Claud et la musique

Claud sortira son troisième opus studio, « Me and the Music », ce 23 octobre 2026. Ce long playing succède à Supermodels paru en 2023. Pour accompagner cette annonce, il a partagé le single « She Doesn't Love Me », sous forme de clip (et il est disponible…

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Elena Tonra rompt le silence de son projet solo Ex:Re. La voix du combo indie-folk londonien Daughter annonce la publication de Save As, un nouvel elpee attendu pour le 30 octobre chez 4AD. Pour faire patienter l'auditoire, elle dévoile le single d'ouverture…

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Jeff Hershey

Last call

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Deux ans déjà que le légendaire chanteur/guitariste a quitté cette terre ; et depuis, les publications à titre posthume se sont multipliées. Le dernier en date, "Songs from the road", était un ‘live’. "Last call" (NDR : traduction ‘dernier appel’) devrait clore cette série de témoignages.

Jeff n’a jamais caché sa passion pour le jazz des années 20 et 30 ; et c’est cet aspect du défunt artiste qui est ici épinglé. Soit des sessions exécutées en solo, duo et trio, produites par Healey himself ! Il chante, gratte et souffle aussi dans une trompette, soutenu par le violoniste Drew Jurecka ainsi que le pianiste/clarinettiste Woolridge. Depuis 2002, Stony Plain a édité plusieurs opus du défunt malvoyant, consacrés au jazz. Lors de ces sessions, il a reçu le concours des Jazz Wizards. De cet épisode, trois elpees son parus : "Among friends", "Adventures in Jazzland" et "It's tight like that", ainsi qu’un Dvd intitulé "Beautiful noise". Si vous ne connaissez pas cette facette méconnue de feu Healey, vous risquez fort d’être surpris. Et tout particulièrement, tout au long d’"I'm gonna sit right down and write myself a letter", une vidéo proposée sous la forme de bonus track. Un morceau terriblement remuant qui baigne dans le dixieland le plus pur. Jeff s’y réserve les vocaux, mais surtout souffle dans la trompette, à la manière de Louis Armstrong. Il est épaulé par un clarinettiste, un guitariste, un violoniste, un pianiste, un contrebassiste et un drummer. Un titre vraiment excellent.

L'album s'ouvre par "Holding my honey's hand", une plage très manouche. Jeff chante cette compo. Son toucher de guitare est manifestement inspiré par Django Reinhard. Une trompette au son feutré s’immisce au sein du paysage sonore. Mais le plus étonnant procède du rôle joué par Jeff. Et pour cause, en se servant des propriétés du re-recording, il se charge de l’intégralité de l’instrumentation. A la manière, expliquait-il, de Sidney Bechet, qui dès 1941, s’était réservé six instruments sur le même morceau. Il emprunte une voix de crooner pour interpréter la jolie ballade "Time on my hands" ainsi que "Deep purple" (NDR : aucun rapport avec le célèbre groupe de métal!) "Wildcat" se résume à un duo instrumental. Il met en exergue la performance assez extraordinaire du talentueux violoniste Drew Jurecka. Néanmoins, les plages qui m’ont le plus fait flasher sont celles au cours desquelles, la guitare de Healey emprunte des accents bien manouches. Et "You can't pull the wool over my eyes" en est certainement la plus belle illustration. Sa reprise du "Hong Kong blues " de Hoagy Carmichael est superbe. Il y soigne le sens mélodique. Son jeu de cordes tout en accords est un véritable régal pour les oreilles. "I'm gonna sit right down and right myself a letter" baigne au sein d’une ambiance dixieland. Il ne s’agit cependant pas de la même version que celle dispensée lors de la séquence vidéo, puisque Jeff s’y réserve tous les instruments : voix, trompette et cordes. Il opère un bel échange instrumental avec le violoniste Jurecka, tout au long de "Black and blue bottom". Dans les années 20, les guitaristes Eddie Lang et Lonnie Johnson se produisaient régulièrement en duo. Et c’est sous ce line up, qu’ils avaient composé et exécutaient "Guitar duet stomp". Mr Healey joue ici les deux rôles à la fois, en manifestant beaucoup de virtuosité. Empreinte d’une grande nostalgie, cette œuvre s’achève par "Same of these days", un morceau plongé dans une ambiance dixieland d'avant la grande guerre. Dans le style, c’est un véritable délice !

Gush

Everybody’s God

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La pochette d’un album peut parfaitement correspondre à la musique dispensée tout au long d’un opus. Et celle d’« Everybody’s God », le nouvel elpee de Gush, en est une parfaite illustration. En fait, la solution sonore de cette formation française fait l’effet d’un bon jet d’eau dans la tronche… En écoutant « Everybody’s God », on a l’impression d’être réveillé, un peu comme lorsqu’on prend une bonne douche le matin, juste avant de se rendre au boulot ! « Back Home » et l’irrésistiblement gospel « P.nis » sont de véritables brûlots mélodiques. De chouettes claques pop qui vous donnent la pêche, avant d’entamer une journée pénible. En outre, le patronyme du combo correspond au reste du tableau, car Gush signifie ‘jaillissement’ ! La joyeuse bande compose, en effet, des morceaux dont les jaillissements rafraîchissent nos tympans…

Yan, Xavier, Mathieu et Vincent sont frères ou cousins. Teintée de soul et de folk, tout en cherchant à faire la synthèse du pop-rock américain des sixties, leur musique devrait faire des ravages, dans un futur proche. Fait assez rare pour le souligner, les quatre joyeux lurons participent tous à la fête. Ils se refilent chacun leur tour, le lead vocal, au cœur de délicieuses harmonies vocales. Pensez aux Beatles et à Crosby, Stills, Nash et Young, des références de choix pour la formation. Et « Everybody’s God » en est certainement la plus belle illustration. A l’instar de Phoenix, les lignes de basse sont caoutchouteuses. Un feeling contemporain, réminiscent de Kings of Leon, revient régulièrement à la surface. Sculptées dans le folk, les guitares évoquent Coming Soon. Ce qui n’empêche pas l’ensemble de se révéler original. Gush convainc néanmoins sur les compos les plus allègres ; car si les ballades ne sont pas de mauvaise facture, elles semblent procéder d’un exercice de style imposé. Bref, revivalisme et originalité semblent faire ici bon ménage. Une exception qui confirme la règle : « The Big Wheel », un titre qui fait injure à TV On The Radio. Et pas la peine d’insister, vous risqueriez l’écœurement…

Gush se produira dans le cadre du festival Main Square, à Arras, le 3 juillet prochain.

The Go Find

Everybody Knows it’s Gonna Happen Only Not Tonight

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En signant sur le label indépendant berlinois Morr Music, la formation anversoise The Go Find semble avoir trouvé chaussure à son pied. Et pour cause, sa pop légère, paisible (Boards of Canada ?) déversée sur fond d’électronica (Notwist ? Postal Services ?), s’inscrit dans la lignée des autres groupes militant sur le label teuton. Et en particulier Lali Puna, Mùm, Styrofoam ou encore Seabear et The American Analog Set. La bande à Dieter Sermeus n’en est pas à ses balbutiements sur la scène belge, puisque « Everybody Knows it’s Gonna Happen Only Not Tonight » constitue déjà leur troisième elpee. Pourtant, leur deux premiers opus étaient totalement passés inaperçus de notre côté de la frontière. L’occasion était donc belle pour pallier à cette carence en notoriété, chez le public ‘noir, jaune, rouge’

Pas de poudre aux oreilles tout au long de cet elpee. Subtile, l’instrumentation permet au combo de passer de l’acoustique à l’électrique avec une facilité déconcertante ; le tout traversé d’interventions de cuivres particulièrement efficaces. Dieter assure l’essentiel des vocaux ; mais sur de « One Hundred Percent », il cède le micro à sa collègue féminine. Bref, un disque de toute bonne facture que je vous invite à découvrir. Surtout si vous avez l’intention de vous rendre ce 21 août au fesival Pukkelpop, où ils s’y produiront…

D.O.A.

Let’s Wreck The Party

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Imaginez la déception. Déballer un colis postal en pensant y découvrir le nouvel opus de D.O.A., la légende du punk canadienne ; et se rendre compte que l’objet n’est qu’une réédition d’un de ses albums les plus moyens.

S’il y a bien un combo canadien qui peut se targuer d’avoir influencé des générations de punks et d’avoir contribué à initier le mouvement hardcore, c’est sans conteste D.O.A. Dans le genre, le punk simpliste et fédérateur et les lyrics rugueux aux tendances activistes des premiers albums tiennent toujours le haut du pavé. En 1985, D.O.A. avait tenté d’explorer un univers sonore plus fun. « Let’s Wreck The Party » est le résultat décevant de ces expérimentations. Mélanger le punk et le hard rock festif, ce n’est manifestement pas donné à tout le monde.

Pourtant, l’album débute plutôt bien. « Our World » est un titre hard rock assez engageant. Le son n’est pas vraiment excellent ; mais, ce sont les années quatre-vingt, et à l’époque, nous n’étions pas difficiles. « Dangerman », la seconde plage aurait très bien pu battre Nick Cave sur son propre terrain. « Race Riot » est un morceau de punk pur et dur. Violent et vindicatif. Un elpee réunissant des compos de cette trempe aurait probablement fait le bonheur des fans. Le climat se dégrade, cependant, dès le titre suivant. Une reprise incongrue et pas très fun du « Singing In The Rain » de Gene Kelly. Et le déclin s’accentue encore sur « Dance O’ Death », plus proche de la new wave punk dansante des Talking Heads que de D.O.A. Rien de bien brutal donc, caractéristique pourtant très appréciée par les aficionados. Les titres s’enchaînent alors sans se ressembler, mais sans vraiment sortir du lot. Quelques chansons s’apparentent même à du très mauvais Van Halen (« General Strike », « Shout Out ») voire du médiocre Blue Oyster Cult (« Murder In Hollywood », « The Warrior Ain’t No More », « Trial By Media »).

« Let’s Wreck The Party » n’est donc pas l’album à écouter si l’on désire retrouver l’essence de D.O.A. Heureusement, Joey ‘Shithead’ Keithley et son combo ont largement rectifié le tir, après avoir commis cet elpee. Le reste de la discographie de D.O.A. est d’ailleurs suffisamment conséquente si on veut se prendre une bonne dose d’anarchie musicale dans la tronche. Réservé aux fans et aux collectionneurs.

 

The Divine Comedy

Bang goes the Knighthood

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So British… So kitschy! La pochette du dernier long playing de « The Divine Comedy » nous plonge spontanément dans le monde facétieux et précieux de Neil Hannon : nu dans son bain mousseux, il est soigneusement vêtu d’un chapeau melon et d’un nœud pap’, tout en fumant la pipe. En outre, le leader charismatique du groupe irlandais regarde tendrement son labrador en buvant une coupe de champagne (NDR : clin d’œil qui nous rappelle l’amour particulier qu’il porte à la France).

Depuis « Regeneration » (paru en 2001 et produit par Nigel Godrich : Radiohead, Beck, U2, REM…), album purement britpop réservant une place importante aux guitares, l’auteur-compositeur-interprète britannique a décidé de réintégrer doucement une musique plus baroque et orchestrée. L’esprit Scott Walker est à nouveau présent ; et ce retour aux sources ne devrait certainement pas déplaire aux fans de la première heure. Si on y ajoute la participation récente de Neil Hannon dans la comédie musicale, « God Help The Girl », de Stuart Murdoch (« Belle & Sebastian »), les artères principales du corps du dixième album studio de The Divine Comedy sont tracées. Influence que l’on peut entendre, entre autres, sur « Island Life ».    

« Bang goes the Knighthood » propose dès lors une pop symphonique sophistiquée voilée de cordes (« Down In The Street Below »), de cuivres («Assume The Perpendicular »), et d’ivoires (« Can You Stand Upon One Leg »). Un piano et une batterie saccadée hantent la majorité des titres de ce dernier opus. L’ensemble nous offre une variété originale de morceaux uptempo (« Neapolitan Girl »), dont la fausse simplicité caractéristique des premiers albums de The Divine Comedy (« Island Life ») résonne en écho.

La piste introductive, « Down In The Street Below », donne d’emblée le ton général de l’album. Une ballade qui courtise et côtoie incestueusement une comédie musicale populaire fardée de mélancolie et de fantastique. Subtilement, certains morceaux se livrent par moments à des excentricités piano-bar jazzy. A l’instar de « Have You Ever Been In Love ». D’autres, au contraire, présentent un profil plus classiquement britpop. Le single « At The Indie Disco », notamment. L’ensemble nous livre cependant une grande musique pop/baroque et un storytelling capricieux d’une grande cohérence (NDR : esprit grandiloquent qui se rapproche parfois de celui des Irrepessibles. Douze titres finement ciselés qui nous feraient presque oublier les  réalisations précédentes prétentieusement bâclées.              

Album original que l’on pourra également trouver en édition limitée. Ecrin contenant un livret photos griffonné de réflexions de Neil Hannon et un disque bonus du légendaire ‘Live at Cité de la Musique’. Concert de reprises de chansons françaises (chantées en Français !) livré à Paris en 2008 au tracklisting surprenant :

1.         "Amsterdam"
2.         "L'Amour est Bleu"
3.         "Poupee de Cire"
4.         "Les Playboys"
5.         "The Songs That We Sing"

6.         "Les Copains d'Abord"
7.         "Anita Pettersen"
8.         "Sexy BB"
9.         "Joe Le Taxi"
10.       "Je Changerais d'Avis"

Disiz Peter Punk

Dans le ventre du crocodile

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« Disiz The End » annonçait laconiquement son dernier album, paru en 2009. Sérégine M’Baye tentait de mettre à mort son personnage de Disiz La Peste, catapulté sur le devant de la scène, grâce à son tube « J’pète les plombs » (200 000 albums et 500 000 singles vendus!), un pseudo inspiré du film de Joel Schumacher sorti en 2000, « Chute Libre », mettant en scène Michael Douglas. Le rappeur d’Evry (NDR : c’est en banlieue parisienne) souhaitait explorer de nouveaux horizons sonores et surtout s’éloigner du milieu hermétique du hip-hop hexagonal. Pari risqué lorsqu’on connaît ses antécédents hip-rock (Silmaris, Pleymo, Crazy Town et consorts…) Des voyages accomplis à New-York et en Mauritanie lui ont permis d’élargir ses influences musicales. Si Disiz conserve son flow et ses lyrics bien particuliers, les ambiances, elles, partent dans tous les sens. Tout n’est pas parfait mais certains passages sont irrésistibles.

Après une intro explicite intitulée « Mutations », dont les sonorités africaines sont inspirées du manga Akira, il embraie par le single imparable « Dans le ventre du crocodile ». Caractérisée par sa rythmique technique et festive inspirée du LCD Soundsystem, cette ode à l’enfance est soulignée de textes percutants. « Rien comme les autres » est un véritable morceau rock sur lequel Disiz… chante ! Sa voix est très limite. Et il avoue cette carence, ajoutant avoir d’ailleurs pris des cours. « Yeah Yeah Yeah » et « Jolie Planète » sont moins réussis. A cause de leurs riffs punk/métal un peu gras et trop basiques. Ce qui n’empêche pas l’humour au second degré des lyrics de faire des ravages. « Trans-Mauritania » est interprété en peul (la langue des touaregs). Un chouette morceau dont les références oscillent entre Talking Heads, XTC et Foals. Mais les meilleures compos sont également les plus mélancoliques et balisées par le piano. En particulier « Paradoxe » et « Je t’aime mais je te quitte » (clin d’œil au slogan de la France de Sarkozy). « Dans le ventre du crocodile » est un album inégal mais fort intéressant. Et ma foi, son challenge d’entrer dans l’univers du rock par la grande porte est pratiquement réussi…

Revers de la médaille, Disiz a probablement perdu tout crédit auprès des fans de hip-hop old school. Mais en démontrant qu’il existe une vie après le rap, l’artiste est parvenu à se réinventer un nouveau personnage, unique en son genre, libre de s’exprimer comme il le souhaite, et très susceptible de conquérir un public bien plus large.

Chickenfoot

Get Your Buzz On Live (Dvd)

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Quand quatre mecs aussi doués et célèbres que Joe Satriani, Chad Smith (Red Hot Chili Peppers), Sammy Hagar (Montrose, Van Halen) et Michael Anthony (Van Halen) décident de réunir leurs efforts pour composer onze titres, il faut en payer le prix. Et donc rentabiliser au maximum le projet. On publie une première fois les onze titres sur un album officiel. Six mois plus tard, on les ressort en digipack édition limitée enrichis d’un Dvd de clips vidéo. Et finalement, on les refourgue une troisième fois sur un Dvd live. En ces temps difficiles pour l’industrie discographique, parvenir à vendre trois fois les mêmes compositions en moins d’un an, c’est un exploit remarquable. Surtout que le public (votre serviteur en premier) n’a pas vraiment envie de se plaindre puisque le Dvd « Get Your Buzz On Live », tout comme l’album « Chickenfoot » et sa déclinaison ‘limitée’, est une véritable tuerie.

Bien plus que des musiciens célèbres, Satriani, Smith, Hagar et Anthony sont de véritables bêtes de scène. A la fois virtuoses, clowns et showmen accomplis, les Chickenfoot sont ‘le’ supergroupe par excellence. Insérer « Get Your Buzz On Live » dans un lecteur Dvd, c’est se payer une incroyable partie de plaisir. Hormis les deux reprises du rappel (« Bad Motor Scooter » de Montrose et « My Generation » des Who), Chickenfoot nous ressert une nouvelle fois les onze titres de l’album studio ; mais les musiciens ont le bon goût de les triturer ‘à l’ancienne’ ; c’est-à-dire en les tirant en longueur à grands coups d’improvisations jouissives. Comment d’ailleurs ne pas rester scotché devant les soli de l’immense Joe Satriani ? L’un des meilleurs guitaristes du monde. Aucun doute à ce sujet. Pourtant, il faut bien le quitter des yeux pour pouvoir apprécier les grimaces du déjanté Chad Smith ou pour profiter de l’incroyable complicité qui lie Sammy Hagar à Michael Anthony. Le groupe est soudé et l’ambiance festive communicative. Bref, « Get Your Buzz On Live » est La leçon de rock’n’roll ultime.

Comme tout Dvd qui se respecte, il est enrichi de bonus. Passons sur la galerie photos (inutile, comme toutes les galeries photos). Mais ne ratons surtout pas le documentaire. Celui-ci est constitué d’une succession de séquences hilarantes où l’on peut voir, entre autres, Chad Smith se promener en rue, le micro à la main, demandant aux passants s’ils connaissent Chickenfoot. On peut aussi y découvrir Sammy Hagar interviewant Bob Weir, le guitariste des Greatful Dead, Joe Satriani interviewé par le guitariste de Spinal Tap et un entretien très amusant entre Michael Anthony et le DJ américain Adam Carolla.

Si vous avez aimé Chickenfoot en studio, vous adorerez la version live !

 

Oli Brown

Heads I win tails you lose

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Oli Brown n’a pas encore vingt ans ; et pourtant, ce très jeune chanteur/guitariste anglais a été signé par Thomas Ruf, il y a déjà deux ans. Ce qui lui a permis d’enregistrer son premier elpee, "Open road". Mais pour concocter ce nouvel opus, Ruf a fait appel au mythique Mike Vernon à la mise en forme.

Au cours des sixties, Vernon a énormément apporté au blues. Il constitue même une des pierres angulaires du succès remporté par le british blues, à l’époque. Il a ainsi signé des tas de futures légendes ; et en particulier Eric Clapton ainsi que Peter Green. Vernon s’était retiré de la scène musicale depuis une dizaine d'années ; mais en écoutant Brown, il n’a pu résister à reprendre du service. Il ne faut pas oublier, non plus, que lorsque les gratteurs anglais, populaires au cours des sixties, se révélèrent au public, ils étaient eux aussi fort jeunes. Bref, le courant est fort bien passé entre le gamin Oli et le vieux renard, Mike. Oli est entré en studio en compagnie de ses musiciens : le bassiste Gary Rackham, le drummer Jamie Little ainsi que Dave Lennox, un claviériste jouissant d’une grosse réputation outre-Manche.

Brown attaque "Evil soul". Effréné, le tempo est imprimé sur celui du chemin de fer. Sa six cordes occupe la quasi-intégralité de l’espace sonore. Son timbre vocal est encore juvénile, mais bien posé. "Makes me wonder" s’inspire manifestement du regretté Stevie Ray Vaughan, mais sans la puissance et le groove du Texan. Brown et Vernon cosignent deux morceaux. Tout d’abord "Keeping my options open", une plage caractérisée par sa rythmique répétitive, dansante. Puis "Speechless", une ballade savoureuse, mélodieuse, au cours de laquelle Vernon et son jeune élève reprennent le refrain de concert ; une chanson qui permet à Oli de signer une excellente sortie sur les cordes. Soutenue par l’orgue de Lennox, la cover du célèbre "Fever" ne manque pas de dynamisme. Brown chante "Not a word to say", en y injectant tout son feeling, toute sa passion. Une plage indolente de toute bonne facture. Dans le même registre, "I can make your day" permet à Vernon de mettre son talent en exergue. "Real good time" et "Take a look back" sont des morceaux sculptés dans le funk. Vernon appuie le chant, alors que les cordes s'évadent constamment. La reprise du "No dignity" de Bill Withers lorgne vers la soul. Bien ficelée, elle illustre le boulot accompli par le producteur tout en soulignant le brio de l’artiste. "Love's gone cold" constitue le slow blues de circonstance. Très ‘british’, chargé d’intensité dramatique, il est caractérisé par le recours à la formule questions/réponses entre le chant et les cordes. Une formule reconduite sur "On top of the world", un titre funky qui achève cet excellent opus…

 

The Avett Brothers

I and Love and You

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Méconnus en Europe, les frères Avett comptent déjà 6 elpees à son actif. Leur premier remonte à 2 000 et s’intitulait « I and Love and You ». Les frangins (Scott au banjo et Seth à la guitare) sont de véritables stars au sein de leur Caroline du Nord natale ; et jouissent d’une notoriété certaine aux States. Le duo de jeunes cowboys se charge également des parties vocales. Ils sont épaulés par le bassiste Bob Crawford. Leur folk basique évoque les montagnes rocailleuses des Catskills. Le vénérable San Fransisco Chronicle leur a consacré un article, en décrivant leur musique comme véhiculant la tristesse de Townes Van Zandt, empruntant la concision pop et légère de Buddy Holly et libérant l’énergie brute des Ramones. Comparaisons flatteuses et exagérées ? Pas tant que ça... et Rick Rubin n’a d’ailleurs pas hésité à les signer sur son propre label, dès 2008. Le gourou barbu est d’ailleurs responsable de la mis en forme de leur dernier essai en date.

Une production assurée par Rick Rubin, un classement au Billboard et une signature chez Sony Music : serions-nous en présence d’authentiques disciples de la country mainstream, descendant des Appalaches ? Peut-être chez un puriste né en Arkansas sous le drapeau sudiste ; mais pas le moins du monde pour de modestes oreilles européennes.

Baignant tour à tour au sein de climats profonds ou légers, les perles se succèdent tout au long de cet elpee. Depuis « I and Love and You » à « January Wedding » (NDR : soutenue par de superbes accords de piano, très présents tout au long de ce disque, cette compo est dédié à Audrey Hepburn), en passant par « Kick Drum Heart », un morceau qui aurait fait le bonheur du Creedence et « Ten Thousand Words », un véritable classique digne des années 70. Et certaines plages auraient pu figurer au répertoire de My Morning Jacket, en plus roots et passionné ! Wilco n’est pas loin. Ce qui devrait vous donner une petite idée du style pratiqué par The Avett Brothers.

Cet album a atteint la 16ème place des charts américains… au grand désespoir des nombreux fans du groupe. L’Europe les découvre alors que le combo vient d’atteindre sa pleine maturité. Une bonne raison pour ne pas passer à côté de ce long playing…  

 

Vinc Project

My Story…

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Paru il y a presque deux ans, cet opus est le résultat d’un travail solo de Vinc, mieux (?) connu comme guitariste au sein de la formation suisse Ever Since. Alors, la question à deux balles : Ever Since, cékiça ???

Voilà, voilà. Ever Since est un groupe de ‘melodic dark metal’ (ben oui ça existe) helvétique, connu seulement par les spécialistes du genre ou par les autochtones du pays du gruyère et de Fendant (vin blanc du coin). On soulignera tout de même que ce combo compte plus de dix ans d’existence et trois albums à son actif.

Après avoir collaboré une décennie aux réalisations des hardeurs helvétiques, Vinc se la joue perso depuis 2008.

Elpee entièrement écrit, joué et interprété par cet amateur de néo métal, ce ‘Project’ se veut avant tout autobiographique. En une petite dizaine de titres, Vinc nous raconte les déboires de sa vie sentimentale sous forme d’un voyage sombre, torturé et mélancolique. Autant dire tout de suite que « My Story » ne transpire ni de bonne humeur ni d’hilarité… Vinc a donc concocté neuf morceaux inspirés d’une espèce de métal mélodieux (ça existe ce truc ?)

A vouloir mélanger les genres –guitares acoustiques, violons, violoncelles d’un côté et artillerie lourde de l’autre– on a l’impression que notre artiste s’emmêle les pinceaux, hésitant même entre la musique de film (voulait-il imiter le génial Mike Oldfield, responsable de la B.O. de « L’exorciste ») et l’opéra rock tragique ‘bon marché’. Hélas, le résultat est loin, très loin, d’atteindre un niveau intéressant. 

En un mot comme en cent cet album est ‘trop’. Trop lourd, trop sirupeux (violon, violoncelle), trop doux ou trop hard. Bref, il est totalement indigeste ; car Vinc a voulu enfiler des gants de velours à de grosses pattes velues. Ça le fait pas du tout. On dirait plutôt une grosse soupe préparée à l’aide de tout ce qu’il avait sous la main. Et cette mixture sonore devient du grand n’importe quoi. Des styles qui s’opposent et qui ne s’harmonisent pas du tout. Un peu comme si le grand ogre gourmand devenait gardien d’enfants dans une crèche de mioches. Bonjour les dégâts…

Bref, un ‘Project’ qui aurait mieux fait de rester à l’état de ‘projet’, tout simplement !

 

Various Artists

The Afrosound Of Colombia Volume 1

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L’écurie Vampisoul nous propose un voyage à travers l’âge d’or colombien du label Discos Fuentes. Maître des rythmiques endiablées durant les 60’s et 70’s, Antonio Fuentes Estrada est la première personne à avoir lancé un label en Colombie. Créé en 1934, à Carthagène, Disco Fuentes est surtout notoire pour ses disques mélangeant savamment sonorités afro telles que la cumbia, le fandango ou encore le porro. Souvent comparée à la Motown, pour sa démarche unique en son genre, l’écurie colombienne vient de refaire surface par la grâce de Vampisoul, dont le travail de fouilles dans les archives des musiques du monde devient de plus en plus impressionnant

Le premier volume de « The Afrosound Of Colombia » est double. En outre, il est enrichi d’un superbe booklet incluant notes, photographies rares et biographie d’artistes. Un bel objet collector, comme toute réédition de qualité qui se respecte.

Impeccablement remasterisée, l’œuvre est découpée en 43 titres. Des compos caractérisées par leur richesse musicale. Ici la musique vient du cœur. Elle est dansante, ensoleillée, mais avant tout le fruit d’un mélange de rythmes latino et de percussions frénétiques. Et les inconditionnels du R’n’B à deux cents peuvent d’ores et déjà passer leur chemin ! Au bout du compte, on se rend compte que la Colombie ne se limite pas à la coke et Pablo Escobar ! A cet égard, il faut remercier Monsieur Fuentes, pour son incroyable feeling ! En signant des groupes ou artistes comme Wgandia Kenya, Afrosound ou encore Michi Sarmiento, le label Disco Fuentes va rencontrer un énorme succès, et surtout faire vibrer toute la République du Nord-Ouest de l’Amérique du Sud. En outre, le concept Fuentes est indissociable de Fruko, l’enfant terrible du label qui apportait sans aucun doute un plus au sein de l’écurie ! Véritable génie déchaîné, on doit à Fruko des titres aussi excitants que « Flores Silvestres », « El Ausente » ou encore l’excellent « Tihuanaco », caractérisé par ses bongos et congas jubilatoires ! Hautement recommandable à toutes celles et tous ceux en recherche perpétuelle de nouvelles sensations !

Evenline

The Coming Life (EP)

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Les médias français ont toujours cette fâcheuse tendance à ne supporter qu’à moitié leurs combos nationaux. Et en particulier dans l’univers du pop, du rock et du metal. Avant de soutenir leurs meilleurs artistes, ils attendent l’aval d’un pays étranger. Pourtant, au sein de l’Hexagone, il existe également des formations d’envergure internationale. Tous n’attendent qu’un seul signal : une opportunité de se faire connaître auprès des médias. Alors, chers confrères d’outre-Quiévrain, nous vous communiquons une info importante : le prochain combo à soutenir, celui qui ne tardera pas à cartonner dans le monde entier s’appelle Evenline ; et il vient tout droit de chez vous !

Evenline s’est formé en septembre 2009 en Ile de France. Son premier Ep, « The Coming Life », est la quintessence du métal moderne. Une voix magnifique : celle d’Aarno. A coup sûr, l’une des plus belles de l’Hexagone dans ce style musical. Elle transcende les compositions qui s’inspirent (et surpassent même par moment) ce que l’on a produit de meilleur de l’autre côté de l’Atlantique, au cours des dernières années.

Malgré sa courte carrière, Evenline n’a pas vraiment grand-chose à envier (si ce n’est la reconnaissance) à tous les Staind, Alter Bridge, Creed, Pearl Jam, Alice In Chains ou Nickelback du monde. C’est bien simple, sur les cinq titres de « The Coming Life », il n’y a pas moins de cinq hits potentiels. Pour un premier Ep, la qualité est absolument irréprochable. Ce mélange de titres heavy et bien chantés et de ballades percutantes rappelle le style des excellents Slovènes de LastDayHere. La seule chose qui manque encore à Evenline, c’est le soutien massif du public ; mais, vu la qualité, cette réaction ne saurait tarder.

« The Coming Life » est disponible en écoute sur la page MySpace du combo  (http://www.myspace.com/evenlinemusic). Si vous êtes de ceux que le rock/métal moderne à l’américaine fait frissonner, ruez vous sur cet Ep !

Girls in Hawaii en deuil

Écrit par

Le drummer de Girls In Hawaii, Denis Wielemans, est décédé au cours de la nuit du samedi 29 au dimanche 30 avril. Il s’est crashé en voiture, à Bruxelles, près du tunnel Madou. Agé de 27 ans, Denis était le jeune frère d’Antoine, le chanteur de Girls in Hawaii. Il était également impliqué au sein du projet de Daniel Offermann, Hallo Kosmo, responsable d’un second album, cette année. Toutes nos pensées émues vont à leur famille et à leurs proches.

Hip-hop made in Canada

Écrit par

En 2010, Kütu Folk Records sera plus prolifique que jamais, avec les sorties des albums de Soso, Hospital Ships, Evening Hymns, The Delano Orchestra et Leopold Skin, tous cousus-mains, comme de coutume. L’écurie française ouvrira le bal par SoSo, lors de la sortie de « Tinfoil On The Windows », dont la sortie est prévue pour ce 14 juin 2010.

Originaire de Saskatoon (Canada), SoSo (Troy Gronsdahl) est connu pour ses productions soignées, sincères et aériennes grâce auxquelles il est vite devenu un incontournable du milieu hip-hop indépendant.

http://www.myspace.com/sosososo
http://www.kutufolk.com/

Tracklist “Tinfoil On The Windows”

1. Rubber rings
2. Company of chairs
3. All the useless things these hands have done
4. The names of all the trees
5. Your mom is in the next room
6. Floorboards and
7. One eye open
8. For a girl on a faraway hill

 

H.E.A.T.

Freedom Rock (a)

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L’A.O.R est une des nombreuses déclinaisons du hard rock que l’on croyait moribonde depuis les années 90, c’est à dire l’avènement du grunge. Heureusement, certains irréductibles n’ont jamais lâché l’affaire. La bête sommeillait simplement, tapie dans son trou en attendant l’heure du retour. Tout récemment, le comeback fracassant d’anciennes gloires du genre (House Of Lords, Giant, Dare) a réveillé l’intérêt des labels et suscité de nouvelles vocations.

H.E.A.T. est originaire de la petite ville suédoise d'Upplands Väsby, dans la région de Stockholm. La même ville qui en 1979 avait déjà enfanté un monstre du rock mélodique baptisé Europe. Formé en 2007, le sextet avait été élu ‘Meilleur Nouveau Groupe’ par les auditeurs de la radio nationale suédoise après sa participation au célèbre ‘Sweden Rock Festival’.

Si le groupe est nouveau, la musique elle ne l’est pas vraiment. « Freedom Rock » aurait probablement fait un carton s’il était sorti entre 1984 et 1989. Tout sur ce disque évoque le meilleur du rock mélodique ‘à l’européenne’. Le chant harmonieux est soutenu par des chœurs qui le sont tout autant. Les riffs accrocheurs, les soli fluides et les parties de claviers imparables sont mis au service de titres rock mid-tempo et de jolies ballades. De quoi raviver des souvenirs humides aux nostalgiques des années quatre-vingt. Si votre cédéthèque regorge d’œuvres de groupes ou formations comme Europe, Alien, Dare, Tobruk, FM, Fate, Shy, Treat ou Skagarack, il est grand temps de lui offrir une petite nouveauté. « Freedom Rock » fera surement l’affaire.

Notons pour les fans, la participation vocale exceptionnelle de Tobias Sammet (Edguy, Avantasia) pour l’excellent « Black Night ».

Editors

Un final hallucinant !

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La Caserne Fonck de Liège accueillait un concert surprise des Editors, ce vendredi 28 mai 2010. A peine 700 places avaient été mises en vente pour cet événement. Pas étonnant que le set ait été décrété sold out en deux temps trois mouvements. Mais pourquoi cette prestation ? En fait les Editors souhaitaient opérer un warm-up de leur nouveau spectacle prévu pour les festivals d'été. Au départ, le combo avait envisagé se produire dans une église. Mais ces édifices ne leur ouvrant que trop difficilement leurs portes, ils ont accepté de se produire à la Caserne, dont l’architecture offrait certaines similarités. Et puis quoi de plus logique de jouer à Liège, lorsque le lendemain, on est programmé au Pinkpop, dont le site n’est séparé que d’une petite heure de route.

Les réjouissances démarrent à 20h30. La formation sympathique Willow débarque sur le podium pour y dispenser un pop-rock de bonne facture. Peu bavards entre les morceaux, les musiciens dégagent cependant suffisamment de charisme pour chauffer la salle.

21h30 précises La bande à Tom Smith monte sur les planches. Immédiatement, le ton est donné. Le son est excellent. Les différents instruments libèrent des sonorités cristallines. Le combo semble avoir la pêche (NDR : à contrario de leur set accordé en 2008, à l’AB ; une prestation, soit dit en passant, qui m’avait laissé sur ma faim). La formation insulaire est, bien sûr, venue présenter son dernier opus ; mais elle a le bon goût de puiser sa set list au sein de ses trois elpees. Les tueries sont légion. Ce qui n’empêche pas le band de nous réserver quelques compos plus intimistes. A l’instar de "No Sound But The Wind", que chante Tom en s'accompagnant uniquement d’un piano. Une plage programmée entre "The Racing Rats" et "Smokers Outside The Hospital Door" (NDR : l’unique titre un peu trop mou à mon goût !) Imparable, "Papillon" achève le concert. Une heure au cours de laquelle les Brummies ont enchaîné douze titres, que Tom, dans un français quasi-impeccable, ose à peine perturber…

Pas le temps de reprendre son souffle que Tom, Chris, Russ et Ed remontent sur les planches pour se lancer dans un rappel. Qui s’étalera sur six titres. Mais si volet principal se concentrait essentiellement sur les tubes du groupe, le rappel nous proposera des morceaux moins connus, moins évidents à appréhender. Et en finale, le combo nous accordera une compo totalement hallucinante. Intitulée "Fingers In The Factories", elle constitue la cerise sur le gâteau, après une  heure et demie de concert.

Un grand merci aux Editors dont on attend, bien sûr, de nouvelles surprises de ce style…

(Voir aussi notre section photos)

 

 

Thee Vicars

Back to the sixties…

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Le Water Moulin nous proposait une belle double affiche ce samedi 28 mai. Au fil des concerts, ce club devient, ‘the place to be’, au sein de l’univers du rock hors circuit traditionnel, dans la région tournaisienne. Faut dire que depuis la création de la très active ASBL locale, ‘OFF’, cette maison bourgeoise est devenue un véritable antre du r’n’roll. Après une bonne année d’activité, les organisateurs ont frappé fort en programmant le même soir, les Lillois de Teenage Moonlight Borderliners et la nouvelle sensation anglaise psychédélique et 100% énergique, Thee Vicars. Cette soirée très attendue avait donc attiré la foule ; et notamment des mélomanes issus du Nord de la France et de Flandre.

Il incombait au duo français, Teenage Moonlight Borderliners, d’ouvrir les hostilités. Le public était tellement impatient de découvrir nos 4 énervés de la Perfide Albion, que la bonne prestation du duo lillois, responsable d’un rock énergique alimenté par 2 guitares incisives et une rythmique minimaliste mais efficace, est malheureusement passée quelque peu inaperçue ; une bonne partie du public goûtant encore un peu à l’air printanier, avant d’entrer dans le Water Moulin qui allait bien vite se transformer en four.

Thee Vicars, c'est certainement le plus jeune groupe européen de garage qui tourne pour l’instant. Ils sont sur la route depuis avril 2009 et ne poseront leurs instruments à Bury St. Edmunds, dans la région d'Ipswich, leur patrie d’origine, qu'en novembre prochain, si tout va bien...

Après une courte pause boisson, les musiciens se frayent un chemin à travers la salle qui se remplit d’un seul coup. Nos 4 Anglais, à peine sortis de l’adolescence investissent la petite scène du Water Moulin. Il ne faut que quelques secondes pour comprendre qu’un grand moment de rock’n’roll va se produire ! Il leur suffit de quelques riffs pour transmettre leur énergie hautement contagieuse à une véritable meute qui n’en demandait pas tant. Le public est véritablement en ébullition et le Water Moulin, pour l’heure, transformé en club enfumé du Londres des premières heures des Stones, Kinks, Standells ou autres Who, dont les Vicars sont les dignes héritiers.

L’ambiance n’est d’ailleurs pas sans rappeler les 30’’ du concert des Yardbirds au célèbre Marquee dans le cultissime film ‘Blow up’ d’Antonioni contant les pérégrinations d’un photographe de mode dans le swinging London. A l’énergie musicale vient se greffer une ambiance psychédélique quasi-magique dominée par la voix de Mike Whittaker, soutenue par ses 3 comparses ; l'ensemble faisant montre d'une puissance et d'une maturité étonnante. Ils ne desserreront jamais leur étreinte, durant les presque 2 heures que va durer la prestation, sur un public qui n’était pas en reste et en redemandait…

Thee Vicars est incontestablement un très grand groupe de scène, comme on en a peu vu dans la cité scaldéenne. En outre, le combo a eu le mérite d'attirer un public multi-générationnel. Rarement on a vu des gars de cet âge perpétuer, de manière aussi magistrale, l'esprit des early sixties. Ce ne sont pas les articles dithyrambiques récemment parus dans Rock'n'Folk et les Inrockuptibles qui le démentiront. S'il fallait encore mettre l'accent sur leurs grandes qualités, on signalera qu'ils ont joué en support des Black Lips sur toute leur tournée européenne et anglaise !!! Vous l'avez compris, ils sont chauds très chauds et ils sont passés par Tournai un soir de mai...

Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que leur nouvel album, intitulé "Psychotic Beat", vient juste de sortir sur Dirty water records. Et il comporte 13 titres !

Les mutations de Pivot

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Pivot a divulgué quelques infos relatives à son nouvel album, son nouveau patronyme et la publication de sa nouvelle vidéo. « Church With No Magic » succèdera à « O Soundtrack My Heart », le 9 août prochain et paraîtra chez Warp. Pour la circonstance, Pivot fait place à PVT. Une évolution marquante est également prévue dans leur musique. Si vous voulez en savoir davantage, je vous invite à aller jeter un œil et une oreille sur le clip de “Window”, le premier single, dirigé par Clemens Habicht.

http://pvtpvt.net

Tracklisting:

01. Community
02. Light Up Bright Fires

03. Church With No Magic
04. Crimson Swan
05. Window
06. The Quick Mile
07. Waves & Radiation
08. Circle Of Friends
09. Timeless
10. Only The Wind Can Hear You

Elliott Smith

Roman Candle

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Les ayants-droits n’en finiront probablement jamais de piller les réserves du plus grand songwriter de sa génération. Après voir réédité « From a Basement on the Hill » en 2004 et « New Moon » en 2007, Domino a décidé de ressortir « Roman Candle », le premier album de Mr. Smith. Un elpee initialement paru en 1994 chez Cavity Search. Mais devrait-on pour autant bouder notre plaisir ? Il est tentant de critiquer cette nouvelle initiative, surtout lorsqu’elle est destinée à se faire du blé sur la tombe d’un artiste. De la qualifier d’indécente. De stigmatiser cette opération mercantile. D’hurler à la trahison. Ou parce qu’elle est susceptible de troubler le repos de l’âme du chanteur texan… mais dès les premières notes du morceau d’ouverture, « Roman Candle », l’auditeur ne peut que se réjouir de retrouver la douceur de ces voix doublées et la pureté de ces mélodies douces et fragiles…

Album injustement méconnu, « Roman Candle » recèle toute une série de perles dont les magnifiques « No Name # 2 » et « Condor Avenue » (proches des trésors d’« Either/Or »). Quel compositeur contemporain ne signerait-il pas des deux mains pour hériter d’une seule seconde d’inspiration qui a permis à feu Elliott d’écrire ces neuf morceaux figurant sur cet elpee. Le disque avait été enregistré sur un quatre pistes ; et pourtant, jamais les plages n’émargent à la lo-fi, tant Smith maîtrise son sujet. Chaque note frappe en plein cœur. Qu’elles émanent de ses cordes de guitare ou de sa voix. Des chansons probablement trop lourdes à porter pour un musicien tellement peu sûr de lui, malgré son immense talent ! Des ses débuts, il était déjà au sommet de son art. Et il l’ignorait. Ce « Roman Candle » est pourtant un classique. Et dire que ces morceaux n’auraient jamais été publiés, si sa petite amie n’avait pas eu la bonne idée de les envoyer à une maison de disques… bien entendu ravie de l’aubaine… Indispensable!

Décès du bassiste de Slipknot

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Les métalleux masqués de Slipknot sont en deuil. Le bassiste, Paul Gray, a été retrouvé mort dans une chambre d'hôtel de l'Iowa, région dont sont originaires tous les membres de la troupe. Les causes du décès n'ont pas encore été dévoilées. Gray était âgé de 28 ans à peine. 

Serena-Maneesh

No 2 : Abyss In B Minor

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Formé en 1999, Serena-Maneesh s’est illustré en 2006, lors de la sortie de son premier album éponyme. Un opus pour lequel, les Norvégiens étaient déjà parvenus à bien s’entourer, puisque Martin Risi (Swans, Sonic Youth) y assurait la production alors que Mr. Sufjan Stevens y opérait une petite apparition (NDR : au sein d’un univers musical pourtant assez éloigné du sien). Un disque qui leur a valu d’excellentes critiques auprès de la presse internationale. Un début plus que prometteur qui leur a permis d’ouvrir pour la tournée européenne des Dandy Warhols, mais aussi d’Oasis, sur le territoire insulaire. 

Leur second elpee est sobrement baptisé « No 2 : Abyss In B Minor ». Et première constatation, on y retrouve les mêmes influences que celles rencontrées sur leur opus initial. Notamment puisée chez My Bloody Valentine (NDR : pensez à leur œuvre maîtresse « Loveless ») et Sonic Youth. Donc à la fois dans le shoegaze et la noise. Nappes de guitares torturées, bourrées d’effets, en couche, claviers atmosphériques ainsi que vocaux limpides partagés entre Emil et Hilma Nikolaisen, constituent la trame de cette expression sonore. Et le timbre de la frangine est tellement proche de celui de Bilinda Butcher (MBV). Différence, mais elle est de taille, la formation scandinave accorde un soin tout particulier aux rythmiques. C’est d’ailleurs ce qui fait leur marque de fabrique. Complexes, caoutchouteuses, puissantes et précises, elles apportent une dimension toute personnelle aux compos. Conférant une certaine organisation au chaos noisy. A tel point que les mélodies subtiles, complexes, en deviennent terriblement contagieuses. Voire même envoûtantes. « No 2 : Abyss In B Minor » nécessite cependant plusieurs écoutes avant d’être apprécié à sa juste valeur. Mais les 38 minutes que se partagent les 8 morceaux de cette œuvre valent leur pesant de ‘noisy’. Probablement un des meilleurs albums de shoegazing de l’année.

A noter que le groupe se produira dans le cadre du festival de Dour, ce vendredi 16 juillet.