La terre fissurée de Daffo

À seulement 20 ans, Daffo, artiste indie-rock basée à Brooklyn, transforme le tumulte intérieur en chansons brutes et poétiques, d’une étrange beauté. Entre l’énergie DIY et des arrangements délicats, sa musique oscille entre fragilité et intensité. Révélée…

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Isis

Le Grand mix béni par la déesse Isis

Soirée événement destinée aux aficionados de doom metal et de post-hardcore, programmée ce mercredi 29 mai, au Grand Mix de Tourcoing, en compagnie du quintette californien d’adoption (la formation est, en fait, originaire de Boston) Isis. Projet d’Aaron Turner, le fondateur du label indépendant Hydra Head Records, Isis en est déjà à son troisième album, « In the ocean of truth », un opus surprenant, complexe, riche en réflexions existentielles, dans lequel le clavier se fait plus présent aux dépens des hurlements ténébreux d’Aaron. Un indispensable de votre discographie de l’année 2006. Et vu la réputation dont ils jouissent sur scène, on s’attendait à une belle claque, place Notre Dame.

 Pour chauffer la salle, le projet qu’Isis souhaitait présenter dans le cadre de cette tournée, n’y est pas allé par quatre chemins. Il a choisi Oxbow. Un combo californien qui affiche déjà 20 années d’existence au compteur. Un groupe ‘culte’ qu’on peut franchement qualifier de ‘schizophrène’ en raison de la double personnalité développée à travers deux styles musicaux différents : le post-hardcore lorsque le combo se retrouve à quatre, le blues minimaliste quand Eugène Robinson et Niko Wenner sont réduits à un duo. C’est d’ailleurs sous cette configuration que Docteur Jekyll et Mister Hide nous ont proposé l’ouverture des festivités. Immense, de corpulence impressionnante, à la couleur de peau café, Eugène, véritable sosie de Michael Clarke Duncan (l’acteur qui endosse le rôle du condamné à mort John Coffie dans le film « La Ligne verte »), monte sur scène, flanqué d’un roman écrit en 1895 par Thomas Hardy, « Jude the obscure », une histoire sombre, pessimiste, triste, teintée de colère et d’injustice. Des sentiments qu’Eugène incarne à merveille sur les planches. Nikko sculpte un relief musical très blues à l’aide de sa guitare sèche. Eugène s’y ancre pour y dispenser un set intense, douloureux, rythmé par des moments de clameur et de silence, d’incantations et de prières. De déhanchements malsains aussi. Sans oublier le petit grain de folie. Quelque part entre un Jesus Lizard ‘unplugged’ et la Nico du Velvet Underground, le duo nous propose une bien belle prestation. La scénographie mêlée au personnage impressionne. Le public est surpris, dans le bon sens du terme. Le temps d’un rappel et d’une petite bière pour enfin vivre l’épilogue de la soirée.

 Le set d’Isis s’ouvre par quelques notes dispensées au piano. Bryant Cliffort, le guitariste/claviériste (Il  collabore également à un autre projet, Red Sparowes, groupe de post-rock qui jouait le même soir à Bruges) en est le responsable. Progressivement, les guitares de Michael et d’Aaron, la basse de Jeff et la puissance du batteur, l’autre Aaron, viennent envahir le public, dans un mur du son décoiffant. Cinq figures charismatiques, montées sur des tapis de pédales à effets sonores multiples, vous prennent alors au fond des tripes durant près d’une heure trente. Atmosphères tantôt pesantes, froides et inquiétantes, tantôt violentes, mécaniques et explosives, les cinq virtuoses nous emmènent dans l’univers de Neuroris, Cult of Luna, Amen Ra, Godflesh, Tool ou Mogwai. Derrière ce génie de technologie, les influences de Pink Floyd et du Led Zep s’imposent dans un tsunami de sons, bien huilé qui frôle la perfection. Le concert atteint des sommets quand « In Fiction », un des titres phares du quintette, fait exploser les décibels. Le moment d’un rappel et déjà le groupe quitte la scène. Le temps semble si court lorsqu’on est si proche du divin…

 Organisation Grand Mix Tourcoing

Jethro Tull

La flûte vedette de la soirée

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C’est le ‘petit’ Forest National qui accueille ce soir le mythique Jethro Tull. La salle est bien remplie, mais pas sold out. C’est dire que l’évènement rassemble trois à quatre mille personnes. Score honorable pour un groupe certes emblématique, mais sans actualité et aux performances scéniques en dents de scie. Le public est mélangé : quinquas et quadras, majoritaires, se mêlent à de plus jeunes, dont certains visiblement encore aux études-leurs enfants ? Le groupe, il est vrai, n’est pas bien loin des quarante ans de carrière. Me concernant, j’ai assisté à mon premier concert de Jethro Tull ici même, en 79.

 Premier constat : le père Anderson-chanteur rencontre de vrais problèmes. Son chant est poussif, manque de puissance et ne s’aventure plus du tout ni dans les attaques dures, ni dans les aigus (et ce qui n’arrange rien, c’est qu’il est parfois sous-mixé). L’artiste en est parfaitement conscient et gère clairement son show de façon à s’économiser. Par contre, Anderson flûtiste a bonifié au fil du temps. La flûte est d’ailleurs la vraie vedette de la soirée, tant elle ne quitte plus que rarement les mains du maître, pour le plus grand bonheur des fans. Fidèle à la tradition, l’homme en jouera sur une seule jambe à plusieurs reprises. C’est pourtant à l’harmonica qu’il inaugure son concert, interprétant un vieux blues, seulement accompagné de son vieux complice Martin Barre. Lequel se révèle toujours aussi redoutable à la guitare.

 Jethro Tull pourrait se contenter d’un show très classique et satisfaire facilement son public en alignant ses morceaux les plus connus dans des versions convenues. Mais Anderson a ce très grand mérite de toujours chercher à s’amuser sur scène. C’est pourquoi il propose souvent des versions revisitées de ses standards. Ainsi, ‘Aqualung’ patiente derrière une longue intro décoiffante, ‘Jack in the Green’ ne reconnaît plus son ventre, et même une relique aussi vénérable que « Bourée » n’échappe pas au dépoussiérage. « Thick as a Brick », dans sa version contractée et dynamisée, s’avère quant à lui un des points forts du concert, au même titre que « My God ».

 En bref, Jethro Tull a fourni une prestation tout à fait honorable, énergique et enthousiaste, teintée d’humour british (les claviers sont dissimulés dans un… piano à queue) et d’autodérision. Et après un seul rappel (« Locomotive Breath »), le band a pris congé d’un public ravi !

(Organisation : Live Nation)

 

Sanseverino

Le mutant et les tueurs...

Écrit par

Ce type est un mutant. Pas ses musiciens, non, eux ce sont juste des tueurs. Des machines à swing imparables qui démarrent au quart de noire et ne lâchent pas les morceaux avant le retour des lumières. Mais lui, c'est un mutant. Parce que partir à donf' sur une rythmique béton, présenter ses vingt musiciens qui défilent au micro le temps de quelques mesures solo bien senties, finir la chanson et balancer un speech de bienvenue totalement délirant sur un (son) débit de mitrailleuse bégayante, j'ai jamais vu.

Bon, replaçons le contexte. Sanseverino, bien que toujours digne fan de Django, a néanmoins décidé d’enregistrer son dernier album (et par conséquent cette tournée) en invitant un peu plus de monde que par le passé. Un peu plus de watts, aussi. De la petite formation contrebasse + batterie + 3 sèches rythmiques + sa sèche à lui, on passe à contrebasse + batterie, deux grattes électriques, clavier, et... cuivres. Huit au total (4 saxos, un trombone, 3 trompettes).

De quoi remuer quelques popotins donc, et ça fonctionne très bien. Suite à la fracassante entrée en matière, un long blabla d'introduction donc, tapant sur l'atmosphère hyper-fliquée de Monaco (les gars de la sécurité, équipés de la panoplie costard/oreillette/micro dans la manche ne bronchent pas), les artistes pro-Sarkozy, et s'alarmant de la présence de gamins dans le public, ce qui pourrait l'empêcher de dire trop de grossièretés.

Sa virtuosité vocale sur "Il se la pète", doublée d'une énergie communicative achèvent de propulser le concert à sa vitesse de croisière : pied au plancher.

Même une jolie chanson d'amour comme "Mathilde" contient trop d'énergie retenue pour faire -un tant-soit-peu- retomber la température. D'autant qu'avant de l'entamer, Sanseverino aura eu le soin de préciser que les jeunes amoureux peuvent tenter leur première pelle sur celle-là, ‘un peu comme le caméléon qui s'approche discrètement et sort sa langue chplaf".

Encore quelques vannes adressées au public, puis une autre démonstration de l'agilité de la langue du bonhomme sur "Démolissons les mots", marquée entre autre par un discours bien senti (mais guère compréhensible) prononcé dans l'embouchure même de l'un des saxos.

Vient ensuite un ‘Triptyque musical’ dont les chansons s'étalent sur ses trois albums et narrent les aventures d'André. Sur la deuxième, il descend carrément dans la salle faire un tour (un vrai grand tour hein, pas juste serrer trois pognes au premier rang).

Histoire de prouver qu'il est vraiment à l'aise dans le rock et pas seulement dans le jazz manouche, une petite reprise de Willy Deville : « Italian Shoes ». Sauf qu'il traduit les paroles en direct. OK, juste le premier couplet, pour permettre au reste puisse groover un peu quand même ; mais on ne peut qu'apprécier l'effort. Un petit arrêt dans « Les embouteillages », et le concert se termine par "A l'enterrement de ma grand-mère". A réveiller une morte.

Petit retour vers le style du précédent opus pour le premier rappel ou seule une petite formation acoustique entame « La maison sur le port », "La cigarette" et "La voisine des oiseaux". Il s'éclipse à nouveau pour revenir quelques minutes plus tard... vêtu d'une robe de soirée qui serait sûrement fort  seyante sur une silhouette autre que la sienne. Une casquette en cuir complète un look ‘Cabaret’, pour chanter "J'ai un homme dans ma vie", à la fin de laquelle il quitte à nouveau la scène, non sans laisser complètement glisser sa robe au sol sur le trajet, provoquant l'hilarité de la salle. Pendant qu'il retrouve une tenue plus adaptée, ses musiciens continuent de se faire plaisir : soli de batterie puis de piano, du pur jazz semblant être leurs racines premières. Retour des derniers cuivres : ils manquaient à l'appel ; et pour ceux qui pensaient finir sur un morceau plus tranquille, le "Take the A train" de Duke Ellington, mené (jeu de mot obligé) à un train d'enfer, conclut le concert.

Impossible de ne pas être entraîné par l'énergie débordante de Sanseverino et de son groupe. La virtuosité sans esbroufe, le plaisir de jouer, difficile d'y trouver à redire.

Tracklist :

Ma Fleur
Exactement
Les Ouvriers
Comment séduire une femme mariée
La Valse à Peggy
Il se la pète
Mathilde
Démolissions les mots
André
André 2
André super star
10 jours avant Paris
Italian Shoes
Les Embouteillages
A l'enterrement de ma grand-mère
La maison sur le port
La Cigarette
La Voisine des Oiseaux
J'ai un homme dans ma vie
Swing du nul
Take this fuckin train

 

Wolfmother

Le rock de demain parfumé au patchouli.

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Après avoir annulé leur concert prévu au Vooruit de Gand pour cause de cérémonie des Grammy Awards (au cours de laquelle ils ont été nominés dans la catégorie ‘Best Hard Rock Performance’)  les Australiens de Wolfmother ont investi une AB pleine à craquer. Une AB où se croisent des jeunes filles de 16 ans, pantalons pat d’ef et t-shirts à l’effigie de la tête d’affiche, des métal heads chevelus et cloutés, ainsi que des nostalgiques des années psychédéliques dont on se demande parfois s’ils ne sont pas les grands-parents des groupies agglutinées sur le devant de la scène. Nous préférons nous désaltérer durant la prestation catastrophique de Brant Bjork and the Bros dont le stoner monotone et totalement dépourvu d’inspiration lasse un public qui scande déjà le nom des héros du soir.

 Comme pour accentuer son attachement à la fin des sixties et aux années 70, le combo se produit sur la scène la plus minimaliste qui soit ! Pas de backdrop, pas de décor, d’effets pyrotechniques ou de lights sophistiqués. Une batterie, une guitare, une basse, un orgue Hammond, des amplis et quelques projecteurs… Les Aussies semblent apprécier l’esprit club et on les imagine aisément sur la scène du Spirit of 66, qu’ils ne risquent pas de fouler de sitôt. Il est un peu plus de 21h lorsque le trio entame un set court mais d’une rare intensité. Inattendu et imprévisible il va faire des dégâts et tout balayer sur son passage ! Débordant d’énergie à l’image de leurs compatriotes et idoles AC/DC, Wolfmother égrène toutes les chansons de sa première galette éponyme. Le riff saccadé et violent de « Dimension » évoque Led Zeppelin. « Woman » est sans doute le titre le plus connu, mais il cartonne à chaque fois, tandis qu’ « Apple Tree » constitue un autre morceau versatile. Le son, l’attitude, les compos, l’atmosphère… le concert est une succession d’allusions et d’hommages à l’histoire du rockToutes ces références au passé sont là comme des balises, mais les trois de Sydney ont suffisamment de personnalité pour rester crédibles. Ils respectent le public et le public lui rend bien. C’est une authentique ovation qui est faite à « Mind’s Eye », alternant douceur et vigueur, selon la méthode appliquée par Thin Lizzy à l’époque de « Black Rose ». La version live de « Joker and the Thiefs » gagne encore en efficacité.

 Andrew Stockdale, à la bouille sympathique, lance un cordial ‘merci d’être venu ! A la prochaine’. Après une telle leçon, il peut être sûr que nous reviendrons.

 Les plus résistants se sont dirigés ensuite vers l’AB club pour un ‘late night show’ en compagnie de l’excellent groupe stoner flamand El Guapo Stuntteam, mais après une telle secousse tellurique, nous avons préféré prendre le chemin du retour, complètement rassasiés de hard rock n’roll. Un futur grand est né !

 Wolfmother + Brant Bjork and the Bros + El Guapo Stunteam

 

Winterpills

The Light Divide

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Winterpills remet le couvert deux ans après son immense premier essai éponyme. « The Light Divide » reprend  à peu de choses près là où Phillip Price et ses potes s’étaient arrêtés. Les paysages désolés se dessinent à nouveau dès les premières notes du morceau d’ouverture, « Lay Your Heartbreak », ravivant le sentiment de faux désespoir provoqué par le disque précédent et qui avait sournoisement laissé ses marques. La formation s’est cependant appliquée à apposer une once d’optimisme supplémentaire. Pas forcément nécessaire. Un petit point négatif qui s’avère insignifiant devant la beauté des harmonies vocales de Price mariées à celles de Flora Reed. Cette dernière s’avère d’ailleurs beaucoup plus présente que sur « Winterpills », ce qui n’empêche pas le fantôme souriant d’Elliott Smith de hanter quasi chacune des compositions de ce nouvel et (presque) impeccable second recueil. A écouter sous la couette, des images plein la tête…

Soulsavers

It’s not how far you fall, it’s the way you land

Écrit par

Alléluia, mes frères et sœurs ! L’archange Mark Lanegan ne peut plus s’arrêter. Après Queens Of The Stone Age, Twilights Singers et Isobel Campbell, c’est au duo Soulsavers qu’il prête aimablement sa voix ténébreuse, qui n’est pas sans rappeler celle d’un certain Tom Waits. Une voix, qui colle par ailleurs parfaitement aux atmosphères de ce second essai. S’ouvrant sur le joli gospel de « Revival », « It’s not how far you fall, it’s the way you land » souffre cependant d’une légère inégalité. La faute aux deux producteurs (Ian Glover et Rick Machin).  Ils n’ont pas su exploiter tout le potentiel mis à la disposition de leur invité qui s’est vu offrir d’une part des petites merveilles telle que la reprise des Stones, « No Expectations », ainsi qu’une version retravaillée de « Kingdoms Of Rain », vieux morceau de Lanegan lui-même et, d’autre part, des titres plats et/ou superflus comme « Ghosts Of You & Me » ou le Massive Attack-esque « Jesus Of Nothing ». Le salut de nos âmes n’émanera donc pas de ce disque...

 

Gina Sicilia

Allow me to confess

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Etablie dans la région de Philadelphie, Gina est encore très jeune. Elle fêtera d’ailleurs ses 22 printemps en juin 2007. Elle est atteinte par le virus de la musique depuis qu'elle est haute comme trois pommes. C’est en écoutant Bobby Bland que l'envie irrésistible de goûter au blues et à la soul music l’envahit. Elle n’est alors âgée que de 14 ans. Non seulement cette chanteuse est passionnée, mais, en outre, sa soif d’écrire lui procure énormément d'attention et d'affection de la part de musiciens déjà attitrés. Elle vient donc de concocter son premier album, un disque partagé entre huit de ses compositions et trois reprises. Et sous la houlette d’un autre jeune talent déjà confirmé, Dave Gross.

 L'album s’ouvre par "That's a pretty good love", un R&B franc et direct très proche du style de Mr Ray Charles. Mais abordé à la manière d'une chanteuse type de ce genre musical : Big Maybelle. La voix de Gina est puissante, quoique affichant beaucoup de réserve. Elle conduit avec panache cette ouverture très cuivrée. La guitare de Dave Gross est omniprésente. Gina signe "I ain't crazy", un excellent blues imprimé sur un tempo modéré, à la texane. Assurée par le bassiste Scot Hornick et le drummer Mike Bram, la section rythmique se révèle très efficace. Gross décoche une flèche meurtrière sur les cordes. Le solo est énergique, digne des seigneurs ; et en particulier Ronnie Earl et Duke Robillard. Karel Ruzicka Jr déploie beaucoup d'énergie sur son ‘honky sax ténor’. Miss Sicilia chante le "Try me" d'Esther Phillips. Elle injecte beaucoup d'émotion tout au long de cette ballade. Très suggestive, elle est sculptée dans le blues lent. Son timbre est clair, précis, vivifiant : une révélation ! Karel essuie des larmes de bonheur à l’aide de son sax, pendant que piano et orgue se fondent dans le décor sonore. Le swing envahit "One of many". L’apparition de l'harmonica chromatique de Dennis Gruenling, un des fleurons de la côte Est des Etats-Unis n’y est pas étranger. Il signe ici une brillante envolée. "Pushover" appartient au répertoire d'Etta James. Couverte d’accents pop et soutenue de chœurs féminins, cette ballade ‘soul’ rythmée, séduisante et amusante est ici très bien restituée. Toutes les autres compos sont issues de sa plume. "Rest of my days" nous rappelle les lentes ballades popularisées par un Otis Redding au sommet de son art. Arthur Neilson est guitariste. New-yorkais aussi. Mais c’est surtout le gratteur attitré de Shemekia Copeland. Il se réserve ici les cordes. Susceptible de véhiculer une dose d’émotion assez conséquente, le vocal tendre de Gina me fait ici penser à la longiligne louisianaise Marcia Ball. Cette situation semble largement inspirer Dave Gross dans son jeu rythmique. Le titre maître monte en puissance lorsque la vocaliste extériorise sa colère. Caractérisée par sa sonorité réverbérée, la guitare semble sortie des bayous louisianais. Blues cabaret savoureux, "Set my heart on fire" évolue sur un tempo très lent et un ton désespéré. Pour la circonstance, Dave Gross se fait très TBone Walker sur ses cordes. Lance Ong égrène de courtes phrases sur son piano, au bout du studio, tandis que Matt Stewart enflamme sa trompette inspirée par l'heure tardive. Pour notre plus grand bonheur, Dennis Gruenling revient illuminer de son talent "There lies a better day". Gross peut alors jouter à haut niveau et produit sa meilleure sortie de l'album! Bien jolie ballade country, "That much further" est bercée moderato par le rythme d'une valse.  Gina chante clairement au milieu des sonorités entretenues par la mandoline d'Arthur Neilson et le violon de Mazz Swift. Et pour ajouter à la couleur locale, Dave a choisi une guitare ‘baritone’ au son grave et réverbéré. Gina achève cet opus de bonne facture par "When my ship comes in", une plage baignant au sein d’un climat similaire, même si pour la circonstance, gospel et musique spirituelle viennent enrichir la solution sonore. Le futur de cette chanteuse est manifestement chargé de promesses…

Kenny Wayne Shepherd

10 days out – Blues from the Backroads (Cd + Dvd)

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Alors que le jeune Shepherd a entamé sa carrière comme un clone de Stevie Ray Vaughan, il vient de signer une performance assez exceptionnelle sous la forme de ce coffret : un pèlerinage aux pays du blues. Dix jours sur les routes du sud à la rencontre des vétérans de ce style musical. Un périple qui s’est déroulé du 9 au 18 juin 2005. D’une durée d’1h46', le Dvd a été réalisé par Noble Jones. Et les couleurs sont absolument superbes !

 Kenny est soutenu par Double Trouble, la section rythmique de Stevie Ray Vaughan. En l’occurrence Tommy Shannon et Chris Layton. L'aventure débute à la Nouvelle Orléans. Pour y rencontrer tout d'abord Clarence Gatemouth Brown. Il chante, joue de la guitare et du violon sur son "Born in Louisiana". Bryan Lee, ensuite. Au sein du Blues Club, sis à Bourbon Street. Bryan est le parrain musical de Shepherd. Il lui a conclu, naguère, son premier concert. Il joue ici sur sa Gibson Flying V. Réverbérant des accents métalliques, elle sonne à la manière d'Albert King. Les musiciens prennent la route du Nord et s'arrêtent à Shreveport, la résidence habituelle de Kenny. Ils croisent Buddy Flett dans un cimetière apparemment désaffecté. Au milieu de la pelouse, se dresse la tombe de Leadbelly. Assis, les deux musiciens grattent leur guitare acoustique. D’une voix proche de celle de John Fogerty, Buddy chante superbement son "Honky Tonk". Manifestement un des grands moments de l'album! La formation remonte le Mississippi et s'arrête à Indianola, le repaire du plus célèbre des bluesmen contemporains : BB King. Ils se fixent rendez-vous au Club Ebony, un excellent juke joint. Le groupe de BB est au grand complet. Kenny introduit avec panache le célèbre "The thrill is gone". BB chante. Assis sur son siège, il caresse assez paresseusement Lucille. Cap sur l’Alabama. Et en particulier chez l'harmoniciste Jerry "Boogie" McCain. Il chante un merveilleux blues lent : "Potato patch". Le timbre de sa voix est remarquable. Un large frisson nous parcourt l'échine. La remontée vers le Nord, et plus précisément vers la Caroline du Nord nous entraîne à la recherche des artistes du style Piedmont. Ceux qui relèvent de la Music Maker Relief Foundation. Cette expédition nous vaut des moments d'intense émotion vécus en compagnie de vieux musiciens bien sympathiques : le guitariste Cootie Stark et l'harmoniciste Neal ‘Big Daddy’ Pattman. Bluesman, conteur et danseur, John Dee Holeman compte aujourd’hui 78 balais. Il chante "Chapel Hill boogie", une compo singulièrement entraînante. La gorge se noue lorsque Miss Etta Baker épile ses cordes en fingerpicking. A plus de 93 ans ! Direction ouest. A St Louis, dans le Missouri. Nous entrons au sein du living room de Henry Townsend. Alors âgé de 95 ans, il recevait chez lui le Chicagolais Dave Honeyboy Edwards, nouveau nonagénaire. Le duo de vétérans interprète "Tears come rollin' down". Henry nous a quittés l'automne dernier. L'aventure s’achève à Salina, dans le Kansas. Au Blue Heaven Studio, très exactement, une ancienne église reconvertie en salle de concert et en studio. Pour la circonstance, Kenny ressuscite le Howlin' Wolf Gang et Muddy Waters Band. Tout d'abord, le Wolf Gang : Henry Gray est au piano, Hubert Sumlin à la guitare, Calvin ‘Fuzz’ Jones à la basse et George "Wild Child" Butler à l'harmonica. Henry chante puissamment et passionément "Red Rooster", Hubert, "Sittin' on top of the world" et Butler, "Spoonful". Le Muddy Waters Band, enfin. Nonante-quatre ans au compteur, le vieux Pinetop Perkins chante son "Grindin' man", une compo autobiographique et "Got my mojo working", en s’accompagnant au piano. Il est épaulé par Bon Margolin et Kenny aux guitares, Calvin Jones, Willie "Big Eyes" Smith à la batterie et, surprise, Lazy Lester, à l'harmonica. Pour la circonstance, le Louisianais est tout de blanc vêtu. Au total plus de 100' de bonheur, sans oublier quatre bonus tracks. Et que de souvenirs pour le jeune Shepherd qui s’est également retrouvé assis, jouant entre deux légendes du blues, Townsend et Edwards. Ce film réunit de larges extraits musicaux entrecoupés d'interviews accordés par la plupart des participants. Le CD nous restitue l'intégralité de toutes les pages musicales décrites ci-dessus, à l'exception de "Got my mojo working", un inédit réservé au DVD. Cassez vos tirelires! Kenny Wayne accomplit actuellement une tournée en compagnie de Pinetop Perkins, Hubert Sumlin, Bryan Lee et Buddy Flett!

 

 

She’s Spanish, I’m American

She’s Spanish, I’m American EP

Écrit par

La pérégrination de Josh Rouse prend une nouvelle tournure. Après s’être installé auprès de sa petite amie sous le soleil espagnol et avoir sorti en 2006 « Subtitulo », un disque fortement influencé par sa nouvelle vie, il revient accompagné de sa belle, Paz Suay, dans un side-project subtilement nommé « She’s Spanish, I’m American ». Ce premier EP éponyme est composé de 5 tranches de pop estivale, fidèles au style de Josh Rouse mais relevé par le charmant accent de Paz Suay. Elle a beau ne pas toujours chanter très juste, la jeune femme se révèle être un joli atout (dans tous les sens du terme). Enfin, bien que l’on retienne essentiellement « These Long Summer Days », seul titre interprété intégralement par Rouse, le duo nous offre dans l’ensemble une excellente incursion dans leur dôme intime. Et en bons voyeurs que nous sommes, c’est d’une impatience non retenue que l’on attendra le premier album.

Mike Bader

Matches my feelings

Écrit par

Ce chanteur/guitariste est originaire de l'Iowa. Il fêtera bientôt ses cinquante ans. Il s’est cependant établi à Missoula, dans le Montana, depuis belle lurette. Son premier album, "Clearcut case of the blues", est paru en 2004. Le line up de base de la formation implique uniquement Mike et sa section rythmique. En l’occurrence, le bassiste Larry Hirshberg et le drummer Brandon Zimmer. La bande à Bader réunit manifestement des noms bien germaniques! Mr Mike a écrit les onze plages de son elpee. Il nous invite à découvrir son univers très personnel, au cœur d’un blues mâtiné de R&B, zydeco, reggae, funk, etc. et vivifié par des tas de rythmes différents.

 Caractérisé par ses tempi syncopés, "Wrong name woman" nous propulse dans le monde musical de la Nouvelle Orléans, mais revu et corrigé par Bader. Le piano de son ami, Tom ‘T-Bone’ Giblin (qui collabore aux projets de Lonnie Brooks et Mighty Joe Young) marque bien le rythme. Le timbre de Mike est un peu rude, mais l’artiste est doué à la six cordes. Il libère ses notes sur le fil du rasoir. Son style est assez personnel. Les changements de rythme sont légion ; et lorsque le tempo s'élève, Tom passe du piano à l'orgue. Une excellente entrée en matière ! "Matches my feelings" démontre le potentiel du gratteur. Son jeu ne bascule jamais dans la facilité et tient bien la route. Les courtes notes dispensées épousent les lignes rythmiques. Introduit par son jeu rythmique et le piano de Tom, "Defies gravity" est un blues imprimé sur un tempo assez lent et dont l’approche sur les cordes demeure toujours fort intéressante. Mike est épaulé par ses frères : Bob à la batterie, Dave à la basse et Tom également capable de souffler dans un harmonica. Le MBB aborde le R&B, en bénéficiant du concours de chœurs féminins ainsi que du saxophone de Jason Hicks. Cette composition de bonne facture est illuminée par la voix de Miss Joan Zen. "Phunky dread" embrasse les rythmes exotiques de la Jamaïque. Une plage instrumentale funkysante couverte d’accents reggae. Blues rythmé, "Call me the Grizz" lorgne vers le Chicago Westside. Le spectre de Magic Sam n'est pas loin, mais Mike Bader y colle sa touche toute personnelle. Toujours un peu dans le même style, mais en plus soul, "Keep on movin" campe une très bonne ballade syncopée par le funk. Une plage chantée avec passion. L’impact de "Been grounded" est direct. Un blues sans fioriture partagé, à nouveau, entre les quatre frères Bader. L’approche de la guitare rappelle parfois la simplicité du BB King des débuts. Soutenu une nouvelle fois par l'ami Giblin aux ivoires, "Smokin' Buffalo" trahit une sensibilité boogie. "Jump shufflin' bllues" est une titre dont le nom est suffisamment explicite. Un shuffle imprimé sur un tempo bien trempé, mêlant blues et jump. Chaleureuses, les cordes sont inspirées par BB King et mises en forme à la sauce Bader. De très bonne facture, cet elpee (le second du MBB) s’achève par "High & wide". Sculptée dans le funk, cette plage souffre de la présence de sons synthétiques produits par les claviers. Mais que cette exception (qui confirme la règle) ne ternisse pas la bonne impression générale laissée par cette œuvre…  

Lesbians On Ecstasy

We Know You Know

Écrit par

‘We’ve been waiting all our lives for our sisters to be our lovers’. Le refrain de « Sisters in the Struggle », plage d’ouverture du second disque des Lesbians On Ecstasy, annonce la couleur. Militant à souhait, « We Know You Know » est une pilule dance-punk plutôt difficile à avaler, les Québécoises tombant à pieds joints dans les méandres du texte cliché. Et ce ne ce sont malheureusement pas les compos, en majorité inconsistantes, qui aideront les lesbiennes sous ecstasy à se dépêtrer de ce bourbier. Si ce n’était pour « Party Time (a womyn’s love) », un excellent morceau à la Peaches et « Mortified », jolie petite ritournelle semi-acoustique et amusant clin d’œil au « I Like 2 Move It » de Reel2Real, « We Know You Know » n’aurait absolument aucun intérêt. On en vient presque à se demander à l’écoute de ce disque s’il faut danser ou se rendre à la manif’ la plus proche. Et si vous passiez au LSD, les filles ?

Larrikin Love

The Freedom Spark

Écrit par

Le retour du rock est mort… Vive le rock ! Même pas encore né qu’il s’est déjà suicidé le salaud ! Suivant cette logique éphémère, Larrikin Love sort un premier album, quelques jours seulement après s’être tiré une balle dans la tête… A bout portant. Il ne reste aucun survivant. Pour cause de décès, cette chronique s’écrira donc au passé. Après un EP (« A day in the life ») annonciateur d’une nouvelle déferlante post-Libertines, Edward Larrikin et ses compagnons énamourés sortaient « The Freedom Spark », disque triptyque où haine, contes de fées et liberté se fracassaient dans l’urgence et l’illusion de meilleurs lendemains. L’espoir était maigre. Mais Larrikin tentait l’aventure, sous-louant quelques entourloupes ‘rimbaudiennes’ défoncées à l’ami Doherty. Rien de nouveau. Non, rien de rien. Si bien que, dès les premières érections vocales de « Six Queen », les fans de Pete et Carl voulaient la peau du pauvre Edward. Mais pas de chance pour eux, Larrikin Love était adepte de l’auto-défenestration. Alors voilà, c’est terminé. En attendant, il reste ce disque : « The Freedom Spark ». Et, si les préceptes du rock’n’roll sont à chercher dans le défoulement, l’amusement et l’insouciance adolescente, alors, cet album est à l’image d’une certaine idée du rock’n’roll. Toujours est-il que Larrikin Love n’est plus. Pas grave, de toute façon, cela n’y aurait rien changé. Pour eux, tout s’est ainsi résumé à toucher l’intensité du moment. Bien sûr, cela ne vous empêchera pas de goûter aux joies fugaces de la prochaine nouvelle vague British rock & folk. Aux suivants !

Half Cousin

Iodine

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A l’heure où les artistes s’appliquent à synthétiser et remplir leur album de sonorités électroniques, Half Cousin se pose en observateur. Préférant l’écho d’une corde à la saturation calculée d’une pédale disto, il provoque l’audition par des mélodies simples, appuyées, entres autres, à l’accordéon et au piano. Rappelant parfois les Hot Chips ou The Earlies, les Ecossais d’Orkney découpent, morceau après morceau, l’audace et la tendresse. La tendresse d’un chant chaleureux croisant le fer avec les effets électro. A cette lutte, et comme tout bon scénario vendeur, c’est la tendresse qui finit par gagner, laissant platement au tapis l’équipe d’effets, jouteurs indispensables pour un combat équitable. L’apparition d’une clarinette (Rat Pack Dad) confirme la position de légèreté en soufflant sans peur des notes qui semblent descendre du ciel. Fallait oser, tenter le mélange. Faire goûter à la simplicité enveloppée d’une écorce souple. Ne pas avoir peur de s’arrêter pour regarder les autres passer. Le label Gronland (Emily Haines, Windmill, My Luminaries,…) a prévu un point relais sur la route pour les accueillir. Ce n’est pas en écoutant ce genre d’album que l’on se prend un boost d’énergie pour ranger son appart’, mais plutôt l’apport de confort dans un nid douillet… boaaaaah je le rangerai demain mon appart’.

Benjy Ferree

Leaving The Nest

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Dieu bénisse Hollywood ! Si la Mecque du cinéma ne l’avait pas aussi sèchement rejeté, nous n’aurions peut-être jamais eu le plaisir d’ouïr les divagations folk de Benjy Ferree. Après avoir jeté aux oubliettes ses fantasmes cinématographiques et s’être résigné à bosser dans un quelconque bar de la capitale des States, Ferree s’est finalement secoué et a enregistré un EP intitulé « Leaving The Nest ». Domino Records reniflant le bon filon se jette alors sur le bonhomme et lui offre la possibilité de transformer son EP un véritable album. « Leaving The Nest » sera donc enrichi de quelques morceaux supplémentaires et ressortira sous la forme disposée actuellement dans tous les bons bacs. En 10 morceaux, Benjy déploie, tel un Jack White sous calmants, une force tranquille incitant à la plus campagnarde des flemmardises. Les mélodies accrocheuses de « Leaving The Nest » enveloppent des textes sagaces que Ferree récite telles de jolies petites comptines, même lorsqu’il reprend du Johnny Cash (« A Little At A Time »). Et les grands enfants que nous sommes se laissent charmer, les yeux et les oreilles grands ouverts.

Driving Dead Girl

50 000 Dead Girls Can’t Be Wrong

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Ok ok ok… fallait pas les chercher, pas provoquer leur ire. Boostés après ‘leur’ festival de Dour, nos petits compatriotes Montois commettent ici un premier véritable album, suite attendue de leurs 2 premières démos prometteuses. Aux volants de leurs bolides, la course semble déjà commencée depuis longtemps. Dès les premières notes de « 50 000 Dead Girls Can’t Be Wrong », ça pète, ça râle, ça gueule. Les chromes se rapprochent pour se frotter, provoquant ça et là quelques gerbes d’étincelles. Frôlant les murs à toute allure, l’aspiration de l’air semble avaler la voix de Dimitri Rondeau qui peine à se frayer un passage dans la course. La queue de renard sur l’antenne flotte comme en apesanteur, s’amincissant sous la pression de l’air. Le duo de dés en poils (détail indispensable dans ce genre de course) s’entrechoque en silence sous le rétro. Tout va très vite, mais pour aller où ? Personnellement, je n’en ai aucune idée. Je me suis laissé transporter, accrochant à pleines mains fauteuils et poignées de porte. Voici un univers où la guitare, maître, balise la piste, voici un univers rockab’, où se poser des questions fait perdre du temps et de la distance. Alors comme moi, écoutez ce disque sans vous en poser et rendez-vous à l’arrivée !

Dog Day

Night Group

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Comme pour se faire pardonner de nous avoir empoisonné l’existence en exportant certains de ses plus mauvais artistes, le Canada tente de regagner notre estime en changeant la donne de la manière la plus efficace qu’il soit. A ce titre, Dog Day fait honneur à son pays d’origine. Sans être forcément exceptionnel, le quatuor originaire d’Halifax délivre un recueil efficace. Evoquant une grosse bouffe au soleil entre The Smith et The Weddding Present qui se clôturerait par un concert accordé en hommage à Belle & Sebastian, « Night Group » semblerait presque être sorti à la mauvaise décennie. Car là où certains réussissent à donner une saveur contemporaine à un son eighties ou nineties, Dog Day n’y parvient que difficilement. Un anachronisme qui lui coûtera certainement la reconnaissance d’un large public. Ce qui n’empêche aucunement des titres tels que « End Of The World » ou « Vow » d’être de véritables cartons potentiels. A consommer de préférence avant le…

Dan Deacon

Spiderman Of The Rings

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Après avoir fouillé toutes les armoires et chopé tout ce qui peut se brancher sur le courant –pourvu que ce soit susceptible de produire un son– Dan Deacon a modulé l’ensemble des machines en studio, y accrochant au passage sa (ses) voix, déformable(s) à souhait. L’opus est né, blindé d’énergie exclusivement electro multivitaminée. D’ailleurs, pour tenir le coup tout au long de l’opus, il faut croire qu’il a avalé 10 boîtes de Pharmaton. Chaque plage est une claque que l’on se prend en pleine gueule, tel le clou coincé dans le bois, esclave de son marteau. Pas le temps –ou si peu– de souffler un brin, les 9 plages s’enfilent en 45’ minutes chrono. Audacieux à souhait, il prend d’assaut la moindre parcelle vivante de son corps pour le transformer en électricité, en électrons libres, chargeant de 10.000 volts les atomes venus s’y associer. Essayer de se taper un petit roupillon en se déversant ce « Spiderman Of The Rings » entre les oreilles relève du défi. Et même complètement destroy, c’est impossible. La puissance émise par Dan et ses comparses équivaut à un bain froid dans lequel on plongerait en pensant s’y ébouillanter. Derrière la pochette, collage de bric et de broc, se cache une cathédrale de son, d’énergie et de puissance franchement sympathiques. L’album longe la zone expérimentale sans jamais tomber dans son travers… pfiouuu que d’énergie,… que d’énergie.

Blonde Redhead

23

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Qui ne connaît pas Blonde Redhead ? Qui n’a pas vécu sur terre ces 10 dernières années ? Que vous ayez accroché au groupe ou fredonné un de leurs airs, ce trio a dû passer à un moment ou à un autre par votre vie. Dans la négative, il est grand temps d’y remédier. Habitués aux mélodies puisées dans l’intimité, les New-yorkais ont décidé d’adopter un son plus ‘abordable’ par la communauté ‘tout public’. Passant du label Touch & Go Records (Butthole Surfers, Calexico, CocoRosie,…) à 4AD (Pixies, Beirut, TV On The Radio,…), ils y préservent leur talent. La guitare et la batterie des frères Pace subliment, comme à leur habitude, les cordes et la voix de Kazu Makino (toujours aussi charmante qu’à ses débuts). Amadeo Pace, la rejoint souvent afin d’exprimer, lui aussi, au travers d’une grille de micro, toute la douceur de son timbre suave. On est certes loin de l’époque de « In an Expression of the Inexpressible » –4ème opus du groupe– où l’évasion complète dominait l’atmosphère souvent étrange du groupe. Mais dès les premières notes de « 23 », on se sent en terrain connu. Le cachet n’a pas changé de couleur, les écritures ne se sont pas délavées, juste un peu transformées. On viendrait à regretter un tantinet l’envie d’expérience qui exaltait les précédents albums ; mais justement, après tant de recherches, tant de chemins parcourus n’ont-ils pas eu envie d’accrocher au mur un tableau plus accessible ? Ou peut-être est-ce là, à contrario des expériences musicales actuelles, un bond vers l’avenir. Les puristes seront peut-être un peu déçus, les autres certainement ravis. Un album bien à sa place, très juste et entraînant.

 

Louis Bertignac

L'enfant du rock

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‘Pas de blabla, que du rock’. C'est en ces termes que Louis Bertignac nous salue sur la scène du Théâtre de Verdure, sa vieille Gibson SG en bandoulière, qui a l'air d'avoir fait trois guerres. Et d'enchainer aussitôt sur la première chanson, "Rêves", aussi électrifiée que le sera le reste du concert.

 Quelques minutes avant, le groupe niçois Chinaski a assuré une première partie honorable, mais pas vraiment remarquable. Passons.

 Est-il besoin de présenter le personnage ? Si l'expression ‘enfant du rock’ peut s'appliquer à quelqu'un, c'est bien à Louis Bertignac. La pentatonique dans le sang, des riffs au bout des doigts, un visage témoignant de quelques excès, Bertignac respire le rock. Il tourne depuis quelques temps en 'power trio' batterie (Sylvain Joasson) basse (Cyril Denis) guitare (ben, Louis), et cette formation lui va comme un gant.

 Premier moment fort d'un concert qui en comptera beaucoup, un couplet de "Stand By Me" suivie d'une ‘vieille chanson’ qui a 25 ans... mais c'est jeune quand même’ : les premières mesures de "Cendrillon" déchainent instantanément le public. Portée en chœur, il la termine en un solo brûlant, s'offrant même une petite citation extraite du "So Lonely" de Police.

 Baignant dans le rock'n roll, vient ensuite un bout de "Blue Suede Shoes". Louis et Cyril se chamaillent comme des gosses avant de repartir sur "Vas-y Guitare". Vu le titre, cette chanson doit terminer sur un solo de six cordes, et ça ne loupe pas. Ainsi chauffés à blanc, le trio fait doucement retomber l'ambiance lors d’un blues plus ou moins improvisé (citation de "Wonderful Tonight" de Clapton en intro), puis ‘une chanson pour les filles’ : "Les Froleuses", très bien chantée par une certaine Isabelle, courageuse volontaire choisie parmi le public.

 Suit un moment assez émouvant, "Ces Idées La", durant laquelle le public chante la mélodie d'accompagnement sur toute la chanson... Il est rare de voir une telle proximité entre un chanteur et son public.

 La dernière partie du concert nous invitera à l’accompagner lors d’une bal(l)ade nostalgique mais énergique entre reprises rocks et revisites de quelques classique Téléphoniens : histoire de remettre un peu la pression, redémarrage brutal et énergique avec "Won't be fooled again" des Who, ponctué d'un court solo de batterie. Petite incursion vers Led Zep pour clore la chanson (juste le temps de quelques mesures). Dans la même veine : "Argent trop cher", qui décidément n'a pas pris une ride. "Little Wing" ensuite, visiblement Louis a décidé de revisiter tous ses maîtres. Un coup de blues concédé par "J'ai rendez-vous là haut", et "Hygiaphone" (farcie d'un gros bout de Led Zep encore, "Rock'n Roll") pour achever de mettre les points sur les 'i', avant de s'éclipser rapidement en coulisses le temps que le public les rappelle.

 Pour ouvrir les ‘encore’, une chanson douce, "Cœur Ouvert" (que le batteur ne sait soi-disant pas jouer, mais ça ne s'entendra pas), dédicacée à la fille nouvellement née de l'ingé son. Bertignac sait autant créer l'émotion que remuer les foules. Et il le démontre aussi sec lors d’un "Ça c'est vraiment toi" qui fait sauter de joie le public dès l'intro. Comme déjà fait tout au long du concert, petite incursion vers un autre classique "Day Tripper", et même de "Satisfaction" (juste le riff) avant de revenir à la chanson. L'aisance à passer de l'une à l'autre, bien qu'a vue de nez les deux comparses ne soient pas toujours prévenus, témoigne du plaisir que Bertignac éprouve à jouer cette musique.

 Louis nous quitte sur (et non pas pour) "Un Autre Monde", chanté à plein poumons par tout le public. Etirée sur la fin en un morceau de bravoure digne de clore ce concert, elle offre à Bertignac l'occasion d'un autre solo mémorable, fini à genoux, guitare aux dents, puis tournoyant avec elle à bout de bras en un accord ultime, face à un public déchaîné.

 2h20 de rock pur et dur, administré par un trio qui prenait son pied en jouant. Difficile de demander mieux.

 

 

Robert Wyatt chez Domino

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Robert Wyatt a signé chez Domino et son prochain album, provisoirement intitulé “Comic Opera”, devrait sortir en septembre.

Un nouvel album pour Interpol !

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Interpol est de retour avec un troisième album, intitulé « Our Love To Admire ». Ce nouveau disuqe sera disponible dès le 10 juillet, quelques jours après le passage des New-yorkais à Rock Werchter.

 

La tracklist de « Our Love To Admire » :

 

Pioneer To the Falls

No I in threesome

Scale

The Heinrich Maneuver

Mammoth

Pace Is The Trick

All Fired Up

Rest My chemistry

Who Do You Think ?

Wrecking Ball

Lighthouse