Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La vie explosive de Fine Lame

Groupe de rock poétique incisif, enflammé, tumultueux, exalté, tranchant, Fine Lame convoque le rock français à appétence littéraire et la tradition du spoken word anglo-saxon. Le groupe a sorti un premier Ep 5 titres le 29 novembre 2022 qui évoque tant le…

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Bernard Dagnies

Bernard Dagnies

vendredi, 29 juin 2018 03:00

La ‘Fun house’ de Montevideo

« Temperplane », c’est le titre du prochain album de Montevideo. Conçu à Bruxelles et enregistré à New York, ce opus baignera dans un ambiance baggy façon ‘Manchester on the Beach’ ; à cause des arrangements vocaux élaborés, des guitares acides et des machines destructrices. En attendant, la formation belge nous dévoile son clip baptisé « Fun house », premier single issu de cet opus.           

Le clip propose une vision onirique et aquatique de « Fun House », réalisée par Dan Elhadad. Si la vidéo n’est pas intitulée « Enter The Pixel », elle s’inspire cependant de l'artwork imaginé par H5 studio pour Montevideo. Et il est à découvrir ici.

 

 

 

 

vendredi, 14 septembre 2018 19:10

La musique, c’est notre choix de vie…

Beechwood et un trio new-yorkais réunissant le bassiste Sid Simons (21 ans), le guitariste Gordon Lawrence (23 ans) et le batteur Isa Tineo (25 ans) ; ces deux derniers assurant également les parties vocales. A l’issue de leur concert accordé à la Cave aux Poètes, de Roubaix, les musicos se sont volontiers pliés à l’exercice de l’interview, sous l’oreille attentive de leur manager, Cynthia Ross (NDR : bassiste de B-Girls, formation féminine de power pop/punk/rock qui a sévi de 1977 à 1981). A leur actif trois albums, dont les deux derniers, « Songs from the land of nod » (voir chronique ici) et « In the flesh hotel », sont sortis respectivement en septembre 2017 et ce 8 juin 2018. Deux opus qui réunit de très bonnes chansons aux mélodies particulièrement soignées et parfois même contagieuses…

Deux long playings en neuf mois, c’est plutôt rare chez un artiste ou un groupe aussi jeune. Mais cette tendance prolifique ne cache-t-elle pas l’envie d’écouler un stock de compos à écouler ?

Gordon réagit : « La majorité des titres du précédent album avaient déjà été enregistrées sous forme de démos. En fait, on est tout le temps occupés d’écrire. Et vu cette activité, on est constamment forcé d’accomplir des allers-retours entre la route et le studio. En général, on compose le week-end ; et on a d’ailleurs déjà les morceaux du prochain album. Qu’on enregistrera, fin de cette année… » Faut croire qu’ils ne dorment jamais. La réponse d’Isa fuse : « Jamais ! On dort quand on est fatigués… » Le père d’Isa bossait dans le business de la musique. Il disposait d’une fameuse collection de disques. Fatalement, il a dû puiser ses sources d’inspiration en les écoutant. Mais cette culture, l’a-t-il partagée avec ses amis, et tout particulièrement Sid et Gordon… Il acquiesce : « C’est exact. J’ai moi-même une belle collection de disques. Mais tout jeune, je n’avais qu’à piocher dans celle de mon paternel… » Pas n’importe qui, puisqu’il s’agit de Junkyard Ju-Ju –au départ batteur de formation– qui milite toujours au sein du duo de hip hop aux influences latines, Beatnuts, en compagnie de Psycho Les… Il poursuit : « Et puis j’ai pu assister aux sessions d’enregistrement. Ce qui m’a permis d’observer son fonctionnement et d’acquérir de l’expérience dans ce domaine. Et je suis reconnaissant à mon père de m’avoir fait découvrir cet univers de la musique. Et cette expérience, j’ai pu également en faire profiter mes potes, et bien sûr Gordon. Ce qui n’a pas été difficile, car il en avait déjà acquise une, de son côté… »

Le trio apprécie un large spectre de groupes ou d’artistes. Mais c’est la scène de Detroit qui semble inspirer d’abord ces musicos. Depuis Son House aux Stooges, en passant par les Stooges, MC5 et les White Stripes... Sid confirme « Oui, oui, les White Stripes ! » Gordon reprend le crachoir, parfois d’une voix qui devient de plus en plus caverneuse : « En fait, aujourd’hui, c’est à Detroit que tout se passe. A New York, la scène est plus underground. Mais on n’est cependant pas hermétiques. On aime également la musique qui vient d’Angleterre. On est ouvert à tout… » Le combo a ainsi adapté le ‘I’m not like everybody else’ (Trad : ‘Je ne suis pas comme tout le monde’) des Kinks, un titre qui figure sur « Songs from the land of nod ». Gordon explique pourquoi le combo a choisi cette cover : « C’est une chanson que je voulais reprendre quand j’étais ado. Mais aujourd’hui on peut plus facilement se connecter aux paroles. Au message. Ce n’était pas toujours le cas, à l’époque… » Et quand on les compare aux Troggs, mais un Troggs à la sauce contemporaine, les musicos estiment que c’est un compliment, et que votre serviteur a touché leur corde sensible… leur look y est également pour quelque chose, soit dit en passant…

Néanmoins, si la musique de Beechwood est essentiellement garage/rock, elle trempe également dans le psychédélisme, évoquant même parfois Syd Barrett, Brian Jones, le 13th Floor Elevators, ainsi que les Beatles circa ‘Magical Mystery Tour’. A cause des voix. Des voix qui peuvent aussi parfois rappeler Big Star. Isa se défend : « On est incapable de répondre à ce type de comparaisons. On aime tous ces groupes et ces artistes. Surtout leur musique… » Et tout au long de « Bigot in my bedroom », une plage issue de « In the flesh hotel », on ne peut s’empêcher de penser à T Rex. Gordon réplique : « Je n’ai jamais pensé faire sonner cette chanson comme T Rex, même si les mélomanes ont cette impression. C’est sans doute dû au groove de la chanson… »

Lors d’une interview publiée sur la toile, ils avaient déclaré que s’ils n’étaient pas devenus musiciens, ils seraient probablement morts aujourd’hui. Pourtant, ce sont tous des caïds du skate. Isa et Gordon se sont d’abord rencontrés à l’âge de 16 ans en se consacrant à ce sport. Et puis, le premier écrit des poèmes, alors que le second est branché sur la photo et la peinture. Ce dernier s’épanche : « La musique, c’est notre choix de vie. On laisse le champ libre à nos envies et nos passions. Tout le monde devrait faire ce qu’il a envie de faire. Il y a un moment de l’existence où on peut se permettre de réaliser ce qu’on aime. Les 18 premières années de ta vie, tu es contraint d’aller à l’école. C’est une obligation, on ne peut y déroger. Puis tu vas au collège. Et t’es parti pour 4 ans, avant de savoir ce que tu veux vraiment faire. Tu es dans le système. Mais dès que tu t’en libères, tu dois foncer tout de suite ».

Quand on parle à Gordon, de sa ferveur pour les Ramones, il remet la place de ce quatuor mythique dans son contexte. « En fait, ce qui m’intéresse chez les Ramones, c’est de figurer au sein d’un groupe, de ressentir quand on y est, d’y vivre... C’est ainsi que j’ai découvert que j’aurais pu participer à leur aventure…. » Une forme d’incarnation subjective ? Il précise : « C’est plutôt ce que la formation représente pour moi. Quand on écoute un groupe, on apprend de ce groupe. On ne va pas se limiter aux Ramones, pour les influences, car il en existe de nombreuses. Ma vie, c’est de jouer de la guitare et d’être connecté à un niveau plus profond. Quand j’aime une formation, ce n’est pas seulement la musique. Je ne limite pas ma vision du band au guitariste. Mais lorsque je l’écoute, je me sens dans le groupe… » Isa avait de son côté, déclaré que la batterie était une manière de libérer sa colère. Mais contre qui ou quoi est-il en colère ? Il répond : « Il n’y a pas d’analyse à réaliser. J’insuffle toute mon énergie et toutes mes émotions dans mon drumming. Mais il n’y a pas de colère vis-à-vis de mes partenaires. C’est bon pour ma santé d’afficher une attitude jeune et naturelle. J’ai joué dans une autre formation avant celle-ci. La manière dont je jouais des drums était plus agressive. Je suis capable de l’adapter à des tas de styles et de cogner très fort sur mes fûts… Cependant, je joue de manière ‘éthique’, c'est-à-dire que j’affiche un aspect de ma personnalité que je veux la plus humaine possible... »

Mais penchons-nous un peu sur le dernier opus de Beechwood, ‘In the flesh hotel’. Et tout d’abord sur le recours à ces instruments complémentaires comme l’orgue ou peut-être un farfisa. Gordon rectifie : « Il s’agit d’un harmonium. Et puis, il y a également un piano. Les sessions se sont déroulées dans une maison d’un de mes oncles. Vu l’éventail mis à notre disposition, la pièce ressemblait un peu à une salle de jeu. Lorsqu’on enregistre, on essaie de faire de notre mieux. Nous ne sommes pas des pianistes, mais avant de nous y coller, on entend d’abord ces interventions dans notre esprit. On peut comparer chaque chanson à un univers et on fait en sorte que tout tourne dans cet univers. Il n’existe qu’une seul règle : c’est bon ou pas bon ! Nous ne nous imposons aucune limite dans notre processus. Par exemple, si l’un se réserve la guitare, l’autre se consacre à la slide et le troisième à l’harmonium… »

Le long playing est également mieux produit. Isa en donne son explication : « C’est parce qu’on est meilleurs et qu’on sait mieux ce qu’on veut. On a plus de maîtrise. On expérimente ! Quand j’écoute ‘Flesh Hotel’, c’est nous ! » Et Isa de clarifier : « En fait Sid a joué un grand rôle dans le son ». Gordon confirme : « Son implication a été importante dans la mise en forme. Ce qui compte, c’est d’être vrai par rapport au son. De ne pas se trahir. On ressent le fait qu’on a franchi une étape. On a progressé. Cette production est donc supérieure…. »

Parmi les plages de cet LP, ‘Amy’ et ‘I found you’ pourraient facilement sortir en single. Gordon tempère : « Ce n’est pas prévu de sortir des singles et des 7 inches en vinyle. Pour la promo, les chansons vont cependant sortir successivement en clips vidéo… et quand l’album sortira, les chansons seront déjà périmées… » (rires)

(Merci à Vincent Devos)

 

Fondé en 1967 par le guitariste Peter Green, le drummer Mick Fleetwood et le guitariste Jeremy Spencer, Fleetwood Mac, que rejoint le bassiste John Mc Vie, quelques mois plus tard, Fleetwood Mac connu trois vies. Rejoignant le line up en 1968, le guitariste Danny Kirwan a vécu la première, soit la plus blues, mais également l’évolution de la musique du groupe, vers un style plus folk/pop. C’est lui qui conjugue sa guitare avec celle de Peter Green sur le fameux « Oh well » (voir ici) et l’instrumental « Albatross » (voir ). Et puis il a également participé à l’enregistrement de plusieurs elpees du band, soit « Then Play On » et « Blues Jam at Chess » en 1969, « Kiln House » en 1970, « Future Games » en 1971 et « Bare Trees » en 1972. Mais il est ensuite viré du band. Il tente une aventure en solo, de 75 à 79, mais sans grand succès. Confronté à des problèmes d’alcoolisme, il devient même SDF début des 90’s.

Fleetwood Mac est surtout connu pour sa période la plus pop ; celle qui lui a permis de vendre des millions d’albums et de décrocher d’énormes tubes. L’arrivée de Christine McVie, épouse de John McVie, en 1970, et de Stevie Nicks, en 1974, va rendre la musique davantage accessible. Notamment à cause des harmonies vocales féminines. Et puis de mélodies contagieuses. Parmi ses plus grands hits, on épinglera « Hold me », « Go your own way », « Dreams » ainsi que « Rhiannon », et la liste est loin d’être exhaustive. Fleetwood Mac continue de se produire en concert et compte aujourd’hui 50 ans d’existence. 

Danny Kirwan est décédé à Londres, ce 8 juin 2018, à l’âge de 68 ans.

R.I.P.

« Hunter », c’est le titre du 3ème opus d’Anna Calvi. Il sortira ce 31 août 2018. Lors des sessions, elle a reçu le concours de son backing group, mais également du claviériste de Portishead, Adrian Utley, ainsi que du bassiste des Bad Seeds, Martyn Casey.

Elle a injecté dans sa musique, une sauvagerie et une énergie primitive. Calvi pousse les limites de sa guitare et de sa voix au-delà de tout ce qu'elle a enregistré auparavant.

« Hunter » est annoncé comme un album viscéral explorant la sexualité et enfreignant les lois de la conformité entre les sexes. Un disque queer et féministe qui galvanise dans une quête de liberté. 

Son nouveau clip, « Don’t Beat The Girl Out Of My Boy », a été réalisé par l'étoile montante et collaborateur récent de Kendrick Lamar, William Kennedy et chorégraphié par Aaron Sillis (FKA Twigs). La vidéo est disponible ici  

Anna a déclaré: ‘C'est une chanson sur le défi du bonheur. Il s'agit d'être libre de s'identifier comme bon vous semble, sans aucune contrainte de la part de la société’.

http://annacalvi.com/

 

« Ocean », c’est le nouveau single et clip de Goldfrapp. Réalisé par Alison, il a reçu le concours de Dave Gahan, le chanteur de Depeche Mode. Elle a ainsi déclaré ‘J'ai passé un temps incroyable à diriger Dave dans la vidéo pour la piste et nous ne pouvions pas être plus heureux di résultat final’

Pour découvrir le nouveau clip, c’est ici

En concert le 7 juillet, dans le cadre du Pukkelpop

 

 

 

 

jeudi, 07 juin 2018 14:00

Eut, mais pas Het !

EUT, c’est une formation néerlandaise qui publiera son premier album en octobre 2018. Responable d’une musique énergique, le groupe, emmené par la chanteuse charismatique Megan de Klerk, puise ses influences au sein des 90’s et tout particulièrement chez Pixies, Yeah Yeah Yeah, Blur, Weezer, Hole, Wilco et Beck. En attendant, le combo a publié un single, intitulé « Crack the world », doublé d’un clip, et c’est ici

https://www.thewordiseut.com/

 

jeudi, 07 juin 2018 13:59

Miossec, Nous sommes Les Rescapés…

Le prochain elpee de Christophe Miossec s’intitulera « Les Rescapés. En attendant, ce 8 juin, sort un single baptisé « Nous sommes », une chanson co-réalisée en compagnie de Julien Delfaud (Woodkid /Revolver/Gaetan Roussel/Benjamin Biolay) et Laurent Bardainne (PoniHoax / Limousine). Et c’est Dominique Ledulal (Les Rita Mitsouko/ HF Thiéfaine /Jacques Higelin) qui s’est chargé du mixing.

https://www.christophemiossec.com/

 

Keep Dancing Inc. est l’un des noms qui, depuis plusieurs mois, agite et enchante ‘La French Pop’. Né à Paris dans les années 2010, ce groupe aime le surf rock, la cold wave, le punk et la synth pop. Grâce à son mélange de synthés, boîtes à rythmes et guitares, il concocte une forme de synth-pop jubilatoire aux accents funky.

Après avoir gravé un premier Ep (« Initial Public Offering »), disque qui lui a valu une large reconnaissance et une tournée outre-Manche, Keep Dancing Inc. publiera un nouvel Ep ce 15 juin. Intitulé « Restructuration », il est doublé par un clip tourné à La Défense et baptisé « Pornstar » (voir ici).

Sélectionné par le prestigieux NME dans les cent groupes à suivre en 2018, multipliant les concerts soldout, s'affichant à la Philharmonie grâce au coup de pouce d'Etienne Daho, le trio parisien est devenu l’une des formations les plus passionnantes et prometteuses du moment…

https://www.facebook.com/keepdancinginc

http://www.un-plan-simple.com/fr/keep-dancing-inc/

https://twitter.com/keepdancinginc?lang=fr

https://www.instagram.com/keepdancinginc/?hl=fr

 

 

 

Considéré comme un des groupes les plus prometteurs sur la scène indie antipodale, Rolling Blackouts Coastal Fever a choisi un patronyme à rallonge. Votre serviteur avait déjà flashé sur son Ep, « Talk tight », et a de nouveau été séduit par son tout premier album, « Hope downs ». La formation implique deux frères et deux cousins, mais surtout trois chanteurs/guitaristes (NDR : deux grattes électriques et une acoustique !). Et pratique une musique qui rappelle les Go-Betweens ainsi que la scène néo-zélandaise du label Flying Nun (NDR : pensez à The Bats, The Chills ou encore Jean-Paul Sartre Experience). On reviendra plus tard sur ce nouvel opus, mais place au compte-rendu du concert…

En débarquant dans l’AB Club, Stella Donnelly est encore sur les planches. Très jolie, portant un pantalon aux motifs probablement empruntés aux aborigènes, elle est armée d’une six cordes électrique et possède une superbe voix, dont les tremolos sont très susceptibles d’évoquer Jeff Buckley. Elle a beaucoup d’humour et déclenche régulièrement des rires dans un auditoire, constitué alors d’une cinquantaine d’âmes. Quand elle gratte ses cordes, les compos sont plutôt arides. A contrario, en picking, elles passent beaucoup mieux la rampe. Elle s’autorise une reprise de la chanson la plus insipide des Beatles, « Across the universe ». Ce qui ne va pas l’empêcher de recueillir, avant de quitter l’estrade, de chaleureux applaudissements. A revoir en compagnie d’un véritable groupe…

Les haut-parleurs diffusent le « Rock you baby » de George McRae. Puis les musicos de Rolling Blackouts Coastal Fever montent sur l’estrade. Il doit y avoir maintenant plus ou moins 120 personnes dans la salle. Les trois chanteurs/guitaristes se posent en front de scène. Joe White (NDR : il est roux !) à gauche. Fran Keany (NDR : un hybride entre Jim Morrison et Bryan Ferry), au milieu (NDR : c’est lui qui joue de la sèche électrifiée) et Tom Russo, à droite. Son frère, Joe Russo, le préposé à la basse, tourne régulièrement le dos au public. Il se tient près du drummer, un peu comme pour faire bloc avec son partenaire. Bien post/punk voire cold wave, ses interventions sont aussi ténébreuses et vibrantes que celles des bassistes de ce style tellement prisé au cours des eighties. Episodiquement, il s’autorise un petit pas de danse. Mais le chef d’orchestre, c’est le drummer, Marcel Tussie. Il donne le départ des compos, de deux coups de sticks et achève en catimini, chaque morceau, avec un soin particulier. Son drumming est à la fois ample et fédérateur. Le show s’ouvre par « Clean Slate ». Le son est parfait. Les voix sont extrêmement complémentaires, et le plus souvent se répondent comme dans l’univers du hip hop (NDR : du hip hop pareil, je veux bien en écouter toute la journée !), mais se conjuguent également en harmonies. Et le drumming talonne judicieusement ces harmonies sur « The Hammer » et tout au long du ‘byrdsien’ « Sick Bug », une chanson qui relate l’histoire d’un gars qui se sent comme un insecte infectieux à la vue de son amant. Chargées d’intensité, les sonorités de guitares sont tour à tour carillonnantes, cristallines, savoureusement discordantes, vertigineuses ou enchanteresses. Elles deviennent même orgiaques pendant « Mainland » et lors du titre qui clôt le set, « French press ». Ensoleillées, presque californiennes, les mélodies ondulent comme des vagues qui s’abattent sur les récifs coralliens. Pendant « Colours run », Tom casse une corde de sa Gretsch. Stella Donnelly se mue en roadie. Elle lui branche une autre guitare, mais les tonalités ne semblent pas plaire au musicien. La Miss fonce alors en coulisses pour remplacer cette corde et la repose sur le rack. Pendant ce temps, les autres musicos se lancent dans une jam débridée. Et lorsque l’instrument est à nouveau au point, le band reprend le morceau en cours. Manifestement, il y a une parfaite osmose chez ce quintet. Le tempo est constamment enlevé ; il est même rapide tout au long de « Wide eyes ». Les mélodies sont soignées, parfois même contagieuses, à l’instar de « Talking Straight ». Le public jubile. Il est chaud. Remue, danse ou dodeline de la tête, et surtout savoure ce concert exceptionnel qui libère un doux feeling. On n’a pas envie de regarder sa montre. Ou alors on oublie d’y jeter un coup d’œil. On voudrait que le concert se poursuive encore pendant des heures. Mais vers 22h15, il s’achève. La formation revient quand même accorder un rappel. Un seul titre. En vitesse ! Puis elle s’éclipse. Avant de réapparaître quelques minutes plus tard, dans la salle, pour démonter son matos, écouler son stock de merchandising, signer pochettes ou tickets du concert, faire des selfies, mais aussi discuter avec les spectateurs, parfois pendant de longues minutes. Des gars talentueux et vraiment sympathiques. Mais surtout impressionnants sur les planches ! Un grand groupe vient probablement de naître…

Rolling Blackouts Coastal Fever se produira dans le cadre du Pukkelpop, ce samedi 18 août (voir aussi notre section photos ici)

Setlist

Clean Slate
Talking Straight
Julie’s place
Wither with you
Carreer
The H
ammer
Sick bug
Colours run
A/C Man
Bellarine
Mainland
Fo
untain of good fortune
Wide eyes
French press

(Organisation : Ancienne Belgique)

lundi, 28 mai 2018 03:00

Un fameux potentiel !

Située à Roubaix, en proche banlieue de Lille, la Cave aux Poètes est une salle de concert qui permet d’accueillir un peu plus de 200 personnes. Située en sous-sol, un peu comme ‘L’os à Moelle’, à Bruxelles, mais en plus sombre, elle est caractérisée par un plafond de plus ou moins 2m20. Impossible donc de pogoter. Et puis de prévoir un podium pour les musicos qui se produisent au même niveau que l’auditoire. Mais l’endroit est assez sympa… Quand on vient de la région de Tournai, il faut entre 35 minutes et 45 minutes, pour accomplir une vingtaine de kilomètres, avant d’arriver à destination. Finalement, la salle est située non loin de la gare. Avantage, un parking est disponible dans une cour, juste devant l’établissement.

Ce soir, deux groupes sont programmés, en supporting act (drôle d’idée !), Beechwood, un trio new-yorkais, et en tête d’affiche, Exploded View, une formation drivée par la chanteuse britannique Annika Henderson (NDR : c’est également une ex-journaliste politique), exilée à Mexico. Au sein de son backing group militent le Suédois Martin Thelin, qui a, notamment bossé pour Crocodiles, également établi dans cette capitale, ainsi que deux musiciens mexicains, une fille et un gars qui a vraiment le profil latino…

Ethérée, glaciale, oscillant quelque part entre la prog, l’indus et le trip hop, la musique d’Exploded View tombe un peu à plat, après un groupe du style de Beechwood. L’absence d’interactivité n’aide, en outre, certainement pas. Il y a des loops, des drones, des sonorités métalliques et synthétiques, dispensées par le drummer, une fille aux synthés ou à la gratte et un guitariste ; et le tout se superpose en nappes, sur lesquelles émerge la voix diaphane d’Annika, responsable de textes sociopolitiques (NDR : fallait s’en douter). Plutôt statique, froide, ignorant presque la foule, Annika est penchée sur son micro, comme la tour de Pise. Les applaudissements sont polis et après une vingtaine de minutes d’ennui, on préfère s’éclipser…

Beechwood publie un nouvel album, ce 6 juin. Plus pop et plus acoustique, il est surtout mieux produit. Les puristes y verront sans doute, une volonté de devenir plus accessible, voire commercial. Mais, manifestement, il démontre surtout la capacité du band américain de briller ailleurs que dans le garage et le punk. Parce qu’en ‘live’, le combo ne fait aucune concession. Dès les premiers accords on est soufflé par la puissance du son. Pas vraiment une bonne idée. Nonobstant ses imposants tatouages, Isa, le drummer est élégamment vêtu et est coiffé d’un stetson (NDR : qu’il ôtera après quelques titres). Mais il frappe sur ses fûts comme un malade ! Sid, le bassiste, porte un pantalon de couleur blanche et est chaussé de pompes de la même teinte. Gordon, le guitariste, a enfilé un sweater partiellement à résilles, notamment sur les bras, largement ouvert en ‘V’ sur le devant, laissant apparaître sa poitrine. Ces deux derniers portent des cheveux longs, dans le style de feu Brian Jones. Après trois ou quatre morceaux, Gordon et Isa troquent leurs instruments, mais dès le premier morceau, la lanière de gratte de ce dernier se détache et le groupe doit tout reprendre à zéro. Précision, après l’intervention de la tour manager qui remet la sangle dans l’encoche de la guitare. Au bout de deux titres, chacun reprend son rôle. Progressivement, on commence à mieux discerner le son, surtout quand on prend du recul. Et manifestement, les harmonies vocales passent de mieux en mieux la rampe. Il y a même une belle osmose entre la voix du chanteur et celle du drummer. Mais paradoxalement, c’est dans le bar, à côté, que ce son est le meilleur. La setlist aligne des titres des deux derniers opus, mais les plus garage/punk, dont la cover du « I’m not like everybody else » des Kinks. Et même celles plus glam ou pop du nouvel opus sont attaquées de manière plus énergique. Extrait du dernier elpee, l’instrumental « Nero » crée le lien manquant entre le Jon Spencer Blues Explosion et les Stooges. Régulièrement, Isa pousse des cris sauvages, comme… Iggy Pop… Les deux gratteurs sont constamment en mouvement, mais on les sent à l’étroit sur l’espace qui leur est réservé. Et pas question de bondir sur place, sans quoi, la tête des deux gratteurs perceraient le plafond. Un spectateur, qui doit largement dépasser les deux mètres de hauteur, a la sienne qui l’effleure. Au bout de 30 minutes, le groupe salue la foule et se retire. Malgré la sensation de trop peu, et les problèmes de balances, manifestement, le groupe a un fameux potentiel. Faudra d’abord penser à engager un ingé-son exigeant et pro (NDR : suffit de demander à Didier, il en connaît quelques uns…) Et puis laisser un peu de temps au trio pour acquérir de l’expérience ; car vu la qualité de ses compos, il ne serait pas étonnant que d’ici deux ou trois ans, il fasse un fameux tabac. On reviendra sur Beechwood, lors de la chronique de son troisième LP, « Inside the flesh hotel », et puis à travers une interview accordée à Musiczine, à l’issue du show…

Setlist (sous réserve et dans le désordre)

“Melting over you”, “I Don't Wanna Be the One You Love”, “I'm Not Like Everybody Else” (Kinks cover), “Flesh Hotel”, “Heroin Honey”, “Amy”, “Bigot in my bedroom”, “C/F”, “Boy Before”, “This Time Around”, “Nero”

(Organisation : La Cave aux Poètes & Bains De Minuit Productions)