Tout est fini pour Sprints…

Le groupe de Dublin, Sprints, sortira son deuxième album, « All That Is Over », le 26 septembre. Bien reçu par la critique, son premier long playing, « Letter To Self » (2024), a marqué le groupe comme une force majeure dans le paysage alternatif et a été…

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Ozark Henry connaît la musique Parker…

C'est vrai, l'attente a été terriblement longue ! « Us », son dernier album studio, date de 2017. Dans le monde éphémère de la musique pop, où les stars vont et viennent, c'est une éternité ! Mais il faut parfois savoir être patient, et en livrant « Light »,…

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Washed Out lave plus blanc…

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Nouvel album pour le groupe Washed Out ! Il s’intitulera « Within and Without » et sa sortie est prévue le 11 juin chez Weird World (distribution Munich).

Second disque pour Liam Finn…

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« FOMO », c’est le titre du prochain album de Liam Finn, opus qui tombera le 20 juin dans les bacs sur le label Cooperative Music.

 

 


http://liamfinn.tv

Hotel 74 entre dans la course aux albums…

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Hotel 74 a sorti son tout premier album « Rooms », se classant déjà à la 3ème place du top album Alternative iTunes France. Leur titre « Room 80 » est disponible en téléchargement sur leur site officiel : www.hotel74.net

 
Le groupe sera également en concert à l’International (Paris) le 6 juin.

Düne, un nouvel opus arrive…

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Herman Düne sortira son prochain album « Strange Moosic » le 30 mai 2011.

Il sera également en live à la Maison des Musiques de Bruxelles le 8 juin ainsi qu’au Boomtown festival le 20 juillet !

Half Asleep ? Pas si sûr…

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Le groupe Half Asleep publiera “Subtitles For The Silent Versions”, album prévu pour le 16 mai 2011, sur le label Humpty Dumpty Records.

Gabby Young

We’re all in this together

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Ce charmant minois et ses tenues vestimentaires farfelues suscitent la curiosité, outre-Manche. Atteinte d’un cancer de la thyroïde en 2006, on peut dire qu’elle revient de loin. Cette petite Anglaise possède des talents multiformes. Etonnant, lorsqu’on sait qu’elle possède un bagage classique. Elle a d’ailleurs été chanteuse d’opéra. Brassant un large panel de genres musicaux, oscillant du jazz à la fanfare, la demoiselle et sa ménagerie animale proposent un cocktail frais et enthousiaste, à défaut d’être réellement enthousiasmant. Elle et son collectif nous entraînent dans un monde bigarré où trombones et trompettes se mélangent au piano et autres instruments à cordes.

Foutraque comme la coiffure faisant office de chef à mademoiselle Young sur l’illustration de la pochette, les compositions teintées d’un esprit manouche enchanteront certainement celles et ceux d’entre vous à la recherche d’une Zazie moins soucieuse d’être la nouvelle tête de Piaf.

Pour ma part, pas ma tasse de thé. Mais j’avoue, je suis plutôt café…

 

Benny Zen

Run Back To The Safety Of The Town

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Non mais faut être complètement frappadingue pour attribuer un patronyme pareil à un groupe !!! Et en plus ça veut mais alors rien dire ce truc ! ‘Les fous de la syph’. Franchement ! Ouais je sais, la Belgique est le pays du surréalisme. Mais là, quand même, je suis scotché !

Et puis il y a la pochette, digne d’une série animée destinée aux amateurs de télévision avant sept heures le matin. Juste au moment où papa et maman sont dans la salle de bains et qu’il faut leur foutre la paix…

Ben oui forcément il fallait la pochette qui collait au reste !

Qui est ce Benny Zen ? En fait il s’agit ni plus ni moins que du dernier projet émanant des élucubrations de Peter Houben que l’on ne présente plus dans le paysage rock belge (Nemo, Ultra Cowboy, Mitsoobishy Jacsoon)

Ouvrez donc votre pochette Cd et prenez connaissance des attributions dévolues au line up de ces dingues (madmen). Au chant (lalala dans le texte !) : Peter Houben. Il se réserve également les guitares et les claviers. Derrière les fûts, Jules Lemmens. A la guitare, la mandoline et le banjo, Gert Stinckens. Et enfin à la basse, Tom Vienne. Précisons que ces trois derniers participent également aux ‘lalala’. Ben tiens !

Passons au contenu, maintenant. Que cache donc l’emballage ? Une bonne surprise ? Comme une jolie fille qui se serait habillée chez ‘Boum’ ou ‘Zeeman’ !

Une excellente nouvelle, tout d’abord : la mise en forme été confiée à Pascal Deweze (Sukilove, Broken Glass Heroes), opération réalisée dans son studio 'Jezus' ; et le mixage a été assuré par Uwe Teichert (dEUS, Public Enemy, Placebo).

L’album (14 titres) s’ouvre sur le titre éponyme du Cd. Une ballade bien balancée, qui annonce des compos pop fraîches, basées sur un jeu de cordes brillant tout en restant simplement acoustique. Jolie mais hyper courte : à peine une minute et demie. Plus électrique, plus rythmé, quoiqu’assez répétitif, « Let the Sunshine in your Heart » éveille notre curiosité. Bien soutenue par un refrain dynamique et entraînant, la chanson passe bien la rampe. « Got a lot of Horseshit left » la joue décalé. Derrière un titre tout aussi loufoque que le nom du band se cache en fait un morceau digne de la meilleure veine trash pop. Décalé mais bien maîtrisé. Chouette morceau.

Le reste de l’album est du même tonneau. Tantôt glissant vers une mélodie tout en finesse, tantôt complètement déroutant, Peter Houben manifeste un talent de composition assez étonnant. « Outsider Convention », assurément le summum de l’album, résume parfaitement cette impression. Une pop bien léchée d’où dégouline un jeu de guitares assez enjoué et racoleur.

Ouf ! Le contenu relève le niveau. Un instant, j’ai eu un doute… Heureusement que le ramage de ce vilain corbeau dépasse, et de loin, son affreux plumage.

Epinglons encore au passage « Become a Freethinker Today », “Maybe the Day has come to speak louder”, “Isabel” et “Objects that float” qui finissent de rassurer l’amateur de bonne pop belge…

Dommage de gâcher un tel potentiel par une présentation aussi ridicule…

 

The Death Set

Michel Poiccard

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Depuis la sortie de leur premier opus en 2008 « Worldwide », bien de l’eau a coulé sous les ponts pour The Death Set. Faut dire que le 27 septembre 2009, un des membres fondateurs, le New Yorkais Beau Velasco, était retrouvé mort dans son studio. Il a donc fallu que les musiciens du groupe remontent la pente et aient la force de poursuivre l’aventure. Entretemps, Johnny Siera, l’autre leader du combo, s’est installé à Baltimore. L’Australien a ensuite entrepris le recrutement de nouveaux compagnons ; ils seront deux : Daniel Walker et Jahphet Landis.

Le titre « Michel Poiccard », le second elpee de The Death Set, se réfère au film de Godard, ‘A bout de souffle’. Dès le premier titre, le combo met directement les points sur les ‘i’ : « I Wanna Take This Tape And Blow Up Ya Fuckin Stereo ». Superbe morceau, « Slap Slap Slap Pound Up Down Snap » fait l’éloge des Beastie Boys. On a ensuite droit à une quinzaine de plages énergiques mais accrocheuses, trempées dans un cocktail de pop-punk-électro-hip hop. Mais les deux meilleurs titres sont le shoegaze « I Miss You Beau Velasco » et le final « Is It The End Again ? », deux compos bouleversantes qui rendent hommage à feu Beau Velasco. Et finalement, de cette tragédie, il faut reconnaître que The Death Set en est sorti grandi.

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que lors des sessions d’enregistrement, le band avait reçu le concours de Diplo et de Spank Rock

 

Samantha Fish, Cassie Taylor & Dani Wilde

Girls with guitars

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Thomas Ruf, ce n’est un secret pour personne, aime les femmes. Il leur voue même une certaine admiration. Le boss leur permet ainsi d’enregistrer et de tourner dans le cadre du projet ‘Blues Caravan Tours’. D’excellents blueswomen ont ainsi sillonné notre Vieux continent, telles Sue Foley, Ana Popovic, Candye Kane, Deborah Coleman ou Erja Lyytinen.

"Girls with guitars" se consacre, vous vous en doutez, aux dames et demoiselles qui jouent de la guitare. Et le trio en présence se débrouille plutôt bien, il faut le reconnaître. Dani Wilde avait déjà publié deux albums, "Heal my blues" et "Shine". Cette jeune chanteuse/compositrice/guitariste anglaise est issue de Brighton. Samantha Fish n’a que 21 printemps. Elle vit à Kansas City, dans le Missouri. Elle s’est produite, l’année dernière, au Chicago Blues Festival. Cassie Taylor, est la fille du bluesman Otis Taylor. Elle aussi affiche à peine plus de vingt ans.  

Ces filles sont capables de rocker. Elles ouvrent la plaque par le "Bitch" des Rolling Stones, une cover qui ne manque pas de panache. Le trio conjugue les voix en harmonie. Dani est emportée par son solo et enflamme ses cordes. La petite Cassie (NDR : très élégante, sous sa chevelure toute bouclée) chante d’un timbre caressant son "Satisfy my soul ", pendant que Dani se dresse sur ses pédales ! Dani Wilde n’est plus une novice. Empreinte de sensibilité, sa voix passe bien la rampe. Elle interprète impeccablement son "Mr loving man", tout en égrenant de subtiles notes sur sa Fender. Samantha (NDR : c’est la fille blonde !) prend son tour de rôle et chante "We ain’t gonna net out alive", soutenue par Mike Zito à la slide. Ce dernier s’est également chargé de la mise en forme de cet elpee. Actuellement, Dani est la seule à pouvoir affronter le public en solitaire. Armée de son seul dobro, elle démontre toute son assurance sur les planches en attaquant "Reason to stay". Ce qui ne l’empêche pas d’injecter une certaine émotion dans son interprétation. "Get back" est sans aucun doute la meilleure plage de cet opus (NDR : non, ce n’est pas une cover des Beatles). Les trois félines se succèdent au chant au cœur d’un climat oppressant entretenu par les sonorités métalliques de la guitare de Mike Zito. Samantha tire également son épingle du jeu sur le lent "Come on home" ainsi que tout au long de "Wait a minute", un morceau dont le rythme particulièrement syncopé épouse un profil très New Orleans. Mais surtout lors du blues rocker "Move on", une chouette compo au cours de laquelle elle libère une bonne dose d’énergie sur sa gratte. Cassie possède une très belle voix. Douce aussi. Pas vraiment adaptée au blues, mais plutôt au folk rock. Une délicatesse quelle laisse transparaître sur son "Leaving Chicago". Dani revient une dernière fois mettre les pendules à l’heure sur "Are you ready". Une chanson abordée dans l’esprit du Fleetwood Mac, deuxième époque, lorsque le combo impliquait deux vocalistes. Et en final, le "Jet Airliner" de Päul Pena, baigne au sein du même climat ; mais pour la circonstance, les trois chanteuses se libèrent en chœur.

Dana Fuchs

Love to beg

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Chez Ruf Records, on a le nez creux pour dénicher des talents féminins ou félins, selon. Et l’écurie vient à nouveau d’en dégoter une nouvelle : Dana Fuchs. Jolie, les cheveux blonds et de longues jambes qui n’en finissent pas. Que demande le peuple ? Ben quand même qu’elle soit crédible. Sa voix rauque et un brin éraillée, ne manque, en tout cas pas de charme. Agée de 35 ans, elle est née dans le New Jersey et a grandi sous le soleil de plomb très caractéristique de la Floride. A 19 balais, elle quitte sa famille, sans un sou, et débarque à New York pour tenter sa chance. Elle participe à des blues jams dans les bas quartiers de Manhattan. C’est là qu’elle rencontre Jon Diamond, guitariste (NDR : quelquefois harmoniciste) qui avait tourné au sein des backing groups de Joan Osborn et Debbie Davies. Ensemble, ils fondent le Dana Fuchs Band.

En 2003, la formation avait publié l’album "Lonely for a lifetime", suivi en 2008 d’un opus enregistré en public, " Live in NYC", immortalisé au BB King’s Blues Club. Jon Diamond et Dana sont toujours partenaires au sein du line up. Hormis un titre, le duo se charge de la composition et de la coproduction. Ils sont soutenus par une section rythmique en béton : le bassiste Whynot Jansveld et le drummer Carter McLean. Le futur périple du band devrait transiter par la Belgique, et s’arrêter ce 7 août, à la Ferme de la Madelonne, à Gouvy.

Le long playing s’ouvre par le titre maître. Puissante, cette piste s’apparente à un poing dans la figure. La slide de Jon Diamond arrache. La production est bien léchée. Les cordes acoustiques sont subtilement ciselées. Jon double à l’harmo. Dès qu’elle élève le ton, Dana évoque inévitablement Janis Joplin. Son timbre rocailleux et assuré crève l’écran. Pas étonnant, lorsqu’on sait qu’elle est aussi actrice. Ainsi, il y a quelques années, elle avait tapé dans l’oreille (NDR : l’œil ?) des producteurs de la revue de Broadway, "Love, Janis". Et elle s’était alors vu offrir le rôle de la célèbre blueswoman. "Nothing’s what I cry for" hausse le rythme. Atmosphérique, "Golden eyes" est une piste qui ne manque pas de charme. Les cordes de Jon nous transportent. Une intensité dramatique émane de cette compo au cours de laquelle le chant est soutenu par des harmonies vocales féminines. Dana possède un registre vocal particulièrement ample. Et elle le démontre, face à l’orgue Hammond de Glenn Patscha, sur la jolie ballade soul, " Keepsake". Sculpté dans le rock et bénéficiant d’excellents arrangements, "Set it on fire" lorgne vers les Rolling Stones, tout comme "Faster than we can" ; mais à cause du tempo, réminiscent d’" It’s all over now" (NDR : le premier hit ; et c’était en 1964 !) Miss Fuchs se montre également à l’aise dans la soul. Elle injecte énormément de passion dans sa voix lorsqu’elle s’attaque à la ballade R&B lente. Elle adopte alors un style très sixties, proche du Stax de Memphis. Mais aussi lorsqu’elle aborde le gospel, soutenue par des chœurs de circonstance. En outre, elle est également capable de nous balancer un rockin’ R&B percutant, dans l’esprit de Tina Turner. "Pretty girl" revient au rock made in Joplin. Une seule reprise et elle n’est guère surprenante, puisqu’il s’agit du merveilleux "I’ve been loving you too long" d’Otis Redding, un hit inoubliable dont elle parvient à nous délivrer une excellente version. Le rockin’ blues "What you see" précède le morceau final du long playing, "Superman", un blues que n’aurait pas renié Howlin’ Wolf en personne !

 

Funeral Party

The Golden Age of Knowhere

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Formation californienne, issue de Whitthier très exactement, Funeral Party réunit Chad Elliot, James Lawrence Torres, Kim Kauhola et Tim Madrid. Leur patronyme nécrologique ? Plus que probablement emprunté à une chanson de Cure. A leurs débuts, ce combo pratiquait une musique plus ‘hardcore’. Depuis, il a bien lissé sa solution sonore. Ce qui lui a permis de décrocher un succès lors de la sortie de son premier single, « New-York City Moves To The Sound of L.A. ». C’est après avoir assisté à l’une de leurs prestations ‘live’ que Lars Stalfors, un producteur qui a notamment bossé pour The Mars Volta, décide de les inviter à enregistrer dans son studio. Pourtant, le band n’atteint ni la violence et l’intensité d’un At The Drive-In ni la démence psyché-prog de Mars Volta. Leur soft post punk véhicule des accents pop et même dansants. Malheureusement leurs compos trahissent parfois d’agaçants accents émo. Principalement à cause du timbre vocal irritant de Chad Elliot (NDR : réminiscent de The Used, « Where Did It Go Wrong ? » en est certainement le pire exemple). C’est le principal défaut de Funeral Party. Car, lorsque le groupe lorgne du côté de la piste de danse, privilégiant les guitares acérées, les accès de basse caoutchouteuses et les lignes de synthés 80’s, il devient même convaincant. A l’instar du rythmé « New-York City Moves To The Sound of L.A. », caractérisé par ses cloches ‘latino’, de l’excitant « Car Wars » ou de « Finale », un compo enrobée de chœurs. De véritables petits bijoux ! Autre bémol, la production. Un peu trop sophistiquée à mon goût, elle atténue un peu trop la frénésie originelle des morceaux. Mais c’était peut-être imposé ?

Lien  iTunes ici

 

Gâtechien

4

Écrit par

En intitulant son premier elpee « Trois », le second devait logiquement être affublé du titre « 4 ». Au cours des cinq dernières années Laurent Paradot (basse et chant) et Florian Belaud (batterie, chœurs) ont bourlingué à travers l’Hexagone, se produisant à de multiples reprises, sur le territoire. Néanmoins, malgré son talent indéniable, Gâtechien n’y est guère notoire. Et pas davantage hors-frontières.

Gâtechien pratique une forme de noise rock particulièrement déjantée. D’ailleurs en posant son choix sur Ted Niceley (Fugazi, Noir Désir, Jawbox, …) à la production et Eli Janney (Girls Against Boys, The Rapture,…) au mixing, on imagine plus facilement le style proposé par le groupe. Mais à contrario du précédent elpee, « 4 » privilégie davantage les parties vocales et les mélodies au détriment des interludes instrumentaux. Un choix plutôt judicieux. Le timbre éraillé du chanteur ne manque pas de saveur. L’énergie et la tension sont toujours bien palpables, même si certaines compos sont imprimées sur un tempo moins enlevé. Et puis, j’ai toujours été en admiration devant la dextérité et l’habileté de Paradot, sur ses quatre cordes. La classe !

Si Gâtechien revisite la noise des Fugazi, Shellac, Jesus Lizard et consorts, il le fait à sa manière. Et très bien même. A ce titre, il constitue certainement un des meilleurs duos français, pour l’instant.

Green Day

Awesome as Fuck (Cd + Dvd)

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Green Day est devenu un véritable groupe de stade, depuis la sortie de l’album « American Idiot », un disque caractérisé par son ambitieuse comédie musicale punk-rock. Pas surprenant, dès lors, de voir publier un nouvel opus immortalisé ‘live’, 5 ans après avoir commis « Bullet in a Bible », dans les mêmes conditions, lors d’une tournée mondiale dont la plupart des dates se sont avérées sold out. Vu leur efficacité sur les planches, les Californiens disposent, aujourd’hui, de suffisamment de matière pour alimenter un ‘best of’ enregistré en public. Mais on se demandait quand même comment les vétérans de Berkeley allaient se débrouiller pour traduire sur scène les compos décevantes, de leur dernier elpee, « 21st Century Breakdown » ?

« Awesome as Fuck » s’ouvre par trois plages issues de leur huitième opus studio (le titre maître, « Know Your Enemy » et « East Jesus Nowhere »). Une mise en route particulièrement soporifique. Certains me reprocheront un manque d’objectivité. Possible. Mais même si je suis demeuré fan du trio, mon esprit critique me dicte un constat flagrant : des œuvres comme « Dookie », « Insomniac » voire même « American Idiot » recelaient des hits imparables (NDR : pensez à « When I Come Around ») et reflétaient une forme d’insouciance que nous partagions à l’époque. Heureusement, la suite est bien plus efficace  lorsque Mike Drint, Tré Cool et Billy Joe Armstrong s’attaquent à leur back catalogue. Les néophytes risquent même d’être surpris à l’écoute de véritables oldies comme « Going to Pasalacqua » (issu de « 1,039/Smoothed Out Slappy Hours », publié en 1991) et « Who Wrote Holden Claufield » (extrait de « Kerplunk », gravé en 1992). Le son est clean et puissant et manifestement, le groupe est devenu une véritable machine de guerre –un peu mécanique– comme l’illustre le Dvd. 

Dispensable pour les véritables aficionados, « Awesome as Fuck » constitue une belle porte d’entrée pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas ou alors très mal, l’univers sonore de ce combo yankee. Maintenant, une question me traverse l’esprit Que vaut un ‘best of’ de Green Day, si « Basket Case » n’y figure pas ? Un peu comme si les Eagles omettaient d’y inclure « Hotel California » !

 

Freddy Koella

Undone

Écrit par

Freddy Koella est originaire de Mulhouse, en France. Il est né en 1958, dans une famille très réceptive à la musique. Au cours des années 80, il milite chez Cookie Dingler, un groupe qui décroche alors un gros succès en publiant la chanson "Femme libérée". En 1990, il traverse l’Atlantique. Il s’installe à la Nouvelle Orléans d’abord, à Los Angeles ensuite. Il a alors l’opportunité de collaborer en compagnie de grosses pointures comme Bob Dylan, Zachary Richard, Willy Deville (avec lequel il tournera durant 12 ans) et même Carla Bruni Sarkozy !

Guitariste et violoniste, Freddy avait publié un premier opus, il y a déjà quelques années : "Minimal". "Undone", son second, est intégralement instrumental. Il a été enregistré en 2010, au Sunset Studio, à Los Angeles. Lors des sessions, il a reçu le concours du bassiste David Piltch et du drummer Jay Bellerose.

"Rio" ouvre l’elpee. Une plage intimiste et minimaliste au cours de laquelle Freddy caresse ses cordes parcimonieusement. Il s’insère d’abord prudemment dans le tempo imprimé par ses deux partenaires, puis il progresse, dissertant suivant son inspiration. Sa poésie visionnaire, champêtre, proche de la mélancolie, illumine "Calling you", une compo qu’il interprète seul à la gratte. Freddy reprend courageusement son chemin en "Walkin in G". Il est suivi par David et Jay. Le son est torturé. Nouvel interlude pastoral, "Covington" est profilé sur les cordes, face aux interventions pudiques à l’accordéon d'Alexandre  Leauthaud. Telle une marche lente, accablante, "Elephant" marque ses pas au rythme des percussions. Et une forme d’extase semble enfin atteinte, lorsque l’artiste pince ses cordes pour en extraire de petits gémissements jouissifs. Ballade légère, aérienne, "Snow" observe les flocons de neige qui tournoient devant un soleil blafard. Koella n’accorde jamais à son blues, le temps de s'épanouir. Il en émane une tension qui filtre à travers la beauté désespérée de "Broken dream". Fermez les yeux. Laissez-vous envahir par les étranges vibrations produites par cette solution sonore sans artifice. Vous esquisserez un sourire, même s’il est lent à se dessiner, traduisant alors un véritable ravissement… Freddy aborde "J45", comme un vieux songster qui regarde couler les eaux tranquilles de la rivière Yazoo, sise quelque part entre Jackson et Greenwood. "Undone" referme cet opus. Et nous quittons alors son univers secret, sans en avoir trouvé la clef. Il l’a emportée avec lui. Mystérieux et beau à la fois !

 

Johnny Mastro

Beautiful chaos

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Johnny Mastro & Mama's Boys est une formation californienne que j’apprécie tout particulièrement et dont le parcours m’a toujours impressionné. Un groupe dont le succès s’est forgé à force de sueur et en écumant les routes. Johnny Mastroianni en est le chanteur et l’harmoniciste. Le combo se produit régulièrement dans les petits clubs de L.A. ; et en particulier le Babe & Ricky's, celui de Mama Laura Gross, chanteuse disparue en 2009, à l'âge de 89 ans. C'est elle qui leur avait déniché le patronyme de ‘fils à maman’.

La musique des Boys est rude, largement amplifiée, véhiculant le mal vivre des grandes cités américaines. Pour concocter ce dernier opus, sorti en 2010, les musicos s’étaient rendus sans la Motor City de Detroit. Au studio Ghetto Recorders, sous la houlette du producteur Jim Diamond. Mastro est soutenu par le chanteur/guitariste Smokehouse Brown, le drummer Jimmy Goodall et le bassiste Mike Hightower. Un invité notoire : Kirk Fletcher. Il apporte son concours aux 6 cordes.

Il ne faut pas attendre longtemps pour se rendre compte de la puissance de ce nouveau chapitre musical des Boys. Il sera hard, amplifié à l'extrême. Smokehouse aime tourner la molette de son ampli à fond, afin d’ériger un mur sonore. Il ne reste alors plus à Mastro qu'à pousser ses cordes vocales, à la manière d'un Ozzy Osbourne novice. Mais il n'a pas oublié son harmonica, le chef de la meute. Pas étonnant, dès lors que ce "Spider" écrase déjà tout sur son passage. "Wineheaded" élève le tempo. Un rockin' blues très dense, bétonné par la section rythmique. Johnny se révèle très à l’aise au cœur de cette fête tonitruante et il souffle comme un damné dans son instrument pour contrer les percussions diaboliques de Goodall. Lester Butler pourrait sortir de sa tombe s’il entendait les vibrations produites par "Love tain #2". Le train entre en gare. Il souffle quelques instants avant de redémarrer de plus belle. Les changements de rythmes sont ténébreux, presque terrifiants. La pression s’amplifie. A son tour, Smokehouse se prend pour Tommy Iommi afin de ressusciter "Dirge". Issue du premier elpee de Black Sabbath, cette compo était caractérisée par son climat oppressif. Il s'acharne sur ses cordes, les torture, les piétine. Plage instrumentale, "Fresh squeezed coolaid" retrouve son rythme de croisière. Particulièrement offensive, elle est parcourue d’excellentes interventions à l’harmo et de slide bien gouailleuse. Les riffs dispensés tout au long de "Kings and queens" sont royalement découpés au rasoir. Plus lent, "Shades of grey" baigne dans une certaine sérénité. Enfin sérénité relative, car le climat devient carrément tragique ; moment choisi par Kirk Fletcher pour s’autoriser une sortie princière sur des cordes. Relativement déjantés, acides, les accords de guitare prennent alors une forme étrangement psychédélique. Et "Bonedry" en est la plus belle illustration. "Howling" macère dans une atmosphère de transe. L’ensemble des instruments semble exécuter une danse macabre. A cet instant, nous ne sommes plus très loin de l’univers de Howlin' Wolf. Belliqueux, "Kgb boogie" est parcouru de bruitages produits par des armes ; un morceau qui aurait pu figurer au répertoire de Billy Boy Arnold. Mastro reste menaçant pour attaquer la plage finale. Il mène même ses Boys à la baguette tout au long de "Night", une compo écrite par son maître, Lester Butler, et imprimée sur un rythme hypnotique emprunté à Howlin' Wolf. Un album très sombre…

Sexton Creeps

The sour acre

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Deuxième album pour ces Bataves (NDR : ils sont issus de Groningen, pour être plus précis) responsable d’une musique à la fois tourmentée et fiévreuse. Et pour enregistrer cet elpee, la formation a bénéficié de moyens conséquents.

Si le son a gagné en ampleur, le rock de Sexton Creeps peine encore à s’émanciper de l’ombre bien trop imposante de Nick Cave voire des Swans ; mais surtout, aucun titre ne parvient à prendre de l’altitude. Pas grave, me direz-vous, tant qu’on traîne dans la poussière. Sauf qu’on finit par s’y ennuyer.

Techniquement, le quintet connaît son sujet, et les ambiances tissées tout au long de ces sept compositions démontrent effectivement un certain talent. Mais à la différence des Bad Seeds ou d’un David Eugène Edwards monté sur ses grands chevaux, il manque l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres.

L’orgue Farsifa peut donc s’époumoner (« Nipple of the World ») et l’harmonica montrer le bout du nez (« G-Mineur Sext ») ou vice et versa, tant que Sexton Creeps ne signera pas un pacte avec le diable, il ne sera pas invité à le rejoindre en enfer. D’ailleurs, pour l’instant, il croupit au purgatoire…

 

Si Tew

When The Clouds Ran Away

Écrit par

Simon Tew a entamé sa carrière à Leamington, en Grande-Bretagne. Et il a eu le nez creux en choisissant pour patronyme, le diminutif ‘Simon Tew’. Un choix qui l’a véritablement lancé sur la bonne voie ! L’auteur-producteur est responsable d’un album qui mérite de nombreux compliments. Les voix sont douces. Fruit d’une combinaison de plusieurs synthétiseurs et de beats puissants, l’expression sonore est particulièrement mélodieuse. La plupart des titres de ce disque sont alimentés par l’aspect sensuel voire même érotique de la musique électronique. Les compositions les plus intéressantes de l’elpee sont cependant celles qui impliquent des parties vocales. A l’instar de « Shanade ». Et pour cause, elles sont, généralement, plus entraînantes que les autres. Ces dernières colleraient d’ailleurs bien mieux à la sonorisation de génériques pour séries télévisées. Pete Simpson et Jack Da Lad & Dwayne sont venus apporter leur concours sur certains titres pour accentuer tantôt un caractère Deep Soul, tantôt Hip hop/Soul. Une certitude, sur cet opus, l’amour et l’émotion sont au rendez-vous !

 

Lynwood Slim

Brazilian kicks

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Une petite question : dans quel pays le blues est-il le plus populaire aujourd’hui ? Réponse étonnante : au Brésil ! Et la formation locale la plus talentueuse qui sévit au pays des cariocas est certainement celle d’Igor Prado. Un band drivé par Igor, bien entendu, et dont le line up est complété par son frère Yuri à la batterie, Rodrigo Mantovani à la basse et Denilson Martins aux saxophones.

De son véritable nom Richard Dennis Duran, Lynwood Slim, est d’origine californienne. Chanteur, compositeur, harmoniciste et flutiste, ce bluesman d’origine excelle dans le style west coast jump, c’est-à-dire la musique des années 40 et 50. Son dernier album, "Last call", était paru en 2006, également chez Delta Groove. Leur rencontre s’est déroulée au sein d’un studio de Sao Paulo.

Le “Shake it baby” de Jr Wells et Buddy Guy ouvre l’elpee. Un rhythm & blues très dansant. La voix caractéristique de Slim s’impose déjà. Quoique bien présente, la guitare d’Igor Prado est encore sur la réserve. Slim achève le morceau à l’aide de sa flûte traversière. Le "Is it true" de Dave Bartholomew est un west coast shuffle de toute bonne facture. Igor nous éclabousse de ses notes éclatantes, face à la section rythmique responsable du swing de circonstance, pendant qu’un autre Brésilien, Donny Nichilo, nous régale de ses caresses sur les 88 touches en ivoire. Ce swing est omniprésent tout au long du "Bloodshot eyes" de Wynonie Harris. Oscillant entre jive et jazz, cette plage est dynamisée par un saxophone ténor percutant. Le jazz monte encore en puissance lors du récréatif "My hat’s on the side of my head". Igor  gratte ses cordes en accords, dans un style proche du manouche, cédant cependant rapidement le relais au saxophone et au piano. Instrumental nerveux "Blue bop" est un titre judicieux. Igor s’y révèle éblouissant, digne de maîtres comme Charlie Christian ou Wes Montgomery. Et le saxophoniste n’est pas en reste ; il le suit même à la trace. Lynwood Slim démontre tout son talent à l’harmo sur le "Little girl" de Little Walter. Un blues simple, dépouillé et surtout superbe ! Bien rythmée, dansante, "I sat and cried" est une plage savoureuse au cours de laquelle tous les instruments bien en place. Blues lent, "Maybe someday" est propice à l’étreinte. Une compo idéale pour permettre aux couples de s’enlacer, en fin de soirée. Slim persiste dans le blues lors d’un "Show me the way" qui baigne au sein d’un climat nonchalant, presque paresseux, abordé dans l’esprit d’un classique de Jimmy Reed, mais dont le tempo a été ralenti. Autre instrumental, "Bill’s change" confirme la versatilité des musiciens. Signé CL Frazier, "The comeback" trempe dans un jazz réminiscent de Roomful of Blues. Blues aux accents exotiques, "The way you do" est une autre perle. Le chant et l’instrumentation s’y révèlent absolument remarquables. Et la finale est encore instrumentale. En écoutant ce "Going to Mona Lisa’s", on croirait entendre Little Walter flanqué des Aces, lorsqu’il était au sommet de son art. Une œuvre de toute bonne facture. Et dire que tous ces musiciens brésiliens n’ont pas encore trente ans…

 

Trotz Ensemble

Love is strange

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Univers étrange que celui du Trotz Ensemble. Sur cet elpee réunissant des extraits de leur spectacle du même nom, on croise pas mal de bonnes idées. Bien qu’expérimentales, les compositions ici présentes s’accommodent très bien de l’absence de tout support visuel.

Si l’approche de Trotz ensemble est similaire à celle de Cabaret Voltaire, sa sensibilité musicale est différente ; d’ailleurs, cette compagnie des cantons de l’Est a mis sur pied un projet ambitieux et pour le moins passionnant. 

Réunissant de vraies chansons, mises en valeur par de subtiles interventions electro, « Love is Strange (rough cut) » est comparable à un O.V.N.I. qui traverse nos cieux. Interrogation sur le mystère de l’amour, ses beautés cachées et ses extravagances inconscientes. De quoi résumer tout à fait le propos. Et des compos comme « The Night of no Revenge » et ses airs déroutants, « Pressure » caractérisé par son aura tribale ainsi que « Beyond the Roof of the Jungle » qui baigne dans un climat vaporeux, en sont les plus belles illustrations.

Une belle découverte qui donne envie d’en (a)voir plus.

Various Artists

40th Anniversary Collection

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Fan inconditionnel du blues, Bruce Iglauer n'avait que 23 ans quand il fonde le label Alligator. C’était alors en 1971. Il venait d’investir ses économies pour sortir le premier album de Hound Dog Taylor flanqué de ses Houserockers. Un pressage de mille exemplaires ! Bruce travaillait alors comme employé chez Delmark, un label blues qui n'avait pas voulu signer Hound Dog. Une année plus tôt, il avait également participé au lancement du magazine "Livin' blues". 40 ans plus tard, il faut reconnaître qu'Alligator a dépassé la notoriété de Delmark ; et pourtant, il est impliqué aujourd’hui autant dans le blues que le jazz. Bien entendu, Iglauer est toujours resté fidèle au blues de la Cité des Vents ; celui de Koko Taylor, Son Seals, Eddie Clearwater, Lonnie Brooks, Buddy Guy ou Junior Wells, Luther Allison ainsi que les héritiers légitimes de Hound Dog, Lil' Ed and the Blues Imperials. Néanmoins, Bruce s’est aussi adapté aux nombreux courants du blues, et notamment ceux tracés par les harmonicistes James Cotton, Charlie Musselwhite, William Clarke et Rick Estrin. Ce recueil opère un véritable tour des Etats-Unis : de la côte ouest à New York en passant par le Texas, la Louisiane, la Georgie et j’en passe. Mais les 38 plages réunies sur ce double cd revisitent 40 années de catalogue.

La première plaque s’ouvre brillamment par le "I'm a woman" de la reine du blues, miss Koko Taylor. Il s’agit, en fait, de la version féminine du célèbre "I'm a man" de Bo Diddley! Notre itinéraire transite par le Texas, lors du "I ain't drunk" d’Albert Collins. Johnny Winter nous propose une des ses meilleures compos : "Mojo boogie". Sa slide est infernale. Smokin' Joe Kubek et Bnois King sont responsables de l'énergique "Have blues will travel". Lonnie Mack et Stevie Ray Vaughan nous réservent "Double whammy", un instrumental éblouissant. Albert Collins, Robert Cray et Johnny Copeland nous proposent "T-bone shuffle", un morceau extrait de l’album "Showdown", elpee qui avait permis au label de décrocher un Grammy award. Cap sur l’Arkansas, où Michael Burks, dit ‘The Iron Man’, chante en puissance "Strange feeling", tout en s’accompagnant à la slide. Place à la Californie, pour mettre en exergue le talent de guitaristes mais aussi de vocalistes de Tommy Castro ainsi que de Coco Montoya. En Louisiane, il était impossible de ne pas épingler l'un des plus grands pianistes locaux, Professor Longhair. Il nous sert un plat de haricots rouges ("Red beans"). Pianiste de boogie woogie, Katie Webster chante "Two-fisted mama" ; et sa disciple, Marcia Ball, également aux ivoires, "The party's still going on". Une autre facette locale nous est présentée par Buckwheat Zydeco sur "When the levee breaks". Débarquement à New York, enfin ; Shemekia Copeland y est bouleversante tout au long de "It's my own tears". Un espace a également été réservé aux souffleurs. Flanqué de ses Nightcats, Rick Estrin est éblouissant sur "U B U", et le maître James Cotton, l'est tout autant sur "With the quickness". Légende vivante, Charlie Musselwhite est envahi par l’émotion en interprétant "Where Hwy 61 runs". Le regretté William Clarke nous rappelle à son souvenir sur "Daddy Pinocchio". Sans oublier Hound Dog, impérial lors de son "Sitting at home alone", mais aussi sous le line up de Lil' Ed & the Blues Imperials, à travers une furieuse partie de slide qui a éclaté sur "Icicles in my meatloaf". Mais la cerise sur le gâteau pour votre serviteur, c'est bien entendu la présence de l'inoubliable Luther Allison. Sympa et classieux ce bluesman nous avait si souvent rendu visite. Et il se révèle tout bonnement extraordinaire tant au chant qu’à la guitare, tout au long d’"All the king's horses". Près de trois heures de bonheur concentrées en deux cds. On ne peut donc que souhaiter à Alligator d’atteindre le demi-siècle d’existence…

 

31 Knots

Trump Harm

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Il a fallu attendre trois longues années avant que 31Knots réserve un successeur à « Worried Well ». Il faut dire que durant cette longue période, Joe Haege était bien trop occupé de fricoter avec sa compagne, au sein de Tu Fawning.

Premier coup d’œil du côté de « Trump Harm » : l’art work de sa pochette. Aussi ignoble que celui du précédent elpee. Pas bien grave, c’est ce qui fait aussi partie de leur charme.

En 2008, 31Knots avait opéré un virage à 180°. Explorant les eaux plus claires de la pop au détriment des flots délirants et imprévisibles de ses premiers elpees. On était donc curieux de voir et surtout d’entendre comment la bête difforme avait évolué.

Pour notre plus grand bonheur, le trio de Portland a de nouveau muté. 31Knots s’amuse et cela se sent. On retrouve bien sûr, des caractéristiques spécifiques, rencontrées sur les disques précédents. Comme les tappings impressionnants du guitariste (le splendide « Stand Up »). La basse d’une fluidité déconcertante, également. Et puis la voix de Haege toujours aussi concernée et énervée (« One Tongue Room (Come To My Senses) »). Sans oublier quelques morceaux au format pop, dans la lignée de « Worried Well », comme le single « Candles On Open Water ».

« Trump Harm » diffère par la présence de sonorités électroniques et du recours à la reverb pour la voix (« Onanist’s Vacation »). Si à première écoute, on est plutôt surpris, au fil du temps, on finit par s’acclimater à l’expression sonore, pour finalement avaler les dix titres comme du petit lait.

Dans l’univers de l’indie rock, 31Knots est vraiment une formation qui brille par son originalité. Et « Trump Harm » en est une nouvelle démonstration. Bien sûr, « Talk Like Blood » demeure leur chef-d’œuvre. Mais pas de quoi faire la fine bouche, le petit dernier est quand même excellent.