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Après la télé, retour sur scène pour Joshua !

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Après avoir coaché les jeunes talents dans The Voice, Greg Avau, Senso et Steph Debruyne du groupe Joshua reviennent avec un troisième album «The Outsiders» qui sortira le 4 mai.

Pour sa 10ème année de carrière, le groupe de street pop sera sur scène cet été dans de nombreux festivals et le 13 octobre prochain à l’Ancienne Belgique.

Plus d’infos : www.joshuanoise.be

http://www.abconcerts.be/fr

Major Lazer

Too Many MC’s

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Pour son premier concert accordé dans une salle en Belgique, Major Lazer, l’alias ‘testostéroné’ des prolifiques producteurs Diplo et Switch, a jeté son dévolu sur l’Orangerie du Botanique. L’occasion de tester les nouveaux morceaux qui apparaîtront au sein du successeur de « Guns Don’t Kill People-- Lazers Do » avant une longue tournée des festivals, qui s’arrêtera au Pukkelpop chez nous. Et au vu de l’ambiance générée par les bombes dancefloor du duo, le sol de la plaine de Kiewit n’a qu’à bien se tenir.

Après un (très) long DJ set electro de Surfing Leons, les deux cerveaux derrière Major Lazer débarquent sur les planches sur le coup des 21h20. Derrière eux, un écran fait défiler un logo Mtv détourné, pour former un Mlzr. Et comme Diplo n’a pas l’habitude de faire les choses à moitié, il a ramené avec lui deux danseuses et un MC, histoire de distraire ceux qui pourrait se concentrer sur leur musique. Parce qu’un MC, c’est bien, mais un MC qui hurle pendant l’entièreté d’un set, c’est un peu lourdingue. Le public n’a d’ailleurs pas attendu son intervention pour être chauffé à blanc. Le duo mise à fond sur les basses et les fait péter sur fond de titres extraits de « Guns Don’t Kill People—Lazers Do » et de remixes consacré à des titres empruntés à un panel très (trop) large d’artistes. Ainsi, l’Orangerie a eu droit à des versions retravaillées parfois réussies, parfois beaucoup moins, de morceaux de Far East Movement, David Guetta, Azealia Banks, Congorock, Rihanna ou encore Jay-Z et Kanye West.

Dans le public, c’est la grande cour de recréation, le feu aux fesses un mardi comme un samedi soir. « Busy Signal », « Hold the Line », l’énorme « Original Don » ou le classique « Pon De Floor » côtoient à merveille des classiques reggae et dancehall. Après s’être fait plaisir en exécutant un stage diving, le emcee invite les demoiselles à monter sur le podium ; et seulement les demoiselles ! Quelques petits malins se font gentiment rappeler à l’ordre par l’homme et retrouvent rapidement leur place sur le parterre. Pas de rappel au menu, l’équipée de Major Lazer achève son set par un « Jump Up » dont le titre résume à lui seul l’ensemble du show. Un show qui aurait gagné en puissance si les effets en crescendo dispensés par le duo n’étaient pas systématiquement massacrés par un Maître de Cérémonie trop enthousiaste. Malgré ces remarques, le show est à ne pas rater au Pukkelpop cet été, très probablement sous le toit de la Dance Hall.

(Organisation : Botanique)

 

« Juicy Lucy », la nouvelle étoile de Jupiter.

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Le 4 juin prochain sera l’occasion pour le public de découvrir le disco de Jupiter sur leur premier album « Juicy Lucy » (Grand Blanc).

Deux ans après leur premier single « Starlighter », le duo franco-anglais Amélie et Quarles n’en est plus à son coup d’essai. Leurs remixes pour Anoraak, Metronomy ou encore Two Door Cinema Club ainsi que leurs singles « Saké » et « Kass Limon » leur ont permis de se forger une réputation et même de se classer en tête des charts electro iTunes.

Leur EP « ONE O SIX » paru le 16 avril dernier est à écouter ici .

Pour découvrir leur album « Juicy Lucy », il faudra encore patienter un peu plus d’un mois …

Plus d’infos : http://www.grand-blanc.net/jupiter/

Bruno Green ne bat pas de l’aile …

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Après sa collaboration auprès du groupe Lilium, Bruno Green revient à sa carrière solo avec la sortie de son nouvel album « Wounded Bird ».

Suite à sa récompense pour son opus « The Blue Void Trilogy », et après avoir travaillé avec des artistes tels que Christophe Miossec, Steve Wynn (The Dream Syndicate), the Sea of Cortez collective, John Parish (PJ Harvey), Bruno Green s'est entouré de Jérome Hébert (Alexandre Désilets), Dan Baillargeon (Sharcut, Alexandre Désilets), Sylvain Deschamps (VioleTT Pi) ainsi qu’Éric Thibodeau (Mike Gauthier) pour cet album à paraitre cette année.

La vidéo de « Stolen Horse » (in my quiet way) est déjà disponible sur YouTube .

Plus d’infos : http://www.brunogreen.com/en/news.php

C’est bientôt l’heure pour les Scissor Sisters…

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Deux ans après la sortie de leur dernier album, les Scissor Sisters sont de retour ! Le premier single « Only The Horses » annonce la couleur de l’elpee Magic Hour’, réalisé en collaboration avec Calvin Harris et qui devrait sortir à la fin du mois de mai.

La video « Only The Horses » est déjà disponible sur YouTube ici .

Le groupe sera en concert le 8 octobre à l’Ancienne Belgique.

Plus d’infos : http://www.abconcerts.be/fr/

http://www.scissorsisters.com/home

Clock Opera

Ways to forget

Pour un premier elpee, Clock Opera vient de frapper fort. Une formation drivée par le multi-instrumentiste, compositeur et lyriciste Guy Connelly. Les mélodies sont soignées. Quoiqu’autoritaire, la voix de Connelly invite au rêve. Elle me fait même souvent penser à celle de Guy Garvey (Elbow). L’intensité des compos est bien palpable. Elle est alimentée par des synthés, du piano, de la batterie et des samplings. Et tout en nous entraînant dans un univers visionnaire et psychédélique, elles finissent même par libérer un chouette groove, né de la rencontre entre l’instrumentation organique et électronique. Si certaines plages empruntent des accents dramatiques, un peu comme chez Other Lives ou Midlake, d’autres sont davantage contaminées par le swing, mais dans l’esprit de Talking Heads. Un éventail de références qui communique davantage d’amplitude à l’expression sonore. D’autant plus que contagieuses, les chansons sont également empreintes d’une grande sensibilité. Suffit d’écouter des pistes comme « Man made », « Lesson n°7 », « Belongings », « A piece of string » et le single «  Move to de mountains » pour s’en convaincre…

 

 

Melingo

Le tango de Melingo…

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C'est un soir mouillé revêtu d'un aspect surréaliste. Dans le hall de la salle de concert, des demoiselles offrent aux arrivants ruisselants, des éponges en forme de micro. Une marque automobile allemande sponsorise le concert ; elle a d’ailleurs également parsemé la place Flagey d'énormes drapeaux. Nous montons les étages jusqu'au vaste théâtre, scène en bois s'étageant sur plusieurs niveaux, fauteuils de devant immatriculés ‘World Trade Center’ ou ‘Comte et Comtesse de...’. Les spectateurs sont disséminés sur plusieurs niveaux, mais les meilleures places du parterre sont réservées : un carré composé principalement d'hommes en costards bien taillés occupe les premiers rangs.

Mais prenons le temps de présenter l'artiste avant qu'il n'entre en scène. Daniel Melingo est argentin. Il est né à la fin des années cinquante. Il étudie la clarinette et la composition musicale à Buenos Aires. En 78 il doit, comme beaucoup d'artistes et autres dissidents, fuir la dictature militaire. Il a vingt ans et s'exile au Brésil. Là-bas, les rencontres l'amènent à jouer dans le groupe Agua de Milton Nascimento. De retour en Argentine, quelques années plus tard, il devient guitariste et chanteur au sein de deux groupes dont on n'a toujours pas oublié les noms : Los Twist, dont le mélange de ska et de rock alternatif aurait pu naître d’une rencontre entre les Rita Mitsouko et Madness ainsi que Los Abuelos de la Nada (Les Ancêtres du Rien du tout), impliquant Andrés Calamaro.

Enfant du rock contestataire, issu d'une génération qui ramasse malgré elle les miettes des turpitudes politiques d'Argentine, il redécouvre la puissance du tango, et commence à composer des mélodies modernes, sur des bases de tangos tissées de rock, de musique classique et de jazz. Il passe alors quelque temps en Espagne, retourne ensuite dans son pays natal, avant de s’établir à Paris, où il vit aujourd’hui. Il a sorti plusieurs disques en solo, dont l'excellent "Maldito tango" (Maudit tango), et fin 2011 "Corazón y hueso" (Cœur et os), qui vient de débarquer en Europe. Cette tournée est d’ailleurs destinée à défendre cet opus. Ce soir, nous aurons également droit à quelques nouvelles compos : il paraît qu'un nouvel album est sur le feu.

Les cinq musiciens s'installent. Ils se réservent contrebasse, bandonéon, violon, guitare électrique et acoustique. Les instruments démarrent et Melingo sort sans empressement de l'obscurité. Il s'approche et sa voix vient se poser sur les notes, accompagnée de gestes éloquents et de regards malicieux. Nul besoin d'être hispanophone pour comprendre ce dont il parle. Le personnage est cocasse, charismatique ; et c'est bien parce qu'il y a des fauteuils que l'on ne se met pas à danser. Ses comparses sont aussi vocalistes et reprennent en chœur l'écho du thème principal. Ou sifflent. Ou crient.

Les titres se suivent avec aisance, variés dans leurs rythmes et intensités. Melingo chante la langue de Buenos Aires, le langage des quartiers populaires. C’est-à-dire le lunfardo, un argot hérité des nombreuses vagues d'immigration, qui mêle l'espagnol à d'autres idiomes européens et précolombiens ; ce jargon qui a été employé par les grands écrivains argentins, et depuis toujours par les tangueros.

Daniel Melingo donne lui aussi l'impression de sortir de la rue, et de la nuit. Vêtu d'un pardessus noir, coiffé d'un chapeau, sa silhouette mince et bavarde invoque les petits personnages du peintre Antonio Segui ou certains protagonistes des nouvelles de Cortázar.

Après quelques compositions issues du dernier essai "Corazón y hueso", comme "El Tatuaje" (Le Tatouage) et « Negrito », Daniel Melingo dédie « Se igual » aux cartoneros de Buenos Aires, nombreux précarisés qui pour survivre ramassent les cartons sur le pavé et les revendent aux entreprises de recyclage. Ce titre parle des gens de la rue et de l'indifférence des passants, de la bière et de la colle qui rendent fou.

Puis arrivent l'histoire d'un type exubérant au grand nez surnommé "Narigón, et celle d'un pickpocket maladroit qui se fait arrêter "En un bondi color humo" (dans un bondé couleur de fumée). Le chanteur s’éclipse, laissant place à ses accompagnateurs pour des moments instrumentaux magnifiques, comme le fameux "Volver" (du maitre du Tango Carlos Gardel) joué par la guitare et chanté par la scie musicale lancinante.

Au gré du concert se dessine une ambiance de ruelles sombres, de cafés enfumés, et Melingo, tout en nous racontant ses légendes, se change en clochard fou et visionnaire. Il se moque de ses musiciens en grimaçant dans leur dos, fait mime de trébucher, s'affale, regarde sa montre au milieu d'un morceau, s'allonge et continue à chanter, reprend place sur sa chaise, enlève ses chaussettes qu'il renifle une dizaine de fois avant de les lancer au beau milieu du carré des messieurs chics, provoquant le départ de certains d’entre eux ! Poète ambitieux, il veut, comme il le dit dans un de ses morceaux, ‘inspirer l'inspiration’, en mettant tout à l'envers, ‘ciel de terre, terre de lumière’. Quand il saisit la clarinette c'est pour la faire hurler ; et si, dos au public, il joue au chef d'orchestre, augmentant et diminuant le volume sonore dispensé par ses musiciens, c'est pour mieux battre des ailes et se changer en corbeau bonimenteur.

« Eco il Mondo » dresse le portrait d'un vieil homme élégant, qu'il mime, parodiant son rôle de dandy destroy. Tout est maitrisé : l'air de rien, Melingo sait très bien ce qu'il construit. L'autodérision embrasse le romantisme, les ambiances de vieux rades cèdent la place à des moments plus intimes et moins rocambolesques. Les maitres (Gardel, Garcia Lorca) sont cités mais jamais imités.

Quand après un rappel, il nous annonce de son timbre rauque ‘C'est fini pour ce soir, j'ai plus de voix’, c'est pour revenir et nous gratifier d'un dernier chant à capella et guitare acoustique : « Del barrio me voy » : le chant de quelqu'un qui s'en va, qui quitte son quartier, déjà mélancolique de ce qu'il abandonne.

Esprit libre et ébouriffé, indigent d'une élégance à faire pâlir les hommes d'affaires et rougir les jeunes filles, Melingo est bien parti pour faire aimer le tango au delà de l'Amérique latine.

 

Maps & Atlases

Maîtres de leur sujet…

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Ce dimanche 22 avril, Maps and Atlases se produisait au Botanique, quelques semaines à peine après voir publié leur excellent album, « Beware and Grateful » ; un disque aux fortes tendances addictives. On était donc très heureux de revoir le groupe chicagolais à Bruxelles, près d’un an après son dernier passage. Et il revenait au jeune groupe tournaisien, Perils of Penelope, d’assurer le supporting act. 

Perils of Penelope ouvre donc la soirée, vers 20h. La salle est loin d’être comble, lorsque le band belge monte sur l’estrade. Faut croire que les concerts du dimanche ne font pas trop recette ! Le set démarre sur les chapeaux de roue. Et s’il manque peut-être un chouia de puissance, il permet aux différents instrumentistes d’étaler toute leur technique. La dextérité des gratteurs sur leur manche est impressionnante ; et le drummer n’est pas en reste, passant d’un fût à l’autre avec une facilité déconcertante. En outre, les musicos connaissent leur répertoire sur le bout des doigts. P.O.P. confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Et au vu de sa prestation, il ne devrait pas en rester à ce stade. Enfin, c’est tout le mal qu’on souhaite au jeune combo.

Place ensuite à Maps & Atlases. Il est plus de 21h lorsque le quartet entre en scène. C’est « Old and Gray » qui ouvre les hostilités. La voix du chanteur, chétif et barbu, est nasillarde, mais son timbre et ses inflexions sont impeccables. Le groupe embraie par « Remote and Dark Years », une compo beaucoup plus pop. Les morceaux s’enchaînent ; et au fil du temps, on se rend compte que le ‘tapping’ des gratteurs est de plus en plus véloce. Le batteur est impressionnant. Agressif, son drumming regorge de contretemps. Quant au bassiste, ses interventions libèrent énormément de groove ; à tel point que parfois on a l’impression qu’il survole l’ensemble. Bref, les musiciens maitrisent parfaitement leur sujet. Et puis on sent qu’ils sont heureux d’être là ce soir ; d’ailleurs, ils ne se privent pas de le clamer. La setlist alterne titres du dernier elpee et morceaux issus des opus précédents, un peu comme si le combo yankee voulait nous concocter un ‘best of’. On aura quand même droit à une toute nouvelle composition. Après un set d’une bonne heure, le band prend congé du public. Un public, conquis, comblé même, et surtout satisfait d’avoir fait le déplacement. Car manifestement, au cours de cette soirée, on a eu droit à deux excellents concerts…  

(Organisation Botanique)

 

of Montreal

Autant pour les yeux que pour les oreilles…

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Deux premières parties avant le concert d’of Montreal, c’était assurément uns soirée qui allait nous mener tard. Et en ce qui concerne le premier groupe, Recorders, on n’aurait pu vraiment faire l’impasse. Enfin, ce n’est sans doute pas l’avis de la famille et des amis venus en nombre pour les applaudir chaleureusement. Ils devaient bien être 150, et la plupart se sont barrés après leur prestation. Bref, le chanteur/bassiste porte un beau masque de plumes, comme les mayas, mais il manque de voix. Le guitariste dispose d’une belle panoplie de guitares, mais on n’entend guère de notes sortir de son manche ; et si le claviériste se débrouille plutôt bien aux backing vocaux, ses interventions sont noyées dans l’ensemble. Seul le drummer assure. Mais gros problème, la section rythmique est beaucoup trop puissante, si bien que le volume monte en décibels pour aboutir à un résultat sans grande consistance…

Yip Deceiver, c’est le projet de Davey Pierce, qu’a donc rejoint Nicholas Dobbratz, deux musiciens qui militent également chez of Montreal. Au sein du duo, le premier se réserve les  claviers et bidouille à l’aide d’une boîte à rythmes hi-tech. Quand au second, il joue également des claviers mais aussi parfois de la guitare. Les deux musicos chantent et leurs voix se conjuguent parfaitement en harmonie. Curieux, leurs deux claviers sont placés face à face, nous montrant le plus souvent le tandem de profil. Leur musique est excitante et dansante et campe une électro-pop directement inspirée par la face la plus disco de la new wave. Pensez à Depeche Mode, Human League, Soft Cell et même à Yazoo. Un set ma foi bien agréable et qui finalement nous a réservé une bonne surprise…

On installe quelques panneaux à la trame semi-transparente, mais de couleur blanche, au bord de la scène. En fait, ils sont destinés à recevoir des projections d’images psychédéliques, tout au long du spectacle. Tout comme ceux placés au fond de la scène en hauteur, à gauche et à droite. Des projections nées des élucubrations de Kevin Barnes, le leader d’of Montreal ; à tel point qu’on se demande si on n’assiste pas à une version détraquée du « Yellow Submarine » des Fab Four. Et le graphisme de ses pochettes, qu’il prend soin de réaliser personnellement, en est certainement la plus belle illustration. Faut dire aussi que les thèmes développés par ses chansons traitent le plus souvent de désespoir, de paranoïa et de défiance. Enfin, tout au long de ce show coloré, on aura droit aux interventions de deux personnages déguisés en rat d’hôtel. Au début, ils sont vêtus de noir, puis de blanc, prennent finalement quelques couleurs, mais jouent aussi aux fantômes, déploient de grandes ailes, font tournoyer des parasols, se déguisent en fœtus monstrueux, portent des masques diaboliques, projettent des petites bandelettes de papier ou balancent des grappes de ballons blancs dans la foule, et j’en passe… on aura même droit à une séance de crowdsurfing accomplie par un de ces figurants.

Le décor planté, venons-en aux musiciens. Ils sont huit sur l’estrade. Une claviériste, un violoniste/guitariste, un drummer, un saxophoniste/flûtiste/guitariste, un guitariste soliste (NDR : les cheveux roux, des rouflaquettes impressionnantes, il aurait pu militer au sein d’un groupe garage des sixties !), sans oublier les deux musicos de Yip Deceiver, l’un aux percus et aux bidouillages, l’autre à la basse et parfois aux claviers. Et enfin Kevin Barnes, tour à tour derrière son piano portable en front de scène ou debout derrière son pied de micro, s’accompagnant alors régulièrement à la guitare. En début de parcours, Kevin porte une veste, qu’il va ôter après quelques morceaux, pour laisser ensuite apparaitre une chemise de couleur rouge vif, garnie de dentelles. Il s’est maquillé les yeux de fard bleu et porte de longs cheveux tirés d’un côté, obscurcissant partiellement la face droite de son visage. Une tenue finalement bien adaptée à la flamboyance de sa musique.

Le set s’ouvre par les deux premiers morceaux du dernier elpee, « Gelid ascent » et « Spiteful intervention ». La musique navigue entre pop, psychédélisme, disco, glam et prog. Les changements de rythmes sont réguliers. Parfois même au cours d’un même morceau. Le falsetto de Kevin me fait quelquefois penser à Prince ou alors à Todd Rundgren. Surtout lors du slow « Exquisite’s confessions ». Les compos les plus sauvages sont également celles au cours desquelles le groupe a recours au plus de grattes. A un certain moment, ils sont 4 sixcordistes ; et on peut dire que l’intensité est alors à son comble. Sur les morceaux les plus dansants, Barnes se met aussi à remuer le corps lascivement, déboutonnant sa chemise et… Bref, c’est un véritable showman. Le public est réceptif. Il danse, chante, balance les bras ou frappe dans les mains. Et impossible de résister lors de l’allègre « Heimdalgate like prome thean curse ». Le set s’achève par « April », sous les acclamations nourries du public.

L’attente est longue pour obtenir le rappel. Soudain, nos deux figurants déguisés en porcs montent sur le podium. Ils débranchent le piano et font mine de l’emporter sous les huées de la foule. En posant l’index sur la bouche, ils nous demandent de nous taire. J’entends un spectateur lancer : ‘Ils vont nous jouer un tour de cochon’. Puis les deux énergumènes invitent les spectateurs à lever les bras et à les balancer en cadence, tout en appuyant ces gestes de leurs clameurs. Moment choisi par le groupe pour remonter sur l’estrade. Of Montreal va alors nous accorder un long rappel, interprétant au passage « Kissing in the grass ». Nos deux intervenants décident alors de soulever Kevin et de le hisser sur leurs épaules. Le temps de redescendre sur le plancher des vaches, et le band vide les lieux, sous un tonnerre d’applaudissements. Mais la musique de fond est rapidement rétablie tout comme les lumières. Il y a des bandelettes de papier partout. Demain, le service de nettoyage va pester. Mais, ce soir on s’est bien amusé. Oh, bien sûr, certains diront peut-être que le set était décousu. Mais ce spectacle, ce véritable show était très riche, coloré, imprévisible, excitant et à la limite fascinant. Et on en a eu autant pour les yeux que pour les oreilles.

(Organisation Botanique)

Voir aussi notre section photos : ici

 

 

Maps & Atlases

Beware and be grateful

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On peut affirmer qu’en publiant « Beware and be Grateful », Maps and Atlases vient d’enterrer définitivement son étiquette math-rock. Faut dire qu’il y a un bon moment qu’elle ne collait plus à leur peau. D’ailleurs, assurer les premières parties de Russian Circles, leur voisin chicagolais, n’est aujourd’hui plus imaginable. Bien de l’eau a coulé sous les ponts, depuis leurs débuts, c’est-à-dire lorsque le groupe était comparé à Hella ou Don Caballero.

Le nouvel opus illustre parfaitement le changement d’orientation de la formation yankee. Elle y brasse une multitude d’influences, en revisitant la quintessence de l’indie-rock rencontrée au cours des cinq dernières années.

« Old and Gray » ouvre la plaque. Une voix aérienne est rapidement soutenue par des chœurs. Une basse ronflante entre timidement dans l’ensemble, avant de s’imposer. Sur « Fever », le début est tout aussi réservé, avant d’amorcer un crescendo qui déboule à la manière de Menomena. « Remote and dark Years » n’est pas vraiment sombre, mais plutôt sculpté dans un pop/rock suave. Et entraînant, « Vampires » se révèle davantage rock. Curieuse coïncidence, car en fin de parcours, plusieurs plages (« Be Three Years Old », « Bugs »)  s’aventurent dans l’univers de Vampire Weekend. Les percussions sont exotiques et les guitares allègres. De quoi conclure l’œuvre dans un climat de bonne humeur.

Bref, si le quatuor a décidé de prendre un virage à 180° dans sa musique, il n’a rien perdu de son efficacité. Mieux encore, ses mélodies sont contagieuses et excitantes. De quoi satisfaire tout mélomane, branché sur ce style musical…

Maps and Atlases se produira en concert ce dimanche 22 avril au Botanique. Et c’est le combo tournaisien Perils of Penelope qui assurera la première partie.

 

The Shins

Port of Morrow

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En 2001, deux titres des Shins étaient retenus pour figurer sur la bande-son du film ‘Garden State’ de Zach Braff, deux plages issues de l’album « Oh, Inverted World ». Depuis, à la tête de son projet à géométrie variable, James Mercer ce cesse d’illuminer les cœurs des amoureux de la pop…

Mercer et ses acolytes sont particulièrement doués pour torcher des morceaux aussi brillants, qu’harmonieux et soignés. Tout semble tellement fluide pour ces très discrets musiciens épris d’indie-pop classique ! « Port of Morrow » succède à « Wincing the Night Away », un elpee paru il y a déjà 5 ans chez Sub Pop, label que le groupe a entretemps quitté. Le génie de la pop a-t-il conservé ses talents de mélodiste ? C’est une évidence, à l’écoute de perles pop-rock telles que « Simple Song », « September » ou « For a Fool ». Certes, à première écoute, on a parfois l’impression que le combo ne livre pas tout son potentiel ; mais il faut reconnaître que peu de formations contemporaines sont capables de concocter d’aussi belles chansons… 

Pour enregistrer cet elpee, la bande à Mercer à reçu le concours de Richard Swift aux claviers, et ma foi ses interventions sont plutôt habiles, mais également de musicos issu de Modest Mouse et Fruit Bats. James a donc négocié brillamment son retour après avoir ouvert une parenthèse chez Broken Bells aux côtés de Danger Mouse. Une aventure qui n’a donc pas altéré sa divine inspiration. Ouf!

 

Linkin Park, succès considérable pour « Burn It Down » !

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Alors que « Burn It Down » n’est disponible que depuis lundi, le nouveau single des Californiens de Linkin Park connait déjà un succès monstre. Quelques heures après sa sortie, le site internet du groupe affichait déjà 216 000 visites et aujourd’hui «Burn It Down » s’est déjà écoulé à plus de 38 000 exemplaires.

16 ans après leur rencontre, le succès de Chester Bennington (chant), Mike Shinoda (chant, rap, guitare et claviers), Brad Delson (guitare), Dave Farrell (basse), Rob Bourdon (batterie) et de Joe Hahn (platines, effets et mixage) ne faiblit pas, ce qui laisse espérer le meilleur pour le prochain album « Living Things » qui sortira le 22 juin prochain.

Pour écouter "Burn It Down", cliquez ici .

Plus d’infos : http://www.linkinpark.com

Nurses

Dracula

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Il y a trois ans, je suis tombé sous le charme de Nurses, un trio issu de Portland. Enfin de son album « Apple’s Car », une œuvre dont les compos contagieuses et hypnotiques étaient sculptées dans une pop psychédélique et minimaliste. J’attendais donc impatiemment la sortie de ce nouvel elpee. 

« Dracula » s’inscrit dans la lignée du précédent long playing. La voix d’Aaron Chapman est toujours aussi nasillarde, rappelant même celle d’Andy VanWyngarden de MGMT, groupe auquel le trio américain est d’ailleurs souvent comparé. Pourtant, la musique de Nurses est plus proche de celle d’Animal Collective. Le climat, ma foi paisible, est entretenu par le down tempo. Pourtant, si leur style est bien identifiable, notamment par son sens mélodique, il enregistre une évolution certaine. En fait, les instruments insolites ont été abandonnés pour faire place aux nappes de claviers. De manière aussi à rendre l’expression sonore plus riche. Une richesse également apportée par les chœurs (« So Sweet ») ou les percussions africaines (« Gold Jordan »). On reprochera cependant à l’opus d’être un peu trop long. Rien de bien dramatique, mais au fil des plages, on a l’impression que l’elpee s’essouffle…

 

Petra Jean Phillipson

Notes on: Death (sampler)

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Petra Jean Phillipson (PJP) aurait pu être la petite sœur anglaise de l’illustre et allumée Joanna Newsom. « Notes on: Death » constitue son second album. Il fait suite à « Notes on: Love », sorti… il y a déjà 6 ans ! 

Cet ambitieux nouvel essai est divisé en deux parties distinctes respectivement sous-titrées ‘Noir’ et ‘Blanc’. Pas trop difficile donc, d’imaginer que le premier volet baigne au sein du côté sombre et gothique de la force tout en privilégiant les climats spectraux, alors que le second, plus lumineux, navigue dans des eaux country traversées par PJ Harvey.

Enfin, c’est ce que je suppose, car le sampler se limite à la seconde tranche de l’elpee ; soit celle qui est supposée être moins avant-gardiste et plus accessible, mais néanmoins encore très aride ! La voix de PJP est emphatique. Un timbre qu’elle pose sur une instrumentation dominée par les interventions de harpe et de violon. Le tout au sein d’une ambiance médiévale toujours susceptible de déraper dans l’expérimentation. Une exception qui confirme la règle : le très réussi et plus abordable « And Lilith Said to Adam ».

A l’instar de Joanna Newsom ou d’une Björk contemporaine, PJP risque fort de rendre bien des mélomanes perplexes ; mais aussi d’enchanter celles et ceux qui adorent les fortes personnalités qui privilégient les univers sonores intrigants !

 

The Renderers

A Rocket Into Nothing

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Depuis plus de vingt ans The Renderers végètent dans l’anonymat et cet album, au titre tristement anticipatoire, ne sera jamais qu’une pierre de plus dans le jardin de l’oubli.

Les premiers titres ne sont pas rappeler l’approche de Sealight voire de Heligoland, d’autres résidents de la Nouvelle Zélande, le bruit suppléant ici les nappes vaporeuses.

Des sonorités et une voix qui renvoient à certains groupes oubliés du label 4AD (Tarnation en tête) et des ambiances oniriques (« Hypnotised », en final somnambule) font de cet album un honnête essai mais sans réel trait de génie.

Une de ces plaques sans autre ambition que de permettre à ses auteurs de partager leur vision de l’univers. Ce qui du reste n’est déjà pas si mal.

 

Maria Taylor

Overlook

Écrit par

Certains albums se rappellent à vous, subtilement, longtemps après s’être fait oublier.

Ne laissant guère de trace dans votre esprit à la première écoute furtive, trop polis pour s’ingénier à forcer la porte de votre souvenir.

Et puis un jour, sans vous avertir, ils viennent simplement vous rappeler quelle erreur vous avez commise de ne pas leur avoir prêté meilleure intention.

Ainsi, en va-t-il, en ce qui me concerne, de « Overlook », dont le titre me paraît du coup ironique.

Longtemps moitié de Azur Ray, avant de s’émanciper, Maria Taylor signait l’an dernier un album d’une beauté troublante, qui mérite une attention toute particulière et surtout mon humble repentir pour l’avoir oublié au détour d’une étagère.

Des textes trahissant les balbutiements d’une fleur se découvrant au monde et des arrangements subtils mais rehaussant brillamment les accords en apesanteur de la belle, des variations heureuses sur un mode légèrement mélancolique (la touche manouche de « Bad Idea »), de l’émotion sans fard et sans pathos.

Certains événements n’arrivent que sur le tard, mais fort à propos. Comme ce disque à mes oreilles.

 

Joe Louis Walker

Hellfire

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Joe Louis Walker est l'un des grands noms de la scène contemporaine blues. Il n’est pourtant plus de première jeunesse, puisqu'il affiche déjà 62 ans au compteur. Il est originaire de San Francisco, mais vit aujourd'hui à New York. Dans les années 60, il était l'ami du mythique guitariste blanc, Mike Bloomfield. Il ne fonde son groupe, les Bosstalkers, qu’en 1985 et publie alors de nombreux albums. Cinq d'abord chez Hightone, six ensuite pour Verve/Gitanes. Toute cette discographie lui ouvre grandes les portes de l'Europe où il se produit un peu partout.

Souffrant trop souvent d’une production trop lisse, ses disques manquent cependant de passion. Pourtant en 2003, "Shake your moneymaker : The slide album", paru chez JSP, casse enfin le moule. Joe Louis est bien un grand bluesman, un guitariste extraordinaire! Il se lie alors d'amitié avec le guitariste très respecté, Duke Robillard. Ce dernier produit son premier opus, pour le label canadien Stony Plain, "Witness for the blues", en 2008, puis "Between a rock and the blues" qui est nominé aux Blues Awards. Bruce Iglauer, patron du label blues chicagolais notoire, Alligator, vient donc de signer Joe. Ce dernier avait d’ailleurs collaboré au projet "Tommy Castro presents the Legendary Rhtyhm & Blues Revue – Live!".

Joe Louis est chanteur, guitariste, compositeur et producteur. Pourtant, il a laissé la mise en forme à Tom Hambridge, un personnage qui a notamment bossé pour Buddy Guy, Susan Tedeschi et George Thorogood. Les sessions ont été réalisées au studio Sound Stage de Nashville. D'excellents musiciens ont été recrutés pour y participer, dont Hambridge qui double à la batterie et Reese Wynans, l'ancien claviériste de Stevie Ray Vaughan.

Et si Joe Louis est un bluesman, il a aussi grandi au cœur de la culture rock. Il présente une face agressive indéniable. C’est ce qu’il met en évidence en ouverture. Tout au long d’"Hellfire", sa voix est surpuissante, elle déblaie tout sur son passage. Son ampli est poussé dans le rouge. Furieuse, la gratte avance par dérapages savamment contrôlés. Je préfère toutefois le Walker au plus profond de son blues. A l’instar du lent "I won’t do that". Une compo qui libère beaucoup de sensibilité. Et s’il malmène sa six cordes, c’est pour nous réserver une envolée de classe. Un même phénomène qui se produit sur l’autre blues lent, "What’s is worth", mais en plus déjanté voire acide. La voix est vraiment ravagée et en impose sur le blues rocker très stonien "Ride all night". Une plage d’excellente facture caractérisée par la slide bien mise en avant. Il souffle férocement dans son misérable harmonica pour aborder "I’m on to you", une piste imprimée sur un tempo bien enlevé. Joe Louis s’est forgé la voix en chantant le gospel dans les églises. Il nous le rappelle sur "Soldier for Jesus", un morceau pour lequel il est soutenu par les Jordanaires, formation qui accompagnait autrefois Elvis Presley. Et pour que l’analyse soit complète, sachez que l’opus recèle encore le rock’n’roll offensif "Too drunk to drive drunk", l’explosif "Black girls" et le boogie, "Movin’ on". Bref une œuvre de très bonne facture !

 

April

Sunderlands

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Duo bordelais, April réunit JiBé (Jean-Baptiste Calluaud) à l’écriture et Flora au chant, d’ex-membres du groupe de métal Silence is Crime. Ce troisième album  retrace l’histoire d’Alex, un jeune comateux qui nous plonge au sein de son univers, au fil de 12 morceaux électro/pop/folk/rock. Alors, effet de mode ou multiculturalité surlignée, les titres sont tantôt chantés en français, tantôt en anglais. Déjà que JiBé et Flora se partagent le chant et le mélange des genres, nous sommes perdus dans ton monde vaporeux et clinique, Alex. Ce 12 plages se voulait être au départ un album-concept d’une vingtaine de titres mais peut-être les coupes sombres dans le projet initial ont-elles brisé quelque peu le rythme ?

Sans quoi le concept devrait marcher. Ils sont beaux, ils s’aiment, les mélodies tiennent la route. La voix de Flora est douce et la présence d’un peu de poésie dans ce monde de brutes soulage. De bons ingrédients commerciaux, dirons-nous.

« Breaking bones » et « Dans ce monde ou dans l’autre » aux allures d’Indochine, « Tess’ reveries » et « Sunderlands » à la Zazie, « Enjoy the ride » et « All things to all men » aux sonorités hispanophones, suivies de « Frame by frame » passé à la moulinette électronique et chanté par Front 242 (mais non…), « Goodbye Earth » et « Un jour pour te dire » qui ne peuvent démentir les origines du groupe et une magnifique plage de clôture instrumentale, « Alex » qui se réécoute à l’envi.

Tout comme les pantalons de la Guerre des Boutons, le moins que l’on puisse conclure de cet album, c’est qu’il est décousu. A confier à des oreilles ‘multiglottes polygenres’ non averties.

 

Dr John

Locked down

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Le vieux sorcier louisianais vient encore de frapper fort! De son véritable nom Malcolm Rebennack, ce chanteur/créateur/guitariste et surtout pianiste possède une longue carrière musicale derrière lui. Malgré ses 71 balais, il est toujours aussi extraverti et excentrique ; en outre, ce résident de la Nouvelle Orléans n’a jamais laissé quiconque indifférent. Inspiré à l’origine par le mythique pianiste local Professor Longhair, sa première œuvre “Gris Gris” remonte à 1968. Ce disciple avoué de la culture vaudou nous livrait les premiers secrets de sa médecine, sur “Remedies” en 70 et “Sun, moon & herbs” en 71.

Les influences de notre toubib sont multiples : le blues, le jazz, le rock’n’roll, le boogie woogie, le funk et naturellement le zydeco. Il va rapidement se voir décerner le pseudo de Dr John. En particulier dès la sortie de “Dr John : The Night Rripper”. Et puis à cause de ses prestations scéniques extravagantes et ses costumes inspirés du Mardi Gras néo-orléanais.

Nous sommes en 2012, et le bon docteur parvient encore à étonner. Pour enregistrer “Locked down” il a reçu la collaboration de Dan Auerbach des Black Keys. Ce dernier joue de la guitare et assure la production. Les sessions se sont déroulées à Nashville, dans le Tennessee. Finalement, ils étaient six en studio pour concocter cet elpee, une équipe qui se partage l’écriture des plages.

Et c’est bien à un travail d’équipe auquel on assiste tout au long de cette œuvre. Une constatation déjà bien illustrée sur le titre ouverture, le fameux “Locked down”. A l’exception du Docteur, tous les musiciens sont crédités de percussions et de chœurs. Métallique, la guitare de Dan nous plonge dans le Delta du Mississippi. De quoi manifestement apporter une touche de fraîcheur et d’originalité. Soutenu par toute cette machine rythmique, le brave Mac chante d’un timbre nasillard, mais ses inflexions sont souveraines. La “Revolution” sonore est bien en marche. Le concours d’Auerbach est déterminant tout au long de ce R&B novateur et d’une puissance inouïe. De toute évidence, “Big shot” nous invite à rejoindre New Orleans, le berceau du jazz traditionnel, mais le style est ici revisité par les percus et le saxophone de Brian Olive, de manière à atteindre un format intemporel. Fresque de notre société moderne, “Ice age” est une excellente compo qui met bien en valeur les vocaux, mais aussi les différents instruments et en particulier les percus. Faut dire que le travail de mise en forme est impeccable. Tout comme “Getaway”, au cours duquel on entend distinctement tous les instrus. En outre, les interventions de basse prodiguées par Nick Movshon sont assez extraordinaires alors que la sortie finale d’Auerbach sur les cordes est aussi redoutable qu’acide. Les cordes saturées d’écho qui introduisent “You lie” sont un véritable délice. Le front rythmique qui rejoint l’expression sonore est dominé par le saxophone. Un funk blues absolument superbe. Un hommage est rendu au dieu cubain sur “Eleggua”, une plage mystérieuse, envoûtante, ésotérique même, propice à la transe qu’alimentent les percussions exotiques. “My children, my angels” baigne enfin dans un peu de douceur, un cri d’amour et de passion répercuté par un chant paisible que balisent un piano électrique mélodique et une guitare au bord de la déchirure. L’elpee s’achève par “God’s sure good”, un R&B classique, dansant et agréable. Un excellent album. Son meilleur depuis bien longtemps.

 

Gary

Hey Turtle, Stop Running!

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Notre ami Gary est autrichien. En réalité, il s’appelle Robert Stadlober et s’est forgé une certaine notoriété comme acteur. Il n’est donc guère notoire dans l’univers musical. Pourtant, il est passionné par la musique. Celle des années 90, tout particulièrement. Bien sûr, on a souvent remarqué que les transfuges du cinéma vers la musique, ne sont pas toujours très concluants. Suffit de penser à Emmanuelle Seigner. Néanmoins, il faut reconnaître qu’au sein de ce nouvel environnement, il se débrouille plutôt bien.

Robert n’est pas vraiment un artiste solo, puisqu’il est soutenu par un backing group au sein duquel figurent Astrid Noventa, Rasmus Engler et Daniel Moheit. Des collaborateurs talentueux qui l’épaulent depuis les débuts de l’aventure, soit en 2001. « Hey Turtle – Stop Running » constitue le troisième opus de Gary. Et franchement, il a de l’allure, lorgnant tour à tour vers la lo-fi de Guided by Voice voire de Pavement (« You, Lou and Stephen Ca. 1995 ») ou la power-pop chère à Big Star et Teenage FanClub (« Epitaph »). Les voix conjuguées de Robert Stadlober et Astrid Noventa manquent parfois d’assurance, mais jamais de grâce et finalement s’avèrent très susceptibles de vous refiler une bonne dose de frissons…

Car Gary est définitivement un ami qui vous veut du bien…

 

Howlin Rain

The Russian wilds

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Howlin' Rain est un groupe issu de San Francisco dont la formation remonte à 2004. Le combo avait publié un premier album en 2006. Il était éponyme. Et un second, en 2008, "Magnificent fiend", rapidement suivi d’un Ep, intitulé "Wild life". Ethan Miller, chanteur et guitariste en est le leader. A l’origine, il était entouré par ses amis d'école, Ian Gradek et John Moloney. Aujourd'hui, si Miller est toujours aux commandes, il est soutenu par d'autres musiciens : le chanteur/guitariste Isaiah Mitchell, Joel Robinow aux claviers, cuivres et cordes, le bassiste Cyrus Comiskey ainsi que le percussionniste Raj Ojah.

La musique d'Howlin' Rain combine blues, funk, rock classique et psychédélisme. Howlin' Rain n’hésite pas à se réclamer des légendes du passé de la musique rock comme les Allman Brothers Band, Jimi Hendrix, Santana ou encore Love, le groupe d'Arthur Lee! La direction de la production a été confiée à  Rick Rubin, une espèce de gourou, adepte de la fusion entre le rap et le heavy metal. Il a bossé pour une multitude d’artistes, dont Slayer, Masters of Reality, The Cult, les Red Hot Chilli Peppers et Aerosmith. Et c’est le jeune Anglais Tim Green qui apporte son concours à la mise en forme.

"Self made man" amorce l’elpee. Une compo imprimée sur un tempo lent. Les riffs sont accrocheurs mais dramatiques. La voix d’Ethan me fait penser à celle d’un hard rocker paisible. Il chante et ne hurle pas. Ce qui ne l’empêche pas de hausser le ton. Les autres musicos assurent les chœurs. Et finalement, l’ensemble ne manque pas de charme, même si le style nous replonge au début des seventies. Dès que les cordes sont lâchées, elles se mettent à vagabonder dans l’esprit d’un Carlos Santana épaulé par Neal Schon. A l’instar de "Caravanserai", une piste qui s’étale pendant de longues minutes ; de quoi laisser le temps aux deux six cordes d'explorer des sentiers non balisés. HR embraie sur "Phantom in the Valley", sans susciter de grand bouleversement, malgré le rythme plus vif. Enrichi de voix et d’un orgue, ce titre me rappelle les Anglais de Spooky Tooth. Et c'est un compliment! Au cours de cette fresque sonore, bien dessinée, la trompette s'évade au cœur d’une ambiance festive et exotique. Chargé d’intensité, "Can't satisfy me now" est un morceau qui baigne au sein d’un climat de détresse et de douleur. Ce n’est pas la joie, et le timbre puissant de Miller est parfaitement adapté pour communiquer ces émotions. Si les grattes ne manquent pas d’attrait, elles adoptent le plus souvent un profil fort classique. Et dans la démarche, on ne décèle guère de trace de voyage psychédélique. La voix qui ouvre "Strange thunder" est fragile, très pure, fort proche de Jon Anderson dans la grande époque de Yes. Une plage dépouillée à l’extrême jusqu’au moment de l’explosion finale, rondement menée. La tessiture vocale de Miller peut aussi évoquer le regretté Steve Marriott. Et en particulier sur le convainquant "Dark side". Mais sans la férocité et le caractère quasi animal de l'Anglais. La reprise du "Collage" de Joe Walsh est à la fois fragile et belle. Une version remarquable réminiscente de Crosby, Nash et consorts ou des Eagles époque Walsh. En outre, le morceau prête à l’aventure. Et quoique adoptant une forme bluesy, digne de Humble Pie, la forme psychédélique épouse ensuite "Walking through stone". Splendide ! En finale, le gratteur marche sur les traces d’un Carlos Santana jazzyfiant. Un album de classe !