sonore générale. Un single aurait suffi.

A l’instar de Sad Lovers & Giants, Modern English est une formation atypique responsable d’une musique atmosphérique dont la ligne de guitare claire a exercé une influence majeure sur de nombreux groupes pop/rock. Fondée en 1979, près de Colchester (NDR : c’est dans l’Essex), elle s’est séparée à trois reprises, et s’est reformée autant de fois, sous des configurations différentes, avant de retrouver, début 2010, les 4/5 de son line up. Soit sans le batteur Richard Brown. Le groupe enregistre même un nouvel elpee, cette année-là, ‘ Soundtrack’, puis en 2016, ‘Take me to the trees’….

Modern English se produisait à Amougies, dans le cadre de l’édition 2018 du W-Festival. Et à l’issue du set, Gary McDowell, le guitariste (NDR : c’est lui compose la musique, Robbie Grey, les paroles), a accepté d’accorder une interview à Musiczine. Un personnage haut en couleur, extrêmement sympathique, cheveux et barbe en broussailles dont le visage tatoué est pourtant particulièrement expressif...

Le combo s’était produit en 1982, dans une salle de gymnastique, à Zedelgem, lors d’un concert exceptionnel ; mais Gary ne s’en souvient pas. Ajoutant que depuis près de 4 décennies, il a tellement fréquenté de salles de concerts, qu’il lui est impossible de se remémorer ce show. Par contre, quand on lui parle du festival de Weeley, qui s’est déroulé en 1972, près de chez lui et qu’on lui rappelle les groupes qui y ont participé, ses yeux s’illuminent estimant votre serviteur de veinard, pour y avoir vu des légendes comme Faces, T Rex, Van der Graaf Generator, King Crimson ou encore Barclay James Harvest soutenu par un orchestre symphonique, s’y produire. Ajoutant même : « Et Mott The Hoople ! A l’époque je n’avais que 11/12 ans… » 

Le band s’est donc reformé en 2010, sous les 4/5 de son line up, mais sans le drummer, Richard Brown. Y avait-il une raison particulière. Il clarifie : « Tout simplement parce qu’il ne se sentait plus suffisamment en forme pour reprendre le collier. Vers 85/86, il avait déjà été remplacé… » Et c’est un cinquième larron, issu de Liverpool qui le supplée… « Oui, il vient du Nord du pays. Et dans cette région, ils ont le sens de l’humour. Ce sont des marrants ! » Mais n’est-ce pas difficile de repartir en tournée, après tout ce temps ? « Il y a 21 ans que j’habite en Thaïlande. Quatre ans avant de m’y installer, j’ai abandonné le groupe qui avait alors splitté. Et puis, en 2010, l’idée a germé dans les esprits pour recommencer l’aventure. J’ai alors reçu de nombreux appels téléphoniques pour rentrer au bercail. Et je suis revenu au pays. On a enregistré un disque, et puis on est reparti sur la route… » Il était donc intéressant de savoir ce qu’il avait fait, durant ces longues années d’interruption… « J’ai joué dans la rue. Notamment du didgeridoo. Et puis j’y ai fait du cirque. J’ai aussi fréquenté le Covent Garden, à Londres. J’ai aussi participé à différents festivals. Mais comme je me sentais bien en Thaïlande, j’ai abandonné la musique et je me suis retrouvé dans le milieu de la finance. En gros, c’est ce que j’ai fait pendant ce long break… »

Dans une interview, Robbie Grey avait déclaré que les mouvements new wave et post punk symbolisaient le véritable rock alternatif. Or, au cours des 70’s, Yes, Genesis, King Crimson et bien d’autres se revendiquaient également de la scène alternative. Il explique : « J’adore King Crimson. C’était effectivement une musique alternative pour cette époque. En fait, on a trouvé notre place au sein de ce panel de formations, dont beaucoup manquent à l’appel aujourd’hui. Car au départ, on n’était pas prédestiné à devenir un groupe pop. Mais on a été rattrapé par le marché. C’était les débuts de MTV. La chaîne musicale nous a demandé de sélectionner un titre qui allait être diffusé trois fois par jour. Notamment aux Etats-Unis. Ce sera ‘I melt with you’ ». Mais pourquoi cette chanson ? « En fait, elle ne devait pas être trop proprette ni trop joyeuse. C’est Hugh Jones (NDR : qui a notamment bossé pour Echo & The Bunnymen, The Sound, Damned, Simple Minds, The Charlatans, Stan Ridgway ou encore Teardrop Explodes), le producteur, qui l’a choisie. Il a déclaré, je la prends, mais laissez-moi le champ libre. Je vais la faire à ma sauce. Il y avait un refrain avant-gardiste. Il a bossé dessus et l’a transformé en quelque chose de pop. Alors qu’au départ, elle n’avait rien de ce style. Ce n’était pas prévu ! Il a donc fallu écrire d’autres lyrics pour ce refrain ; ce qui donné naissance à une autre version de la compo. Pas de regret, cependant, pour cette entourloupe, car c’est ce qu’il fallait faire… » Finalement elle a servi de B.O. pour le film ‘Valley girl’ de Rachel Goldenberg, projeté en salle l’année suivante. « Et pour d’autres également (NDR : des reprises de ce morceau). Cette B.O. a permis d’élargir notre audience. La plupart des gens ont découvert Modern English, en assistant à la projection de ces films. Tout a changé pour nous, à cette époque. Car notre quotidien se résumait à se produire dans des clubs. Et rien d’autre. C’est ce qui nous a permis d’assurer le supporting act de Roxy Music. Un souvenir très agréable… » Surtout que Roxy Music est une influence majeure pour le band. Mais également David Bowie. D’ailleurs, sur son dernier elpee, ‘Take me to the trees’, le morceau « Trees » emprunte le rythme du ‘Heroes’ de Bowie. Volontaire ou involontaire ? « Jouer le morceau de cette manière nous semblait naturel. C’est bien que tu le mentionnes. Le riff est répétitif. La voix arrive sur le tard, un peu de la même manière. C’est une compo que j’adore, mais la comparaison est fortuite… »

La liaison est donc naturelle pour aborder le sujet du dernier long playing. Et tout d’abord le choix qui s’est posé sur Martin Young, pour la mise en forme. Ex-Coulourbox, c’est lui qui avait composé le hit ‘Pump up the volume’. « Il y a longtemps qu’on se connaît. A l’époque où on n’avait pas beaucoup d’argent, on partageait le même appartement. On l’a choisi, parce que c’est un excellent producteur. Quand il rencontre un problème, il l’épluche scrupuleusement. Il va recommencer la même prise, 100 fois s’il le faut. C’est un type méticuleux et c’est ce dont on avait besoin lors des sessions. Non seulement c’est un bon producteur, mais aussi un bosseur. En outre, il est ouvert d’esprit. Il ne rejette aucune idée d’emblée… » Pour l’artwork de cet LP, le groupe a encore fait appel à Vaughan Oliver, comme par le passé. En fait Modern English est un peu à ce graphiste, ce que Yes était à Roger Dean. Gary en donne la raison : « Notre collaboration remonte à l’époque où on était chez 4AD. Il réalisait tout le travail artistique pour le label. Il est la retraite, mais on a insisté pour qu’il réalise la pochette. Il a encore un emploi du temps bien chargé, mais finalement, il a accepté, parce qu’il existe un lien spécial entre lui et nous. C’est lui qui avait d’ailleurs signé celle de notre tout premier album… »

Faute de Robbie Grey, difficile d’aborder la thématique des compos. Mais quand même, lorsqu’un groupe choisit comme titre d’album ‘Talk me to the trees’, difficile de ne pas aborder le sujet de l’écologie. D’autant plus que 35 ans plus tôt, ‘After the snow’ était déjà de la même veine et constituait un message précurseur dans le domaine. « En fait, mon rôle consiste à créer des atmosphères musicales alors que Rob doit rester vigilant et observateur de ce qui se passe dans le monde. Et donc je colle la musique dessus (NDR : les cloches de l’église se mettent à sonner…) On a toujours conscience de ce qui se passe autour de nous. Et on veut préserver cet état d’esprit. Cependant, il est exact que les deux albums adoptent une semblable démarche. Et on sait où on va… »

Modern English a également participé au projet This Mortal Coil. C’était une réunion entre amis ou un exercice de style organisé par 4AD ? « A l’époque, c’était une idée du patron du label indépendant Ivo Watts-Russell. On a d’abord enregistré un medley de ‘Sixteen Days’ et ‘Gathering Dust’ (NDR : Elizabeth Fraser et Robin Guthrie de Cocteau Twins ont enregistré la face B, une reprise de "Song to the Siren" de Tim Buckley que Watts-Russell a finalement choisie comme face A du 7 inches ; mais c’est finalement la flip side qui a atteint le numéro un dans les charts britanniques). Je jouais de la guitare et Mick Conroy de la basse. Puis plein d’autres artistes du label ont apporté des compos pour enregistrer l’album ‘It’ll End in Tears’ (NDR : This Mortal Coil va encore graver deux autre opus, ‘Filigree and Shadow’, en 1986 et ‘Blood’, auxquels participeront de nombreux artistes de l’écurie, et notamment des membres de Dead Can Dance, Breeders, Pixies, Wolfgang Press ou encore Colourbox). On a même joué en concert dans une salle d’art ; mais on n’avait droit qu’à 20 minutes de set. Et finalement on a interprété le même morceau à sept reprises… »

Un elpee serait en préparation. Info ou intox ? « Pas un album, mais un Ep ! On a mis en boîte deux ou trois chansons lors de notre tournée, à Los Angeles. On va encore en écrire deux ou trois. Et il y a de fortes chances qu’il sorte dans 6 à 7 mois. Donc effectivement, on est occupé d’enregistrer. Rob bosse également sur les paroles afin de leur donner davantage de caractère. Pour leur communiquer, suivant les morceaux, un feeling plus sombre ou plus allègre. Ce qui va modifier, sans doute, les démos réalisées pour l’instant. Et tout cela est en préparation… »

(Merci à Vincent Devos)

 

vendredi, 31 août 2018 03:00

Memory of a cut off head

OCS est un projet monté par John Dwyer, avant qu’il ne fonde Thee Oh Sees (NDR : suffit de prononcer le sigle pour se rendre compte de l’analogie). Et « Memory of a cut off head » constitue déjà son cinquième essai ; le dernier « OCS 4: Get Stoved » remontant quand même à 2005. Lors des sessions d’enregistrement il a reçu le concours de plusieurs collaborateurs, dont son bassiste Tim Hellman et puis l’ex-chanteuse/claviériste Brigid Dawson ainsi que l’ex-drummer Patrick Mullins. Si le band de San Francisco pratique du garage/rock, OCS privilégie un psyché folk enrichi d’arrangements, notamment de cordes, mais aussi de cor, aussi discrets qu’efficaces. Un peu dans l’esprit du mythique Love, quoique les pistes les plus acoustiques et lentes lorgnent plutôt vers Nick Drake. Douces et rafraîchissantes, les voix de Brigid et de John créent des harmonies troublantes, déchirantes, limpides. L’opus recèle, en outre, deux morceaux aux références surprenantes. Tout d’abord « Choping block », réminiscent du « Space Oditty » de Bowie, et l’introspectif « Time turner », plutôt hanté par le Velvet Underground circa Nico. Et le recours au mellotron apporte un petit côté prog inattendu, à l’ensemble. Un chouette album !