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Pantaleimon

Cloudburst

Andria Degens est une proche de David Tibet, et à l’écoute de cet EP on ne peut que penser au mysticisme béat de Current 93 : même ambiance spirituelle, qui vous emporte loin de toute velléité terrestre, quelque part au-delà des nuages, d’où le titre. Armée d’un dulcimer (une sorte de cornemuse à cordes qui se joue à plat sur les genoux), d’un bouzouki et d’un tambourin, Andria Degens a composé à l’origine ces quatre titres pour l’artiste Susan Stenger (« Soundtrack for an Exhibition »). Elle chante sur le dernier (« Numinosum »), telle une Anne Briggs des temps modernes. Autant vous dire que « Cloudburst » sonne comme une longue ritournelle quasi médiévale (« Crystalline Rain », référence à Linda Perhacs ?), vingt minutes d’ascèse acoustique, de pure lévitation. Imaginez Colleen reprendre du Pentangle : tout le monde dit ‘Oooooom’, en signe de béatitude.

Monks

Demo tapes 1965

Écrit par

Mi sixties, un quintet de GI’s américains fonde un quintet : The Five Torquays. Et commence à tourner à travers l’Allemagne. Rapidement, il change son patronyme en Monks et entre en studio pour y enregistrer un premier album : « Black monk time ». Se proclamant l’antithèse des Beatles, la formation pratiquait une sorte de pré-garage/punk caractérisée par un banjo électrique dérangé, des drums sans cymbales, des vocaux frénétiques, une guitare tour à tour surf, chargée de feedback ou triturée par la pédale wah wah (le soliste aurait-il influencé Jimi Hendrix ?), des lyrics dadaïstes ainsi qu’une intro quasi-systématique de leurs compos réservée à l’orgue d’église. Sans oublier le (très) peu d’attention accordé au sens mélodique. Julian Cope leur a réservé un espace dans son livre. Ce qui explique, sans doute, le regain d’intérêt pour cet ensemble dont le drummer est décédé en 2004. L’opus a bien sûr été remis en forme. Et recèle deux compos des Five Torquays ainsi qu’un inédit. 

Mastodon

Blood Mountain

Il semble déjà loin, le temps où Mastodon reprenait « The Bit » des Melvins devant deux pelés-trois tondus : aujourd’hui les metalleux jouent en ‘support act’ de Slayer et ne parlent plus de rébellion mais de métro-boulot-dodo (le DVD bonus, hilarant). Faut bien éduquer la marmaille et rentrer dans le rang, vendre des disques, un peu, beaucoup, le plus possible, sinon c’est la Warner qui va pas être contente. D’où cette fâcheuse impression que nos quatre chevaliers de l’Apocalypse ont mis pas mal d’eau dans leur vin, et forcément ça laisse un goût amer. « Blood Mountain » sonne pourtant bien comme un album de Mastodon, mais sans cette colère viscérale qui leur donnait auparavant cette gueule de vrais méchants. Au rang des accusés ces voix claires qui sonnent comme le début de la fin : il faut vendre, il faut plaire au quidam qui aime ce ‘quelque chose de monstre’ sans craindre pour ses fesses. Voici du metal calibré pour passer à Werchter… Serait-ce le sort commun des artistes qui veulent entrevoir la lumière des flashes et des néons GB ? Et même si « Blood Mountain » reste un sacré disque de riffs énormes et de refrains dantesques (« The Wolf is Loose », « Capillarian Crest »), il n’empêche qu’on n’y croit plus des masses. Même Scott Kelly (Neurosis), Josh Homme (QOTSA) et Cedric Bixler-Zavala (Mars Volta), sans doute invités pour faire bonne figure, n’ont pas trop l’air de trouver ça très drôle. Comme souvent lorsqu’un groupe passe du statut d’underground à celui de produit de masse, on fait un peu la moue. Avant on croyait être les seuls à les comprendre, mais aujourd’hui on nie un peu l’affaire. L’effet major, me direz-vous ? Pardonnez donc notre snobisme, et sortez votre pèze : n’est pas metal qui veut, surtout à 30 euros le t-shirt.

Malajube

Trompe-l’œil

Écrit par

Le plus souvent assimilé à la scène indie-rock canadienne, Malajube en représente alors la face déjantée. L’explosion brute et juvénile. S’ils projettent des atmosphères denses et puissantes rappelant Broken Social Scene et Arcade Fire, ils restent cependant à mille lieues de leur abstraction et leur lyrisme grandiloquent. Malajube célèbre la vie, la vraie. Dans sa version nature, la mettant à l’honneur à travers ses aspérités du quotidien, ses reliefs ingrats et ses jouissances indomptables. Une pop terre-à-terre que les Montréalais livrent, ô surprise, en français. Certes, un français étouffé et crié, plutôt à deviner que livré à découvert ; mais suffisamment clair pour déguster les paroles crues de ces jeunes délurés. Le cœur y côtoie les tripes, la brutalité s’habille de sensualité, des mélodies rosées enrobent des refrains douteux. Un album bigarré. Sous couvert de métaphores il fait endosser un air juvénile à un contenu criant ce vécu aussi souvent excitant qu’indigeste. Faussement candide, les textes de « Trompe-l’œil » peuvent être d’une gravité insoupçonnée –« Le crabe » y symbolise le cancer, « Monogamie » y dissimule le drame des amours déchus,… Cet art de l’illusionnisme figure aussi au cœur d’univers franchis sans transition évidente, où un style peut aisément en acheminer un autre ; sur « La Russe », le clavier et le vibraphone plongent dans un univers intergalactique d’où surgit ensuite, inattendu, le rap de Loco Locass. De même, « Monogamie », sous un faux départ en ballade acoustique, convoque ensemble pop, chœurs et rock progressif. « Ton plat favori » s’érige en hommage à la musique de saloon, tandis que s’émeuvent les violons et s’étirent les sanglots longs des pianos d’automne. Vif et dense, « Trompe-l’œil » l’est aussi par son instrumentation variée (piano, violon, vibraphone, xylophone, violoncelle, flûte traversière) et ses collaborations improbables (le chant de Pierre Lapointe, le rap de Loco Locass et le génie de Martin Pelland - The Dears). Cocasse et coquin, il approfondit les folies du premier album (« Le Compte Complet » – 2004), sans évacuer le sourire et la fraîcheur d’un tempérament sans complexe. Fougueux sans tomber dans la démesure, joyeux et grave à la fois, Malajube séduit par son côté pathétiquement humain, où le jeune fou est toujours aussi le pirate balafré.

Valérie Leulliot

Caldeira

« Caldeira » en portugais signifie ‘chaudron’, utilisé dans le vocabulaire des vulcanologues pour désigner un phénomène d’implosion souterraine, bref l’éruption interne d’un volcan. Valérie Leulliot a écrit ce premier album solo pour sortir indemne d’une rupture malheureuse : elle aurait dû ‘mieux l’écouter’, son ‘homme’, et ce disque est pour lui, à cause de lui, contre lui. En elle bouillonne sans doute la peur de ne plus être aimée, de croire encore que cet amour n’était pas qu’un « mirage » (« Au virage ») ou qu’‘un fleuve pollué’ (« L’amour désormais »). Enregistré à la maison à l’aide de quelques guitares, d’un clavier, d’un banjo,… « Caldeira » évite le surlignage pour que chacun y reconnaisse ses propres sentiments. Valérie Leulliot use ainsi de la nature (la terre, l’eau, le feu, l’air) comme métaphore de ses angoisses existentielles, parce qu’il n’y a rien de plus vulgaire que l’explicite dans les chansons d’amour. Si pour la première fois elle a osé confier les arrangements à quelqu’un d’extérieur (Sébastien Lafargue, dernier bassiste en date d’Autour de Lucie), c’est donc peut-être pour éviter le racolage : une façon comme une autre de prendre du recul, par rapport à soi, à l’autre (l’ex), aux autres (le groupe), et de continuer à avancer, ‘là où le vent la mène’ (« Un endroit »). Et puis, pour les fans un peu tristes qui attendaient une suite au quatrième Autour de Lucie, qu’ils se rassurent : Valérie Leulliot n’a pas perdu son timbre si suave. Et en ce qui nous concerne c’est bien là l’essentiel.  

Gregor Hilden

Live at the Luna Bar - Dvd

Écrit par
Ce guitariste allemand jouit d’une notoriété de plus en plus conséquente. Brillant sur sa gratte, il privilégie la Gibson Les Paul, dans un style rappelant le plus souvent le grand Peter Green de naguère et un certain BB King. Le label Acoustic édite régulièrement ses albums. Son dernier, "Golden Voice blues", remonte à l'année dernière. Ce DVD fort intéressant a été immortalisé au Luna Bar de Munster, les 24 et 25novembre 2006. Il est soutenu par un quartet composé du claviériste Horst Bergmeyer, du bassiste Sasxha Oeing et du batteur Dirk Brandt. Aucun de ces musiciens ne chante. Ce qui explique pourquoi, ils sont régulièrement invités à accompagner des chanteurs américains, lorsqu’ils tournent en Allemagne. 

Le film nous invite à passer plus d'une heure et demie dans ce petit club germanique. Le son est impeccable et la musique de bonne facture. Le chanteur noir américain Big Daddy Wilson B occupe le devant de la scène. Bien qu’originaire de Caroline du Sud, il vit le plus souvent en Allemagne. Il aborde "Stick with me", un blues lent très mélodique. Sa voix est grave. Toute en relief, elle est faite pour chanter le blues. Gregor joue sur sa Les Paul Standard de 1959. Le son est bien gras et réverbéré. Son blues n’est pas pur, mais il prend soin de garder en permanence une ligne mélodique sûre. Dans le style, il me fait ici penser à un musicien anglais qui avait lui aussi beaucoup écouté Peter Green : Snowy White. A une certaine époque, il a rencontré un certain succès en compagnie de son blues band, le Blues Agency. Il avait même décroché un hit : "A bird of Paradise". En outre, la sonorité trahit de nombreuses similitudes. Horst se distingue à l'orgue. Wilson chante aussi "Shufflin", un titre imprimé sur un tempo enlevé, proche du Chicago Westside. Bergmeyer est passé opportunément au piano électrique. Le quartet de base se réserve alors trois plages instrumentales. Tout d’abord l'atmosphérique "Ocean breeze Motel". "Golden Voice blues", ensuite. Un blues lent classique inspiré par BB King. "Zak", enfin. Un titre rapide, aux accents très jazzy. Gregor étale sa dextérité en alignant une multitude de notes, pendant que Dirk se libère aux percussions. Johnny Rogers est également un chanteur noir américain basé en Allemagne. Sa voix est d’une grande pureté pour chanter le blues et la soul music, un style qu’on appelle encore soul blue. Il chante "One more time", soutenu par la trompette de Christian Kappe, un jeune jazzman de 35 ans, alors que Gregor a empoigné sa Fender Telecaster! Il chante aussi d'une voix remarquable et poignante "Leaving this town". Sous sa forme instrumentale, le quartet de base accueille sur les planches l'harmoniciste noir Keith Dunn. Cet excellent musicien insuffle beaucoup de feeling dans son jeu. Et il en fait la plus belle démonstration tout au long de "Mature blues", en empruntant le riff du célèbre "Help me". Puis en élevant le tempo, sur "Jammin". Et manifestement, Bergmeyer pète la forme derrière son piano! Le trompettiste allemand Christian Kappe fête son retour en apportant son soutien à "New York blues". L’interprétation baigne au sein d’un climat jazz fin de soirée. Les échanges s’opèrent en toute intimité. Les musiciens s’autorisent de l’impro tout au long de "Little funky thang".  La suite est royale. L'harmoniciste Thomas Feldman fait son apparition. Il y a de l'électricité dans l'air. Il allie puissance et talent. Il vit sa musique. Et se révèle véritablement sur ce "Beale street strut". Thomas n’est pas né de la dernière pluie. Il a déjà accompagné les artistes les plus notoires et participé à la confection d'au moins trente albums! Il est également un brillant saxophoniste. Et le démontre aussitôt en épaulant la chanteuse noire de blues et de jazz, Harriet Lewis. Originaire de la Côte Est des USA, cette militaire de carrière est demeurée en Allemagne pour y poursuivre sa vie d'artiste. Elle chante superbement "In the heart of the City". Gregor s’y révèle formidable à la guitare. Véritable réincarnation du Peter Green des meilleurs jours, il aligne ses notes parcimonieusement. Magique! Thomas pratique aussi le zydeco au sein de la formation teutonne, the Swamptones! Ce concert s’achève par "Blue clouds", une magnifique mélodie instrumentale fort proche du déjà cité Snowy White. Mais le spectacle n'est pas terminé, car trois bonus tracks ont été ajoutés. Trois versions alternatives de plages figurant sur l'album. Gregor Hilden et ses musiciens peuvent franchement être crédités, pour la circonstance, d’une excellente prestation.

Hella

There’s No 666 in Outer Space

Un titre cryptique pour une musique qui l’est tout autant : Hella fait du prog-math-rock, ou quelque chose du genre. La grande nouveauté, c’est la voix, omniprésente : jusqu’ici Hella se composait de Zach Hill et de Spencer Seim, mais aujourd’hui l’on peut parler d’un véritable groupe : cinq types qui foutent le bordel dans la salle de répèt, à force de jouer de la guitare comme si c’était un clavier, et la trompette une batterie. Capito ? Capiteux, et franchement diabolique : « There’s No 666 in Outer Space » sonne comme du Mars Volta (cette voix) s’amusant à jouer du Jane’s Addiction. Ca part dans tous les sens, et puis à un moment c’est l’overdose de gammes : stop, coupez, on repart à zéro et on se calme. Non ? « Anarchists Just Wanna Have Fun ». Justement, nous aussi, mais là guette le mal de tête. Une chtite aspirine pour éviter la loose (dans le coma-torium), et c’est reparti pour le délire fumiste. Fracasse !

Kieran Hebden & Steve Reid

Tongues

La rencontre entre Kieran Hebden (alias Four Tet) et le batteur free jazz Steve Reid semble tourner à plein régime : un an après le diptyque « Exchange Session » enregistré live en 2005 dans le club londonien du même nom, voici « Tongues », une suite logique mais à la dynamique plus ramassée. Alors que sur les deux premiers volumes les connexions électro-jazz se révélaient parfois opaques, ici le résultat s’avère davantage probant. Aux longues impros prise de tête succèdent 10 morceaux plus compacts, dans lesquels chacun y met du sien mais sans tirer la couverture. « The Sun That Never Sets » débute ainsi par quelques beats moelleux, avant que tout ne s’emballe lors d’un éprouvant « Brain », synthèse free-kraut-electro qui gratte bien là où ça fait mal. Heureusement, la harpe et les clochettes trafiquées du reposant « Our Time » rétablit la balance… « Tongues » oscille ainsi sans cesse entre l’effort (« The Squid », « Superheros », durailles) et le réconfort (« Greensleeves » et sa boîte à musique, « Left Handed, Left Minded »), mais sans jamais provoquer d’irrémédiable ennui. Seul un morceau ne choisit pas son camp, en équilibre instable entre tension délictuelle et flottaison acide : il s’agit de « Rhythm Dance », échappée belle à la Cluster où claquent les sirènes en signe d’inquiétude. Méfiance, donc : on parle ici d’un disque long en bouche… A écouter sans craindre d’y perdre pied.

Hazard County Girls

Divine Armor

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Dans la catégorie Métal/Punk/Garage au féminin, il y avait déjà les ‘crasseuses’  L7, les bruitistes Babes in Toyland, les furieuses Cycles Sluts from Hell ou encore l’hyper médiatisée veuve éplorée Courtney Love. Il faudra désormais compter sur Hazard County Girls, trois demoiselles au look peu aguichant, mais qui connaissent la science du riff sur le bout des faux ongles. Ces héritières de Wendy O’ Williams, de Patti Smith, des Runaways et même des Breeders, sont de toute évidence en terrain connu quand il s’agit de blinder un son, et de coller la voix désabusée de Christy Kane à de gros accords métalliques et noisy.

 

Originaire de la Nouvelle-Orléans les miss ont collaboré avec la délicieuse Sean Yseult, bassiste de feu White Zombie, avant de fonder Hazard County Girls, un titre qui évoque une série américaine aussi culte que kitsch (« Shérif fais moi peur !! »). En clair, si vous avez succombé à l’irrésistible « Bricks are Heavy » de L7, cette galette vous est vivement recommandée. La ressemblance entre les deux trios de nanas déjantées est plus que troublante ! Entre pop glauque et métal furieux, « Divine Armor », sans être révolutionnaire, frappe là où il faut sans fioritures… On aime beaucoup !   

The Go Find

Stars on the Wall

On ne le répètera jamais assez : « (We’ve Lost) Gravity », la chanson d’Orange Black, est sans doute l’une des plus belles choses qui soit arrivée à la musique pop belge. Aujourd’hui Dieter Sermeus s’appelle The Go Find, et « Stars on the Wall » constitue son deuxième album signé chez Morr Music. Forcément, on retrouve chez lui tout ce qu’affectionne le label berlinois depuis maintenant plusieurs années : des mélodies replètes, du folktronica gentillet au possible, une voix cajoleuse, de l’amour, un minimum d’amertume. Si vous aimez Styrofoam, Lali Puna et Isan, vous ne serez pas déçus : voici un petit disque tout confort qui mise son va-tout sur la répétition d’une même formule, jusqu’à l’assoupissement. Sur les murs de ces jolies chansons brillent des étoiles, mais elles sont en plastique : en promotion chez Ikea, rayon boulettes suédoises. Elle est pas belle, la vie sans tournevis ?

Githead

Art Pop

Écrit par

« Art Pop » constitue le second album de Githead, le nouveau projet de Colin Newman. Un quatuor au sein duquel militent également deux ex-Minimal Compact, en l’occurrence son épouse, Malka Spiegel, et Max Franken ainsi que Robin Rimbaud (Scanner). Bref que du beau monde réunis au sein de cette formation responsable d’une musique inévitablement inspirée par Wire. Mais en moins frénétique. Pas au point de reprendre le flambeau des œuvres concoctées par Colin en solitaire, mais en y puisant l’essence mélodique. Pour ne pas dire mélancolique. Et puis il y a la basse de Malka. Tour à tour reptilienne, viscérale ou ténébreuse. Sans oublier sa contre-voix qui neutralise les inflexions déclamatoires de Colin. Chez Githead, il y a deux guitares. Bringuebalantes, psychédéliques, staccato, ‘mybloodyvalentinesques’, elles s’intègrent parfaitement au sein d’une texture électro ambiant énigmatique, insidieuse, vénéneuse, hypnotique mais aussi parfois aussi complexe. Parmi les onze plages de cet excellent opus, j’épinglerai l’obsessionnel « Drive by », réminiscent de P.I.L., le contagieux « These days », un « Jet ear game » sculpté dans le krautrock robotique (Can ?), « All set up », qui aurait pu figurer sur « 154 » et enfin « Lifeloops », un superbe morceau électro-acoustique imprimé sur un mid tempo. De l’« Art pop » dans toute sa splendeur… 

 

Lawrence English

For Varying Degrees of Winter

Lawrence English a déjà bossé en compagnie de David Toop, Scanner, Janek Schaefer : autant de bons apôtres de la texture et du soundscape sachant que la musique est un langage universel, peu importe à quelle(s) source(s) elle prend vie. Et ici, c’est dans le quotidien, là où le bruit distille son élégance subliminale, que l’Australien se sent artistiquement le plus épanoui. Ne cherchez pas de mélodies dans ces instantanés d’ambiances crépusculaires, ni de schémas répétitifs : il s’agit bien d’un disque d’introspection spectrale, qui s’écoute juste comme on entend le faux silence. Et de ces drones sereins qui semblent épouser l’atmosphère on ne retient que l’absolue inconsistance. L’impression est fugace comme toutes nos humeurs, et pourtant c’est notre lot à tous… A différents degrés.

The Earlies

The Enemy chorus

Écrit par

Des violons s’affolent avant de se faire ensevelir par des beats intergalactiques. Des vocalises aux refrains entêtants croisent des cuivres assassins et la tension monte en flèche, figeant le ton d’un opus ‘bleu nuit’ agréablement psychédélique. Le nouvel album creuse ainsi en profondeur la pop nocturne du précédent « These were the earlies », où planaient sans rupture les atmosphères des Spiritualized, Mercury Rev et Grandaddy ; mais si elles trouvaient à l’époque public surpris et conquis, leur juxtaposition sous compromis laisse ici plus sceptique. « The enemy Chorus » fait ainsi exploser en éclectisme ce qu’il laisse fondre en cohérence. Un son à la fois plus électronique et plus progressif qu’auparavant, s’y emmêle les pinceaux avec des harmonicas-western, pianos-cabaret, cuivres-fanfare, orgues baroques et percussions tribales. Si par cette instrumentation puissante et variée (partagée entre 16 musiciens), The Earlies confirme sa folie des grandeurs, il court aussi le risque de s’effilocher dans cet ‘essayisme’ lunatique. Le premier morceau s’ouvre ainsi sur une vibration futuriste en fond étoilé, annonçant à grand fracas le lancement d’une mission d’espionnage dans l’espace. Puis curieusement, le vaisseau atterrit en plein cabaret, où de nerveux piano font planer les ombres excentriques des Dresden Dolls (« Burn the liars »). Contemplatifs par delà les hublots, suivent quelques ballades, légèrement hors propos lorsqu’elles empruntent la formule folk sur guitare classique et harmonica feutré (« The ground we walk in »). D’incongrus interludes qui paraissent suspendus dans le vide, comme pour mieux mesurer l’ampleur de l’abysse ; tel ce « Foundation and earth » tout en cuivres et en fanfare, semblant taillé sur mesure pour détendre une atmosphère toujours sur le qui-vive. En somme, le quatuor anglo-américain aligne ici une succession  d’atmosphères argentées qui se font et se défont au gré d’humeurs krautrock improbables. Sans véritable fil d’Ariane, « The Enemy Chorus » est à prendre comme autant de micro expériences où anxiété et excitation se donnent indéfiniment la réplique. Car entre les trêves, l’album est niché au creux d’une tension à fleur de peau que chaque morceau semble viser à amenuiser délicatement puis faire exploser en poussières d’étoiles. Souvent étrangement captivant, parfois obscur et indigeste, « The Enemy Chorus » s’écoute avant tout comme la bande son d’un périple dans l’espace ; reste à affoler son imagination pour y poser un récit assez fou.

Double Stone Washed

Double Stone Washed

Écrit par
Ce quatuor français pratique ce qu’on appelle du pub rock depuis une quinzaine d'années. Un style sans concession véhiculant une partie de l'héritage de Dr Feelgood, treize années déjà après la disparition de leur leader charismatique Lee Brillaux. DSW réunit les frères Frédéric et Franck Villafagne, respectivement bassiste et guitariste, le drummer Julien Bigey et le chanteur/harmoniciste Lilian Descorps. Sans oublier leur ami et régisseur Laurent Chêne. Leur premier opus, "Take it", est paru en 94. Un hommage à la mémoire de Lee Brillaux. Mais aussi à Mick Greene, le leader des Pirates, célèbre groupe de rock'n'roll anglais qui avait accompagné le rocker Johnny Kidd! Le dernier elpee de Double Stone Washed remonte à 2005. Un album ‘live’ immortalisé lors du festival blues de Traverse.

Les ingrédients de base de ce nouvel opus appartiennent toujours au pub rock de Dr Feelgood. La rythmique est puissante. La guitare largement amplifiée. Et la voix puissante du chanteur se pose toujours à l'avant-plan. Les treize plages sont signées par les membres du groupe. "Stammering days" ouvre la plaque. Une plage puissante dont le refrain est repris en chœur par les musiciens. Les cordes de Franck sont saturées, constamment prêtes à déraper. Le potentiel de ce morceau est incontestable. Lilian sort subrepticement un harmo de sa poche tout en chantant rageusement ses couplets. Les accords sèchement plaqués le suivent à la trace. Car si le chanteur libère quelques phrases de son harmonica, ce sont bien les cordes qui sont maîtres du jeu! Julien produit le Bo Diddley beat sur ses fûts, bientôt suivi par l'harmonica. Mr Descorps chante en toute sérénité "Ever and again" et "Look around". Les musiciens se sont calmés. Même Franck, réputé pour sa nervosité, prend plaisir à construire son solo. Un comportement qui ne manque pas de charme. A ce moment précis, le son de Doubler Stone Washed trahit quelques signes de polissure. Tout arrive! "Shaggy dog story" constitue un excellent boogie pub rock. Du pur Feelgood ! Mais en même temps, la formation n’adresserait-elle pas un clin d'œil aux Shaggy Dogs, un autre pub rock band connu dans l'Hexagone ? Lilian décolle sur ce rythme de boogie classique. Le timbre de la voix se fait moins rugueux. Le ton est moins agressif! Le DSW est susceptible de se rapprocher du blues. Parfois même sur un ton léger. A l’instar de "Come on", un titre au cours duquel les accents réverbérés de la guitare communiquent un parfum de bayou blues rock. Une sensation accentuée par l’intervention dépouillée de l'harmonica. Et l’incroyable se produit sous la forme d’un morceau acoustique : Lilian chante en douceur "Poor little thing", pendant que Franck gratte sa sèche tout au long de cette ballade. Mais le blues électrique bien gras refait rapidement surface sur l’indolent "Many people", une compo qui devrait prendre toute sa dimension sur les planches. La slide colle à la voix fantomatique de Lilian. Progressivement le climat devient menaçant. Remarquable ! Morceau amusant, humoristique, "Let the dogs out" lorgne du côté de… Dr Feelgood. Les accords sont ici sèchement plaqués, dans un style plus proche du Wilko Johnson des débuts ; c'est-à-dire lorsque la bande sévissait à Canvey Island. Le rythme rock'n'roll s’envole sur "Stowaway", un autre brûlot au cours duquel la voix nasillarde emporte tout sur son passage. En intitulant un titre de cet opus "Call the doctor", le groupe à inévitablement voulu se replonger dans l’univers de Dr Feelgood, plus de trente ans en arrière. La belle époque Johnson en ligne de mire. Un univers caractérisé par l'harmonica sans cesse au bord de la réserve, toujours proche de l'implosion. "Check point boogie" remet une sérieuse couche de boogie et nous entraîne la vitesse de pointe du nouveau TGV vers la sortie. Une issue traduite par l’adaptation du classique notoire, "Spoonful revisited". Le travail sur le son est impressionnant. Les percussions éclatent à l'avant-plan. La voix semble venir d'un autre monde. L'harmo et les cordes vont et viennent en transperçant littéralement l’écran sonore. Monstrueux ! Et pour clore le tout, ce très chouette album bénéficie d'une production bien soignée. Encore un groupe à ne pas manquer live!


Kevin Doublé

Blues in the morning

Écrit par

Kevin Doublé est originaire du pays de Loire. De Nantes, très exactement. Un jeune chanteur harmoniciste qui n'a pas encore trente ans. Sevré par la musique de Sonny Terry, Muddy Waters et Little Walter, il avait été durant plusieurs années le leader de Scratch My Back. Ce très bon premier album nous offre toutes les palettes du talent de Kevin, nous invitant constamment à voyager entre jazz et blues classique, sans oublier d’y inclure systématiquement cette subtile pointe de swing. Kevin est soutenu par Julien Brunetaud, véritable prodige au piano. Il a entraîné ses musiciens dans l’aventure : le drummer Guillaume Nouaux, le bassiste Sébastien Girardot et le guitariste Anthony Stelmaszack.

 

Le swing est omniprésent tout au long des premières plages. Bercé par un swing délicat,  "Jumpin' the blues" est guidé par les balais de Guillaume. Nous baignons ici au sein d’un univers très jazz. Et le jeu des solistes en est la plus belle démonstration. En particulier celui de Julien, particulièrement proche de McShann. Ce qui n’est pas une surprise. Pendant que Rahoerson se démène sur son saxophone ténor, Anthony emprunte une ligne de conduite inspirée par Kenny Burrell. Kevin chante d’un timbre chaud et velouté le "One scotch, one bourbon, one beer" d'Amos Milburn. L’approche est jazz. Le climat feutré évoque Nat King Cole ; surtout le jeu développé par Julien aux ivoires. Les cuivres, et en particulier Jérôme Etcheberry à la trompette et Serge au sax ténor, viennent tour à tour colorer cette ambiance de cabaret fin de soirée. Lorsque Kevin souffle enfin dans son harmonica, on est alors plongé dans l’univers du blues. D’abord le Chicago Southside. Sa reprise du "I can't hold out much longer" de Little Walter est respectueuse du maître. Il chante en douceur et souffle parcimonieusement, privilégiant la sensibilité. Ce schéma est reproduit lors du "Reefer head woman" de Jazz Gillum. Manifestement, les musiciens  ne veulent pas en remettre une couche et c'est tant mieux. Le message passe bien la rampe. Julien introduit le "Great pleasure" de Louis Jordan au piano boogie woogie. L'ensemble s'articule brillamment autour de ce rythme nerveux. Le spectre des années 50 plane. La section rythmique, les cuivres et le piano forment un ensemble très soudé. Le résultat interpelle et surprend, même lorsqu’apparaissent enfin et soudainement les cordes d'Anthony Stelmaszack. Et dans un style jump bien affirmé. Trois plages d’excellente facture marquent un retour au Chicago blues. Et se succèdent. Tout d’abord le "Lightnin" d'Otis Spann, un exercice de style instrumental impliquant Julien dans le rôle d'Otis et Kevin dans celui de Little Walter. Le "Since my baby been gone" de Willie Dixon ensuite. Interprété sous la forme d’un duo harmonica/piano, il libère beaucoup d'émotion, d'intensité dramatique. Le "Mean mistreater" de Muddy Waters, enfin. Julien Brunetaud en personne vient y rejoindre Kevin au chant. Le swing refait surface lors d’une nouvelle cover : celle du "Buzz me baby" de Louis Jordan. Vincent Talpaert (de Bo Weavil) s’y réserve la basse. Mr Doublé a empoigné la guitare, et il s'acquitte de sa tâche avec un réel bonheur. "That ain't rigt" est issu de la plume de Nat King Cole et cela s'entend. L’atmosphère est feutrée, très intimiste. Un peu comme lorsqu’elle envahit les salles enfumées des night clubs. Aux petites heures. Ce climat est ici parfaitement restitué. Ce blues lent traîne son swing en permanence. Sur les cordes, Anthony réincarne le T Bone des années 30 et 40, lorsque ses cordes étaient à peine amplifiées. L'album s’achève comme il avait débuté : par une composition de Jay McShann. En l’occurrence "Confessin' the blues". Un R&B boogie aux accents jazz entretenus par le piano et bien sûr les cuivres. Une excellente entrée en matière.

Various Artists

Switch 10

On connaît la chanson : voici la compile Switch made in Studio Brussel, 28 titres, que des tubes (Trentemoller, MSTRKRFT, Riton, The Glimmers, The Gossip, Uffie, Booka Shade, LCD Soundsystem, James Holden, Swirl People, etc.), à toutes les sauces électroniques. Cerise sur le gâteau : pour célébrer ce 10ème volume, la radio flamande offre un beau cd bonus, « The Past Belgian Classics ». Telex, Neon Judgement, Front 242, Lords of Acid, C.J. Bolland, Nacht und Nebel,… Malgré une impression de retour vers le futur, on est content de se souvenir que la Belgique est l’une des premières nations du monde à s’être mis, dans les années 80, à l’heure de la techno. A Detroit on s’en souvient d’ailleurs encore (demandez donc à Derrick May !), et on n’est pas peu fiers. Quid d’Yves de Ruyter, des Tueurs de la Lune de Miel et de Technotronic ? Demandez donc aux deux énergumènes de Simian Mobile Disco, censés devenir la nouvelle hype à la Klaxons : ils adorent « Pump up the jam ». Allez allez allez alleeeeeeeez… Soyons donc fiers de notre réputation : le beat, l’ancien, le ‘new’, c’est un peu grâce à nos braves technophiles qu’il est devenu une référence universelle. Belgium : 12 points !

Various Artists

Cooperative Music Volume 4

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Quel est le point commun entre City Slang, Bella Union, Arts & Crafts, Wichita et Brownswood Records (et quelques autres) ? Ces nids à talents sont depuis peu tous réunis sous la coupole de Cooperative Music, une branche de V2 permettant aux labels indépendants une meilleure visibilité. Et quel meilleur moyen de promo que la compile ? Déjà sous son quatrième volume, ce recueil réuni le meilleur de la coopérative, tant au niveau son que visuel. 

Le CD audio recèle une belle brochette de hits d’artistes tels que Explosions In The Sky, Simian Mobile Disco, Clap Your Hands Say Yeah, Ben Westbeech, Blood Brothers, The Jai-Alai Savant, The Ruby Suns, Au Revoir Simone ou Peter Bjorn & John. Le DVD propose 18 vidéos parfois bien fichues (The Dears, Mates Of State, The Knife…), parfois kitsch (The Pipettes, Lo-Fi-FNK…) Et le prix de cette compilation est très abordable, paraît-il ? Un bon deal si vous êtes en manque de découvertes.

Dälek

Abandoned Language

Finies les longues stridences indus qui faisaient de Dälek l’un des duos les plus bruitistes et atypiques de la sphère hip hop : l’heure est à la condensation et à la frontalité, voire aux refrains tapageurs (« Bricks Crumble », « Corrupt ») et à l’appel du pied (« Paragraphs Relentless » et « Starved For The Truth », diptyque acid noise entre MF Dooom et « Plastic Dreams »). MC Dälek et Oktopus auraient donc décidé de mieux se faire entendre, et même s’il y a toujours de la friture sur la ligne on reçoit cette fois-ci le message 5 sur 5. Seul l’interlude ‘ligetien’, qui ne s’intitule pas « Lynch » pour rien, rappelle combien Dälek est un duo qui aime brouiller les pistes : vous dites Public Enemy ? Ils répondent Scelsi. Ailleurs l’ambiance est toujours à la morosité, mais les synthés ont remplacé les drones… Et si on danse ? Sous la chape de nappes, le groove se tapit pour mieux vous étouffer : Dälek, ou l’art du gimmick oblique. Moralité de cette chronique : parfois tout va de travers et c’est bien mieux comme ça.

 

Bobby Conn

King For A Day

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Trois années après avoir concocté « The Homeland », le plus qu’atypique Bobby Conn reprend possession de son trône. S’il choisit de ne l’occuper que le temps une journée, nous, on le pousserait bien à y garder ses fesses collées le plus longtemps possible. Anachronisme ambulant, sorti tout droit d’un seventies peuplé par Bowie et King Crimson, Conn se fait beaucoup plus accessible et moins provocateur que sur ses précédents travaux. Les compositions de « King For A Day » n’ont cependant rien perdu en substance. Au contraire.

Bénéficiant de la participation de 13 musiciens préposés à son service, le roi d’un jour nous gratifie d’une œuvre subtilement gratinée et fantasque. Pièces maîtresses de l’œuvre, le délirant « Punch The Sky ! », le délicieusement ambigu et obsédant « Twenty-One » ainsi que le surprenant enchaînement du très pop « Love Let me Down », sans oublier le morceau prog « Sinking Ship », convainquent à eux seuls de l’immensité de la plaque. En bonus, le clip vidéo kitschissime du titre éponyme aurait fait la fierté d’un Bowie circa « Hunky Dory ». On se serait cependant bien passé de l’intervention de la violoniste Monica BouBou sur « Mr. Lucky », celle-ci massacrant toute la première moitié du titre de par sa voix franchement irritante. Hormis ce faux pas, « King For A Day » est définitivement un must. Longue vie au roi !

 

 

Blackfield

Blackfield II

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A situer dans un registre pop/prog mélancolique, le premier album de Blackfield était excellent. Son successeur ne déçoit pas, loin de là. La formule reste la même. Aviv Geffen compose un peu plus que Steven Wilson, lequel chante la majorité des titres. Le duo anglo/israélien s'est adjoint un vrai groupe, essentiellement recruté parmi les collaborateurs habituels d'Aviv (Richard Barbieri, le très honorable clavier de Pocupine Tree, apporte quand même sa touche de piano). Et les compères nous offrent dix plages de grande classe, certes plutôt sombres, mais lisses, rutilantes et radiophoniques en diable. Tout référencement serait réducteur. Disons que Blackfield cumule les qualités des meilleurs Coldplay, Moody Blues et 10 CC. C'est flamboyant et indélébile. Un CD incontournable, qui a d'ores et déjà sa place dans mon top ten de l'année. Ne passez pas à côté. Vous le valez bien.

The Baldwin Brothers

The Return of the Golden Rhodes

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Ce premier album des Baldwin Brothers est avant tout une compilation de styles et de featurings ; il ravira les indécis par ses univers funk-jazz côtoyant tantôt des beats électro-house, tantôt des atmosphères soul-lounge. A aucun moment, l’album ne semble prendre parti ; « Right On » convoque les vocalises d’un Barry White sur des synthés groovy improbablement teintés drum’n’bass ; « Just Me » fait dans l’électro-lounge tandis que « A Matter of Time » est un morceau hip hop traversé par les vocalises rap de Sarai. « When My Brother Had A Datsun » convoque à grand fracas l’esprit Gorillaz, dans un featuring avec le rap de Julio Davi. « Leave the past behind » plonge dans une soul old-school rafraîchie par la voix charmante de Lisa Kekaula (BellRays et Basement Jaxx). « Air Is Invisible » apporte à l’album sa touche multiculturelle, en jouant la métamorphose d’une intro de  percussions africaines en rythmes house entrecoupés de sonorités indiennes. « After school special » s’annonce très jazz puis plonge sans transition dans des nappes électro minimales et des synthés 70’s. Cet album à l’humeur versatile s’achève par l’inattendue participation de Mark Lanegan en de sombres vocalises à la Leonard Cohen posées sur cuivres mélancoliques. En somme, Return of the Golden Rhodes convoque une myriade d'univers que l’on voudrait voir se resserrer autour d’un consensus au caractère plus trempé. Certes, les morceaux, pris séparément, ne manquent pas de punch, ni leur enchaînement de fluidité ; mais leur côté tout-azimut fait perdre à l’album la consistance et la crédibilité, absente le plus souvent de l’esprit ‘compilation’. Une singularité traverse ce patchwork : « Le retour des Rhodes d’or », comme annoncé, met à l’honneur les sonorités d’un orgue Rhodes ; mais lorsque le piano électronique remplace la guitare pour se délayer ensuite dans l’ambiance 70’s, guette l’anachronisme. « The Return of the Golden Rhodes » séduit surtout par ses airs groovy, acheminant un album frais mais dispensable, taillé sur mesure pour les curieux et indulgents amateurs d’easy-listening.