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Ian Gillan

Live In Anaheim (Cd + Dvd) (1)

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En 2006, profitant d’un break de Deep Purple, Ian Gillan sort « Gillan’s Inn », un album  réunissant des réenregistrements de divers morceaux choisis au sein de sa prolifique discographie. Dans la foulée, il s’embarque dans un tour-bus, accompagné de 5 musiciens de haute volée pour défendre son nouveau bébé sur les routes des États-Unis.

Enregistré lors de cette tournée, le double Cd « Live in Anaheim », mis en boite au célèbre ‘House of The Blues’, atterrit chez les disquaires en avril 2008. A peine un an plus tard, e-a-r- music/edel nous offre un magnifique cadeau en ressortant l’objet, agrémenté d’un Dvd reprenant l’intégralité du show d’Anaheim. Ceux qui avaient acheté la version Cd l’année dernière en sont pour leur frais tant la version Versatile et Digitale est indispensable.

Le set est pimenté par l’humour typiquement british de Gillan et, dès les premières notes de « Second Sight », le magnifique morceau d’ouverture, la bonne humeur du chanteur et de ses compères saute aux yeux. Malgré ses 61 ans à l’époque de l’enregistrement, Ian semble toujours prendre autant de plaisir à monter sur scène. Un plaisir communicatif qui trouve son point culminant lorsque Michael Bradford, le producteur des derniers albums de Deep Purple et des albums solos de Gillan, rejoint le groupe, armé de sa guitare, pour une jam endiablée, curieusement intitulée « Rivers of Chocolate ». 

La setlist fait évidemment la part belle aux extraits de « Gillan’s Inn », dont huit morceaux sont ici interprétés. Gillan en profite cependant pour revisiter, outre les classiques « Smoke on the water » et « Knocking at your back door », deux compos de Deep Purple  jamais jouées sur scène par le Pourpre Profond : « Wasted Sunsest » et « Not Responsible ». La période la plus Heavy Metal de la carrière solo du chanteur n’est pas oubliée, puisque l’elpee recèle l’ultra puissant « Unchain your brain » de 1980.

Au total, 19 chansons pour 1h44 de plaisir intense. « Live in Anaheim » est sans conteste l’un des meilleurs albums live auquel ait participé Gillan. Un must !

 

Les Nuits Botanique 2009 : mercredi 13 mai

Un Botanique noir de monde accueillait les désormais incontournables ‘Nuits belges’ ce mercredi 13 mai. Le cru 2009 nous illustre de nouveau l’étendue et la diversité des artistes de notre plat pays. Une myriade de styles musicaux s’y confond. La salle nous offre à voir des groupes de qualité dont la notoriété ne dépasse, malheureusement, que trop peu souvent nos frontières.

L’édition 2009 présentait 12 groupes belges : Sharko – Daan – K-Branding – Les Vedettes – Jeronimo – The Experimental Tropic Blues Band – Balimurphy – The Bony King of Nowhere – Major Deluxe – Balthazar – Lionel Solveigh – Lucy Lucy (anciens Vagabonds).

Trois salles et un chapiteau aux saveurs distinctes. Le confort mélodieux du grand salon (Jeronimo, Balimurphy et Lucy Lucy), l’énergie électrique et la folie douce de l’Orangerie (The Experimental Tropic Blues Band, Les Vedettes et Balthazar), la très folk et acoustique Rotonde (Lionel Solveigh, The Bony King of Nowhere et Major Deluxe) et la sulfureuse chaleur tropicale du Chapiteau (K-Branding, Daan et Sharko).

Venus nous présenter leur premier Ovni, les extraterrestres de K-Branding envahissent le chapiteau planté dans le jardin Botanique. L’explosion sonore produite par la formation bruxelloise envahit rapidement nos oreilles et imprime notre cerveau au fer rouge. Cette expérience musicale bouscule et ne laisse pas indifférent. Indus tribale ? Noise urbaine ? Art-rock brut ? Un voyage, en tout cas, entre passé et présent, entre rock primitif et musique contemporaine (expérimentations sonores et bidouillages électroniques). Globalement, les ‘noise addict’ sortent sourire aux lèvres de cette aventure.

Après avoir touché à de nombreux styles musicaux et sorti deux albums électrotrash (« Vicory » et « The Player »), Daan change de cap et nous présente son cinquième elpee (« Manhay ») aux airs plus intimistes et chaleureux. Un son moins organique et sans machine. Il renoue avec son héritage Dead Man Ray. ‘J’aurais voulu un ton plus intimiste encore, mais il se fait que la réalisation est finalement assez habillée. Le point de départ était juste piano et voix. […] Je voulais travailler de façon inverse : mettre une bonne voix devant et puis des instruments autour. Pour cela, il me fallait des morceaux qui tiennent la route mélodiquement à l’état dépouillé, sans arrangements’.

Le Daan Stuyven auteur est de retour et ressemble davantage à un film de Chabrol qu’à un Tarantino. Cette transition se ressent terriblement sur les planches. Il nous offre à entendre une setlist contrastée, brouillonne et une prestation scénique plus introvertie. ‘Le plus violent à côté du plus doux’. Un artiste en pleine mutation qui se cherche encore dans ce nouveau style proche de l’univers de Léonard Cohen, Lou Reed ou Johnny Cash.

L’ancien et le nouveau Daan s’affrontent, s’entrechoquent, alternant des morceaux pop électro puissants et des airs plus intimistes. La transition est étonnante. La bête de scène habituellement drôle et ironique s’éclipse et laisse place à un artiste plus effacé. Il s’affiche soudainement en vieux crooner blasé. Le contact avec le public s’est désormais éteint et les fans du chanteur charismatique s’en étonnent. Il reste cependant l’essentiel : sa voix. Caverneuse et chaleureuse, elle inonde le chapiteau et caresse les oreilles du spectateur.

« Radio Silence » apparaît alors telle une grenade et rompt cet aspect introspectif. Les guitares s’énervent, la voix hausse le ton et le concert monte en puissance. Douzième morceau et les musiciens disparaissent subitement. La lumière revient et met brutalement fin au concert. Aucun rappel ! Il y a des jours et des lunes. Daan Stuyven devait certainement être dans une phase lunaire ce mercredi soir à Bruxelles. Il nous avait habitués à mieux. Cette petite révolution dans le monde musical de Daan devra certainement mûrir encore pour atteindre un accord parfait avec la scène. La symbiose appartient désormais au temps.    

Les Nuits belges se clôturent par le show des talentueux Bruxellois de Sharko. Après 10 ans de carrière et 5 albums, David Bartholomé, Teuk Henri et Charly De Croix (nouveau batteur) célèbrent la bête et nous invitent à découvrir leur dernier album « Dance on the Beast ».

Sharko revisite les quatre derniers elpees (« Meeuws », « Sharko III », « Molecule » et « Dance on the beat ») et nous propose un set cohérent et dynamique. Le dernier opus s’ouvre à des sonorités electro-dance et se veut plus dansant. On ne s’ennuie jamais !

D’un air décalé, désabusé, David Bartholomé, côté jardin, montre son profil au public et  explore fixement et longuement le mur. Il ouvre lentement le concert par trois morceaux du dernier album (« Cinema Tech », « Mouse/Animal/Facebook/Danger » et « Rise Up »). Le décor est sobre et s’illumine de quelques lights rouge vif. Progressivement, l’animal qui incarne le chanteur se réveille. Il finira par faire face au public pour interpréter le merveilleux « Motels » (« Molecule »).

Le chapiteau suinte et s’électrise. La toile noire accrochée au plafond s’illumine et se couvre d’étoiles qui se fanent en fleurs et redeviennent étoiles. Sharko, sous un ciel artificiellement constellé, prend une dimension presque magique. L’introversion initiale s’estompe peu à peu. Il communique enfin et communie. La convivialité monte graduellement. Savamment crescendo. L’excellent « I Went Down » viendra porter le coup fatal. Les planches, sous nos pieds, se mettent à vibrer et c’est du pur bonheur !

Le trio bruxellois tient le public en haleine jusqu’à la fin, alternant anciennes et nouvelles compos. Deux perles pop suivront : « Yo heart » issu du dernier album et l’indémodable « Sweet protection » de « Molecule ». Sharko revient pour deux rappels. Assis à la batterie, David Bartholomé interprète « Spotlite » (« Sharko III »). Il s’empare ensuite du ukulélé pour clôturer cette Nuit belge en émotion.

Sharko a bel et bien joué avec nos cordes émotives. Talentueusement. Un grand moment de musique qui s’éteint sous le ciel étoilé du plus grand chapiteau du monde.

Eric Ferrante 

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C’est un Jeronimo simple et chaleureux qui se produisait ce soir. La fraîcheur du Grand Salon du Botanique est parvenue à nous faire oublier la lourdeur et l’humidité ambiante de ses beaux jardins. D’une entrée théâtrale, suivi d’un ‘Bonjour mesdames et messieurs !’, Jérôme Mardaga apparaît, suivi de ses musiciens. Oublions le grand spectacle où l’on en met plein la vue, car ce soir, car on aura droit à une version ‘acoustique’ de son set, ballade sur les mers paisibles de nos océans.

C’est par « Elle s’en va tuer un homme », seul, à la guitare, que Jeronimo nous embarque dans son monde d’ironie douce-amère, teintée de vérité, parfois de tristesse et d’humour. Le Grand Salon, de ses fauteuils rouges dédiés au repos intemporel est parfait ! Le groupe nous invite à partager son envie de déconnection, de ce monde extérieur, par sa simplicité communicative. A partager également ce qu’il aime. Un bien-être vient de s’installer dans l’antre de cette salle aux lumières tamisées, rougeoyantes. Nous sommes embarqués vers un voyage que nous n’avons guère envie de quitter.

Les titres, comme « L’argent c’est bien » du dernier opus et « Moi je voudrai », égayent la salle ; qui d’ailleurs, entretemps, c’est bien remplie. Même le balcon est noir de monde et danse sous le rythme de la guitare. Jérôme n’oublie pas de nous remercier chaleureusement. Le public est réceptif. Il apprécie cette session comme si nous étions des privilégiés.

Dommage que les titres s’engagent un peu trop vite, les uns après les autres. On en voudrait plus, qu’il laisse ses sens emporter ses mélodies dans le temps, sans y prêter importance. Mais comme il nous le fera remarquer, il y a un timing à respecter… ‘Money, money !’, nous balance-t-il d’un ton ironique… « Rendez-vous dans ma loge » est suivi de « La chienne de Baikonour », présentée comme la future chanson de l’Eurovision 2010. De quoi s’esclaffer en chœur ! Ce rendez-vous s’achève, malgré les problèmes techniques, par la merveilleuse mélodie d’« Irons-nous voir Ostende ». Le son lâche soudainement. Ce qui n’empêche pas Jérôme de poursuivre son set, comme si de rien n’était ; seul, avec sa guitare, sous les applaudissements du public.

Ce concert d’une douceur printanière exhalait des senteurs parfumées de textes qui nous concernent tous, traitant d’événements que l’on côtoie chaque jour. J’aurais voulu ne plus quitter mon fauteuil qui m’absorbait. Un dernier titre n’aurait pas été de trop… accompagné, pourquoi pas, d’un bon verre de blanc. A déguster avec sagesse mais sans modération.

21h10 tapante, le trio se met en scène après les derniers réglages sonores. Le changement de la salle du Grand Salon vers celle de l’Orangerie est assez brutal. Je passe du coton au béton. Pas difficile d’imaginer que le groupe va nous en mettre plein les oreilles. Et c’est bien le cas !

A peine le temps de se mettre en place, les guitares déchirent au son du rock-boogie-blues. « Disco inferno » ouvre les festivités. Les trois gaillards se lâchent d’une traite emportant tout sur leur passage. Pas le temps de prendre du repos dans cette course. Ca bouge, ça swingue comme sur de bons vieux morceaux des sixties et seventies. Pas besoin d’une machine à remonter le temps, Woodstock est devant nous ! Si vous aviez besoin de vous recharger les batteries, c’est définitivement eux qu’il fallait voir. Cocktail détonnant tant par la batterie, martelée à merveille par Devil D'Inferno, que par les deux guitaristes, Dirty Wolf et Boogie Snake. Même la basse manquante n’est pas une nécessité, tant les interprètes nous absorbent tout au long du show.

Captivé par ce trio hors norme, le public n’a guère besoin d’en redemander. Les riffs sont puissants. Ils libèrent une telle source d’ondes que l’on ne peut rester indifférent. Incroyable ! Chaque morceau a la pêche. L’opus « Hippidy hop » est une autre grenade que The Experimental Tropic Blues Band ne tardera pas à dégoupiller. L’Orangerie explose littéralement ; et il y a des dommages collatéraux. Le rock’n’roll dans tout ses états. Et je ne parle pas des fans, au passage, criant un ‘à poils’ en chœur à Dirty Wolf. Il ne lui faudra que peu de temps avant de nous accorder un strip-tease pour le bonheur de ces dames ! Il avait pourtant, dès le début du concert, prévenu qu’il en était hors de question. ‘Trop de problèmes’, avait-il justifié. Mais c’était plus fort que lui.

Finalement, j’ai éprouvé un grand plaisir à partager ce délirium espace temps. Un groupe qui mérite d’être entendu de par le monde, par son originalité, par son culot et son rock complètement déjanté. Un melting pot d’influence de plusieurs décennies de rock-boogie-blues. The Experimental Tropic Blues Band vous laisse des stigmates à vie… 

Patrizia Firrera

Les Nuits belges : Sharko + Daan + K-Branding + Les Vedettes + Jeronimo + The Experimental Tropic Blues Band + Balimurphy + The Bony King of Nowhere + Major Deluxe + Balthazar + Lionel Solveigh + Lucy Lucy

(Voir également notre section photos)

 

 

Akron / Family

Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free

Écrit par

La petite famille d’Akron a connu bien des changements en deux ans. Depuis le départ de Ryan Vanderhoof, chanteur et guitariste, survenu peu de temps après la sortie de « Love Is Simple », Akron/Family se devait de prendre un nouveau départ. Le désormais trio a donc décidé de quitter Young God Records, leur label de toujours, pour se joindre à l’écurie Dead Oceans. Réduite d’un quart essentiel, la formation allait-elle capable d’offrir une digne suite à ses excellents « Meek Warrior » ou « Love Is Simple » ?

« Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » répond à la question sans détour. Akron/Family se paie un véritable coup de frais. Les Animal Collective du prog-folk débutent leur nouvelle vie sur un « Everyone Is Guilty » aux accents funky écartelés par les inévitables bidouillages improvisés de la formation. Après avoir dévalé une pente rock, le titre s’achève sur une envolée inattendue de cordes. En un peu moins de six minutes, la nouvelle mouture d’Akron/Family a déjà remporté tous les suffrages. Le reste de la plaque, et plus particulièrement un « Creatures » psyché et un « Gravelly Mountains Of The Moon » impétueux, ne fait que renforcer ce sentiment. « Set ‘Em Wild, Set ‘Em Free » marque donc le retour d’une formation plus confiante que jamais et ce, à juste titre. Bien plus qu’un nouveau départ, une renaissance. En concert ce 16 mai 2009, dans le cadre des Nuits Botanique.

 

Les Nuits Botanique 2009 : mardi 12 mai

La soirée commence mal. Englué dans les bouchons pendant presque deux heures, je débarque au Botanique vers 21h00. De quoi entretenir la mauvaise humeur. Je fonce vers la Rotonde pour assister à ce qui devait rester de la prestation de Karkwa. Malheureusement leur show est déjà terminé. La découverte de ce groupe, pourtant acclamé par la critique, est donc postposée. Dehors, le temps est maussade et le crachin n’incite pas à mettre le nez dehors ; afin de prendre une consommation dans le parc, par exemple, comme le veut la tradition des Nuits…

Heureusement, la suite de la programmation est alléchante. Ce qui me rend quelque peu le moral. Tombé sous le charme de leur album « Trompe l’œil », un opus sculpté dans une pop originale, ce concert de Malajube devait donc sauver ma soirée. Le quatuor monte sur les planches en toute discrétion. Le set s’ouvre par quelques chansons extraites de leur dernier opus « Labyrinthes », paru il y a quelques semaines. Le son est puissant et se révèle de bonne qualité. Mais les balances sont mal réglées. Difficile de saisir les paroles de Julien Mineau. Et on n’entend pratiquement pas les interventions aux claviers de Thomas Augustin. Sous cette forme, les morceaux ne parviennent pas à fédérer. Et c’est une petite déception. Caractérisé par son crescendo irrésistible, « Etienne d’Août » reprend du poil de la bête ; mais décidemment, la guitare et la batterie jouent tellement fort, qu’ils étouffent l’aspect pop et frais de leur musique. Or, ce sont ces singularités qui font le charme de leur solution sonore. Et le show va souffrir de ce déséquilibre tout au long de la soirée, malgré les plus réussis « La Monogamie », le single imparable « Montréal -40° » ou encore un morceau plus récent comme « Porté disparu ». Ce qui devrait m’inciter à écouter leur nouvel opus d’une manière plus approfondie. En privilégiant la puissance, Malajube devient un groupe de rock comme il en existe des milliers d’autres. Heureusement, sur disque, le combo est toujours capable de montrer un tout autre visage. Bien plus savoureux. C’est suffisamment rare pour ne pas le souligner. D’ailleurs on ne peut pas dire que leur présence scénique soit enthousiasmante. Bref, j’avais peut-être placé trop d’espoir dans ce concert, finalement assez anecdotique. Une grosse déception pour ce que je considère pourtant comme une des révélations discographiques de 2007.

Duchess Says est un combo relativement inconnu en Europe. Il lui incombait de clôturer la soirée. Fondé à Montréal, en 2003, il a sorti son premier album, « Anthologie des 3 perchoirs », l’année dernière. Bienvenue donc dans leur univers déjanté. La présence scénique d’Annie-Claude Deschênes y est quand même pour quelque chose. Ses performances vocales sont plutôt limitées, mais ses pas de danse sont uniques en leur genre. L’énergie est omniprésente. La folie communicative. Malheureusement, l’assistance est clairsemée. Motif : les fans de Malajube et Karkwa ont déjà déserté les lieux. Le début de leur set est tout à fait convaincant, la formation profitant au maximum du confort sonore de la Rotonde. Malheureusement, sur la longueur, il devient irritant. A cause des cris d’Annie-Claude. Noyé sous ses vociférations, il devient de plus en plus difficile de distinguer les morceaux. D’autant plus que la méconnaissance de leur répertoire ne facilite pas la tâche. Les fans d’électro punk semblent quand même avoir pris leur pied et s’être même amusés. Faut dire que le groupe communique et ne se prend pas trop au sérieux.

Des Nuits québécoises un peu décevantes, donc. Tout d’abord, parce que j’ai raté la prestation de Karkwa, assisté à un show brouillon de Malajube et n’ai dû me contenter que d’un set qui a surtout valu pour son originalité, en fin de soirée. C’est déjà ça !

Taï

Nuit Québec : Malajube + Karkwa + Dutchess Says

Organisation Botanique


Soirée placée sous le signe de l’electro-pop ce mardi 12 mai aux Nuits Botanique. Le chapiteau accueillait une valeur sûre du genre, Metronomy, ainsi que deux nouveaux espoirs : les Français de Naïve New Beaters et les Canadiens de We Are Wolves (NDR : cette review ne concerne que sur ces deux derniers).

Aussi bien habillés et coiffés que des stars du hard rock circa années ’80, les Français de Naïve New Beaters sont apparus sur la blogosphère il y a près d’un an en commettant leur tube « Bang Bang ». Depuis, ils errent sur les scènes d’Europe en quête d’attention. Ils sont, en tout cas, parvenus à conquérir celle des Belges, grâce à leur mélange de nu-rave, de pop électronique syncopée, d’un peu de rap et d’humour implacable. D’ailleurs, pour amuser la galerie, David Boring, l’interprète de la bande, effectue quelques pas de danse qui ne sont pas sans rappeler ceux de Lovefoxxx (CSS). Le dénommé EuroBelix, chargé de la table de mixage, délaisse très vite son ‘instrument’ pour aller rejoindre à son camarade. Le public ne le verra toucher à sa console qu’une toute petite vingtaine de fois, pour des réglages très mineurs. Pratique, la bande son ! Apparemment conquis, l’assistance réclame un rappel, obtenu au bout de quelques secondes. Le temps d’un dernier morceau extrait de leur premier opus, « Wallace », le trio s’emballe en se lance dans une nouvelle chorégraphie ridicule mais hilarante.

C’est ensuite au tour des Canadiens de We Are Wolves de monter sur scène. Le trio porte une sorte de panneau étrange au-dessus de la tête. Imaginez une tête de mort de couleur noire décorée de petits triangles (NDR : jaunes !) Un visuel intriguant. Et leur musique l’est tout autant. We Are Wolves pratique un post-punk aux accents electro, survolé d’un rien de noise. Que l’on y adhère ou pas, le moins que l’on puisse dire est que le combo ne manque pas d’énergie et de puissance. La même que l’on retrouve sur leurs elpees « Non-Stop Je Te Plie En Deux » et « Total Magique ». Le set, agrémenté d’un petit cours d’expressions québécoises, s’achève d’ailleurs sur leur single en français dans le texte, « Magique ». Sympa, sans plus.

Redouane Sbaï

We Are Wolves + Naïve New Beaters

Organisation : Botanique.

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Originellement programmé ce mardi 12 mai à la Rotonde, le phénomène francophone du moment, Cœur de Pirate, pousse les portes de l’Orangerie dans une salle comble et surchauffée.

Fille de la cyber-génération, Béatrice Martin fait partie de ces artistes qui ont bénéficié de l’explosion de la bulle internet. Les pionniers du genre étaient Arcade Fire et Clap Your Hands Say Yeah, faut-il vous le rappeler.

Phénomène hype/internet ou véritable artiste ? Il reste au « Jack Sparrow » du Saint-Laurent à démontrer son savoir-faire sur les planches. Qu’elle nous convie enfin à l’oubli salutaire de ce clonage inévitable de chanteuses québécoises gueulardes (Dion, Boulay, Lemay…) qui envahissent nos ondes et notre espace cathodique depuis trop longtemps.

A priori, le produit marketing tient la route. Un nom de scène ingénu, des textes (faussement) naïfs, une voix d’enfant, un visage d’ange. Des airs guillerets, libres et légers. Bienvenue dans le monde de Casimir !!! Cœur de Pirate véhicule désormais une image.

Etrangement, ce concept ingénieusement fleur-bleue fonctionne et touche le cœur des hommes et des femmes de 8 à 88 ans. Un vrai carton dès son arrivé dans l’Hexagone !!! Après un énorme buzz sur MySpace et une première partie de Benjamin Biolay aux Francofolies de Montréal, la jeune Canadienne de 19 ans signe sur le label indépendant québécois Grosse Boîte. Ensuite, très rapidement, chez Barclay/Universal Music France.  

Internet propulse souvent trop rapidement les jeunes artistes sur le devant de la scène. L’expérience se révèle parfois douloureuse. Rappelons-nous les New-yorkais de Clap Your Hands Say Yeah qui, après avoir sorti une galette de qualité, nous livraient des prestations scéniques vides d’expérience et assez médiocres. Cœur de Pirate passe l’épreuve avec brio.

21h00 pétantes, le cœur de Béatrice Martin s’ouvre sur le long du large dans une Orangerie pleine à craquer. Accompagnée du guitariste/violoniste Manu Ethier, elle nous offre 13 fleurs sonores dont deux nouvelles compos (« Place de la République » et « Loin d’ici »). Une heure de concert pour exposer son talent d’auteur-compositeur et de pianiste.

Grâce à ses chansons à fleur de peau qui pleurent en émotions et à un sentimentalisme habilement simpliste, Béatrice Martin parvient à transmettre à la perfection ce spleen doux-amer de l’adolescence qui habite chacun de nous. Une ivresse contagieuse de folie et de légèreté qui nous parle au corps. L’espace d’un instant, elle entrouvre à nouveau l’âge ambigu de l’entre-deux où s’entremêlent et se succèdent, parfois sans transition, des abîmes d’angoisse et cette peur de soi, des autres et du vide si caractéristique. Puis cette insoutenable légèreté de l’être, cette spontanéité irrésistible de l’enfance. Et ça fait mouche ! Redoutable profondeur de la frivolité ! 

Le concert est parsemé de longs intermèdes musicaux au cours de laquelle elle s’amuse à dialoguer avec le public. Sereine, elle se livre à un show interactif qui déride rapidement l’audience bruxelloise. Béatrice s’amuse sur un ton folâtre et espiègle à raconter le fil de sa vie sentimentale d’adolescente. Croquignolet mais, somme toute, fort peu passionnant. Elle donne davantage l’impression de meubler pour faire oublier son pauvre répertoire. Elle avouera d’ailleurs lors des rappels, avec beaucoup d’autodérision, qu’elle se trouve à court de morceaux. Le public surchauffé de l’Orangerie pressera le valeureux petit pirate qui avait prévu un seul rappel à braver la foule. Elle poussera maladroitement la chansonnette pour 3 reprises (« Umbrella » de Rihanna, « Les bords de mer » de Julien Doré et « I kissed the girl » de Katty Perry).

Après un gros buzz MySpace et un passage sur l’émission de Frédéric Taddeï (‘Ce soir ou jamais’ sur France 3), Loane se fait connaître du grand public et rentre très rapidement dans la grande famille des nouvelles chanteuses françaises (Pauline Croze, Ariane Moffatt, Camille, Karen Ann…) La jeune Parisienne sera ensuite signée sur EMI France.

La première partie s’ouvre sur un décor sobre au fond de scène drapé d’un tissu rouge face à une Orangerie bien garnie et réceptive. Loane, accompagnée du guitariste Philippe Bégin, nous livre une poésie touchante. Textes glamour et sulfureux. Néanmoins, une certaine redondance rend l’ensemble langoureusement ennuyeux. Il y manquait un petit supplément d’âme.

Eric Ferrante

Cœur de Pirate + Loane

Organisation Botanique



Franchement, à 20h20, je me demandais si je n’allais pas rebrousser chemin. A l’instar de Taï, votre serviteur était donc également englué dans ces fameux embouteillages. En fait, il s’agit surtout d’un manque de jugeote des responsables de l’infrastructure autoroutière flandrienne, puisque l’autoroute A8, dans le sens Tournai-Bruxelles, avait été purement et simplement fermée juste avant Bierghes ; et les véhicules étaient invités à prendre la sortie pour emprunter la nationale avant de remonter sur la voie rapide à hauteur de Halle (NDR : un bon conseil, si vous devez emprunter cet itinéraire, renseignez-vous !) Jusque là pas de quoi polémiquer. Par contre, il n’y avait pas le moindre panneau de signalisation pour prévenir cette situation. Pourquoi ne pas avoir pensé à les inviter, par exemple, à sortir plus tôt de cette autoroute. Sabotage ? Résultat des milliers de voitures et de camions se sont retrouvés agglutinés dans des kilomètres de bouchon (NDR : vitesse calculée 3km/heure). On se serait cru à hauteur de Vienne ou d’Orange en pleine période estivale, sur l’autoroute du Soleil, en France…

Finalement, la raison l’a emporté. La qualité et l’originalité du spectacle ont également poussé notre obstination ; et malgré le retard enregistré, nous ne l’avons pas regretté. Arrivée donc au Cirque Royal vers 20h55, pour assister à la seconde édition du ‘Babel Live : Music Unlimited’, un projet musical dépassant les catégories et mettant en musique tous espaces géographiques et toutes périodes confondues en une perspective originale et séduisante (NDR : c’est dans la bio !)

On débarque donc alors que les dix-neuf chanteurs du groupe vocal montois Les Rolandins interprètent une œuvre de Roland Lassus. On retient son souffle face à ces polyphonies, même la quarantaine de musiciens issus de territoires musicaux aux antipodes les uns des autres. Veence Hanao vient alors déclamer son slam intimiste, mais aussi réaliste que douloureux, sur le Quintette à deux violoncelles de Franz Schubert. Place ensuite au tango argentin d'Astor Piazzolla, voyage musical sensuel et chorégraphique opéré dans l'Argentine des années vingt, interprété par Delphine Gardin, la vocaliste de Moonson. C’est alors que va se produire un des moments les plus forts de la soirée. Le groupe britannique Tindersticks investit les lieux. Et la rencontre entre le baryton profond de Stuart Staples et l’orchestre symphonique, enrichi pour la circonstance d’un trompettiste qui se mue ensuite en saxophoniste, fait absolument merveille. Gustavo Beytelmann improvise au piano et soutient de nombreux artistes dont la chanteuse d'origine berbère et touareg Hindi Zahra. Sa voix chaude et orientale, métissée de jazz et de folk est soutenue par les accords en picking de son guitariste. Pour lier la sauce, le compositeur et interprète mexicain de musique électronique Murcof balance ses intermèdes atmosphériques. Et puis entre les deux plateaux, quatre musiciens –un guitariste, un accordéoniste et surtout deux percussionnistes, dont un xylophoniste– participent, suivant l’orientation de l’expression sonore, à la fête. Ce sont d’ailleurs ces deux derniers qui vont déclencher l’hilarité de la salle en nous accordant un combat de percus particulièrement original et explosif. Juste avant que l’on entre dans la phase la plus classique du concert. Sous la houlette de Jean-Paul Dessy, l’orchestre va se lancer dans une interprétation du Concerto Brandebourgeois n°5, Premier mouvement de Jean-Sébastien Bach, absolument vertigineuse. Au beau milieu, la claveciniste japonaise Momoyo Kokubu, va nous donner un aperçu de son talent, avant de rejoindre l’Ensemble Musiques Nouvelles pour participer à ce final grandiose, en y apportant son concours sur un clavier aux sonorités insolites. Standing ovation ! Et franchement, c’est amplement mérité.

Un regret, n’avoir pu assister à l’ensemble de ce concert. La prochaine fois, on prendra le train. Si la SNCB n’est pas en grève…

Flashback : en 1998, Daniel Schell avait déjà mis sur pied un spectacle destiné à supprimer les barrières entre les différents styles musicaux : le ‘Clic music festival’. Sous une forme plus minimaliste, c’est vrai ; plus proche de la musique de chambre, de la world et du jazz, il faut le reconnaitre. D’accord, à cette époque, il y avait plus de monde sur les planches que dans la salle ; mais l’expérience tentée méritait d’être rappelée. Et quelque part ce ‘Babel Live : Music Unlimited’ en est un prolongement idéologique. Seule différence, mais elle est de taille, la formule fonctionne. A cet égard, on ne peut que féliciter tous les acteurs de ce projet qui a dû exiger un travail colossal pour aboutir à un tel résultat. Proficiat !

Babel Live : Music Unlimited

Bernard Dagnies

Org : une coproduction de l'Ensemble Musiques Nouvelles, de Musiq'3 et du Botanique.

(Voir également notre section photos)

 

 

Art Brut

Art Brut vs Satan

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Deux ans après concocté « It’s a bit complicated », un album mi-figue mi-raisin, Art Brut nous propose « Art Brut vs Satan » ; et manifestement, le quatuor anglais semble avoir retrouvé leur fougue originelle. Mais si ce groupe est parvenu à résister à l’épreuve du temps (la formation est née en 2003), il le doit à la présence de son chanteur charismatique Eddie Argos. Trop de vocalistes insulaires chantent de la même manière. Et souvent d’un timbre cristallin, modelé après de longues heures de mixage. Ce n’est pas le cas d’Eddie. Le sien est naturel ; et il en assume les limites qui peuvent parfois se révéler discordantes, comme sur « Slap dash for no cash » ou encore « Twist and Shout ». A dire vrai, il ne chante pas, il scande ses textes en ne cachant pas son accent typiquement britannique. Et c’est ce qui en fait son charme. En outre, Argos aborde dans ses lyrics, les problèmes de tous les jours. Les siens et puis ceux de celles ou ceux qui l’entourent. Des morceaux de sa vie, de nos vies. Simplement, en y apportant sa touche d’humour personnelle. Qui ne s’est jamais réveillé avec une cuite mémorable en se demandant ce qui lui était arrivé la veille ? « Alcoholics Unanimous » nous le rappelle. Trouver un job d’étudiant en ces temps de crise, n’est pas une sinécure. « Summer job » s’en soucie. Et en final, au cours duquel le groupe élabore un formidable crescendo de plus de sept minutes, « Mysterious Bruises » se souvient d’une nouvelle nuit agitée d’Argos.

« Art Brut vs Satan » a été enregistré en à peine deux semaines sous la houlette de Frank Black. L’ex-Pixies les a emmenés au sein de ses propres studios, dans l’Oregon. Chaque titre est un tube potentiel. A travers son punk-rock, Art Brut ne cherche certainement pas à révolutionner la face du monde, mais tout simplement à prendre son pied et à inviter ses aficionados à faire de même, sans se soucier du reste.

 

Catfish Haven

Devastator

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Originaire de Chicago, Catfish Haven est un groupe pratiquant un rock à l’ancienne, mâtiné de touches de blues et de soul. La grosse voix rocailleuse de George Hunter domine ce troisième album apparemment inspiré par une histoire d’amour vécue en compagnie d’une certaine Valerie. Ce « Devastator » lui est d’ailleurs dédié. Un opus découpé en une douzaine de titres pas tellement mémorables dont l’originalité n’est pas le point fort ; mais des compos qui ont le mérite de la sincérité. Mais cette sincérité ne suffit pas, car le temps semble s’allonger à l’écoute de ces plages un peu monotones, surtout lors des ballades tire-larmes. L’écoute est plus agréable lorsque le tempo s’emballe ; le son rêche et l’énergie permettant à l’ensemble de ne pas sombrer dans la ringardise absolue. On conseillera donc cet elpee aux fans de photos de lingerie (allez voir la pochette), de Lynyrd Skynyrd ou encore de My Morning Jacket.

 

Condo Fucks

Fuckbook

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Sur le boîtier du compact, un autocollant annonce déjà la couleur : ‘This is not the new Yo La Tengo album’. Histoire de tempérer la bonne blague de potache causée par ce disque, Matador tient quand même à rassurer les fans du trio américain. Ce brûlot punk d’une demi-heure n’est donc pas le nouvel album de Yo La Tengo, mais une petite récréation sans prétention. On est loin du son habituellement cotonneux et hypnotique auquel les gaillard(e)s nous ont habitués. Ils se collent ici à une série de reprises (Richard Hell, Small Faces, Troggs, les Kinks…) entre punk et pop garage, jouées live (le son est très brut), toutes guitares devant et les voix noyées dans le malstrom sonore. On imagine que l’ambiance du CBGB dans les années 70 devait un peu ressembler à ça : beaucoup d’énergie, de bruit et une certaine naïveté musicale propre au courant punk. Le choix des morceaux est impeccable, mais ce disque insolite risque de ne pas intéresser grand monde, si ce n’est les fans du groupe curieux de découvrir leur groupe préféré sous une formule inhabituellement potache et foutraque.

 

Depeche Mode

Sounds Of The Universe

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‘Iuventus stultorum magister’. Ceux qui imaginaient Dave Gahan et sa bande égarés dans les méandres des courants musicaux, victimes d’une jeunesse sans cesse exploratrice, « Sounds Of The Universe » vient de leur tendre un vilain croche-pied. Ceux qui soupçonnaient le trio Gore / Gahan / Fletcher en panne d’inspiration, cette plaque va leur clouer le bec, et la tête, alouette. « Sounds Of The Universe » est certainement l’album le plus attendu de 2009. Plus ou moins quatre ans après avoir commis le sulfureux « Playing The Angel », on se demandait où nous conduirait le douzième opus studio du groupe de Basildon. A vrai dire, après avoir écouté ce disque, on ne sait pas encore très bien où l’on va ; mais les murs de la pièce au milieu de laquelle on est précipité, sont capitonnés et sombres.

Un certain esprit revivaliste hanterait-il « In Chains », le morceau d’ouverture ? Une chose est sûre, ces sept minutes capiteuses qui ouvrent le bal sont susceptibles de vous communiquer une chair de poule fort agréable. Après cette expérience dermatologique, difficile de ne pas succomber au déjà incontournable « Wrong » ainsi qu’à « Hole To Feed », un des trois morceaux signés par Gahan ; Martin Gore ayant toléré une fois de plus, mais au compte-gouttes, les compositions de Dave. Intemporels, ces treize morceaux sont autant de parts de gâteau empoisonnées ; mais que l’on se ressert paradoxalement avec un appétit féroce. Toujours en avance sur le temps et les modes, les musiciens de Depeche Mode nous démontrent ici une fois de plus qu’ils sont les rois des studios. Si la relation DM / Ben Hillier n’est pas innocente en terme de résultat, on ne peut que marquer son respect vis-à-vis de « Sounds Of The Universe ». Même si les arrangements sont carrément époustouflants et que les mains de Hillier ont traduit ce que les consoles voulaient exprimer, l’honneur revient indéniablement au trio britannique, fervents laborantins du son depuis 28 ans déjà !

 

Rick Derringer

Knighted by the blues

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Aujourd'hui sexagénaire, Rick Derringer, de son véritable nom Richard Zehringer, a connu la fortune à l'âge de 17 ans. En décrochant un numéro 1, en 1965. Grâce au "Hang on sloopy" des McCoys. Il succédait alors au sommet des hit-parades, à l’incontournable "Yesterday" des Beatles! Il se forge une certaine notoriété au tout début des 70s, comme deuxième guitariste du Texan albinos, Johnny Winter. Ensemble, ils vont accorder des shows rock'n'roll et blues torrides que plus personne ne parviendra à égaler. C'est d’ailleurs Rick qui a composé le succès de Winter, "Rock'n'roll hoochie koo". En 1971. Il passe ensuite chez White Trash, la formation du frangin Edgar Winter, avant de se lancer dans une carrière en solitaire. Qui ne décollera vraiment qu’en 1993. Lorsqu’il signe sur le label Shrapnel. Et enregistre successivement les albums "Back to the blues", "Electra blues", "Blues Deluxe" et "Jackhammer blues". En 2001, il décide de monter D.B.A. (Derringer, Bogert & Appice) une section rythmique performante, dans l’esprit de ce que Jeff Beck avait créé bien avant lui. La suite de ses aventures musicales est plus intimiste et surtout religieuse, impliquant son épouse Jenda. Mais chassez le caractère et il revient au galop ; car notre Rick vient d’opérer un nouveau retour au blues. Et c’est une bonne nouvelle. Pour ce nouveau projet, il a reçu le concours de deux frères, Dave, aux drums et Ron Reinhardt aux claviers. Rick se charge des parties de guitare, de basse, du chant et aussi de la production.

L’elpee s’ouvre en force par "The mess around", une cover du regretté Ahmet Ertegun, fondateur et ex-boss du label Atlantic. Rick n'a rien perdu de ses qualités de gratteur. Ses interventions sont aussi limpides qu’efficaces. Ses inflexions vocales sont déterminées mais manquent de charisme. Soutenu par une rythmique menaçante, "Sometimes" nous rappelle qu’il a été un adepte du rockin' blues aux accents hard. Il prend cependant bien soin de ne pas tomber dans les excès du métal. "Give me some money" et "Time to go" sont des blues rock classiques et très efficaces. Instinctivement, Rick est susceptible de prendre un billet de sortie, afin de démontrer toute l’étendue et la versatilité de son registre. Derringer n'a retenu que deux reprises pour cet elpee. Tout d’abord "If 6 was 9", une composition de Jimi Hendrix datant de 1968 qui figurait sur le long playing "Axis : Bold as love". Manifestement une de ses idoles. Il y reproduit parfaitement les dérives psychédéliques de son maître. Un voyage sur les cordes tout à fait convaincant. Le titre maître (NDR : traduction ‘Fait chevalier par le blues’) campe un riff classique proche du "Help me" de Sonny Boy Williamson. Les vocaux sont empreints de douceur. Face à l'orgue Hammond, les cordes sont délicatement et subtilement ciselées. Il a écrit "Jenda" pour sa tendre épouse. Une plage directement inspirée par le grand Albert King. Plage instrumentale, "Cat on a hot tin roof" est couvert d’accents jazzyfiants. Ce qui permet à Rick d’étaler la subtilité et la vivacité de sa technique. "My gals kinda crazy" est un slow blues de circonstance. Très électrique, à première écoute conventionnel, il se révèle quand même un rien déjanté, comme se le permettrait Buddy Guy. L’elpee s’achève dans une ambiance cabaret, satinée et mélodieuse. Une autre plage lente empruntée à Ray Charles et intitulée "Funny I still love you". Sans grande surprise, cet opus est néanmoins de toute bonne facture…

 

Doves

Kingdom Of Rust

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Quatre années se sont écoulées entre la sortie de « Some Cities », le troisième opus de Doves, et ce « Kingdom Of Rust ». Quatre longues années. Même s’il passe plutôt inaperçu de ce côté de la Manche, le trio a jusqu’ici toujours tapé dans le mille et ce nouvel elpee ne fait pas exception à la règle. Depuis « Lost Souls », une première œuvre parfaite publiée en 2000, les Mancuniens ont toujours exécuté un travail impeccable, si bien que la discrétion de leur succès en devient frustrante. Car Doves est l’une de ces formations qui transporte l’auditeur de la première à la dernière note et l’envoie délicatement virevolter au-delà de la grisaille.

Pour « Kingdom Of Rust », les Doves ont effectué un véritable travail d’orfèvre. S’en dégage des mélodies pures (ce « Spellbound »!), recherchées (« Jetstream », « House Of Mirrors ») et, parfois, surprenantes (« Compulsion », « 10:03 »). Une nouvelle fois, le trio exécute un sans faute. A l’heure où le « The Seldom Seen Kid » de Elbow fait un carton plein, il n’y a aucune raison que ce « Kingdom Of Rust », qui s’inscrit dans la même veine, ne suive pas le même chemin. Pour y parvenir, peut-être faudrait-il aux trois talentueux gaillards une approche marketing un peu plus agressive…

Ian Gillan

One Eye to Morocco

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Ian Gillan demeure un éternel insatiable. Toujours charismatique, il s’impose un break entre deux tournées de Deep Purple, et nous offre un album solo pour le moins éclectique. Celui qui fait partie des légendes du hard rock seventies, au même titre que Sabbath et Led Zep, reste une référence pour bon nombre de nouveaux combos en revendiquant l’influence de ces monuments du rock lourd. En concoctant « One Eye to Morocco », Gillan s’éloigne bien judicieusement des racines purpleliennes et nous balance douze titres entre rock bluesy et pop exotique, lui permettant de chanter dans des registres différents. Mais son timbre de voix est immédiatement identifiable et il faut bien reconnaître que notre homme, contrairement à un Coverdale en déliquescence, a gardé toutes ses capacités vocales. Mais après avoir écouté cet elpee, on se demande où il veut en venir.

Taillé pour les ondes, le titre maître est imprimé sur un mid tempo sympathique et emprunte un refrain forcément ensoleillé. « No Lotion for That » semble plus rock, mais il faut attendre la plage suivante, « Don’t stop », pour enfin taper du pied. A cause du fameux jeu de congas dispensé par le chanteur de Deep Purple. Mais on reste perplexe. Souvent mélancolique, parfois dansante, l’œuvre ne tarde pas à nous faire tomber dans un ennui profond et à nous faire regretter le Gillan de « Toolbox », de « Dreamcatcher » et surtout de l’incontournable « Glory Road », son chef d’œuvre (solo) absolu sorti en pleine New Wave of British Heavy Metal au début des eighties. Certes Mr. Gillan a voulu se faire plaisir et il est vrai que l’homme n’a plus rien à prouver. Et devant la légendaire humilité de ce grand personnage il serait indécent de baver sur sa production et de faire la fine bouche. En conclusion, « One Eye to Morocco » n’est pas un album séduisant ni irrésistible ; le résultat est même mitigé. Mais il possède au moins le pouvoir de nous faire prendre conscience de l’immense talent vocal d’un chanteur dont on parlera encore lorsque les membres de Tokyo Hotel rejoindront la maison de retraite.

 

The Living End

White Noise

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Enormissime dans sa natale Australie, The Living End digère autant l’influence des Clash que des Stray Cats ou d’AC/DC. « White Noise » constitue un excellent cinquième chapitre dans une discographie pour le moins inégale. Plus punk rock que metal, The Living End enchantera davantage les oreilles des fans de Green Day et de Alter Bridge que celles des fidèles de Rose Tatoo et de Angel City, autres pointures graisseuse du pays des kangourous. Mixé par le célèbre Brendan O’Brien, coupable du son gigantesque du dernier AC/DC et autre Pearl Jam, « The Living End » s’inscrit dans la veine des groupes punk/garage qui possèdent le sens de la diversité et un côté accrocheur plutôt prononcé. Vous avez dit commercial ? Peut-être sur ses terres, mais en Europe, le combo n’est pas encore arrivé à décrocher le moindre hit. Pourtant, « White Noise » recèle quelques tubes potentiels. Le combo s’exprime de bien des façons ; tantôt agressif « Waiting for the Silence », parfois sirupeux « Make the Call », et histoire de faire bien les choses, un solide clin d’œil à AC/DC lors de l’intro d’un « Loaded Gun » calquée sur le fameux « Thundestruck » du célébrissime groupe des frères Young. On relèvera également la présence de « Sums like Us », une plage bouclant cette sympathique galette sur des tonalités pop-rock et surtout dub-reggae. The Living End s’offre ici un opus pas prétentieux pour un sou, mais susceptible de devenir un classique du rock pour les moins de vingt ans !

Maxïmo Park

Quicken The Heart

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Maxïmo Park nous vient du Nord-est de l’Angleterre. De Newcastle, très exactement. C’est-à-dire le fief d’Alan Shearer. Né en l’an 2000, son patronyme est inspiré du Maximo Gomez Park de La Havane à Cuba. Un lieu de rencontre entre révolutionnaires cubains. Leur musique n’a, elle, rien de révolutionnaire ; mais possède en elle l’étincelle nécessaire pour mettre le feu aux poudres… Pour la petite histoire, Paul Smith a été découvert dans un bar par la petite amie du batteur, Tom English, alors qu’il chantait "Superstition" de Stevie Wonder. Cette rencontre sera le véritable point de départ du groupe ! Un de leurs potes finance les 300 exemplaires de leur 7 inches (NDR : un vinyle !) En furetant, du côté de Fenham, Steve Beckett, un des responsables du label de musique électro Warp, tombe sur le disque. Epaté et probablement sevré de guitares au sein de son écurie, il décide de les signer.

En 2005, le groupe commence à jouir d’une certaine notoriété dans le monde indie-rock. Et pour cause, leur premier album, « A Certain Trigger », est bien reçu par la critique. Certains magazines n’hésitent d’ailleurs pas à le considérer comme une des meilleures sorties de l’année. Produit par Paul Epworth (Babyshambles et Bloc Party !), ce coup d’essai est transformé en coup de maître. L’elpee est même nominé pour le prestigieux Mercury Prize. Quoique d’honnête facture, leur deuxième opus, « Our Earthly Pleasures » est une petite déception. Paru en 2007, il passe même presque inaperçu… 

En engageant cette formation d’Art-rock, Warp avait surpris beaucoup d’observateurs. Et les mauvaises langues parlaient déjà de ‘One shot’. Mais sur ce coup, Steve Beckett a eu le nez creux ; car le groupe ne le décevra pas une nouvelle fois. « Quicken The Heart » est à mes yeux leur album le plus réussi et le mieux inspiré. Maxïmo Park suivrait-il un chemin parallèle à leurs confrères de The Rakes ? C’est une question que l’on peut se poser. Car sur ce disque, la bande à Paul Smith a retrouvé la pêche ! Bien acérés et angulaires comme chez Gang Of Four, les riffs de guitare font mouche. Les chœurs sont contagieux. Sculptés dans le post punk, les morceaux sont entraînants et dansants.

« Wraithlike » est paru en single. Un morceau irrésistible, au cours duquel, le groupe joue le pied au plancher dès les premières notes. Et la sirène est sans doute présente pour nous avertir du danger. Danger du refrain irradiant « Cloud Of Mystery », dont il est quasi-impossible d’effacer de votre mémoire avant lavage de cerveau. « Calm » est, selon le groupe, leur chanson la plus triste jamais écrite à ce jour. Disons mélancolique, mais surtout bien ficelée. J’épinglerai encore le morceau très cool « The Penultimate Clinch » ainsi que l’autre single « The Kids Are Sick Again », caractérisé par sa belle intro atmosphérique. Sans oublier « I Haven’t Seen Her In Ages », profilé sur une ligne de basse très dansante. « In Another World » également. Une plage sur laquelle on reconnaît la patte du producteur Nick Launay (Talking Heads, Yeah Yeah Yeahs), sur la rythmique. Et enfin, tout au long de « Let’s Get Clinical ». A cause des lyrics à la fois recherchés et drôles. Un humour qu’on retrouve d’ailleurs à travers l’ensemble des lyrics. Un chouette elpee, même si en fin de parcours, l’une ou l’autre compo est moins percutante voire même dispensable.

Maxïmo Park est une formation injustement méconnue chez nous. Et passer à côté de « Quicken The Heart », leur troisième album, serait une injustice. Dois-je vous rappeler ce qu’il vous reste à faire ?

Peaches

I Feel Cream

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La subtilité n’a jamais été le point fort de Merrill Nisker, plus connue sous le nom de Peaches. Mais à 40 ans, la provocante grande gueule semble vouloir changer la donne. La Canadienne a donc gentiment nettoyé devant sa porte, placé ses textes interdits aux moins de 16 ans sous scellés et soigneusement rangé sa collection de guitares au placard. Afin d’inaugurer son salon désormais immaculé et son nouveau départ, Peaches a donc organisé une petite pendaison de crémaillère, l’occasion d’un petit bœuf ‘en famille’. Et quelle famille ! Soulwax, Digitalism, Simian Mobile Disco, Drums Of Death, Shonda K (Yo Majesty) et Gonzales ont tous répondu positivement à l’invitation de la demoiselle.

« I Feel Cream », le résultat de cette petite réunion, est probablement le meilleur ouvrage de Peaches à ce jour. Portée par le single « Talk To me » (produit par les frères Dewaele), la plaque est manifestement taillée pour les dancefloors, de son hypnotique titre-maître (coécrit par Simian Mobile Disco et Drums Of Death) aux énormes « Mommy Complex » (Digitalism) et « Relax ». A mi-parcours, Peaches s’entretient avec sa pote Shonda K sur un « Billionaire » aux accents hip-hop qui, étonnamment, ne dénote pas de cette œuvre 100% electro. « I feel Cream » ou comment passer de l’electro-clash à l’electro-classe en une leçon.

 

The Phantom Limbs

Accept The Juice / Whole Loto Love (Cd + Dvd)

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Cinq ans après la fermeture de leur petit théâtre des horreurs, les énigmatiques Phantom Limbs nous reviennent sous la forme d’une compilation Dd / Dvd, histoire de calmer sans doute Jelio Biafra qui n’a de cesse d’hurler à propos du groupe et de leur dissolution : ‘For crying out loud, wake up, people! Look what you missed!’ Pour celles et ceux qui ne connaissent absolument pas l’univers déjanté des Américains, ce disque constitue une belle occasion de pallier à cette lacune.

Véritable ramassis de sonorités punk et gothiques, cet opus est susceptible de faire frémir les plus ‘dark’ d’entre nous. Il se concentre sur la période sise entre 1999 à 2004, années fastes pour le groupe. Au sein d’un univers semblable à un cabaret, l’inimitable Loto Ball et sa bande inoculent leur parfum maléfique en 19 actes. Possédé et complètement schizophrène, Loto Ball joue un rôle semblable à celui du maître de cérémonie Dr Frank-N-Furter, campé par Tim Curry dans « The Rocky Horror Picture Show ». Androgyne vicieux et macabre, Ball n’hésitera pas à vous planter un coup de couteau entre les omoplates, dès que vous aurez tourné le dos ; et ce, avec la plus grande désinvolture.

Les prestations scéniques immortalisées sur le Dvd corroborent ce point de vue. Peinturluré et vêtu de bas et jarretelles, cet énergumène vient pimenter le tableau en se démantibulant comme s’il était hanté par on ne sait quel vampire. Boosté aux substances les plus acides, il vocifère dans un micro ses textes maudits. Il incarne même l’essence du dérangeant et du mal-être. « Accept The Juice  / Whole Loto Love » est le dernier cadeau à offrir à sa maman ; car elle n’aurait de cesse de prier pour votre âme, la pauvre. On espère juste aussi que Biafra se consolera un jour.

 

Stinking Lizaveta

Sacrifice and Bliss

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Originaire de Philadelphie, Stinking Lizaveta évolue sous la forme d’un trio. Mais pas n’importe quel trio ! Le combo se distingue en substituant un bassiste à un contrebassiste et un batteur à une batteuse ! Plutôt insolite dans un groupe de metal. Complètement décalé, l’ensemble surprend par ses atmosphères jazzy, doom et psyché. Mais l’absence de chant constitue un sérieux obstacle pour apprivoiser totalement ce « Sacrifice and Bliss » qui devient sérieusement ennuyeux après 10 minutes d’audition. Il serait inopportun de ne pas rendre justice au savoir-faire du virtuose Yanni Papadopoulos, dont le principal mérite est de ne jamais sombrer dans les clichés ringards du guitar-hero qui en fait des tonnes. On épinglera la pertinence des breaks, parfaitement en place, sur « Trouble Mountain » et « We will See », un intermède acoustique plutôt réussi ; mais l’ensemble reste terriblement linéaire et la production approximative. L’esprit évoque un peu Karma To Burn, mais on est loin du génie de ce groupe culte, un des rares metal band qui soit parvenu à signer des pièces totalement instrumentales d’anthologie. Cet elpee éponyme de Stinking Lizaveta s’avère donc plutôt dispensable.

Various Artists

Ibérico Jazz : Las producciones de Antoliano Toldos 1967/1972

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Producteur, Antoliano Toldos avait pris le pari fou de fonder un label de jazz dans une Espagne encore franquiste. De 1967 à 1972, le label Calandria a donc aligné des singles de jazz funk qui n’ont rien à envier aux disques qui sortaient chez les géants américains comme Verve et, dans une moindre mesure, Blue Note. Les treize morceaux réunis sur cet opus émanent de six formations différentes dont le groupe de Toldos, logiquement baptisé Toldos y su Grupo. Le menu est simple : un mélange d’instruments acoustiques et électriques où la batterie et les percussions tiennent le haut du pavé. La qualité sonore est irréprochable ; et, même si elles ne se démarquent en rien de leurs illustres modèles, ces improvisations endiablées et funky plairont aux fans de Wes Montgomery, Jimmy Smith, Cannonball Adderley ou encore Julian ‘Cannonball’ Adderley.

Robert Wyatt

Rock Bottom

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Juin 1973, alors qu’il prépare un troisième elpee de Matching Mole en compagnie du saxophoniste britannique Gary Windo, Robert Wyatt, complètement ivre, tombe de la fenêtre du quatrième étage d’un immeuble, au beau milieu d’une fête. Il se brise la colonne vertébrale et ne s’en relèvera que paraplégique. Un drummer qui se retrouve dans une chaise roulante, c’est plutôt galère. Et pourtant, sa carrière musicale ne sera pas brisée, mais va se transfigurer. Au cours des six mois d’hospitalisation, il écrit et compose son second opus solo (NDR : en fait pas tout à fait, puisque certaines chansons avaient déjà été imaginées, lors d’un voyage à Venise). Littéraire, « Rock bottom » est consacré en France par l’Académie Charles Cros. Pour concocter ce disque, Wyatt a notamment bénéficié du concours de Hugh Hopper, Richard Sinclair, Gary Windo, Fred Frith, Mongezi Feza (un trompettiste sud-africain) et Mike Oldfield. Ainsi que de Nick Mason, le drummer du Pink Floyd, à la mise en forme. Sans oublier son épouse, l’artiste-peintre Alfreda Benge (NDR : à partir de cette époque, c’est elle qui va se charger de dessiner toutes les pochettes) aux vocaux sur « Alfie ». Le Floyd est alors parvenu à récolter la somme de 10 000 £ en organisant un benefit concert afin que Bob puisse sortir ce disque. Douloureusement personnalisée, cette œuvre affiche une profondeur exemplaire, musicalement inimitable. Prouesses vocales, avalanches de cuivres, cet opus chargé de mélancolie, plongé dans une atmosphère claustrophobe, mentale, mérite assurément de figurer au panthéon des œuvres d’exception. Et pas seulement parce qu’il va influencer une multitude d’artistes et de groupes, pendant plusieurs décennies. Album ‘phare’ de la décennie, « Rock Bottom » mérite assurément de figurer parmi les albums-culte de l’histoire du rock… (Réédition album paru initialement en 1974)

Kazumasa Hashimoto

Tokyo Sonata Original Soundtrack

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Un mellotron, des notes éparses de piano, des ‘drones’ électroniques, quelques cuivres, une reprise du “Clair de lune” de Debussy... Ces quelques éléments constituent la bande son minérale et fascinante composée par Kazumasa Hashimoto pour illustrer les images de « Tokyo Sonata ». Un film de Kiyoshi Kurosawa qui a reçu le prix du jury dans la section ‘un certain regard’ du festival de Cannes 2008.

Il est rare d’accrocher à une musique de film sans l’avoir visionné préalablement ; mais c’est le cas ici. La musique mystérieuse de Hashimoto recèle un pouvoir de fascination tel que l’écoute de ce disque s’apprécie et se goûte indépendamment des images. Les 22 thèmes (dont plusieurs versions du principal) illustrent à merveille la quête d’une famille à la recherche d’une unité perdue. Mélodieuse et expérimentale à la fois, mélancolique et apaisée, cette belle partition devrait ravir les amateurs de musique classique contemporaine. A découvrir!

 

Hot Cocktail !

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Le dangereux gang londonien des Dub Pistols est de retour !

« Ganja », un premier extrait de leur futur opus, est sur leur MySpace : http://www.myspace.com/thedubpistols alors que le clip de « Back To Daylight » est visible sur Dailymotion http://www.dailymotion.com/video/k7rUrVKbqFBUK311HhG.

Une manière judicieuse pour faire patienter les aficionados du groupe, car l’album qui s’intitulera « Rum & Coke » ne paraîtra que le 2 juin. D’après les infos reçues, leur musique ne devrait pas trop s’éloigner de son style originel, c’est-à-dire un cocktail explosif d’électro, de dub, de reggae, de calypso, de ska et de hip-hop…

Tracklisting

1. Back To Daylight feat Ashley Slater 
2. I'm In Love feat Lindy Layton & Rodney 
3. Everyday Stranger feat Ashley Slater & T.K. Lawrence 
4. Revitalise feat T.K. Lawrence 
5. Ganja feat Rodney P 
6. She Moves feat T.K. Lawrence 
7. Peace of Mind feat Red Star Lion & Rodney P 
8. Keep The Fire Burning feat Justin Robertson 
9. Six Months feat Gregory Isaacs & Rodney P 
10. Song For Summer feat Ashley Slater 

Pour plus d’infos : http://merchandized.co.uk


 

 

Robert Wyatt

Old Rottenhat

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En 1985, Robert Wyatt édite “Old Rottenhat” un disque enregistré pratiquement seul. Minimaliste, cet opus est partagé entre claviers, quelques percus, une boîte à rythmes et sa voix. Un disque de toute beauté qui va complètement passer inaperçu. Dédié à Michaël Bettany, un ouvrier anglais accusé d’avoir fourni des informations au bloc de l’Est, cette œuvre dénonce les injustices sociales de notre monde industrialisé, fustige l’inconscience de l’homme, soulève la question de la liberté individuelle, condamne le capitalisme, désavoue l’impérialisme anglais et américain ; sans oublier de remettre en question le modèle de la société de consommation. Rien de neuf à l’horizon côté philosophie, puisque Robert ne fait que retaper sur le même clou depuis son adhésion au parti communiste. Mais le plus intéressant procède du contenu musical à la fois dépouillé et atmosphérique, sculpté dans des mélodies aussi douces qu’onctueuses, sur lequel il vient poser son falsetto douloureux, fragile et spectral. Un disque bouleversant, proche de l’envoûtement… (Réédition album paru initialement en 1985)