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Bienvenue dans le monde civilisé de Ghostwoman…

Ghostwoman est un duo réunissant Evan Uschenko et Ille van Dessel. Il est canadien et elle est belge. La paire s'apprête à sortir son nouvel album, "Welcome to the Civilized World", le 5 septembre et partage aujourd'hui son nouveau single, "Alive". Evan…

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St. Vincent

Actor

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Eclectique aux yeux vert émeraude, Annie Clark caresse du baroque et séduit en glamour tout en martelant des beats électro pas toujours orthodoxes. La douce voix et la stature fluette ne font pas long feu, car très vite la dentelle est mise en miettes sur le dancefloor. On peut aisément rester pantois devant cet alliage iconoclaste qui sonne parfois comme le sabotage d’une beauté trop pure, à l’image de la paire de ciseaux sur la chevelure de Sinead O’ Connor. On ne sait définitivement pas sur quel pied danser ; mais n’est-ce pas typiquement d’époque ? Les patrons volent en éclats, un peu à la façon Goldfrapp, où la belle est aussi instantanément la bête. Et de cet oxymore frémissant surgit la postmodernité. Ainsi dressé, le décor paraît plus digeste ; on peut alors accepter de se faire bercer par à coups, apprécier le chant de l’oiseau sur fond de synthé, la candeur d’un geste balayée, la douceur redressée, les ritournelles romantiques déconfites devant des sons saturés (« Black rainbow »). On s’accordera toutefois le droit de la préférer sans le masque grimaçant, lorsqu’à partir d’un la, elle glisse doucement sur une seule note, comme sur « The Bed » ou « The party ». Mais si Annie Clark souhaite à tout prix se nourrir du kaléidoscope postmoderne, il n’y a plus qu’à s’accrocher à son visage angélique et attendre la prophétie.

 

The Vaselines

Enter The Vaselines (Deluxe Edition)

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Saviez-vous que Kurt Cobain était un grand fan des Vaselines ? Nirvana a d’ailleurs repris plusieurs de leurs compos, dont « Son of a gun », « Molly » ou encore « Jesus wants me for a sunbeam ». Mais qui étaient les Vaselines ? Une formation écossaise née en 1986, drivée par Eugene Kelly et Frances McKee. Qui se partageaient, chant, composition et guitares. Une section rythmique complétant alors le line up. A leur actif deux Eps : « Son of a gun » et « Dying for it » ainsi qu’un seul elpee, « Dum dum », des disques enregistrés sous la houlette de Stephen Pastel. Et puis un tas de compos jamais éditées, dont des démos, des cassettes et enregistrements ‘live’. En 1992, ce combo avait déjà fait l’objet d’une réédition intitulée « The way of Vaselines – The complete History ». Et « Enter The Vaselines » reprend les mêmes ingrédients en y ajoutant quelques inédits (NDR : récupérés dans les fonds de tiroirs susvisés) ; le tout bénéficiant bien sûr d’une remasterisation. Pourquoi une nouvelle compilation, alors ? En fait, en 2008, le groupe s’était reformé pour participer au concert célébrant le 20ème anniversaire de Sub Pop. Et dans la foulée, le combo a décidé de repartir en tournée. Notamment aux States, où il a accordé six concerts.

Bref, pour en revenir à cette édition Deluxe, si le premier cd est fort intéressant, mettant en exergue une musique pop mélodieuse, rafraîchissante, charmante, sensuelle (NDR : et le mot est faible, quand on décortique les lyrics), fruit d’un mélange subtil entre acoustique et éclectique (NDR : parmi les influences majeures du groupe on peut citer le Velvet Underground, les Pastels, Modern Lovers, Nancy Sinatra et Lee Hazlewood ainsi que Jesus & Mary Chain), et illuminée par la voix ingénue de Frances et celle plus laconique d’Eugene, le second cd a essentiellement une valeur historique, la qualité du son, malgré la re(re)masterisation, s’avérant quand même insuffisante. On en épinglera quand même pour la forme, la cover aride du « I didn’t know I loved you (‘til I saw you rock’n roll) » de Gary Glitter. Er pour que votre info soit complète sachez que le tout est enrichi d’un booklet informatif mettant essentiellement en exergue deux interviews, et non des moindres. Un entretien accordé à Everett True et l’autre à Stephen Pastel.

 

The Veils

Sun gangs

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Curieux, le troisième album de The Veils semble parfois hanté par Ian McCulloch. Oui, oui le chanteur d’Echo & The Bunnymen ; même que « Larkspur » (NDR : une compo de plus de 8 minutes) me rappelle les divagations psychédéliques originelles reproduites en live par la formation de Liverpool. Un titre passionnel qui permet à Andrew Finn, le chanteur/compositeur/lyriciste d’épancher ses émotions les plus extrêmes. Ou encore lors du fougueux « Sit down by the fire », un morceau plus acoustique, au cours duquel, la voix est trempée dans la reverb. Mais la comparaison entre les timbres des deux vocalistes, s’affiche surtout sur les titres les plus calmes. Moment choisi par Andrew pour se faire crooner (NDR : qui a dit Neil Diamond ?) A l’instar de « Begin again », caractérisée par sa jolie mélodie au piano ; et puis du titre maître. Une plage dont l’indolence ambiante accentue une impression de mélancolie ténébreuse. Sans oublier « The house she lived in », une valse profilée sur un piano staccato que balaie des accès de guitare vibrato. En général, l’album est quand même sombre. Et pas seulement à cause des lyrics. Traversé de furtives éruptions de guitare, « It hits deep », par exemple, baigne au sein d’un climat lugubre, même si la mélodie me rappelle étrangement le « Don’t let me down » des Beatles. Et les deux titres les plus explosifs sont également les plus gothiques. Killed by the boom », tout d’abord. Imprimé sur un tempo convulsif il est déchiré entre refrains hantés et couplets déclamatoires voire vindicatifs. « Three sisters », ensuite. Une chanson incantatoire, survoltée, richement texturée (NDR : ces mandolines !), mais dans l’esprit de Wovenhand. Un titre plus poppy : l’hymnique « The letter ». Soutenu par des drums offensifs et bercé de guitares bringuebalantes, il aurait pu figurer au répertoire de Coldplay. Et puis un morceau de folk lo-fi contemporain : « Scarecrow ». Extrêmement dépouillé, il baigne dans une atmosphère particulièrement désenchantée. L’opus n’est pas aussi exceptionnel que « Nux Vomica », mais malgré ses références marquées et l’une ou l’autre compo plus dispensable, il tient quand même bien la route.

Pukkelpop 2009 : samedi 22 juillet

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Samedi 22 juillet. L’édition 2009 du Pukkelpop, ‘pukkel’ pour les intimes, bat son plein depuis deux jours déjà lorsque je débarque sur la plaine de Kiewit. Boulot, métro, dodo oblige, l’affiche exceptionnelle du jeudi m’est passée sous le nez *râle, râle* Pas grave, celle du samedi est un peu moins prestigieuse mais pas mal non plus. On s’en contentera...

Débarquement vers 12h. Sans perdre une seconde, je me dirige vers le ‘Château’, histoire de vérifier si le set très moyen accordé par les deux filles de Telepathe, en mai dernier aux Nuits Botanique, peut leur être pardonné. Erreur, erreur… Le duo est légèrement plus éveillé que lors de sa dernière visite, mais l’énergie libérée est tout simplement inexistante. Je cours donc voir ailleurs si j’y suis.

Sous la ‘Dance Hall’, un trio néo-zélandais au nom évocateur fait son apparition sur la scène. Le Corps Mince de Françoise rassemble une petite foule mal réveillée mais va, petit à petit, parvenir à secouer le parterre à l’aide de tubes radiophoniques à la Chicks On Speed. Les demoiselles sont plus qu’enthousiastes, dialoguent avec un public qui n’a pas l’air de comprendre le moindre mot de leur dialecte néo-zélandais et enchaînent des morceaux pas révolutionnaires pour un sou mais plutôt funs. « Love & Nature », leur premier opus, devrait trouver le chemin des bacs au début de l’automne.

Deuxième visite au ‘Château’. Les Anglais de Shadow Dancer balancent leur beats en pleine tronche d’un public qui se demande ce qu’il lui arrive. L’électro tapageur des deux frangins Farrier attire du monde dans le petit chapiteau sous lequel la température grimpe de manière exponentielle. Shadow Dancer envoie un bon petit set dans les dents des festivaliers… qui aurait gagné à être presté sous la ‘Boiler Room’.

Retour au calme sous le ‘Marquee’ en compagnie du sympathique Jack Peñate. Il est venu présenter son second opus, « Everything Is New ». Le Londonien met du cœur à l’ouvrage et se met le public en poche dès les premières notes de « Second, Minute or Hour ». Le concert se révèle quelque peu inégal, mais Peñate parvient si bien à amadouer le parterre, notamment en le rejoignant le temps d’un morceau, que les chansons les plus mollassonnes sont instantanément oubliées.

Quelques minutes plus tard, le nouveau prodige de l’écurie Warp et de la tendance dubstep, Hudson Mohawke, fait à son tour vibrer le Château. La petite scène sent bon les herbes de Provence et le public semble baigner au sein d’une belle harmonie. L’Ecossais dispense donc un set des plus fédérateurs s’achevant sur son remix du « Oops (Oh My) » de la one-hit-wonder Tweet.

Après la grosse frustration consécutive à l’annulation de leur concert à l’AB, il était hors de question de manquer Gang Gang Dance au ‘Club’. Exit les instruments vintage qui se sont envolés en fumée lors d’un incendie à Amsterdam (NDR : cause de absence en Belgique). Le quatuor, clairement mené par Liz Bougatsos, débarque sur scène devant des instruments flambants neufs et vont hypnotiser la foule pendant une quarantaine de minutes qui paraîtront bien trop courtes… D’excellente facture, le tracklisting est composé essentiellement de nouveaux morceaux dont une ultime composition de toute beauté. De quoi amplifier l’impatience de celles et ceux qui attendent avec anxiété le successeur du splendide « Saint Dymphna » et, apparemment, me faire oublier toute réaction objective...

Un exploit, les deux rappeuses de Yo Majesty, accompagnées de leur DJ ‘trop content d’être là’, débarquent à l’heure sur scène. Les Californiennes jouent à fond la carte de la provocation. Des morceaux tels que « Kryptonyte Pussy » parlent d’eux-mêmes. Shunda K. fait grimper la température en dévoilant sa poitrine, sans aucune gêne et pendant les trois quart du spectacle. En voulant probablement pimenter son show, la demoiselle n’a réussi qu’à détourner l’attention d’une frange du public ; celui-ci passant le reste du temps à multiplier les commentaires cocasses à son égard, plutôt qu’à tendre l’oreille vers les baffles…

Après en avoir pris plein les tympans depuis quelques heures, le contraste provoqué par le récital de Fennesz dans le ‘Château’ est déconcertant. Le brio du Viennois à la guitare est incomparable ; mais difficile de véritablement se sentir impliqué. Fennesz est définitivement un artiste qui gagnerait à se produire dans de meilleures conditions.

Impossible de manquer Peaches, après l’énorme concert accordé à l’AB en mai dernier. Toujours flanquée de ses acolytes de Sweet Machine, la Canadienne offre une prestation différente, mais aussi intense que celle accordée lors de sa tournée en salle. Horaire réduit oblige, la demoiselle se concentre essentiellement sur des extraits d’« I Feel Cream » et quelques uns de ses singles, dont « Kick It », un duo au cours duquel Iggy Pop était remplacé par l’un des membres de Sweet Machine affublé d’une perruque dédiée à la gloire de l’interprète original.

Retour en train oblige, la journée s’achève bientôt pour moi. Tandis que le grand bouffon du rap s’égosille sur la Main Stage, un artiste, A majuscule, déchaîne le ‘Château’. The Bug continue sa promo pour son très bon « London Zoo ». Les petits jeunes se trémoussent à gauche et à droite, sous le petit chapiteau ; mais, à peine le temps de s’immerger dans l’ambiance, qu’il est déjà temps de rejoindre le ‘Marquee’ pour assister au dernier show de la soirée. Du moins pour moi…

Dernière étape : Klaxons. Le trio british préféré des jeunes cools attire une belle brochette de spectateurs pour son concert. Dès le premier accord joué, le public s’élève déjà dans les airs. Les tubes de « Myths of The Near Future » s’enchaînent à la vitesse de l’éclair provoquant mini-pogos et stage-divings à gogo. Seule ombre au tableau, les nouveaux morceaux n’annoncent rien d’alléchant pour le prochain recueil du combo. Les deux ou trois extraits proposés à la Belgique sont tout simplement trop mous pour une formation attendue au tournant. Verdict final dans quelques mois…

 

Coup double (bis)…

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Pall Jenkins and Tobias Nathaniel, les membres fondateurs de The Black Heart Procession et Three Mile Pilot, ont enregistré respectivement un album pour chacun de leurs projets. Manquait plus qu’ils se consacrent également à un nouvel elpee pour Pinback. C’est la première fois que le duo utilise cette méthode. Pour TBHP il s’agit bien du sixième opus. Intitulé tout bonnement “Six”, il paraîtra ce 6 octobre et a été autoproduit. Par contre, il n’y a pas encore de date officielle pour celui de TMP.

Tracklisting de « Six »

01. When You Finish Me
02. Wasteland
03. Witching Stone
04. Rats
05. Heaven and Hell
06. Drugs
07. All My Steps
08. Forget My Heart
09. Liar's Ink
10. Suicide
11. Back To The Underground
12. Last Chance

13. Iri Sulu

Pour votre info sachez que The Black Heart Procession se produira le 25/11/09 au 4AD de Diksmuide (B) et le 29/11/09 au Botanique de Bruxelles, dans le cadre du 15ème anniversaire du label Toutpartout.

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/theblackheartprocession

 

Pukkelpop 2009 : vendredi 21 août

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En ce deuxième jour de festival, la chaleur est bien plus supportable. Manifestement la conséquence de l’orage qui s’est abattu sur la région, la veille. Les spectateurs vont affluer toute la journée, pour finalement atteindre le chiffre de 59 000. Il faut dire que l’affiche est également très alléchante ce vendredi ; et entre dEUS, Kraftwerk, The Ting Tings ou The Living End, le choix risque d’être cornélien.

En guise d’apéritif, nous nous dirigeons vers le Club. Un combo gantois s’y produit : Yuko. Drivé par Kristof Deneijs, la formation pratique une pop atmosphérique empreinte de douceur. En extrapolant, on pourrait décrire leur expression sonore comme le chaînon manquant entre Tunng et Mùm. Idéal pour remettre les idées de la veille en place.

Par contre, en optant ensuite pour le podium Shelter (NDR : pour la deuxième année consécutive, il remplace la Skate Stage), on sait d’avance qu’on va en prendre plein les oreilles. Car cette scène est réservée aux formations réputées pour la puissance de leur volume sonore. Et elle permet en même temps aux accros à ce style d’apprécier cette musique dans les meilleures conditions. Le premier groupe invité à monter sur ces planches, ce samedi, répond au patronyme d’And So I Watch You From Afar. Un patronyme aguicheur ! Malheureusement, la formation n’a que le nom d’intéressant. Leurs compos sont instrumentales, mais reproduisent tous les stéréotypes du groupe punk de bas étage. Bien sûr, la puissance y est ; mais c’est à peu près tout. Et l’évocation d’une possible comparaison avec 65daysofstatic est suffisante… 

Suite à cette parenthèse finalement sans grand intérêt, place à Alberta Cross. Dans un style réminiscent de Kings of Leon, la formation new-yorkaise va se fendre d’une belle prestation. Les envolées sont bien maîtrisées. Le son est parfait. L’audience du Marquee est totalement conquise. Ce qui leur vaudra probablement une rapide ascension dans l’univers du pop/rock, d’ici quelques mois…

Mais le premier véritable événement de la journée débute à 15h10. Et pour cause, les cinq marionnettes de Puppetmastaz sont au programme. Le spectacle est à peine commencé que le public vibre. Et s’il réserve ses faveurs au déjà célèbre Maître Yoda ainsi qu’au rhinocéros déjanté, il acclame l’intégralité du show, qui va s’étaler sur 40 bonnes minutes. Parfois en ne sachant plus où donner de la tête. Le collectif hip hop allemand va donner tout ce qu’il a dans le ventre. Il va même se dévoiler, le temps d’une chanson. Et nous permettre de découvrir qui se cache derrière ces étranges bestioles. Tout de blanc vêtus, les cinq membres exhibent alors leur flow, en direct, à tour de rôle…

C’est donc une âme d’enfant retrouvée que nous retournons au Shelter afin d’y assister à la prestation du trio gallois Future Of The Left. Première constatation, le chanteur et le batteur du défunt groupe McLusky sont toujours des fous furieux. La basse martèle de bons gros riffs pendant qu’Andrew Falkous se déchaîne au chant. La batterie découpe le rythme par saccades. La musique de Future Of The Left a même gagné en intensité ce qu’elle a perdu en subtilité. Ce qui rend le tracklisting fort homogène. Malgré leur set de bonne facture, on s’attendait quand même à mieux de la part d’un groupe qui a recueilli tellement d’éloges lors de la sortie de son dernier opus, « Travels With Myself and Another ».

Juste le temps de souffler 10 minutes et il est déjà temps de rejoindre le Château afin de suivre le récital de Bill Callahan. L’imposant gaillard est flanqué de ses musiciens. L’ex-chanteur de Smog alterne chansons calmes comme l’excellente « Too Many Birds » et d’autres plus rythmées telle que « Diamond Dancer ». Le crooner folk, dont le timbre n’est pas sans rappeler celui de Kurt Wagner (Lambchop), nous livre une prestation véritablement impressionnante, en opérant une sélection dans le répertoire de ses deux albums solo, « Woke on a Whaleheart » et « Sometimes  I Wish We Were An Eagle ». Et lorsque l’Américain quitte la scène, il nous abandonne à notre spleen festivalier…  

Next stop, The Jesus Lizard. Encore un retour ! Mais à l’instar de celui de Faith No More, celui-ci ne sent pas la naphtaline. 10 ans après leur dernier concert, les énervés de Chicago revenaient à Hasselt, drivés par un David Yow toujours aussi ravagé. Libérant une fameuse dose d’énergie, les Yankees revisitent leur 4 albums dans un Shelter rempli et comblé de redécouvrir ce groupe vraiment pas comme les autres. La moitié du temps dans la fosse, le leader tient le public en éveil, malgré la fatigue et la chaleur ambiante. David Yow devrait mourir sur scène…

Le Marquee est notre destination suivante. Nous ne voulons pas manquer la révélation de l’année 2008, Vampire Weekend. Le monde afflue pour découvrir le rock, aux influences africaines revendiquées, des New-yorkais. Certains pourraient leur reprocher le côté propret des musiciens et de leur musique ; mais leur prestation ce vendredi a été tout simplement superbe. Emmené par Ezra Koenig et Rostam Batmanglij, visiblement heureux d’être là, Vampire Weekend enfile une à une les perles pop de leur unique album concocté à ce jour. Le public participe à la fête qui devient même totale. Car pendant une petite heure, les dignes héritiers des Talking Heads ont vraiment ravi leur auditoire.

Cap ensuite vers le Château afin de découvrir les très hype Crystal Antlers. Une hype qui n’en est pas vraiment une ; car mêlant habilement rock, psyché, hard et prog, le set tient la route. Dès les premiers accords, nous sommes littéralement fascinés par leurs compositions hypnotiques et survoltées. La voix de Jonny Bell est rauque mais envoûtante. C’est décidé, dès mon retour à la civilisation, je me paie leur album.

Déjà minuit. Nous sommes toujours au Marquee où va se produire une des têtes d’affiche : dEUS. En fait la formation anversoise se produit deux jours de suite au Pukkelpop. Ce vendredi et le lendemain, pour ses deux seules apparitions en ‘live’ de l’année 2009. dEUS est à n’en pas douter le meilleur groupe belge de tous les temps. Nous avons, en outre, un petit faible, pour leurs trois premiers opus. Mais à l’issue de ce set en demi-teinte, on se demande si la bande à Tom Barman n’est pas au bout du rouleau. Le début du set est laborieux. Et la suite nous semble à la limite du soporifique. Nous sommes peut-être placés un peu trop loin du podium ; n’empêche, cette prestation constituera certainement une de nos plus grandes déceptions de cette édition du Pukkelpop…

C’est sous le coup de la désillusion que nous arrivons au bout de notre petite escapade musicale du weekend. Kraftwerk se chargera de fixer les dernières images sur nos rétines. Les pionniers allemands de l’électro nous surprennent en se servant de projections d’un autre âge. Par contre, si leurs compos sont spartiates, elles sont bigrement dansantes. « Autobahn » ou « Tour de France » sont des classiques que nous sommes heureux de découvrir en direct. Leur musique n’est pas notre tasse de thé, c’est un aveu. A cause de ce manque d’humanisme qui à force peut devenir agaçant ; mais la cohérence de l’ensemble ne peut laisser indifférent.

A l’issue de ce concert électronique presque apaisant, nos esprits se réveillent rapidement. En fait mon frère m’annonce avoir perdu notre sac contenant nos clefs de voiture et nos GSM. La nuit risque d’être longue et… rock n’ roll !

 

A genoux pour le Révérend !

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Le prolifique John McClure aurait-il l’intention de nous adresser un baiser empoisonné ? Toujours est-il qu’il a intitulé le nouvel opus de son groupe, Reverend & The Makers, « A French Kiss In The Chaos ». Tout un programme ! Enregistré dans les studios Dean Street du légendaire Tony Visconti (T-Rex, U2, Bowie ou Mercury Rev), il a été produit par Jagz Kooner (Kasabian) et mixé par Dave Sardy (Oasis, The Ting Tings ou LCD Soundsytem). Un casting alléchant, il faut le reconnaître. Espérons que le résultat soit d’une autre trempe que le précédent opus. Reverend & The Makers se produiront le 27 septembre au Botanique !

Tracklisting

1. Silence Is Talking
2. Hidden Persuaders
3. No Wood Just Trees
4. Professor Pickles
5. Long Long Time
6. No Soap (In A Dirty War)
7. Manifesto / People Shapers
8. Mermaids
9. The End

10. Hard Time For Dreamers

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/reverendmusic et http://www.iamreverend.com

 

 

Windmill : un second album !

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Le deuxième opus de Windmill paraîtra ce 14 septembre. Il fait suite à « Puddle City Racing Lights » et s’intitule « Epcot Starfields ». Découpé en 10 titres, il a été coproduit par Tom Knott et le groupe. Pour vous donner une petite idée, la musique de la bande à Matthew Thomas Dillon oscille quelque part entre Mercury Rev et Flaming Lips. Avis aux amateurs…

Tracklisting :

1. Airsuit 
2. Big Boom 
3. IMAX Raceway 
4. Ellen Save Our Energy
5. Epcotman 
6. Epcot Slow 
7. Photo Hemispheres 
8. Shuttle 
9. Sony Metropolis Stars
10. Spaceship Earth

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/windmillband

 

 

Coup double…

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Sufjan Stevens éditera deux nouveaux albums dans les prochaines semaines. En fait, le tout premier, « Run Rabbit Run », n’est pas vraiment nouveau, mais une adaptation d’« Enjoy the rabbit » concocté en 2001, au cours duquel notre ami s’était abandonné dans de curieux petits jeux électroniques. La mouture revue et corrigée propose toutes ces compostions réinterprétées par le quatuor à cordes new-yorkais Osso. Conceptuel, cet album s’inspire de l’horoscope chinois. Sa date de parution est prévue pour le 6 octobre.  

Intitulé « The BQE », le second opus est un cd/dvd qui retrace dans les grandes lignes un set accordé par Sufjan Stevens à New York, toujours en 2007 ; une prestation destinée à rendre hommage au hula-hoop et à la Brooklyn-Queens Expressway (NDR : c’est une portion d’autoroute sise du côté de Brooklyn). Pour avoir davantage d’infos, il faudra attendre la parution de la chronique. C’est une new quand même !

A ne pas rater…

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Les fabuleux Dirty Projectors de David Longstreth seront en concert le 19 septembre prochain au Botanique afin d’y présenter leur nouvel album « Bitte Orca ». Accompagnés par les non moins doués Sunset Rubdown, leur show n’est à rater sous aucun prétexte !!! Surtout lorsqu’on sait que les Dirty Projectors sont probablement le groupe le plus inventif depuis TV On The Radio…

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/dirtyprojectors

Un nouvel Arcade Fire est né…

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C’est ce que raconte la presse spécialisée lorsqu’elle évoque Edward Sharpe & The Magnetic Zeros. Leur premier opus, « Up From Below », est paru sur le Vieux Continent ce 13 juillet, et la formation californienne se produira au Pukkelpop ce 22 août. Enfin, pour enregistrer cet elpee, le combo a bossé sur du matos analogique datant de 1979.

Tracklisting

1. 40 Day Dream
2. Janglin’
3. Up From Below
4. Carries On
5. Jade
6. Home
7. Desert Song
8. Black Water
9. I Come In Please
10. Simplest Love
11. Kisses Over Babylon
12. Brother

13. Om Nashi Me

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/edwardsharpe

 

 

Pukkelpop 2009 : jeudi 20 août

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La vingtième édition du Pukkelpop a donc débuté ce jeudi 20 août sous un véritable soleil de plomb. Des milliers de jeunes –60.000 pour cette seule journée– se sont donc réunis pour voir et écouter leurs artistes favoris, mais également découvrir les futures stars de la musique alternative. Parmi la foule, de nombreux mélomanes belges ; mais aussi issus des quatre coins de la planète. Même des Mexicains et des Ukrainiens. Cependant, une majorité d’Européens, quand même… Et le moins que l’on puisse écrire, c’est que cette année encore, les programmateurs se sont surpassés afin de nous offrir ce qui se fait de mieux en matière de musique plus ou moins ‘indie’.

Inhabituelle pour la Belgique, la canicule sévit déjà dès les premières heures de la journée. La plupart des festivaliers ont pris d’assaut la Main Stage, seul site à ciel ouvert, pour découvrir la nouvelle sensation anglaise, The Maccabees ; mais aussi pour essayer de profiter d’un peu d’air frais ( ?!?!?) qui fait cruellement défaut sous les chapiteaux. Manifestement influencé par Arcade Fire et Animal Collective, le groupe de Brighton va accorder une prestation, ma foi, fort correcte ; même si le combo ne parviendra pas à mettre le feu à la plaine ( ?!?!?) En fait, le club était sans doute mieux adapté à son statut. Mais peu importe, cette opportunité a sans doute permis aux Britons de profiter d’un public bien plus nombreux, quelques mois à peine après leur passage au Botanique.

La prestation de The Maccabees à peine achevée, direction le Château afin d’assister à celle de Vetiver. Malheureusement, la chaleur qui règne sous la tente est insupportable. Impossible de résister à cette fournaise, sans devoir sortir pour se réoxygéner. Pas idéal pour juger le folk rock empreint d’une grande sérénité des Américains. Aussi, après avoir quand même pu apprécier quelques titres extraits de leur dernier excellent album, « Tight knit », il faut battre en retraite. Dommage, car Andy Cabic et ses acolytes semblaient pourtant bien en place…

Vers 13h, se produit la dernière ‘sensation’ belge. Elle nous vient tout droit de Louvain et s’appelle Selah Sue. Elle est âgée à peine de 19 ans. Armée de sa guitare, cette jeune fille nous délivre de jolis petits morceaux de soul/pop sous le regard d’un public flamand acquis à sa cause.

Sur la Main Stage, la Belgique est encore à l’honneur. Et pour cause, les Bruxellois de Ghinzu sont venus présenter leur dernier opus « Mirror Mirror ». Mais la notoriété du combo a déjà dépassé les frontières depuis belle lurette. Véritablement déchaînés sur les planches, John Stargasm et son team méritent amplement leur réputation de groupe de scène. Il est rare de voir un public conquis par un set à une telle heure de la journée (NDR : on n’est encore qu’au milieu de l’après-midi !) sur la Main Stage. Ghinzu est probablement le meilleur groupe belge en ‘live’ du moment. Et le spectacle décevant accordé le lendemain, par dEUS, en est probablement la plus belle confirmation.

Place ensuite à une des grandes révélations de l’année 2009 : Bon Iver. Le folk mélancolique et intimiste du natif du Michigan a cependant été, pour la circonstance, adapté pour mieux coller à l’‘ambiance festivalière’. Ses morceaux sont ainsi plus rythmés que d’habitude ; mais sans pour autant perdre leur aspect tourmenté et bouleversant.

Pour continuer à baigner dans l’univers du folk, un détour par le Château s’impose, puisque le combo californien, Port O’Brien est au programme. Héritier naturel de Modest Mouse, voire de Bright Eyes, le band est venu présenter son dernier opus édité l’an dernier. Le quintet yankee maîtrise parfaitement son sujet. Il enfile de véritables perles pop, subjuguant littéralement l’audience. A l’issue de ce concert, on a la conviction que ce combo ne mettra plus très longtemps avant de conquérir le Vieux Continent.

Le show des Deftones commence à 20 heures sur la Main Stage. Plutôt fans à leurs débuts, on craint quand même de vivre une grosse déception. Il est parfois préférable de conserver un bon souvenir d’idoles du passé que de devoir être confronté à la dure réalité de l’état des lieux des groupes vieillissants… Une situation tellement courante chez les formations qui émargent au néo métal. En 2008, victime d’un grave accident de la circulation, Chi Cheng a entamé une très longue convalescence. En mai dernier, il est enfin sorti de revalidation. Il a été remplacé par un nouveau bassiste. Affichant un look proche des rappeurs de Cypress Hill, il se montre déjà très à l’aise dans sa fonction. Et bonne nouvelle, le groupe va livrer un set d’honorable facture, mais surtout bourré d’énergie. Seule la voix de Chino Moreno semble avoir perdu de sa superbe. Mais l’arrivée soudaine d’un orage impressionnant rafraîchit l’atmosphère… et la foule aussi. Une perturbation qui va conférer une allure apocalyptique, mais bienvenue au show. De quoi laisser une bonne impression finale. Deftones est bien le seul groupe de l’horrible scène néo-métal à s’en sortir honorablement…

Il est malheureusement temps d’abandonner le spectacle des Deftones, qui se déroule sous les trombes d’eau, pour nous rendre au Club afin d’assister à la prestation des prodiges de Grizzly Bear. Le changement est radical. C’est qu’entre le metal des Deftones et la pop des New-yorkais, il y a un gouffre. Quelques chansons sont quand même nécessaires avant de pénétrer dans l’univers complexe du groupe. Mais une fois cette étape passée, le bonheur est au rendez-vous. Leur concert et leur énergie positive donnent alors vraiment l’envie de découvrir leur dernier album, tant acclamé par la presse.

Direction le Marquee pour le concert surprise. En fait les rumeurs allaient déjà bon train ; et on se doutait qu’il s’agissait bien de Them Crooked Vulture, le nouveau supergroupe monté par Dave Grohl, Josh Homme et John Paul Jones. Le rock proposé par les stars du rock américain est convaincant et proche de celui de Queen Of The Stone Age. La foule est au rendez-vous pour cette surprise de qualité. Et puis quelle joie de revoir Dave Grohl à la batterie !

Devotchka est déjà sur le podium du Marquee, lorsque nous débarquons. Them Crooked Vulture nous a mis quelque peu en retard. Mais pas question de manquer les Texans. Leur concert consenti à l’AB en juin 2008 avait fortement impressionné. Mais apparemment le groupe jouit d’un succès conséquent en Flandre depuis la sortie de la B.O. de ‘Little Miss Sunshine’, car il nous faut plus de 15 minutes avant de pouvoir entrer dans le chapiteau. Résultat des courses, nous ne pourrons entendre que quatre chansons. Et déjà de se confondre en regrets, car la fin du spectacle de Devotchka est tout bonnement remarquable. On assiste même à une très jolie chorégraphie, au cours de laquelle des danseuses s’enroulent les pieds dans des rubans accrochés depuis le plafond. De quoi accentuer l’aspect manouche et déambuler sur le fil des émotions de la musique. La bande à Nick Urata mérite assurément son succès !

Le concert le plus attendu de la soirée était bien entendu celui de Faith No More. Après plus de 10 années d’absence, le gang de San Francisco revient pour le plus grand bonheur de ses nombreux fans. Nous sommes très sceptiques à l’égard du come-back des légendes. Le plus souvent, elles ne renaissent que pour des raisons bassement lucratives. Mais pas chez Faith No More ! En effet, Mike Patton n’a cessé de multiplier les expériences depuis le split du groupe, en 1998. Des projets baptisés Tomahawk, Peeping Tom, Mr. Bungle et j’en passe ; mais surtout des aventures toutes plus audacieuses les unes que les autres. Et le reste du groupe n’est pas resté inactif. A l’instar de Roddy Bottum, impliqué au sein d’Imperial Teen. Dès les premières notes, le public sent qu’il va vivre un événement exceptionnel. Elégant dans son costard, les cheveux gominés, la chaîne en argent, Mike Patton possède un charisme rarement vu en ‘live’. Son aura est même proche d’un Johnny Depp rock n’roll… Les tubes s’enchainent : « Epic », « Digging the Grave », « Easy » ou encore « Midlife Crisis ». Mais aucun temps mort. Le concert dure plus d’une heure ; mais absorbés par le set d’un des groupes les plus importants des 90’s, on ne voit pas le temps passer. Un grand moment du festival ! Et rien de tel que d’achever la journée sur une aussi bonne note. A demain !

A l’abordage !

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Vous aimez Modest Mouse et Bright Eyes, Port O’Brien devrait vous botter. Et en particulier son prochain opus dont la sortie est annoncée pour le 28 septembre prochain. Intitulé « Threadbare », il fait suite à « All We Could Do Was Sing », un disque édité en 2007, et particulièrement acclamé par la critique. En attendant, la formation californienne se produira au Pukkelpop. Un petit aperçu de leur solution sonore ? http://cityslang.com/files/Port_O_Brien_-_Sour_Milk_Salt_Water.mp3

Tracklisting :

01. High Without The Hope 3
02. My Will Is Good
03. Oslo Campfire

04. In The Meantime
05. Tree Bones
06. Sour Milk / Salt Water
07. Threadbare
08. Calm Me Down
09. Leap Year
10. Next Season
11. (((Darkness Visible)))

12. Love Me Through
13. High Without The Hope 72

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/portobrien

PAK

Motel

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Certains disques sont difficiles à chroniquer et même à étiqueter. Et le plus souvent, ils sont peu accessibles. C’est le cas du denier opus de PAK, « Motel », que la critique musicale case quand même dans la nébuleuse du free-jazz. Cet elpee est d’autant plus difficile à cerner que sa production a été bâclée. Des conditions qui ne permettent pas au groupe de se montrer à son avantage. On a même souvent l’impression que les morceaux ne sont pas suffisamment aboutis.

Après quelques mesures, on aurait rapidement tendance à abandonner l’écoute de ce cd. Mais par souci de professionnalisme, on essaie quand même de s’accrocher. Et puis, au fil du temps, en parvenant à faire abstraction de la piteuse mise en forme, on commence à découvrir un talent certain chez ce trio yankee. Assurée par le drummer Keith Abrams et le bassiste Jesse Krakow, la section rythmique est à la fois subtile et solide. Elle permet, en tout cas à Ron Anderson de baliser les compositions schizophréniques de Ron Anderson. A l’instar d’un Mr Bungle ou encore du Singe Blanc, les trois New-yorkais s’efforcent de brouiller les pistes en variant les tempos ou en renouvelant les climats, suivant leur humeur. Chaque morceau épouse d’ailleurs un schéma similaire : il n’y en a aucun. Et le morceau d’entrée, « You like It Like That », en est certainement une merveilleuse illustration. Il glisse aisément d’un rythme soutenu, façon Singe Blanc, vers une expression balkanique bercée par les accords d’un violon. Seul « Zugzwang » dénote de l’ensemble. Motif, c’est la seule plage de l’œuvre qui n’est pas déstructurée. Par contre, inutile de chercher une quelconque mélodie. Peine perdue, elles sont inexistantes.

Dans ces conditions, « Motel » s’adresse avant tout à un public averti. Quant au mélomane lambda, il aura la nette impression de subir une agression de ses tympans ; ce qui d’un certain point de vue, n’est pas tout à fait faux.

 

Vive La Fête

Vive la Fête, Disque d’or

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Karl Lagerfel et Christophe, entre autres, adorent Vive La Fête. A cause de leurs prestations ‘live’. Des spectacles caractérisés par le contraste opéré entre le look gothique, très eighties, de Dany Mommens (NDR inspiré d’Andrew Eldritch) et l’attitude sensuelle, glamoureuse d’Els Pynoo (NDR : un peu comme si elle voulait réincarner une Brigitte Bardot des sixties). Un contraste accentué également par les tenues affriolantes d’Els et la musique ténébreuse, new wave composée par Dany. Un contraste qui fait également la spécificité du groupe gantois.

« Vive la Fête, Disque d’or » constitue donc leur sixième opus. Un disque dont les lyrics des morceaux parlent toujours d’amour, de sensualité, de nostalgie et d’angoisse. Et dont les refrains épousent une même recette à la fois simple et répétitive. D’ailleurs en écoutant cet elpee, une question me traverse peu à peu l’esprit : ces morceaux seraient-ils issus des mêmes sessions d’enregistrement que le précédent cd ? J’aurais juré par l’affirmative, si le long playing n’était pas sorti sur leur label, Firme de Disques. Et puis si An Pierlé n’avait pas collaboré à l’écriture et participé aux chœurs pour deux titres.

L’album s’ouvre par « Le petit colibri ». Un peu comme si Appollinaire avait été repris en slam électro. De quoi brouiller les pistes. Enigmatique à premier abord, ce titre finit rapidement par lasser et donne aussi vite l’envie de passer à la suite. « Amour physique » libère une volupté digne de Jane Birkin. Celle des 60’s voire des 70’s, bien sûr. Mais tout en conservant cette structure électro et ce tempo identifiable entre mille. La troisième plage me permet de conclure définitivement que Dany Mommens chante faux. C’est encore pire en ‘live’. Mais quelqu’un osera-t-il lui dire un jour ? Franchement, il aurait tout intérêt à laisser ce rôle exclusivement à sa compagne ? « Naïve » remet les pendules à l’heure. Vivifiant, il oscille du garage rock au post punk. Surprenant ! Même si les sonorités électro ‘vintage’ rappellent carrément la pop surannée des eighties. Mais lorsque le groupe belge en use et en abuse, cela fait nettement plus tendance. Bref, le contenu de cet opus change manifestement de l’aspect festif et très (trop) new-wave cultivé sur les précédents. Les clins d’œil à la chanson française des 60’s sont nombreux, voire caricaturaux, à l’instar de « Mira ». Et la fin de parcours renoue avec la vieille tradition des morceaux cachés : soit trois morceaux de 3 minutes 30 entrecoupés de temps morts. Le couple Dany Mommens-Els Pynoo semble vouloir perpétuer cette pratique. Agréable à écouter, ce compact-disc ne brille malheureusement pas par son originalité. Des conditions idéales pour prendre la poussière, bien rangé, sur son étagère…

 

Drive Like Maria

Elmwood

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Le 12 juin dernier, un jeune groupe, dont une grande majorité des spectateurs ignorait autant le nom que l’existence, atomisait Forest National en assurant la première partie de ZZ Top. Le trio belgo/hollandais Drive Like Maria a véritablement bluffé les fans des trois célèbres barbus en dispensant un power blues fortement influencé par les plus grandes formations de hard rock issues des années 70. Un beau V8 sous le capot, Drive Like Maria possède toutes les qualités requises pour faire fondre le bitume et s’imposer comme un sérieux concurrent à Triggerfinger, dont ils partagent les mêmes valeurs.

Premier elpee, « Elmwood » surprend d’emblée par le professionnalisme de sa conception. Moins puissants que dans leurs versions ‘live’, les onze titres n’en sont pas pour autant dénués d’énergie, comme en témoigne le morceau d’ouverture « So » qui précède l’irrésistible « I’m on a Train », groovy à souhait et décoiffant comme du Status Quo !

On perçoit quelques réminiscences de rock sudiste sur l’ensemble des compos. Il faut dire que s’il a été enregistré à Hasselt, « Elmwood » s’est offert un mixage béton à Dallas (Texas). Autre curiosité : « Sure Enough », une plage tout en douceur qui a bénéficié de la participation d’une invitée de marque. En l’occurrence Janis Ian. Elle assure les chœurs et partage même les vocaux le temps d’un « Die a Little More » bouleversant. Difficile de ne pas penser à Janis Joplin, tant l’interprétation est bourrée de feeling et d’intensité. Un premier album bien prometteur et à consommer sans modération. On en reparlera, il n’y a pas l’ombre d’un doute !

 

Ben Harper

White lies for dark times

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Ben Harper aime le chiffre 7. Il vient d’ailleurs de baptiser sa nouvelle formation Relentless7. Et sur la pochette de ce nouvel opus, le chiffre 7 est bien en évidence. Sur la face d’un dé ! Un disque pas trop surprenant, si on connaît la discographie de l’Américain, mais néanmoins différent du précédent elpee, "Lifeline". Les Innoncent Criminals ont donc cédé le relais à Relentless7. Un combo au sein duquel on retrouve Jason Mozerski, un gratteur qui avait participé à la confection de "Both sides of a gun", réalisé quelques années plus tôt. Le line up implique le bassiste Jess Ingalla et le drummer Jordan Richardson, des musiciens qui relèvent d’Olivier Future, une formation indie isue de L.A.

L’entrée en matière est un service gagnant. Un rock bluesy percutant et autoritaire intitulé "Number with no name". "Up to you now" baigne au sein d’un univers sonore proche de la quintessence de U2. Délicatement ciselée, cette plage met en exergue la voix angélique et impressionnante de Harper face à l'ensemble des cordes et aux percussions offensives de Jordan. "Shimmer & shine" s'ébroue sur une rythmique agressive, presque punk. Bien que ce titre sauvage dévaste tout sur son passage, on y décèle, paradoxalement, une subtilité instrumentale bien évidente. Une attaque féroce ronge "Why must you always dress in black", une compo au cours de laquelle la slide de Ben est bien aventureuse. Ballade soul, "Lay there & hate me" est mise à feu par les sonorités synthétiques et nous invite à danser. Les claviers sont très présents, mais la guitare est empreinte d’une grande sensibilité. Les premières notes d’"Up to you know" baignent dans la tendresse et la quiétude. Faut dire que Mr Harper pince délicatement les douze cordes acoustiques de sa gratte ; mais dès que l’amplification est rebranchée, un nouveau périple est proposé. Une douceur certaine a envahi "Fly one time" ; mais piqué par on ne sait quel insecte céleste, le quartet s’autorise une envolée dans l’audace, l’imagination et l’effervescence. Un riff rythmique puissant et bien carré introduit "Keep it together". Mozerski écrase ses pédales tandis que la voix s'envole ; une voix bien maîtrisée, mais contaminée par un zeste d'agressivité. Trempée dans le hard rock, cette compo témoigne de leur capacité à assimiler les sonorités d'antan. Les échange s’opèrent sur le fil du rasoir et libèrent une intensité surprenante. Les musiciens semblent prendre leur pied. L’esprit de Ben s’est complètement égaré sur "Boots like these". Il a emprunté le Bo Diddley beat. Totalement déjantée, la guitare sature l’espace sonore. Une fameuse aventure psychédélique ! La poésie naturellement troublante de Ben investit "The word suicide". Une émotion qu’il évacue sur le bouleversant "The word suicide". Derechef, l’interaction entre les guitares délirantes est délectable ; mais traduit le mal-être du chanteur! D’excellente facture, cet elpee s’achève sous une forme plus paisible. Bercé par un ballet de cordes acoustique, "Faithfully remain" est l’occasion pour Ben de clamer sa fidélité. Et pour que votre info soit complète, sachez que cet elpee a été coproduit par Harper et Danny Kalb! 

 

Koenji Hyakkei

Nivraym

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Affichant un patronyme imprononçable, cette formation nous vient du pays au soleil levant (NDR : fallait s’en douter). Elle est conduite par le drummer de Ruins, Tatsuya Yoshida. Son projet parallèle en est quand même à son troisième opus. Et pour enregistrer ce nouvel elpee, le line up a subi de profondes modifications. En enregistrant notamment l’arrivée d’une nouvelle vocaliste au timbre soprano, Sagara Nami (NDR : qui rejoint donc une autre chanteuse féminine, Kubota Aki).

Mais venons-en au contenu de cet opus. Prog. Mais un prog éclaboussé par le volume du métal, l’attitude du rock et l’énergie du hardcore punk (NDR : c’est dans la bio). En fait, on est ici en présence d’une forme alternative de ‘zeuhl’, un style imaginé par Magma et adopté également par Eskaton, un autre groupe français. Parce que les paroles chez Koenji Hyakkei sont chantées en ‘kobaïen’. Et évidemment leur musique s’inspire du groupe de Vander (NDR : jazzyfiant, le drumming de Tatsuya Yoshida est aussi impressionnant que celui de son maître). Mais aussi de Ruins (NDR : surtout l’album ‘Symphonica »). Et puis d’Emerson Lake & Palmer (NDR : pour les claviers). Ah oui, j’allais oublier, ce disque était paru en 2001. Exclusivement au Japon. Et vient de bénéficier d’une réédition mondiale après remasterisation et refonte totale des parties instrumentales et vocales. Fallait quand même le signaler ! On n’arrête pas le (prog)rès ( ?!?!?)…

 

The Low Frequency in Stereo

Futuro

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Disons-le tout de go : le quatrième album 8 titres du combo post-rock norvégien « The Low Frequency In Stereo » est simplement excellent !

Découvert en Belgique lors de l’édition 2002 de Dour, il aura fallu sept ans et quatre albums à la formation norvégienne pour atteindre les cimes étincelantes du sublime. 

Rien n’est laissé au hasard dans le lo-fi post-rock du quintet scandinave. Tout concourt au sentiment subtil d’une synthèse parfaite : l’heureuse adéquation du nom du groupe, l’orchestration des influences, la multiplicité instrumentale et technologique, les arrangements minutieux… L’ensemble évoque une horloge intemporelle aux mécanismes complexes et sophistiqués !

Tels de talentueux alchimistes, TLFIS soude efficacement les sonorités modernes à la musique alternative allemande des années 70 héritée du Krautrock (Can, Faust, Kraftwerk…) sans jamais tomber dans les clichés. Tailleurs de son brut (rough) et horlogers de mécanique industrielle, la formation polit la substance sonore et nous en livre l’éclat pur et kaléidoscopique. 

Après « The Last Temptation Of…The Low Frequency in Strereo (Vol. 1) », sorti en 2006, les cinq norvégiens haussent encore la qualité de leur jeu. Tout au long de « Futuro », ils explorent les sources électroniques (Notwist), jonglent avec les rythmiques hypnotiques (Stereolab), expérimentent les techniques de studio, innovent des textures Ambient et usent de leur héritage des 70’s pour produire un instrumental avant-gardiste et expérimental. Instrumental couvert de deux voix mixtes mélodiques et séduisantes. Voix médium pour lui, Per Steinar Lie (« Geordie La Forge ») et plus doucement pop pour elle, Hanne Andersen (« Starstruck » ou Texas Fox).  

Tandis que « Mt. Pinatubo » et « Solar system » –orgie cosmo-trip-groove de près de 10 minutes– sculptent des atmosphères shoegazing à coups de pédales wah-wah et de dream pop noircie, « Starstruck » nous offre un fantastique bijou pop dont l’intro flirte incestueusement avec « The End » des Doors. Les longues vagues d’orgue psyché présentes sur l’excellente première plage « Turnpike » rappellent également le spectre de la tribu Morisson.

Cinq musiciens dont le talent use de tout médium technique et influences pour créer un univers très personnel. Lieu où les climats alternent, s’éloignent, divergent mais ne s’altèrent pas. L’ensemble reste incroyablement cohérent et inventif.

Entre le mouvement Krautrock et Stereolab, TLFI se pose tranquillement comme l’un des phénomènes Post-rock de ces dernières années. Quant à « Futuro », tant par son originalité que par sa sophistication musicale, il comptera certainement parmi les meilleurs albums de l’année  2009.

Indice supplémentaire de liberté artistique affichée par le groupe : des pistes de 9’20’’ et de 6’54’’. Et vos chances de trouver ce genre de format sur les ondes radio s’amenuisent fortement.

Un incontournable que tout amoureux de musique expérimentale devrait poser sur son étagère.

 

Made In Mexico

Guerillaton

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Au sein de cette formation établie à Providence, dans le Rhode Island, on retrouve l’ex-guitariste d’Arab On Radar, Jeff Schneider, ainsi que des anciens membres de Machine et Bossman, des ensembles qui sévissaient autrefois dans la zone crépusculaire de l’underground. Ce qui est peut-être encore le cas pour Made In Mexixo. Enfin, pour l’instant ; car franchement, leur expression sonore ne maque pas d’allure. Et pour cause, elle navigue à la croisée des chemins de la no wave (Sonic Youth), du hardcore (Fugazi) du jazzcore (John Zorn), de l’urban blues (Captain Beefheart, Birthday Party), du hardcore (AIDS Wolf, Fugazi) du latino dream pop (Drugstore), du surf (Dick Dale), du punk yankee (Dead Kennedys), du punk funk (Liquid Liquid) et du reggaeton (fruit d’un mélange de ragga et de hip hop). Que d’étiquettes ? Et vous n’êtes pas au bout de vos peines, puisque les vocaux sont assurés par une vocaliste (Rebecca Mitchell) dont le timbre oscille quelque part entre Lydia Lunch, Nina Hagen, Siouxsie Sioux et Lene Lovich. « Guerillaton » constitue leur second opus. Découpé en 13 fragments, il réalise la fusion parfaite entre impétuosité, sensualité et excentricité sans pour autant négliger l’aspect mélodique. A mon humble avis, Made In Mexico possède suffisamment de potentiel pour faire son trou. C’est tout le mal qu’on lui souhaite…

Retour gagnant ?

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Le nouvel opus du talentueux songwriter écossais James Yorkston est dans les bacs depuis ce 10 août. Il s’intitule « The Big Eyes Family Players Folk Songs ». Mais atteindra-t-il le niveau de « Just Beyond The River », paru il y déjà 5 ans, après plusieurs albums quelque peu décevants ? Une chose est sûre, les deux premières vidéos disponibles sur YouTube semblent confirmer son excellente forme…

Et les voici : "Martinmas Time" : http://www.youtube.com/watch?v=MVPXjRoCkuw
Ainsi que “I Went To Visit The Roses” : http://www.youtube.com/watch?v=Bi29EH93ANQ

Tracklisting :

1. Hills Of Greenmoor
2. Just As The Tide Was Flowing
3. Martinmas Time
4. Mary Connaught & James O’Donnell
5. Thorneymoor Woods
6. I Went To Visit The Roses
7. Pandeirada de Entrimo
8. Little Musgrave
9. Rufford Park Poachers
10. Sovay
11. Low Down In The Broom

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/jamesyorkston et http://www.jamesyorkston.co.uk