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Bernard Dagnies

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mercredi, 31 janvier 2018 02:00

IV

Psychic Temple, c’est le projet de Chris Schlarb, chanteur/guitariste qui jouit d’une certaine notoriété auprès de ses pairs, puisque non seulement il a déjà bossé en compagnie de grosses pointures comme Nels Cline, Mike Rossi (Philip Glass Ensemble), Will Oldham, ou Mike Watt, mais il a le chic pour s’entourer d’une belle brochette de collaborateurs, lorsqu’il enregistre un album (NDR : pour votre info, sachez qu’il a aussi fréquenté le studio Muscle Shoals…) Ainsi, pour concocter « IV », il a notamment reçu le concours de la légende du folk/rock insulaire Terry Reid, Avi Buffalo, le batteur de jazz Chad Taylor, le vétéran Max Bennett (Hot Rats de Zappa, Joni’s Court & Spark, etc.) ainsi que Terry Allen. Mais aussi d’une brouette de musicos de studio qui assurent cuivres, claviers (Hammond, piano électrique), sitar, grattes (sèche, électrique, slide, mandoline, etc.), violon, drums, double basse et on en passe ; Schlarb se consacrant le plus souvent à la guitare acoustique, électrique ou à douze cordes, et se réserve les parties vocales, qu’on pourrait qualifier de vaporeuses…

Puisant son inspiration dans le jazz, le country/rock, la folk/soul et l’ambient, la musique de Psychic Temple est à la fois visionnaire, ensoleillée et cool, naviguant à la croisée des chemins des univers sonores imaginés par Todd Rundgren, Steely Dan, Brian Eno, The Sea & Cake, High Llamas, Poco ou Crosby Stills & Nash. Tout un programme !

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

V

Papir est un trio danois, issu de Copenhague très exactement, qui cherche probablement le point de rencontre idéal entre le post rock et la prog, tout en intégrant des éléments de psychédélisme, de space et d’ambient. Parfois un zeste de jazz. Sobrement baptisé « V », le 5ème opus de Papir est double, et recèle 7 pistes instrumentales, dont la plus courte dépasse les 9’. Et c’est John McEntire (Tortoise) qui en a assuré le mixing, aux States. En 90 minutes, Nicklas Sørensen (guitare), Christian Becher (basse) et Cristoffer Brochmann démontrent tout leur talent d’instrumentiste, en brossant des paysages sonores atmosphériques très souvent élaborés en crescendo, avant qu’ils ne retombent au sein d’un climat plus paisible. Pas vraiment de titre pour les pistes de cette œuvre, mais une numérotation bien structurée : « V.I », « V.II », etc. Outre l’instrumentation de base, il y a du clavier. Enfin, on suppose, car c’est peut-être une gratte qui sonne comme tel. Sous sa forme la plus torturée elle réveille en mon for intérieur, Erik Braun (Iron Butterfly), et quand elle devient gémissante, plutôt David Gilmour ; quant à la basse, elle peut parfois se révéler propulsive comme celle de Roger Waters. Mais si le spectre du Floyd post « Dark side in the moon » plane quand même régulièrement, on ne peut pas s’empêcher de penser à Mogwai ou Explosions in The Sky, notamment pour la structure des compos. D’une durée de 25’, le dernier morceau baigne davantage dans l’ambient et dans ce registre, y a Papir comme sédatif, même si la fin de parcours retrouve un peu de peps… mais oublie l’explosion finale. Il aurait peut-être suffi de quelques chœurs pour donner davantage de relief à l’ensemble…

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

The Tower

Parti en juin 2016, Kenneth Kapstade, le bassiste, a finalement été remplacé par Tomas Järmir. Et c’est sous ce nouveau line up que Motorpsycho a gravé ce double cd, intitulé « The tower ».

En 10 pistes, Motorspycho revisite une bonne partie de la prog, mais dans son style bien personnel. C'est-à-dire très électrique voire psychédélique. Parfois à la limite du métal, mais soit dans l’esprit de Metallica ou de Black Sabbath. Régulièrement le tempo vire au krautrock. Le trio intègre dans on expression sonore, outre la structure de base guitare/basse/batterie, du mellotron, un zeste d’orgue, du piano et parfois de la flûte. Tout en prenant soin des harmonies vocales, qui régulièrement, évoquent ni plus ni moins, Crosby, Stills & Nash. Oscillant ainsi de King Crimson circa « Islands » (NDR : ces envolées atmosphériques !) à Dream Theater, en passant par Genesis, le Van der Graaf Generator originel (NDR : soit celui au cours duquel Hugh Banton se réservait l’orgue), mais sans le saxophone, Moody Blues circa « To our children’s children’s children », Magma et l’Alan Parsons Project, les références musicales sont saupoudrées tout au long de l’opus. Et Motorpsycho a vraiment le tour (?!?!) pour les intégrer naturellement. Les aficionados du style devraient prendre un plaisir certain à les reconnaître, avant de les savourer…

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

The dream synopsis (Ep)

Après avoir gravé l’album “Everything You've Come to Expect”, The Last Shadow Puppets a donc decidé de publier un Ep 6 titres. Il est partagé entre deux morceaux issus de l’elpee et quatre reprises, dont « Les Cactus » de Jacques Dutronc, le post punk redoutable « Totally wired » de The Fall, l’énigmatique « This is your life » de Glaxo Babies, un morceau gonflé aux arrangements symphoniques, ainsi que la valse mid tempo « Is this what you wanted », alimentée par un quatuor à cordes et abordée un peu à la manière d’un Nick Cave. Signée Leonard Cohen cette piste monte en intensité avant d’atteindre un final véritablement exaltant. En fait ces covers figurent habituellement dans la setlist du combo, lors des prestations accordées en ‘live’. Les deux compos issues du long playing, « Aviation » et le single « The dream synopsis », sont proposées sont des versions différentes. Suave, la première est enrichie d’un violon, alors que sur la seconde le saxophone remplace les chœurs, au sein d’un climat qu’on pourrait qualifier de nightclubbien. Miles Kane se réserve les vocaux sur les titres les plus énergiques, alors que Alex Turner chante plutôt d’une voix de crooner, sur les plus tendres.

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Forget to remember to forget

Chez The John-Pauls, on retrouve le guitariste Philip Niemeyer et la drummeuse Elizabeth Nottingham, qui ont milité chez The Black Lipstick. Les deux artistes, se partagent à tour de rôle, les vocaux –elle chante d’une voix innocente, lui d’un ton plus désinvolte, imparfait même– au sein de ce quatuor texan qui puise ses références dans les nineties, et plus précisément au sein de la lo-fi. Celle de Pavement, The Feelies ou Sebadoh, mais également la scène kiwi qui a nourri le label Flying Nun, The Chills en tête. Pas de basse, mais deux grattes aux riffs épurés, tranchants et acérés, une batterie, un zeste de piano et des percus. Et le résultat est très convainquant. Les titres sont courts, mais efficaces. Les mélodies, fluides, lumineuses, hypnotiques, harmonieuses et surtout accrocheuses. Et les lyrics littéraires, parfois teintés d’ironie, dans l’esprit de feu Mark E. Smith. Un des meilleurs elpees de l’année 2017 !

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Entre l’infime et l’infini

Première constatation, sur les 12 plages de son nouvel elpee, Cloé en chante trois en anglais et une alternativement dans la langue de Shakespeare ou de Molière. Et nous propose deux instrumentaux. « Réminiscence d’un ré mineur » met en exergue le piano, ainsi que les violoncelles de Thècle Joussaud et de Céline Chappuis, qu’on retrouve d’ailleurs tout au long de l’opus, parfois l’une, quelquefois les deux. Dans un style, proche de la musique de chambre. Et puis « Bulle récréation », dont les sonorités évoquent une boîte à musique.

Deuxième constatation, Cloé a incorporé dans l’expression sonore, de l’électro et de la programmation. Mais si les touches électroniques sont relativement bien intégrées, les rythmes sont parfois un peu trop basiques. Dommage, car l’ensemble tient bien la route.

Car on retrouve, dans les textes en français, la prose, le sens de l’humour et les jeux de mots, si caractéristiques de la Bruxelloise. « Nous » constitue certainement un des meilleurs morceaux de l’opus. Arnaud Fleurent-Didier apporte son concours aux vocaux sur cette plage que chuchote Cloé, un peu à la manière de Jane Birkin, alors que les deux violoncelles conjuguent leurs interventions. Puis « That hill » qu’elle murmure, à nouveau, dans le même esprit. En outre, la ligne de basse est énigmatique et les arrangements sont excellents, à tel point qu’on croirait la présence d’une véritable batterie. Atmosphérique, la ritournelle « Au-delà des mots » se distingue encore par la richesse de ses arrangements, alors que c’est Charlotte Maison qui se consacre aux synthés. Et encore l’entraînant « Sinking in love », dont les chœurs sont abordés comme chez Kate Bush. Etonnant ! On pourrait pérorer à l’infini sur cette absence de batterie, mais finalement la remarque est infime…

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Fête foraine (Réédition)

Microcultures a donc eu la bonne idée de rééditer « Fête foraine », un elpee gravé par The Apartments, en 1996. En fait, il s’agissait de pistes choisies parmi les trois premiers long playings, soit « The Evening Visits… and Stays For Years » (1985), Drift (1992) et « A Life Full of Farewells » (1995), mais réinterprétées sous un format acoustique. A l’époque, le disque était paru en édition limitée, soit à 3 000 exemplaires. Ce qui explique pourquoi il est alors devenu une pièce de collection, négociable à pris d’or.

Don Bartley, qui avait assuré la mise en forme du long playing original, s’est chargé de la remasteriastion. En outre, la nouvelle édition recèle des clichés inédits, réalisés par Bleedin Butcher, longtemps photographe personnel de Nick Cave.

Peter Walsh se consacre au chant et à la sèche, Chris Abrahams au piano et Miroslav Bukovsky à la trompette ainsi qu’au bugle. Epurées, les compos atteignent une intensité dramatique rare, intensité accentuée par la voix profonde et bouleversante de Peter. Bref, si c’est une fête foraine, elle a certainement viré au drame, car on y assiste plutôt à un épanchement de spleen indicible. Et pourtant, c’est un très bel album, mais que je déconseille vivement à celles et ceux qui ont le moral dans les chaussettes… il est même préférable de les laisser traîner dans ses Apartments…

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Holes in the dancefloor (Ep)

Fondé en 1998, A Toys Orchestra est une formation italienne qui jouit d’une solide popularité dans la botte, notamment à cause de ses nombreuses B.O. pour films ou séries TV de son pays. Ce qui lui a également permis de décrocher toute une série de prix honorifiques. Si à l’origine sa musique puisait son inspiration dans l’underground, et tout particulièrement le punk et la scène indie yankee des 90’s, ainsi que chez Bowie et Kurt Weill, au fil du temps elle est devenue de plus en plus pop et accessible, bénéficiant de clips primés dans les médias de la péninsule. Sur cet Ep trois titres, « Take my place » et « Always I’m wrong » reflètent cet art à torcher des mélodies synth/pop contagieuses, alors que plus intéressant, le dernier morceau, « Quiver » marche davantage sur les traces de dEUS voire de Ghinzu…

 

mercredi, 31 janvier 2018 02:00

Greatest Hits Live

Steve Winwood fêtera ses 70 balais en mai prochain. Un chanteur/compositeur/guitariste/claviériste/producteur qui a été intronisé dans le ‘Walk of Fame’, à Nashville, le 5 juin 2014. Et ce n’est qu’une juste récompense pour ce natif de Birmingham dont la carrière dépasse les 5 décennies, au cours desquelles il a notamment milité chez les mythiques Traffic, Blind Faith et le Spencer Davis Group ; sans oublier sa carrière en solo. Il a également accompagné des légendes du blues comme B. B. King, Bo Diddley, Chuck Berry, Eddie Boyd, Howlin' Wolf, John Lee Hooker, Muddy Waters, Otis Spann, Sonny Boy Williamson II ou T-Bone Walker. Il a également côtoyé des artistes majeurs comme Christine McVie, Dave Mason, David Gilmour, George Harrison, Jimi Hendrix, Lou Reed, Mariane Faithfull, Paul Weller, et la liste est loin d’être exhaustive.

Depuis la sortie de « Nine lives » en 2008, il a tourné en compagnie de différents ‘backing groups’. Et  les 23 pistes de ce double album immortalisent ce parcours ‘live’, au cours duquel le mélomane est plongé tour à tour dans le r&b, le jazz, le funk, le folk, le rock, la pop, le blues et la musique afro-caribbéenne, ou dans une fusion de tout ces styles, à travers une expression sonore singulière et cohérente. Le disque démontre également la maîtrise de Steve à l’orgue Hammond (NDR : et ce son vintage tellement délicieux !), mais également son talent et sa technique à la guitare. On n’en oubliera cependant pas sa voix si caractéristique, et puis ce sens du groove qui permet a ses musicos de se mettre en exergue en solo.

Sur ce double LP, on retrouve des titres comme “Gimme Some Lovin'”, “Back In The High Life Again”, “Can’t Find My Way Home”, “Arc Of A Diver”, “Higher Love”, “Roll With It”, “While You See A Chance”, “Dear Mr. Fantasy”, “The Low Spark Of High Heeled Boys”, la cover du “Them Changes” de Buddy Miles ainsi que le “Why can’t we live together” de Timmy Thomas.

 

vendredi, 26 janvier 2018 12:05

L’ultime chute de Mark E. Smith

Mark E. Smith, le cerveau de The Fall, est décédé ce mercredi 25 janvier. Il avait 60 ans. Il avait été hospitalisé en 2017, suite à de graves problèmes de santé. Décidément, la nécrologie du début de l’année 2018 est aussi meurtrière que celle qui a entamé 2016…

Mark E. Smith avait fondé The Fall en 1977, à Manchester, groupe au sein duquel plus de 60 musiciens vont transiter au fil de son parcours. Faut dire qu’il a souvent été considéré par ses musiciens comme un despote. Il reconnaissait pour influences majeures, Elvis Presley, le Velvet Underground, Can Faust et le rockabilly. Expérimental, son post punk a marqué des tas de groupes ou artistes, dont Pavement, Franz Ferdinand, Happy Mondays, LCD Soundsystem, Suede, Mouse on Mars, les Pixies et la liste est loin d’être exhaustive. Sans oublier Sonic Youth, dont la noisy a même été considérée tout un temps, comme la réponse américaine à The Fall. Mais ce qui rendait l’expression sonore si caractéristique, c’était la voix déclamatoire et acrimonieuse de Mark, dont les textes abordaient des sujets propices à la polémique, comme par exemple, les tares de la société britannique. Boulimique autant que créatif, il a également écrit des articles pour la presse ainsi qu’une autobiographie, monté une pièce de théâtre et même collaboré à la création d’un ballet, outre la publication d’une trentaine d’albums, en quarante ans de carrière, sans compter ses coopérations et ses rôles d’acteur pour la TV ou le cinéma. Feu John Peel en était un fervent admirateur. Début des années 80, sous l’influence de Brix, alias Laura Elise, qui sera tout un temps son épouse, ses compos deviendront relativement plus accessibles et surtout davantage mélodiques (NDR : « M. Pharmacist » et la cover du « Victoria » des Kinks » en sont certainement les plus beaux exemples), avant d’en revenir, après la séparation, à une musique plus élaborée. Ce qui explique sans doute pourquoi, de véritable succès commercial, The Fall n’en a jamais connu. Confronté à des problèmes liés à l’alcool, il affichait un physique filiforme. Il n’empêche qu’il était, et restera toujours, une référence incontournable dans l’histoire du rock…

RIP