New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare,…

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Didier François

Sjansons Patinées

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Le label belge Homerecords promeut généralement de bons groupes qui innovent dans un style se nourrissant de classique et de jazz (Dazibao, BASta!). Si Didier François, plutôt bien visible sur la scène belge, sort également des sentiers battus, le choix de ses collaborateurs pour ce disque ne donne pas un résultat franchement heureux.

L’aspect instrumental est assez inventif. Des plages plutôt douces alimentées par des accès de violons, violoncelles et contrebasse, ainsi que d’une nyckelharpa (une sorte de vielle suédoise qui est la spécialité de Didier François). Les mélodies calmes, indolentes, instaurent des tensions agréables. La composition est rondement menée, très riche. Mais le chant n’est pas à la hauteur ; que ce soit dans la nature forcée de certaines voix ou dans la piètre qualité des textes.

Ne pratiquant pas le néerlandais, je me contenterai de critiquer les textes en français, notamment ceux signés par Wannes Van de Velde : une poésie à l’eau de rose, évoquant les récitals français de la fin du XIXe et du début du XXe siècle, notoires pour leurs lyrics poétiquement suaves. Les poncifs romantiques se succèdent : le vin, l’amour, la lune blanche, les yeux reflétant la lueur nocturne. C’est du déjà-vu et d’un romantisme périmé, collant comme un pot de miel.

Certains morceaux méritent malgré tout qu’on s’y attarde. Et tout d’abord, « Een Schip », une compo qui débute par un violon affamé. « Naar de Provence », ensuite. Une voix d’homme chante nonchalamment, à la manière d’Arno. Elle est soutenue par des violons qui font monter la tension. « Gnossienne », enfin. Un titre signé Eric Satie. Exclusivement instrumental, il baigne au sein d’une atmosphère inquiétante et nostalgique. Assurément un des meilleurs moments de l’album.

Les amateurs de comédies musicales apprécieront peut-être les autres titres. Pour ma part, je regrette la présence de ces voix sans lesquelles le disque aurait bien davantage de qualités. « Sa démarche chaloupée et provocante » (c’est le titre du dixième morceau) est notamment très réussie. Des vocalises féminines suivent le violon dans ses hauteurs pour une très belle complainte, suivie d’une lente incantation qui semble improvisée –sans paroles– évoquant le chuintement d’une eau bouillante.

Le bonus track, « The Travellers », est un morceau majestueux, uniquement instrumental. Serein, il s’étale sur de longues minutes, et laisse en fin de parcours une belle impression. Difficile pourtant de résumer ce disque, très inégal, mariant les influences pour le meilleur comme pour le pire.

 

Fucked Up

Couple Tracks

Écrit par

Depuis la publication de leur elpee, « The Chemistry Of Common Life », en 2008, Fucked Up est probablement l’une des premières formations hardcore punk à jouir d’un buzz équivalent à celui d’un combo plus ‘mainstream’. Une attention que les Canadiens doivent non seulement à la richesse et l’hétérogénéité de leurs mélodies acérées ; mais également à la présence de leur leader, l’énorme et charismatique Damian ‘Pink Eyes’ Abraham. Le sextet, véritable machine de guerre scénique, propose une séance de rattrapage pour celles et ceux qui n’ont succombé que dernièrement aux rugissements de Pink Eyes. Entre 2002 et 2009, Fucked Up s’est empressé de commercialiser, en quantité plus ou moins limitée, un bon paquet de singles en vinyle. Les Canadiens en ont réuni une partie sur leur second ouvrage, « Epics In Minutes », et en proposent aujourd’hui la suite sur « Couple Tracks », un doublé gagnant pour les fans de la troupe.

« Couple Tracks » est partagé en deux disques, résumant une partie de la carrière du combo, en quelques singles et faces B. Une parfaite illustration de l’ascension et de l’évolution de Fucked Up. Point de départ : « No Pasaran ». Un premier single noyé dans ses arrangements. En guise de chute, des versions inédites de « Crooked Heart » et « No Epiphany », deux plages affichant des subtilités rarement rencontrées sur le terrain musical occupé par la formation originaire de Toronto.

La seconde galette est, quant à elle, entièrement consacrée aux flips sides et autres inédits dont des « Anorak City », « Magic Kingdom », « I Don’t Wanna Be Friends With You » et « I Hate Summer » terriblement accrocheurs. Condensé survitaminé, « Couple Tracks » devrait sans doute faire baver de plaisir les fans de Fucked Up, mais aussi fuir à toutes jambes les allergiques au genre. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi.

 

Gamma Ray

To the Metal

Écrit par

Dixième album studio des Teutons de Gamma Ray, « To the Metal » se révèle comme une authentique relique pour tout amateur de heavy germanique qui se respecte. Pas besoin de traduire le titre, on sait dans quel univers cet elpee va nous entraîner.

L’œuvre s’ouvre pourtant dans un registre moins speed que d’ordinaire. Caractérisé par ses nombreux changements de tempo, « Empathy » prend toute sa dimension dès le premier refrain. Puissant et épique, il rentre dans la caboche pour ne plus en sortir. Un zeste d’orientalisme sur un solo classieux pimente le titre qui possède toutes les qualités pour devenir un classique du combo de l’ex Helloween Kai Hansen. Il n’existe plus aucune tension entre les membres de la plus célèbre citrouille de l’histoire du rock. Pour preuve, c’est un Michael Kiske en pleine forme qui vient pousser la chansonnette sur un « All You Need To Know » furieusement power metal, rappelant l’époque « Walls of Jericho ». Les ‘vieux’ fans sont projetés 25 ans dans le passé. Une deuxième plage assurément vintage à souhait. Le titre maître navigue sérieusement sur le terrain de Judas Priest, dont Hansen n’a d’ailleurs jamais caché la forte influence sur ses compos, que ce soit chez Helloween ou Gamma Ray. Tempo lent, guitares d’acier et énorme groove provoqué par la basse de Dirk Schlächter. Un hymne auquel se greffe des « Hail to the Metal » et autre « Heavy metal » scandés par des chœurs à faire pâlir de jalousie les membres de Hammerfall. Des chœurs tout aussi puissants sur « Rise », un titre qui semblerait banal s’il n’était pas rehaussé de quelques relents folk communiquant à l’ensemble un air plutôt sympa. Old school dans l’esprit, « Mother Angel » fait quelque peu tomber la pression. La similitude avec Iron Maiden est bien trop évidente ; et ce ne sont pas les jolies nappes de clavier sensées soutenir un solo en demi-teinte qui parviennent à sauver la mise. Dominé une fois de plus par la basse slappée de Schläter, « Shine Forever » s’inscrit dans la pure tradition allemande. Du bon gros speed metal doté d’un chant agressif et d’une double grosse caisse martelée par un Dan Zimmermann métronomique. L’enchaînement est aisé. « Deadlands » défile à grande vitesse et ne fait pas particulièrement dans la dentelle, malgré un refrain hyper mélodique taillé pour le live. « No Need To Cry » conclut de façon plutôt ambitieuse cette plaque typiquement germanique dans son ensemble. Piano, cordes, guitare acoustique, tout a été mis en œuvre pour réussir la ballade qui tue. Le break légèrement ‘queenesque’ et le chant posé de Hansen contribuent à en faire une réussite, et à donner l’envie au mélomane de revenir sur la première plage pour entamer une écoute plus approfondie.

 

Him (Finland)

Screamworks : Love in Theory and Practice, chapters 1-13

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His Infernal Majesty n’a absolument plus rien d’infernal. Simple et sans surprises, ce nouvel opus s’adresse plus que jamais aux minettes adulant le gothic rock sucré à outrance. Hormis le single « Scared to Death », aucune de ses compositions ne se détache de l’ensemble. Insipide et sans relief, l’elpee trempe dans un goth de luxe, caractérisé par des mélodies chromées sur mid-tempo mécanique. Le contenu proposé ici n’est d’ailleurs ni plus mauvais ni moins bon que les offrandes précédentes du combo finnois.

Ville Valo et ses sbires nous gratifient d’un opus à la production soignée à l’extrême au détriment de compos vraiment efficaces. Les fans du début regretteront cette orientation résolument commerciale qui lorgne parfois vers le néo metal de Linkin Park. L’aspect romantique et sombre qui constituait l’identité de Him semble avoir été écarté au profit d’un pop rock linéaire, agréable à l’écoute, mais sans plus. Il ne suffit pas de prétendre appartenir au mouvement gothique, il faut aussi le démontrer. Treize titres dont le romantisme est poussé à son paroxysme. Ennuyeux et truffé des pires clichés.

 

Fêtons dignement les 10 ans de Record Makers !

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Record Makers, le label hébergeant notamment Sébastien Tellier, Turzi, Acid Washed, Kavinsky compte déjà dix années d’existence. Pour fêter l’événement, ce label vous propose de télécharger gratuitement son application iPhone, une initiative qui pourrait vous permettre d’emporter de nombreux lots. La musique d’ouverture est signée Sébastien Tellier alors que Mr. Oizo est responsable des sons.

Pour décrocher un prix, il faut trouver au moins une des trois combinaisons gagnantes et envoyer un mail à Record Makers, une preuve photo à l’appui.

Gros lot : un voyage d’une semaine tout compris l’Hôtel Amour (NDR : c’est à Paris), pour fêter les 10 ans du label. Ce sera la semaine du 10/10/10.

* Les 100 premiers participants à envoyer une combinaison gagnante recevront 2 CDs/vinyles du catalogue Record Makers.

* Les 50 premiers qui transmettront deux combinaisons gagnantes pourront gagner 10 CDs/vinyles du catalogue Record Makers.

* Les 10 premiers qui communiqueront les trois combinaisons gagnantes recevront la discographie complète Record Makers.

 L’application « Record Makers » est disponible gratuitement sur l’AppStore et sur iTunes.

Le teaser de l’application :
http://www.youtube.com/watch?v=IZ2DrsaBl6A

A cette occasion, vous pourrez également découvrir le nouveau clip de Sébastien Tellier, « Look », un clip réalisé par Mrzyk & Moriceau téléchargeable depuis le site du label.
http://www.recordmakers.com

Et le clip est également visible ici :
http://www.youtube.com/watch?v=0r0eqCzg6UU
http://www.dailymotion.com/video/xcjbt9_s%C3%A9bastien-tellier-look_music
http://vimeo.com/9943586

 

Plus qu’une sortie du désert…

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A l’instar de Vampire Weekend et MGMT, Foals était une des révélations de l’année 2008. Le quintet d’Oxford sera bientôt de retour pour un nouvel album. Très précisément le 10 mai. Une nouvelle tuerie en perspective pour le band drivé par le tyrannique Yannis Philippakis. Son titre ? « Total Life Forever’ ». Mais nul ne sait encore si leur expression sonore empruntera un format pop minimaliste ou évoluera aux frontières de l’expérimental ? « Spanish Sahara », leur premier single constitue peut-être une ébauche de réponse… A écouter sur le net…

http://www.myspace.com/foals
http://www.wearefoals.com

 

Une autre autre Pop

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Originaire de Hebden Bridge, en Angleterre, Jonjo Feather est un jeune songwriter qui bricole des chansons folk depuis le fin fond de son Yorkshire natal. A 21 ans, ce touche-à-tout est aussi bien passionné de musique que de cinéma. Il s’est défini un nouveau style : l’Other Other Pop… Ben, pourquoi pas. En attendant de découvrir son premier album qui s’intitulera « Is Or Ok » (Numb Tongue / Cargo), Jonjo a posté sa compo « She Said » sur le net. Elle est même téléchargeable gratuitement.

http://www.ivox-promo.fr/artists/Jonjo%20Feather/JonjoFeather-IsOrOK-SheSaid.mp3

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/jonjofeather

 

Rendez-vous au Piano Club !

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La formation liégeoise Piano Club publiera son premier elpee début mai. Il s'intitulera « Andromedia » et sera enrichi d’un bonus disc. Un mini album recelant des titres plus anciens. A surveiller si vous appréciez l’électro-rock aux réminiscences Flaming Lips et Phoenix…

Côté concerts, le groupe se produira sur scène prochainement :

20/03/2010 Bel'Zik Festival - Herve
27/03/2010 La Maison de la Culture - Namur
16/04/2010 Le Salon - Silly
21/04/2010 Welcome Spring Festival - Louvain-la-Neuve
07/05/2010 Les Nuits Botanique - Bruxelles (+ We Have Band)

http://www.myspace.com/pianoclub

 

Duo prometteur !

Écrit par

Too Tangled sort un premier single cette semaine. Il s’intitule « F.R.A.N.T.I.C. » Ce duo belge est réputé pour dispenser une musique énergique, violente, sexy et très ‘catchy’ ! Vous voulez en savoir plus ? Aller faire un petit tour sur leur site officiel ou leur MySpace :

http://www.tootangled.com
http://www.myspace.com/tootangled

En Concert

08/04 - Kaffee Beatnik - Beerse
29/04 - Charlatan - Gent
20/05 - JH Het Varken - Edegem
21/05 - CC Mechelen (support The Van Jets) - Mechelen

03/06 - Café De Walvis - Bruxelles

 

Lonelady

Le goût de l’extrême…

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De son véritable nom Julie Campbell, Lonelady est une passionnée de new wave et de post punk. Pas étonnant lorsqu’on sait quelle est issue de Manchester. Et pourtant, ce n’est pas en fouillant dans les vieux vinyles de ses parents, qu’elle a acquis cette culture. Simplement, en s’intéressant à l’histoire de la musique de sa ville de naissance. Progressivement. A un tel point qu’actuellement, sa musique en est profondément imprégnée. Et « Nerve up », son premier elpee en est la plus belle illustration. Pourtant au cours de sa jeunesse, elle écoutait surtout la musique américaine des 90’s ; entre autres REM, Nirvana et Hole…

Julie confirme : « Effectivement. En fait, ce sont ces formations qui m’ont incité à acheter ma première guitare » Parmi ses influences américaines, elle cite encore Pylon ainsi qu’Emerald, Sapphire and Gold (NDR : dites ESG), deux combos américains qui ont marqué le début des eighties. Elle est un peu surprise de la formulation de la question, marque une pause, puis réagit : « Ah, c’est ce que signifiait le sigle ESG ? » Puis embraie : « Ces deux groupes pratiquaient une musique minimaliste, entrecoupée de longs silences, à l’instrumentation très parcimonieuse. Et on retrouve dans mes nouvelles chansons, ces formes de vide. Mais si la palette de sonorités était minimale, les compos étaient très énergiques et imprimées sur un rythme saccadé, funky ». Mais retraversons l’Atlantique pour revenir aux Iles Britanniques. Trois décennies plus tôt. Soit à une époque marquée par Throbbing Gristle, XTC, John Foxx, An Clark, Cure, The Smiths, Gang of Four, Joy Division et quelques autres. Et qui constituent quelque part une source d’inspiration majeure pour Julie : « Tous ces groupes et artistes ont eu une influence sur ma création. Mais il n’entre pas dans mon intention de me réapproprier leur musique. Cela n’aurait aucun sens. J’essaie de créer mon propre univers sonore, notamment en me servant de ma voix. Parfois les influences peuvent devenir un fardeau. Il faut savoir faire la part des choses. » Ecouter Joy Division est, en outre, une expérience quasi religieuse pour mon interlocutrice. Elle avoue : « Leur musique se détache de la vie quotidienne. Elle me fascine. Elle est intemporelle. Un peu comme si on figeait le temps à travers l’espace. Et il ne faut pas oublier d’y associer le producteur Martin Hannett, également responsable du son ». Vu sa fascination exercée pour les eighties, on pourrait facilement imaginer que l’artiste reprenne, de temps à autre, des morceaux composés par ses maîtres. La réponse fuse : « Non ! On a juste enregistré sur une flip side, la reprise d’un single très peu connu de The Fall. Et c’est vrai que dans le passé, on l’a jouée en ‘live’. Mais depuis, elle ne fait plus partie de mon répertoire, sur scène ». Vu le come-back de la new wave, illustré notamment par des formations comme Editors et Interpol, une question me brûlait les lèvres. Celle de ces fameux cycles dans l’histoire du rock’n roll. Elle argumente : (rires) « C’est une approche intéressante. Personnellement, je pense plutôt qu’il s’agit du fruit du hasard. C’est plutôt aléatoire que cyclique. D’ailleurs je ne suis pas trop au courant de ce qui se passe sur la scène musicale contemporaine. Et puis, l’important c’est plutôt l’aspect tridimensionnel (NDR : la musique, la parole, l’interprétation) qui compte quand on revisite une époque. »

Le parcours musical de Lonelady a commencé en 2004, un itinéraire jalonné d’une poignée de singles. Qu’elle produisait elle-même. Elle a même aménagé un studio dans une ancienne filature. C’est d’ailleurs ainsi qu’elle s’est forgé une solide expérience. Mais comment a-t-elle réussi à se faire signer par Warp ? Julie raconte : « L’histoire et un long processus. Au départ c’était du D.I.Y. ; puis en 2007, Jason (NDR : White) de Too Pure a agi comme catalyseur pour que je puisse franchir une étape. Il m’a permis de rencontrer Steve Beckett. Et puis de fil en aiguille, il s’est intéressé à ma musique, puis nous a signés ».

Julie estime que la plupart des critiques de disques et même de concerts sont rarement pertinents. Pourquoi donc ? « La manière de me poser cette question implique que tout est noir ou blanc. Personnellement, l’écriture est un acte privé, individuel. Et mon but n’est pas de faire l’objet d’un article dans un magazine. Or une majorité de journalistes essaie de tout traduire en mode et en courants. Ce n’est pas vraiment ce qui m’intéresse… » Parlons quand même un peu de ‘Nerve’, son premier opus. Et tout d’abord de cette compo baptisée ‘Army’, caractérisée par des riffs de guitare très effilés, comme chez Gang Of Four. Or, un des titres les plus notoires du band de Leeds s’intitule ‘I love a man in a uniform’. (Eclats de rires). C’est peut-être une coïncidence… « Et ça te fait rire ! J’adore ce groupe. Il véhiculait une énergie funkysante incroyable. Andy Gill est un guitariste génial. Et leur musique était à la fois brutale et fragmentée… » A contrario le morceau maître de l’elpee est beaucoup plus soul/funk disco. Davantage dans l’esprit de Madonna. Mais était-ce intentionnel ? « J’apprécie beaucoup Madonna. Elle est une de mes influences. Et sur cette compo, plus précisément, c’est vrai. En fait, mes prochaines adopteront un profil plus funky… »

Julie a déclaré beaucoup aimer la poésie et le cinéma extrêmes. Souhaiterait-elle mener une vie extrême ? Serait-elle blasée par la vie quotidienne ? (Eclats de rires…) Elle réplique : « Ca, c’est la meilleure question qui m’ait été posée aujourd’hui. Oui, j’éprouve le désir de ne pas mener une vie ordinaire. Je ne sais pas pourquoi, mais je suis attirée par les idées extrêmes. Et je suis particulièrement fascinée par les films d’Ingmar Bergman ; et notamment par ‘7th Seal’ (NDR : le titre –en français ‘Le Septième Sceau’– provient d'une phrase de l'Apocalypse selon Saint Jean l'Évangéliste, chapitre 8 ; voir Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Septi%C3%A8me_Sceau». Dans le même esprit, sur la homepage de son site Web on peut lire ‘La brutalité a une place dans la pop. La férocité et le secret, également’. Ce qui méritait quand même un complément d’explications » Elle clarifie : « Il serait peut-être judicieux de demander des explications à Paul Morley. C’est un journaliste (NDR : plume brillante qui a longtemps sévi au New Musical Express), mais aussi un écrivain qui jouit d’une belle popularité aux Royaume-Uni. Au cours des dernières années, il a aussi composé pas mal de musique. C’est lui qui a rédigé ce texte sur le site. Je l’avais contacté pour qu’il consacre quelques lignes sur Lonelady, parce que j’aime bien la façon dont il formule ses impressions au sujet de la musique. Ce texte n’est pas linéaire, mais plutôt abstrait… »

Après avoir abordé tant de sujets sérieux (NDR : quoique), rien de tel que de terminer un entretien par une boutade… Mancunienne, Julie n’a pas son permis de conduire. Ni son drummer. Pas évident quand on doit se déplacer pour jouer en ‘live’. Or dernièrement, elle a engagé un claviériste, qui lui est détenteur du permis de conduire. Ce critère était sans doute indispensable avant qu’il ne soit engagé. Elle se défend : « Une manière très intéressante d’aborder le problème (rires). Le claviériste est autorisé à circuler en automobile sur la voie publique. Quelle belle coïncidence ! Vous savez j’habite au centre-ville. Je me déplace donc à pied. Je n’ai jamais éprouvé le besoin d’apprendre à conduire. C’est vrai qu’il n’est pas évident de se produire en concert dans ces circonstances. Et avant qu’il ne rejoigne le band, on sollicitait un proche ou un ami pour nous véhiculer… »

Merci à Vincent Devos

Watch out : the dogs are back !

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Atelier Rock de Huy, samedi 20 mars 2010. Lieu choisi par Doghouse pour annoncer son retour sur scène. Né dans le courant des années 90, le quintet électro-métal liégeois avait été contraint de délaisser les planches à la suite des événements tragiques survenus en 2000. Date à laquelle le groupe avait soulevé l’enthousiasme du public et des médias lors d’une tournée inépuisable consécutive à la sortie de son premier Ep. Tournée à travers l’Europe (France, Pays-Bas, Tchéquie…) qui leur avait valu le titre du ‘groupe belge qui a le plus tourné en 2000’.

Une formation recomposée de cinq musiciens qui explore singulièrement les champs musicaux de Front 242,  Fad Gadget, Faith No More… Un électro-métal audacieux habillé de platines et de sons digitalisés qui n’hésite pas à conjuguer les influences. 

Boulimie musicale irrépressible qui pousse d’ailleurs les cinq du bord de Meuse à reprendre les chemins des studios. Un deuxième Ep est actuellement en réalisation au studio Hautregard.

Un retour inattendu et exceptionnel à voir et à revoir sur :
 
http://www.youtube.com/watch?v=EW21A4DVur4
http://www.myspace.com/doghouserock
http://www.facebook.com/Doghouserock

Team:

voice : Pat st rem
Guitar-Samplers : Alexandre Aretz
Bass : Fabrice Mannino
Drums-Samplers : Fred Marcoty

Turntables : Dj sonar

 

The Album Leaf

De San Diego à Reykjavik…

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L’espace du Trix présente la confortable et singulière possibilité d’aménager deux scènes lors d’un même concert. Un réel bonheur pour tout backliner et surtout pour le public qui peut passer sereinement d’une scène à l’autre sans excitation inutile et sans attente excessive. La toujours séduisante programmation de la salle anversoise nous régalait ce mardi soir de deux groupes aux qualités intrinsèques incomparables. Les prodigieux Californiens de The Album Leaf  et les ordinaires Minnésotains de Retribution Gospel Choir.  

Derrière le projet The Album Leaf –pseudonyme inspiré d’une œuvre en mi majeur pour piano de Chopin, « Albumblatt »– se cache un surdoué de la musique électronica : Jimmy LaValle. Un concept musical américain, fondé à San Diego (Californie) en 1999. Tirant parti d’une variété indéfinissable d'instruments et d’équipements électroniques, il érige un mur sonore à la fois post-rock et ambient.

Sur les planches du Trix, un essaim de claviers (Moog, Nord, Hammond, …) habille la scène et donne corps au monde silencieux de Jimmy LaValle (pianiste classique de formation). Une pièce instrumentale dont le background est ingénieusement orné d’une toile drapée de projections minimalistes. L’ombre des Islandais de Sigur Rós et d’Amiina en compagnie desquels le chanteur californien collabore depuis 2001 (NDR : The Album Leaf a assuré les premières parties européennes et américaines du combo de Jón Þór ‘Jónsi’ Birgisson et enregistre régulièrement dans les studios Sundlaugin) ne rôde jamais très loin du post-rock de San Diego. « A Chorus of Storytellers », sorti ce 2 février sous le légendaire label Sub Pop, porte d’ailleurs les stigmates profonds infligés par la scène islandaise. Un univers hautement atmosphérique traverse alors le set de long en large et nous livre un post-rock dangereusement éthéré caressé de musique électronique minimaliste et d’ambient. Une prestation aux mélodies organiques qui engourdissent harmonieusement l’esprit et happent le spectateur vers les profondeurs abyssales de la rêverie.

Un voyage islandais que The Album Leaf est somptueusement parvenu à singulariser.

(Organisation The Trix)

       

Taxi Taxi !

Still Standing At Your Back Door

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Une rumeur battrait le pavé des ruelles sinueuses du Old Stockholm : la Petite Sirène ne serait pas danoise ! Non plus unique et singulière, elle se conjuguerait même sur le nombre duel et viendrait de la capitale. Voici le nom bifide de cette créature : Miriam et Johanna Eriksson Berhan. A l’écoute de la beauté  abyssale de leur premier opus, les bruits qui courent sur la nouvelle sensation de la scène indépendante scandinave pourraient dire vrai. Un folk féérique et enchanteur en témoignerait.

En bref : 2 + 2 + 2 = Taxi Taxi !

Soit deux jeunes surdouées, deux démos et deux ans de travail avant que Björn Yttling (Peter, Björn and John) ne produise leur premier six titres en 2006. Année où les deux sœurs jumelles hautes de 17 ans décident de fouler sans façons les planches des plus prestigieux festivals d’Europe du Nord (Roskilde, Hultsfred,…)

Expérience scénique qui servira de substrat à la réalisation de « Still Standing At Your Back Door ». Un premier elpee d’une grâce inouïe édifié de matériaux phoniques, de cristaux impalpables indélébilement : guitares acoustiques, ukulélé, fingerpicking, piano. Sonorités instrumentales plongées dans un océan de limpidité que font onduler mystérieusement des voix cristallines.   

Une bulle de savon musicale qui sonne comme une nuit d’été stockholmoise. Un opus d’une étrangeté fascinante qui mérite un arrêt sur image :

« Still standing at your back door », en ouverture, flâne d’emblée sur des rêveries tendres et mélancoliques. Un regard lent et obsessionnel inspiré des ondulations sonores de la mer Baltique.

« More childish than in a long time » écoute des percussions lointaines se pincer de cordes mélodiques. Une douceur acoustique qui défie le syndrome de Peter Pan.

« Old Big Trees » ferme le trio d’ouverture. Et, tout à coup, une voix moins implorante, plus assurée et enjouée, brise les mélopées intimistes du duo scandinave.

 « Same side of the moon » s’existentialise et hurle les avilissantes contraintes du corps. Celles qui posent des barrières à la perception, à la création. Un cri épuisé qui se ‘mosaïque’ en sens et transforme la langue. Les paroles, inouïes au sens propre et figuré, se substituent alors à la langue suédoise et explorent les rives de l’inintelligible.

« All I think of » est une piste où la production de Johan Berthling se fait particulièrement entendre. Un sillon orchestré d’une rythmique soignée de percussions lourdes et de cliquetis stridents qui miment délicieusement le clapotis du cœur livré continument à la marée de nostalgie qui le submerge, à la beauté inconfortable de l’existence.

  « The ripest fruit » surprend par un shuffle-latin-swing excentrique. Une piste déroutante à la rhétorique plus proche des frontières de Tijuana que de celles des provinces suédoises.

« … » : trois autres pistes aux saveurs surprenantes avant de refermer la porte sur « Mary ». Morceau touchant réenregistré de l’Ep éponyme de 2006 et paisiblement (re)décoré. Une mise en son finale au piano qui échoue et se rend oiseux par excès de subtilité et de formalisme. Un excès final de ‘byzantisme’ ?

Malgré les influences floues puisées au bord de la Baltique et chez l’Islande de Björk, « Still Standing At Your Back Door » se pose sereinement comme un premier album indéfinissable et résolument touchant. Album frôlé par l’aile de la grâce dans la forme et le fond : richesse dans les arrangements, véritable profondeur de songwriting et surprenante maturité.

Miriam et Johanna Eriksson Berhan se produiront le 25 mars prochain au Witloof Bar du Botanique. 

X-Mary

Al Circo

Écrit par

Il y a quelques mois, j’ai rédigé une chronique pour le moins acerbe de l’album de X-Mary, « A Tavola con Il Principo », un disque publié en 2006. J’y mentionnais que le punk-rock du groupe était d’une ‘monotonie criante’, la production plus que médiocre et concluais l’article en ces termes : ‘Ce n’est donc pas ce X-Mary qui va relever le blason du rock vert, blanc, rouge’. Autant dire qu’à l’époque, la musique des Italiens de San Colombano (Lombardie) était loin de m’avoir comblé. C’est donc en affichant un certain apriori que je me suis lancé à l’écoute d’« Al Circo ».

Première différence, mais elle est de taille, la production est nettement plus soignée que sur l’opus précédent. Et puis X-Mary démarre sur les chapeaux de roues en alignant deux morceaux allègres. Le ton est donné ! Le titre de l’album est vraiment significatif. Et pour cause, l’écoute des premiers titres a de quoi nous mettre déjà de bonne humeur. Et notamment « Mohamed Sahara » agité de rythmes latinos ainsi que « Giacomino II Re Del Circo » caractérisé par son ambiance ska. Mais on n’est pas au bout de nos (bonnes) surprises, puisque X-Mary change ensuite radicalement de style pour nous plonger au cœur d’un punk bien crade digne des Sex Pistols, au cours duquel les guitares crissent sous les cris du chanteur italien. A l’instar d’« If You Give My Love » ou encore de « Derby Crash ». L’opus recèle également quelques morceaux plus mélodiques. Et je pense tout particulièrement aux « Marco Ti Amo » et « Fatima ». De quoi calmer un peu les esprits. Bref, un tracklisting dont la diversité rime avec efficacité. Et puis le nombre de titres proposé sur cet elpee a de quoi rassurer : quinze. Bien plus digeste que la tartine interminable de vingt-quatre titres étalée sur le précédent cd.

Bref, cet « Al Circo » est parvenu à me réconcilier avec X-Mary, voire le punk italien. Ne reste plus maintenant qu’à confirmer. J’attends déjà impatiemment le prochain long playing…

The Aces (Californie/USA)

No one rides for free

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Les Aces nous viennent de Santa Rosa, en Californie. Une formation née en 2000. Objectif : restituer le caractère primaire et brut du blues, dans l’esprit des juke joints issus des collines du Nord du Mississippi! Le combo a signé chez El Toro, un label espagnol, barcelonais pour être plus précis. Derek Irving en est le guitariste soliste et le frontman. Planté derrière son micro, Sky O'Banion souffle généreusement dans son harmonica. Mike ‘Junk Johnson’ Gutsch assure les percussions. Pour la circonstance, le trio a reçu le concours de deux guitaristes rythmiques : Bob Welsh et Chris Anderson. Ils assurent les parties de basse, un peu à la manière de Brewer Phillips auprès de Hound Dog Taylor. Les Aces composent leur répertoire. Ne les confondez cependant pas avec les Aces, le groupe de blues légendaire chicagolais, impliquant les frères Dave et Louis Myers ainsi que le batteur Fred Below, un ensemble qui avait accompagné brillamment des stars comme Little Walter et Junior Wells.

A première écoute, une référence évidente saute aux oreilles : les Red Devils de Lester Butler, celle de leurs débuts, il y a près de 20 ans. "You're gonna loose" nous donne immédiatement l’eau à la bouche. Implacable, la rythmique met instantanément le feu, à la manière du Jimmie Vaughan de ses débuts, lorsqu’il était flanqué des T-Birds. Les lignes de basse tracées par les six cordes rythmiques forment une ossature idéale! Sky, un colosse de près de deux mètres a certes le souffle puissant, mais ses interventions sont à la fois efficaces et bouleversantes. "Stole something for me" nous entraîne au sein d’un univers sonore proche des Red Devils. Ici également, la rythmique implacable balise l'ensemble. O'Banyon en profite alors pour chanter et souffler comme un possédé dans sa frêle musique à bouche. Il ne lâche jamais prise et sa voix est émouvante. La section rythmique nous invite à participer à un voyage tout au long de "Shed some light on me", un morceau plus Butler que nature. Sky chante à travers son micro astatique. Il prend son public à la gorge et ne relâche plus son étreinte. "Knee deep in mud" ralentit le tempo. L’harmo réverbère des accents fantomatiques. L’aspect lugubre des swamps louisianais remonte à la surface. Cinq bonnes minutes d’effroi, au cours desquelles, seul l'instrument chromatique parvient à communiquer une chaleur bienveillante. "Drinkin' song" macère au sein d’un climat de torpeur. Un blues lent et dépouillé à l'extrême au cours duquel des notes angoissantes s’échappent de l’harmonica. Sky chante tristement et nonchalamment. Derek en remet une couche à cette sinistrose, à l’aide de sa guitare, qui s’est insensiblement mais sûrement installée. La slide de "Need your lovin" nous transporte dans les climats humides du Delta du Mississippi. Les rythmes foisonnent, bouillonnent et sont projetés sur toute la scène. La slide d'Irving est poisseuse, reflet d'un mal de vivre évident. Toujours plongé au sein d’un même climat, Roy souffle frénétiquement dans les aigus lors d’un "Down in the cave" introduit par des notes orientalisées d’un sitar, dont l’âme a probablement été vendue au diable. "Mr Highway man" restitue l'ambiance des trips accomplis par le géant Howlin' Wolf. Et notamment à cause de ce riff inlassablement remis sur le couvert par Derek! La silhouette imposante de Mr O’Banion se profile derrière le shuffle vivifiant et torride "House on the hill". Et pour cause, il y impose son harmonica. "Kanka Kanka" achève cet elpee de toute bonne facture. La rythmique est implacable. L’harmo embrase un dernier brûlot interminable, pendant que les cordes se libèrent dans la braise. Un excellent opus dont la transposition en ‘live’ devrait faire des ravages…

 

Arno

Brussld

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Putain, putain, c’est déjà le treizième album studio de notre Arno national. A plus de 60 ans, notre homme a toujours bon pied bon œil. Il n’a rien perdu de sa verve légendaire malgré une baisse relative de qualité.

‘National’ l’ami Arno ? Mmmm difficile de s’en convaincre. L’homme nommé ‘Chevalier des Arts et des Lettres’ chez nos voisins français n’interprète ses compositions qu’en français et en anglais, un français croustillant d’ailleurs. Il suffit de l’entendre rouler ses ‘r’. Sa popularité s’est d’ailleurs construite grâce à son ‘accent’ flamand, popularité devenue énorme en francophonie (Belgique, France, Canada, Suisse). Savez-vous qu’il est plus souvent en représentation en France que chez nous ?

Arno, non content de chanter dans ‘ses deux langues nationales’ (l’anglais et le français), a décidé de s’identifier encore un peu plus à son pays en intitulant son dernier opus « Brusseld ». Et pour ne choquer ni les uns ni les autres, il décide d’‘angliciser’ le nom de la capitale. Pas de jaloux…

« Brusseld » nous propose treize titres, cinq en français, le reste en anglais. Douze sont de la plume du maître, le treizième est comme d’habitude, une cover d’un standard. Pour la circonstance, il reprend (NDR : je devrais plutôt dire, il revisite) « Get up, Stand up » de Bob Marley et Peter Tosh. Et oh surprise, il nous blouse complètement. C’est réellement hallucinant. Cette adaptation est digne d’une nouvelle création. Elle n’a plus rien à voir avec ce qui était à l’origine un tube reggae du début des eighties. Marrant, vraiment !

Le reste du Cd ne recèle aucune surprise, aucun morceau ‘craquant’ non plus. Ses compos naviguent un peu loin de ce qu’il concoctait lorsqu’il était chez Virgin. Son nouveau label serait-il moins exigeant ? « French Bazar » avait été élu album de l’année aux Victoires de la Musique en 2005. « Brusseld » est loin de pouvoir rivaliser avec ce dernier. Néanmoins, on est en présence d‘authentique’ Arno. Quelques titres semi-comiques, semi-tragiques (« Quelqu’un a touché ma femme », « Le lundi on reste au lit »), d’autres plus noirs (« Black Dog Day » ; et bien sûr des ‘légèretés’ comme « Mademoiselle ». Musicalement, rien de bien original, de bien ‘croquant’ à se mettre sous la dent. Des rythmes lents, répétitifs et des ritournelles auxquelles Arno nous a maintenant habitués depuis plus de 20 ans. Néanmoins, éclaircie dans la grisaille, on retiendra le titre « Brussels » qui a inspiré le nom à l’opus et devrait nous sortir quelque peu de notre léthargie. Entraînant, un peu plus musclé, électronique sur les bords, il deviendra probablement le futur single diffusé sur les ondes. Arno nous a préparé une espèce de pot au feu à la belge. Il y mélange différents idiomes et chante pour tous les Linda, Mustapha, Jean-Pierre bruxellois : arabes, flamands et wallons. Une démarche qui me rappelle un peu celle de Zazie quand elle avait écrit « Tout le monde ».

Honnêtement, j’attendais un peu plus de cette dernière plaque. Je recherche toujours chez ce génial flamand ce grain de folie. Cette touche particulière qui rend ce mec pas comme les autres. Hélas, cette fois, je reste sur ma faim. Oui bien sûr c’est du ‘Arno’. Mais j’ai dans la bouche comme un goût de trop peu, d’inachevé. J’ai l’impression de me farcir, pour une fois, de l’Arno de second choix. 

 

Broken Bells

Broken Bells

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Jamais à court d’idées ou de potes en compagnie desquels fricoter, Brian ‘Danger Mouse’ Burton est à l’Indie ce que Timbaland ou Pharrell Williams sont au Hip Hop. Fin 2009, le producteur/bidouilleur annonçait une future collaboration avec la figure de proue de The Shins, le sieur James Mercer. Une annonce suivie par la publication d’un site internet mystérieux où n’étaient dévoilés qu’un artwork et un loop instrumental. Et après avoir bien titillé le public et la presse, le duo publie un single sous le sobriquet de Broken Bells. « The High Road » a immédiatement l’effet escompté. Du coup, même plus besoin de promo. La blogosphère s’en occupe seule comme une grande. Deux mois plus tard paraît le premier disque éponyme des deux hommes. Alors, bombe ou pétard mouillé ?

En fait, « Broken Bells » met le cul entre deux chaises. Le travail de production est impeccable et les dix morceaux space-pop du duo sont de véritables réussites. Mais l’éponyme du duo aurait aussi bien pu être présenté comme un recueil de The Shins post « Wincing The Night Away » produit par Danger Mouse que l’on n’y aurait vu que du feu. Les cloches brisées se paient donc un excellent premier album comptant autant de tubes potentiels que de nombre de plages. Mais peut-être attendait-on plus d’étincelles de la part des deux hommes au parcours exemplaire. Recommandé à toutes celles et tous ceux pour qui l’attente d’une nouvelle livraison de la bande à Mercer devient insupportable.

Das Pop

Das Pop

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La sortie de certains albums est tellement repoussée que les fans perdent finalement patience, et passent malheureusement passer à côté de la plaque. Le dernier album de Das Pop illustre une nouvelle fois ce phénomène. La formation gantoise aurait même pu disparaître dans les méandres de la pop belge. Dans ce cas de figure, il faut trouver un truc, une astuce, pour toucher sa cible. Et si cette solution passait par les frères Dewaele ? Ou si vous préférez, Soulwax ? Une bonne idée, quand même, non ? Certains estimeront peut-être cette chronique inutile est un peu tardive ; mais honnêtement, le troisième elpee de la bande à Bent Van Looy mérite tout de même qu’on s’y intéresse. Car il sent bon le chewing-gum ! Pas le Freedent, non ! Le gros chewing-gum tout rose, celui qui fait des grosses bulles !

La production et le mixing ont donc été assurés par les 2 Many Dj’s. Et ça se sent. Les arrangements et les orchestrations sont irréprochables. Le génial ingénieur du son Dave Sardy est même venu apporter sa contribution au single « Underground », un morceau incompréhensiblement passé inaperçu. Et après avoir pris une telle claque, on a vraiment envie d’écouter la suite. De délicieuses chansons pop, sucrées (« Wings », « Never Get Enough », « Fool For Love »), tendres (« Girl Be A Man », …), croustillantes même, qui démontrent que, dans le style, le combo belge est capable de rivaliser avec n’importe quelle autre formation insulaire, même bien rôdée. Et on épinglera encore, les superbes interventions aux cordes concédées par le guitariste Reinhard Vanbergen. Six longues années après la sortie de « Human Thing », le troisième opus (NDR : éponyme) de Das Pop a failli s’évaporer dans l’anonymat. Heureusement la qualité du produit a sauvé les meubles. Le tout est de tirer profit de cette mauvaise expérience, et surtout de ne plus la reproduire…

 

Boney Fields

Live at Jazz à Vienne

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Le Bone's Project est une formation établie en France qui pratique un blues funk, considéré comme le meilleur du style de ce côté de l'Atlantique. Boney Field en est le leader. Un trompettiste noir originaire du ghetto de Chicago. Il a côtoyé des maîtres du blues comme Junior Wells, James Cotton, Albert Collins, Buddy Guy et Jimmy Johnson. En 1997, il intègre le backing band de Luther Allison puis de son fils Bernard. Il se plaît au sein de l’hexagone et monte le Bone's Project. Sous ce line up, il aligne plusieurs albums, dont "Hard work" en 1999, "Red wolf" en 2003 et "We play the blues" en 2005. S’il souffle passionnément dans sa trompette, Boney est également auteur, compositeur et chanteur. Il est entouré d'excellents musiciens, originaires de tous les Continents : Sénégalais, Mauritiens, Martiniquais, Italiens, Danois et Français dont sa compagne Nadège Dumas qui se réserve le saxophone.

Ce nouvel opus a été immortalisé au festival Jazz de Vienne (NDR : c’est en France !), le 12 juillet 2008. Un cd audio et un Dvd sont donc consacrés au même concert! Dès "Hang loose", nous pénétrons dans l’univers sonore de Fields. Un funk dansant saturé de groove. Une ouverture caractérisée par le front de cuivres à l’avant-plan. Les interventions des différents musiciens sont bien distinctes. Ils sont tous contaminés par le jazz. Constitué d'Enrico Mattioli aux drums et Mike Armoogum à la basse, la section rythmique est solide. Jerry Leonide s’autorise un premier billet de sortie sur son piano électrique. Il est rapidement suivi par son leader et guitariste Hervé Samb, dont la vitesse d'exécution est impressionnante. Très long, "Late comer" trempe dans un climat R&B offensif, réminiscent de James Brown voire de Tower of Power. Une invitation permanente à s'éclater devant la scène. "Don't call me local" lorgne davantage vers le blues, mais un blues dont les accès de boogie sont alimentés par le piano de Leonide Boney. Le chapon rond coloré, toujours solidement vissé sur le crâne, Boney chante très délicatement l’indolent "Tough pill", un blues à la sauce maison! "Funny how time slips away" est propice à la danse hypnotique. Au saxophone ténor, Nadege démontre toute sa puissance, sa créativité et sa souplesse, une plage pétillante et aventureuse qui embraie sur une ligne rythmique reggae particulièrement allègre. Derrière ses fûts, Enrico nous replonge dans le funk pur et dur. Il est épaulé par Mike dont les accords de basse versatiles sont très caractéristiques. Tout au long de ce "Get up and stand up", Nadège tire une nouvelle fois son épingle du jeu. Et son intervention ne manque pas de punch. Toujours funky, "Live in peace" permet au trombone de mettre le nez à la fenêtre. Et Chabs Chabrele y injecte toute sa passion. Autre long morceau, "Red wolf" est un autre long morceau. La machine à funk est lancée sur rails. Une situation qui permet aux solistes de se mettre en évidence. Très rapide, "Hard work" démontre une nouvelle fois toute la dextérité aux cordes d’Hervé Samb. Cet homme pète la santé ! Ce concert s’achève par "Ain't doing too bad", un morceau au cours duquel Boney présente ses partenaires.

Le Dvd restitue parfaitement les pulsions explosives du band, parfaitement à l’aise sur les planches. Le même concert y est reproduit, mais bénéficie d’un bonus de 40 minutes. Au menu, des interviews accordées par Lucky Peterson, Jean-Jacques Milteau, Bernard Allison et Corey Harris, mais également deux plages supplémentaires : "Your good thing's about to run out" et "Another place in the blues". A l’instar de ses pochettes, la musique de Boney Felds & The Bone's Project est très classe, colorée, pimentée même. Il ne vous reste plus qu’à y goûter ! 

Freedom Call

Legend Of The Shadowking

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Malgré des débuts prometteurs, Freedom Call a souvent été considéré comme un groupe de seconde zone, destiné à vivre dans l’ombre des géants du speed mélodique incarnés par Helloween et Gamma Ray. Intitulé « Legend Of The Shadowking », son sixième opus devrait probablement changer la donne et propulser le groupe de Nurenberg à une place beaucoup plus enviée.

« Legend Of The Shadowking » marque le retour de Freedom Call aux albums conceptuels, genre qu’il avait abandonné depuis quelques années. Afin de donner une consistance musicale aux évolutions de l’histoire qu’il dépeint, le groupe de Chris Bay s’éloigne un peu de l’autoroute linéaire du speed métal de ses derniers albums pour emprunter les chemins parfois un peu plus lents et souvent plus tortueux du hard rock et du métal classique où les chœurs tiennent une place non négligeable. Cette démarche, plutôt heureuse, semble faire passer le combo à un niveau supérieur. Dans un style musical que ne renierait pas Tobias Sammet d’Edguy, les quatre musiciens germaniques narrent l’histoire du roi Louis II de Bavière, ce monarque décalé et rêveur qui vouait une admiration sans borne à la musique de Wagner et dont la politique un peu laxiste n’était pas du goût de tous. Ce qui explique sans doute son décès dans des circonstances étranges (NDR : Vous avez dit complot ?)

La voix de Chris Bay, comme celle de Tobias Sammet, est mélodieuse et accrocheuse. C’est une des grandes forces du combo. Les autres musiciens ne sont cependant pas en reste, et en particulier Dan Zimmerman, véritable drum-hero qui, à ses heures perdues martèle aussi les fûts chez Gamma Ray. Lars Rettkowitz, quant à lui, délivre riffs inspirés et soli envoûtants qui feront la joie des amateurs de métal véritable.

« Legend Of The Shadowking » est donc une belle réussite pour ces Allemands dont nous n’attendions pas grand-chose. Un must pour les amateurs de métal joyeux et de mélodies percutantes.

 

Krokus

Hoodoo

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Paru en 1982, le sixième album de Krokus, « One Vice At A Time », figure toujours en bonne place dans mon top 20 personnel des meilleurs albums de hard rock de tous les temps. Imaginez donc ce mélange d’excitation et d’inquiétude qui m’étreint à l’heure de découvrir enfin ce « Hoodoo », enregistré en 2010 par le line-up mythique de 1982.

Krokus, dont les 15 opus précédents ont été certifié disques de platine dans son Helvétie natale, n’a jamais vraiment cessé de tourner depuis sa formation en 1976. Le line-up du début des eighties, considéré comme ‘classique’ s’était cependant disloqué, peu après la sortie de « Headhunter », en 1984. Plus de deux décennies plus tard, fin 2007, les cinq musiciens décident de se réunir pour participer à un show de la télévision suisse célébrant les plus grands succès de la musique helvétique (Die Grössten Schweizer Hits) où ils interprètent quelques-uns des titres qui ont fait leur gloire. Cette rencontre amicale semble si bien tenir la route que le groupe annonce, quelques mois (et quelques concerts) plus tard, son intention d’enregistrer un nouvel elpee. Pour beaucoup de fans (dont votre serviteur), revoir les noms de Marc Storace (chant), Chris Von Rohr (basse), Fernando Von Arb (guitare), Mark Kohler (guitare) et Freddy Steady (batterie) figurer sur une même pochette en 2010 tient carrément du rêve éveillé.

Il ne faut guère écouter plus de 3 secondes du titre d’ouverture « Drive it in » pour que toutes les inquiétudes concernant le bien fondé de cette reformation soient balayées. Oui, le Krokus des grands jours est bel et bien de retour. Les vingt-cinq années de séparation ont été plus que bénéfiques au cinq Helvètes qui, faisant fi de leurs petites rancunes passées, semblent vouloir donner le meilleur d’eux-mêmes pour la gloire du rock’n’roll. Tous les ingrédients qui ont fait le succès de la formation helvétique au début des années quatre vingt sont à nouveau réunis : le hard rock aux riffs simples et efficaces, les mélodies imparables, les refrains immédiats mémorisés dès la première écoute et surtout, la voix géniale de Marc Storace, l’un des rares vocalistes rock à pouvoir concurrencer le grand Bon Scott sur son propre terrain. Comme c’était le cas dans les eighties, le groupe passe tour à tour de titres calqués sur le schéma cher au hard rock d’AC/DC (« Keep Me Rolling », « Rock’n’Roll handshake », « Shot Of Love ») à des titres beaucoup plus personnels (« Hoodoo Woman », « Ride Into The Sun ») voire même parfois à la limite du heavy métal (« Firestar »).

Après le « American Woman » des Guess Who en 1982 et le « Balroom Blitz » de Sweet en 1985, Krokus se fend une nouvelle fois d’une reprise d’un classique du rock : le « Born To Be Wild » de Steppenwolf, certes déjà repris des milliers de fois, mais toujours aussi efficace.

C’est Chris Von Rohr en personne qui produit « Hoodoo ». Il faut dire que le gaillard bénéficie d’une solide expérience des studios puisqu’il était, entre autres, derrières les manettes lors des enregistrements successifs des cinq premiers elpees de l’autre gloire du hard rock suisse : Gotthard.

Au top de sa forme, Krokus impose « Hoodoo » comme le parfait successeur de ses quatre meilleurs opus : « Hardware », « Metal Rendez-vous », « One Vice At A Time » et « Headhunter ». A l’instar de celle d’AC/DC, la musique du combo suisse n’a pas pris une ride. Un retour aussi réussi qu’inattendu !