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À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

Le rire de Will Paquin

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Loney, dear

Ce cher Emil

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Le mardi soir, il y a bien mieux à faire que subir les affronts musicaux du cru 2009 de l’émission ‘Nouvelle Star’. On peut, par exemple, se rendre à la Rotonde du Botanique pour assister à un petit concert chaleureux et sans prétention, comme celui accordé par Loney, Dear, ce mardi. Et ce n’est pas le public présent ce soir-là qui aurait pu prétendre le contraire.

Accompagné de quatre musiciens, le Emil Svanengen alias Loney, Dear, présentait son cinquième ouvrage sous une Rotonde bien remplie. Présent l’an dernier aux Nuits Botanique, l’homme, affichant un look banal et des chaussures vernies, en a manifestement gardé un bon souvenir et semblait ravi de se produire une nouvelle fois dans cette splendide petite salle. Pas avare en mots, Loney, Dear se connecte volontiers à un public qu’il n’hésite pas à solliciter pour des chœurs bien amenés. Il parcourt essentiellement son « Dear John », de la douceur de « I Got Lost » et « Under A Silent Sea » à l’étonnante electronica harmonieuse de « Airport Surroundings » et « Summers ». Le Suédois est tellement sympathique qu’on ne peut même pas lui en vouloir de ne pas s’attarder sur ses travaux précédents. De ces derniers, Emil et sa bande n’ont tout de même pas snobés les incontournables morceaux « I Love You (In With The Arms) » ou « Sinister In A State Of Hope », qui clôture un show admirablement bien ficelé.

Organisation : Botanique

My TV Is Dead

Freedomatic (a)

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Ce projet résolument artistique est né de la rencontre entre Joël Grignard, co-fondateur et bassiste de Monsoon et Amaury Massion, chanteur d’Attica. C’est à l’occasion de la création de « Convulsions », spectacle à la frontière du rock et de la danse contemporaine, que les deux hommes se rencontrent à Berlin et accouchent du projet My TV Is Dead. Une série de six représentations s’ensuivra au célèbre « Taloches », squat artistique situé dans l’ancien Berlin Est.

L’univers de My TV Is Dead s’inspire lourdement de celui de « Convulsions » qui réside en l’exploration de l’atmosphère des grandes villes. On retrouve cette influence lors des projections en concert et sur le très bel objet CD dont les illustrations et les photos sont asphyxiées par l’air urbain. Ce qui explique pourquoi l’ombre de Berlin est omniprésente dans le décor…

  Voilà pour la jolie petite histoire et le contenant. Revenons maintenant à l’essentiel : le contenu ! Découvert le 18 février 2009 lors de la Boutik Rock de Bruxelles, le jeune groupe ne modère pas ses influences. On reconnaît, sans faire preuve de trop d’imagination auditive, une musique hybride, issue du croisement entre Ghinzu et Venus, teintée néanmoins de quelques beats timides et d’influences berlinoises mièvres. Le duo passe complètement à côté de l’expérience électronique et ne parvient jamais vraiment à convaincre.

On aime découvrir les groupes belges aux ambitions artistiques et innovatrices ; mais ce premier elpee manque cruellement d’âme et d’épaisseur. L’originalité du groupe procède moins du contenu musical que du projet lui-même. « Freedomatic » ne vibre pas de ses ambitions.

Les morceaux pop-rock les plus classiques et mélodiques (« Riding horses », « Awake », « I wish ») sont aussi les points forts de l’album. La deuxième partie de l’opus offre plus d’espace d’expression à la chaleureuse et séduisante voix d’Amaury Massion. On retiendra également l’intéressant « As fast as you can ».

On émerge de « Freedomatic » entre fiel et miel… A présent, à vous de zapper ou non ! Mais, malheureusement, mon lecteur CD fonctionne toujours…

 

La vie buissonnière de Karin Clercq…

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Karin Clercq sortira son troisième album en mai prochain. Et en France, au cours de l’automne. Il devrait s’intituler  " La vie buissonnière". Pour enregistrer ce disque, la Bruxelloise a reçu le concours Stef Van Alsenoy (Axelle Red) et de Geoffrey Burton (Arno, Bashung) ; mais aussi de Piet Goddaer (Ozark Henry), Georges Moustaki, Dominique A, Jacques Duvall et Marie Warnant. Elle assurera également la première partie de Cali pour plusieurs dates ; et en particulier à la Maison de la Culture de Tournai ce jeudi 23/4 (complet !) ainsi que dans le cadre des Nuits du Bota le 10 mai au Cirque Royal (tickets : http://www.rodrigue.fr/transact/venteenligne.asp?WCI=listeseances&IdStructure=2138&langue=fr&IDManif=224)

En attendant, il est vous est loisible de savourer le clip vidéo de son single sur le lien suivant : http://www.youtube.com/user/webiekc

Pour plus d’infos : http:///www.karinclercq.com

 

Watine

B-Side Life

Écrit par

Vu la quantité honorable d’albums à écouter par un chroniqueur, le déficit de surprise est inévitable. La fusion des différents styles musicaux est telle que parfois on n’y retrouve plus ses jeunes. En glissant pour la première fois le « B-Side Life » de Watine dans la platine, un petit sourire se dessine. En cause : « Dermaphrodite », le précédent elpee de l’artiste. Un disque volatil, susceptible d’être écouté d’une oreille distraite. Malheureusement (ou heureusement finalement) « B-Side Life » n’est pas un disque à prendre à la légère. Il est même carrément piégé ; et c’est la tête la première que l’on s’engouffre dans le traquenard. Hanté par des mélodies inquiétantes, il passe rapidement de frissons de frayeur à ceux de plaisir. Derrière des compositions alambiquées aux cordes lancinantes, viennent se greffer des accords joyeux et des carillons de joie sur une voix incroyable. Elle constitue même la clef de voûte de l’album. Affichant de faux airs juvéniles, la pièce dans laquelle Watine nous invite, se referme derrière nous immédiatement et nous empêche d’en sortir avant la fin de l’histoire. Assis face à elle, elle déballe le récit de ses aventures sans qu’on puisse remuer les lèvres. C’est la bouche béante et 40 minutes plus tard, qu’on la regarde partir sur la pointe des pieds, l’air mutin, rassasiée de nos émotions. « B-Side Life » a accompli sa mission : nous retourner comme une chaussette. Le plus honteux, c’est qu’on a aimé la manœuvre.

 

Neil Young

Fork in the road

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‘Fork in the road’ est une expression utilisée chez les Anglo-saxons pour exprimer un choix de vie. En ce qui concerne Neil Young, c’est celui de privilégier l’écologie. Il a d’ailleurs décidé que sa vieille Lincoln Continental 59 allait bientôt rouler à l’électricité. Et puis, c’est l’occasion d’évoquer la dépendance des yankees au pétrole, la crise économique et énergétique qu’ils traversent, ainsi que des problèmes rencontrés par l’industrie automobile aux States. C’est dans l’air du temps ! Mais venons-en à ce nouvel opus qui fait suite à « Chrome Dream II », paru il y a déjà deux ans. 

Découpé en 10 plages, il privilégie le blues rock bien basique au cours duquel il peut laisser sa Les Paul décharger toute son électricité. Malheureusement sur ces compos, il n’est pas toujours très inspiré. Une exception qui confirme la règle : « Just singing a song », une chanson particulièrement mélodique, dont l’intensité blanche nous replonge au début des seventies, à l’époque de « Everybody knows this is nowhere ». Et ses incursions dans le country/folk ne sont pas plus heureuses. Curieusement, c’est quand le Canadien se frotte au boogie qu’il se montre le plus percutant. A l’instar de « Get behind the wheel » ou encore lors du titre maître, deux morceaux au cours desquels vous ne pourrez résister à danser un rock’n roll avec votre partenaire. Un régal ! On retiendra également le funkysant « Hit the road » ; enfin plus funk blanc que funk vraiment, mais excitant en diable. Mais comme on sait que les albums de Neil Young ne sont plus parfaits depuis belle lurette, on se contentera d’en extraire la crème et de bien la savourer… Et pour que votre info soit complète, sachez que l’artiste sortira le 2 juin prochain une anthologie, en version Cd, BlueRay et Dvd, recelant de nombreux inédits.

 

Archive

Controlling crowds

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A l’origine, le septième elpee studio d’Archive devait comporter quatre volets. Finalement, comme les trois premiers atteignaient déjà près d’1h20, la formation a décidé de consacrer ce quatrième chapitre à un futur opus, prévu pour l’an prochain. Manifestement on est ici dans le domaine du concept album. Sujet : la domination et le contrôle des foules dans l’histoire de l’humanité et la justification de ces actes par les philosophies et les religions.

Mais venons-en au contenu sonore de ce « Controlling crowds ». Première constatation, les sessions d’enregistrement ont bénéficié du concours d’une brouette de collaborateurs, dont Graham Preskett aux arrangements ; un personnage qui avait déjà participé à la confection de la B.O. du film « Michel Vaillant » ainsi qu’au concert accordé en septembre 2007 par le groupe, au Palais des festivals de Cannes, en compagnie de l’Orchestre Régional Cannes Provence Alpes Côte d’Azur. Et cet orchestre est également de la partie. Ce qui explique également la densité instrumentale des compos. Deuxième constatation, quatre chanteurs se relaient tout au long de l’œuvre. Pollard Berrier, David Penney, Maria Q et puis le rappeur Rosko John, déjà présent sur « Londinium ». Troisième constatation, la solution sonore oscille allègrement de la prog au trip hop en passant par le symphonique, le space rock, le hip hop, le soul jazz et l’électro. Surtout l’électronique, beaucoup plus présente que sur les précédents opus. Mais dans un climat plus ténébreux. En outre, les lyrics n’y sont pas étrangers. Et le lay-out de leur nouveau site en est une autre illustration. Quatrième constatation : la durée moyenne des titres oscille autour des 7 minutes. Idéal pour les chœurs éthérés et mystérieux (le titre maître), les envolées électro-atmosphériques ou floydiennes ainsi que les paysages sonores fantasmagoriques (« Collapse/Collide » surtout, un morceau qui a été utilisé pour le film ‘Secret Defense’). Pourtant, le morceau qui m’a fait le plus flasher est celui qui libère le plus de groove et d’intensité : « Kings of speed ». Résultat des courses : il s’agit du projet le plus ambitieux réalisé à ce jour par Archive. Mais la symbiose de cette multitude de styles risque de ne pas plaire à celles ou ceux qui espéraient que le collectif britannique allait embrasser un genre bien spécifique (NDR : à vous de choisir !) Il est exact que ce brassage est souvent opéré au détriment de la mélodie. Mais personnellement, j’estime que l’œuvre est une belle réussite. Très contemporaine dans l’esprit de la fusion. Et probablement un tournant dans le parcours d’Archive. D’autant que pour la première fois, le combo a déjà promis une suite. A suivre donc…

 

Joe Bataan

King Of Latin Soul

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Joe Bataan est une authentique légende de la soul latine des années 60 et 70. Du boogaloo à la salsa en passant par les premiers balbutiements du hip hop, l’homme a assurément marqué son époque. Après une longue éclipse qui a duré presque deux décennies, Joe a opéré un retour fracassant en 2004, lorsqu’il a commis « Call My Name », un album enregistré en compagnie des Dap Kings.

« King of Latin Soul » se concentre sur le glorieux passé de l’ancien bad boy de Spanish Harlem. Flanqué du groupe espagnol Los Fulanos, Joe revisite une douzaine de titres qui ont établi sa légende. Quelques uns des plus gros tubes de notre homme sont donc reliftés dans une veine funk latino énergique : « Mestizo », « The Bottle », « Johnny’s No Good », « Rap-O-Clap-O » ou encore « Puerto Rico Me Llama ». Une sélection parfaite qui résume bien l’évolution du bonhomme, des premiers pas du boogaloo aux balbutiements de la salsa, sans oublier le funk latin et le disco des années 70. Tour à tour romantique, pacifiste, acerbe observateur du ghetto, ces quelques chansons nous rappellent surtout que Joe Bataan est un compositeur extrêmement talentueux.

Au rayon des curiosités, on notera une version électro (et pas très réussie) de « Rap-O-Clap-O », un des premiers singles qui s’était penché sur le phénomène du rap ; et curieusement, un morceau qui avait décroché un énorme tube en … Belgique ! Dans un autre registre (celui des bonnes surprises), Joe chante sur « The Bottle », compo signée Gil Scott Heron, qu’il avait remaniée au cours des seventies, dans une version instrumentale sous le nom de « La Botella ».

« King of Latin Soul » se révèle un agréable disque riche en bonnes vibrations. Il n’apporte peut-être pas grand-chose aux originaux mais incitera peut-être les néophytes à découvrir la riche discographie de Joe, largement rééditée par Vampisoul et V2.

Phil Berkowitz

All night party

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Phil est issu du New Jersey ; mais en 1989 il décide de s’établir à San Francisco afin de poursuivre des études universitaires. C'est dans la ville californienne qu’il prend goût au blues et au jazz et décide de devenir chanteur et harmoniciste. Il fait son écolage au contact d'autres musiciens ; et en particulier des souffleurs comme RJ Mischo, Gary Primich, Gary Smith ou encore Billy Branch. En 96, il fonde les High Rollers. Puis transforme ce patronyme en Dirty Cats. Sa musique s’inspire à la fois du Chicago blues, du West Coast Jump et du R&B de New Orleans. A cette époque, il enregistre deux elpees : "The High Rollers" en 1999 et  "High time" en 2001. En 2004, il avait rendu hommage à Louis Jordan, en compagnie de son ami, le guitariste Dany Caron, un ancien membre du Charles Brown Band. Un disque intitulé "Phil Berkowitz plays… Louis's blues", très bien reçu par la critique.

Phil n'est plus un débutant. Pour concocter « All night party », il a fait appel à ses meilleurs amis. Et en particulier aux guitaristes Dany Caron et Sean Carney, Bill Stuve ainsi qu’Eric Blume ; et la liste n’est pas exhaustive. Sans oublier ses propres musiciens. En l’occurrence le guitariste Marvin Greene, le pianiste William Beatty, le bassiste Tim Wagar et le drummer Bowen Brown.

Cet opus est dédié à la mémoire de Jimmy T-99 Nelson et de Gary Primich. Et il s’ouvre par le titre maître. Bienvenue pour une belle nuit de fête et d’ivresse sonore. Gratteur notoire issu de Columbus, Sean Carney est venu renforcer le line up de base. "All night party" baigne manifestement dans la bonne humeur. "Straight up" a été mis en boîte à Colombus, dans l’Ohio, en compagnie du Sean Carney Band. Un shuffle bien rythmé, bourré de dynamisme (NDLR : qui a dit dynamite ?) La guitare rythmique de Carney est bien en place ; puis elle s’envole vers les sommets. Sean il a ramené son drummer, Eric Blume. Berko en profite à son tour pour se libérer sur son harmonica. Manifestement il est très à l’aise sur l'instrument chromatique. Il prend un nouveau billet de sortie lors de l'instrumental "Tonka T", démontrant qu’il est aussi bien capable d’intégrer des éléments jazz que swing à son blues de base. A cet instant, son style est très proche des autres souffleurs californiens. Phil ralentit le tempo afin d’aborder le blues indolent spécifique aux night-clubs. La solution sonore est aussi douce et savoureuse que celle d’un Charles Brown. Il interprète ce "Ghost child" d’un timbre plus velouté ; une compo relaxante cosignée par son ami Dany Caron. Le piano de Beatty occupe l'avant-plan. L'harmonica colore cet univers sonore paisible. La cover du "Always a first time" d'Earl King est abordée dans un style radicalement différent. Un R&B des fifties, façon New Orleans. Il souffle parcimonieusement dans son instrument au beau milieu d'une section de cuivres. Fort varié, le blues de Berkowitz est très susceptible de nous transporter aux quatre coins des States. Repris en chœur par ses acolytes et pimenté par les ivoires joués dans un style New Orleans, son "Beach bar boogie" est très vivace. Il libère à nouveau l'instrument chromatique face aux percus renforcées par Boven Brown. "Fine little honey dripper" nous transporte dans le monde jazz blues de T-Bone Walker. Son gratteur Greene peut enfin dévoiler son talent sur ce blues lent. La voix de Phil est convaincante tout au long du "If you were mine" de Ray Charles. Pour la circonstance, il est enfin épaulé par les cordes de Dany Caron. Direction Chicago pour la reprise du "Here's my picture" de Billy Boy Arnold, un personnage réputé pour ses rythmes sautillants (NDR : souvenez-vous également d’"I wish you would" et d’"I ain't got you"). Mais la version vire soudainement au boogie. En cause, les ivoires de Beatty ; et si la voix du leader affiche ses limites, il éclate littéralement sur son instrument. Sean Carney refait surface lors du très jazzy "She's my baby". Il s’appuie sur Mr Bill Stuve, son contrebassiste d'exception. Jeff Ervin en profite pour s’autoriser une très belle sortie au sax ténor! Particulièrement tonique, "I want a roof over my head" baigne dans le swing le plus pur. Et les musiciens prennent véritablement leur pied. "Midnight rooster" est un des meilleurs morceaux de l’elpee. Un blues dépouillé à l'extrême. L’émotion dans la voix est difficilement contenue. Stuve ne concède que de rares notes lugubres de sa contrebasse. Carney est d'une grande discrétion. Et l’harmo n’a jamais été aussi ténébreux… D’excellente facture, cet album s’achève dans la bonne humeur. La boucle est bouclée et on a l’impression de revenir à la case départ à l’écoute de "The party's over". Un blues qui rocke sur un tempo alerte. Le piano de Beatty est mis en exergue, pendant que Phil se met à improviser le thème de "Ce n'est qu'un au revoir", avant que la fête ne se clôture dans un élan de dixieland tonitruant!   

Bonnie Prince Billy

Beware

Écrit par

Notre barbu favori ( ?!?!) de l’indie-rock américain est de retour après sa parenthèse cinématographique (« Old Joy » de Kelly Reichardt). Il vient ainsi de publier un nouveau recueil de chansons taillées dans le country/folk, en ce début de printemps. Une œuvre habillée d’une très belle pochette, il faut le préciser. « Beware » succède donc à « Lie Down In The Light », paru en 2008. A l’époque, cet album avait déjà signifié le réveil du toujours aussi prolifique roi de la country alternative. Faut dire qu’il nous avait concocté toute une série d’elpees relativement décevants, juste auparavant. Et ce « Beware » confirme donc bien son retour en forme.

S’il est désormais acquis que Will Oldham n’atteindra plus jamais les cimes (fort élevées) d’ « I See A Darkness » ou de ses œuvres concoctées au sein de Palace, « Beware » se révèle cependant de très bonne facture. Plus d’un songwriter en herbe vendrait son âme pour écrire ne fut-ce qu’une de ces compositions ! Et de nouveaux admirateurs risquent de rejoindre les fidèles aficionados, après avoir écouté ce disque. Pas pour rien que le concert qu’il accordera à l’Ancienne Belgique, ce 22 avril (en compagnie de la Norvégienne Susanna Wallumrod), est déjà sold out.

L’artiste vieillit bien. C’est en habile artisan qu’il nous propose ici treize vignettes de toute bonne facture. L’album débute par le plus beau morceau et peut-être le plus radiophonique jamais enregistré par Mr. Oldham : « Beware Your Only Friends ». Sa guitare électrique et les chœurs féminins y font merveille. Et Bonnie de ne jamais baisser de régime en cours de route. Tirant parti de la même recette, « My Life’s Work » est tout aussi envoûtant, osant même un final au saxophone !

Sans surprise mais maîtrisée à merveille, la puissance émotionnelle de sa voix ensorcelle à nouveau. Si l’ambiance semble plus positive qu’à l’accoutumée, la tristesse et le mal-être du lonesone cowboy reviennent maladivement à la surface. La lecture des titres tels « Death Final » ou « You Don’t Love me » n’annoncent pas de réelles réjouissances ; même si les paroles révèlent que le bonhomme se reprend en main. Le ton se fait plus enjoué pour « You don’t love me… but it’s alright ! » Moins aride que ses prédécesseurs, l’instrumentation est plus luxuriante : des chœurs, des violons, une flûte et l’incontournable pedal steel se partagent en effet la vedette en cours de route. Et miracle ! Le tout ne tourne absolument pas en exercice de pur style ‘Nashville’.

Bonnie Prince Billy fait incontestablement partie des grands songwriters américains ; mais vu les titres proposés tout au long de cet elpee, son statut ne fait que se confirmer. Ce nouveau barde du XXIème siècle est peut-être occupé de prendre la succession de Johnny Cash, dans nos cœurs…

Alela Diane

To be still

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Si vous êtes très branchés sur la musique roots américaine, vous n’ignorez plus qu’à l’âge de 26 ans seulement (elle est née en 1983 à Nevada City en Californie), Alela Diane incarne déjà une de ses plus dignes représentantes. Paru en 2007, son premier album, « The Pirate’s Gospel », avait été acclamé par la critique et immédiatement adopté par le public. Ces compositions intemporelles ont même touché le grand public. En peu de temps, Alela s’est imposée comme une digne héritière de Joan Baez ou de Karen Dalton. Pour vous situer le niveau… Le hasard faisant parfois bien les choses, son éclosion a permis aux fans de Cat Power de lui trouver une dauphine. Faut dire que les derniers essais de Miss Marshall sont plutôt décevants. Mais comment expliquer qu’une musique si américaine puisse rencontrer un tel engouement en Europe ? Particulièrement en France, puisqu’elle a vendu plus de 50.000 exemplaires de son « Pirate’s Gospel ». Un véritable mystère…

Pourtant, son nouvel elpee risque fort de suivre la même voie. Pas de titre maître, cependant, fourgué sous la forme de hit ; mais une superbe collection de morceaux country/folk. Le ton général de l’album est très classique, proche des œuvres des grands artistes country américains. Et parmi ces classiques on épinglera « The Alder Trees » et « White As Diamond », deux chansons aux mélodies intemporelles. Et puis, il y a des titres comme « My Bramble » ou « Tatted Lace », deux fragments qui figuraient déjà sur un Ep paru en 2006 et enregistrés en compagnie de Marie Sioux. Une aubaine pour les fans ! Les arrangements sont luxuriants mais jamais envahissants. L’instrumentation est plus ample. On y croise ainsi aussi bien du banjo (Matt Bauer, le géant chauve), de la batterie (Otto Hauser des très bons Vetiver) que, quoique plus épisodiquement, de la mandoline et du xylophone.

« To Be Still » a été imaginé sur la route, lors de sa longue tournée opérée en 2008. Très homogène, l’œuvre ne souffre d’aucune faiblesse. Elle est même tout bonnement passionnante. Il est cependant un peu prématuré pour parler d’album de la maturité ; mais il pourrait facilement le devenir ! Car chez Alela Diane, maturité ne rime pas avec morosité, comme c’est malheureusement trop souvent le cas chez de nombreux artistes contemporains ! Suffit d’écouter le titre final de la plaque, « Lady Divine », pour en être convaincus.

La folksinger est toujours accompagnée de ses proches : son papa est à la guitare et Marie Sioux l’épaule sur certaines plages. L’esprit hippie de la côte ouest n’est jamais loin ! L’ambiance n’est pas totalement à la fête mais le ton peut devenir plus enjoué. Notez qu’Alela Diane tourne pour le moment en Europe. Et lorsqu’elle se produira près de chez vous, ne la manquez pas ; c’est une belle occasion de découvrir une grande dame de la musique américaine.

 

Motor City Josh

Fourty four

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Motor City Josh est originaire de Detroit. Une cité dont la réputation de ‘Motor City’ est bien mal en point, aujourd’hui, depuis que l’industrie automobile traverse une crise automobile (NDR : et économique) sans précédent, aux States. Il fait ses premiers pas en 1991, au sein du Curtis Sumter Project. En 94, il monte son groupe, Motor City Josh and the Big 3. Entre 2000 et 2004, on le retrouve à Atlanta, avant qu’il ne décide de se fixer à Chicago. A ce jour, Josh compte dix albums à son actif : "Living like a king in the ghetto", "Going to the country", "Live in Atlanta", "Acousticly sound",  "Stringer full of blues", "Live from the road", "Blue collar blues man", "Made in Detroit" et "Covered up".

Pour enregistrer ce « 44 », il a reçu le concours de son Big 3, c’est-à-dire le guitariste Johnny Rhoades, le bassiste Chris Douglas et le drummer Justin Headley. Il s’y réserve le chant, la guitare et la slide. Au cours de cet opus, il rend hommage à Howlin' Wolf. De son véritable nom Chester Arthur Burnett, Wolf était né dans une plantation du Mississippi en 1910. En 1948, il décidait d’émigrer à West Memphis avant de rejoindre Chicago au début des années 50, pour y rejoindre l'écurie Chess et créer une bien belle tranche de l'histoire du blues. Il nous a quittés en 1976.

Au cours de cet opus, Josh reprend donc treize plages du répertoire du grand Wolf, mais aussi neuf titres issus de la plume de Willie Dixon. Le tout enrichi par quelques compos personnelles. Son timbre vocal est littéralement ravagé par la fumée de cigarette. Une voix qui colle cependant fort bien au répertoire du géant de Chicago.

L’elpee démarre en force par le titre maître. Une plage bien rythmée. La voix de Josh passe en force. Nicotinée, elle rappelle inévitablement celle de son idole. L’adaptation de ce morceau est cependant originale. L’orgue de Shawn McDonald balise la solution sonore, pendant que les deux guitares s’échangent des répliques. "Spoonful" est un grand classique. A cause de ses riffs caractéristiques et puis de la voix imposante de Wolf. La formation britannique The Cream en avait concocté une version live au cours des sixties. Et c’est même Jack Bruce qui en assurait les parties vocales. La nouvelle cover est très convaincante. Elle est enrichie par les interventions du jeune prodige Jason Ricci, à l’harmonica. La slide de Josh introduit le tonique "Evil is goin' on". Sur cet instrument, il se sent libre comme l’air ; d’autant plus qu’il est soutenu par une solide section rythmique. Et à nouveau, les deux guitares s'échangent des phrases, permettant ainsi à la slide d’emprunter une grande variété de registres. "Back door man" est sans aucun doute un des meilleurs morceaux de l’elpee. Le tempo est très lent, menaçant, lourd. L'harmo de Ricci balaie ce décor sonore. Le riff est écrasant. Il prélude cette voix venue d'outre-tombe… Bien ficelé, "I ain't superstitious" est sculpté dans le funk. "Truth" est un morceau savoureux qui figurait, voici déjà 40 ans, sur l’elpee du Jeff Beck Group. A l’époque, le line up impliquait alors Rod Stewart au chant, Nicky Hopkins au piano et Ron Wood à la basse. Excusez du peu ! "Sittin' on top of the world" et "Smokestack lightning" sont deux autres fragments signés par Wolf. Indolent, le premier est dynamisé par les accords du piano de Shawn McDonald. Quant au second, il est littéralement découpé dans des riffs hypnotiques. Du répertoire de Willie Dixon, signalons encore la présence du notoire "Little Red Rooster", popularisé jadis par les Rolling Stones, "Built for comfort", vivifié par le souffle fiévreux de Jason Ricci, "Meet me in the bottom" ainsi que "Wang dang doodle", une composition marquée par une voix empreinte d’authenticité et traversée de cordes virevoltantes. Ce vibrant hommage s’achève par le "Goin' down slow" de St Louis Jimmy Oden, morceau qui figurait au répertoire de Howlin' Wolf. De toute bonne facture, l’adaptation est nappée d’orgue. Ce qui n’empêche pas la slide gouailleuse de s’en donner à cœur joie. Si cette œuvre n’est pas révolutionnaire, elle reflète l’admiration et l’immense respect manifesté par Josh pour la légende.

Les Wampas

Les Wampas sont la Preuve que Dieu Existe

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« Les Wampas sont la Preuve que Dieu Existe ». Vu le titre et le pedigree des Français, il fallait s’attendre à tout. Branleurs de la scène rock indépendante depuis plus de 25 ans, la provocation est depuis leurs débuts, une carte de visite. Dernière en date le premier morceau qui apparaît sur l’album : « U.N.I.V.E.R.S.A.L. », glaviot dans le potage pour leur propre maison de disques. Didier Wampas et ses acolytes n’ont pas leur pareil pour balancer des caisses d’idioties et d’humour potache. Alignant des titres aussi classieux que « Mon Petit PD », « I Hate Switzerland » ou « Il n’y a que les lâches qui freinent », ils se gondolent en balançant des textes complètements plats sur des accords à 0.50 €. Pourtant ça marche. Qu’ils soient vindicatifs ou irrespectueux, les différents morceaux de l’album apportent leur lot de sourires, et de battements de pieds. Se revendiquant comme les maîtres et inventeurs du yéyé-punk, ils nous administrent des riffs barrées et saturés à profusion, comme au bon vieux temps de la crête collée à l’œuf et à la bière. Un brin de nostalgie peut donc émaner de l’elpee, si vous aussi avez croisé les lacets d’un ‘combat shoes’ démantibulé, au cours de votre jeunesse. Cette galette est la dixième pour les Français. Elle prélude tournée et festivals. Même si les Wampas semblent has-been, il y aura toujours un public pour les amuseurs publics. Rien ne semble donc, compromette leur participation à l’histoire du rock. C’est qu’à force, on aurait du mal à faire sans eux.

 

The Phantom Band

Checkmate Savage

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The Phantom Band porte bien son patronyme. Sur la toile, c’est même un groupe fantôme. A moins qu’il ne s’agisse d’un nouveau monstre du Loch Ness. Car le groupe est écossais. Rares sont les sites qui signalent même son existence. Mais ce silence ne devrait pas durer. Et pour cause, nous sommes ici en présence d’un groupe qui possède un fameux potentiel.

Le sextet de Glasgow est drivé par Duncan Mc Cornell et Richard Princeton. Le premier se réserve les vocaux, le second la guitare. « Checkmate Savage » constitue leur premier album. Il fait suite à la sortie de deux singles, dont « The Howling », morceau qui introduit l’elpee. Le combo a été signé par Chemikal Underground. C’est un avantage ! Ce qui n’est pas nécessairement un gage de réussite pour le groupe. Mais tout au moins de qualité. Fondé par l’ex-Delgados Paul Savage, ce label écossais indépendant a en effet hébergé de fameuses pointures dont Mogwaï et Arab Strap. Et c’est justement Paul qui produit ce « Checkmate Savage ». Serait-ce un clin d’œil adressé au boss de l’écurie ? Une chose est sûre, le choix de ce personnage pour la mise en forme est une manière de frapper un grand coup.

« Checkmate Savage » ne recèle que 9 titres ; mais tous durent plus ou moins sept minutes. La matière est donc suffisante. Ces spectres écossais y mêlent de manière originale le folk, le post-rock, le krautrock et l’électro. Notamment ! Les goûts musicaux partagés au sein de la bande doivent être furieusement éclectiques pour puiser au sein d’un tel éventail de styles. Une exception qui confirme la règle, le décevant « Burial sound », une plage trempée dans le dub-step. Toutes les autres compos nous entraînent dans un univers bien distinct. « The Howling » ouvre l’elpee. Probablement le morceau le plus accessible de la plaque. Une manière de rentrer en douceur dans l’œuvre. Car la suite se révèle de plus en plus passionnante et complexe. A l’instar du magnifique « Folk Song Oblivion », caractérisé par ses contrastes saisissants entre les couplets puissants et les refrains légers et mélodiques. « Crocodile » nous enveloppe dans une certaine quiétude. Une pause post-rock que n’auraient pas reniée leurs confrères de Mogwaï. Sur « Halfhound », on jurerait entendre Eddie Vedder s’époumoner sur la musique countryfiée d’un Joy Division (NDR : il y a d’ailleurs longtemps que Pearl Jam n’a plus écrit une si bonne chanson). La formation s’autorise une incursion pastorale sur le très réussi « Island ». A nouveau très proche du mythique et défunt gang de Ian Curtis, « Throwing Bones » est tout bonnement étourdissant.

Un groupe à découvrir absolument ! Et à mon humble avis, il ne sera plus ni anonyme ni énigmatique, d’ici quelques semaines. D’ailleurs The Phantom Band se produira en concert le 8 mai prochain, dans le cadre des Nuits Botanique !

 

Sam Kills Two

Sam Kills Two

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L’histoire de Sam Kills Two commence en 2006 lorsque le chanteur/guitariste suédois Fred Bjorkvall rencontre le chanteur/guitariste/pianiste irlandais Geoff Gamlen (NDR : un ex-Catchers) et le drummer Matt Bell. Ils décident donc d’unir leurs forces au sein de SKT. Puis entrent en studio sous la houlette de l’ancien bassiste de Dodgy (NDR : une formation de powerpop britannique qui a sévi au cours des eighties) Nigel Clark. Ce dernier va même participer très activement à la confection de l’opus, en apportant sa collaboration à la mise en forme, au mixing et comme multi-instrumentiste. Un premier Ep intitulé « Introspectacle », paraît en 2007 ; mais il faudra attendre l’année suivante avant que le combo ne parvienne à décrocher une signature sur le label Rocket Girl.

La formation évolue au sein d’un style atmosphérique. Pop/folk/rock indie, pour les puristes. L’opus s’ouvre d’ailleurs par une compo instrumentale, « Flatland », plage caractérisée par ses arpèges de guitares (semi)-acoustiques. On baigne alors manifestement au cœur d’une ambiance douce et chaleureuse. Sur le second morceau, « 2020 », le piano entre en scène pendant que Bjorkvall pose sa voix. A cet instant, la solution sonore lorgne vers 90 Day Men, mais en plus paisible. Oubliez leur fougue et leur folie, bien sûr. Quant au timbre de voix mélancolique, il campe plutôt un hybride entre Mark Kozelek (Red House Painters, Sun Kill Moon) et Andy Yorke (Unbelievable Truth). Et le reste de l’album est de la même veine. Il coule même comme un long fleuve tranquille, sans le moindre accident de parcours. Et c’est bien là le problème. Car on a l’impression que toutes les chansons sont issues du même moule mélodique. Ce qui explique sans doute pourquoi aucune d’entre elles ne parvient à nous accrocher. Peu de rythme, une instrumentation minimaliste ; on a l’impression que tout est calibré au millimètre près. Si bien qu’au fil de l’écoute, une lassitude commence à nous envahir… Une exception qui confirme la règle : « Instrumental N°2 », un superbe morceau qui parvient à nous sortir de notre torpeur, planté au beau milieu du paysage sonore. Avant de reprendre le fil de son cours, sans se retourner… 

 

Various Artists

Luxembourg’s Finest Volume 2

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Quand les Luxembourgeois débarquent, ils ne font pas les choses à moitié, et j’en parle en connaissance de cause. En découvrant cette deuxième sélection du Rockhal (considéré comme le plus grand centre de musique amplifiée du Luxembourg), on devait donc s’attendre à tout. Et comme d’hab’ chez les Luxos, difficile d’en ressortir indemnes. Présentés comme les meilleurs espoirs musicaux grand-ducaux actuels, les 14 groupes réunis sur cette galette ont fait fort. Tout commence par une joke en compagnie du groupe Mutiny On The Bounty et leur « Call Me Cheesus ». Ils nous balancent un bon gros rock gras de bonne facture qui décrasse les oreilles d’entrée de jeu. Suivi de très près par une autre joke : « Fjord Mustang ». Un electro rock fort sympa, dont le groupe Artaban peut être fier. Half Flavin et son « Uplift » tournoie dans un univers sis quelque part entre Fleischmann et Chris Martin, sur une electro folk hypnotique. Des trois premiers morceaux de la compile, il n’y a donc pas grand chose à jeter. La suite est moins indispensable, même si Miaow Miaow aux accents de Bloc Party et !!!, Minipli ou Thorun And The Woggiebears, viennent à nouveau relever le niveau de manière fort respectable. Entre ces petites capsules de fraîcheur viennent se greffer des groupes de métal à faire frémir, comme Clean State, caractérisé par ses vocaux gutturaux influencés par une série B ou Miles To Perdition qui nous rendent muets de trouille. Enfin, pour clôturer la ronde de l’éclectisme, il faudra compter sur le parfum 80’s electronica répandu par Flashy Rock ou Avastar, qui perdent tout cachet face aux excellentes prestations du reste de l’album. « Luxembourg’s Finest Volume 2 » est donc un recueil fort agréable à écouter, vu son éclectisme et la qualité indéniable de certaines formations. Petit clin d’œil qui m’a fait énormément sourire, l’adresse du Rockhal est sise 5 avenue du Rock’n’Roll à Esch/Alzette. Nos voisins ne manquent manifestement pas d’humour…

 

Still Flyin’

Never Gonna Touch The Ground

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A San Francisco, rares sont les jours sans soleil. Et dès qu’il disparaît, Still Flyin’ se charge de compenser cette absence, le temps de quelques chansons. Chez Still Flyin’ le monde est beau. Les êtres humains voient la vie en rose. Les jardins sont en fleur. Ca vous rappelle quelque chose ? Apparemment, la musique de Still Flyin’, le nouveau projet du chanteur/compositeur Sean Rawls, s’adresse d’abord aux néo-hippies du monde entier. Et puis indirectement, à celles et ceux qui vivent mal leur quotidien. Ce vétéran de la scène pop, s’était déjà illustré au sein de Master Of The Hemisphere ou encore Je Suis France. Pour la circonstance, l’Américain a reçu le concours de quatorze personnes ; et prévoit des spectacles visuels aussi alléchants que mémorables.

Premier opus de ce collectif, « Never Gonna Touch The Ground » a été enregistré à San Francisco et mixé par des membres d’Architecture In Helsinki. La musique est riche. Très riche même. Les musiciens talentueux. Hormis sur les plus énergiques « Good Things It’s A Ghost Town Around Here » ou encore « Dead Memory Man », le climat baigne dans une quiétude certaine et une bonne humeur permanente, reflétant ainsi l’idéologie de cette communauté pacifique. La version contemporaine des sixties prônée par Si Sean Rawls peut paraître décalée, mais elle est sincère, et puis sa transposition en musique constitue un excellent antidépresseur.

 

Domino 2009 : mardi 13 avril

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Le projet Domino invite, chaque année, des artistes atypiques et innovateurs sur la scène de l’Ancienne Belgique. Ce festival a notamment programmé les premiers concerts indoor de groupes comme The Mars Volta, Battles, Sigur Rós, Múm… Il a également contribué à la consécration d'artistes comme Joanna Newsom, Soko, LCD Soundsystem, Jamie Lidell, Emiliana Torrini ou encore CocoRosie. Pour sa 13ème édition, le festival marque un grand coup en invitant les inclassables Allemands de Notwist venus présenter leur dernier opus.       

Grâce à ce sixième album « The Devil, you+me », Notwist nous démontre qu’il compte, incontestablement, parmi les groupes les plus expérimentaux et créatifs de la scène Indie Pop du XXIème siècle. Sombrement lyrique, somptueusement hypnotique, le quatuor bavarois nous offre une pop qui frissonne encore d’ondes électroniques. Jonglant sans cesse avec les sonorités les plus diverses (pop, rock, électro, jazz…), les auteurs effacent avec une habileté surprenante les lignes de clivage des influences musicales. La collision des sons est jugulée, la substance sonore distillée savamment, le diamant et l’or blanc, l’améthyste et l’argent se cisèlent d’eux-mêmes, s’éclairent et s’harmonisent.

Six ans après le cultissime « Neon Golden » et une prestation scénique restée dans les mémoires, le groupe allemand irradie de nouveau les planches de l’Ancienne Belgique.

21h20, Notwist ouvre délicatement son écrin pop par le mélodieux « Boneless », le narcotique « Where in this world » et le magnifique « Gloomy Planets ». Vient ensuite une séquence électro en bourrasque qui nous dévoile l’étendue du talent de compositeur de Martin Gretschmann (Aka Console). « Neon Golden » et « Gravity » entrent alors par effraction dans la salle de l’AB et effacent délicatement les guitares. Le voyage électronique commence et nous plonge dans un univers de sons d’une pureté enivrante.

La gifle électro-pop s’élève à un degré de saturation parfaitement contrôlé et justement dosé. Cette playlist savamment orchestrée se referme en douceur sur l’excellent « Good Lies ». La fièvre retombée, les frères Archer nous livrent un copieux double rappel plus mélodique qui s’éteint sur le merveilleux « Consequence », laissant ainsi le public émerger peu à peu dans la réalité et repartir les nerfs à fleur de pop.

Inutile de préciser que le défi studio/scène relevé par les frères Archer du très expérimental « The devil, you+me » a été magistralement réussi. Soufflant !

The Notwist à l’Ancienne Belgique restera vraisemblablement l’un des meilleurs concerts de l’année 2009.

The Notwist

Organisation Ancienne Belgique

Sara Tavares et son joli mois de mai...

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La sortie du nouvel album de Sara Tavares, « Xinti », est prévue pour le mois de mai. Elle sera précédée par celle du premier single et du vidéoclip de « Bue ». La chanteuse/compositrice/guitariste portugaise se produira, en outre, le 8 mai à la salle De Roma à Anvers et le lendemain à l’AB de Bruxelles. ,

Pour plus d’infos : http://www.saratavares.com

 

Domino 2009 : dimanche 12 avril

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Au vu de l’affiche de cette sixième soirée du festival Domino, l’AB était manifestement décidée à nous envoyer des décibels plein la tronche. Au programme: Tiny Masters Of Today, Mi Ami, Health, Handsome Furs et Mono. Début des festivities: 17h.

Malgré toute l’énergie déployée par Tiny Masters Of Today, la formation relève quelque peu de l’anecdote. Un frère, Ivan, et une sœur, Ada, respectivement 15 et 13 ans, s’agitent sur la scène, guitare à la main, comme des grands. La formule pourrait faire sourire mais le duo assure un set mature et cohérent. Reste à voir si la petite famille sera toujours qualifiée de prodige d’ici quelques années…

18h. Au tour de Mi Ami d’entrer sur scène et, surtout, de tout fracasser sur son passage. Mi Ami, né des cendres de Black Eyes, est, personnellement, la meilleure découverte de cette édition du Domino. Les guitares se lâchent, les grosses caisses font trembler la salle et Damien Martin McCormick, leader de la bande, ponctue les morceaux d’incantations tapageuses extraites de l’album « Watersports », un disque à ne manifestement pas rater !

19h. Alexei Perry et Dan Boeckner débarquent sur les planches. Elle, derrière son synthé, lui, armé de sa guitares. Après un show comme celui de Mi Ami, le set des Handsome Furs semblent un peu pâlot. Un concert de 25 minutes entremêlant riffs bateau, coups de synthés académiques et vocalises insipides. Erreur de casting ?

Health change la donne à 20h. Le combo de Los Angeles, qui avait offert un spectacle moyen aux Nuits Botanique l’an dernier, revient taper du poing dans un cadre plus adapté. En effet, aux Nuits, ils étaient entourés de Yelle, Bunny Rabbit et Friendly Fires, autant d’artistes qui sont à milles lieues de l’univers du quatuor. Ce soir, Health est dans leur élément et le démontre en une bonne demi-heure de Noise bien envoyé. Pas un temps mort. La formation s’est surpassée en balançant un set à la fois chaotique, cohérent et visuellement impressionnant.

Mono clôture cette longue soirée en douceur. La transition entre Health et Mono est un peu difficile à digérer mais le combo post-rock japonais, qui venait présenter son nouvel ouvrage, « Hymn To The Immortal Wind », est parvenu à allier délicatesse et puissance. Une belle manière d’achever une sixième soirée riche en bonnes surprises.

Tiny Masters Of Today + Mi Ami + Health + Handsome Furs + Mono

Organisation : Ancienne Belgique.

 

Domino 2009 : vendredi 10 avril

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Cinq noms se partageaient donc la troisième journée de l’édition 2009 du festival Domino. Si Blk Jks, Disko Drunkards, Hudson Mohawke et Rustie constituaient quelque part des découvertes, la présence du groupe mancunien A Certain Ratio nous replongeait quelque part à la fin des seventies/début des eighties.

Disko Drunkards est un nouveau projet imaginé par le drummer de dEUS, Stephane Misseghers, le chanteur/guitariste de Millionaire, Tim Vanhamel et le duo électro The Glimmers. Sur scène, le line up implique un bassiste et un claviériste. Ils sont surtout connus dans le Nord du pays pour leur hit « Physical », une cover d’Olivia Newton John, reprise qu’ils vont d’ailleurs interpréter au cours de leur set. Tim a opté pour une tenue de footballeur (NDR : il ne lui manque que les chaussures à crampons !) Pendant que Mo & Benoelie bidouillent derrières leurs tables, le quatuor tente de lier la sauce de cet urban jungle funk qui ne manque pas de groove. Le problème, c’est qu’il y a de gros grumeaux : en cause, un manque d’homogénéité manifeste entre les différents musiciens et une balance approximative. Trente minutes, c’était donc largement suffisant !

C’est assez rare pour ne pas le souligner, mais Blk Jks est un quatuor qui nous vient d’Afrique du Sud. De Johannesburg, pour être plus précis. Tshepang Ramoba est un drummer exceptionnel. Dès le premier morceau, je ne puis m’empêcher de penser à Billy Cobham ! A cause de son jeu influencé par le jazz et la fusion. En outre, les différents articles consacrés au combo ont beau parler d’avant-noise rock (NDR : parfois les étiquettes…), manifestement, il y a des références prog dans leur musique. Mpumi Mcata, le soliste a une tignasse de… zulu. Linda Buthelezi, le chanteur/guitariste et Molefi Makananise, le bassiste portent un ‘spotty’ sur le crâne ou si vous préférez, un bonnet de laine (NDR : faisait pas assez chaud ?) Arborant de magnifiques Dreadlocks, Thepang est torse nu dès le second titre. Une chose est sûre ce sont de remarquables instrumentistes. Et tant la voix falsetto de Linda que de Ramoba est impeccable. Mais après une bonne vingtaine de minutes, les performances instrumentales finissent par lasser. Pourtant, le leader a beau empoigner une sèche de temps à autre, pour essayer d’accentuer l’aspect mélodique des compositions, on cherche vainement le fil conducteur du set pour pouvoir accrocher. Conclusion : direction le bar !

A Certain Ratio est une formation née en 1977. Elle compte donc aujourd’hui plus de trente années d’existence. Bien sûr, du line up initial, il ne subsiste plus que trois membres ; c’est-à-dire le chanteur/bassiste Jeremy Kerr, le guitariste/trompettiste Martin Moscrop et le drummer Donald Johnson, même si ce dernier est arrivé un peu plus tard (NDR : en 1979 !) pour remplacer la boîte à rythmes. La formation est aujourd’hui complétée par deux claviéristes, dont Tony Quigley, également saxophoniste mais aussi bidouilleur (NDR : encore un vétéran !) et Liam Mullan (NDR : le plus jeune de l’équipe). Sans oublier l’ex-vocaliste de Primal Scream, Denise Johnson (NDR : elle avait aussi milité, à une certaine époque chez Gay Dad). Cette dernière ne participe cependant, sur scène, qu’aux deux tiers du tracklisting, et en particulier sur les morceaux les plus r&b. Apportant alors aux compos une touche sensuelle, chaleureuse, parfois gospel, à vous flanquer des frissons partout.

Parce que ce fameux tracklisting va alterner morceaux atmosphériques et punk/funk. Les premiers presque cold, hypnotiques, envoûtants, laminés par les accès de basse dispensés par Jeremy et hantés par son timbre morose ou/et les interventions jazzyfiantes (NDR : à la Herbie Hancock ou Miles Davies) de Tony au sax. Les seconds, davantage soul, presque dansants. Derrière, lorsqu’il ne troque pas sa gratte contre la trompette, Martin (NDR : il en faudrait deux !), découpe les compos dans le funk blanc. Véritable métronome, Donald fédère toute la solution sonore, y compris les aventures électronica-bidouilleuses des deux derniers arrivés. C’est un avis personnel, mais lorsque le duo de cuivres entre dans la danse, on pénètre alors dans une autre dimension. Elle est même magique. Et alors qu’on aurait pu espérer prendre une véritable claque lorsque le groupe achève sa prestation par « Shack up », on se rend compte qu’il existe un dilemme. En fait, il manque une trompette pour faire claquer le morceau. Et sans la guitare, ce classique aurait eu un goût de trop peu. C’est un des rares regrets rencontrés au cours de ce set. Parce que franchement, non seulement la qualité était au rendez-vous, mais aucun spectateur ne remuait pas au moins un orteil.

Lors du rappel, le combo s’est lancé dans un long exercice de style latino. L’ensemble du groupe s’est mis aux percus. Et même, à un certain moment, exclusivement aux percus ! Ambiance brésilienne, sifflets y compris. Le drummer devenu bassiste, le guitariste passé à la batterie ou à la caisse claire, quand il n’appuyait pas Donald sur son kit. Un Donald qui chante également et partage même les vocaux en compagnie de Denise sur un autre morceau du rappel. Le public est chaud, très chaud et en veut encore et toujours, malgré les lumières qui se rallument et la sono qui couvre les acclamations. Au bout de cinq bonnes minutes, le soufflé retombe et la foule se rend compte que le combo ne reviendra plus. Un pur bonheur, car il ne faut pas oublier que A Certain Ratio ne se produit en concert que six à huit fois par an. Et après ce spectacle on comprend mieux l’influence que le band exerce et a exercé sur des ensembles contemporains comme !!! ou Radio 4.

Il était donc 23h30, et vu la route qui me restait encore à effectuer ainsi que le style proposé par le beatmaker écossais Hudson Mohawke (NDR : du hip hop expérimental et instrumental dans l’esprit de Flying Lotus) et Rustie (NDR : son Myspace le tague de Tropicale / Grime / Trance ), il ne m’est pas possible de vous relater la qualité de leurs prestations. De toutes manières, celle d’A Certain Ratio m’avait suffisamment comblée ce soir…

Tracklisting A Certain Ratio

Skunk
Do the du
Flight
Mind made up
Way to escape
Forced laugh

Rialto
I feel light
Wonder Y
Wild Party
Be what you wanna be
Shack up

Si Firmir O Grido
Down Down Down

Blk Jks + Disko Drunkards + Hudson Mohawke + Rustie + A Certain Ratio

Organisation AB

 

Une renaissance ?

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Nouvellement signé chez Secretly Canadian, Foreign Born publiera son nouvel album, « Person To Person » dès le 23 juin. Le groupe de shoegaze folk (même si les musiciens reconnaissent pour influences majeures les Walkmen, les Feelies et même U2) issu de San Francisco a enregistré cette collection de 11 morceaux au Sunset Lodge Studio.

Tracklisting

Blood Oranges
That Old Sun
Vacationing People
Winter Games
Early Warnings
See Us Home
Can't Keep Time
It Grew On You
Lion's Share
Wander Aimlessly
Wait In This Chair

Pour plus d’infos : http://foreignbornmusic.blogspot.com et http://www.myspace.com/foreignborn