La première ébauche de Beguiling Junior

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Aidan Moffat (Arab Strap) en featuring sur le nouveau single de ĠENN

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Enregistré sous Ex:Re

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Muzzled

Reborn

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Au moins trente neuf orteils des quatre pieds de Muzzled sont restés ancrés dans le passé. Et encore, l’appendice manquant a dû être amputé.

Quand le Stoner Rock devient lourdingue et peu inspiré, s’égare dans des solos de guitares mièvres et se prend les pieds dans le tapis, avant de se vomir dessus, il ne peut accoucher qu’un disque de cette trempe.

Signes avant-coureurs, la pochette vintage et le titre nauséeux de l’album : « Reborn », comme une sentence fatale affichant une nostalgie mal digérée. Et dès l’entame, le riff d’« Interstellar Overdrive » est rapidement noyé dans un liquide (NDR : de la testostérone ?) grassouillet (NDR : Barrett, réveille-toi, ils ont salopé ta chanson !)

La suite se résume à une suite insipide et assommante aux titres parfois pertinents (« A Waste Of Time »).

En bonus, la cover de « Gimme Shelter » ne rend guère hommage aux Pierres qui Roulent. Pas très subtile, il faut le reconnaître, cette version.

Muselez-les !

 

Medi

You Got Me (Moving)

Écrit par

Medi, c’est le nouveau tombeur de ces dames Made in France. Un Lenny Kravitz à la française. Et la comparaison entre les deux est inévitable dès les premières notes de « You Take The Weight », la plage d’ouverture de ce « You Got Me (Moving) ». Mêmes sons d’orgue et de Wurlitzer, mêmes riffs de guitares, mêmes intonations. Bref, rien de neuf sous le soleil de Nice. Après avoir publié un premier disque en compagnie d’un backing band sous le sobriquet de ‘Medi & The Medecine Show’ et tourné derrière les grosses caisses de Charlie Winston, Medi s’est attelé à l’écriture de 12 morceaux pop-rock dont l’originalité n’est certainement pas le point fort.

Reste que les compositions de Medhi Parisot, alias Medi, forment de parfaites petites ritournelles pop radiophoniques qui n’ont rien à envier à celui qui les a influencés. Hormis Kravitz, le Français puise également son inspiration chez Stevie Wonder, ce qui procure au disque un spectre Soul pas complètement dégueulasse. Mais il en faut bien plus pour convaincre. « You Got Me (Moving) » s’adresse de toute évidence principalement aux filles…

A consommer de préférence à très petite dose. 

Live : Francofolies de Spa (20/07), Brussels Summer Festival (14/08), Fête de Wallonie de Namur (17/09)

Marcus Malone

Let the sunshine in

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Originaire de Detroit, Marcus est un chanteur de couleur noire. Il est très présent sur le circuit du blues européen, depuis plusieurs années ; il est même plus populaire en Angleterre que sur sa terre natale. Il a déjà publié quelques albums : "One more time" en 2000, "Walkin' shoe" en 2002, "Blue radio" en 2005 et enfin "Hurricane" en 2007. "Let the sunshine" constitue donc son tout dernier.

Le titre maître ouvre l’elpee. Malone imprime le rythme d'un boogie sur cette compo qu’il a écrite en compagnie de Gene Black, l'actuel gratteur du Joe Cocker Band ; une chanson au refrain particulièrement contagieux. L’ex-harmoniciste de Nine Below Zero, Alan Glenn, souffle puissamment dans son harmo pendant que Julian Burdock (24 Pesos) malmène sa slide et Stuart Dixon enchaîne les riffs rythmiques, à l'avant-plan. "If I had another chance" est un shuffle à la sauce texane, un style que Stevie Ray Vaughan défendait si bien naguère. Campant un timbre oscillant entre Paul Rodgers et Joe Cocker, la voix de Malone est ici superbe. Julian Burdock impressionne par son assurance. "Back to paradise" est hydraté par les infiltrations d’orgue Hammond dispensées par Moz Gamble et alimenté par une section de cuivres. Dans un registre, à nouveau fort proche de l’ancien leader de Free, sa voix ressort admirablement de l'ensemble. "Would it matter" est une superbe ballade indolente, un blues volontiers dramatique, au cours duquel l'orgue de Gamble réconforte par ses interventions chaleureuses, pendant que Stuart Dixon tire son épingle du jeu. Autre ballade, "Heartbreak kid" est plutôt sculptée dans le country rock. Mélodieuse, mais plus rythmée, elle est enrichie de superbes chœurs développés à la manière des Eagles. Boogie pétillant, "99 tears" est balisé par l'orgue et le piano. Blues rock typique, "Bad girls" est un morceau rondement mené. La voix colle parfaitement à ce style. Elle est ainsi très susceptible de monter en puissance sans se forcer. R&B très musclé, "She's my girl" nous ramène à l’époque du J Geils Band ; d’ailleurs, Alan Glenn souffle probablement en pensant à Magic Dick. "I was a fool" est encore une compo issue de la plume de Malone. Elle est adaptée à sa voix. Gamble se prend alors pour Booker T, en nous inondant de sonorités très Memphis Stax. Marcus est tellement heureux et fier du résultat obtenu sur cet elpee, qu’il nous refourgue son "Let the sunshine in", à l’aide des mêmes collaborateurs : Burdock, Black, Glen et compagnie. Mr Malone achève ce disque de bonne facture en solitaire. Il s’accompagne à la guitare pour chanter, d’une voix empreinte d’émotion, le "Love somebody" des Bee Gees (NDR : celui de la première époque !)

Kill The Young

Thicker than water

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« Thicker than water » est un magnifique hymne à la mémoire.

Après plusieurs années d’absence, absence consécutive à l’état de santé d’un proche, qui s’est éteint après avoir lutté contre une longue et pénible maladie, les trois jeunes frères natifs de Manchester reviennent plus forts que jamais.

Toujours fidèles à leur ligne de conduite, les musiciens de Kill The Young continuent de défendre leurs revendications (NDR : le rythmé « Darwin smiles ») face à la pression exercée par la société de consommation sur les jeunes. Et dans un créneau qui leur est bien propre. Même s’ils puisent leurs influences autant dans le post-punk anglais que le rock yankee ; et plus précisément le grunge de Smashing Pumpkins et la noisy de Sonic Youth.

Après avoir commis deux elpees, en 2005 et 2007, deux opus qui avaient séduit le Continent, par sa singularité et son style, Kill The Young a gagné en maturité. Et « Thicker than water » en est la plus belle démonstration. Il faudra donc s’attendre à ce que ce groupe reprenne la place qu’il avait provisoirement abandonnée. Et récupère son statut de formation conquérante. Personnellement, je suis conquise !

Miles Kane

Colour of the Trap

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Miles Kane, c’est le compère d’Alex Turner au sein des magnifiques Last Shadow Puppets, mais également l’ex-leader du groupe The Rascals. Pas étonnant que le projet solo de la petite frappe anglaise ait déclenché un véritable un raz-de-marée médiatique, au cours de ces dernières semaines. Mais l’engouement populaire provoqué par le natif de Liverpool est-il mérité (NDR : le concert au Botanique est complet, alors qu’il n’a pas encore sorti d’album !)

Dans les grandes lignes, la musique de Miles Kane évoque une version ‘croonée’ de celle d’Artic Monkeys. Alex Turner a d’ailleurs coécrit la moitié des compos de « Colour of the Trap ». Suffit d’écouter « Kingcrawler » ou le single « Inhaler », pour en être convaincus. Produit par Dan Carey et Dan The Automator, l’album trempe dans la pop bien britannique, au sens mélodique si caractéristique. La britpop, si vous préférez. Ainsi, « Telepathy » et « Quicksand » se révèlent très ‘Merseysound’ dans l’esprit de The Coral (NDR : Miles est d’ailleurs le cousin de James Skelly…), « Colour of the Trap » est une ballade réminiscente de The Verve, « Rearrange » affiche une gouaille que n’aurait pas renié Supergrass alors que pour le classieux « My Fantasy », Kane est soutenu par Noël Gallagher. Sans oublier le single imparable « Millions Miles Away ». Autre duo, celui qu’il partage auprès de la Française Clémence Poésy, sur « Happenstance ». Sexy, mais décevant !

Outre son sens mélodique très aiguisé, Miles Kane possède la classe de Plan B tout en affichant la morgue et la nonchalance des frères Gallagher. A ne pas manquer le 18 août au Pukkepop !

If By Yes

Salt on Sea Glass

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Une fois n’est pas coutume, Chimera Music sort de l’ordinaire…

Sous le patronyme ‘improbable’ de If By Yes, se cache en fait un quatuor assez original ; et pour cause il réunit un trio issu de l’Empire du soleil levant, auquel est venu s’adjoindre la Newyorkaise Petra Haden.

Cette dernière est vocaliste au sein de That Dog et des Rentals, mais soutient occasionnellement Bill Frisell, lorsqu’elle n’apporte pas son concours aux Decemberists. Sa voix et surtout sa technique vocale sont bien au-dessus de la moyenne.

Surtout reconnue dans le petit monde du jazz, Petra a donc rejoint trois artistes en vogue, venus des confins du Japon.

La première, Yuka Hunda, est une chanteuse de la même trempe. Ses cordes vocales sont solides et puissantes ; mais cette virtuose sévit plutôt dans l’univers pop ‘jaune’. Enfin, pour compléter le line up, le drummer Yuko Araki et le guitariste Hirotaka Shimizu, impliqués tous deux chez Cornelius, soutiennent les deux divas.

David Byrne, en fin connaisseur, et toujours à la recherche de sons nouveaux, a brillamment secondé les deux chanteuses sur « Eliza », transformant ce titre en création particulièrement originale. Nels Cline (Wilco) a également collaboré aux sessions d’enregistrement, renvoyant par la même occasion l’ascenseur à Yuka Hunda pour l’aide accordée lors de la confection de son dernier elpee studio, paru en 2010.

Onze titres peuplent “Salt on Sea Glass”, fruit d’un mélange entre genres musicaux qui bien que différents, se conjuguent harmonieusement. L’accent est placé sur la musicalité ainsi que l’alternance des voix. En outre, le quatre membres du groupe sont parfaitement complémentaires.

Portée par ce duo de chanteuses impressionnantes, l’expression sonore est chargée d’intensité. Elle oscille entre jazz, électro-pop et pop-rock, tout libérant énormément de groove. Bref, si cet opus n’est pas fondamentalement révolutionnaire, il est néanmoins très rafraîchissant, plutôt soigné et très prometteur. D’ailleurs, son écoute ne suscite jamais le moindre instant de lassitude.

 

The Great Nostalgic

Hope We Live Like We Promised

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Les chansons sont bien propres et exhalent des relents d'antan (NDR : le band n’a pas choisi The Great Nostalgic, pour patronyme, sans raison). La production est bien léchée et on a parfois l’impression que le groupe effectue un léger appel du pied aux fans d'Arcade Fire. C’est en résumé comment on pourrait décrire le second album de ces Ricains issus d'Austin, une ville dont sont issus pléthore de formations ; ce qui n'aide pas à se démarquer.

La bio mentionne, pour références, Bowie, The Cars, Big Star et Wolf Parade. Et c'est plus qu'évident à l'écoute de « Hope We Live Like We Promised ». Pour le reste, pour tout amateur de pop intelligente (NDR : je veux dire élaborée), cet opus peut s'avérer recommandable. L'ombre du Thin White Duke est omniprésente, voire parfois accaparante, et certains titres frôlent l'emphase. Mais c'est un album complexe qui demande pas mal d'attention, et donc suscite le désir d’être découvert...

En somme, un album comme on n’en fait plus...

Applause

Where It All Began

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Sommes-nous sensés applaudir à tout rompre, après avoir écouté « Where It All Began », le premier album d’Applause ? Ce groupe franco-belge –il réunit trois musiciens bruxellois et un chanteur hexagonal– jouit, en tout cas, d’une réputation de nouvelle sensation rock, après avoir publié un Ep, très remarqué, en 2010. Et il faut reconnaître que le quatuor s’est donné les moyens de ses ambitions. En bénéficiant du concours de Daniel Presley (The Breeders, Faith No More, Dionysos), à la production. A l’instar de Ghinzu, Applause puise ses influences majeures chez Radiohead (l’électro-rock) et Jeff Buckley (le lyrisme). Des références de choix, il faut le reconnaître.

Soignée, la musique d’Applause l’est assurément. « Where It All Began » propose ainsi compos pop-rock tour à tour enrichies de cordes (« The Woods »), légèrement teintées de folk (le sensuel « Hope You’re Better » et un « Feelings » lorgnant carrément vers Timber Timbre), de jazz (« Closer ») et d’électro (l’excellent énigmatique « White Funeral »). L’opus recèle quelques tubes destinés aux ondes radiophoniques, comme le sautillant « All About You », le romantique « Road to Nowhere » et le cuivré « It’s About Time », une compo portée par la voix épique de Nicolas Ly. Deux plages me restent néanmoins sur l’estomac : « A Way Out of Blue » et « Witches », deux compos qui pompent un peu trop chez Muse. Et ce n’est vraiment pas une bonne idée…

Manifestement, Applause dispose d’un potentiel énorme pour surfer sur la vague du succès, à défaut d’afficher une originalité folle. Varié, élégant voire classe, ce « Where It All Began » en est une parfaite illustration. Des applaudissements mais pas d’ovation… pour le moment.

La formation se produira ce 19 juin, dans le cadre des Fêtes de la Musique, à Saint-Gilles (Bruxelles), au Carré de Moscou.

 

The Vaselines

Sex With An X

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Dans la famille ‘on leur a rien demandé mais ils reviennent quand même’, je demande Eugene Kelly et Frances McKee, alias The Vaselines. Ce duo originaire d’Edimbourg appartient à cette catégorie de formations qui n’auraient jamais dû exister et sur lesquels le sort s’acharne inlassablement. Fondé en 1987, The Vaselines tirait déjà sa révérence deux ans plus tard, quelques jours seulement après la publication de « Dum-Dum », leur premier LP. Leur relative renommée, ils la doivent entièrement à Nirvana qui avait repris pas moins de trois chansons de leur répertoire (« Molly’s Lips, « Jesus Wants Me For A Sunbeam » -rebaptisé par le trio  "Jesus Doesn't Want Me For A Sunbeam- et « Son Of A Gun »). La bande à Cobain leur a également permis d’effectuer un come-back de courte durée en 1990 lorsque le duo et son ‘backing band’ ont été invités à se charger de la première partie de leur tournée.

Deux années plus tard, Sub Pop édite une compilation de tous les titres de la formation sous l’intitulé « The Way Of The Vaselines » (réédité avec quelques bonus en 2009 sous le titre "Enter The Vaselines"). Ce n’est qu’en 2006 que Kelly et McKee décident de remonter ensemble sur les planches. Il faudra ensuite encore attendre 5 ans avant que ne débarque « Sex With An X », le second recueil des Écossais, à l’ère des come-back en tous genres. Un débarquement dont on aurait pu se passer tant les douze morceaux de la galette sont affreusement dispensables. Entre riffs basiques et chants dissonants, The Vaselines se perd dans un amas de compositions vaseuses et embarrassantes –à l’image de la pochette. Rien à tirer de ce recueil foireux dont la seule grande idée procède du titre de son morceau de clôture, « Exit The Vaselines ».

Sun Airway

Nocturne Of Exploded Crystal Chandelier

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Sun Airway, c’est la progéniture de deux Philadelphiens, militant autrefois dans les rangs des relativement confidentiels The A-Sides. Après avoir bidouillé des remixes pour Caribou, Delorean ou encore The Hundred In The Hands et Kisses, Patrick Marsceill et Jon Barthmus se sont attelés à la confection de leurs propres compositions. Un deal auprès de l’excellent label Dead Oceans plus tard, ils publient « Nocturne Of Exploded Crystal Chandelier », un premier ouvrage de pop éthérée et hautement séduisante. Les dix morceaux de la plaque naviguent quelque part entre les mélodies ensoleillées de Delorean, l’éléctronica bien dosé de The Radio Dept., le psychédélisme d’un Animal Collective circa « Merriweather Post Pavillion » et la classe d’un Cocteau Twins.

Il ne serait d’ailleurs pas très étonnant de voir figurer des titres tels que « Swallowed By The Night », « Your Moon », « Infinty » ou « Five Years » au cœur de la bande son de l’un ou l’autre long-métrage signé Sofia Coppola, tant le son de Sun Airway se rapproche de celui chéri par la réalisatrice. A l’heure où le duo s’apprête –déjà! – à publier « Wild Palms », un premier single tiré de leur second ouvrage à paraître à la rentrée, une écoute urgente de cet enivrant « Nocturne Of Exploded Crystal Chandelier » est plus que jamais d’actualité.

 

Ian Siegal

The skinny

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Pourtant à peine âgé de 40 ans, Ian Siegal est certainement l'un des meilleurs bluesmen anglais du moment. Il publie un nouvel album pratiquement chaque année, depuis la parution de son premier en 2005, "Meat & potatoes". Pour la circonstance, il s'est rendu aux sources du blues, dans le Mississippi. En août 2010, une bonne série de nouvelles compositions en poche, il entre dans le studio Zebra Ranch, à Coldwater, sous la houlette de Cody Dickinson, membre des North Mississippi All Stars et fils du regretté producteur de Memphis, Jim Dickinson. D'ailleurs, pour concocter cet opus, Ian a fait appel aux plus jeunes fils de bluesmen notoires, également musiciens locaux. Ce qui explique le patronyme du backing band, The Youngest Sons.

Garry Burnside est le fiston de la légende du delta blues, R.L Burnside, Robert Kimbrough, celui de David Junior, une autre gloire, propriétaire d'un juke joint à Holly Springs, Rodd Bland, enfin, celui de Bobby Blue, lui aussi bluesman d'exception.

Excellent de bout en bout, cet elpee est très homogène. Il reflète bien le blues de cette terre de racines. La musique baigne dans une atmosphère suffocante, oppressante, glauque. Elle ne laisse guère de place à la joie de vivre. Elle défile comme la bande originale d'un film retraçant le chemin de ce style plus que centenaire.

Ian possède la voix de sa musique, une voix très personnelle, imposante et hantée. Dès les premières notes de "The skinny", nous sommes directement au coeur du sujet. Le timbre vocal est grave et empreint de désespoir. Il est rapidement soutenu par un front de cordes conséquent ; soit la slide de Siegal ainsi que les guitares de Kimbrough et d’Alvin Youngblood Hart, invité pour la circonstance. La slide se libère progressivement avant d’emprunter un chemin de croix tortueux et douloureux. Les lèvres soudées au micro, Ian embraie par "Stud spider", une compo issue de la plume de Tony Joe White. Son pied gauche écrase la pédale wah wah tandis que Bland cogne dur sur ses peaux. Enfin libéré, Robert, qui attendait impatiemment son tour, dispense des notes bien lugubres. La trame imposée à "Master plan" est hypnotique et ne cède le relais que lorsque les cordes se lâchent. Longue plage, "Hound dog in the manger" est également un des sommets de l’opus. Stagnant dans la vase des swamps, il reflète ce mal de vivre. Robert Kimbrough  possède une maîtrise incontestable. Le son réverbéré des cordes accentue le climat menaçant. Les musiciens prennent leur pied sur "Picnic jam", un titre imprimé sur le Bo Diddley beat. Garry Burnside signe cette jam et la chante d’une voix pleine de dynamisme. Il se réserve également les vocaux sur "Garry's nite out". Pour "Natch'l low", Codi Dickinson est passé aux percussions, une compo trempée dans le pur delta blues au cours de laquelle il nous réserve un solo pas possible, tranchant comme une lame effroyable qui glace la peau. "Devil's in the detail" est abordé à la manière d’un chant tribal. Ian vocifère. Ils sont cinq à lui répondre en chœur. Des tas de percussions alimentent le morceau, pendant qu’André Turner souffle dans son pipeau, à la manière de son regretté ancêtre Othar, disparu en 2003, à l'âge de 96 ans. Ian Siegal reprend les commandes lors de la finale "Hopper' (Blues for Dennis"), une plage qu’il interprète avec beaucoup de conviction et de détermination. Un superbe album!

Scarlet

Electroglobine (Ep)

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Des groupes électro-pop comme Scarlet pullulent au sein de l’Hexagone. Et ce combo angevin ne figure ni parmi les plus originaux, ni les plus talentueux. 

Si la chanteuse de cette formation ne maque pas de charme, sa musique est plutôt datée. Certaines plages épousent un format plus rock, d’autres davantage atmosphérique (« What’s It »). Mais les sonorités électroniques sensées dynamiser l’expression sonore sont rarement pertinentes quand elle ne sont pas néfastes. Les mélodies sont téléphonées. Peu ou pas de prise de risque. Bref, un premier Ep sans grand intérêt. Il y a encore du pain sur la planche… 

 


 

Red Hot Chili Peppers : FleaLeaks!

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Flea vient de confirmer la date de sortie du prochain album de Red Hot Chili Peppers. Il paraîtra ce 26 août. Son titre ? « I’m with you » ; et il a été produit par Rick Rubin.

 

The Kooks : de drôles d’oiseaux qui ont du cœur

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The Kooks publiera son troisième opus ce 12 septembre. Il s’intitulera "Junk of the Heart ". Pour enregistrer cet album, la formation anglaise a reçu le concours de Tony Hoffer (Beck, Air, Belle & Sebastian), à la production. Le groupe partira en tournée cet été. Un périple qui commencera en ngleterre et transitera par les Etats-Unis. Le  groupe se produira le 7 juin à Paris et le 9 juin à Amsterdam (au Paradiso, déja sold-out).

Tracklist

1. Junk of the Heart (Happy)
2. How’d You Like That
3. Rosie
4. Taking Pictures of You
5. Killing Me
6. Fuck The World Off
7. Time Above The Earth
8. Runaway
9. Is It Me
10. Petulia
11. Eskimo Kiss
12. Mr. Nice Guy

http://www.thekooks.com

 

 

Minor Sailor, un duo franco-islandais plein de charme…

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Minor Sailor c'est Jeremy Joseph à la musique et Maia Flore pour les visuels. Le duo vit actuellement en Islande ; mais trempé dans le folk electonica, leur nouvel album a été enregistré, au cours de ces deux dernières années, entre les montagnes pyrénéennes, Stockholm et Reykjavik.

Le single "How things happened" est à écouter sur Soundcloud.

http://soundcloud.com/minor-sailor/sets/how-the-things-happened-1/s-UaDvi

http://minorsailor.tumblr.com/

 

Verone ou le trésor caché…

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Verone est l’un des secrets les mieux gardés de la scène française ! Il y a 5 ans, son album « Retour au Zoo », baignait dans un cocktail sonore alliant rock et électro.

Aujourd’hui, Verone a décidé d’explorer les sonorités folk, rock et la pop, tout en privilégiant un goût certain pour les années 70. « La Fiancée du Crocodile » en est leur plus belle démonstration : synthés, vocodeur, ukulélé, banjo, mélodica mais aussi robot mixeur, sac de billes ou encore moule à gâteau, ont servi de base à leur instrumentation. Réunissant Fabien Guidollet et Delphine Passant, ce duo nous propose un disque à tiroirs comme en atteste le clip d’« Etre Beau ou Mourir ».

http://www.youtube.com/watch?v=feF8D3N-B2A

http://www.dailymotion.com/video/xit6e8_verone-etre-beau-ou-mourir_music

http://www.veronemusic.com

 

Sinclair : retour vers la musique…

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Depuis déjà presque 20 ans, le Français concocte une musique bien personnelle en mélangeant des influences pop, soul, funk et rock. Après ses dernières apparitions comme membre du jury de La Nouvelle Star et la réalisation de la B.O. « Le Siffleur », Sinclair reprend le chemin du studio et nous offre aujourd’hui un nouvel album aux accents électro, dont le 1er extrait « Ca tourne dans ma tête », tourne en radio.

Découvrez le clin d'œil adressé à ses potes qui fêtent avec lui son grand retour à la musique :
http://www.youtube.com/user/SinclairOfficiel#p/u/0/jbZad7Vg0oc

Et cliquez ici pour revoir le clip.
http://www.youtube.com/user/SinclairOfficiel#p/u/2/O7ZKSKlmCLY

 

Le Grand Tour de France.

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Le premier Ep de France, « Grand Tour », est sorti sur le label allemand Rectangle Astral / Treue Um Treue.

Technikart : "On dirait la comédie musicale ‘Vendée 93’ de Barbelivien réinterprétée par le Dondolo de "Dondolisme" et le Tellier de "Sexuality". Tube dément ! "

Magic ! : "Les paroles piochent volontairement dans le cliché, et le chant surfe sur des motifs rétrofuturistes qui doivent autant à Kraftwerk qu'à Telex ou Jean-Michel Jarre. Un peu d'oxygène dans un monde asphyxié".

http://soundcloud.com/tomtomfromneukolln/sets/france-grand-tour-ep-1

http://www.myspace.com/franceentranse

http://www.facebook.com/pages/France/182655965091182#!/pages/France/182655965091182

 

Jester At Work

Lo-Fi, Back to Tape

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En 2005, Antonio Vitale choisit pour patronyme El Dobro, afin d’embrasser son projet solo. Il le transforme assez rapidement en Jester At Work, une dénomination qu’il estime plus adéquate à la pratique de son folk lo fi, alors en plein processus de création. Avant de se lancer dans cette aventure individuelle, ce natif de Pescara a été le leader des (très) méconnus Warm Morning 616.

Il lui a cependant fallu attendre un certain temps afin de concrétiser ses ambitions. D’enregistrer ses propres compo pour son propre compte. En fait, il souhaitait se procurer un véritable Fostex 4 pistes d’origine pour mettre en boite cette collection judicieusement intitulée « Lo-Fi, Back to Tape ».

Lorsque l’ami Jester se met au boulot, ce n’est pas en dilettante mais pour créer une œuvre qui tienne la route. Responsable d’une musique folk intemporelle, le Transalpin est influencé par Johnny Cash, Mark Lanegan et Tom Waits, même si parfois son style me fait penser à notre marin national Admiral Freebee. Trempés dans l’americana ou le blues, ses compos respirent les grands espaces… américains. Et deux plages comme « The Worst Cowboy » et « I’m On Fire » en sont les plus belles illustrations. Cet Italien est aussi à l’aise à l’harmonica qu’à la gratte acoustique qui accompagne sa voix burinée par le temps, à l’instar d’un cow-boy mis en scène par Sergio Leone. La Grappa semble en tout cas avoir le même effet sur les artistes italiens que le whiskey sur la création des artistes américains…

Kitty, Daisy & Lewis

Smoking In Heaven

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Différent, mais pas trop. Telle est la démarche entreprise par les frangins Durham au sein de « Smoking In Heaven », leur second LP. En 2008, la fratrie surdouée avait pris tout le monde de revers en concoctant un premier album entre roots, blues et revival rockabilly. Kitty était alors âgée d’à peine 15 ans, Daisy de 17 et Lewis, 19. Entre reprises de classiques et morceaux originaux, le trio était tout simplement surprenant de maturité. Le son vintage de « Kitty, Daisy & Lewis », le même que l’on retrouve ici, est de ceux qui laissent bouche bée tant il est fidèle à celui de l’époque retranscrite. Sur « Smoking In Heaven », les Britons parviennent encore, trois ans plus tard, à nous faire croire qu’ils sont originaires d’un patelin du Sud des Etats-Unis et qu’ils ont traversé au moins six à sept décennies pour nous délivrer le meilleur de l’époque. 

« Smoking In Heaven » est donc ‘différent, mais pas trop’ car les trois jeunes adultes lancent l’auditeur sur une fausse piste en ouvrant leur nouvel ouvrage par « Tomorrow », une plage résolument Ska et, plus loin, en introduisant quelques éléments de rock steady (« I’m So Sorry »). Et ce, avant de revenir à leurs bonnes vieilles mélodies bluesy et rockabilly qui refusent tout compromis et fantaisies contemporaines. Kitty, Daisy & Lewis, qui travaillent essentiellement à l’aide de matériel datant des années 50, sont de vrais petits ovnis dans le paysage musical actuel. Nul doute qu’ils donneront des idées à de nombreux artistes en manque d’inspiration. « Smoking In Heaven » est un voyage temporel à effectuer les yeux fermés et les oreilles grandes ouvertes.

Live : 17 juillet au festival Blues Peer (Peer).

 

Lento

Icon

Écrit par

Lento est un petit village situé en Corse ; mais c’est aussi une formation romaine qui sévit, depuis 2004, dans l’univers du métal. « Icon » constitue leur second album. Découpé en 10 plages instrumentales, le combo y déverse de très malsaines coulées de sludge, doom et ambient à l’aide de grattes abrasives. Proches de l’univers sonore de Pelican, Meshuggah, Cult of Luna et Zu, les Transalpins mélangent la puissance du doom à l’indolence ainsi qu’à l’aspect très cinématographique du postcore. Les dix titres sont autant d’agressions brutales commises à l’égard de nos tympans. Et soutenue par une section rythmique colossale, « Hymn » illustre parfaitement cette impression. Une puissance de feu qui n’altère cependant pas une certaine recherche sur les ambiances, le tempo et le son, bien plus subtil qu’il n’y parait. Peu de répit sur cette œuvre. Seuls « Then » (NDR : le titre d’ouverture) « Throne » et l’atmosphérique « Admission » permettent quelque peu de souffler. Mais la plupart du temps, les compos sont attaquées pied au plancher. Signé chez Denovali Records (Kodiak, Omega Massif), le groupe italien devrait ravir celles et ceux qui ne jurent que par le métal tellurique, ténébreux, passionné et bien sûr efficace.