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Starfish Bowl

Dopamine

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Starfish Bowl nous vient des Pays-Bas. Un quartet drivé par le chanteur Marcel Tinnemans, au sein duquel militent le guitariste Peter Thommassen, le bassiste Martijn Linsen et le drummer Rick Bours. Leur premier opus, "Transpotting", est paru en 2000. Un disque bourré de groove qui évoluait dans un style psyché funk. Edité en 2003, "Open up" réalise plutôt une fusion entre le transe blues et la musique de film. Celle de Tarentino, pour être plus précis. A l’issue des sessions d’enregistrement, l'harmoniciste Maikel Van Bogget quitte ses compagnons. En 2005, le combo concocte "All people", un disque qui émarge au psyché funk blues. "Dopamine" constitue donc leur tout nouvel elpee. Et sur la pochette, on peut y lire : ‘A classer Non Blues’!

"City of lights" ouvre le long playing. Un rock blues bien carré et très accessible. Les vocaux sont bien mis en évidence. La guitare colle bien à l'ensemble. "Mr Madness" est tout aussi accessible, même si les cordes sont davantage mises en exergue. Elles se dédoublent constamment afin d’enrichir l'univers sonore sculpté dans un hard rock très bluesy. "Like dopamine" n'est pas tout à fait une invitation au voyage ; mais cette plage est susceptible de rappeler les 'nuggets', de brèves chansons psyché pop qui ont marqué les sixties. En outre, ce titre est tout à fait contagieux. Certains morceaux affichent une recherche instrumentale certaine. Manifestement, l’excellente production n’y est pas étrangère. Et je pense tout particulièrement à "Sunshine 777" et "Don't you wonder", deux fragments au cours duquel la guitare se révèle incisive et de plus en plus aventureuse. Les sonorités acoustiques qui amorcent "Hats off to Jim" me rappellent celles que prodiguait Steve Howe, chez Yes, au cours des seventies. Le résultat est même excellent. Et dans un style prog, "Odessa shotre" est nappé de claviers ; un peu comme si Rick Wakeman du même Yes s'était joint à l'ensemble. Instrumental, "Conflicts" nous entraîne dans un univers plus futuriste, voire ‘space rock’, quelque part entre Hawkwind et les Tornadoes. Au fil du sillon, les compos prennent davantage d’épaisseur. Pour atteindre même leur quintessence sur "Cold blooded murder", une longue épopée ténébreuse…

Taliesyn

Taliesyn

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De toute évidence, les membres du groupe Taliesyn ont dû écouter en boucle les albums d’Ange et de son mentor Christian Descamps pour enregistrer un elpee de cette trempe. Le quatuor belge vient en tout cas de sortir un premier opus éponyme recelant toutes les qualités pour charmer les amateurs de prog ‘à la française’.

Fin 2005, le combo signe un contrat de coproduction chez Rox Records, la maison bruxelloise dirigée par le tandem Guccio/De Greef (Machiavel). Dix titres on été mis en boîte au studio Hautregard de Battice ; et c’est aujourd’hui le célèbre label prog Musea qui assure la distribution de cette première plaque aux accents médiévaux.

Théâtral et emphatique, « Taliesyn » aborde des thèmes décalés sur une structure musicale complexe, caractérisée par le son divin de l’orgue Hammond, mais aussi tapissée de chœurs et accessoirement balayée d’interventions de flûte et de cordes. Des titres comme « Le Dragon », « L’homme aux Sandales », « Sorcières » ou « Les galériens » reproduisent indéniablement l’ambiance mystérieuse, tantôt tragique, tantôt comique, de « Au-delà du Délire », chef-d’œuvre incontestable du père Descamps et de ses laquais d’Ange. Ici encore, les paroles s’enchaînent et coulent paisiblement. Si les lyrics baignent au sein d’un univers de contes et de légendes, ils ne sont pas toujours aussi inoffensifs qu’ils n’y paraissent. Quant à la musique, elle s’inspire autant du rock que du jazz, trahissant même des accents empruntés à la Renaissance. Le tout est enrichi de trouvailles absolument ingénieuses au niveau des arrangements. A l’heure où vous lirez ces lignes, les titres du deuxième CD de Taliesyn seront probablement déjà enregistrés. Un concert au Spirit ou à l’Auberge de jeunesse de Tournai ne serait pas pour nous déplaire.

 

Big Low

The junction of the two rivers

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Pratiquant de la roots music, Big Low est un trio établi aux Pays-Bas. Sa musique est essentiellement exécutée à l'aide d'instruments acoustiques, très souvent insolites. Dan Tuffy en est le leader. D’origine galloise, il a résidé de nombreuses années en Tasmanie pour y étudier la botanique. Ce qui ne l’a pas empêché de s’immiscer au sein de la scène musicale locale et de former les Wild Pumpkins At Midnight. Il y a quelques années, il a décidé de revenir sur le Vieux Continent. En compagnie de sa femme et ses deux enfants. Et de vivre chez nos voisins du Nord. Toujours contaminé par la musique, il fonde Big Low. Dan joue de la guitare acoustique, électrique, du banjo/basse et chante. Marc Constandse du bandoneon, des percus (NDR : conventionnelles ou pas). Et Michiel Hollanders se focalise sur la guitare resonator, le velophone, la scie et les bidouillages. Dépouillé mais atmosphérique, l’essentiel de leur répertoire est issu de leur plume.

"I won't let you down" nous invite à pénétrer dans un monde étrange. Le vélophone de Michiel entretient ce climat. Dan se réserve les vocaux, tout en tapant du pied. Une scie à bois propage quelques bruitages. On est en plein minimalisme. Susurrés, les mots de "Brother Joe" sont empreints d’une grande sensibilité. Le vélophone apporte une touche résolument orientale. Marc opère son entrée pour "Hang on to that last ray oh hope". Le tempo accélère. Le climat y est davantage optimiste et serein. « The junction of the two rivers » baigne au sein d’une atmosphère étrange. Un climat idéal pour disserter de la philosophie existentielle et de l’esprit humain. Parfois, le concept acoustique est légèrement et délicatement amplifié par des cordes électriques. A l’instar de la savoureuse cover du "Dark as a dungeon" de Merle Travis. L’atmosphère est souvent ténébreuse. Faut dire que les inflexions déclamatoires de Tuffy sont susceptibles d’évoquer Nick Cave voire Tom Waits. Une instrumentation à la fois majestueuse et savoureuse illumine "Delirately free". Instrumental de toute beauté, "Sweet rain" est une plage bouleversante. Constandse chante "One kind favour", une adaptation très réussie d’un thème traditionnel de folk blues, en s’accompagnant au bandonéon. Les interventions de Dan aux cordes électriques sont très subtiles, pendant que Michiel s’aventure dans des sonorités synthétiques disparates. Investie par le vélophone, le zithze et une guitare résonator, la plage maîtresse clôt le cinquième elpee du trio, dont la naissance remonte au début de ce siècle. Et pour que votre info soit complète sachez que Tuffy est également le manager et le bassiste de Parne Gadjes, un combo responsable d’une musique à forte connotation balkanique…

Retour à la vie des Maccabees

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La formation londonienne The Maccabees revient avec un second album, « Wall Of Arms ». Il succède à ‘Colour In It’ paru en 2005 déjà mais très rapidement tombé dans les oubliettes. La presse britannique annonce cette sortie comme une petite bombe mélodique. Il est vrai qu’elle a tendance à vite s’emballer ; mais le buzz internet semble confirmer la qualité de leur nouvelle livraison. Le groupe sera en concert au Botanique le 9 juin prochain pour tenter de convaincre le public belge.

Tracklisting

1. Love You Better
2. One Hand Holding
3. Can You Give It
4. Young Lions
5. Wall Of Arms
6. No Kind Words / Bag Of Bones Part A
7. Dinosaurs
8. Kiss And Resolve
9. William Powers
10. Seventeen Hands
11. Bag Of Bones

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/themaccabees

 

Honteux de leurs singles les Shameboy ?

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Le duo électro belge Shameboy réédite “Rechoque”, son premier single publié en 2005 ! Numéro 1 durant de nombreuses semaines à l’Ultratop Dance Chart, ce titre avait été remixé par Tiga, Felix Da Housecat et Alex Gopher, entre autres. Une bonne occasion de se replonger dans l’ambiance procurée par tube électro pop funky et dansant made in Belgium.

Tracklist

A1  Rechoque Redux

      a new mix by Shameboy (BE)

A2  Rechoque (Alex Gopher Remix)

      an old skool electro remix by Alex Gopher (FR)

B1  Rechoque (Fukkk Offf Remix)

       an electropunk remix by Bastien Heehorst (DE)

       a.k.a. Fukkk Offf

B2  Rechoque (Markus Lange Remix)

       a remix of the young Berliner Markus Lange (DE) 
 

Shameboy sera en concert le  

9 mai : 013 : Tilburg (NL)
21 mai : Dauwpop : Hellendoorn (NL)  
6 juin : Free Your Mind : Arnhem (NL)

19 juin : IQ Festival : Delft (NL)
27 juin : Couleur Cafe : Bruxelles (BE)
16 août : Booch Festival : Heerlen (NL)

Pour plus d’infos : http://www.myspace.com/shameboy

 

Dédoublement de personnalité pour le leader d'Interpol

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Paul Banks, leader d’Interpol, publiera le 4 août prochain un premier disque solo. Enregistré sous le pseudonyme de Julian Plenti, il s’intitulera « Julian Plenti is… Skyscraper » et contiendra des collaborations avec des membres de Ratatat, The Ocassion et, of course, Interpol.

Tracklist :

Only If You Run
Fun That We Have
Skyscraper
Games For Days
Madrid Song
No Chance Of Survival
Unwind
Girl In The Sporting News
On The Esplanade
Fly As You Might

Pour plus d'infos : http://julianplenti.com

 

 

Le projet nocturne de Danger Mouse & Sparklehorse

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Danger Mouse (e.a. Gnarls Barkley) et Mark Linkous (Sparklehorse) s’associent pour un projet commun intitulé « Dark Night Of the Soul ». Peu de détails circulent sur le disque. Mais l’on sait d’ores et déjà qu’il rassemblera du beau monde : Julian Casablancas, Nina Persson, Gruff Rhys, James Mercer (The Shins), Frank Black, Iggy Pop, Jason Lytle et d’autres. Une version limitée à 5000 exemplaires contiendra un livret illustré par David Lynch.

Petit bémol, le disque ne pourra être commandé que via le site officiel du projet en version CD-R ! En effet, la filiale américaine de EMI menace, pour des raisons légales, de poursuivre Danger Mouse en justice si celui-ci publie officiellement le disque.

La découverte de Vampire Weekend et Ra Ra Riot

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Rostam Batmanglij, claviériste de Vampire Weekend et Wes Miles, la voix de Ra Ra Riot s’associent pour ce qui sera probablement la grande sensation electro-pop de cet été. Leur projet s’intitule Discovery et le premier album, « LP », devrait voir le jour ce 7 juillet. Ezra Koening (Vampire Weekend) et Angel Daradoorian (Dirty Projectors) prêteront leur voix à leurs camarades. Deux titres sont en écoute sur le Myspace.

http://www.myspace.com/discoverdiscovery

Scarlett Johansson s’attaque à Gainsbourg

Écrit par
Après avoir fait de Tom Waits sa première victime, l'actrice et chanteuse Scarlett Johansson va maintenant s'attaquer au répertoire de Serge Gainsbourg. La blonde s'intéressera plus particulièrement aux duos Gainsbourg/Bardot, qu'elle enregistrera en compagnie de Pete Yorn pour une sortie automnale.

Muse fait de la résistance

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« The Resistance » sera le titre du 5e opus de Muse. Matthew Bellamy, leader de la formation, a révélé que le disque serait dans les bacs en septembre et qu’il sera très symphonique. L’homme a en effet engagé un orchestre pour l’enregistrement du disque.


Jason Lytle

Jusqu’au bout de l’ennui…

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Ce samedi 23 mai 2009, l’ex-barbu de Grandaddy était l’invité d’honneur du Botanique à Bruxelles. Après 3 ans de retraite rurale, Jason Lytle s’évade des montagnes du Montana pour nous présenter son premier album solo « Yours truly, the commuter », sorti sous le label Anti-Records (Tom Waits, Nick Cave…) Très attendu par ses fans, le talentueux songwriter américain foule timidement les planches d’une Rotonde pleine à craquer. Le spectacle nous présentera, malheureusement, un artiste éteint et désabusé.

Personnage introverti, torturé, Jason Lytle n’aime pas jouer en public et ça se sent terriblement. Vous l’avez peut-être oublié, mais c’est la raison pour laquelle il avait prématurément quitté l’aventure Grandaddy. Sans remettre en cause son talent indéniable de musicien et sa voix formidable, le spectacle livré par les quatre musiciens souffre d’une éclipse d’âme et plonge le spectateur dans une profonde léthargie.

La formation enchaîne les morceaux avec une lassitude remarquable. Le groupe ne communique pas, ne communie pas. Le jeu de Jason Lytle est mécanique, désincarné, dépassionné. L’essence même du musicien est désormais exsangue ; ses qualités, sans âme. Jason Lytle s’ennuie, et cet ennui, il le communique très bien. Le spectateur a l’impression d’assister à une mauvaise répète de Grandaddy. Spectacle pitoyable pour un grand artiste qui, espérons-le, nous offrira un meilleur visage pour le futur.

Enfin, cette soirée aura quand même eu le mérite de nous faire découvrir une jeune et excellente formation gantoise : Yuko (voir review)

Organisation Botanique

 

Yuko

Le charme de l’insolite…

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Yuko compte parmi ces premières parties qui vous soufflent, vous renversent brutalement… Souffles qui vous plongent dans le magnétisme incontrôlable de tourbillons de douceur. Mélopées lentes et lugubres qui invitent à la lévitation. Un post-rock éthéré, vaporeux et  hautement atmosphérique à la silhouette islandaise dans laquelle les fans de Sigur Rós se retrouvent tout naturellement.

L’affiche et la pochette de leur premier opus hissent les drapeaux sans détour. L’Islande et l’Allemagne sont au menu du jour. Impossible, du reste, de ne pas remarquer la troublante ressemblance entre la couverture de « Takk » (Sigur Rós) et les corbeaux de Notwist qui rôdent, non loin, perchés sur un arbre. Difficile, également, de rester insensible au charme désolé, abstrait et dépouillé qui rompt le cercle trop parfait de la ronde entendue, de l’ode concertée et tente une musique qui s’ouvre vers l’ailleurs…

A aucun moment, cependant, Kristof Deneijs, leader du groupe, ne renie pas sa muse (Mùm, Bernhard Fleischmann, Mogwai, etc.) et marche d’un pas inspiré sur les traces de ses aînés avec une naturelle distinction.    

Sorti en 2008 chez le jeune label belge Debonair Recordings, l’excellent « For times when ears are sore » nous offre onze perles sonores inclassables. Complexité et diversité du son comparables à celles d’autres groupes comme Efterklang ou Notwist. Une voix passant de Markus Acher à Thom Yorke. Sans oublier des guitares shoegazing et des feedback loops à la Slowdive ou Ride. Bref, tout un programme proposé par le quatuor gantois qu’il restait à mettre en scène.

Première surprise : les quatre jeunes musiciens ne joueront que trois morceaux de leur unique elpee (« I Don’t Know What I Want But I Do Know It Won’t Come From You », « Don’t Drag Dogs Into Bed, They Carry Diseases », et « A Room For Two »). Preuve encore du potentiel créatif de Yuko et de la richesse de son répertoire à venir.

La seconde surprise procède du nombre et de la diversité d’instruments utilisés sur scène. Composé d’un chanteur-guitariste, d’un bassiste, d’une drummeuse et d’une bruiteuse (‘Madame Noise’), le quatuor mixte (deux femmes et deux hommes) bouscule son univers aux guitares aériennes, aux arpèges délicats et à la batterie léchée en y introduisant une multitude de sons insolites.

Ainsi, dès le deuxième morceau (« I don’t know what I want… »), on entendra le bruit d’un moulin à café. « Meal Mobil » s’accompagnera d’un verre à Leffe joué à l’archet. L’intro de « Lotte Bass » sera concertée par l’explosion minutieuse de papier à bulles pour inviter enfin une clarinette et un xylophone à entrer dans la danse. Le crissement d’un archet sur une boîte en carton viendra ouvrir et fermer « You’re better off ». Sans oublier l’utilisation de la scie et le merveilleux final à la latte. Tout support est prétexte à musique et les quatre musiciens arrivent à l’orchestrer de façon harmonieuse. Un désir irrépressible d’explorer le son habite les musiciens de Yuko et ils s’en donnent à cœur joie. L’architecture musicale résonne comme un défi : innovante et cohérente à la fois. Et c’est une réussite. Chapeau bas !

Le résultat ? Un inclassable mélange de genres qui se répondent et s’harmonisent à l’infini. 

A écouter et à voir au plus vite !

Organisation Botanique

Dan Auerbach

Keep It Live…

Écrit par

« Keep It Hid », première escapade solo de la moitié chantante des Black Keys, n’a pas entièrement convaincu la presse. Dan Auerbach file donc sur les routes pour tenter de remporter les suffrages du public. Mission accomplie ce 22 mai à l’ABBox !

‘Mais qui c’est ce gars qui vient de saluer la foule ?’ Regards perplexes. Le public accueille timidement un Dan Auerbach rasé de près, donc méconnaissable. Mais à peine se met-il à fredonner les premières notes de « Trouble Weighs A Ton » que le public réalise enfin ce qui se passe et accueille dignement le bluesman. Il est accompagné ce soir des « Fast Five », un backing band composé de cinq musiciens ; et pas n’importe lesquels. Les quatre membres de Hacienda et, surtout, Patrick Hallahan, batteur de My Morning Jacket. Grosse surprise, ce qui paraît incohérent sur disque fait la force de ce live qui transporte l’assistance dans un Sud ricain accueillant.

Affublé d’une affreuse chemise bleue assez kitsch, Dan Auerbach et ses compagnons affichent une bonne humeur contagieuse et maîtrisent leur sujet jusqu’au bout des doigts. La prestation est intense, quasiment hypnotique. Si l’ancien barbu voulait se distancer quelque peu de la discographie des Black Keys, le pari est plus que réussi. Les titres blues, roots ou country de son « Keep It Hid », scéniquement bonifiés, s’enchaînent à une vitesse folle. The Fast Five fait littéralement vibrer la scène, si bien qu’un Patrick Hallahan déchaîné envoie involontairement valser tout ce qui se trouve autour de lui, du triangle au micro en passant par une cymbale. En 1h20, Auerbach déballe l’entièreté de « Keep It Hid », entrecoupée d’une reprise fracassante du « Oh Carol, I’m So Sad » de Rockin’ Horse. Un set tout simplement impeccable.

Organisation : Ancienne Belgique 

The Von Bondies

Love, Hate And Then There’s You

Écrit par

Plus de quatre ans après avoir publié « Pawn Shoppe Heart », le disque de la révélation, The Von Bondies revient sur le devant de la scène, un nouvel opus sous le bras: « Love, Hate And Then There’s You », un disque dont la conception a été parsemée d’embûches. Non content d’avoir fait les beaux jours des tabloïds ricains en croisant le fer avec son meilleur ennemi, Jack White, Jason Stollsteimer a réussi à faire fuir deux des membres initiaux de la formation. Warner enfoncera le clou quelques mois plus tard en se débarrassant du contrat qui le liait à la bande.

Recueilli par le label Fierce Panda, les quatre Von Bondies démontrent qu’ils n’ont rien perdu de leur hargne et signent un recueil exemplaire entre garage nerveux et pop exaltante. « Love, Hate And Then There’s You » est parcouru de mélodies à la fois simples et accrocheuses ; des mélodies survolées par une décharge de chœurs contagieux. Les refrains de « Blame Game », « Pale Bride », « Chancer » ou « Shut Your Mouth » sont de ceux qui s’agrippent au cortex cérébral et décident de s’y nicher pour des semaines, bon gré mal gré. Le son de Detroit a encore de beaux jours devant lui…

Loney, dear

Dear John

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Apparemment obsédé par la ponctuation (‘loney, dear’ devient ‘loney dear.’) Emil Svanägan pose, au sein « Dear John », le trait d’union entre une carrière ultra discrète et l’envolée de cette dernière. Il aura donc fallu au grand timide pas moins de cinq travaux avant de mobiliser l’attention des critiques de tous bords. Normal, « Dear John » étant probablement le disque le plus abouti du Suédois.

Svanägen jongle entre mélopées magnétiques (« Airport Surroundings », « I Was Only Going Out »), retenues (« Violent », « Harm/Slow », le splendide « Distant Lights ») ou exaltantes (« Dear John », « Under A Silent Sea »). Andrew Bird, fan du bonhomme, y apporte une touche personnelle de violons sur l’excellent « I Got Lost ». Loney Dear prend le parti de la simplicité avec une telle justesse que ce « Dear John » en devient touchant. Sa pop tranquille brise les cœurs en mille morceaux avant de recoller délicatement les morceaux, comme si de rien n’était. Une belle réussite.

Rossometile

Terranica

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Rossometile est un groupe de rock progressif italien fondé en 1996. En 2008, il recrute une nouvelle chanteuse (Angela Grassi) et enregistre son second album « Terranica ». Le combo reconnaît pour influences Dream Theater, Rush, PFM, The Gathering et Klimt 1918. A l’écoute du premier titre : « Terranica » on imagine être tombé sur la perle rare. Une musique progressive, certes, mais aussi atmosphérique. Un The Gathering aux sonorités latines. Les textes, chantés en italien, donnent un charme sensuel et exotique aux compositions. La seconde chanson « In Viaggio » enfonce un peu le clou en sonnant comme l’ancien groupe d’Anneke Van Giesbergen, période « Nightime birds ». Des guitares plus typiquement prog metal font leur apparition sur l’excellent « L’inizio di una catastrofe », moins atmosphérique, qui fait monter l’intensité de l’album d’un cran et vous envoie sur un petit nuage. La chute est donc dure quand arrive « Novembre », la quatrième plage. Une ballade sirupeuse qui aurait très bien pu représenter l’Italie à l’Eurovision cette année. On en déduit cependant qu’il s’agit probablement d’une erreur de parcours ; mais « La strade di Zoràn », le morceau suivant, est du même calibre. Il faut attendre « La grande Piramide » pour voir Rossometile se ressaisir en proposant un magnifique morceau épique de metal progressif. Plus question ici de rock atmosphérique. C’est cette fois vers le metal alambiqué des premiers albums de Dream Theater que le combo italien se dirige en nous réservant de longs duels guitare/clavier du plus bel effet. « L’uomo della preistoria », du même acabit conforte dans l’idée que Rossometile est un groupe au potentiel énorme. Malheureusement, les Italiens nous gâchent tout le plaisir en terminant l’album par « Come stai » et « Domani » qui auraient plus leur place sur un CD de Laura Pausini que sur une galette de rock progressif. En conclusion, Rossometile s’éparpille un peu trop sur cet opus. Entre rock atmosphérique, metal progressif ou pop italienne, ce « Terranica » –quoique bourré de bonnes idées– aura bien du mal à se trouver un public.

 

Finn.

The Best low-priced heartbreakers you can own

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Sous l’intriguant pseudonyme Finn. se cache un songwriter multi-instrumentiste allemand, issu d’Hambourg. L’homme complète sa carrière de musicien par un job de designer, sous son véritable patronyme, Patrick Zimmer. Il partage dès lors son temps entre Londres et Hambourg. Quelques années d’errances d’électronica lo-fi lui ont été nécessaires pour en arriver à ce magnifique troisième album sobrement (!) intitulé « The Best Low-Priced Heartbreakers You Can Own ».

Finn. a enregistré et produit cet album pendant 7 mois dans les catacombes d’une vieille église du XIVème siècle, sous les rues de St-Pauli en Allemagne. Il s’agit d’un album concept divisé comme au théâtre en cinq actes (NDR : en français dans le texte : ‘L’Anesthésie’, ‘La Sédition’, ‘La Mutinerie’, La Bonace et ‘La Pluie, L’Accord’). L’univers sonore de Finn. et son interprétation poignante colle à merveille à cette trame digne des tragédies grecques classiques. L’album s’avère être une éclatante réussite tout en fonctionnant à l’économie. Les orchestrations sont subtiles (violons, flûte et trompettes s’y croisent) ; et l’interprétation de cette folk décharnée est, elle, intense. Finn. nous livre un folk cinématographique et dépressif de haute volée.

La reverb sur sa voix de fausset rappelle Neil Young voire Ben Bridwell du Band of Horses, même si tout ici est plus noir et parfois quasiment malsain. L’album n’est pas à recommander à Madame ou Monsieur tout le monde. Suivant la formule : âmes sensibles s’abstenir. L’ombre de Sigur Rós et de Bon Iver planent sur la musique de Finn.. Mais son monde est quant lui à unique. Je vous conseille d’écouter l’intégralité de l’œuvre d’une traite, car elle forme un tout très cohérent même si elle recèle quelques sommets tel « Julius Caesar », caractérisé par son final apocalyptique et discordant. La mélodie de « In The Wake Of » est également addictive et « The Fourth, The Fifth » touchera l’auditeur attentif au plus profond de lui-même. L’album est découpé en 16 plages, mais ne traîne jamais en longueur, car plusieurs interludes permettent d’aérer l’ensemble.

L’écoute n’est donc pas aisée ; mais s’attarder sur cet album exigeant constituera pour l’auditeur un investissement rentable et lui procurera une grande satisfaction tellement il est riche, intense et tortueux. Les œuvres mélancoliques se révèlent bien souvent celles résistant le mieux aux années et aux modes. Ils nous suivent tout au long de notre existence. C’est le cas de cet elpee, Finn. nous offre en effet un album intemporel…

Peu connu à ce jour, Finn. a pourtant déjà assuré le supporting act pour José Gonzales et Stephan Eicher. Son explosion à l’instar de celle de Bon Iver en 2008, ne fait aucun doute ! L’artiste allemand prodigue en effet une belle leçon de dramaturgie musicale… triste et touchante à en pleurer.

The Hickey Underworld

The Hickey Underworld

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A l’instar de dEUS, Admiral Freebee, Das Pop ou encore Goose, The Hickey Underworld a pris son envol en gagnant le concours organisé par le magazine Humo. Le prestigieux Rock Rally. C’était en 2006. Il faudra cependant attendre trois longues années pour que la formation anversoise commence enfin, à susciter un certain intérêt de l’autre côté de la frontière linguistique. Pourtant, tout au long de cette période, le combo a joué en première partie de grandes pointures telles que Dinosaur Jr, The Bronx ou encore MC5. Il a même assuré le supporting act de la bande à Tom Barman. En France. C’était lors de la tournée destinée à promotionner l’album « Vintage Point ». Un gage de confiance et de potentiel qui augure peut-être l’éclosion d’un nouveau talent, dans le Nord du pays. Mais seul l’avenir nous l’apprendra.

L’univers sonore de The Hickey Underworld évolue quelque part entre le stoner, le disco et la pop. L’elpee s’ouvre par « Zero Hour », une compo qui donne immédiatement le ton. Puissante, mélodique, elle trahit déjà de petits relents disco. Des accès nettement plus présents sur « Futur Words » ainsi que « Blonde Fire », deux tubes en puissance. La formation bénéficie également de la présence d’un excellent chanteur : Younes Faltakh. Tantôt limpide, tantôt écorché, son timbre vocal est tout à fait remarquable. Il évolue même parfois dans un registre proche du Gallois Kelly Jones, le chanteur des Stereophonics. L’opus s’achève par « VRMNSMR », probablement le meilleur morceau de l’elpee. Les vocaux baignent dans une solution sonore riche en vagues de synthés. La rythmique est solide et les riffs stoner percutants. Produit par Das Pop, cet opus ne dure néanmoins que 39 minutes. Mais elles ne souffrent d’aucun temps mort. Quant à imaginer si nous sommes en présence d’un futur grand groupe belge, il vous appartiendra de juger vous-même lors des festivals d’été ; puisque The Hickey Underworld se produira à Dour, au Rock Werchter, aux Ardentes et au Pukkelpop.

 

Chris Isaak

Mr. Lucky

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Sept années déjà que Chris Isaak n’avait plus enregistré de nouvel album. Bien sûr, il ne s’est pas tourné les pouces, puisqu’il a sorti une compile, un ‘live’ et un disque de Noël ; mais surtout présenté un talk show à la TV, baptisé ‘The Chris Isaak hour’. « Mr. Lucky » fait donc suite à « Always Got Tonight », publié en 2002. Il s’agit de son neuvième opus studio. Un disque au cours duquel il partage deux duos vocaux. Tout d’abord « Breaking apart », en compagnie de Trisha Yearwood », une ballade romantique enrichie d’arrangements symphoniques. La version originale figurait déjà sur l’album « Speak of the devil » en 1998. Et puis de Michelle Branch, sur la ballade mid tempo « I lose my heart », une compo dont le sens mélodique me rappelle curieusement Abba. L’elpee recèle d’ailleurs plusieurs ballades mid tempo, interprétées dans l’esprit d’un Roy Orbison. Pas pour rien que le Californien soit considéré comme son fils spirituel. Ce ne sont pourtant pas les compos qui me bottent le plus. Et encore moins « We let her down », un tube hymnique qui pourrait figurer au répertoire de Simple Minds. Les plages plus country & western s’avèrent déjà plus intéressantes. A l’instar de « We’ve got tomorrow », enrichi d’une section de cuivres très néo-orléanaise. Ou encore du bluegrass teinté de charleston, « Take my heart ». Mais quand l’artiste laisse vagabonder sa guitare, les compos prennent une toute autre dimension. Que ce soit sur des tonalités surf, reverb ou tout simplement décapantes. Et je pense tout particulièrement à « My lonely man », imprimé sur un tempo rockabilly, à l’uptempo « Best I ever head », une composition très sudiste, qui lorgne manifestement vers Lynyrd Skynyrd. Sans oublier les intenses « We lost our way » et « Very pretty girl », deux titres qui suintent d’électricité vivifiante. L’elpee s’achève même par un blues saignant intitulé « Big wide wonderful world ». A 52 balais, Chris en a encore sous la pédale ; le tout, c’est qu’il n’oublie pas d’appuyer dessus…

 

Majestic Downfall

Temple of Guilt

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Début des années 90, un nouveau style de metal émerge en Europe. Une musique doom,  pachydermique et dépressive combinée à des vocaux death metal. Les fers de lance du genre répondent aux patronymes d’Anathema et de My Dying Bride en Angleterre, Tiamat en Suède ou encore Celestial Season chez nos voisins bataves. Hormis My Dying Bride, tous ces groupes ont depuis adouci leur musique ; cependant, le ‘doom/death’ s’est perpétué à travers de nouvelles formations comme Saturnus, Swallow The Sun ou encore November’s Doom.

Dix-huit ans plus tard et à huit mille kilomètres de là, Jacobo –sorte de Rémi Bricka du heavy metal mexicain– décide de rendre hommage à ces groupes cultes des nineties en formant, à lui tout seul, Majestic Downfall un projet doom/death imaginé dans la plus pure lignée de ses idoles européennes. Jacobo n’est pas un nouveau venu sur la scène metal. Il a joué plus de 10 ans au sein du combo mexicain Antiqua ; en outre, il avait déjà édité en 2008, « Man Made Paradise », une petite perle trash/death mélodique au sein de Ticket To Hell, son autre groupe personnel. (NDR : à vous procurer, si vous l’avez loupé).

S’étalant sur 56 minutes pour seulement 5 chansons, « Temple Of Guilt » entre tout à fait dans les canons du genre. La musique est lente et lourde, éclairée par la présence de claviers majestueux. Les vocaux sont proches de ceux de Darren J. White, le vocaliste historique d’Anathema. Les ambiances sont à la fois malsaines et mélancoliques. Si Jacobo aime bien travailler seul, il sait s’entourer de musiciens de session lorsque le besoin s’en fait sentir. Il a donc laissé le soin à Porncho, le cogneur du groupe death mélodique mexicain « The Ill Over Death », le soin de s’occuper des parties de batterie.

Il faut s’en douter, les compositions de Jacobo n’apportent rien de neuf au genre ; mais la production est excellente et surpasse de loin celle des premières œuvres d’Anathema ou de My Dying Bride. « Temple of Guilt » est un très bel hommage aux groupes cités ci-dessus. Vivement la suite.

A déconseiller cependant aux personnes suicidaires ou dépressives.

Mastodon

Crack the Skye

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Le cinquième élément de Mastodon constitue une œuvre majeure de la décennie, encore plus aventureuse que les opus précédents du combo qui est un peu au metal ce que King Crimson est au rock prog. Bien au-delà d’une ambition progressive déjà palpable sur « Blood Mountain », le quatuor concentre son énergie sur une construction qui réconcilie heavy metal, jazz rock et stoner.

Opus aux nombreux mystères, conçu peu avant la fulgurante tournée ‘Unholy Alliance III’ en ouverture de Slayer, « Crack the Skye » s’ouvre sur l’époustouflant « Oblivion ». Le ton est donné. Son limpide mais rugueux, production énorme, tempo plus lent qu’à l’accoutumée, pour un résultat plus en nuance. On note déjà un superbe solo évoquant, dès les premières mesures, David Gilmour. « Divinations », plus traditionnel, est aussi le morceau le plus court de l’album. 3’40 de heavy pure souche. « Quintessence » porte fichtrement bien son nom. Caractérisé par son refrain très aérien, l’utilisation de samples et de plans que ne renieraient pas Porcupine Tree ou Opeth, le groupe grave un titre passionnant, digne d’un kaléidoscope métallique. « The Czar », pièce maîtresse de la rondelle, s’étale sur 11 minutes. Son intro à l’orgue hammond et ses riffs lourds et fermes lorgnent résolument vers les seventies. On pense aussi aux développements du ‘Roi cramoisi’ et à la complexité du hard sympho de Rush. Le refrain est rendu encore plus efficace, toujours soutenu pas ce clavier délicieusement ‘purplelien’. La musique évolue crescendo et se dévoile, en finale, beaucoup plus agressive, nous aspirant dans un tourbillon de rythmes rigoureux. Une finale exécutée en forme de clin d’œil au Metallica de l’époque « Master of Puppets ». L’intro orientale de « Ghost of Karelia » trompe l’auditeur. Il s’agit du titre le plus caractéristique de la marque de fabrique Mastodon. Du gros heavy brut de décoffrage. Le titre maître de ce chef d’œuvre accroche dès les premières secondes. A cause de ses arpèges magnifiques auxquelles se marient des claviers. Ce n’est autre que Scott Kelly de Neurosis qui couche sa voie sur ce segment sombre, oppressant et qui maintient une tension proche de la transe au fil de ses 6 minutes sulfureuses à souhait. Dantesque, « The Last Baron » est le titre le plus contagieux et envoûtant. Bénéficiant de chœurs du plus bel effet en fin de course, l’œuvre, malgré sa durée (13 minutes) ne faiblit jamais et réinvente à elle seule tout l’univers d’un Mastodon au sommet de sa forme !

Noir et lyrique, hypnotique et déconcertant, « Crack the Skye » s’impose comme un futur album de référence.