La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Arnaud Rebotini prêche pour les convertis…

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Après avoir publié « Music Components », Arnaud Rebotini sortira son second album, « Someone Gave Me Religion » ce 23 mai 2011. Il paraîtra sur son propre label, Blackstrobe. Un disque qui réverbère les échos de sa tournée live qui a suivi la sortie de son premier opus, au cours de laquelle, derrière ses machines, Rebotini a confronté sa musique analogique à la réalité des dancefloors. "Personal Dictator", premier single extrait, sera disponible le 11 Avril 2011. Il sera enrichi d’un clip et de remixes de Motor, Mixhell ainsi que de The Hacker.

 

Jessica Sligter : une nouvelle déesse venue du froid ?

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Jessica Sligter, alias Jae, publie “Balls and Kittens, Draught and Strangling Rain”, son nouvel album. Basée à Oslo, grande fan de Björk, Jimi Hendrix, Tom Waits, David Bowie, elle a enregistré cet album en compagnie de musiciens norvégiens. Les dix nouvelles chansons minimalistes qu’elle interprète ont été mixées à Nashville par Mark Nevers (Lambchop, Bonnie Prince Billy).

Extraits de presse :

‘Une voix de fée et des instruments ensorcelés : le grand frisson venu du Nord’ (Les Inrockuptibles).

‘Si Karen Dalton avait été enregistrée en 1875, dans un coin perdu de Scandinavie, je parie qu’elle aurait chanté comme ça’ (Rolling Stone)

 

Jookabox : what’s inside this box ?

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L’étrange David ‘Moose’ Adamson, alias Jookabox, publiera, sur Asthmatic Kitty, son nouvel album, “The Eyes of the Fly”, le 26 avril prochain. Imaginez la rencontre improbable entre Mark E. Smith, Sufjan Stevens sur fond de gospel, paraît-il…

http://www.myspace.com/jookabox
http://asthmatickitty.com/jookabox

Track Listing

1. Man-Tra - 4:28 2. Drops - 2:46 3. The Eyes of the Fly - 3:44 4. Nice-Boy - 2:39 5. Webbin’ - 2:32
6. FF - 2:07 7. Worms - 3:34 8. I’m Slime - 3:03 9. Cold Solution - 4:20 10.
Veils - 3:58

Little Scream : un petit cri de Bonheur…

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Little Scream a sorti son premier album, « The Golden Record », le 1er avril, chez Secretly Canadian. Pour concocter cet opus, la bande à Laurel Sprengelmeyer a reçu le concours de Richard Reed Parry (Arcade Fire, Bell Orchestre) à la mise en forme, et de toute une série de collaborateurs, dont des membres de Siver Mt. Zion, Stars, Arcade Fire et The National…

http://www.littlescream.com/
http://www.myspace.com/officiallittlescream

Drums Are For Goss

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Dès d'aujourd'hui vous pouvez télécharger gratuitement un tout nouveau morceau de Drums Are For Parades sur http://www.drumsareforparades.net

Chris Goss, premier guest de la série, s'est emparé de « Enjoy Your Psychosis ».

Ce producteur légendaire (Kyuss, Unkle, Queens of the Stone Age et  Soulwax) est aussi le leader de Masters Of Reality.

Et pour savoir ce qu’il en pense:
http://www.facebook.com/mastersofreality?sk=wall

 

 

YE-YE = concours Remix !

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Téléchargez le sample pack et postez votre remix avant le 30 avril à minuit. En présence des responsables du label, le groupe sélectionnera ses trois préférés, après les avoir écoutés. Les résultats seront publiés ce 10 mai sur le site de YE-YE.

Les prix…

Pour le vainqueur : une sortie digitale de son remix sur Believe + une sélection de cd du label Anorak Supersport + 1 abonnement ‘premium lite’ d’un an chez Soundcloud.

Pour les 2 suivants : une sortie digitale de son remix sur Believe + une sélection de disques du label Anorak Supersport.

Pour télécharger le sample pack : http://soundcloud.com/yeyepopband/sets
Et pour poster les remixes : http://soundcloud.com/groups/pope-of-the-pop-remix-contest

 

Moby expose !

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Moby va exposer les 55 photos originales qui illustreront son nouvel album « Destroyed », à travers le monde. En Belgique, vous pourrez les découvrir au A&Gallery de Gand à partir du 18 mai ; et un Dj set de l’artiste est prévu le jour se l’ouverture.

http://www.angels-ghosts.com

 

Can D

Down by the 66

Écrit par

L’air chaud qui balayait la poussière de cette nuit printanière me soufflait à l’oreille la présence de quelques vieilles légendes locales. Ici où cowboys et indiens se côtoient, à présent, ce soir, les esprits prendraient corps et possession de cette ville fantôme. Dans l’embrasure rougeoyante du mythique endroit, je m’engouffrai, en proie à quelques tentations. Mescaline et squelette dansant, sueur et tremblements, rendez-vous avec le diable et ses enfants…

D’abord, la foule à traverser. L’autochtone est de sortie ce soir ; et me frayant un passage à travers cette marée humaine, je me poste au-devant de la scène. C’est qu’on m’a dit le plus grand bien de ces suppôts de Satan qui ouvrent le bal.

Fair, Blatt & Hill, c’est du costaud, du lourd, ça cogne et ça rend sourd. Des musicos vachement balèzes, pour un son orageux qui chevauche l’apocalypse. Le bassiste n’a peut-être pas la peau sur les os ce soir, mais les nerfs de sa 4 cordes se tendent à l’extrême, palpitent et claquent sous ses doigts agiles. Le guitariste-chanteur éructe et psalmodie en manifestant un détachement propre à un Jay Mascis mû en Josh Homme (où l’inverse ?) et le batteur martèle  ses fûts et cuivres sans retenue. Haletant comme un pur sang entraîné dans une course frénétique, le Stoner Psychadélic Rock de ces trois Liégeois se fond comme la lave des volcans dans la terre fertile.

Assisté dans leur performance par l’artiste graphique Yves Budin qui du reste, marque de son pinceau toute leur esthétique, le combo donne de la boule Quiès à retordre à celles et ceux qui étaient venus sans méfiance assister à un concert Pop. En résulte un enthousiasme modéré, si ce n’est dans le chef de quelques joyeux drilles tous acquis à la cause FB&H. Pour ma part, je suis définitivement rassuré sur l’avenir du Rock en région liégeoise.

Vient ensuite le tour des Can D, au pays desquels on s’amuse, on pleure, on rit. Emmenés par la foi et l’impressionnante maîtrise de ses membres, le set dévoile le contenu de l’album « Help Yourself », dont c’est ici, la présentation officielle. Baptême du feu pour cette plaque electro résolument tournée vers la Pop qui mêle le son des années quatre-vingt (on pense à Human League ou Orchestral Manœuvre in the Dark) à un Rock plus contemporain. Le chanteur possède une voix parfaite pour ce type de musique et le claviériste assure la grande part d’originalité du son Can D.

Au sein du paysage sonore de notre mère patrie, ce groupe possède un potentiel propre à plaire à un large public. Quant à savoir si les horizons extraterritoriaux s’ouvriront à eux, il est sans doute encore tôt pour se prononcer, mais il est un fait qu’ils méritent bien plus qu’une attention focalisée sur l’est du pays.

Proposant en guise d’interlude une version acoustique rehaussée par la présence d’un accordéon et d’un harmonica sur le morceau « Happy thought » et le single « Chill Out », servi à deux reprises (le répertoire ne justifiant pas encore de rappels à rallonge), ce set prouve qu’en l’espace de quelques années, le Rock belge, même à petite échelle, a gagné en maturité. Il s’est émancipé et surtout a gravi les échelons qui le séparaient des grosses pointures.

Ne reste plus qu’à conquérir le monde.

Via la route 66 ?

(Organisation : Spirit of 66)

 

Fair, Blatt & Hill

Les cavaliers de l’apocalypse…

Écrit par

L’air chaud qui balayait la poussière de cette nuit printanière me soufflait à l’oreille la présence de quelques vieilles légendes locales. Ici où cowboys et indiens se côtoient, à présent, ce soir, les esprits prendraient corps et possession de cette ville fantôme. Dans l’embrasure rougeoyante du mythique endroit, je m’engouffrai, en proie à quelques tentations. Mescaline et squelette dansant, sueur et tremblements, rendez-vous avec le diable et ses enfants…

D’abord, la foule à traverser. L’autochtone est de sortie ce soir ; et me frayant un passage à travers cette marée humaine, je me poste au-devant de la scène. C’est qu’on m’a dit le plus grand bien de ces suppôts de Satan qui ouvrent le bal.

Fair, Blatt & Hill, c’est du costaud, du lourd, ça cogne et ça rend sourd. Des musicos vachement balèzes, pour un son orageux qui chevauche l’apocalypse. Le bassiste n’a peut-être pas la peau sur les os ce soir, mais les nerfs de sa 4 cordes se tendent à l’extrême, palpitent et claquent sous ses doigts agiles. Le guitariste-chanteur éructe et psalmodie en manifestant un détachement propre à un Jay Mascis mû en Josh Homme (où l’inverse ?) et le batteur martèle  ses fûts et cuivres sans retenue. Haletant comme un pur sang entraîné dans une course frénétique, le Stoner Psychadélic Rock de ces trois Liégeois se fond comme la lave des volcans dans la terre fertile.

Assisté dans leur performance par l’artiste graphique Yves Budin qui du reste, marque de son pinceau toute leur esthétique, le combo donne de la boule Quiès à retordre à celles et ceux qui étaient venus sans méfiance assister à un concert Pop. En résulte un enthousiasme modéré, si ce n’est dans le chef de quelques joyeux drilles tous acquis à la cause FB&H. Pour ma part, je suis définitivement rassuré sur l’avenir du Rock en région liégeoise.

Vient ensuite le tour des Can D, au pays desquels on s’amuse, on pleure, on rit. Emmenés par la foi et l’impressionnante maîtrise de ses membres, le set dévoile le contenu de l’album « Help Yourself », dont c’est ici, la présentation officielle. Baptême du feu pour cette plaque electro résolument tournée vers la Pop qui mêle le son des années quatre-vingt (on pense à Human League ou Orchestral Manœuvre in the Dark) à un Rock plus contemporain. Le chanteur possède une voix parfaite pour ce type de musique et le claviériste assure la grande part d’originalité du son Can D.

Au sein du paysage sonore de notre mère patrie, ce groupe possède un potentiel propre à plaire à un large public. Quant à savoir si les horizons extraterritoriaux s’ouvriront à eux, il est sans doute encore tôt pour se prononcer, mais il est un fait qu’ils méritent bien plus qu’une attention focalisée sur l’est du pays.

Proposant en guise d’interlude une version acoustique rehaussée par la présence d’un accordéon et d’un harmonica sur le morceau « Happy thought » et le single « Chill Out », servi à deux reprises (le répertoire ne justifiant pas encore de rappels à rallonge), ce set prouve qu’en l’espace de quelques années, le Rock belge, même à petite échelle, a gagné en maturité. Il s’est émancipé et surtout a gravi les échelons qui le séparaient des grosses pointures.

Ne reste plus qu’à conquérir le monde.

Via la route 66 ?

(Organisation : Spirit of 66)

The Vaccines

What did you expect from the vaccines ?

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Le titre de l’album des Vaccines est formulé sous la forme d’une interrogation : ‘What did you expect from the Vaccines ?’ Réponse : presque tout. Et elle est unanime.

Adulé par le NME et encensé par Steve Lamacq, sur les ondes de la BBC, The Vaccines sont depuis quelques semaines la nouvelle coqueluche des Anglais. Et donc, impossible d'y échapper.

La hype en place, et suite à un concert bref mais jouissif, accordé en février dernier, à l'Orangerie du Botanique (voir chronique sur notre site), restait à statuer sur cet opus.

D'emblée, « Wreckin' bar (Ra ra Ra ») situe le groupe et ses ambitions bien au delà de la mêlée. En une minute vingt-deux tout en inoculant un humour dévastateur, The Vaccines renvoie pléthore de groupaillons jouer dans le bac à sable.

Ce qui frappe à l'écoute de ce brûlot, c'est l'indéniable qualité de ces pop songs, la gouaille de ses auteurs et leur incontestable talent à reformuler un rock qui décidément renaîtra toujours de ses cendres. Le tout servi avec une décontraction pince sans rire du meilleur effet. Le piège est béant et c'est sans dissimuler ma satisfaction que je m’y plonge.

Car il semble difficile de résister à ce « If you wanna » si entraînant et entêtant, aux faux airs d'optimisme débridé ou à ce « A lack of understanding » à l'accent débonnaire balancé au gré d'une basse ronde qui scintille sous les facettes miroitantes du bal de fin d'année.

Dans une intro dissonante et toutes guitares dehors, « Blow it up » rappelle les Wedding Present et les Pixies. Excusez du peu! Souligné par un défaut de prononciation souligné à la truelle dans le premier couplet (une réelle volonté qui résulte d'un mystérieux désir formulé en studio, car ce chuintement n'apparaît pas aussi évident dans la première mouture du mix), ce titre est sans doute le plus énigmatique de l'album. Mais son efficacité n'en demeure pas moins percutante.

Ensuite, « Wetsuit » se pose en manifeste légèrement plus grave, avant que « Norgaard » ne se déballe comme une friandise (tout comme le mannequin auquel cette déclaration est dédiée).

Puis vient « Post break-up sex », ce single imparable et irrésistible dont la version album s'affuble d'un peu plus d'audace que sur les ondes FM par la grâce d'une petite digression de vocabulaire. Clin d'œil !

« Under your thumb » est peut-être le morceau le plus faible.

Qu'à cela ne tienne, puisque s'ensuit « All in white », conduit par une basse conquérante et des salves mélodiques de haute volée.

A ce stade, ce disque figure déjà en bonne position pour les Polls de fin d'année.

« Wolf Pack » et « Family friend » ne viendront pas ternir cette impression d'ensemble, ce sentiment d'être confronté à un groupe d'excellence, à un groupe d'exception.

Je tiens l'objet dans les mains, je contemple sa pochette, son livret intérieur, et je souris. Oui, ce petit disque est un grand disque. Et il faudra compter à l'avenir sur The Vaccines, dont l'humour sous-jacent irradie de bonne humeur jusqu'aux dernières notes (ici cachées).

iTunes : http://itunes.apple.com/be/album/what-did-you-expect-from-vaccines/id420038936

 

Acid House Kings

Music Sounds Better With You

Écrit par

Les orfèvres de la pop made in Sweden reviennent clamer leur titre et s’amusent à brouiller davantage les pistes. Qu’on ne s’y trompe pas. Les Acid House Kings n’ont en effet d’acid house que le nom. Et bien que leur nouvelle collection de joyeusetés porte le même titre que le grand classique dance de Stardust, la formation one-shot de Thomas Banglater, « Music Sounds Better With You » n’est pas tout à fait taillé pour les pistes de danse. Le cinquième recueil du trio évoque plus que jamais Belle & Sebastian, sans pour autant en être une pâle copie. « Music Sounds Better With You » se partage une nouvelle fois entre les vocalises de Niklas Angergad et Julia Lannerheim qui se relaient le micro d’un titre à l’autre. Une formule qui ne fonctionne, en général, pas toujours à tous les coups mais qui accomplit, ici, des merveilles. Les rois de l’Acid House proposent une galette printanière qui réveillera les instincts les plus hippies de ceux qui tomberont sous son charme. Ne serait-ce que pour le fantastique titre d’ouverture, « Are We Lovers Or Are We Friends ? » qui, de par son refrain obsédant et sa mélodie implacable, illustre tout ce qu’une chanson pop devrait être. Le genre de morceau qui va jusqu’à surgir en plein rêve pour en illustrer la bande sonore. « Music Sounds Better With You » est à écouter sans modération. Et, de préférence, sous le soleil.

 

The BellRays

Black Lightning

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Les fans des BellRays ne diront certainement pas le contraire : Lisa Kekaula est la quintessence même de la ‘Rock Chick’. Débauchée à quelques reprises par des Basement Jaxx et autre Bloody Beetroots, la voluptueuse chanteuse du quatuor, en est toujours revenue à son premier amour : un rock à la fois brut et teinté de soul. « Black Lightning », le 7e LP des Californiens et le premier publié chez Fargo, ne déroge pas à la règle. La voix rauque et puissante de Kekaula évoque une Tina qui aurait bouffé de l’Aretha et du Betty Davis en accompagnant son repas de toute la discographie des MC5 et des Stooges. Car les riffs dispensés par Tony Fate tracent encore et toujours cette surprenante ligne fine entre rock, punk et soul. Un équilibre que le guitariste parvient à maintenir sans jamais se tromper depuis les balbutiements de la formation. « Black Lightning », un titre qui colle à Lisa Kekaula comme une seconde peau, ne dépasse pas la demi-heure mais il s’agit là de près de 30 minutes électrifiantes qui réveillent l’envie de se secouer le scalp et taper du pied jusqu’à en traverser le plancher. Préparez-vous à être foudroyés !

 

Duran Duran

All you need is now

Écrit par

Improbable miroir aux alouettes, Duran Duran reste quoiqu'on en dise une référence (même si pas toujours de bon goût) dans l'univers ouaté du romantisme rock. Influence plus ou moins revendiquée de nombre d'artistes venus d'horizons divers, le groupe de Birmingham ose un retour inattendu et forcément menacé par l'opprobre ‘snobinarde’.

Mais Simon Lebon et ses acolytes n'en ont cure. Le menton haut, ils offrent fièrement un treizième album qui contre toute attente, ne sonne pas le glas du genre. Mêlant habilement sonorités datées et technologies modernes, épaulés pour la circonstance par Mark Ronson, dont le seul nom semble donner subitement plus de crédit à ce retour, « All you need is now » reste avant toute chose un album de Duran Duran.

Recelant d'excellents titres (« Girl Panic!, « Leave a light on ») et renouant avec la verve de « Rio », ce retour au premier plan souffle plus le chaud que le froid, et c'est là déjà une surprise.

Si on n'évite pas un certain maniérisme propre au son du groupe, l'ensemble tient la route et offre un bain de jouvence à ces Anglais qui évitent brillamment le piège du ridicule.

Bourré de bonnes idées et radicalement moderne dans son traitement, cet album tient la dragée haute aux Robbie Williams et autre Scissor Sisters qui depuis des années semblaient avoir monopolisé le créneau.

Y aurait-il lieu de rechigner face à cette Romantic New Wave Duran Duran encore quelques années ? Assurément non.

 

The Elektrocution

Trouble Magnet

Écrit par

The Elektrocution marche sur les plates-bandes des Strokes, des Hives, des Flaming Stars et des Datsuns. Autant dire que si vous aimez le garage-punk propre et énergique, vous êtes tombés dans la bonne chronique.

Ce quintet rouennais, constitué de Maxime Prieux (chant), Antoine Boyer (guitare), Yann Bretey (basse), David Grandin (guitare) et Yves Albuquerque (batterie) n’est probablement pas le plus prolifique des combos. Sans faire la fine bouche, deux albums en plus de dix ans d’existence, ce n’est pas vraiment la cadence infernale. N’ayant pas eu la chance de poser les oreilles sur « Open Heart Surgery », la galette précédente sortie en 2005, on devra donc se contenter de ce « Trouble Magnet » pour juger si, comme l’affirme le vieil adage, la qualité vaut mieux que la quantité.

Et de toute évidence, la réponse est oui ! Car « Trouble Magnet » est un petit bijou. En une grosse demi-heure à tout casser, The Elektrocution balance onze pépites d’un garage-punk, léché et survitaminé. Comme celle des quatre combos listés ci-dessus, la musique des Français puise son inspiration dans le rock cradingue des Stooges et du MC5 tout en y ajoutant ce petit côté accrocheur qui la rend accessible à n’importe quel amateur de rock normalement constitué.

Un disque pour amateurs de rock survolté, à écouter les doigts dans la prise !

John Harrelson

Cottonmouth revelator

Écrit par

John William Harrelson est docteur (Ph-D) es histoire de la musique à la faculté universitaire de Claremont, dans la banlieue de Los Angeles. Il y enseigne celle de la musique populaire américaine, comme le rock'n'roll, le blues et le jazz. C’est également un multi-instrumentiste capable de jouer de la guitare, des claviers, de l'harmonica mais également du saxophone, du violon, de la mandoline, du dobro, du vibraphone, de la basse, et un tas de percussions. Et en studio, il se sent comme un poisson dans l’eau. C’est d’ailleurs un producteur très sollicité, susceptible d’opérer dans des tas de styles bien différents : punk, rock, folk, blues et j’en passe. Il joue également en ‘live’, et ce depuis la fin des sixties. Victime d’une crise cardiaque en 1988, il a subi un quadruple pontage. Malgré son emploi du temps surchargé, il est quand même parvenu à enregistrer, au cours de sa carrière, quelques œuvres, sous son nom. Dont un 33 tours en 1977 ("The player"), un autre en 1983 ("Now is the time"), puis 3 cds flanqué du groupe Blue H'way, et dans un passé plus récent, les albums suivants : "Feral Angel" en 2005, "Streets of heart and lust" en 2006, "Mojave" en 2007, et même un disque country en 2008, "Doc H and the Rio Laudanum Cowboys".

"Cottonmouth revelator" constitue donc son dernier opus. Un disque au cours duquel, les lyrics du vieux John parlent d'amour, de sexe et de liberté ; de sa philosophie de vie, si vous préférez. S'il est bien issu du sud de la Californie, sa musique ne peut en aucun cas être taxée de jump voire de west coast style. Sa voix est rocailleuse, naturellement puissante, âpre, et transpire un énorme vécu.

John ouvre la plaque par "I want your ass", une de ses compos qui remonte à la fin des sixties. L’image d’une croupe féminine sous petite culotte en nylon, reproduite sur la pochette, illustre bien le titre de cette chanson. Ancien collaborateur de Candye Kane, Jeff Ross est un guitariste notoire. Le Californien apporte ici son concours. Une entrée en matière impressionnante ! D’ailleurs, dès que les deux gratteurs se rencontrent, le résultat est royal. La voix d’Harrelson est ravagée par le temps, mais aussi les mauvaises expériences ; elle se révèle même parfois menaçante. "Fire and gasoline" est un blues lent tramé en crescendo. John souffle pudiquement dans son harmonica ; mais quand il chante je vous prie de croire que ça ne rigole pas. Pas commode le docteur. John s'assied derrière l'orgue pour "Redeeming angel", une compo aux accents exotiques, au cours de laquelle le drummer injecte ses rythmes syncopés pendant que des chœurs féminins baignent le tout dans l’allégresse. Harrelson signe onze plages sur cet elpee, mais il nous réserve également trois covers. Et quelles reprises! Tout d’abord le "Crossroads" de Robert Johnson. Les deux guitares balisent le décor, sis quelque part entre le Mississippi et la rivière Yazoo. Le son est sale. Les altercations entre les cordes de John et la slide de Ross qui éclatent au cœur du Delta sont impressionnantes. Et on ne sort pas indemne de cette rivalité. Puis une longue et intense version du "Long distance call" de Muddy Waters. Sur le fil du rasoir, la slide est effrayante. La voix semble sortir d'outre-tombe. Ce morceau me rappelle le McKenna Mendelson Mainline, un groupe canadien de la fin des sixties. Il avait gravé un 33 tours très semblable. Intitulé "Stink", ce long playing était habillé d’une pochette toute noire. Et c’est vrai que cette musique répand une odeur nauséabonde. Le même traitement est infligé au "Worried life blues" de Big Maceo Merriweather. La complicité établie entre John et Jeff est toujours aussi effarante. Loquace, Harelson nous raconte sur "Bar-b-que", sa préparation peu banale d'un BBQ. Mais perso, le meilleur titre de l’opus est incontestablement "Sugar". Très atmosphérique, son originalité procède des interventions successives et savamment dosées de l’orgue, puis du saxophone baryton de Kid Cadillac. Et puis, il y a la voix envoûtante, profonde du Doc, aussi troublante que celle de Howlin' Wolf, au sommet de son art. Imprimé sur un tempo écrasant, "Whose little sister?" est fouetté par des guitares largement amplifiées. Si "I want to teach you french" campe une chanson ludique, "Talk dirty to me" est sculpté dans du rock'n'roll coloré de sax ténor. Autre fable récréative, "Love among the lovers" évoque les cris d'amour échangés entre le King Bee et la Queen Bee, le loup et le renard… mais la slide est toujours à l’affût! Un album vraiment original épinglant quelques titres tout à fait remarquables…

Lies

Lies

Écrit par

Originaire de Bourgogne, ce quatuor propose un cocktail musical intéressant et inédit. Prenez des notes car, en voici la recette : passez au shaker 3/5 de néo métal (KoRn ou Deftones, par exemple, mais n’importe quel autre combo du genre fera l’affaire) et 2/5 de rock progressif  psychédélique (ici, vous n’avez pas le choix, il faut impérativement du Pink Floyd). Ajoutez-y un zeste d’électronique et un soupçon de métal traditionnel. Que celles et ceux qui font la moue devant ce mélange indigeste se rassurent. Une fois passée la surprise, la mixture est plutôt savoureuse.

N’y allons pas par quatre chemins, nous avons failli adorer ce groupe. Quatre musiciens expérimentés (NDR : ces gaillards jouissent tous d’une certaine expérience scénique/discographique au sein d’autres formations). Une musique excitante et inventive qui allie la puissance de la modernité (NDR : les gros riffs burnés, les rythmiques marteaux-pilons et les samples électroniques) et le respect des traditions (ah, ces superbes soli ‘floydiens’) au sein de titres accrocheurs et de longues plages épico-progressives. Il n’en aurait probablement pas fallu beaucoup plus pour faire notre bonheur.

Seulement il y a une ombre à ce tableau idyllique. Un détail infime. Une poussière dans l’engrenage qui, une fois remarquée, gâche vraiment le plaisir d’écoute. Chers amis Français, vu le patronyme de votre groupe, nous ne pouvons pas vous mentir : votre accent anglais est vraiment pourri. Et, si le ‘the’, les ‘this’ et les ‘with’ prononcés ‘ze’ et ‘zis’ et ‘wiss’ nous ont bien fait marrer dans les films des ‘Sous-doués’, ils ne font plus rire du tout lorsqu’on se rend compte du potentiel de votre musique.

It isse vraiment dommage, because wi laïke ze musique. Ze nexte taime maibi…

Lullaby

Rosebud

Écrit par

Fondée en 2005, cette formation nous vient de Dijon, en France. Avant de graver ce premier album, elle avait déjà publié deux Eps. Un en 2006 et le suivant en 2007. Quoique français, ce groupe est avant tout influencé par la britpop. Celle des Arctic Monkeys et de Bloc Party, en particulier. A cause des riffs de guitare tour à tour effilés, déchiquetés et en général incisifs. Et puis de la construction refrain/couplet très spécifique. En outre, les interventions circonstancielles de l’orgue rogné ne sont pas pour me déplaire. Malheureusement, il y a la voix du chanteur principal. Elle colle difficilement à la musique et manque surtout d’amplitude. Etonnant, car lorsqu’elle est soutenue par un backing vocal elle se conjugue parfaitement en harmonie, un peu comme si ce support lui permettait de maîtriser son timbre et ses inflexions (l’atmosphérique, presque trip hop « Join our forces »). Et puis, les enchaînements ne coulent pas toujours de source, surtout lorsqu’un changement de tempo intervient au cours d’un même morceau. Si la plupart des titres sont plutôt pêchus (NDR : notamment « Sweet addiction » et l’épique « Discollision », réminiscent de Muse) et arides, l’elpee recèle un morceau imprimé sur un tempo spasmodique, presque ska (« W/W »), deux ballades dont une instrumentale et s’achève par une compo plus élaborée, luxuriante, à la limite solennelle (« Farewell song »). Il y a encore du pain sur la planche…

The Mighty Mojo Prophets

The Mighty Mojo Prophets

Écrit par

Les Mighty Mojo Prophets sont établis à Los Angeles. Leur line up réunit le chanteur Big Son, le guitariste Mitch Dow, l’harmoniciste Ronnie Johnson, le bassiste Scott Lambert et le drummer Smilin' Jack Debuan. Ils se produisent régulièrement sur la scène locale en compagnie de Junior Watson. Eponyme, leur premier opus est paru chez Rip Cat, un label indépendant qui se consacre aux artistes de blues et de rockabilly.

Le quintet pratique un blues brut, assez primaire et donc sans la moindre fioriture. "Evil sometime" ouvre la plaque. La progression s’opère dans le rythme. La guitare s'impose d’abord avant de céder le leadership à l'harmonica de Ronnie qui en profite pour s'évader. "Friday night phone call" s'inscrit plus naturellement dans le style du secteur : le west coast jump. Une compo vivifiante au cours de laquelle Mitch s’autorise une sortie réussie et énergique à la guitare. Les Mojo Prophets vouent une admiration sans borne à Muddy Waters ; et c’est manifeste dès les premiers accords de "Night train", un blues flemmard, dont les accents très métalliques sont libérés par la slide. Big Son chante parfaitement ce Chicago blues frémissant, très terre-à-terre. Plus proche de T-Bone Walker, "Life's a hurtin' thing" est bercé de swing. L’orgue est nappé d’accents jazzyfiants, dispensés dans l’esprit de Jimmy Smith. La sortie de cordes est bien inspirée. "Smile on my face" est imprimé sur un mid tempo. La voix est très proche et distincte. Les brèves mais intenses interventions à l’harmo soulignent ce chant. Plage instrumentale, "Da switch" laisse la part belle aux cordes. D’ailleurs trois guitares s’y conjuguent. "West coast blues" évolue sur un rythme alerte. Une compo dépouillée au cours de laquelle la ligne de basse est indistincte. A contrario de la six cordes et surtout de l'harmo chromatique de Ronnie Johnson, qui se réserve l'essentiel des solos. Ce dernier empoigne alors son mini-instrument diatonique et se met à souffler dans les aigus pour introduire le funky blues "Hoodoo lover". Nous ne sommes alors pas très loin du style de Junior Wells ; donc à nouveau dans le blues de la Cité des Vents. "My baby" n'est pas la célèbre plage signée Willie Dixon mais un blues lent, pour night-clubs. La guitare embrasse des tonalités très T-Bone Walker alors que les cuivres apportent leur touche jazz. Autre plage nerveuse, "Love me like you should" est dynamisé par l'harmonica offensif de Johnson, à la manière de Little Walter. De bonne facture, "Carmen G" puise plus que probablement son inspiration dans le "All your love" d'Otis Rush. On y retrouve même les accès de mambo et les changements de rythmes, comme sur le célèbre titre d'Otis. Big Son et Whiteboy James chantent en duo "Boogie woogie rhythm'", un morceau imprimé sur un tempo enlevé dont l’effervescence est alimentée par les riffs de guitare torrides, qui jumpent à souhait. Le long playing s’achève par un blues indolent, qui fleure bon le Delta. Tout au long de ce titre acoustique, la voix de Big est puissante et l'harmonica se régale…

Gaby Moreno

Still The Unknown

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Je dois remercier mon rédacteur en chef, car il me propose, en effet, un tour du monde musical en ce début d’année ! Après avoir analysé l’album d’un natif des Iles Féroé, tEituR, place à la  Guatémaltèque Gaby Moreno ! Il est beau le métier de chroniqueur me direz-vous…

Bien qu’elle ait emménagé à Los Angeles en 2001, Gaby Moreno est donc originaire d’Amérique Centrale. Mais, pas de bossa-nova ou de tango ici, plutôt une musique pop-folk relativement classique interprétée dans la langue de Shakespeare, et parfois de Cervantès.

« Still the Unknown » constitue son premier album. Il est sorti, il y a déjà 3 ans (!), aux Etats-Unis. Les morceaux de cet opus sont essentiellement acoustiques. L’instrumentation est soignée, surtout les accords de piano, mais manque cruellement de relief. La voix de la jeune compositrice est joliment enrouée. « Still the Unknown » est une œuvre paisible. Parfois un peu trop. Ce qui ne l’empêche pas de receler l’une ou l’autre plage de toute bonne facture. A l’instar du mélodique « Letter to a Mad Woman » ou du légèrement plus électrique « Little Sorrow ». Mais, en général, les plages nous communiquent une impression de lassitude (« It’s Been a Pleasure », « Song of You »). On est d’ailleurs, parfois, pas très loin de l’univers de Tracy Chapman voire d’Ani Difranco, en compagnie de laquelle elle a d’ailleurs tourné.

Hormis l’interprétation en espagnol de deux titres, difficile de déceler la moindre trace de musique latino dans ses chansons. Une exception qui confirme la règle, la ballade bouleversante, « Amapola », reprise d’une chanson traditionnelle du Guatemala que lui chantait sa grand-mère, quand elle était enfant.

Si l’influence de la pop anglaise était évidente pour tEituR, celle du folk américain l’est tout autant pour Gaby Moreno. Reste à espérer qu’elle creuse avantage le sillon d’« Amapola », lors de la confection de son nouvel elpee, qui devrait paraître tout prochainement.

NOX

Freaks

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On pénètre le monde de NOX à reculons, a petits pas, animé par une certaine curiosité, mais craignant de réveiller l'occupant de ces lieux. Sur la pointe des pieds, on longe un étroit couloir plongé dans la pénombre. La télé est restée allumée. Les dialogues d'un vieux film habitent la pièce sur notre gauche. On passe discrètement. Le bois du vieux plancher craque sous nos pas. La nuit recouvre les lieux de ses ombres flottantes. Dehors, il pleut. Une pluie d'été. Un orage gronde, mais il est encore lointain (« Electricity »).

L'air s'emplit de molécules de folie. Elles dansent dans les rais de lumières qui filtrent à travers les volets clos. Un insecte bourdonne, sans doute apeuré par l'ambiance inquiétante qui se trame en cette fin de journée. Toujours aussi discrets, nous osons nous aventurer dans l'escalier grimpant le long des murs suintants. Dans nos poitrines, nos cœurs palpitent fébrilement. Le souffle court, on s'aventure dans l'inconnu et soudain, le pouls s'accélère (« The monsoon »).

Un furtif mouvement dans un coin du couloir. Un murmure. Des pleurs et des voix plaintives. Les âmes tanguent (« Transition »).

Puis la folie rampante prend doucement possession des lieux, des corps, des esprits et s'immisce tel un filet de fumée noire (« Smoke »).

Les murs s'évanouissent et le ciel chargé de lourds nuages apparaît au dessus de nos têtes (« Dust »).

Une basse se détache de cette atmosphère grinçante, et une voix. Une voix masculine. Une voix apaisante. On s'aperçoit qu'à présent, nous flottons dans les airs. L'horizon se dévoile à nos regards fiévreux (« Doppler effect »).

Enfin, le voyage touche à sa fin. Nous arrivons à destination. Le diable nous accueille en hôte de marque. Il sourit. S'inquiète de savoir si nous avons fait bon voyage avant d'arriver en ses terres. Il nous présente à sa cohorte claudicante d'âmes décharnées. Elles nous entourent et nous enlacent (« Freaks »).

Cet album est un rêve. Il crée un certain malaise et suscite un sentiment de paranoïa. Comme toute musique instrumentale, il génère un flot d'images et le peu de texte qui le hante ne sert qu'à diriger l'imaginaire un peu plus loin sur la voie qu'il emprunte. Bref, chacun s'y inventera une histoire. Et musicalement, me direz-vous? NOX se rapproche incontestablement de la constellation Godspeed You! Black Emperor et consorts. Une certaine grandiloquence mise au service d'un Post-Rock habité, qui déshabille l'imaginaire et le revêt d'apparats sombres et oniriques.

Dans cette veine, « Freaks » s'avère un tableau vivant très réussi.

Un reproche, le manque de nuances dans la palette de couleurs étalées sur cet elpee. Mais cette homogénéité constituant du reste le fil conducteur de cette œuvre, il n'est pas certain qu'une plus grande variété n'aurait pas amené une certaine confusion.

Je dis donc bravo à ce trio bruxellois (attention de ne pas le confondre avec le combo néerlandais à tendance satanique!!!) qui sur ce deuxième essai, s'affirme comme une valeur sûre.

Todd Sharpville

Porchlight

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Todd Sharpville est un musicien anglais qui jouit d’une solide réputation aux Iles Britanniques. Sur le Vieux Continent, c’est encore un illustre inconnu ; mais vu son talent, il devrait y forger une prochaine et rapide popularité. Et la sortie de ce double cd devrait lui servir de tremplin.

Todd est issu d’une famille d’aristocrates ancestraux, outre-Manche. Il y a déjà bien longtemps qu’il a chopé le virus du blues. Et pour cause, dès 1994, il publiait son premier opus "Touch of your love", sur le label Red Lightnin’. A l’époque, flanqué de son band, il accompagne d’authentiques stars du blues, en tournée européenne, comme Hubert Sumlin, Ike Turner ou Chuck Berry. Il faut attendre 2001 pour saluer son second chapitre musical, "The meaning of life", paru chez Cathouse, un disque pour lequel il reçoit le concours de Mick Taylor, Paul Lamb et Snowy White. Il collabore également à l’enregistrement de plusieurs elpees de la chanteuse Dana Gillespie. En 2010, il traverse l’Atlantique pour se rendre du côté de Boston, afin d’y enregistrer ce nouveau long playing. Une œuvre pour laquelle il a reçu le concours de Duke Robillard à la production et au mixing et de l’ingénieur du son John Paul Gauthier. Todd signe 14 des 15 plages de ce double cd qu'il dédicace à la mémoire de son père, l'honorable Viconte de St Davids, disparu en avril 2009 : ‘Allume la lumière du porche quand il est temps pour moi de rentrer… En attendant, tu me manques!’

Les musiciens du Duke Robillard Band ont participé activement aux sessions d’enregistrement ; soit Bruce Bears aux claviers, Jessie Williams à la basse et Mark Texeira à la batterie. Le renfort des cuivres est apporté par les meilleurs souffleurs de Boston : Doug James au sax baryton, Mike Tucker au sax ténor, Scott Aruda à la trompette et Carl Querfurth au trombone.

Todd possède un sens mélodique développé. C’est également un adepte de l’esthétisme sonore. Et il le démontre dès l’intro d’"If love is a crime". Sa voix est proche, précise, musicale, chargée de feeling. Et devinez qui souffle dans son harmonica, en toile de fond ? L’illustre Kim Wilson. Une ouverture de toute bonne facture (NDR : ça rime !), caractérisée par des accords de guitare particulièrement élégants. "Lousy husband (But a real good dad)" pénètre dans le véritable blues. Bears est passé au piano tandis que Duke a glissé comme partenaire à la six cordes. Les échanges sont de haut vol. Excellent ! Todd est très convaincant au chant, tout au long du blues lent "Used", et son solo est marqué par le style spécifiquement insulaire. Et il est superbe ! Autobiographique, "Why does I train?" est une compo qu’il avait écrite à l'époque de son divorce. Sa voix sanglote. Les cuivres font bloc à l'arrière. Le genre lorgne davantage vers les States. Une coloration qui envahit la plage jusqu’en fin de parcours. Bien exécuté, ce morceau est manifestement marqué de l’empreinte du Duke. Un solide coup de turbo amorce "Can't stand the crook". Les interventions de Kim Wilson à l’harmo sont nettement plus versatiles ; et quand il se déchaîne le Kim, plus moyen de l'arrêter! Il pousse même Sharpville dans ses derniers retranchements ; et enfin, le gamin se libère, émoustillé d'avoir pris la leçon. Séduit par les racines américaines, Todd met le cap sur la Nouvelle Orléans et nous confie qu’"Everything will be allright". Pour la circonstance, Bruce a enfilé les gants de Professor Longhair. La musique emprunte alors une configuration festive. Chaque cuivre s’accorde alors son billet de sortie, à l’instar d’un Street Band au cœur de Bourbon Street. La première plaque s’achève par "Old feeling", une ballade introspective.

Le second cd démarre fort par "When the world's not enough", un rock'n'roll balisé par le piano barrelhouse de Bears. L’intervention de Joe Louis Walker à la guitare est déterminante tout au long de "When the blues come calling", un slow blues que chante passionnément notre Todd. Sculpté dans les cordes acoustiques, "Legacy of greed" est encore souligné par la voix de Sharpville, à la fois belle et empreinte de désespoir. On est alors plongé au sein de la torpeur des bayous louisianais. Les cuivres refont surface lors du solide "Whole lotta lady". Pour la dernière fois sur cet elpee, Kim Wilson revient épauler Todd à l’occasion de son meilleur blues. Intitulé "Misery" il véhicule une immense tristesse. Nous ne sommes alors ici pas loin de ses compatriotes, Paul Lamb and the Kingsnakes. Très en verve, les saxophones s’imposent lors du blues rock très offensif "Busted in pieces". D’excellente facture, cette œuvre s’achève par le bouleversant "Porchlight", un cri d'amour du fils pour son père disparu.