Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Chroniques

Neil Young

Colorado

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A 73 balais, Neil Young a toujours soif d’idéal. Après avoir mené un combat contre la multinationale Monsanto, pour la toxicité de ses pesticides (NDR : notamment le fameux Roundup) en 2015 (« The Monsanto Years »), il a décidé de continuer sur sa lancée, en militant cette fois pour le climat, à travers son nouvel elpee, « Colorado ». Un disque qu’il a enregistré à Telluride, dans les Rocheuses, au sein d’un studio perché à plus de 2 500 m d’altitude. En compagnie de son Crazy Horse. Soit sa fidèle section rythmique constituée du bassiste Billy Talbot et du drummer Ralph Molina, mais sans le gratteur Poncho Sampredo. Momentanément indisponible, il a été remplacé par Nils Lofgren. Et s’il a été emprunté au E Street Band de Bruce Springsteen, il faut reconnaître que depuis 1970, il revient régulièrement au sein du line up, pour remplacer les absents, au pied levé. Comme en 1973, lorsqu’il avait dû relayer feu Danny Whitten, pour enregistrer « After the gold rush ». Cet opus (NDR : le 39ème ? Le 40ème ?), est également dédié à un vieux pote de Neil, Elliott Roberts. C’était aussi son manager depuis 1967 ; et il est décédé cette année à l’âge de 76 ans…

Vu la présence du Crazy Horse, on se doute que l’album sera très électrique. Mais pas seulement ! Car il nous réserve justement l’une ou l’autre plage acoustique. A l’instar du plus country « Think of me », qui ouvre la plaque, un morceau souligné par un harmonica et des chœurs, de « Green is blue », tramé sur le piano ainsi que du bouleversant et personnel « I do », des morceaux qui s’inscrivent davantage dans l’esprit de « Harvest » voire de « Harvest moon ». Sans oublier la ritournelle automnale « Eternity », qui aurait pu figurer sur « After the gold rush », une chanson également balisée par les ivoires.    

Sur les 10 pistes de ce long playing, une seule passe un peu à travers. Et pourtant, elle est bien électrique et est imprimée sur ce fameux tempo tribal, emprunté aux amérindiens : « She showed me love ». S’étalant sur plus de 13’, la compo démarre plutôt bien, mais rapidement elle se complait dans un exercice de style stéréotypé et stérile, alors que banal, le refrain manque quand même de consistance. C’est le seul bémol !    

Touchant et bénéficiant d’une jolie mélodie, « Olden days » évoque justement le décès d’Elliott Roberts. « Shut it down » se distingue par son contraste entre la douceur des harmonies et le bruit corrosif des grattes. « Milky way » est à la fois hanté par « Zuma » et « Cortez The Killer ». Hymnique, l’indolent « Rainbow of colors » est chanté à l’unisson par toute la troupe. Et ces titres sont aussi électriques que brillants ! Mais la meilleure plage est incontestablement le furieux et engagé « Help me lose my mind », au cours duquel le loner alterne chant et débit déclamatoire.

On attend Neil Young et son Crazy Horse en concert près de chez nous. Car c’est toujours sur les planches qu’il atteint sa plénitude...

Sharko

Glucose

Écrit par

Il y a des histoires qui s’écrivent et d’autres qui se vivent.

C’est ainsi que pourrait se résumer la carrière artistique du leader charismatique de Sharko, David Bartholomé. Il entame, dès 2017, une tournée acoustique ; un périple qui l’entraîne parfois à se produire au sein d’endroits insolites. En juin 2019, son ‘Hometour Acoustic Woaw’ prend fin.

Un succès d’estime et critique s’ensuit, reléguant aux oubliettes l’échec cuisant essuyé par « You Don’t Have To Worry », un elpee produit par Mark Plati et gravé en 2016.

Ces deux années de régime drastique vont donc permettre au combo d’amorcer une nouvelle direction. Et surtout de concocter un recueil de compositions stylistiquement très différentes, puisque « Glucose », éminemment étiqueté « Sharko », épouse cette fois une courbe électro-pop.

Pour ce huitième essai, Bartho’ a donc changé de fusil d’épaule en s’autorisant des sonorités qui ne sont pas sans rappeler les années 80 ; une approche à laquelle le travail de production de Luuk Cox n’est pas étrangère. 

On notera aussi, au passage, la contribution du musicien finlandais, Jukka Jahnukainen, de Maxime Firket (Compuphonic), et de la chanteuse lauréate de The Voice en 2018, Valentine Brognion, qui prête sa voix sur le titre « Sunny ».

Après plus de vingt ans au service du rock au sens le plus noble du terme, la formation belge a décidé d’adopter une formule plus contemporaine, tout en conservant l’identité première de Sharko. Tout y est : l’esprit, cette voix un brin rocailleuse reconnaissable entre mille, cette fausse nonchalance dans le phrasé et ces mélodies addictives

Si, par le passé, la musique de Sharko naviguait constamment entre ténèbres et la lumière, ce nouvel opus se révèle, au contraire, ensoleillé, radieux, joyeux et pétillant.

C’est dansant, précis et accrocheur. Bref, un disque qui devrait plaire au plus grand nombre, grâce à son approche relativement pop et ‘sucrée’.

Et que ceux qui se sentent trahis par ce virage à 180 degrés, qu’ils se rassurent, le long playing réserve, quand même, l’une ou l’autre plage plus rock, comme ce « Cold War », propulsé par une ligne de basse entêtante.

Bref, du sucre à consommer sans modération !

Uzeda

Quocumque Jeceris Stabit

Écrit par

Il y a un bail qu’on avait plus entendu parler d’Uzeda, une formation sicilienne, fondée en 1987 ; « Stella », son précédent elpee, remontait quand même à 2006 ! Il est vrai qu’à partir de 2001, Agostino Tilotta et Giovanna Cacciola, les figures de proue du band, se sont concentrés sur le projet Bellini. Dans le passé, Uzeda a souvent été comparé à Big Black, Sonic Youth, Girls Against Boys voire The Jesus Lizard. Entre noise et alt rock, sa musique n’a jamais été facile d’accès. Mais elle a le mérite d’être originale. Mis en forme, de nouveau par Steve Albini, ce « Come » ne déroge pas à la bonne règle. Quoique, le noisy semble avoir laissé place à une expression sonore plus tendue, complexe mais bien construite.

Mais ce qui frappe d’abord, à première écoute, c’est la voix de Giovanna. Perçante, déchirante ou fragile, suivant les émotions qu’elle cherche à communiquer, elle rappelle tour à tour Ari Up (The Slits) ou Kristin Hersh. S’appuyant sur une section rythmique souple, l’expression sonore est chargée d’une intensité électrique à la fois sauvage et lancinante.

Si l’un des gratteurs, Giovanni Nicosia, a quitté le navire en 1987, les quatre autres membres du groupe sont toujours au poste depuis les débuts de l’aventure. Ce qui explique cette étonnante complémentarité entre les différents musicos pour dispenser cette musique toujours aussi alternative. Et il est rassurant de constater qu’il existe encore des artistes qui ont l’audace de privilégier la créativité sur la rentabilité…

New Model Army

From here

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Les sessions d’enregistrement du quatorzième elpee de New Model Army se sont déroulées en Norvège, dans un studio sis sur une petite île du nord de ce pays, baptisée Giske. Et ces paysages sombres, glaciaux et accidentés (NDR : l’eau, la neige, la roche, etc.) ont eu une incidence sur le climat au sein duquel baigne cet opus. 

Découpé en 12 pistes, « From here » mêle l’exaltation de Killing Joke à l’intensité d’un Psychedelic Furs. Mais en plus soft. Même que la voix rauque de Jim Sullivan campe souvent un hybride entre celle de Jaz Coleman et de Richard Butler. La description est schématique, mais elle permet de vous donner une petite idée du style proposé par la formation issue de Bradford.

Souvent épiques voire hymniques, les compos bénéficient de refrains accrocheurs (NDR : « When I am » se révèle même contagieux !). Les plus luxuriantes sont parfois enrichies de chœurs et/ou d’arrangements de cordes et de cuivres. Les percus sont tribales ou martelées, mais également grandiloquentes tout au long de « Maps », une valse traversée par l’intervention d’un violoncelle. La conjugaison entre cordes de gratte électriques et acoustiques est bien équilibrée. La ligne de basse palpite ou gronde. Bref, si le climat général de cet opus est ténébreux, il recèle cependant des titres plus offensifs, à l’instar du plus optimiste « Never arriving », de « Watch and learn » et puis de « The weather », morceau qui décrit les problèmes sans cesse croissants causés par le changement climatique.

Le titre maître clôt l’opus ; une plage de 8’ construite en crescendo qui synthétise bien le style épique de cet LP, plutôt réussi.

Jane Weaver

Loops in the Secret Society

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Deux années après la sortie de son dernier opus, Jane Weaver livre un elpee différent du reste de sa discographie. Jusqu’à présent, la Liverpuldienne était responsable d’un cocktail original entre folk, psychédélisme et électronique. « Loops in the secret society » creuse davantage dans l’expérimentation.

Publié chez Fire (Howe Gelb, Half Japanese, The Chills), cet LP s’inspire d’une série de prestations ‘live’ accordées par la songwritrice ; des sets au cours desquels elle s’était imposée cet exercice sans avoir recours aux bandes préenregistrées. Sur les 22 plages de ce long playing, dix constituent des ‘loops variations’. Hypnotiques, ces morceaux qui trempent dans une forme de rock psychédélique sont exécutés à grand renfort de claviers. Les autres pistes figuraient sur ses deux derniers albums, « The Amber Light » (2015) et « Modern Kosmology » (2017). Mais pour la circonstance, Jane Weaver a décidé de les propulser en apesanteur à l’aide d’éléments synthétiques.

Atmosphérique et réconfortant, ce périple sonore démontre tout le talent d’écriture et la polyvalence de l’artiste, mais se révèle également propice à la relaxation…

Bazar Bellamy

Jusqu’ici tout va bien

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Entre la rage électrique d’un Dolly et l’univers poétique d’Eiffel, Bazar Bellamy parvient à tirer son épingle du jeu dans la jungle sauvage de l’industrie musicale.

Né des cendres de Plugin Sparta, le combo montalbanais, réuni autour de Monsieur Georges (ex-Lagony), s’inscrit dans une veine résolument rock avec cette volonté de jouir de toute la richesse et de la subtilité de la langue française.

Enregistré en compagnie de Nicolas Bonnière (ex-complice d’Emmanuelle Monet), ce premier opus fait la part belle aux guitares virevoltantes et rythmes endiablés comme un livre ouvert vers de grands espaces californiens.

Les textes sont rigoureux, les thématiques sont viscérales et dépeignent l’humanité au sens large du terme. L’intention se veut plutôt littéraire. Notamment en s’inspirant du ‘If’ de Rudyard Kipling sur « Un Homme » ou encore en osant une référence cocasse au ‘Bel Ami’ de Maupassant pour choisir patronyme du groupe (NDR : le ‘Y’ a été ajouté pour rendre hommage au chanteur de Muse, Matthew James Bellamy).

La narration est incantatoire et renvoie par moments à l’univers d’Hir*shima M*n Am*ur. Cette dualité constante entre gravité et légèreté dans le propos en est la plus belle illustration...

« Jusqu’ici tout va bien », premier album, dont le titre est tiré d’une réplique culte du cinéma français (La ‘Haine’ de Mathieu Kassovitz) est plus raffiné qu’il n’en a l’air. Fougueux et intrépide, il baigne dans un jus brut dont on ne sort pas indemne.

Du septième art, il en sera encore question sur « Garde les Yeux Ouverts », un morceau qui recèle un sample de ‘99 francs’, une adaptation sur grand écran du roman du même nom de Frédéric Beigbeder.

Bref, Bellamy fout un sacré ‘bazar’ et offre là un genre qui n’est certes pas nouveau, mais constitue tout de même une belle curiosité tout en opérant une ouverture sur le monde.

Verdée

Dans nos pas (Ep)

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La musique de Verdée mêle synthétique et organique. Suivant qu’elle émane d’oscillations électriques ou de sonorités confiées à Dame Nature. Un mix qu’elle assure en personne, afin d’en extraire la quintessence. Une nature qu’elle aime, qu’elle chérit, comme s’il s’agissait du prolongement de son âme.

Un premier album intitulé « Dans nos pas » réalisé par Dominique Brusson (également compagnon d’armes de Dominique A) devrait sortir début de l’année 2020.

En attendant, cet Ep nous propose trois titres qui devraient faire saliver les plus impatients : « Le cœur et la sève », « Reine et roi » et « Atome ». Une mise en bouche donc qui confère à cette artiste hybride une ouverture à connotation poétique verte et végétale.

Ça sent l’herbe fraîche, les prés fleuris, les champs à perte de vue. Les textes sont éminemment engagés et apportent un souffle nouveau à la nouvelle chanson française.

L’enveloppe sonore se veut fraîche et légère comme l’eau de source. Une ode à la détente et au bien-être. Un style qu’elle définit elle-même comme ‘chansons électro-organiques’.

Il y a dans l’univers de cette femme quelque chose d’inventif, de frais, avec ce brin de virginité dans les vocalises comme une invitation à se poser et contempler indéfiniment le monde qui nous entoure.

Verdée serait-elle immaculée ? L’avenir nous le dira ! En attendant, il est bon de s’abreuver à ce doux élixir électro… orgasmique !

Jon Bryant

Cult Classic

Écrit par

Malgré quelques albums à son actif qui ont rencontré un certain succès au pays des caribous, Jon Bryant n’est toujours pas parvenu à faire son trou en Europe. Pourtant, il mérite clairement qu’on s’intéresse à son folk mélodique. Ce quatrième album est marqué par des évènements qui ont particulièrement touché le songwriter. Avant de se lancer dans la composition de cet opus, il s’était engagé au sein d’un organisme censé proposer des évènements sur le développement personnel et professionnel. Seulement, après une enquête du FBI, il est apparu que le NVXIM (dites Nexium) était une secte notamment responsable de trafics sexuels. Plusieurs membres de cette organisation ont alors été condamnés. Cette expérience vécue transparaît à travers le nouvel opus de l’artiste.

Les mélomanes qui apprécient Asgeir, James Vincent McMorrow voire Bon Iver devraient également être séduits par la musique du Canadien. A l’instar de ces artistes susvisés, Jon Bryant possède une voix capable de décrocher des aigus tout en y ajoutant des tremolos soul/r’n’b. Et il le démontre particulièrement tout au long de “Cultivated”. Si le substrat de l’expression sonore trempe dans le folk, Bryant l’enrichit d’éléments électroniques (principalement des nappes de claviers et des rythmiques) ou encore de chœurs. Aussi, tout comme chez les artistes évoqués ci-dessus, c’est la mélancolie qui berce ce “Cult Classic”.  Si certaines plages retiennent moins l’attention, d’autres, comme “Superstition”, “Did What I Did” ou encore “5 Years” valent le détour et frôlent même le sublime…

Espérons pour Jon Bryant que ce quatrième elpee lui permette de forcer les portes de cette vieille Europe.

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