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jeudi, 03 mai 2018 03:00

Pas de la petite bière…

Responsable de quatre elpees à ce jour, dont le dernier « Relatives In Descent » est paru l’an dernier (NDR : un opus qui figurait dans le Top 20 de votre serviteur), Protomartyr se produisait ce jeudi 3 mai en la salle De Kreun, à Courtrai. Issu du Michigan, de Detroit très exactement, ce quatuor pratique une forme de post punk qui doit autant à Joy Division que The Fall. Compte-rendu.

C’est Tyvek qui ouvre le bal. Un autre quartet également issu de la même Motor City. Mais à coloration légèrement féminine, puisqu’il implique une guitariste. Malheureusement, au bout de deux morceaux, les oreilles incitent à battre en retrait. En cause : des balances désastreuses et un volume sonore bien trop élevé. Surtout pour un supporting act. Dommage, car le band possède une belle notoriété sur la scène underground, compte une solide discographie et partage même régulièrement les planches avec la tête d’affiche… (voir photos ici)

Chaque musicien de Protomartyr semble venir d’un univers différent. Chevelu, balaise et barbu, le bassiste campe un look de métalleux. Hormis la tignasse en gâteau de riz, le guitariste ressemble à Baptiste Lalieu, le leader de Saule. Vêtu d’une veste grise et d’un pantalon foncé, Joe Casey, le chanteur, est un personnage anti-charismatique par excellence. Seul le drummer a une tête… de personnage lambda. Une petite table a été installée près du vocaliste, sur laquelle sont alignées quelques bouteilles de bière. Souvent, entre les morceaux, il les boit au goulot ou verse le contenu dans un verre en plastique, qu’il emmène alors avec lui tout en déambulant sur l’estrade. Il prêche plus qu’il ne chante, d’une voix déclamatoire, un peu à la manière de Nick Cave, des textes profonds, complexes, notamment sur la désintégration de la politique américaine.

C’est le batteur qui trace le fil rouge de la musique, selon un drumming qui peut se révéler ample, syncopé, hypnotique, tumultueux ou luxuriant, alors que cotonneuse, la ligne de basse adopte résolument un ton cold wave, tout en s’intégrant parfaitement à la section rythmique.  

Casey se tient droit. Son pied de microphone est légèrement plus haut que sa tête, qu’il lève pour chanter, menacer ou rugir. On dirait un prof mécontent qui exprime sa rage, son exaspération et ses angoisses. Chaque syllabe est chargée de venin. Plus puissante que la précédente, elle est répétée pour qu’elle pénètre bien dans votre matière grise.

Au cours de la première partie du show, les morceaux s’enchaînent sans temps mort, et le chanteur ne remercie l’auditoire qu’après quelques morceaux. Les accords de gratte de Greg Ahee sont alternativement complexes, répétitifs, caustiques, sauvages, vibrants ou tintinnabulants, et rappellent parfois ceux dispensé par Justin Jones, au sein d’And Also The Trees. Et tout particulièrement sur le remarquable « A private understanding. Au fil du set, le son devient de plus en plus puissant, peut-être un peu trop. Si bien qu’avant le rappel, lorsque Joe vient s’adresser à la foule, difficile de comprendre ce qu’il raconte, tellement on a les oreilles en compote.

Si le set s’ouvre par « My children », un morceau dont la mélodie me fait furieusement penser aux Stranglers circa « No more heroes », lors du rappel, c’est à nouveau dans un même climat que l’excellent « Why does it shake ? » va d’abord nous replonger, avant d’entamer des méandres sonores énigmatiques et éruptifs. Et la prestation de s’achever par le post punk bien enlevé, « Scum Rise ! ». Si ce public constitué essentiellement de quadras et de quinquas semble beaucoup apprécier la prestation, chante même ou hoche gentiment la tête, il reste plutôt calme, alors que 35 ans plus tôt, à l’écoute d’une telle musique, il se serait mis à pogoter… il est vrai que depuis, beaucoup d’eau est passée sous les ponts, et qu’en outre, ce concert n’était pas de la petite bière… (voir photos )

(Organisation : Wilde Westen)

 

 

dimanche, 29 avril 2018 19:42

Une session live pour Einar Stray Orchestra

Reconnaissant pour influence majeures Sufjan Stevens, Bright Eyes, et Godspeed You! Black Emperor, Einar Stray Orchestra est une formation norvégienne responsable de 3 elpees à ce jour. Sa musique oscille entre musique de chambre, pop indie et post rock. Elle vient d’immortaliser une session ‘live’ au Funkhaus de Berlin. Et le résultat tient plutôt bien la route. Jugez plutôt ici

https://einarstrayorchestra.bandcamp.com/

 

dimanche, 29 avril 2018 19:04

Crowdfuning pour Sarah Carlier

Sarah Carlier sollicite une contribution participative des internautes (crowdfunding) pour financer l’enregistrement et la promotion de son quatrième album sur le site KissKissBangBang. Elle avait déjà eu recours à ce type de financement pour « For those who believe », son deuxième elpee, paru en 2011 (« AkaStarter ») ainsi que le « Live Flagey 2013 ». Après avoir gravé un troisième opus sur fonds propres (« SMS »), elle a réalisé qu’elle n’était plus en harmonie avec elle-même et a traversé une longue phase de remise en question et de réflexion.

4 600 euros ont déjà été récoltés grâce à 26 internautes. Il ne reste plus que 46 jours pour récolter le reste de la somme ou plus et atteindre l’objectif espéré.

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/sarah-carlier-new-album

http://sarahcarlierofficiel.com/

 

dimanche, 15 avril 2018 17:33

Castle Spell

Deuxième opus pour ce duo portugais réunissant Carolina Brandão et Carlos de Jesus. Il fait suite à « The intergalactic guide to find the red cowboy », paru en 2017. La musique de Sunflowers puise manifestement son inspiration majeure sur la scène yankee, et tout particulièrement les Cramps, Jon Spencer Blues Explosion et les B52’s. Les B52’s lorsque les répliques vocales rappellent celles échangées entre Fred Schneider et Kate Pierson. Jon Spencer pour cet aspect revêche et sauvage du punk. Et le recours au thérémine. Enfin les Cramps, pour le tempo tribal, enlevé, hypnotique, parfois même obsessionnel. Le spectre des Ventures, plane cependant tout au long du surf/garage/flamenco « Surfin with the phantom », un morceau à l’atmosphère cinématographique (Tarantino ?) et puis le furieux « A spasmatic milkshake ». Quelques traces de Sonic Youth contaminent le titre maître, alors que la mélodie tourmentée du plus pop, mais angoissant « The Maze (Act1-2) » s’étire sur plus de 6’30. Et dans un registre plus viscéral, « Monomania » bénéficie d’un refrain accrocheur. Enfin, si la nonchalance de « We have always lived in the Palace » lorgne vers le Velvet Underground, le recours au mellotron apporte une coloration un peu kitsch à la plage. Bref, un album percutant !

 

Fille du regretté Gaston Mandeville, Samuele est canadienne. Québecquoise, très exactement. Engagée en faveur des minorités queer et des droits des femmes, elle nous propose son second long playing. Et le titre d’entrée, « Egalité de papier », est une ode au féminisme, un spoken word sur le discours égalitaire et la place réservée aux femmes dans la sphère sociale. La deuxième piste, « La sortie », traite de la solidarité féminine et de l’autodétermination. Bref, le ton est donné. Ce qui n’empêche pas l’artiste d’écrire également des chansons d’amour. Alternant compos bien électriques, qui auraient pu figurer au répertoire de Stephen Stills (NDR : mais alors dans la langue de Shakespeare), qu’elle enrichit circonstanciellement de cuivres, et pistes minimalistes, elle nous propose, soutenue par un solide quatuor, un cocktail de blues, rock et folk, dont les mélodies pop, sont particulièrement soignées. Et chante d’une voix, dont les inflexions sont susceptibles de rappeler, surtout quand elles deviennent versatiles, Véronique Sanson (NDR : oui, c’est vrai, Sanson et Stills ont divorcés en 1980, mais il reste quand même des traces musicales…) Mais l’opus varie les plaisirs. Depuis le blues cool au minimalisme, en passant par le mid tempo et même le jazz, à l’instar du syncopé « Sirène », qui met en exergue une trompette bien sentie et dont le drumming spécifique y contribue largement. Sans oublier les arrangements de cuivres particulièrement r&b qui enrichissent le tendre « Compter sur ça ». Une excellente surprise !

 

dimanche, 15 avril 2018 17:31

L’essentiel Live + Studio

Pierre nous a quittés le 20 avril 2002. Quinze années après sa disparition, le label Team For Action a décidé de publier deux compiles. Tout d’abord un ‘best of’ de ses titres enregistrés en studio. Dix-neuf en tout. Depuis « Les rêves sont en nous » à « Elle m’appelle », en passant par « Passagers de la nuit », « Illusions », « Judy & Cie », « Comme un brasero » ou encore « Ensemble ».

Puis un coffret de quatre cd’s baptisé « L’essentiel live », qui immortalise ses concerts accordés à Gouvy (1981) flanqué de son groupe Transfert, dans le cadre des Francofolies de Spa (1996) et au Cirque Royal (2001). Ce dernier reproduit l’enregistrement intégral de ce concert au cours duquel il avait reçu la collaboration de l’Ensemble Musiques Nouvelles.

Remarquable mélodiste, Pierre devra cependant attendre 2001 pour atteindre la consécration en France. Soit un an avant son décès. La Belgique et le Canada l’avaient reconnu depuis bien longtemps, mais quand on chante dans la langue de Molière, l’Hexagone et tout particulièrement Paris, constituent toujours le passage obligé… surtout pour un artiste belge…

 

dimanche, 15 avril 2018 17:28

Maisieworld

Après avoir publié le superbe « Spaces everywhere », en 2015, The Monochrome Set est donc de retour pour un 14ème elpee. Et suivant la bonne habitude du groupe, cet opus a de quoi décontenancer. En fait, les compos changent régulièrement de registre entre couplets et refrains, se référant régulièrement au music-hall, comme chez Divine Comedy. Même la voix de Bid est aussi versatile et nasillarde que celle de Neil Hannon. Parfois cyniques et souvent truffés de jeux de mots, les textes ont aussi des connotations à caractère sexuel. Ce n’est pas neuf dans l’œuvre du band britannique. Plusieurs écoutes sont cependant nécessaires, avant d’appréhender cet LP. Non, mais imaginez le topo : punk, vaudeville, boogie, flamenco, rock, pop, sonorités mécaniques (Un « Mrs Robot » qui navigue quelque part entre Talking Heads et XTC) et tutti quanti alimentent des morceaux susceptibles d’inviter cuivres, orgue vintage, rogné, voire piano électrique (Benmont Tench ? Ray Manzarek ?) ou encore banjo au sein d’une instrumentation organique plutôt classique, la guitare s’autorisant l’un ou l’autre petit solo élégant et parcimonieux. Si vous appréciez le typiquement british, cet LP est votre tasse de thé…

 

dimanche, 15 avril 2018 17:24

Wintres Woma

James Elkington est né à Chicago, mais a opté pour la nationalité britannique. Faut dire qu’il y a été élevé au cours des seventies et des eighties. Et c’est un fameux guitariste ! Dont le toucher de cordes, en picking, est aussi subtil que celui de Mark Knopfler, voire de Bert Jansch ou de John Fahey, mais qu’il met au service de compos plus enlevées. S’il a bien sévi au sein d’un groupe, baptisé The Zinc, il y a un peu plus d’une dizaine d’années, il a surtout forgé sa notoriété en bossant pour d’autres artistes, et en particulier Richard Thompson, Jeff Tweedy, Steve Gunn et Laetitia Sadier… Minimaliste, introspective, fondamentalement folk, sa musique évoque Nick Drake. Parfois traversée par un zeste de percus, de steel, d’harmonica, de basse, d’orgue, de violoncelle ou de banjo, les compos s’avèrent particulièrement agréables à l’écoute ; et si la voix de l’artiste n’est pas exceptionnelle, elle est chaleureuse, bien timbrée, et colle parfaitement à l’ensemble.

 

dimanche, 15 avril 2018 17:23

One for the ghost

Après avoir sévi chez The Loft et Weather Prophets –c’était avant 1988– Peter Astor s’est lancé dans une carrière solo. Mais on ne peut pas dire qu’elle ait été prolifique, puisqu’à ce jour, il n’a publié que 8 elpees studio. Faut dire qu’entre 95 et 2005 et 2006 et 2001, il s’est réservé plusieurs pauses, notamment pour enseigner et donner des conférences à l’Université de Westminster à Londres. En 2016, il avait quand même gravé « Spilt milk », un disque pour lequel il avait reçu le concours d’un solide backing group impliquant notamment la chanteuse Pam Berry ainsi que James Hoare (Ultimate Painting, Proper Ornaments, Veronica Falls), à la mise en forme, à la gratte électrique, aux claviers, aux drums, à la basse et tutti quanti. Et si les mêmes collaborateurs sont toujours de la partie pour « One of the ghost », c’est la section rythmique de Wave Pictures, en l’occurrence le bassiste Franic Rozycki et le batteur Jonny Helm, qui ont apporté leur concours.

Le titre du long playing se réfère à l’habitude prise par Peter de servir deux verres, quand il déguste son meilleur vin. Il s’en réserve un pour lui et l’autre pour les amis disparus. Et cette compo épouse un sens mélodique proche d’un Guided By Voices. Les harmonies vocales sont superbes, byrdsiennes même, tout au long de « Walker ». Imprimé sur le tempo du boogie, « Water tower » est particulièrement accrocheur. Et si « Only child » trace une ligne de basse réminiscente de T.Rex, le riff de gratte rythmique adopte celui du Creedence Clearwater Revival. Des éclats de gratte torturés alimentent le vif « Goden boy ». Subtils et carillonnants, il enrichissent un groove folk rock emprunté à Go-Betweens, à moins que ce ne soit à un Robyn Hitchcock de ses débuts, sur « You better dream » et semblent hantés par le spectre de Roger McGuinn sur le plus pop « Magician & assistant ». La voix de Peter rappelle celle de Stephen Duffy sur « Injury time », un autre folk rock, mais à coloration 60’s. On épinglera encore deux pistes plus minimalistes, abordées dans l’esprit du titre maître. Donc avec l’humour qui caractérise l’artiste. D’abord la ballade « Tango uniform », un portrait bouleversant des derniers moments de la vie. Puis « Dead Fred », une référence à la fois poignante mais pleine de philosophie à feu Fred Astaire.

 

dimanche, 15 avril 2018 17:22

Beautiful people will ruin your life

A première écoute, ce long playing a de quoi emballer. Les compos sont mélodieuses, accrocheuses, allègres, bien britpop et certaines vous donnent même envie de danser. A l’instar du contagieux « Cheetah tongue » ou de l’intense « White eyes », la meilleure plage de l’opus, qui se distingue par ses riffs en spirale et ses drums souples. Mais en passant du punk rock à l’électro pop, The Wombats a perdu de sa créativité ce qu’il a gagné en homogénéité. Finalement, ce sont les titres qui s’écartent le plus de la norme qui font la différence. Comme l’ironique « I only wear black », abordé dans l’esprit des Strokes et dont le riff rythmique rappelle étrangement le « Black is black » de Los Bravos. Puis « Dip you in honey », hanté par le « Tomorrow never knows » des Beatles. Et le résultat est vraiment superbe. Enfin, « Ice cream », plus élaboré et à la ligne de basse mélodieuse, presque cold wave (The Cure?). Une ligne de basse qui enrichit d’ailleurs l’hymnique « Out of my head », mais ne parvient pas a lui communiquer une autre dimension. On en oublierait presque les interventions de guitare, à la fois judicieuses et pétillantes, qui évoquent, le plus souvent Shed Seven. Bref, si cet elpee reste très agréable à écouter, il ne brille certainement pas par son originalité.