La nation fantôme de The Besnard Lakes…

Le septième opus de Besnard Lakes, « The Besnard Lakes Are the Ghost Nation », paraîtra ce 10 octobre, confirmant ainsi son statut de l'un des groupes les plus constants de ces 20 dernières années, dont la vision et la qualité sont difficilement égalables…

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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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Dead Confederate

Wrecking Ball

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Il aura fallu deux années à « Wrecking Ball », premier album de Dead Confederate, pour traverser l’Atlantique. Motif ? Leur signature chez le petit label indépendant The Artists Organization (TAO). Issu d’Athens (à l’instar de REM, B52’s ou encore Of Montreal), cette formation a créé un petit buzz, il y a deux ans, sur la scène indépendante américaine. Certains magazines iront même jusqu’à les comparer à Nirvana, alors que d’autres les consacreront comme une des révélations, en 2008. Le groupe va alors énormément tourner. Tant sur le sol yankee qu’en Europe. Un périple qui va leur permettre de se produire lors de l’édition 2009 du Pukkelpop. On était donc curieux d’entendre ce que le combo avait dans le ventre, sur disque…

Dès l’ouverture des hostilités, c’est la voix d’Hardy Morris qui frappe. Une voix au timbre éraillé, toujours à la limite de la rupture. Combien de paquets de cigarettes a-t-il pu fumer et combine de bouteilles de whisky a-t-il pu siffler, pour se payer un tel organe vocal ? Musicalement, le mélange ténébreux de grunge et d’alt country, pratiqué par Dead Confederate, aurait pu naître d’une rencontre hypothétique entre Nirvana, Kings Of Leon et My Morning Jacket. Paru en single, « The Rat » illustre parfaitement cette combinaison. Les sonorités de guitare sont sauvages, intenses et parsemées d’effets larsen. Sans pour autant négliger le sens mélodique. A cet égard, « Goner » en est certainement la plus belle illustration. Et la sensibilité mélancolique omniprésente. J’épinglerai enfin « Flesh Colored Canvas », un morceau de 12’, tout en crescendo et en atmosphère, dont le final libère une puissance vraiment dévastatrice…

Dead Confederate vient donc de confirmer tout le bien qu’on pensait de lui. Et si la sortie européenne de cet opus a pris un certain retard, sachez quand même que cette nouvelle mouture de « Wrecking Ball » est enrichie de trois bonus tracks, de la même trempe…

 

Dropkick Murphys

Live On Lansdowne – Boston MA

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Depuis neuf ans, les Dropkick Murphys célèbrent chaque année, la Saint-Patrick, la fête nationale Irlandaise, en public, dans leur fief de Boston. Nous disposions déjà d’un aperçu audio des festivités vécues en 2002, sur l’énorme « Live On St. Patrick’s Day ». Lors de l’édition 2009, les Dropkick ont vu les choses en grand. « Live On Lansdowne – Boston MA »  constitue le vibrant témoignage de ces sept concerts accordés au Lansdowne de Boston, entre le 12 et le 17 mars de l’année dernière. Que toutes celles et tous ceux qui, comme nous, n’ont pas eu la chance d’assister à l’événement se rassurent. Ils pourront désormais se délecter du magnifique digipack consacré à un de ces concerts, en version audio et vidéo.

Quel  bonheur de voir et d’entendre les Dropkick Murphys surexcités interpréter vingt titres de leur punk rock celtique unique, devant une foule en délire bien décidée à faire la fête. Le combo punk fait la part belle aux instruments traditionnels de la musique celtique : cornemuse, flûte, banjo, accordéon. C’est d’ailleurs leur marque de fabrique. Pour l’occasion, un pianiste, des violonistes et des violoncellistes complètent le line-up. Pendant une heure et seize minutes, les moments forts succèdent à d’autres, plus forts encore. Tout au long du très celtique « Johnny, I Hardly Knew Ya », par exemple, ce sont huit petites filles de la ‘Forbes Academy Of Irish Dance’ qui accompagnent le groupe de leur danse traditionnelle irlandaise. Lors de « The Dirty Glass », Liza Graves, la chanteuse du groupe punk féminin Civet, se réserve les vocaux. Sur « Kiss Me, I’m Shitfaced » le groupe exhorte carrément toutes les filles à monter sur les planches pour chanter et danser. Et en apothéose, les Dropkick invitent les Mighty Mighty Bosstones à les rejoindre, pour interpréter un « I'm Shipping Up To Boston » plus festif que jamais.

Sans conteste l’achat du mois, si vous souhaitez prendre du bon temps… 

Foxes In Boxes

Better Beheaded (Ep)

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Foxes in Boxes est une formation belge signée chez Honest House, une structure liégeoise indépendante fondée en 2005. Cette écurie héberge d’autres groupes ou artistes de la même nationalité, talentueux, et évoluant dans un univers franchement avant-gardiste. A l’instar de Frank Shinobi ou Casse-Brique. Surprise, la dernière signature du label milite au sein d’un univers sonore bien moins expérimental.

« Better Beheaded » constitue leur premier Ep. Quatre titres qui lorgnent vers une forme d’indie rock pratiqué au cours des 90’s, popularisé par Karate, Reiziger, Fugazi ou Seam. Principalement instrumentale, la musique se soucie rarement du sens mélodique. Les guitares sont acérées et tranchantes. Bien mise en avant, la basse claque. Les vocaux sont hantés ou murmurés. « Better Beheaded » souffle néanmoins le chaud et le froid. Et « Arshavin » en est certainement la plus belle illustration. Timbre trempé dans le métal et dissonances irritantes contrastent avec un changement de break judicieux, opéré en fin de parcours. Mieux balancé, « Domingo Blues » ne manque pourtant pas d’allure, mais dans l’ensemble, on reste quand même sur sa faim. Et puis, cette musique, quoiqu’énergique, me semble un peu datée. De quoi peut-être séduire les trentenaires qui apprécient ce style plus vraiment dans l’air du temps. Paraît quand même que sur les planches, Foxes In Boxes se révèle beaucoup plus convaincant…

 

From First To Last

Throne To The Wolves

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En 2003, le ‘screamo’ et l’‘emocore’ étaient très à la mode chez les 15/16 ans A cette époque, j’approchais déjà dangereusement de la quarantaine. Une explication probable –sans pour autant l’excuser– de mon désintérêt pour ce style, et aussi pourquoi je suis passé à côté des quatre premiers albums de From First To Last, un groupe émocore américain originaire de Valgosta, dans l’état de Géorgie.

N’ayant pas suivi son évolution, je me garderai bien de vous raconter l’historique du groupe. Je ne m’avancerai pas non plus à comparer le nouvel et les anciens opus. Tout au plus, me contenterai-je de signaler, comme je l’ai découvert en comparant la pochette de « Throne To The Wolves » aux quelques informations disponibles sur la grande toile, que le guitariste/chanteur Matt Good et batteur Derek Bloom, sont les uniques survivants de la formation qui avait enregistré, en 2004, la première galette digitale intitulée « Dear Diary, My Teen Angst Has a Body Count ».

D’entrée de jeu, « Throne To The Wolves » surprend. Chant mélodique, hurlements hardcore, petits ‘hou hou hou’ et clappements de mains pas franchement virils, batterie énervée et percussions électroniques, claviers ambiants, basse gluantes et riffs de guitare speedés ; ce melting-pot hautement improbable pour l’accro aux vieux standards ‘basse/guitare/batterie’ rebute à la première écoute. Le mélange hétéroclite de violence et d’émotions peu canalisées est carrément difficile à suivre. L’appellation ‘Schizocore’ (si elle existait) conviendrait probablement mieux à cette musique. Vu ses structures difficilement distinctes, elle semble d’ailleurs partir dans tous les sens.

Pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, le résultat est plutôt agréable à l’oreille. Les écoutes successives révèlent même une véritable recherche musicale. Pour peu, on y collerait même l’étiquette progressive qui, il est vrai, est un peu mise à toutes les sauces ces derniers temps.

Quoi qu’il en soit, « Throne To The Wolves », bien qu’il soit destiné à un public jeune et énervé, se révèle une bonne surprise pour tous les amateurs de musique musclée, mais éclectique…

Headspace

I Am (Ep)

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Afin de nous faire patienter jusqu’à la sortie de son premier album, prévu fin de cette année, le groupe heavy prog anglais Headspace a pris l’excellente initiative de nous transmettre son premier Ep. Un disque autoproduit, datant de 2007. Si le nom du groupe ne vous est pas vraiment familier, celui de ses membres, par contre, devrait interpeler les amateurs de rock et de métal progressif.

Adam Wakeman est le fils de Rick Wakeman, l’un des plus célèbres musiciens de rock progressif qui, en son temps, caressait les touches d’ivoire chez le légendaire combo Yes. Le clavier semble d’ailleurs être l’instrument familial de prédilection. Dès l’âge de 18 ans, Adam se produit en concert et enregistre une flopée d’albums en compagnie de son père. En 2004, Wakeman (fils) est embauché pour créer les ambiances synthétiques chez Black Sabbath ; et, par la suite chez Ozzy Osbourne. Il occupe d’ailleurs toujours ce poste. Mais Adam n’est pas la seule célébrité exerçant son talent artistique au sein d’Headspace. Les fans de métal progressif connaissent tous Damian Wilson. Chanteur au sein de Threshold, le temps de deux albums, il a également apporté sa contribution vocale à Landmarq. Lee Pomeroy, le bassiste, a tourné en compagnie d’Archive. Il a aussi été impliqué quelque temps au sein du groupe pop rock progressif It Bites. Rich Brook, le batteur, était quant à lui un artiste freelance. Ses pérégrinations l’ont amené à bosser pour Roger Daltrey et Rick Wakeman (encore lui). Pour en finir avec cette présentation du line-up, il faut encore citer l’Australien Pete Rinaldi. Moins célèbre que ses collègues, il n’en est pas moins un virtuose de la guitare, qu’il pratique depuis l’âge de sept ans. Au vu de leur pédigrée, Headspace ne réunit pas une bande de débutants.

Parlons justement un peu de ce disque dont les quatre titres sont tout ce qu’il y a de plus intéressants. « Never Let Go », le titre d’ouverture, est le plus facile d’accès malgré ses nombreux changements de rythme et un son de guitare plutôt heavy. Son refrain immédiat met en valeur la voix magnifique de Damian Wilson. Si « Sane Life » démarre comme une ballade épurée et acoustique digne de Marillion (période Hogarth), il ne tarde pas à monter en  intensité et même à prendre un virage plus métallique, dans un style proche des Américains de Coheed & Cambria. « Symbol » est le titre le moins attachant de l’Ep. Seules les admirables parties lead, concédées par Pete Rinaldi arrivent à faire oublier les influences art rock seventies un peu trop prononcées. Quoique trop courte, « Sober », la dernière plage de ce disque est tout simplement grandiose. Elle décline durant sept bonnes minutes une musique à la fois sombre, lourde et alambiquée où les guitares foncièrement métal fréquentent les claviers fondamentalement progressifs. Un peu comme si, pour notre plus grand plaisir, l’un des compositeurs (au hasard, Adam Wakeman) avait du mal à se rappeler s’il joue au sein de Black Sabbath ou bien Yes.

Et dire qu’il va encore falloir attendre jusqu'à la fin de l’année avant de pouvoir entendre la suite !

 

Miss Platnum

The Sweetest Hangover

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A l’instar de M.I.A. ou encore Santigold, la Roumaine Miss Platnum fait des ravages. Mais en Allemagne, pays où elle a élu domicile lorsque sa famille s’est exilée, il y a une vingtaine d’années. En 2007, elle publie « Chefa », son premier elpee. Un disque qui reçoit des échos plus que favorables de la part de la presse musicale. En fait, pour enregistrer cet opus, Ruth Maria Renner (NDR : c’est son véritable nom) est parvenue à se construire un univers bien personnel. Un univers imaginaire, au cours duquel elle n’hésite pas à emprunter toute une série de clichés, colportés à l’égard de son pays natal. Miss Platnum est aujourd’hui âgée de 29 ans. Et l’Europe est à ses pieds, depuis la sortie de « The Sweetest Hangover ». Pourtant, son parcours aurait pu mal tourner, si elle n’était pas parvenue à surmonter ses problèmes liés à l’alcool et à la drogue. Une addiction qu’elle combat depuis ses 18 printemps. En recherche constante d’identité, Ruth va devoir retourner à ses racines pour s’en sortir. Aujourd’hui, son cocktail de R’n’B et d’électro, parfumé de sonorités orientales et balkaniques rencontre un succès certain. Pour le commun des mortels, on dira qu’elle est parvenue à tirer parti de ses échecs du passé et qu’elle est arrivée au sommet de la gloire. Pour le véritable mélomane, la réaction est totalement différente. Et pour cause, si les compos sont bien balancées, il faut reconnaître qu’au fil du sillon, les sonorités concentrées à l’Est finissent par taper sur le système. Un peu trop répétitives, sans doute. En outre, les beats dispensés sont loin d’être originaux. En ajoutant la voix de cantatrice R’n’b adoptée par Ruth, la coupe est rapidement pleine. Et pourtant, l’elpee s’ouvre par une plage de bonne facture. Intitulé « Why Did You Do It », ce morceau claque littéralement. Mais rapidement, on se rend compte que la Roumaine puise un peu trop son inspiration chez M.I.A. (« Drink Sister Drink »). Et lorsque qu’elle ne pille pas l’univers de la Britannique, c’est alors chez Beyonce qu’elle calque son profil ; mais une Beyonce qui aurait décidé de suivre un séminaire dans les Carpates (« The Long Goodbye »). On a même droit à une cover soporifique du « Babooshka » de Kate Bush, une version susceptible de vous plonger, au sein d’un profond ennui.

Il faut craindre que Miss Platnum ne doive se remettre au goulot pour retrouver l’inspiration…

 

Savatage

Still the Orchestra Plays – Greatest Hits Vol. I & II (Bonus DVD)

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Cette compilation des plus grands ‘hits’ de Savatage est parue, il y a quelques semaines. Je vous invite à vous y replonger, puisque V2 à eu la gentillesse de nous en faire parvenir la version définitive. Nous ne reviendrons pas sur les deux Cds audio, puisque nous vous les avions décrits en long et en large, lors de notre chronique consacrée à la version promotionnelle.

Sous sa version définitive, « Still The Orchestra Plays – Greatest Hits Volume 1&2 » est emballé dans un superbe digipack, recelant, outre les deux Cds, un Dvd bonus et un booklet de 15 pages, au sein duquel figurent les lyrics de tous les titres réunis sur la compilation. Quelques photos sympathiques, illustrant la carrière du groupe, ont été ajoutées à la mise en page. Un regret ? L’absence d’une biographie complète de la formation. Trop de boulot, probablement.

Le Dvd bonus se concentre sur le fameux « Live In Japan ‘94 », c’est-à-dire, vous vous en doutez, un set immortalisé au pays du soleil levant, en 1994, lors de leur tournée opérée pour promotionner « Handful Of Rain » de 1994. Quoique de notoriété publique, chez les fans, ce set n’était à ce jour, disponible (officiellement), qu’en version VHS. Si les fans du combo américain devraient être ravis par l’initiative de transposer cette prestation en version digitale améliorée, il faut bien tenir compte du contexte : il s’agit ici, tout simplement, d’un Dvd bonus. Et le label ne s’est vraiment pas senti obligé de casser sa tirelire. Pas de dépoussiérage visuel ni même  de décrassage sonore. Le son est sourd et l’image pixellise. La seule véritable différence entre le Dvd et la VHS d’origine, procède de la navigation plus facile entre les titres. N’empêche, revoir Savatage en concert est toujours un réel plaisir. L’excellent Zak Stevens mène la barque et Jon Oliva se charge des claviers et de la guitare (NDR : pas des vocaux, malheureusement). A noter, qu’Alex Skolnick, le célèbre soliste du combo trash américain Testament, remplaçait alors feu Chris Oliva (décédé un an plus tôt) à la six-cordes. La setlist fait évidemment la part belle aux titres issus de « Handful Of Rain ». Il recèle cependant quelques classiques intéressants, négligés sur le double cd audio, comme par exemple, l’excellent « Sirens ».

« Still The Orchestra Plays – Greatest Hits Volume 1&2 » et son Dvd Bonus constituent donc le relais parfait pour découvrir au redécouvrir le métal mélodique de ce groupe hors du commun.

 

Scorpions

Sting in the Tail

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Difficile de croire, en écoutant leur nouvel elpee, que les Scorpions vont partir à la retraite. Et pour cause, tout au long de ce nouvel opus, on a l’impression que la formation de Hanovre a retrouvé le feu sacré. « Sting in the Tail » constitue manifestement la piqûre la plus venimeuse, administrée par le redoutable arachnide, depuis « Crazy World ». Et si l’œuvre consacre un véritable testament pour le groupe, Klaus Meine, Rudolf Schenker et Matthias Jabs tirent leur révérence, en manifestant panache et grande classe. Après avoir vécu un âge d’or commercial de 1982 à 1990, les Scorps ont vivoté jusqu’en 2004, entre expérimentations loupées (« Eye to Eye ») et vide artistique total (« Unbreakable »).

En bénéficiant du concours de deux producteurs suédois, en l’occurrence Mikael Nord Andersson et Martin Hansen, la bêbête est de nouveau parvenue à s’immerger au sein des sonorités typiquement eighties. Les plus puristes des fans clameront haut et fort qu’on est loin de la folie métallique d’un « Blackout » et que trois ballades un tantinet sirupeuses c’est un peu beaucoup pour un retour en force.

On ne peut nier que « Lorelei » et « Sly » sont loin d’atteindre les sommets émotionnels libérés par « Holiday » ou « When the Smoke is Going Down » ; mais ce sont surtout les hymnes hard rock de « Sting in the Tail » qui font la différence. Et tout d’abord la tuerie « Raised on Rock », dont la si typique ‘talkbox’, utilisée lors du hit planétaire « The Zoo », ouvre le feu. Le titre maître ne manque pas d’allure, non plus. A cause de ce refrain entêtant réminiscent de l’époque « Lovedrive ». Et le terriblement heavy « Slave Me » est loin de faire pâle figure. Plus lyrique, « The Good die Young » est un single en puissance. Le timbre vocal de Klaus Meine est plus grave. En outre –et c’est une bonne surprise– il est soutenu par celui de l’ex-Nightwish, Tarja. Classic 21 le programme même à l’heure où les ménagères sont aux fourneaux. « No Limit » fait mouche dès la première écoute. Meine y est époustouflant et le refrain à la « Def Lep » tout simplement irrésistible. Hormis les ballades, le reste est de la même trempe. Mention spéciale, quand même, à « Rock Zone », le skeud le plus violent signé par le combo depuis le classique « Dynamite ».

En conclusion, cet elpee évolue dans un registre extrêmement familier aux aficionados des Teutons. Bien sûr, ce disque ne propose rien de révolutionnaire, mais il risque fort de devenir un classique, au même titre que « Crazy World ». Chapeau bas ! 

 

Fouillez dans les archives de Departement Of Eagles

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En attendant le successeur de l’exemplaire « In ear Park », Departement Of Eagles, le duo composé de Daniel Rossen (Grizzly Bear) et Fred Nicolaus, publiera une compilation d’anciens morceaux enregistrés entre 2003 et 2006. Tout simplement intitulé « Archive 2003-2006 », il sera disponible dès le 19 juillet.

Tracklist :

Practice Room Sketch 1
Deadly Disclosure
While We're Young
Grand Army Plaza
Practice Room Sketch 2
Brightest Minds
Practice Room Sketch 3
Flip
Practice Room Sketch 4 (Tired Hands)
Golden Apple
Practice Room Sketch 5

Supergrass, c’est fini

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Le quatuor Supergrass se sépare définitivement après la tournée qu'il accomplit pur l'instant. Le combo, que le tube « Alright » a propulsé sous les feux des projecteurs, a décidé de mettre un terme à sa carrière après 17 ans et six albums studio. Dernière chance de voir le groupe en live, à La Cigale de Paris, le 11 juin.

The Libertines are back

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Plus grand monde n’y croyait mais c’est désormais chose faite, la réunion des Libertines aura bel et bien lieu. Carl Barât, Pete Doherty et les autres reviendront sur scène cet été pendant les festivals britanniques. Après la tournée de réunion, l’enregistrement d’un nouvel album n’est pas exclu des projets de la bande.
 
A suivre…

Le Blur nouveau est arrivé !

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La première chanson inédite de Blur depuis la confection de l’album « Think Tank », a été mise à disposition du public par le groupe, et ce, gracieusement. Le morceau s’intitule « Fool’s Day » et est dispo en échange d’une adresse mail en format mp3 ou wma non-compressé, au choix.

http://www.blur.co.uk

Faithless entre dans la danse

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« The Dance », c'est le titre du prochain album de Faithless. Il paraîtra le 17 mai et sera précédé du single « Not Going Home ». Lors des sessions d'enregistrement, Maxi Jazz et Sister Bliss ont reçu le concours, au micro, de la fidèle Dido, de Dougy Mandagi (The Temper Trap), Itch (The King Blues) et de Mia Maestro. La formation sera de passage à l’AB, le 8 mai, pour un concert dont les places se sont arrachées en moins de dix minutes, mais également à Rock Werchter, cet été.

Tracklist:

Not Going Home
Feel Me
Crazy Bal’heads
Comin Around
Tweak Your Nipple
Flyin Hi
Love Is My Condition
Feelin Good
North Star
Sun To Me

Les mouvements de James Yuill

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A peine plus d’un an et demi après avoir concocté l’excellent « Turning Down Water For Air », James Yuill publiera son second album, « Movement In A Storm » le 21 juin. Une version longue de « Give you Away », le premier single extrait du disque, est disponible en téléchargement gratuit sur le site officiel du bonhomme, en échange d’une adresse mail.

  www.jamesyuill.com

Camera Obscura Vs Richard Hawley

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Les Ecossais de Camera Obscura publieront ce 17 mai un split single en compagnie de Richard Hawley. En Face A, Camera Obscura reprendra « The Night Are Cold » extrait du répertoire de l’ex-guitariste de Pulp. En Face B, ce dernier remaniera un morceau du combo, « The Sweetest Thing ».

Richard Hawley sera de passage aux Nuits Botanique le jour de la sortie de ce split single.

Un trio Roots…

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Root, c’est le nouveau projet du prolifique Dominique Vantomme (Toots Thielemans, An Pierlé, Laïs…) Un trio dont le premier album éponyme est dans les bacs depuis ce 2 avril. Au menu : une musique jazzrock et fusion aux influences 70’s. Un trip psyché bien ‘Roots’ en quelque sorte…

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/rootband

 

Les restes fantômatiques de DM Stith

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En attendant le sucesseur de "Heavy Ghost", DM Stith publiera le 25 mai une compilation réunissant 3 EPs sortis en 2009. Intitulé "Heavy Ghost Appendices", il contiendra des inédits, des reprises et autres remixes.
 
Tracklist :

1 Lacuna A
2 BMB (Demo)
3 Easy To Be Around (Diane Cluck Cover)
4 Pigs (featuring Jefferson Street Band)
5 Around The Lion Legs (Slow Dance Version)
6 Lacuna B
7 Thanksgiving Moon (Demo)
8 A Soft Seduction (David Byrne Cover)
9 Suzanne (Randy Newman Cover)
10 Be My Baby (Ronette’s Cover)
11 Braid of Voices (Brass Version)
12 I Heart Wig (featuring I Heart Lung)
13 In My Dreams, I Watch TV (Braid of Voices Remix by Ensemble)
14 Thanksgiving Moon (Michna Remix)
15 BMB (Roberto C. Lange Remix)
16 BMB (Son Lux Remix)
17 Braid of Voices (Clark Remix)
18 Thanksgiving Moon (Rafter Remix)
19 Abraham’s Song (Bibio Remix)
20 Thanksgiving Moon (interprété par Dayna Kurtz)
21 Lacuna C
22 Pity Dance (Actuel Remix)
 
 

Blood Red Shoes

Le feu et la glace

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Beaucoup de monde pour assister à la prestation de Blood Red Shoes (NDR : à la limite, le spectacle aurait pu glisser du club vers la salle principale). Un duo qui vient de publier son deuxième elpee, « Fire like this ». Les mauvaises langues avancent que cette formation serait la réponse US aux White Stripes voire aux Kills. Si la formule du line up est identique, le combo de Detroit est dominé par le brillantissime guitariste Jack White (NDR : Meg se contente de frapper sur les peaux comme une dératée), et puis sa musique est surtout contaminée par le blues, alors que chez les seconds, elle est davantage ancrée dans le garage punk. Au sein de Blood Red Shoes, si l’énergie est aussi explosive, elle est aussi et surtout plus raffinée…

Il revenait à la formation parisienne, King of Conspiracy, d’ouvrir les hostilités. Et le set démarre en trombe sur un tempo psychobilly digne des Cramps. Le son est pourri. La voix du chanteur l’est tout autant. Le drummer et le guitariste essaient de suivre le rythme effréné dicté par le soliste (c’est également le chanteur). Il en impose par sa grande carcasse et maltraite sa guitare, en lui faisant subir les pires sévices, même à l’aide d’un stick de batterie. Il gesticule dans tous les sens et tournoie sur lui-même. Il est King of Conspiracy. Pendant une bonne demi-heure, la formation française va nous balancer un punk’n’roll furieux, bruitiste, énergique, décapant, mais un peu trop brouillon pour convaincre votre serviteur. Etonnant, lorsqu’on sait que le combo tourne régulièrement en Angleterre, et y a reçu de flatteuses comparaisons avec Mclusky. A mon humble avis, ce soir, le trio a confondu vitesse et précipitation.

Laura-Marie et Steven montent à leur tour sur les planches. Coiffée d’un chignon élégamment négligé, elle est vêtue d’un t-shirt de couleur noire et d’un jeans. Comme je l’avais déjà souligné, c’est une très jolie fille. Lui, arbore un polo rayé marine vert et blanc (NDR : un supporter du Celtic de Glasgow ?) et fonce derrière ses fûts, installés de profil, à droite du podium. Le set s’ouvre par « It’s getting by the sea », un extrait de “Box of secret”, leur premier elpee. En fait, la tracklisting va alterner compos issues du premier opus et du tout dernier, “Fire like this”. Les harmonies vocales sont soignées, limpides, impeccables. Laura-Marie maîtrise sa guitare avec une aisance époustouflante, libérant des accords tantôt féroces, sauvages ou fiévreux ; mais concédant aussi régulièrement des notes aussi astucieuses que mélodiques. Parfois on a l’impression qu’elle joue de la basse en même temps. Son visage est impassible. Pas un sourire. Elle ne semble pas vouloir communiquer avec le public, et préfère apparemment se concentrer exclusivement sur son sujet. Elle focalise pourtant les regards (NDR : peut être les désirs les plus cachés…) Une beauté glacée, dans l’esprit de Catherine Deneuve (NDR : pensez à « Belle de jour » de Luis Buñuel). Elle déambule régulièrement, manche à la main, pour se diriger vers son partenaire. Steven est plus extraverti. On sent qu’il éprouve énormément de plaisir sur scène et ose quelques mots en français. Il se balance sur son siège. Son jeu est ample, souple, précis et lorsqu’il le faut, puissant. Le mouvement imprimé à ses sticks crée un effet de décomposition de la lumière, dont l’esthétisme vaut à lui seul le déplacement. Bref, il est impressionnant ! Les titres s’enchaînent, tous plus magistraux les uns que les autres. Le plus souvent hymniques. Et surtout excitants. Le jeu de lumières est assez sobre. Quatre ou cinq longs tubes en néon de couleur bleue sont plantés verticalement, au fond de la scène. Et au-dessus quelques gros projecteurs, en forme de fleur, baignent le show dans les teintes cobalt, parfois jaune ou rouge. Les riffs décapants du nouveau single, « Light it up », sont manifestement découpés dans le grunge. Lors de cette compo, Laura-Marie pose son timbre vocal, alors réminiscent de Kim Deal. Un timbre qui évoque quand même parfois aussi celui de Siouxsie Sioux. Tout en crescendo, « Keeping it close » constitue probablement le sommet du concert. Un morceau plus complexe. A l’instar du tout aussi excellent, « You bring me down », caractérisé par cette alternance entre climats dynamiques et plus calmes. Plutôt réservé, le public commence enfin à réagir. Et quand même à s’enflammer. Ce serait dommage, vu la qualité de la prestation. Et puis du titre du dernier album de Blood Red Shoes : « Fire Like this ». Bourré d’énergie punkysante, « Heart sing » clôt le set. On n’a pas vu le temps passer. Acclamations. Il était temps ! Un roadie règle les instruments, le duo va revenir, c’est sûr !

Quelques minutes plus tard, le couple remonte sur le podium. Au cours de ce bref rappel, ils interprèteront l’autre single « Colour fade », un morceau hymnique dont le refrain est repris en chœur par la foule. Le morceau s’achève dans un déluge de décibels. Laura-Marie dépose délicatement sa gratte contre son ampli, de manière à libérer une bonne dose de feedback, puis se barre, après avoir esquissé un semblant de sourire. Steven la rejoint, après avoir exécuté un léger signe de la main, avant de prendre congé de son auditoire. Vu la perfection du set, il ne faudra pas deux ans pour que Blood Red Shoes soit programmé à l’affiche des plus grands festivals mondiaux, et en particulier celui de Werchter. Et si vous voulez en savoir plus sur le duo de Brighton, je vous invite à lire l’interview que le duo a accordée récemment, à Musiczine…

Organisation Aéronef

(Voir aussi notre section photos)

 

La mixtape de Mates Of State

Écrit par
A l'instar de Nada Surf (voir news précédentes), Mates Of States s'apprête à publier également un album de reprises. "Crushes - The Cover Mixtapes" passera au crible quelque uns des morceaux préférés du couple. Au programme: Nick Cave, Daniel Johnston, Vashti Bunyan ou encore The Mars Volta! "Laura", la vision très personnelle du tube de Girls par le duo, est disponible gratuitement sur leur site.
 
1. Laura (Girls)
2. Son et Lumiere (The Mars Volta)
3. Sleep the Clock Around (Belle and Sebastian)
4. Technicolor Girls (Death Cab for Cutie)
5. Long Way Home (Tom Waits)
6. Love Letter (Nick Cave)
7. Second Hand News (Fleetwood Mac)
8. 17 Pink Sugar Elephants (Vashti Bunyan)
9. Roller Coaster Ride (Dear Nora)
10. True Love Will Find You in the End (Daniel Johnston)
 
Téléchargez "Laura" ici, en échange d'une adresse mail:  http://matesofstate.com/splash/

Hoboken

A pas feutrés…

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Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins deux ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008 très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)

The Berliners

A suivre de très près…

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Le Water Moulin ? Votre serviteur n’y avait jamais mis les pieds. Un scandale quand on habite à moins de 5 kilomètres du site. Mais aussi la conséquence d’un emploi du temps surchargé. La double affiche locale avait aussi de quoi m’inciter au déplacement. D’abord, il y avait Hoboken, une formation constituée de vétérans, au sein de laquelle on retrouve, avec beaucoup de plaisir, l’ex-compositeur/guitariste de Little Egypt, Jean-Jacques Dewulf et puis, The Berliners, un combo de d’jeuns dont on dit le plus grand bien, mais qui a vécu quelques turbulences, suite aux projets d’études de certains de ses musiciens…

Le Water Moulin, c’est un lieu multiculturel, sis au 207 Boulevard Eisenhower, derrière la gare de Tournai. S’y sont déjà produits une multitude de groupes et d’artistes underground. Aussi bien nationaux, qu’internationaux. Mais cet endroit est également ouvert à d’autres disciplines, comme le cinéma, les arts plastiques, les ateliers pour enfants, les cours de musique et le théâtre. Et puis, il sert aussi de local de répétition ; une aubaine, quand on sait que trouver un tel type de local n’a jamais été une sinécure pour les artistes issus de la cité scaldienne. Autre atout principal, la configuration du site. Un endroit qui permet d’éviter les nuisances sonores, donc les plaintes des voisins. En outre, le soir, les emplacements de parking sont nombreux et disponibles. Maintenant, il s’agit bien d’un club, au sein duquel on ne peut pas y mettre plus de 100 personnes. Un club privé, puisqu’il faut se procurer sa carte de membre, au prix d'un euro, avant d'y accéder… Vous savez tout ou presque sur ce chouette endroit ; vous savez donc ce qu’il vous reste à faire. Et pour les locaux, n’attendez pas 50 ans avant de visiter les lieux, comme pour votre propre cathédrale, pourtant inscrite, sur la liste du patrimoine de l’UNESCO…

Mais venons-en aux concerts. Et tout d’abord une remarque. Annoncé à 20h00, le premier concert n’a débuté que vers 21h45. Une mauvaise habitude, selon de nombreux habitués de l’endroit. Et un retard qui incite les spectateurs à débarquer de plus en plus tard. Il est compréhensible que les artistes ou groupes préfèrent se produire devant une salle bien garnie plutôt que devant trois pelés et un tondu. Mais en adoptant ce mauvais pli, le public va se pointer instinctivement de plus en plus tardivement. Les organisateurs ont tout intérêt à discipliner leurs artistes, de manière à fidéliser leur public. Sans ce minimum de rigueur, les concerts risquent un jour de s’achever aux petites heures et décourager les mélomanes. D’autant plus que les spectacles se déroulent toujours en semaine.

Hoboken est donc un quintet. Réunissant un drummer, un bassiste (NDR : tiens, c’est Bébert, une vieille connaissance) et trois guitaristes. Une rythmique et deux solistes, dont le chanteur principal et le jeune vétéran Jean-Jacques. Dès les premiers accords, on se rend compte que nous sommes en présence d’excellents instrumentistes. Mais on sent que le groupe en garde sous la pédale. Et puis, c’est leur premier concert officiel ! On a même l’impression que les trois six-cordistes jouent la même partition. Mais en milieu de parcours, le set commence à décoller. On reconnaît alors bien le toucher de gratte minimaliste et tout en délicatesse de JJ (NDR : dont deux potes, ex-Little Egypt, étaient présents dans la salle), alors que son comparse commence à oser l’un ou l’autre solo. On comprend alors beaucoup mieux la bio qui nous parlait, au sujet de leur musique, de rencontre entre la new wave et le psychédélisme. Un psychédélisme, feutré, il faut le préciser. Et peut-être plus proche du power pop que de la new wave. Pensez notamment aux Buzzcocks. Bébert se risque au chant lors d’un titre un peu plus funk blanc. Et ma foi, sa voix un peu falsetto lorgne du côté de Sting. Mais c’est au cours des derniers morceaux que le combo va donner toute la mesure de son talent. Surtout tout au long d’une longue compo, parcourue de changements de tempo et éclaboussée d’interventions en cascade des guitares. Superbe ! Encore des répètes, quelques nouveaux titres et le groupe sera prêt à affronter la route…

Entre les deux sets pop/rock, Lahcen Akill (40 ans), un joueur de lothar du haut-atlas marocain, apporte une coloration world à la soirée. Dans son pays, il milite au sein de plusieurs formations notoires. En outre, il fabrique ses instruments lui-même. Actuellement en tournée à travers la France et pour 3 semaines, il se produira notamment à Paris, Rennes et Lille. Arrivé dans l'après-midi en France, il a été proposé par des Lillois se déplaçant régulièrement au Water Moulin. De la musique berbère très bien jouée, mais qui ne collait pas trop à ce type de soirée…

The Berliners campe donc un quatuor. Qui compte au moins 2 ans et demi d’existence. Faut dire que le combo a dû mettre son aventure entre parenthèses, pendant une petite année. En 2008, très exactement. Suite au départ de deux membres à l’étranger, où ils devaient poursuivre leurs études. Le line up est ma foi, fort classique, puisqu’il réunit un drummer (NDR : solide, il faut le préciser), un bassiste et deux guitaristes dont un se charge des vocaux (parfois sans sa gratte). Un personnage qui, ma foi, ne manque pas de charisme. Pourtant, il ne se charge de la deuxième six cordes, que depuis le second épisode. Le groupe propose, en outre, un tout nouveau répertoire, n’ayant retenu qu’une seule compo de ses débuts. Et depuis, leur reformation, c’est également leur premier set officiel. Showman, le chanteur n’hésite pas à venir au milieu du public, pour l’haranguer. Il possède une très bonne voix, légèrement mordante. Et maîtrise parfaitement son micro, qu’il maintient, verticalement, à une vingtaine de centimètres des lèvres. Enfin, à la gratte, son entente avec l’autre soliste est vraiment épatante. De son côté, le bassiste joue un peu le rôle de métronome. Bref, bien que constitué de très jeunes musiciens, ce combo affiche une assurance étonnante. Mais il faut reconnaître que leur musique n’est pas facile d’accès. Le groupe se réclame de Joy Division. Pas du tout évident ! Perso j’ai plutôt l’impression que leur solution sonore évolue quelque part entre post punk (The Fall pour le passé, Futureheads et Maxïmo Park pour le présent), indie rock/post-hardcore (Girls Against Boys) et alt rock (Mclusky). Une chose est sûre, cette formation possède un énorme potentiel. Elle est en tout cas, à suivre de très près…

(Organisation Water Moulin)