Le rire de Will Paquin

Will Paquin sortira son premier elpee, « Hahaha », ce 12 septembre. Orienté guitare, psychédélique et garage-rock, il est décrit comme un chaos créatif à haute tension et imprégné d'humour, un élément souvent oublié dans le rock. En attendant, il a partagé…

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La couleur intérieure de The Intemperate Sons…

The Intemperate Sons a fait irruption sur la scène rock alternative de Dallas (Texas), à l'été 2019, se distinguant immédiatement par un son mêlant riffs de guitare brûlants, mélodies obsédantes et profondeur émotionnelle brute. En 2021, son talent…

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Les 5 fantômes de Stars

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Le 18 juin, les Canadiens de Stars publieront le successeur de « In Our Bedroom After The War » (2007). Il s’intitulera « The Five Ghosts » et paraîtra via Soft Revolution, le label créé par la formation.

Tracklist:

Dead Hearts
Wasted Daylight
I Died So I Could Haunt You
Fixed
We Don't Want Your Body
He Dreams He's Awake
Never Been Good With Change
The Passenger
The Last Song Ever Written
How Much More
Winter Bones

Le Gogol Bordello Transcontinental

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Gogol Bordello, la sympathique bande de punk-rockers gitans, débarqueront le 26 avril prochain avec un cinquième album sous les bras. « Trans-Continental Hustle » est produit par l’omniprésent Rick Rubin et sera présenté sur la scène du chapiteau lors des Nuits Botanique, le 13 mai.

Tracklist :

Pala Tute
My Companjera
Sun Is on My Side
Rebellious Love
We Comin' Rougher (Immigraniada)
When Universes Collide
Uma Menina Uma Cigana
Raise the Knowledge
Last One Goes the Hope
To Rise Above
In the Meantime in Pernambuco
Break the Spell
Trans-Continental Hustle

L’ombre de Teenage Fanclub

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Cinq ans après avoir disparu de la scène, Teenage Fanclub réalise son come-back avec “Shadows”, un huitième album qui atterrira dans les bacs le 31 mai. Il sera précédé par le single « Baby Lee ».

Tracklist :

Sometimes I Don't Need To Believe In Anything
Baby Lee
The Fall
Into The City
Dark Clouds
The Past
Shock And Awe
When I Still Have Thee
Live With The Seasons
Sweet Days Waiting
The Back Of My Mind
Today Never Ends


The Dead Weather rempile

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The Dead Weather, le supergroupe emmené par Jack White et Alison Mosshart, delivrera son second album dès le 10 mai. Soit seulement dix mois après la parution de « Horehound ». Le disque s’intitule « Sea Of Cowards » et sera précédé du single « Die By The Drop ».

Tracklist :

01 Blue Blood Blues
02 Hustle and Cuss
03 The Difference Between Us
04 I'm Mad
05 Die By the Drop
06 I Can't Hear You
07 Gasoline
08 No Horse
09 Looking at the Invisible Man
10 Jawbreaker
11 Old Mary
 
Petit avant-goût du clip prometteur de "Die By The Drop", réalisé par Flora Sigismondi (dont le premier long-métrage, "The Runaways", un biopic sur la formation du même nom,  s'annonce tout aussi excitant):

http://www.youtube.com/watch?v=CHhhx7xDIts

Stone Temple Pilots, 9 ans plus tard

Écrit par
Le 24 mai, Stone Temple Pilots offrira un successeur au « Shangri-La-Dee-Da » paru en 2001. Le disque éponyme sera produit par les membres du groupe, réuni pour la première fois depuis leur ‘petite pause’ de six ans.

Tracklist :

'Between The Lines'
'Take A Load Off'
'Huckleberry Crumble'
'Hickory Dichotomy'
'Dare If You Dare'
'Cinnamon'
'Hazy Daze'
'Bagman'
'Peacoat'
'Fast As I Can'
'First Kiss On Mars'
'Maver'

Quand Damian rencontre Nas

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« Distant Relatives » est le titre du premier album issu de la collaboration entre Nas et Damian Marley. Il sera publié le 18 mai prochain et jouira de la participation de Lil Wayne, K’Naan et Stephen Marley.

Le duo viendra défendre le disque sur scène au festival Couleur Café qui se déroulera du 25 au 27 juin sur le site Tour & Taxis.

01 As We Enter
02 Tribal War [feat. K'naan]
03 Strong Will Continue
04 Leaders [feat. Stephen Marley]
05 Wisdom
06 Count Your Blessings
07 Dispear
08 The Promised Land [feat. Dennis Brown]
09 In His Own Words [feat. Stephen Marley]
10 Nah Mean
11 Friends
12 My Generation [feat. Lil Wayne]
13 Africa Must Wake Up [feat. K'naan]

Aguilera bien entourée

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Pour son retour, Christina Aguilera s’est plutôt bien entourée. « Bionic » sera dans les bacs le 7 juin et est précédé du single « Not Myself Tonight ». A l’écriture, on retrouve l’increvable Linda Perry (4 Non-Blondes) mais également Sia, Ladytron ou encore Le Tigre. « Bionic » surferait-il sur la vague électro-pop ? A découvrir en écoutant « Not Myself Tonight » à partir du 30 mars sur le site web de la blonde.
 
 

Beastie Boys balancent la sauce en septembre (peut-être...)

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D’abord prévu pour une publication l’été dernier, « Hot Sauce Committee Part I » des Beastie Boys devrait finalement trouver le chemin des bacs en septembre prochain. Le report de la date de sortie était dû à l’état de santé d’Adam Yaunch. A l'époque, il souffrait d’un cancer dont il semble remis. Mais le trio émet une réserve. Le disque ne sortira que si la santé de Yaunch lui permet de le défendre sur les planches. A suivre donc…

Du Phoenix gratos

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Phoenix n’a pas fini de faire parler de lui. Fort d’un Grammy Award amplement mérité, les Versaillais proposent sur leur site un enregistrement live ‘pour pas un balle’. Enregistré à Sidney, cet EP live réunit 8 morceaux extraits de l’incontournable “Wolfgang Amadeus Phoenix” dont “Lisztomania”, “1901” et “Fences”. De quoi patienter (ou se consoler) avant le concert sold-out de ce samedi 27 à l'AB.

L’adresse du jour: www.wearephoenix.com/observer/

Update 27/03 : L'offre ayant été limitée dans le temps, l'EP n'est malheureusement plus disponible.

 

Jim Kerr s’émancipe…

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Le label allemand earMusic annonce la sortie du premier album solo de Jim Kerr. « Lostboy !Aka Jim Kerr » constitue le premier essai du leader de Simple Minds, sans son groupe, en  près de 30 ans de carrière ! Attendue fébrilement par les fans du combo écossais, cette échappée solitaire paraîtra le 17 mai prochain. Mais dès aujourd’hui, le premier single, « Refugee », est disponible en téléchargement sur le site de l’artiste. Une tournée européenne est également prévue.

http://www.lostboyaka.com

 

Les Rolling Stones en DVD…

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Eagle Rock Entertainement a signé un deal avec les Rolling Stones pour publier 2 DVD cette année ! Le premier, « Stones In Exile » immortalise l’enregistrement du mythique album « Exile On Main Street », en 1972, elpee qui sera d’ailleurs réédité cette année. Le second, intitulé « Ladies And Gentlemen… The Rolling Stones », est consacré à une vidéo d’un concert accordé la même année.

C’est Rock N’ Folk qui risque de s’emballer…

 

Blood Red Shoes

Tout feu tout flamme!

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Le second album de Blood Red Shoes est paru ce 1er mars 2010. Et il s’intitule « Fire Like This ». Réputé pour ses prestations incendiaires, le duo de Brighton est réduit à un couple. A l’instar des Kills et des White Stripes. Steven Ansell se charge de la batterie et Laura-Mary Carter, la guitare. Ils se partagent les parties vocales. Steven et Laura-Mary (NDR : très belle fille !) se sont prêtés volontiers au feu des questions allumé par Musiczine…

Apparemment, vous êtes passionnés par le cinéma. Votre nouvel album s’intitule « Fire Like this », une référence, je suppose, au film de David Lynch, « Twin Peaks ». Est-ce que ce long métrage constitue un symbole pour vous ?

S. : En partie. Mais c’est une des raisons pour laquelle nous avons choisi ce titre. Il en existe cependant 25 autres. Le feu, c’est comme une passion créatrice. De la création et en même temps de la destruction. De l’excitation et du danger, aussi.
L-M. : Cette notion est illustrée par l’image reproduite sur la pochette ; une sensation de fièvre lorsqu’on se brûle les mains…

Vous aimez, semble-t-il, également les films d’horreur et les thrillers. ‘Jack l’éventreur’ et les histoires de vampires, je suppose. Bref, où il y a du sang, des couteaux, de la terreur et des meurtres. Etes-vous des disciples des Cramps ?

L-M. : A une certaine époque, j’étais vraiment une fan. Au fil du temps j’ai un peu décroché (NDR : Lux Interior est décédé l’an dernier)
S. : Ce qui m’a toujours plu chez eux, c’est leur attitude malsaine, sordide, agressive, un peu perverse…

Que représente le mouvement ‘Riot Grrrrl’ pour Laura ? Et je pense plus particulièrement à des groupes comme Blake Babes, Breeders ou Babes In Toyland ? 

L-M. : Notre démarche n’a jamais été politique, ni féministe. Nous sommes davantage orientés vers la recherche des émotions.
S. : Bikini Kill était vraiment féministe. On est plus proche d’un Babes In Toyland. Un peu dans l’esprit ‘fuck you’.
L-M. : Leur attitude était vraiment punk ; mais je ne pense pas qu’elles se tracassaient beaucoup pour les lyrics. Elles privilégiaient le feeling…

Vous avez déclaré que vous véhiculiez une énergie destructrice en vous. Prôneriez-vous le nihilisme ?

S. : (rires). Mais non ! Par contre on pourrait trouver une explication dans le style du jeu de guitare, car notre inspiration vient du punk, du hardcore US des eighties ; et puis de groupes comme les Stooges, Nirvana ou encore Babes In Toyland. C’est notre musique qui libère cette énergie agressive et destructrice. Briser, fracasser, sont des actes cruciaux du concert. Et puis, nous sommes aussi prédateurs, parce que nous sabotons nos propres chansons. Certaines de nos mélodies sont contagieuses, accrocheuses, accessibles même ; mais nous ne voulons jamais qu’elles sombrent dans la facilité. Et c’est alors qu’intervient le carnage à la guitare. Et qu’on rentre dedans. On ne veut pas la perfection. C’est un peu comme si on voulait foutre la merde…

Oui mais pensez-vous que vous pourrez reproduire une telle énergie, en ‘live’, toute votre vie ?

M-L. : Ce n’est pas possible !
S. : L’être humain n’est pas capable de produire ce flux d’énergie éternellement. Mais comment fait-il Iggy Pop ? Je me vois mal tenir le coup aussi longtemps que lui, à ce régime…
M-L. : Il n’est pas si vieux !
S. : J’aimerais bien, à 60 ans, pouvoir continuer à faire du rock sur scène. Il faut donc l’imiter et continuer à boire…

Mais dans l’histoire du rock’n roll, quelle grande chanson symbolise le mieux Blood Red Shoes, le « Fire » de Jimi Hendrix, d’Arthur Brown, « I’m on fire » de Bruce Springsteen ou encore le « Light my fire » des Doors ?

S. : « I’m on fire » de Bruce Springsteeen ». Très évocateur pour moi. C’est une chanson à la fois belle et triste. Quand j’avais 7 ou 8 ans je voulais devenir Bruce Springsteen. Mon père était un fan et écoutait beaucoup sa musique. Dont le fameux « Born in the USA ». Cette chanson est sans doute mon premier souvenir d’enfance. Quand au « Fire » de Jimi Hendrix », son impact est plus émotionnel…

Mais au sein du couple, qui est l’eau et qui est le feu ? (rires et hésitations)

S. : Qui est froid et humide et qui est bouillant et dangereux ? On est un peu les deux. En fait quand je suis le feu elle est l’eau et inversement. Car on réagit chaque fois l’un à l’autre…

Mike Crossey se consacre à nouveau de la production. Apparemment, il est devenu un ami. Se chargera-t-il encore de la mise en forme des prochains albums ?

S. : C’est devenu un ami, c’est vrai. Il fait partie de notre cercle. Mais nous ne savons pas encore si nous allons poursuivre l’aventure ensemble.
L-M. : Ce n’est pas impossible. Mais rien n’a été décidé encore à ce sujet.
S. : Nous n’avons même pas encore écrit de nouvelles chansons. Il comprend bien la situation, d’autant plus que dans le passé, il n’a jamais accompli ce boulot pour deux albums d’un même artiste. Et il en a assuré des tonnes.
L-M. : La porte reste néanmoins ouverte…

Quelle est la différence majeure entre « Box of Secrets » et « Fire like this » ?

L-M. : L’écriture. On l’a améliorée. Puis on a acquis une certaine expérience depuis la sortie du premier. On a appris à devenir un groupe. On s’est bonifié au niveau des arrangements, des compos, de la maîtrise de nos instruments. C’est là que se situe la différence principale.
S. : C’est surtout notre compréhension de la musique qui a changé. Et ce nouvel album reflète très bien notre progression. Il y a plus de variation dans la chanson, dans les sonorités. Nos voix se sont également améliorées.
L-M. : Pour cet album, on a été beaucoup plus attentif aux détails.
S. : Lors du premier, c’était comme si on avait enregistré des chansons en ‘live’. Tandis que pour celui-ci on a accordé davantage d’attention aux atmosphères, au feeling, à la capture des émotions…

Etes-vous ouverts aux autres styles musicaux ?

 S. : Oui, je l’ai déjà déclaré, nous sommes en pleine phase d’expérimentation. Nous cherchons à faire reculer les limites du genre, en incorporant de nouvelles idées. Maintenant, on n’enregistrera jamais un disque de reggae, ni de ‘fucking’ world music impliquant quarante drummers africains. Juste pour le fun. Ce serait stupide. Cela ne correspond pas à notre démarche.
L-M. : L’art musical consiste à absorber d’autres éléments…
S. : Mais nous on crée de nouvelles sensations, de nouvelles émotions. Elles viennent de manière naturelle. On ne peut pas tout contrôler. On ne se pose pas la question de savoir si c’est différent. Il faut laisser la musique arriver à maturation. Elle doit évoluer naturellement et on doit simplement s’appliquer à devenir meilleur musicien. A ce que l’album sonne mieux. Tu dois laisser grandir la musique dans son propre espace. On n’appartient pas à ces groupes qui pour se démarquer des autres, ajoutent un petit truc, mettent des chœurs, par exemple. Ca, c’est du calcul. Nous on ne calcule pas.

Apparemment, vous improvisez constamment. Rien n’est préétabli ? Est-ce le même processus en ‘live’ ?

L-M : Tout à fait !
S. : Une compo est davantage le résultat d’un accident ou d’un événement fortuit. On déconne ou on bricole, et puis c’est le hasard qui guide nos choix.
L-M. : Rien n’a jamais été balisé. Nous ne sommes pas déterministes.  

Parlons un peu de votre nouvel album. J’ai remarqué la présence d’un violoncelle sur « Follow the line » ; et puis il y a ces ‘wow wow’ qui me rappellent quelque part Siouxsie & The Banshees. Tout comme lors de l’hymnique « One empty chair ». Des coïncidences ?

L-M. : Nous avons partagé la même affiche.
S. : Je connais très peu son répertoire, mais elle est vachement cool.
L-M. : Au sein de mon premier groupe, on disait que je chantais comme elle…

« Don’t ask » et « Colours fade » sont les deux chansons les plus pop de l’album. Soit la première et la dernière du cd. Vous envisagez de les sortir en singles ?

S. : Oui.
L-M. : Le premier morceau est déjà sorti en single et le second est prévu pour le printemps.
S. : Enfin, c’est plus que probable, mais rien n’a encore été décidé.

« When we wake » est une méditation sombre sur la mort. Que représente la mort pour vous. La fin ? Une nouvelle vie ? Croyez-vous à la lumière après la mort ? A un dieu ? Aux esprits ?

S. : Putain, c’est une question vachement profonde !
L-M. : Je ne crois pas en Dieu, mais je pense qu’il existe quelque chose après la mort. Je prie, mais pas de manière consciente. Je ne crois pas à l’influence divine. Ni à un quelconque sauveur. J’ai suivi une éducation dans un milieu catholique. Et on m’a enfoncé tous ces principes dans le crâne. Maintenant, je crois qu’il existe un état de conscience après la mort ; mais lequel ?

Vous ne disposez pas seulement de la musique comme corde à votre art. Vous vous intéressez également à l’art sous toutes ses formes. Dont la photo. A l’instar de PJ Harvey, vous avez ainsi posé nus. Partagez-vous le même concept ?

S. et M-L. (en chœur) : Wow !
S. : Justement j’en parlais hier à Laura hier soir, lorsqu’elle se déshabillait.
L-M. : Oui, on parlait de l’opportunité pour les pop stars de poser nus.
S. : Cette démarche peut être artistique, mais aussi commerciale, et une manière détournée de vendre son produit. On ne joue pas à poils sur scène ! Dans le monde musical, la nudité est plus commerciale qu’artistique. Il y a bien un album des Pixies dont la pochette est vraiment arty ; mais en ce qui concerne PJ Harvey, sa nudité était surtout destinée à promouvoir son album.
L-M. : C’est une véritable icône, mais elle est bizarre. Et puis tellement maigre.
S. : La nudité peut être artistique, mais la majorité du temps, elle ne l’est pas.

J’ai lu un article marrant racontant qu’à l’instar de Peaches, porter une fausse barbe était un phantasme pour Laura. Vous partagez les mêmes obsessions que la Canadienne ? (fou rire !)

L-M. : Et m****, qui a écrit un truc pareil ?
S. : Tu vois, on fait des tas d’interviews, on boit un coup de trop, on rigole et puis on raconte des conneries…

(Merci à Vincent Devos)

 

Taxi Taxi !

Tout en grâce et en délicatesse…

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Ce jeudi soir, un nouveau blizzard venu du Nord frappait encore aux vitres du jardin des fleurs du Botanique pour y déposer, cette fois, deux radieux perce-neiges.

Découvertes à l’âge de 17 ans par Björn Yttling (Peter, Björn and John), les jumelles suédoises, qui ont choisi pour patronyme Taxi Taxi !, usent de leur jeune expérience scénique pour illuminer les murs du Witloof Bar de leur grâce d’enfance. Instant suspendu dans le temps, subitement éteint par la traversée furtive de deux petits elfes vêtus d’un clavier Roland et d’une guitare acoustique venus discrètement présenter leur premier opus : « Still Standing At Your Back Door » (NDR : duo accompagné d’une batterie subtile). Touche si délicate qu’on aurait presque cru qu’elle hésitait à déranger un public timidement présent. Moments d’introversion accrue par des silences longs entre les morceaux où règnent confusion et maladresse contagieuses. Alors, nous sommes envahis par une sensation d’inachevé qui touche au plus profond. Un sentiment de fragilité plutôt bouleversant. Le scénario cristallise l’attention du spectateur singulièrement lorsque les voix de Miriam et Johanna Eriksson Berhan s’élèvent et larguent l’âme dans l’océan étale de la limpidité. Deux voix cristallines vous guident au cœur de la fraîcheur des nuits d’été suédoises et l’orchestration maladroite importe peu.

Dix perles pop-folk qui posent un regard lent et obsédant, inspiré des ondulations sonores de la mer Baltique. Un set d’une étrangeté fascinante qui interroge l’oreille de l’auditeur et l’invite sérieusement à découvrir l’album… dont la critique figure dans la rubrique ‘Chroniques’.     

(Organisation Botanique)

 

Atmosfairy

Evasion (Ep / Demo)

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Les plus branchés ‘métal gothique/atmosphérique/à chanteuses francophile’ connaissent probablement déjà « Evasion », le premier Ep des Bordelais d’Atmosfairy, puisqu’il est en vente depuis plus d’un an. Quant à nous, il y a à peine quelques semaines que nous avons découvert ce petit bijou qui, comme le laisse pressentir le nom du groupe, est à la fois atmosphérique et féérique.

‘Féérique’ en premier lieu, parce que le sextet est composé de trois jolies jeunes fées (Vanessa au chant et aux claviers, Chloé à la batterie, Emilie au violon et aux chœurs) et d’un trio de princes presque charmants (Vincent à la guitare rythmique, JR à la lead guitare et Sylvain à la basse). ‘Atmosphérique’ ensuite, car c’est probablement le mot qui résume le mieux l’univers musical de la formation girondine.

Format Ep oblige, Atmosfairy ne dispose que de vingt-cinq minutes et de quatre titres pour convaincre. Il s’en sert plutôt bien en proposant une palette d’émotions variées et intenses. Comme mise en bouche, « Tombeau pour une Fleur d'Orient », tel un  hymne à l’amour version gothique, dépeint l’histoire romantique du Taj Mahal. Sur ce titre, le violon d’Emilie combiné à la voix lyrique de Vanessa fait irrémédiablement penser aux premiers efforts de Tristania. Sur « Pantin de bois », où le groupe revisite à sa manière le conte de Pinocchio, les atmosphères mélancoliques proches du rock progressif de Lazuli prennent le pas sur la tristesse du gothique. « Follow Me » glisse soudainement de la langue de Molière à celle de Shakespeare. Une invitation un peu plus métallique à un voyage au pays des fées et des elfes. Sur les parties instrumentales, les dialogues opérés entre le violon et la guitare électrique tiennent presque du merveilleux. A l’instar du « Run To The Hills » d’Iron Maiden qui décrivait la conquête de l’Ouest du point de vue amérindien, les lyrics de « Jérusalem » révèlent le point de vue musulman sur la libération de la ville sainte, à l’époque des croisades. Un sujet propice à la réflexion et qui permet au groupe d’insérer quelques influences orientales dans son expression sonore.

Le Cd d’« Evasion », bien qu’il s’agisse d’une démo autoproduite, est de qualité quasi professionnelle. Le son est plutôt de bonne facture et les illustrations du livret sont superbes. Il ne nous reste plus qu’à espérer une suite un peu plus conséquente à ce disque. Et surtout qu’Atmosfairy se remette bientôt à l’ouvrage… 

 

Ben Popp

Empreintes digitales

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Vingt ans. 20 ans déjà que Benjamin chante. Sa carrière, il l’a en effet commencée en 1991. C’est dire s’il est resté discret depuis. Passant de démos aux petites scènes, l’Avignonnais regarde le temps passer sans grands moyens et sans jamais s’inquiéter beaucoup pour sa carrière. Il est vrai que la vie est difficile pour des tas d’artistes maintenus dans l’anonymat, faute de pouvoir se dégoter un producteur digne de ce nom et susceptible de croire en leur étoile.

Mais tout arrive à qui sait attendre. Christian Morfin endosse le rôle de la bonne fée pour Ben, près de 20 après ses débuts. Il lui monte un band de toutes pièces, tel un puzzle. Il emmène dans ses bagages ‘Le 7ème rêveur’ à la batterie et Richard Vecchi aux claviers. Rejoignent le band, quelques amis proches de Ben : Sidonie Richard à la basse, Pierre Walther à la guitare acoustique, Christian Pruneau à l’harmonica, les frères Parmentier aux guitares et ‘The Hippie’, préposé à tout sauf la batterie. Une dizaine de personnes en tout afin de lancer enfin une vraie carrière, d’enregistrer un véritable album.

« Empreintes digitales » est paru début de cette année. Quatorze chansons ‘peuplent’ la réalisation tant espérée. De la pop song bien fraîche, bien faite. Les mélodies sont faciles, accrocheuses, bref agréables. Les textes sont intelligents et actuels. Ils traitent de tas de problèmes qui contaminent notre monde. « Empreintes digitales » porte bien son nom. Chaque chanson est une trace de vie, un passage par lequel est visiblement passé Benjamin ou qui a laissé sur lui une ‘empreinte’… A vous de juger !

 

Tom McRae

Cherche désespérément inspiration…

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Octobre 2000. L’auteur-compositeur britannique arpente les scènes internationales, fort d’un premier album brillant et unanimement salué par le public et les critiques musicales. Un pop-rock aux structures classiques, optimisé d’une voix surprenante et la plume authentique d’un songwriter. Les deux premiers elpees (« Tom McRae » et « Just Like Blood ») le propulse sur les scènes des festivals les plus prestigieux (Meltdown, Transmusicales…) et l’invitent à des collaborations francophones cocasses (Autour de Lucie, Bashung, Miossec, Françoise Hardy ou Dominique A).

Cet artiste, devenu depuis lors l’un des chefs de file d’un certain pop-rock ‘pleurnichard’,  n’est cependant pas reconnu par ses frères de larmes et ne fait assurément pas l’unanimité dans l’univers indé. En outre, les trois derniers opus du chanteur anglais pataugent lamentablement dans une musicalité qui radote. Sénilité juvénile qu’il comptait soigner en proposant son dernier opus, « The Alphat of Hurricanes ».     

Quatre albums plus tard, Tom McRae envahit l’espace du Cirque Royal armé de titres sensiblement plus orchestrés et munis de revendications écologiques. Un homme crie les injustices climatiques. Attention : préparez vos mouchoirs !          

Ce virage artistique n’a cependant aucune raison d’affoler les fans de la première heure. Le chanteur british connaît son public, sait jongler avec son répertoire et aurait trop peur de le déranger. Rien d’expérimental à l’horizon mais une multitude d’instruments qui viennent (trop) légèrement bousculer l’univers frileux de McRae. Guitares, banjo, ukulélé, batterie, violons, claviers, clarinette, accordéon (…), viennent tour à tour soutenir légèrement la voix sans jamais l’étouffer. Guitare et piano étoffent discrètement son timbre sur « Summer of John Wayne ». L’orchestration n’est jamais que prétexte à la mise en valeur de la voix, certes splendide mais redondante, du chanteur anglais. Seul « Please » s’offre le luxe d’une explosion rythmique et polyphonique digne d’un combo.

Les réactions vives du public se feront d’ailleurs entendre principalement sur les anciennes compos (« A&B Song » et « The Boy With the Bubblegum ») du fidèle artisan. Les nouvelles sombrant désastreusement dans une mièvrerie inouïe. Le talent de l’artiste d’outre-Manche n’est nullement remis en cause. Par contre, l’originalité et la créativité devront attendre quelques années encore.  

De l’ouragan alphabétique annoncé à travers ce dernier opus, il ne subsiste qu’une larme infime perdue dans un océan pop-rock suffisamment pollué.    

 

My Little Cheap Dictaphone (MLCD)

Une œuvre totale !

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Vraisemblablement responsable de la confection d’un des meilleurs albums pop-rock de cette année 2010 (« The Tragic Tales of a Genius »), « MLCD » (feu « My Little Cheap Dictaphone ») s’explique. Discussion relative à un opéra pop soigné pendant trois longues années, traçant l’ébauche d’un bateau ivre sillonnant prodigieusement tous les grands fleuves artistiques : la musique, le théâtre, le cinéma, la littérature… Une schizophrénie musico-visuelle qui prendra vie sur les planches du Cirque Royal, ce 8 mai prochain, dans le cadre des Nuits Botanique. Concert à ne rater sous aucun prétexte !

- Votre nouvel album s’intitule « The Tragic Tale of a Genius ». Qui est ce mystérieux génie ?

- En fait, j’ai lu plusieurs autobiographies d’artistes qui m’ont inspiré un peu l’histoire. Il y avait, parmi d’autres, celle de Tom Waits, Johnny Cash et de Brian Wilson. L’important n’est pas tant de s’attacher à un personnage précis que de raconter le parcours d’un artiste. Cependant, c’est indéniablement Brian Wilson qui colle le plus à ce que je raconte.

- Pourquoi aborder la vie de Brian Wilson ? Quel regard portez-vous sur cet artiste ?

- C’est en lisant son autobiographie que j’ai eu réellement l’idée de réaliser cet album. L’histoire se déroule au début des années 80. Il est cloué sur son fauteuil, pèse 150 kg et n’est plus sorti de chez lui depuis un an… Il nous confie, au début du bouquin, qu’il s’est fait virer des Beach Boys, a tout perdu.

- C’est le personnage qui t’inspire de la tendresse ou plutôt la musique ?

- Les deux. Son parcours nous bouleverse pour les raisons que je viens d’évoquer. Alors on s’interroge : comment après avoir été le plus grand créateur de la pop, chez les Beach Boys, peut-on en arriver à ce stade ? C’est ça qui m’intéressait. La lecture de son livre a été réellement décisive et a inspiré l’orientation particulière de mon récit.

- Tu t’arrêtes sur la biographie de Brian Wilson et il y a deux ans d’écriture, ensuite…

- Plus ou moins… En fait, tout le processus, s’est fait en parallèle : le texte, l’histoire, la musique... Et a évolué au fil du temps. 

- Quel parcours avez-vous suivi avant que l’album-spectacle ne tombe dans les bacs ? (l’écriture, les studios…)

- De nouveau, tout s’est fait en parallèle. Il y a eu cette idée de concept ; mais, au début, nous ne pensions pas à un opéra rock ou plutôt, pop, comme il est décrit. Au départ, on voulait juste créer un univers, un concert un peu ‘scénographié’, y inclure un peu de visuel pour guider le spectateur, l’introduire dans un univers singulier. Alors, nous avons fait quelques rencontres décisives. Dont celle d’Eve Martin qui s’est chargée de réaliser le spectacle. Elle nous a demandé : ‘Alors, comment est-ce qu’on va raconter cette histoire ?’ Et, comme il n’était pas question pour nous de jouer –on voulait juste que ce soit leur concert tout de même– alors, on s’est dit qu’on allait tourner des vidéos pour raconter l’histoire, puisque c’est un langage universel…

- Comment pouvez-vous décrire cet univers musical ? Ce nouveau MLCD ?

- Je ne sais pas comment décrire notre musique… On a voulu sortir du schéma habituel, de la façon dont on compose d’ordinaire de la musique. Avant, c’était généralement moi qui arrivais avec une chanson que j’avais déjà écrite en grande partie à la maison. Ensuite, on la travaillait en groupe. Dans ce cas précis, on a commencé de bosser, un peu de la même manière. Puis, Louis nous a rejoints au piano. Peu à peu, on a ressenti une envie impérieuse de sortir de ce canevas classique guitare/piano/batterie ; et en ce qui me concerne, de cesser d’écrire de mon côté. Le nouveau concept qui s’est ainsi profilé, insinué au sein du groupe, impliquait une réponse radicalement collective. Alors, pour créer collectivement ce nouvel album, on a loué des chalets dans les Ardennes, du côté de Vielsalm.

- Et l’enregistrement s’est réalisé aux Etats-Unis, c’est ça ?

- A Amsterdam. C’est le mixage qui a été effectué aux Etats-Unis.

- Où précisément ?

- Au Texas, à Dallas, en compagnie de John Congleton, dans son studio à Austin (et à Liège aussi). 

- Comment parvient-on à rencontrer et à collaborer avec Jonathan Donahue ?

- Tout simplement. Je lui ai envoyé un mail, en y joignant ma chanson et voilà…

- Tu m’as dit que tout s’était fabriqué en parallèle mais ce projet présente une véritable trame narrative, je trouve… Il y a le titre (…), était-ce étudié ?  

- Oui, bien sûr, c’était un peu voulu que soit un tout. Tout y contribue : aussi bien la musique, que le décor, la façon dont on est habillé, les vidéos, le clip vidéo… Il est important que tous les éléments s’inscrivent dans une continuité.

- La pochette de l’album et les affiches évoquent le cinéma US des 50’s-60’s. Tout particulièrement la période américaine Hitchcock, que je ressens très fort. Et plus précisément encore, du long métrage « La mort aux Trousses ». Mais quel rapport MLCD et le cinéma entretiennent-ils, au juste ?

- Oui, Alfred Hitchcock, notamment, dont on a parlé tout à l’heure. C’est quand même l’une des influences majeures pour tout ce qui était visuel justement… « La mort aux Trousses » ? Par exemple. Ou « Vertigo ». Il est vrai qu’on est déjà fan du 7ème art, à l’origine. C’est pour cette raison qu’on s’est dirigé vers une équipe de cinéma pour travailler, plutôt que de théâtre. On se sent plus proche de cet univers filmique que du monde de la comédie, peut-être un peu plus statique, où la possibilité de montrer, de jouer sur les images, justement, est plus restreinte. Le théâtre repose davantage sur un jeu d’acteur, talent que nous n’avons précisément pas.

- Pouvez-vous nous donner un descriptif de votre ‘concert-spectacle’ programmé ce 8 mai prochain au Cirque Royal, dans le cadre des Nuits Botanique. Y aura-t-il une réelle synchronisation entre musique et images ?

- Oui, bien sûr, c’est exactement ça. On joue les morceaux et, simultanément, pendant qu’on les interprète, les vidéos sont projetées. Pas sur toute la longueur du morceau mais… En fait, les clips ont été conçus pour permettre au public de comprendre les thèmes généraux abordés dans les morceaux, pour qu’il puisse suivre le fil l’histoire et se laisser imprégner de l’atmosphère de l’album.   

- En vrai schéma narratif, donc …

- Oui, oui, bien sûr… D’ailleurs, tous les arrangements symphoniques utilisés ont précisément été conçus pour narrer l’histoire, pour renforcer les moments dramatiques ou joyeux ou…

- D’autres surprises pour le premier concert… ?

- Il y aura l’orchestre déjà.

- Combien serez-vous sur scène ?

- Une quinzaine de musiciens, les voix … en tout, une vingtaine.

- C’est le ‘combo’, quoi ! Et, principalement, quoi ? Des cordes, des cuivres … ?

- Essentiellement les cordes : 6 violons, 3 altos, 2 violoncelles, 4 harmoniums. 

- Quelles sont vos attentes …

- On ne sait pas exactement. On a réellement vécu la conception de cet album comme un nouveau départ. Nous avons même songé à changer le nom du groupe. C’est un peu une renaissance au niveau du style, de l’équipe, de tout. Notre travail s’est déroulé suivant un rythme propre. On a essayé de soigner chaque point, chaque détail sans se fixer de délai. On a décidé de prendre le temps qu’il fallait pour arriver au bout du projet, que ce soit dans l’écriture des textes, l’enregistrement en studio, la préparation du spectacle… et voilà ! On se rend compte, enfin, nous, My Little Cheap Dictaphone, qu’on a bossé presque 3 ans dessus quasiment tous les jours. On était un peu découragé parfois mais, bon, on espère que l’accueil sera positif, que le public comprenne un peu ce qu’on a voulu faire, qu’il y ait de l’engouement… (?) les projets semblent se développer…

- Et vous avez collaboré avec qui, justement, pour les vidéos, etc. ?

- Et bien, Eve Martin et Nico Bueno se sont chargé des vidéos, sous le nom de Bubble Duchese… Eve, également de la mise en scène. Elle a constamment collaboré à mon travail d’écriture. Je me suis rendu également en Norvège pour travailler sur l’histoire, en compagnie d’une écrivaine norvégienne qui s’appelle Yan Vatnoy… Durant ce séjour, nous nous sommes longuement penchés sur les chansons, sur le récit. A vrai dire, ce n’est pas vraiment une histoire qui retrace la vie d’un personnage. Ce qui importe réellement, c’est son évolution psychologique. C’est de ce point de vue que l’on a concrétisé le projet. Il s’agit de saisir le ressenti psychologique du personnage. Cette fêlure qui lui vient de l’enfance, comment va-t-il en faire un don ? Et, comment définir son pôle artistique par rapport à ce contexte ? Comprendre pourquoi et comment, tout au long de sa vie, il va se sentir sans cesse mal à l’aise dans ses baskets, toujours un peu en marge de la société. Comment il va évoluer à travers le succès, la déchéance, les excès de rock-en-roll, etc.   

- Peut-on facilement raconter la vie chaotique de Brian Wilson en un récit linéaire ?

- Oui, c’est un peu chaotique. Mais le récit respecte tout de même le fil chronologique de toute destinée : d’abord l’enfance, puis la création du groupe, puis le succès, les excès ; ensuite le pétage de plombs… enfin, dans la deuxième partie de l’album, le passage à vide, la nausée, le naufrage dans la folie, la schizophrénie… Nous avons voulu capter le chaos qui le cerne, rendre audible et visible la déchirure éblouissante qui le disloque, draguer le fond vertigineux de ses luttes intestines. Car telle est la question : comment peut-il affronter ses démons intérieurs ? On incarne cette descente aux enfers à l’écran par la représentation du combat avec le diable. C’est un peu lui-même, son ombre obscure qu’il combat. Il se livre à une lutte sans merci contre lui-même pour vaincre l’armée des démons intérieurs.

- (…) vous, comment définissez-vous votre opéra pop ?

- Il m’est difficile de le définir précisément… On avait juste envie que le spectateur plonge dans un univers pendant une heure comme s’il allait au cinéma, qu’il rentre dans notre histoire, vibre au son de la destinée du personnage, soit touché par les chansons, ressente des émotions à travers ce personnage, la mise en scène, les vidéos, à travers nous… C’est surtout ça qui nous guidait.

- Encore un mot, quelle est la participation exacte de Jonathan Donahue  sur le dernier LP ?

- Il chante sur une chanson, on se partage le chant…

 

José James

Blackmagic

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José James est un mec talentueux. Il est à peine âgé de 14 ans, lorsqu’il entend pour la première fois l’hymne jazz « Take The A Train » du grand Duke Ellington. Il en est profondément marqué. Et il abandonne ses partitions de hip hop pour se consacrer au jazz. Au fil du temps, sa palette d’influences s’enrichit. Lester Young, Billie Holiday ou encore Charlie Parker servent alors de guides au jeune Américain. Mais son succès, il le doit à « Equinox » (2007), une compo signée John Coltrane (NDR : devenu depuis sa référence principale) que le New-yorkais retravaille, de manière ingénieuse, en y posant sa voix douce comme le miel. A l’âge de 17 ans, James se produit dans les clubs ; et le public est de plus en plus impressionné par son talent. La suite est presque déjà tracée dans l’histoire du jazz. En 2006, alors qu’il participe à un concours de jazz à Londres, José est repéré par Gilles Peterson, fondateur de toute une série de labels, dont Acid Jazz et Talkin’Loud, et animateur à la BBC. Il le signe sur une autre de ses écuries, Brownswood Recordings. Et notre yankee de publier publie son premier opus, « The Dreamer ». Un disque unanimement apprécié par la critique spécialisée. Le succès est déjà au rendez-vous. A seulement 28 ans, José James, déjà comparé à Gil-Scott Heron, détient alors les clés qui ouvrent les portes d’un jazz contemporain, un jazz teinté de soul et de hip hop.

Pour son second album José James ne s’est pas planté. Pourtant, après avoir écouté le premier morceau, « Code », sur lequel Flying Lotus (oui, oui, celui de Warp) est venu apporter son concours à la production, on était en droit de se poser des questions. Et pour cause, trempée dans le R&B, cette plage flaire un peu moisi. Mais le reste, ce n’est que du bonheur ! Rapidement, son jazz chaud, urbain, limpide, rythmé et tendre comme du marshmallow refait surface ! Sa maîtrise vocale est stupéfiante. Il pose ainsi son timbre fluide sur une texture hip hop (« Lay You Down »). Il prend son pied en abordant le jazz plus classique aussi (« Touch »). Ou encore en adaptant à la sauce jazzyfiante le classique dubstep de Benga, « Emotions » (« Warrior »).

Outre Flying Lotus, Moodyman et DJ Mitsu se sont partagé la production de « Blackmagic ». Une œuvre de jazz contemporain, qui pourrait se révéler rapidement intemporelle. A presque 30 ans, José James semble avoir atteint la pleine maturité. Il n’est pourtant qu’à l’aube d’une brillante carrière. Et franchement, déjà, il impressionne. Il se produira ce 24 mars à l’AB de Bruxelles, mais c’est déjà sold out. Pas étonnant…

 

Just like Rainbows

Pretty pretty songs

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Le dernier album du jeune groupe flamand Just Like Rainbows est un petit bouquet printanier. Une basse, deux guitares et une batterie, jouées par quatre larrons qui chantent leurs textes en anglais, pour une virée sympathique en pays onirique.

Le disque s’ouvre sur un beat légèrement rockabilly, dans l’esprit de Claps Your Hands Say Yeah, et évolue vers des rythmes tantôt plus doux, tantôt plus nerveux, toujours enjoués. On pourrait évoquer les Kings of Convenience pour la douceur des guitares et la complémentarité des voix, Eels pour certains arrangements et la qualité lo-fi de l’ensemble. La voix principale est féline, un peu rauque ; elle miaule, à l’instar de chanteuses comme Joanna Newsom, un type d’inflexion peu courant chez leurs comparses masculins. Il y a aussi une spontanéité dans la façon de chanter, presque indolente, pas trop soignée, goguenarde même lorsqu’ils s’y mettent à quatre pour lancer un ‘lalalalalala’ malicieux, comme le ferait une bande de gamins.

Les textes, surprenants, comme dans le titre « In a room » racontent ‘je suis dans une chambre, tout est blanc, je suis étendu sur un lit, je ne peux pas sortir, la porte est fermée à clé. L’infirmière entre me dit : prends ces pilules mon ami, elles vont t’emmener dans ton lieu heureux, au plus profond de ta tête. Et je tombe, je tombe inconscient. S’il vous plaît emmenez-moi chez un médecin, chez un médecin que je connais bien. Je vais dans les étoiles Je ne suis pas une abeille, je suis un héro. Je suis en mission pour trouver un monde heureux où tout le monde sourit (…) Et tout le monde rit, la folie me gagne, est-ce que quelqu’un peut entendre le bruit que je fais est-ce que c’est normal ? S’il-vous-plait, sortez-moi d’ici. Emmenez-moi chez un médecin ! »

L’album porte bien son nom, c’est mignon, sympathique. Un peu court (six titres seulement), un poil trop poli, et dans un style de pop anglaise manquant parfois d’originalité, mais l’énergie dégagée manifeste une belle sensibilité. Et de l’humour, de l’amusement, ce qui n’est déjà pas si mal.

Guillaume Ledent

La récréation

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« La récréation » constitue le troisième album du Tournaisien Guillaume Ledent. Après avoir accompli des débuts ‘traditionnels’ au conservatoire de Tournai (formation de musique classique), il tente l’aventure en groupe. Tout d’abord chez Whose Garden, au sein duquel le folk rock est privilégié, puis Con Amores, un combo davantage orienté vers un style baroque et ancestral. Et avant d’embrasser une carrière solo, Guillaume tente encore un dernier essai en compagnie de Dîne à Quatre, une aventure ponctuée d’un maxi, en 2001. Mais à partir de 2005, il décide de quitter le nid pour voler de ses propres ailes…

Le premier elpee de Guillaume est éponyme. Il s’en suit une tournée qui passe notamment par les Francofolies de Spa (2005), le Rallye Chantons Français (2005) et Mars en Chansons (2007). « Ton océan », son second opus, paraît en 2008. Il est mieux accueilli que le précédent ; ce qui lui permet d’ouvrir quelques portes au sein de l’Hexagone, et notamment à Lille et Paris.

Non seulement Guillaume publie deux disques en trois ans, mais il décide également de faire appel à son ami Benoît Chantry, compositeur et chef d’orchestre. Collaboration qui débouche sur la création d’un spectacle musical baptisé « Un petit orchestre dans un grand ».

Douze gros mois nous séparent de ce dernier projet, et le Hennuyer se fend déjà d’un troisième essai. Intitulé « La récréation », il a entièrement été écrit et composé par Guillaume. Onze plages qui alternent le bon et le moins bon. Les meilleures bénéficient de textes solides et bien charpentés, soutenus par des mélodies accrocheuses ou tout simplement agréables à écouter (« Silence », « Pas sûr », « Fils de personne », « Princesse », « J’veux pas »). Les dispensables nous incitent à zapper rapidement, par manque d’intérêt. On épinglera quand même la présence de quelques collaboratrices. Trois voix féminines, très exactement. Claire Jau sur « Pas sûr », Sophie Galet pour « Mélancolie Amélie » et Anoo tout au long de « Silence ». L’elpee est enrichi d’un bonus track : « C’était pas moi ». Un texte écrit collectivement par les internautes. On s’en serait bien passé ! Désolé pour les collaborateurs… 

Inégal, cet elpee m’a laissé sur ma faim. La conséquence d’une surcharge de travail ? Car côté production, difficile de taxer Guillaume Ledent de flemmard. Il est même plutôt prolixe… Ceci explique sans doute cela !

 

Claudine Muno

Noctambul

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Claudine Muno n’est pas vraiment belge. Mais bon, elle ne vient pas de très loin puisqu’elle est née et vit au Grand-duché de Luxembourg. Son origine, elle la revendique par ailleurs en la chantant. Née en 1979, la jeune femme touche un peu à tout : littérature, théâtre, dessin et musique. Pas surprenant dès lors que ses compositions et les textes soient de son apanage.

Claudine nous propose ici son second album. Le premier, « Petites Chansons Méchantes », était paru en 2007. Fort remarqué pour ses textes un peu bizarres, ses petites histoires peuplées de créatures étonnantes, ce disque avait été concocté en compagnie de sa complice Sandra Cifani.

« Noctambul » lui succède donc trois années plus tard. Sur cet opus, Claudine nous sert quatorze chansons où elle alterne l’interprétation en anglais (majoritairement) et en français. Elle nous propose même un titre dans son idiome natal, le luxembourgeois, « Blummen ». Elle est toujours soutenue par ses Luna Boots qui l’épaulent depuis 2003, soit Thierry Kinsh à la guitare, Matt Dawson à la pédal steel, John Schlammes à la basse, Menni Olinger à la batterie, Claude Schaus au piano et Sandra Cifani au chant. Claudine elle-même assure la plus grosse partie des chants mais touche également un peu à tout : piano, guitare, basse, …

Tantôt pop, tantôt folk, les 14 morceaux s’égrènent lentement, des titres toujours mélodieux, agréablement soulignés par une voix toute fine. De très jolies ballades paradoxalement hantées par des textes parfois étranges, parfois choquants. Il suffit d’écouter « La révolution des poissons rouges » ou « Mauvais sang » pour s’en convaincre.

On épinglera cependant sur cet opus, une très jolie reprise du « Blackbird » des Beatles, une adaptation bien desservie par la très jolie voix de Claudine et les chœurs tout en douceur de Sandra et des Lunaboots…

Un petit album sans prétention mais plein de justesse, de fraîcheur et de délicatesse.