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Django Django

Default (Ep)

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Django Django réunit 4 Ecossais établis à l’Est de Londres. Il s’agit d’un ‘bedroom band’, c’est-à-dire un groupe de jeunes qui jouent et répètent dans la chambre d’un de leurs membres.

 

Suivant la rumeur, les musicos auraient d’ailleurs travaillé pendant plusieurs années dans celle d’un de leurs camarades, en l’occurrence leur leader/batteur/producteur : David Maclean. Fréquentent donc également ce home studio, le chanteur/guitariste Vincent Neff, le bassiste Jimmy Dixon et enfin Tommy Grace préposé aux synthés.

Après de multiples recherches ‘pour dénicher un nouveau son’ et ‘s’aventurer au sein de territoires inexplorés’, comme le précise le chanteur, ils réussissent à décrocher un contrat auprès du label Because.

Cet Ep est consacré à 5 variations plus ou moins inspirées du morceau « Default » ; ce qui devrait nous permettre de se faire une idée plus ou moins précise du style proposé par le quatuor issu d’outre-Manche.

Après avoir écouté ce « Default », je dois avouer ne pas être totalement convaincu du résultat. D’abord, il ne reflète pas du tout ce à quoi on aurait été en droit d’attendre de la formation insulaire. Et on ne peut pas dire qu’il soit particulièrement passionnant. Je me demande même si les quatre potes n’auraient pas encore intérêt à retravailler leurs maquettes pour obtenir un produit un peu plus original et audacieux.

En fait, cet Ep trempe dans une forme de rock psychédélique expérimental pour le public non expérimenté. Le tempo est monotone, lancinant. Les bruitages me tapent sur le système. Pas de chant véritable et encore moins de mélodie. Bref, ce n’est pas ma tasse de thé. Tiens j’ai même lu que Django Django pourrait devenir les nouveaux Beach Boys. Ah bon ! On ne doit pas avoir écouté le même disque…

Marcel Dettmann

Conducted

Écrit par

Marcel Dettmann est un artiste allemand devenu résident comme DJ au ‘Berghain’, un club notoire situé au cœur de Berlin, et consacré comme ‘Temple de l’Electro’. Selon la presse spécialisée, il s’agit d’un des meilleurs night-clubs du monde. Chaque week-end s’y réunissent des centaines de personnes avides de beats. Inutile de préciser que Dettmann est par conséquent considéré comme grosse pointure dans son domaine.

Après avoir enchaîné différents Eps en ‘underground’, il publie en 2010 un premier album sobrement éponyme, très bien reçu par la critique. Il nous propose aujourd’hui son second mix officiel, « Conducted » ; et cet opus semble suivre le même chemin que le premier, c'est-à-dire celui du succès.

Et pourtant, je dois vous avouer une confession presque honteuse : je n’ai pas apprécié le travail effectué par le Teuton sur cet elpee. Probablement parce que je ne suis pas trop branché sur la techno minimaliste. Car si je reconnais son incontestable talent pour mixer, ce Dj ne possède pas, à mon humble avis, la capacité de faire vibrer les foules à l’aide de sa musique. 

En outre, les morceaux qu’il choisit souffrent d’une carence mélodique. Et en général, il les imprime sur un tempo bien trop lent pour nous imposer un rythme de croisière. Pourtant, en ‘live’, il s’est bâti une réputation plus qu’enviable. Il y manifeste tout son potentiel. A cause de mix endiablés. Je n’ai malheureusement jamais eu le loisir d’assister à un de ces sets ; mais une chose est sûre, cet elpee m’a laissé sur ma faim et ne m’a pas vraiment convaincu.

« SandWell Dictrict – Immolare », ouvre la plaque. Un titre un peu trop mollasson, à mon goût. Tout au long de sa prestation, Dettmann greffe progressivement de nouveaux éléments sonores. Et une belle impression d’harmonie est renforcée par l’absence de césure entre les titres.

En général, l’ajout successif d’instruments et de sonorités est un procédé que j’apprécie beaucoup en électro. Sauf qu’ici, la structure est très longue à se mettre en place. Trop longue même. L’accroche est souvent excellente au départ, mais cette intro s’éternise, et on se demande même quand la plage va véritablement démarrer. Et il faut attendre la sixième piste, « Bluemoon Productions – Night », pour qu’enfin apparaisse une jolie mélodie. Puis, basta ! Pourtant, les mixes sont irréprochables et en fin de parcours méritent même un prix d’excellence. Des qualités qui sont cependant insuffisantes pour me séduire complètement. Pourquoi ? Difficile de répondre à cette question. Pourquoi ne pas partager l’avis de Monsieur et Madame Toutlemonde ? C’est sans doute aussi le rôle de votre serviteur d’avoir et surtout de conserver l’esprit critique…

 

Cloud Nothings

Attack on memory

Écrit par

Issue de Cleveland, cette formation avait publié l’an dernier son premier opus éponyme. Un long playing qui faisait suite à la sortie de quelques Eps. On avait ainsi pu constater que le combo ne manquait pas de potentiel ; surtout pour concocter d’excellentes chansons indie rock instinctives, des compos issues de la plume d’un jeune songwriter de 20 ans, Dylen Baldi. Son sens mélodique avait même fait l’unanimité dans la presse.

Cloud Nothings nous propose donc son deuxième elpee, un disque qui paraît quelques mois à peine après la fin de sa tournée. Et on se demandait quand même si « Attack on memory » allait confirmer le buzz médiatique dont le band avait fait l’objet.

Pour concocter ce cd, le combo étasunien a fait appel aux services du notoire Steve Albini. De quoi imaginer facilement un résultat résolument plus énergique et davantage proche du son ‘live’. Et manifestement, l’énergie et la frénésie sont bien plus présentes.

Caractérisé par son excellent crescendo tout en puissance, « No Future/No Past » ouvre la plaque. La musique de Cloud Nothings concède clairement des relents 90’s. « Attack on memory » navigue entre grunge, punk et indie-rock. Le timbre de Dylen Baldi est nasillard. Et le chanteur insuffle toute sa jeunesse et sa fougue à travers le très ‘kurtcobainien’ « Wasted Days ». Judicieusement intitulé, « No sentiment » libère toute son agressivité. Le reste de l’opus embrasse un format plus pop, sans pour autant perdre de son intensité naturelle (« Our Plans », « Stay Useless », « Cut You »).

Fini de rigoler, Dylen Baldi montre les dents. Mais le plus paradoxal, c’est que cet « Attack on memory » regorge de tubes. Et si vous aimez ce style de musique qui déménage, mais en même temps bien torchée, vous devriez y trouver votre bonheur. Excellent !

 

Choir of Young Believers

Rhine Gold

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Nonobstant leur patronyme emphatique, la musique de cette formation danoise ne baigne pas dans le néo-folk hippie, à l’instar d’Edward Shape ou I’m From Barcelona ! Formée en 2006, à Copenhague, par Jannis Noya Makrigiannis, cette chorale est une formation à taille variable qui gravite autour de son ambitieux chef d’orchestre. Et elle jouit d’un beau succès dans son pays. « Rhine Gold » constitue son second album.

La musique de ces jeunes fidèles rappelle le folk empreint de délicatesse concocté par Great Lake Swimmers. A cause de la superbe voix de Jannis. Et des plages comme « Paint New Horrors » ou encore « The Wind is Blowing Needles » en sont les plus belles démonstrations. Quant au groove lent et profond, il évoque davantage les Wild Beats voire Talk Talk (« Third Time » ou « Sedated »). L’instrumentation est fouillée et épique. Le climat lyrique et recouvert d’un voile de mystère. Faut dire que la voix ténébreuse est trempée dans la reverb, un peu comme si les sessions s’étaient déroulées dans une église. Quant aux mélodies, elles suintent de mélancolie. Et c’est en puisant au sein de cet ensemble de sources que Choir of Young Believers est parvenu à tisser ses morceaux de synthé-pop symphoniques, de longues plages qui nécessitent cependant un certain temps avant de vous pénétrer instinctivement et de vous envoûter totalement. Amen !

 

Chairlift

Something

Écrit par

La pop de Chairlift a définitivement ‘Quelque chose’! Ancrée dans les années 80, elle affiche cette légère originalité qui lui permet d’être également parfaitement de son temps… L’ex-trio new-yorkais est aujourd’hui réduit à un duo. Au sein duquel on retrouve Patrick Wimberly et Caroline Polachek. Aaron Pfenning, l’ex-petit ami de Caroline P. a rompu et s’est barré. « Something » constitue leur second elpee. Il fait suite à « Does You Inspire You », un disque publié en 2008 qui recelait l’imparable single “Bruises”.

Sur ce nouvel effort, la synth/pop de Chairlift délaisse son côté relativement hermétique tout en s’offrant le luxe de conserver sa touche mystérieuse. La voix éthérée et protéiforme de Caroline Polacheck appuie élégamment l’instrumentation électro-pop élaborée par Wimberly (producteur de Das Racist), une expression sonore (sur)produite par Dan Carey (Hot Chip, Franz Ferdinand) et Alan Moulder (Depeche Mode). Très peu de radios devraient résister à des singles de la trempe de « Sidewalk Safari » ou encore « Ghost Tonight » ! La ‘quality pop’ de Chairlift a définitivement ‘Something’…

 

Amour

Rayé, Chaloupé

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Amour est un projet qui réunit les trois membres du Singe Blanc, Mr. Verdun (moitié de Thee Verdun) et Mr.Marcaille (moitié de Violon Profond). Un concept qui implique donc deux basses, une batterie, un violoncelle et une contrebasse. Qui dit mieux ?

Cette concentration d’adeptes de post-math-jazz-rock expérimental ne pouvait déboucher que sur un pot-pourri musical décalé. Pourtant, on ne peut pas dire que la musique d’Amour sombre dans un univers aussi impénétrable que chez les formations susvisées. Les influences du Singe Blanc sont certainement les plus marquées, mais un peu comme si son style était devenu maniéré. D’ailleurs, exit les onomatopées, c’est dans la langue française que sont écrits les textes. Enfin, quand on les comprend. C’est d’ailleurs une marge que je n’oserai franchir. Sans quoi chez Amour, on retrouve ces breaks si caractéristiques des formations hexagonales du style. Interventions de basses et contrebasse forment la texture, pendant que la ligne de violoncelle ondule au-dessus du flux sonore

Perso j’aurais espéré davantage de surprise chez Amour. « Rayé, Chaloupé » était une occasion unique pour y parvenir. Surtout vu l’originalité de la formule. Conclusion, ce disque s’adresse surtout aux fans du style. Pas davantage. Dommage !

 

Amadou & Mariam

Folila

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Nous les attendions impatiemment depuis qu’ils nous avaient accueillis, de leur voix, au Mali. Amadou et Mariam nous ont surpris tout au long de leur dernier album « Welcome To Mali », sorti en 2008, par le souffle moderne et électro insufflé à leurs morceaux, laissant un peu moins de place aux rythmes traditionnels. Surpris également par la collaboration de tant d’artistes ; de Damon Albarn à M. Ils réitèrent sur ce nouvel essai, un cran plus haut. Huit artistes différents sont présents sur « Folila », un LP réunissant treize titres. Retenons Theophilus London, Jake Shears du groupe Scissor Sisters ou encore Bertrand Cantat, en featuring sur quatre chansons. Un album où l’anglais semble avoir pris le dessus sur l’originel bambara. Le groupe perdrait-il sa griffe à travers tant de collaborations ?

« Dougou Badia » amorce l’album et nous emmène d’emblée dans un ailleurs où les voix des chœurs, de Santigold  et de Mariam alternent entre bambara et anglais tout en flirtant avec les guitares électriques. Un ailleurs qui perdure grâce à « Wily Kataso », pour lequel le duo malien est rejoint par TV On the Radio. L’organe de Mariam y est mis en avant et se fait métallique quand les autres voix, plus lointaines, s’expriment dans la langue de Shakespeare. Nous rencontrons Bertrand Cantat au détour de la troisième piste, « Oh Amadou ». Le chanteur français pose sa voix d’écorché et confère un côté rock à ce morceau où l’on retrouve les paroles parfois ingénues du groupe ‘y’a des jours de bonheur, y’a des jours de malheur’ ; ‘la misère, personne ne veut la vivre’. La voix d’Amadou connaît elle aussi son moment de gloire sur « Metemya », rehaussé par la présence de Jake Shears des Scissor Sisters.

La chanson « Africa Mon Afrique » s’avère être la plus engagée de l’album. Amadou et Mariam exaltent ‘le changement politique, idéologique, éthique’ tandis que Bertrand Cantat assène : ‘Africa mouvement quand le pouvoir vous ment plus question de subir le présent l’avenir, il faut saisir la chance’. Ironie de la situation alors qu’un coup d’état de la junte a renversé le gouvernement au Mali, à quelques semaines des élections présidentielles, prévues pour ce 29 avril.

« C’est pas facile pour les Aigles », bénéficiant de la participation d’Ebony Bones, révèle un titre jovial qui nous donnerait presqu’envie de sautiller pour supporter ces ‘Aigles’, autre nom de l’équipe de football malienne. Plus envoûtante est « Wari », qui se traduit par ‘argent’, composé en compagnie d’Amp Fidler. « Sans toi » se focalise sur l’amour et l’être aimé, si souvent décrits par Amadou et Mariam dans des morceaux tirés de leurs disques précédents comme « Je pense à toi », extrait de « Sou Ni Tilé » ou « Sabali », de « Welcome to Mali ». « Mogo » et « Another way », tous deux ‘featuring’ Bertrand Cantat, nous ramènent à des sonorités plus traditionnelles. Le touareg du Niger Abdallah Oumbadougou accompagne Amadou et Mariam sur « Bagnale ». Titre qui ouvre nos oreilles sur des horizons lointains et captivants. Suit l’hybride « Nebe Miri », auquel participe Theophilus London, qui introduit une touche de rap à l’aide de paroles heurtées s’entremêlant à la voix désormais familière d’Amadou. L’opus se clôt sur la gentille « Chérie », où résonnent des chœurs d’enfants ainsi que la voix maternelle de Mariam.

Aussi diverses et inattendues soient leurs les collaborations, Amadou et Mariam ont toujours le don de les orchestrer brillamment.

 

120 Days

120 Days II

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Vous reprendrez bien un peu de bon Krautrock made in Norway ? Les gamins de 120 Days reviennent six longues, très longues années après leur premier album éponyme. Un LP percutant qui rassemblait sous une même enseigne des influences telles que Kraftwerk, The Cure, Joy Division et New Order. Pour son second labeur, que l’on pensait ne jamais voir arriver, le quatuor reprend les ingrédients principaux du précédent essai en leur assénant une dose homéopathique de Space Disco. Ainsi, des morceaux comme « Osaka » ou « Dahle Disco » sont clairement taillés pour les pistes de danses. Un petit changement de cap plus que bienvenu, la formation évitant efficacement la répétition tout en restant fidèle à elle-même.

Tout simplement baptisé « 120 Days II », toujours en référence à l’œuvre de Pasolini, la galette devrait faire bander, entre autres, les fans de Primal Scream ou The Orb. Ne serait-ce que pour le triptyque « Lucid Dreams », un titre découpé en trois partie tout en crescendo, qui s’achève sur un voyage hallucinogène dans les méandres de l’espace. Ils ont pris leur temps pour nous pondre un tel disque, mais le long processus d’écriture a porté sa cargaison de fruits. Impeccable de bout en bout, « 120 Days II » promet un bel avenir aux Norvégiens qui, à l’époque du premier LP, jouissaient déjà d’une belle réputation ‘live’. De « SF » (pour San Francisco) à « Osaka », 120 Days se taille graduellement une jolie place au soleil. A suivre de très, très, très près.

Live : En première partie de Islet au Witloof Bar du Botanique, le 16/04.

 

 

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