La première ébauche de Beguiling Junior

Le mystérieux duo Beguiling Junior, formé par Kaya Wilkins (Okay Kaya) et Oli Burslem (YAK), s'apprête à dévoiler son tout premier elpee intitulé « First Cut ». Attendu pour le 2 octobre 2026, ce disque marque la naissance officielle d'une collaboration aussi…

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The Lemonheads rendent hommage à Townes Van Zandt

Un jour, on réalisera un film sur Townes Van Zandt – ce troubadour à part qui a inspiré tout le monde, de Bob Dylan à Willie Nelson en passant par Emmylou Harris et Evan Dando des Lemonheads. Sorti le 9 septembre, le nouveau single « Rake » est le premier…

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Chroniques

John Cleary

Dyna-Mite

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D'origine anglaise, John Cleary est aujourd’hui âgé de 56 ans et réside à la Nouvelle Orléans. Chanteur et pianiste, il apprécie la musique colorée, et tout particulièrement le funk et le r&b.

C’est Walter Wolfman Washington qui découvre ce chanteur-pianiste et l'intègre à son Absolute Monster Gentlemen. De retour en Angleterre, il enregistre l'album "Alligator lips and dirty rice" pour le label Ace. Puis il retourne dans la cité des vents où il va longtemps sévir au sein du backing group de la chanteuse Bonnie Raitt. Cleary est reconnu par ses pairs, et notamment par les légendes locales Dr John ou encore le regretté Allen Toussaint. Il a d'ailleurs gravé, en 2012, "Occapella!", un opus entièrement consacré à des compositions de Toussaint.

John signe 9 des 10 plages de ce "Dyna-Mite" ; et la dernière est cosignée par le légendaire Taj Mahal. Quand il compose, Cleary enregistre chez lui en se réservant la majeure partie de l'instrumentation : chant, piano, guitare, basse et batterie. Pour concocter cet opus, il a cependant invité la crème des musiciens locaux, dont le guitariste Shane Theriot (Neville Brothers Band), le bassiste Calvin Turner et le drummer Jamison Ross. Sans oublier le concours circonstanciel d’un trio de cuivres. Des sessions qui se sont déroulées aux studios Music Shed et Parlor, à la Nouvelle-Orléans.

Le titre maître ouvre la plaque. Sculpté dans le funk, c’est également le meilleur morceau de cet LP. Le piano et le brass band libèrent énormément de groove. Et la plage finale, "All good things", est de la même veine. Le reste du long playing est moins rythmé et privilégie les ballades soul/jazz qui mettent en exergue la voix veloutée de Cleary. A l’instar des délicats "Skin in the game" et "Frenchman street blues". Blues indolent, "Best ain't good enuff" est tapissé par un orgue et souligné discrètement de chœurs. Dans le même esprit, "I'm not mad" est imprimé sur un tempo léger. Les interventions de gratte sont parcimonieuses et la voix de John vous flanque carrément des frissons partout…

 

Lindsay Beaver

Tough as love

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Originaire de Halifax, dans l'extrême est du Canada, Lindsay Beaver s’est d’abord consacrée au chant avant de se tourner vers la batterie. Elle se passionne pour le jazz, après avoir écouté le notoire Earl Palmer. Son second coup de foudre, elle le destine au blues. A 24 ans, elle fonde les 24th Street Wailers qu'elle dirige, en se réservant drums et vocaux. Le groupe acquiert une fameuse popularité à Toronto et publie pas moins de cinq albums. Lindsay est remarquée par le célèbre guitariste texan Jimmie Vaughan qui la persuade de venir s'installer à Austin. Ce qu’elle accepte début 2018. Elle s'entoure rapidement de musiciens locaux talentueux, dont le guitariste Brad Stivers et le bassiste Josh Williams. Et pour graver son premier opus personnel, elle convainc Bruce Iglauer, le patron du célèbre label Alligator, de la signer. Les sessions se sont déroulées au studio Wire Recording, à Austin. Et pour la circonstance, les invités prestigieux se sont bousculés au portillon. Le résultat est plutôt spectaculaire. Dynamique, cette vocaliste qui joue de la batterie debout réussit à partager sa passion pour le blues, le R&B et le rock'n'roll.

Texas shuffle, "You're evil" ouvre la plaque. Sa voix n'est guère percutante mais engagée. Elle y reçoit le concours exceptionnel de Dennis Gruenling à l'harmonica. Et déjà Brad Stivers se déchaîne sur ses cordes. "Too cold to cry" nous entraîne au cœur des marais louisianais. Pianiste locale notoire, Marcia Ball, siège derrière le piano ; et elle est particulièrement bien inspirée, pendant que Stivers se libère une nouvelle fois à la manière de Jimmie Vaughan. Lindsay, c'est aussi une rockeuse, et elle le démontre, en affichant une attitude punk, sur le sautillant "Don't be afraid of love", qu’elle chante en compagnie de son guitariste, face à des ivoires déjantées. "Oh yeah" se distingue par un duel acharné entre les cordes de Brad et celles de la Texane Eve Monsees. Caractérisé par le piano roadhouse de Farrell, "Let's rock" semble sortir d'un vieux jukebox. L'insatiable Brad opère une sortie monstrueuse devant le piano de Matt Farrell (NDR : un ex-musicien du chanteur anglais Morrissey), sur l’excellent "Lost cause". Jump, "Dangerous" opère un dialogue raffiné entre les guitares de Stivers et du Texan Reo Casey. Et enfin lors du pur west coast jump "Mean to me", entre celles de entre Brad Stivers et de l'ex-gratteuse de Candye Kane, Laura Chavez…

 

Celso Salim

Mama's Hometown

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Brésilien, Celso Salim a chopé le virus du blues, très jeune. Il n'a pas encore vingt ans, lorsqu’il décide d’émigrer aux States où il va vivre pendant plusieurs années. Il va y découvrir différentes facettes de styles musicaux : roots, blues, country, folk et jazz, notamment. Ce chanteur, guitariste, compositeur et producteur a enregistré son nouvel opus du côté de Los Angeles, un disque qu’il a coproduit en compagnie de son bassiste Mike Hightower, alors que l’essentiel des parties vocales est assuré par son compatriote sud-américain, Rafael Cury.

Véhiculant des accents sudistes, néo-orléanais, plus exactement, "Mad dog" ouvre l'album. Les interventions au piano de David Fraser entretiennent cette impression. Celsa colore l’ensemble de sa slide dans un climat rappelant le Little Feat originel. Une superbe entrée en matière ! Une atmosphère qui baigne également "Got to find that babe". Darryl Carriere souffle dans son harmo et Lynn Coulter (ex-Rita Coolidge Band) imprime parfaitement le tempo sur ses fûts, lors du Chicago shuffle classique, "Locked out in misery". Ivoires et slide opèrent de solides et vigoureux échanges tout au long du boogie décapant "Let it burn". Le long playing recèle deux blues lents et dépouillés. En l’occurrence "No need to be alone", une plage caractérisée par un bel envol de cordes que tapisse l'orgue Hammond de Mo Beeks. Puis "Mama's hometown", une piste tracée par un dobro magique. Celso explore cependant d’autres styles, et notamment le jug band sur "Down the aisle" et le blues/jazz cool sur "Best of luck", un morceau au cours duquel la guitare est manifestement hantée par T-Bone Walker. La reprise du traditionnel "In my time of dying" (NDR : il remonte aux années 20) est respectueuse du blues originel ; Celso en profitant pour distiller ses dernières notes étranges et métalliques sur son dobro…

 

Paul Filipowicz

Unfiltered

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Né à Chicago, Paul Filipowicz vit dans l’Illinois depuis des lustres. Ce chanteur, auteur, compositeur, guitariste et harmoniciste, a chopé le virus du blues, il y a plus de 50 ans ! C'est au contact d'artistes notoires issus du Westside qu'il a forgé son propre style, et notamment en côtoyant Otis Rush, Magic Sam, Jimmy Dawkins et Luther Allison. Ce désormais vétéran est soutenu par son propre backing group pour dispenser sa musique ‘non filtrée’ (unfiltered), à l'état brut si vous préférez, produite par le groupe…

Il reconnaît pour influence majeure le regretté Magic Sam ; et on s’en rend compte dès le premier titre, "All my whole life baby". Mais également tout au long du célèbre "Everything's gonna be alright". La voix est âpre, malsaine. L’intensité est produite par l’ensemble des musicos. Et quand Paul s'attaque à son "Brand new hat", la guitare demeure bien ancrée dans le Chicago Westside. Les cordes poursuivent en permanence le chant. Les cuivres et l'harmo sont constamment à l'affût. Le long playing recèle deux instrumentaux. Tout d’abord "Unfiltered", un Chicago shuffle largement cuivré. Puis "Canal Street", un slow blues primaire alimenté par la guitare largement amplifiée et l'harmonica de Benny Rickun. Deux véritables perles ! Paul nous réserve des reprises de titres notoires. En l’occurrence le "Howling for my darling" de Willie Dixon et Howlin' Wolf, le "I found a new love" de Little Milton, et le "Reconsider baby" de Lowell Fulsom. Excellent r&b, "Riding high" clôt l’opus. Rythmé, fiévreux, dansant, il est entretenu par les cuivres ainsi que la voix âpre et féroce du leader tout en baignant au sein d’une sacrée ambiance. Un album chargé de passion !

 

Cult Of Scarecrow

Cult Of Scarecrow

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Cult of Scarecrow révèle sa prophétie et notre destin : la destruction de notre planète, l'extermination de l'humanité et la fuite inéluctable vers l'espace sombre et glacial… 

Ce combo belge réunit des musicos issus de différentes formations de metal qui ont notamment sévi au cours des 80's. Et tout particulièrement chez Innerface, Explorer, Dead Serious, Di Sinner Die, Battering Ram, Ramses et Mindruin. Le line up réunit le chanteur Filip De Wilde, les guitaristes Jan Van Der Poorten et Ivan De Strooper, le bassiste Gunther ‘Gunny’ Poppe, le préposé aux synthés Eddy Scheire et le drummer Jeannot Schram. La formation pratique une forme de doom metal mélodique et emphatique.

D’une durée de 9’, « The Hour Of Blood Run » prélude une fin du monde proche et… sanglante.

« The Cult Of Scarecrow » ressuscite un ancien culte religieux qui remonte à la nuit des temps. Dieu de la prospérité, de la fertilité et de la richesse, cette divinité nordique (NDR : Vanes ou Vanir en anglais) protège celles et ceux qui lui vouent un culte exclusif. Et ce rituel consiste en un sacrifice annuel au cours duquel un couple, après son dernier repas, un soir de préférence, sert d’offrande. Ce dieu prend leur vie et en échange, apporte ses faveurs à cette communauté.

Caractérisé par ses superbes arrangements, « Last Words From Black Birds » nous réserve un bel envol de grattes, alors que la section rythmique est en parfaite osmose...

« Adrift And Astray » clôt cet Ep. Un titre qui navigue aux confins des univers sombres et âpres des bands suédois Ghost, Electric Wizard et Kvelertak…

 

Terry Blersh

Play it all day

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Chanteur, guitariste et compositeur, Terry Blersh est issu de Toronto. A ce jour, il n'avait publié qu’un seul elpee. Et il a fallu attendre quelques années avant qu'il ne grave un second. Son blues est teinté de rock'n'roll, r&b, tex-mex, jazz et même reggae. De nombreux amis du Canadien ont participé aux sessions d'enregistrement, qui se sont déroulées au studio Wreckhouse. Si son répertoire est particulièrement éclectique, les compos sont de toute bonne facture…

Inspiré par Albert King, "Treat me right" ouvre l’elpee. Voix, piano et orgue passent bien la rampe avant que chargé de feeling, un premier envol de cordes se dessine. Explosif, "It's all right" pénètre dans l’univers r&b dansant de Ray Charles. Terry et John Finley (ex-Rhinoceros) se partagent les vocaux, alors que Gene Hardy (Ronnie Hawkins Band) prend un billet de sortie sur son saxophone ténor. Michael Fonfara siège derrière son orgue Hammond, alors que la guitare se révèle inventive tout au long du jazz/funk magistral "Play it all day". Caractérisé par le retour au sax ténor de Hardy et le piano de Lance Anderson, "It's just you" nous entraîne à la Nouvelle-Orléans. Denis Keldie se charge de l’orgue Hammond en intro du remuant "It ain't too late", un shuffle r&b qui libère énormément de groove. Un régal ! Keldie (NDR : elle a côtoyé Etta James et Jeff Healey, dans le passé) se consacre à l'accordéon sur l'exotique "The girl outside my window", une plage imprimée sur un rythme caribéen. Terry et le regretté John Mays (Fathead) se partagent le micro. Cordes, piano et sax dominent le "King Creole" de Leiber et Stoller, un chouette rock'n'roll. Jimmy Bowskill (28 ans), jeune prodige canadien, se réserve la mandoline sur deux plages. Tout d’abord lors de la reprise du "Early morning rain" de Gordon Lightfoot, une piste colorée par l’accordéon. Puis, sur "I'll see you in my dreams", un morceau traditionnel. Enfin, piano et basse acoustique entretiennent "Only one", un jazz empreint de douceur et de subtilité.

 

Alice on the Roof

Madame

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Remarquée à The Voice Belgium, où elle atteint la demi-finale, Alice On The Roof peut se targuer d’être devenue une artiste à part entière…

Drivée par Marc Pinilla, le charmeur du groupe Suarez, la belle a réussi à imposer un style qui n’appartient qu’à elle, notamment grâce à « Easy Come Easy Go », un titre issu d’un premier opus baptisé « Higher », largement diffusé sur les ondes noir-jaune-rouge...

L’évidente qualité des compositions lui a permis de conquérir une critique médiatique et populaire unanimes bien utiles pour (s’) expérimenter et acquérir un crédit scénique hors du commun.

Cependant, son caractère un peu trop formaté pouvait légitimement laisser craindre que la jeune femme continue de se cantonner dans une certaine zone de confort.

Pourtant, il n’en est rien. « Madame », deuxième elpee, recèle une palette de chansons colorées, subtiles et efficaces. Surprenantes même ! De la chrysalide, cette ‘Dame’ s’est transformée en papillon !

Alice versus ‘2.0’ s’émancipe enfin et s’y livre sans concession dans un exercice de style qui lui va comme un gant…

On est loin d’une narration primitive de ses relations amoureuses relatées sur son précédent opus. Les textes sont nettement plus matures, la plume davantage incisive (« T’as quitté la planète ») lorsqu’ils ne lorgnent pas vers une ode à la femme sur la plage éponyme (‘Madame a le droit de dire/On ne peut freiner madame/Madame a le droit de vivre/Demain sera madame’).

Elle se focalise cependant sur l’instantané, sur des sujets qui lui tiennent à cœur, à l’instar de « Malade », fable faussement pudique, mais autobiographique, écrite à quatre mains avec Vianney, dans laquelle elle clame à qui veut l’entendre, et dans la langue de Voltaire s’il vous plait, que ‘ma maladie, c’est tout simplement d’être moi!’. De quoi devenir schizophrène…

Assurément, le français permet d’ajouter une dimension supplémentaire fort intéressante. Gageons qu’elle exploite ce terrain un peu plus dans le futur !

Le clip (très second degré) tourné chez ses grands-parents (qui y font une apparition remarquée) laisse même entrevoir, durant quelques secondes, un Arno ahuri, affublé d’un déguisement étrange et attablé à un bar… De là à conclure que ce rôle lui colle parfaitement à la peau, il n’y a qu’un pas que l’on n’oserait franchir…

Madame Dutoit n’oublie pas pour autant l’anglais qu’elle pose parfaitement (elle a vécu une année en Oregon) ci et là sur des lignes mélodiques parfois parfumées d’une électro-pop léchée (« On my own »), tendre (l’excellent « La fille sur le toit »), drôle (« T’es beau comme t’es ») ou encore pétillante (« How long »).

Bref, de quoi satisfaire les mélomanes les plus exigeants…

Sa voix éthérée et candide, presque timide, se pose délicatement sur chacune des chansons avec une pudeur telle, qu’elle en devient presque humble.

C’est tout simplement joli. A lui seul, ce disque transgresse toutes les théories sur le sujet…

Cerise sur le gâteau, en guise d’au revoir, elle se réapproprie en toute fin de parcours une version particulière, improbable et inattendue de la chanson de CloClo, « Le téléphone pleure », évoquant un père divorcé parlant au téléphone à sa fille qui ne le connaît pas.

Devinez quoi ? Mister Hintjens réincarne Frédérique Barkoff qui jouait le rôle de la petite fille à l’époque. Iconoclaste non ?

A écouter sans modération !

 

Richard Thompson

13 Rivers

Écrit par

Richard Thompson est l'un des fleurons du folk-rock anglais. Et pour cause, ce moteur du mouvement acid folk britannique de la fin des sixties est également un des membres fondateurs de Faiport Convention, aventure qu'il avait entamée à l'âge de 18 ans. Originaire du quartier de Notting Hill Gate, à Londres, il peut se targuer d'avoir vécu une carrière exemplaire, tout d’abord en compagnie de sa compagne Linda, puis en solo, à partir de 1983. Ce chanteur/guitariste/compositeur vit aujourd'hui à Los Angeles et c'est dans la grande cité californienne, au Boulevard Studio qu'il a enregistré les treize chansons de ce superbe opus, des sessions au cours desquelles il a reçu le concours d’une remarquable section rythmique composée du bassiste Taras Prodoniuk et du batteur Michael Jerome ainsi que du gratteur Bobby Eichon, qui n’est autre que le propre préparateur de guitare de Richard.

La plage d’ouverture, "The storm won't come", est un véritable joyau. Un morceau riche, sculpté dans un le folk/rock celtique, mais dynamisé par des percussions tribales. La guitare est créative, saisissante, explosive, libérant des sonorités réminiscentes de Dire Straits mais qui laisserait Mark Knopfler aux vestiaires. Toutes les compos reflètent des émotions intenses éprouvées par l'artiste, dans le tourbillon d'une période sombre de son existence. "The rattle within'" est tout aussi riche. Les percus sont implacables et les cordes corrosives. Davantage blues, "Her love was meant for me" se distingue par son envol de cordes majestueux. Mais si les notes torturées s’accumulent, Richard garde une maîtrise parfaite de l'ensemble. Grandiose! Désespérée, la voix véhicule des accents lugubres tout au long du blues lent, "The dog in you", alors que les cordes se libèrent progressivement tout en maintenant un feeling permanent. A 69 ans, Richard Thompson signe sans doute son elpee le plus rock. Le plus puissant également. Il a même l’audace de nous réserver un envol déjanté sur "Do all these tears belong to you". Si "You can't reach me" se révèle très rock'n'roll, il déconcerte aussi par son originalité lors des pistes plus folk. A l’instar d’"O Cinderella" et de "Pride" qui célèbrent un flirt entre cordes de mandoline et de gratte bien électriques et insatiables. D’excellente facture, cet LP s’achève par le tendre "Shaking the gates".

 

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