Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Le fossé à franchir par Snake Mountain Revival

« The Divide », le nouvel album du trio psychédélique indépendant américain Snake Mountain Revival, sortira le 23 octobre prochain. Formé sur la côte de Virginie à l’été 2017, Snake Mountain Revival est né de la rencontre entre des univers musicaux très…

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Chroniques

Franck Monnet

Malidor

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Pour concocter son quatrième album, Franck Monnet fait fort. Non content de nous montrer une fois encore l’étendue de son talent, il nous offre un disque plus incisif que jamais. Mais si « Malidor » offre un côté plus rock que les disques précédents, il ne perd rien en beauté. La voix tendrement suave de Franck Monnet, conjuguée à sa plume désormais reconnue, nous livre quelques bijoux musicaux. Citons, entre autres, « Barcelone » pour son punch qui entraînerait le plus chauvin des Madrilènes ; « 18 ans », propice à nous replonger dans cette sensation presque oubliée de liberté acnéique ou encore cette perle de « Malidor », titre phare incontestable de l’album. Pays imaginaire, « Malidor » a de quoi séduire tout le monde. Fête qui semble perpétuelle, on y trouve de tout : des femmes qui ont du poil aux pattes ou boudent des gringalets, barbes à papa, chansons, caresses, hippopotames, farces, aphrodisiaques… Franck Monnet dit y avoir rendez-vous après la mort et on aimerait l’y rejoindre. Mais pour l’instant, inutile d’aller si loin : la complicité évidente manifestée entre Franck Monnet, François Lasserre (guitariste) et Franck M’bouéké (batteur) font de ce disque un échantillon de paradis, où l’on ‘trouve le sommeil, mais pas avant l’aurore’ (« Bonn’aise »).

 

 

 

Ed Kuepper

Jean Lee and The Yellow Dog

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Difficile de comprendre pourquoi un artiste aussi talentueux qu’Ed Kuepper soit confiné depuis si longtemps dans la zone crépusculaire de l’underground. Sa discographie ne se contente pas d’être impressionnante, mais recèle plusieurs albums remarquables. Ses prestations scéniques le sont tout autant. Et les articles que lui consacrent les journalistes spécialisés ne tarissent pas d’éloges ce ténébreux Australien. Le mystère reste donc entier.

Son dernier opus studio, « Smile, Pacific » remontait quand même à 2001, et franchement on se demandait ce qu’il attendait pour revenir dans le parcours. En fait, après avoir lu une biographie sur Jean Lee, la dernière condamnée à mort, exécutée par pendaison en Australie, il a projeté d’écrire un opéra. Il a donc refilé le bouquin à sa partenaire Judi Dransfield-Kuepper (photographe, écrivain et poète reconnue aux Antipodes) en lui demandant si elle était intéressée par ce projet. Mais celui-ci a pris davantage de temps que prévu, et Ed, impressionné par ce qu’elle avait déjà écrit, a décidé de bosser sur une partie du thème développé et de s’en servir pour son nouvel opus ; repoussant ainsi ultérieurement les desseins opératiques. C’est ainsi qu’est né « Jean Lee and The Yellow Dog », un disque pour lequel, Kuepper a notamment reçu la collaboration de Warren Ellis (Dirty Three), de la claviériste/violoncelliste Jan Elliot, d’une section de trois cuivres et puis de Chris Bailey. Pour une des meilleures compos de l’elpee : « That depends pt 3 ». Une plage complexe, noisy/jazz/world élaborée dans l’esprit des Laughing Clowns, c'est-à-dire très cuivrée mais en même temps mélodique. Une sensibilité très développée mais en même temps très personnelle chez le natif de Perth. Dans le même registre, « Skinny Jean » se révèle plus laidback, mais en même temps énigmatique et parfois presque funèbre (ces cuivres !) Et la ballade mélancolique « Demolition » semble hantée par le spectre de Morphine.

Donc les deux ex-Saints ont à nouveau coopéré. Une situation qui avait été débloquée en juillet, à l’initiative du festival Queensland Music, au cours duquel les Saints s’étaient donc produits en ‘live’ et sous un line up originel. Pas comme chez nous l’an dernier. L’opus recèle une cover des Go-Betweens : « Finding you ». Un hommage à feu Grant McLennan qui aurait dû, au départ, figurer sur un album ‘tribute’. Balayée par les accords du violoncelle, cette version minimaliste est vraiment bouleversante. Mais venons-en plus en détail sur cet album.

Découpé en douze fragments, dont un interlude d’une cinquantaine de secondes en final (« Ambient piece »), il s’ouvre par un rock bien carré, « Hang Jean Lee ». Il recèle surtout quelques plages assez curieuses. Tout d’abord « Yellow dog ». Ce boogie jazz écume le célèbre « The beat goes on » de Sonny & Cher. Deux titres sont proposés sous des versions différentes : « Read to me ». La première version est acoustique. Une jolie mélodie tramée par un banjo et un dobro, tapissée d’arrangements de cordes. Légèrement countryfiante, elle s’inscrit dans l’esprit des Triffids circa « In the pines ». Et immortalisée live, la seconde libère une intensité blanche digne de Neil Young. Une intensité qui contamine le tribal « Daddy’s girl ». La plaque recèle bien évidemment quelques compos typiquement ‘edkuepperesques’. Et en particulier « Miracles ». Une chanson empreinte d’une grande mélancolie, caractérisée par ces accords plaqués, légèrement reverb, et bercée par les accès de violon ondoyants concédés par Warren Ellis. « Shame », ensuite. Un morceau découpé dans les cordes élégantes, discordantes, hypnotiques, au cours duquel, il partage un duo avec Su Crowley.

Fatalement ce disque figurera parmi mes albums de l’année. Et si vous continuez à snober cet artiste hors pair, c’est que vous n’avez toujours rien compris…

 

John Fahey

Yes ! Jesus Loves Me

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« Christ is not cute », déclarait John Fahey. Riche d’une trentaine d’albums, la copieuse discographie du maître de la ‘steel string guitar’ recèle une collection d’hymnes traditionnels protestants, enregistrés en 1980. Une vingtaine de titres courts qui laissent de côté l’expérimentation et l’avant-garde explorées sur d’autres albums. John Fahey se contente (si l’on peut dire) d’adapter quelques morceaux classiques de la tradition gospel (« Holy, Holy, Holy », « St Patrick’s ») et, dans une démarche jazz, s’applique à modifier les accords tout en cherchant à développer des harmonies inédites. Une atmosphère solennelle et sombre émane de ce « Yes ! Jesus Loves Me » (notamment sur le magnifique « Let All Mortal Flesh keep silence »), sauvée ça et là par des moments plus lumineux, comme sur le titre maître et le très beau « Lord, I Want To Be A Christian In My Heart ». Outre la dextérité technique de l’homme (NDR : sa maîtrise technique du ‘finger picking’ est parfaite), cet album devrait plaire aux personnes fascinées par l’Amérique des pionniers, largement évoquée par ce maître du courant ‘American Primitive’. Les méditatifs et méditatives devraient aussi y trouver un terrain fertile à leurs ruminations mystiques.

Chris Andersen

Rock awhile

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Pour enregistrer ce « Rock awhile », le chanteur/guitariste Kid Andersen a reçu le concours du bassiste Kedar Roy, du drummer Martin Windstad, du pianiste Sid Morris et de Johnny Cat –l’actuel gratteur de Terry Hanck– à la rythmique.

L’opus démarre par “Rock awhile”. Du West Coast jump qui rocke et rolle à souhait. Sid est virevoltant au piano. L’ami Terry Hanck honke à souhait sur son sax tenor. Le Kid possède une très bonne voix. En outre, il excelle à la six cordes. Notre Scandinave a tout compris ; et lorsqu’il décolle, difficile de le récupérer! L’album s’inspire du meilleur Chicago blues. Et tout d’abord celui du maître : Muddy Waters. Mark Hummel chante “Walking thru the park” et assure, évidemment, les parties d’harmonica. Les sonorités de cordes de Chris sont particulièrement sales ; mais au passage, il arrache des notes incroyables. La même équipe remet le couvert sur le “She’s got it” du même Waters. La reprise du “All your love” de Magic Sam nous entraîne dans le Chicago Westside, tout en manifestant beaucoup de respect pour son créateur. La complicité entretenue entre ses cordes et le sax de Hanck est un véritable régal. Slow blues dépouillé à l’extrême, “Hangover day” constitue un pur joyau. C’est également un hommage flagrant au Peter Green des débuts. Tout au long de cette plage, on y retrouve cette même tonalité, reverb à l’appui! Imprimé sur un tempo plus enlevé, “You ain’t so pretty no more” baigne au sein d’un climat fort proche ; mais le doigté semble davantage calqué sur celui d’Otis Rush. Chapeau! Andersen est capable de changer de registre. Nonchalant, “Someday you got to pay” exhale un parfum de Louisiane. La voix de Chris est alanguie. Sid Morris brille au piano ; mais surtout permet au Kid de dispenser des accords très ‘relax’. Andersen est avant tout un musicien. Il privilégie donc les plages instrumentales, parfois proches de la surf music. A l’instar de “Lil’ earthquake”, rehaussé par la présence du sax de Hanck. A contrario, “Hobbnobbing’ with Hoy Poy” est empreint de douceur et de légèreté, un morceau parcouru par l’harmonica chromatique de Mark Hummel, invité pour la circonstance. L’intervention du génial Jr Watson, sur le swinguant “Bald headed woman”, est à la fois subtile, délicate et pétillante. Toujours dans un registre swing, Kid chante son “Aquavit boogie”. La section rythmique est percutante. Il a beau vivre loin de sa terre natale, il n’en oublie pas son élixir favori. Bénéficiant du concours d’un autre invité, Paul Ivy, “I really love my monkey” est une bonne partie de rock’n’roll. C’est la cerise sur le gâteau. Cet excellent opus s’achève par l’enlevé “Stompin’ with the Kid”, un ballet pour sax et cordes.

 

Chris Andersen

Greaseland

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Paru en 2006, « Greaseland » constitue une sorte de concept album. Largement autobiographique, il retrace les aventures d’un musicien fauché, un rien éthylique, qui a perdu une bonne partie de ses illusions et s’enferme dans son blues. Lors de l’enregistrement de cet elpee, Chris a reçu la participation de plusieurs compatriotes.

Le disque s’ouvre par “It’s dark in here”. En effet, l’atmosphère est sombre. Bercée par l’harmonica de Richard Gjems (NDR : il joue dans l’esprit de Charlie Musselwhite !), sa musique est très personnelle. La guitare du Kid est savoureuse. A cause de cette tonalité très reconnaissable, née du recours au vibrato qu’il utilise à la manière de Peter Green, mais dans un esprit bien distinct. Divertissant, “C’mon Johnny, let’s hit that town” est sculpté dans le pur rock’n’roll. Le son est pourri comme ce n’est pas possible. Gjems est très complice et leur complémentarité fait plaisir à entendre. Quoique subtilement teinté de rock, “I’m tired” poursuit dans ce registre blues. Dans ce style, il est comme un poisson dans l’eau. Il en profite pour adresser un clin d’oeil à Chicago, mais en adoptant un feeling contemporain. “Jennifer, Jennifer” marque un retour brutal au rock’n’roll. Les vocaux sont sensiblement trafiqués. Un peu comme des Beatles sous leur forme la plus rudimentaire qui se seraient mis à consommer du blues en quantité industrielle. Le travail sur les voix est certainement délibéré, et le résultat souvent curieux et réussi. A l’instar de cette cover originale du “Devil got my woman” de Skip James. Ou encore de “Slimy town”. Très imprégné du Delta, ce morceau conjugue parfaitement voix, lignes de guitare et harmo. “The dirt people” prend un virage à 180°. Direction : la Nouvelle Orléans. Les accents sudistes planent inévitablement sur ce fragment. Et la présence de l’orgue et du piano, dispensés dans l’esprit de Dr John et de Little Feat, y est sans doute pour quelque chose. Le Kid est passé à la slide pour marquer son retour à Chicago. Son attaque au bottleneck sur “Brandy!” est rugueuse. L’influence d’Elmore James, voire encore de Hound Dog Taylor est indéniable, notamment lorsque les accents se font plus métalliques. Andersen adapte le “Strange land” de son boss Charlie Musselwhite. Un exercice de style sans harmonica, mais avec orgue. Nerveuse, cette version est caractérisée par de bien jolies phrases de guitare. Le Kid lorgne vers BB King et donc Memphis sur “The bender”. L’orgue Hammond s’intègre judicieusement dans la section rythmique. Les lignes de guitare sont fluides et inventives. “Mexico kid!” nous rappelle sa nette propension à emprunter les accès métalliques et largement amplifiés de la surf music! Boogie royal, “Greaseland boogie” déménage et nous réserve la surprise attendue : l’arrivée du boss Charlie armé de son harmonica magique. Excellent! On est également très étonné lorsqu’il reprend “Jumping at shadows”, un slow swamp blues signé par le regretté Britannique Duster Bennett. Pour mémoire, sur la version originale, ce dernier était accompagné par Peter Green. Et cela s’entend dans la version du Kid. Enfin, on a encore droit à un bonus : le participatif “Whiskey!”. Une compo qui baigne dans la bonne humeur et laisse libre cours à une guitare exubérante. Un excellent album !

Take That

Beautiful World

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Après nous avoir imposé le retour des All Saints, il y a quelques semaines, la Grande Bretagne frappe encore plus fort en nous livrant Take That. La résurrection ! On ne les attendait pas mais ils reviennent quand même. Super ! Après avoir vendu des millions de disques et fait hurler tout autant de jeunes écolières durant les années 90, les Brittons ont accusé le coup lors du départ inattendu de Robbie Williams en 1995. Un an plus tard, le groupe prenait une retraite anticipée. Cette séparation a été un tel drame pour les petites Anglaises qu’une ligne téléphonique de soutien moral avait été mise en place pour aider celles-ci à faire leur deuil (si, si !). On imagine donc facilement ces fillettes, aujourd’hui jeunes femmes, rugir de plaisir à l’annonce de la reformation du quatuor. Pour preuve, le carton du single « Patience », doublé par ce nouvel essai, classés pour l’instant en tête des charts britanniques.

Le problème posé par ce genre de formations au chroniqueur mélomane, est qu’il est difficile de ne pas tomber dans le cliché de la review ‘express’ du type ‘C’est un boys band, on s’en fout du disque, c’est de la merde’. Et on aurait pu penser que ces 13 nouveaux titres nous auraient permis de changer la donne. Hum. Bon, les gars… Ce ne sera pas pour cette fois. Sans être formellement une horreur sans nom, parce qu’il faut bien admettre avoir entendu pire que cette plaque, « Beautiful World » est néanmoins d’une monotonie à se couper les oreilles au couteau à beurre. Les titres se suivent et se ressemblent véritablement. On pense notamment à « Reach Out », « Patience » ou « Mancunian Way », tous fondus dans le même moule. Et lorsque les quatre complices tentent de s’extraire du tableau ‘ballade à la James Blunt’ (« I’d Wait For Life »), c’est pour mieux s’aventurer aux bordures des toiles déjà esquissées par Keane (« Ain’t No Sense In Love »), Doves (« Hold On ») ou même Scissor Sisters (« Shine »). Ils finissent alors par résonner comme des productions potentielles de Stock Aitken & Waterman, si ceux-ci n’avaient pas jeté l’éponge. Même armé de toute la volonté du monde, il est difficile d’adhérer au charme désuet de ce recueil mièvre et assommant. « Back For Good » ? On peut se permettre d’en douter…

 

 

 

Shack

Time machine (The best of Shack)

Écrit par

Avant de fonder Shack, les frères Michael et John Head drivait The Pale Fountains, une formation liverpuldienne qui a marqué de son empreinte le début des eighties. Entre 1981 et 1985, très exactement. Au sein du line up militait également le futur trompettiste de James, Andy Diagram. Inspiré par le psychédélisme de Love, mais également la comédie musicale (Burt Bacharach), le jazz et la bossa nova, ses chansons romantiques deviendront même une des sources d’inspiration pour les Smiths. Après deux années de déchéance (toxicomane, Michael traverse une période de déprime, alors que leur bassiste McCaffrey, décède des suites d’une hémorragie cérébrale), les deux frangins disparaissent quelque temps ; avant de monter Shack, en compagnie du drummer Alan Wills, mais surtout du bassiste Pete Wilkinson, futur LA’s et Cast. Le quatuor sort quelques singles et un album en 1988 : “Zilch”. En 1991, la formation entre en studio. Au London's Star Street. Et achève les chansons de son deuxième elpee, « Waterpistol ». Malheureusement le studio est ravagé par un incendie, et les bandes sont détruites. En outre, leur producteur, Cris Allison, ne parvient plus à mettre la main sur les copies DAT de ces enregistrements. Et lorsqu’enfin il les retrouve, le combo a splitté. Finalement « Waterpistol » paraîtra en 1995, à l’initiative du label allemand Marina. Entretemps, les frères Head forment Strands qui commet un superbe opus en 1997 : « The Magical World of The Strands”. Toujours passé aussi inaperçu. Et l’année suivante, Shack se reforme. Il aligne quelques elpees : « HMS Fable” en 1999 et “Here's Tom With the Weather” en 2003. Ainsi que “The corner of Mill and Gill”, en 2006. Wilkinson est revenu au bercail un an auparavant, pour suppléer le départ de Rigby ; mais information bien plus importante, le groupe a signé chez Sour Mash, le label de Noël Gallagher. Qui a toujours voué une grande admiration aux frères Head. Il les considère d’ailleurs comme une influence majeure d’Oasis.

Maintenant, venons-en à cette compilation qui réunit des extraits des quatre derniers albums (NDR : pas de trace, donc de « Zilch »). Mais également deux singles tout à fait épatants datant de 1990 et 1991. C'est-à-dire « I know you well », digne du meilleur Stone Roses et « Al’s vacation », un titre d’acid folk aussi bancal que capricieux, réminiscent de Syd Barrett. Ainsi que deux nouvelles compos (elles figurent en fin de parcours) : « Holiday abroad », dont la mélodie est tellement contagieuse que vous risqueriez fort de la siffloter sous la douche et l’impétueux « Wanda », morceau de psyché house cuivré, rappelant à nouveau la célèbre formation de Ian Brown, à ses débuts. Même si la délicatesse du timbre vocal de Michael est davantage mise en évidence. Pour le reste, heureusement que les notes incluses dans la pochette sont suffisamment explicites ; sans quoi, on n’y retrouverait plus ses jeunes. Ce qui permet quand même de cerner l’évolution de cet ensemble dont la musique à l’origine très psyché (Stone Roses, Syd Barrett, Byrds) a progressivement évolué vers une forme de plus en plus sophistiquée, l’influence de Love circa devenant même très marquante sur l’avant dernier opus (les arrangements, les orchestrations, les cuivres mariachi, etc.) Ce qui n’a jamais empêché les compos de continuer à bénéficier de ce dosage subtil entre cordes acoustiques et intensité électrique. La formation a également vécu sa période britpop hymnique (pensez à Oasis, à The Coral ou encore aux Bluetones) ; et en particulier sur l’album « Waterpistol », paru quatre ans trop tard. On ne va pas en rajouter une couche, c’est une compile, mais franchement elle mérite toute votre attention. En outre, comment comprendre qu’un groupe aussi talentueux soit passé à travers…

Cocoa Tea

Biological Warfare

Écrit par

Vétéran reggae, Coco Tea doit sa longévité à son grand pouvoir d’adaptation et un style ‘singjay’ tout terrain qui lui permet d’être à l’aise dans les thématiques rasta, politiques et amoureuses. Produit par Andreas « Brotherman » Christophersen (Turbulence, Luciano) et interprété par les inévitables Dean Fraser et Horsemouth Wallace, cet opus recèle son lot de bonnes surprises, malgré quelques passages à vide. Toujours mélodieux, Coco Tea s’en sort honorablement sur la plupart des titres ; mais on passera la main sur les chansons rasta et trop classiques qui ponctuent l’album. Plus audacieux, « Blood and Fyah » explore par exemple des sons r’n’b peu courants dans ce genre de disque, tout comme la section de cordes qui enjolive le dansant « Let the dancehall ». Côté paroles, Coco Tea démontre aussi sa vraie valeur lors des plages les plus mélancoliques. A l’instar de « Too far From Home ». Ou encore de « Extorsionist » et « Rise Up », deux chansons au cours desquelles, il s’autorise une observation sur la politique des puissants. Entre parenthèses, les meilleurs titres de « Biological Warfare ».