Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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Sara Tavares

Balancê

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Il y a plusieurs raisons d’être gêné de ne pas avoir chroniqué ce disque plus vite… Il faut d’abord avouer que l’existence de la belle Sara Tavares a toujours baigné dans la musique. Sur ce deuxième album, paru il y a quelques mois, la jeune capverdienne élevée au Portugal assure la production artistique et joue la plupart des superbes parties de guitare acoustique. « Balancê » regorge de ballades dont les sommets sont atteints sur les très beaux « Lisboa Kuya » et « Guisa ». Sentimental et indolent, le disque est raffiné par la voix d’or de Sara Tavares, qui partage sa musique entre percussions africaines et écriture mélodique plus pop. Nonobstant quelques baisses de régime et l’une ou l’autre tentation plus ‘radiophoniques’, comme le trop synthétique « Dam Bô », Sara Tavares se révèle ici son talent à l’état pur. Que dire de plus ? A découvrir, absolument…

Lynwood Slim

Last Call

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De son véritable nom Richard Duran, Lynwood Slim est aujourd’hui âgé de 53 ans. Lors de sa tendre jeunesse, il tombe sous le charme du blues et se met à jouer de la trompette et de l'harmonica. Au cours des années 70, il quitte la West Coast et débarque à Minneapolis. Dès son arrivée, il est appelé à remplacer, au sein d’un groupe local, un certain Kim Wilson parti à Austin, dans le Texas, pour fonder le Fabulous Thunderbirds. En 1984, il commet "Soul feet", un elpee qui sera réédité en 96, sur le label Atomic Theory. Richard a la bougeotte. Il revient quelque temps à Los Angeles ; mais en 1995, il émigre à Chicago. Avant de revenir vivre au sein de sa chère Californie où il y fonde, dès 1998, le label Pacific Blue Recording Company. En compagnie de Jerry Hall. Il grave alors quelques albums d’excellente facture. Et notamment "Lost in America", un elpee également réédité. Chez Atomic Theory. En 97. "Back to back", ensuite. En 1998. Chez Crosscut. En compagnie de Junior Watson. Et "World wide wood" en 99. Un opus pour lequel il bénéficie de la collaboration, entre autres, de Marc Thijs. Il a également participé aux sessions de studio de quelques potes notoires. Et en particulier des guitaristes Kid Ramos, Junior Watson et Alex Schultz. Enfin, il a également embrassé une carrière de producteur. Il a ainsi mis en forme un album des Electric Kings.

Slim aime le swing. Dès les premières mesures de "Well Alright, OK you win", il démontre cette passion. Il est soutenu par des musiciens efficaces pour affronter ce style : Kid Ramos aux cordes, John Bazz (NDR : des Blasters) à la basse et Ron Felton aux drums. Il en profite alors pour produire un petit bijou de solo sur son harmonica chromatique. "All night long" constitue déjà le sommet de cet opus. Une composition débordant de bonne humeur. Signée Clifton Chenier, elle se mue en West Coast zydeco. A cause de la participation aux vocaux de tous les acteurs, de la guitare de Kirk Fletcher et surtout, d'une merveilleuse mandoline, pincée par Rich Delgrosso, un disciple notoire de Yank Rachell. "West baby blues" manifeste un swing naturel et feutré. Richard Innes secoue ses balais avec beaucoup de retenue pour permettre à Kid Ramos de délivrer un solo d’une infinie délicatesse et d’une sensibilité extrême. La même équipe s’attaque au "I'm tired" de Mickey Baker. Le tempo est plus dynamique. Ron Dziubia souligne bien le rythme de son saxophone tandis que le Kid s'éclate aux cordes. La douceur de l’intimisme envahit le "Nothin' but the blues" de Duke Ellington. Une plage paisible que Slim chante sur un ton cool jazz, en agitant des bongos face à la section rythmique et le saxophone raffiné de Dziubia. Ce swing naturel force l’admiration lorsqu’il chante "You're a pain". Ramos aux cordes et le bouillant pianiste de boogie woogie anglais, Carl Sonny Leyland, y excellent. Changement de cap pour "Say it!". Un blues au tempérament assez soul, caressé de chœurs vocaux vaporeux. La guitare d'Armando Cortez (NDR : des Chicago Blues Angels) est largement amplifiée et le piano de Harunobu Tsushida (NDR : un musicien des Flip Tops de Nick Moss) trépide. Nick Moss se réserve d’ailleurs ici la basse ; et sa compagne Kate, la guitare rythmique. Slim chante alors "Me, myself & I", un hit immortalisé par Billie Holliday, sous une forme gypsy jazz plus Django Reinhardt que nature. Les guitares acoustiques de Jeff Ross (NDR : un ancien soliste de Candye Kane) et de l'Argentin Gonzalo Bergara s’y conjuguent à merveille. Lynwood Slim chante le blues et souffle à nouveau dans son harmonica tout au long d’"Across the sea". Un moment très roots que j’apprécie tout particulièrement. Un shuffle léger et remarquable au cours duquel Kid Ramos, John Bazz et Richard Innes sont là, en toute simplicité, pour assurer. Sous ce même line up, ils abordent "Not your clown", un morceau pétillant coécrit par Marc Thijs et Luc Alexander des Electric Kings. Jazz et swing y font toujours bon ménage. "I'm sorry" semble sortir tout droit d'un juke box de la fin des 50s. Une ballade soul légère, empreinte de douceur. D’excellente facture, cet opus s’achève par un jazz velouté, intimiste, au cours duquel Slim chante et joue de la flûte.

 

 

Radar Bros.

The Fallen Leaf Pages

Le troisième album des Radar Bros. ne s’apprivoise pas en quelques écoutes : il faut y aller prudemment, comme au charbon, puis à force de creuser ces mélodies qui traînent la patte, on y trouve son compte, l’envie d’y revenir, de se couvrir de cette nonchalance, comme une couverture chauffante. S’ils ont l’allure de musiciens à l’intellect maussade, Jim Putham, Senon Gaius Williams et Steve Goodfriend peuvent être fiers de leurs treize nouvelles chansons : poignantes, délicates et revêches en même temps, elles portent bonheur à celui qui voudra bien y voir le salut de son âme. Grandaddy est mort ? Vive les Radar Brothers ! Sauf qu’ici la pop se révèle secondaire, on parle d’atmosphère, d’état contemplatif, d’un ennui rassurant, comme un dimanche pluvieux. « We’re not sleeping » est un des titres de l’album, et c’est bien de le reconnaître. Non, il ne s’agit en aucun cas d’un disque aux mélodies replètes, qui donne le sourire ; et en tout cas ce n’est pas une raison pour bouder son plaisir… Entre slowcore à la New Year et americana à la Jason Molina, la musique des Radar Bros. ne donne pas envie de dormir, mais de faire de beaux rêves. Dont la B.O. serait peuplée de chorus languides, de refrains qui drainent de l’espoir et de souffle divin. Le disque s’écoute d’une traite, comme on avale un grog pour se donner du courage et de la contenance. Après on se sent mieux, et tout a l’air très simple... On « respire à nouveau » (« Breathing again »), les narines dilatées par la joie de se sentir en vie.

Pet Shop Boys

Fundamental

On l’a déjà écrit : les Pet Shop Boys, c’est la grande classe. Du type Depeche Mode, New Order, voire The Smiths. Un songwriting qui ne se dément pas sur ce neuvième album, le meilleur depuis « Nightlife ». Et un sens de la danse (dance) dont se revendiquent beaucoup d’électrons libres de la sphère techno actuelle (sur le disque bonus, des remixes de Michael Mayer, de Richard X, etc.). La preuve que Neil Tennant et Chris Lowe sont loin d’être des ringards, et que leur musique survivra, malgré les modes. Produit par Trevor Horn, les Pet Shop Boys reviennent ici à leurs premiers amours : les tubes synth-pop (« The Sodom and Gomorrah Show », « Minimal », « I’m With Stupid ») et les ballades douces-amères (« I Made My Excuses and Left », « Numb », « Luna Park »). Rarement Neil Tennant n’aura si bien chanté (cette voix, vespérale), d’autant qu’encore une fois les textes s’avèrent intelligents, sensibles, en lien direct avec leur temps (Tony Blair, sa politique d’immigration, le terrorisme et la paranoïa sécuritaire). Il y a plus de vingt ans que ça dure, et c’est toujours le même topo : longue vie aux Pet Shop Boys, à leur mélancolie, à leur aisance mélodique. Sans eux, Superpitcher, Air, Röyksopp ou The Knife n’existeraient peut-être pas. Imaginez comme la vie serait moche ! On l’a échappé belle.

Eddie Palmieri

Vamonos Pa´l Monte

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Disque barré et militant, « Vamonos Pa’l Monte » recèle six morceaux qui marient la salsa au jazz, au funk et au psychédélisme. Le pianiste Eddie Palmieri a conçu cette œuvre au début des années 70 en guise de manifeste politique. Le message ? La lutte contre les injustices sociales qui rongeaient les U.S.A. de l’époque. Les chansons se consument dans des jams hallucinées. A l’instar de « Caminando », une compo signée par le frangin Charlie Palmieri (meneur des « Allegre All-Stars ») où les voix des ténors se noient dans des échos réminiscents du dub avant que le funk-jazz finisse par reprendre ses droits. L’opus s’achève par le bien nommé et percussif « Comparsa De Los Locos », le titre le plus délirant du lot. Un fragment chargé d’effets ‘dub’ sur les voix et soutenu par une rythmique très susceptible, encore aujourd’hui, de faire suer les dancefloors. Chek this out !

Peaches

Impeach My Bush

« Impeach My Bush »… A lui seul le titre du troisième album de Peaches résume bien l’affaire : on parle ici de sexe, de pouvoir, de politique, mais sans tabous ni concessions. Au placard les bienséances, le temps est à la rébellion : face à l’ordre établi et aux culs-serrés qui nous dictent leurs règles et leurs doctrines, Peaches a trouvé la parade. C’est un mélange de rock lourd, de beats surpuissants et de doigts bien levés, pour dire « Fuck you », « Fuck me », du moment que ça gicle. C’est de l’électro-punk à la sauce queer, parce qu’il n’y a rien de pire que les normes, les genres et les frontières. Autrement dit c’est de la balle, que tu enfonces bien profond dans ta tête ou ton derrière, en attendant d’être soulagé du malaise dans lequel cette société te plonge. ‘I’d rather fuck who I want than kill who I am told to’ : tels sont les premiers mots de ce disque rageur, à la gouaille libidineuse, qui prêche le plaisir dans l’action. Enregistré à L.A. dans le studio de Jeff Pecaro (le batteur de… Toto), « Impeach My Bush » se veut donc à la fois une critique impudique de notre société et la dernière confirmation qu’il n’y a rien de tel dans la vie qu’une bonne partie de jambes en l’air. « Make love, not war », mais le sexe en plus, à deux, à trois, à plusieurs, et que ça rue dans les brancards jusqu’à l’orgasme salvateur. Pour vous y aider, Peaches a mis cette fois les bouchées doubles : les riffs de rock’n’roll sont énormes, la batterie également. Et on ne parle même pas des beats, d’une précision chirurgicale. Disque brut et brutal, sexuel et rebelle, « Impeach My Bush » sonne comme le meilleur de Peaches, puissance dix. Sans doute est-ce dû au fait que la brune s’est entourée d’un vrai groupe live. En l’occurrence Samantha Maloney (Hole, Motley Crüe, Eagles of Death Metal) à la batterie, Radio Sloan (Courtney Love band) à la guitare et JD Samson de Le Tigre aux synthés. Un groupe qui n’hésite pas à y aller franco question AC/DC et Kiss. En guest, on retrouve également Joan Jett, Josh Homme, Feist et Dave Catching, pour une orgie sonique qui vaut bien l’intégrale de Chuck Berry, de Kelis et de la chaudasse Katsumi. Entre « clit rock » (« You Love It », « Get It », « Giv ‘er ») et r’n’b minimaliste (« Tent In Your Pants », « Stick It To The Pimp »), « Impeach My Bush » laissera donc votre culotte toute mouillée. Mmmm, c’est bon.

Oakley Hall

Gypsum Strings

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Les Oakley Hall ne sont pas des glandeurs. Deux albums en six mois, ça bosse dur dans les chaumières. Ces bûcheurs pratiquent l’exemple parfait de ce que l’on pourrait qualifier de country moderne. Country parce que le disque contient toute la palette d’instruments inhérents au style : violon, banjo, lap steel, etc. Moderne parce que ça frappe sévère. Rien d’étonnant quand on sait que le groupe a été mis sur pied par l’ex Oneida Pat Sullivan. L’album débute par un riff puissant et répétitif et l’affaire, déjà, est entendue. On y met toute sa ferveur, toute son âme. Les voix alternées de Sullivan et de Rachel Cox font merveille et les harmonies vocales sont belles à sangloter. Ce qui ne les empêche pas, à l'occasion, de salir leurs copies. Indubitablement, la troupe a privilégié la distorsion et les tonalités boueuses à la sempiternelle formule country. Le disque sera un incessant aller-retour entre les ballades arrache-cœur et un rock spacieux comme les plaines de l’ouest. « House Carpenter », puisée dans le domaine public, en est le parfait exemple. Un morceau dantesque tout en tension et accalmies dont on sort vidé. Mais Gypsum Strings est surtout un album à guitares comme on n’en fait plus guère, mis à part chez les collègues de My Morning Jacket. Et on ne s’en plaindra pas.

Oneida

Happy new year

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Les défricheurs du nouveau son (TV On The Radio, Battles) voient débouler à leurs cotés un allié de choc. Oneida, trio de Brooklyn, huit albums au compteur, vient de passer à la vitesse supérieure. Leur petit dernier, une oeuvre poétique constituée d’envolées en vrille et de phrases musicales en boucle, laisse sans voix. Touches électro, rythmique ébouriffante, superposition des voix contribuent à générer un mantra monastique du plus bel effet. Partout, le travail de guitare est minimaliste. Pas de riffs, plutôt des éclairs d’électricité déchirant un ciel obscur. Mis en orbite par un gospel du nouveau millénaire sur la nature passagère de la beauté, le disque impressionne d’emblée. « Up with People » sept minutes d’énergie jazzy-funk que ne renierait pas !!!, est foudroyant d’efficacité. Plus loin, « History’s Great Navigators », piano martelé, sitar imbibé, plaque au mur et coupe le souffle. « You Can Never Tell » qui louvoie du côté des Liars, batterie tribale à souhait et chant vaudou terrorisera les petites filles. « The Misfit » a la bossa-nova dans l’âme mais le post-punk dans le froc. Dernier assaut vers le cervelet, « Thank Your Parents », hypnotique en diable assure la fin du voyage avant d’ouvrir les yeux et de se demander où viennent de passer ces dernières 45 minutes. Un travail incroyable de cohérence. Oneida expérimente, certes ; mais n’oublie jamais d’écrire des chansons. Les fêtes avant l’heure. Happy New Year !

Ostinato

Chasing the Form

Epique, dans le bon sens du terme. Ce trio de Washington D.C. tire son nom d’un terme musical italien qui signifie : ‘fragment mélodique récurrent’, et ça ne nous avance guère. De la techno ? De la pop avec couplets/refrains ? Le premier titre convoque riffs pesants, voix timide et batterie ténébreuse. La suite est du même acabit, tel un mix rampant de Shipping News, d’Isis, de Codeine, de Pink Floyd (era « The Wall ») et de post-rock en berne. Intensité dramatique, catharsis électrique, dilatation nerveuse : l’esprit divague au fil de ces arpèges malsains, comme à chaque fois qu’un riff s’étire au-delà de la raison et gratte le cortex jusqu’à la débandade. C’est sensuel et violent, malingre et déroutant. En quête d’une forme musicale qui sans cesse se défile (du rock quasi instrumental), Ostinato vient de pondre un bon disque. Le troisième. Faites confiance à ces Américains : ils ne caressent pas leurs guitares dans le sens du poil, et ça donne des frissons.

Jet Lag Gemini

Business

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En provenance du New Jersey, ces quatre touffes ébouriffées sont à l’image du monde entier : câblés en permanence sur les chaînes télé. A l’écran, les derniers clips de Green Day et Jimmy Eat World passent en boucle. A s’en décoller la rétine ! Lobotomisés, Misha Safonov (chanteur et guitariste d’origine russe), le batteur américain Dan Di Liberto et les deux Roumains, Vlad et Matei Gheorghiu, consacrent leur jeunesse à singer les riffs télévisés de leurs modèles médiatisés. Aussi, à son tour, Jet Lag Gemini pourrait-il se payer une petite gloriole. Le temps d’un gentillet single pop-punk (« Don’t Leave Me Hanging »), le groupe squatterait le téléviseur. Pop-punk ? D’ici, on voit déjà quelques crêtes vertes fluo s’hérisser... A la grande tristesse des fans des Ramones et autres Damned, les blousons cuivrés de Jet Lag Gemini sont taillés pour les charts... Cependant, ces quatre enfants ne sont pas méchants. « Business » renferme 6 titres énervés à écouter sur une rampe de skate entre un ‘ollie’ et un ‘flip’. Mais une fois la planche au placard, le « Business » peut attendre...

Ice Cube

Laugh Now, Cry Later

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Est-ce qu’on à l’air de rire ? Franchement ? Ecoute mec, commence par ranger ton flingue... Reste calme. On t’écoute mec. Et c’est pas parce que t’es un ancien NWA (Niggaz With Attitude) que tu dois te la péter... Hein ? Sorry mec, on voulait dire que tu fais partie de l’Histoire du rap. Mon petit Ice, enlève ton doigt de la gâchette, s’il te plaît. Allez, on l’écoute ton nouvel album ! Hum... « Laugh Now, Cry Later », c’est quoi ce titre ? On peut rire tout de suite ? Là, tu veux savoir si on plaisante ? Evidement mec, on n’a pas envie de terminer troué comme une passoire en écoutant ton disque... Qu’est-ce qu’on en pense ? Ton septième album est un peu long, tu aurais peut-être dû revoir sa durée. Eh, c’est qu’une toute petite remarque ! Calme-toi, arrête de jouer avec ce barillet de malheur ! Quelques excellents morceaux (« Child Support », « Why We Thugs ») viennent d'ailleurs nous rappeler que t’es pas une vieille bouse. « Laugh Now, Cry Later » s’écoute à fond : action nécessaire pour faire trembler les baffles et se brûler les tympans. La puissance des beats demeure assurément ton point fort, Mr Ice Cube. Tu sais également t’entourer : Mike Epps (sur « Dimes & Micks »), Snoop Dogg (sur « Go To Church » et « You Gotta Lotta That ») ou encore WC (sur « Chrome & Paint »). On applaudira aussi ton engagement et tes prises de position face aux errances de ton président (« The Nigga Trapp », « Smoke Some Weed »). Un bel exemple pour ta descendance... Oh, du calme, on a dit descendance... Non, non, tu ne dois descendre personne... Mais tu vas le faire ? Tu ne vas quand même pas abattre un pauvre rédacteur sans défense ? Si ? BANG, BANG, BANG... « Laugh Now, Cry Later ».

Hollywood Blue Flames

Road to Rio

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Delta Groove est un label californien. Il est sans aucun doute un des plus actifs et dynamiques dans l’univers du blues, aujourd’hui. Croisons donc les doigts afin qu’il poursuive cette route le plus longtemps possible et que son boss, Randy Chortkoff, puisse continuer sa mission au service du blues. Et il est fier de ses choix, l'ami Randy! Et en particulier celui d’avoir signé les Hollywood Blue Flames. Qui viennent de commettre un nouvel opus ou plus exactement un double album. C'est-à-dire "Road to Rio" accompagné d’un 2ème elpee. Baptisé "Larger than life", ce dernier réunit des enregistrements ‘live’ inédits issus de leur première incarnation sous le patronyme de Hollywood Fats Band. Cette œuvre est également un pari, car ces musiciens militent également hors du cadre des H.B.F. et ne peuvent raisonnablement reproduire cette expérience sur les planches. Mais, l'important, c'est le blues, c'est le feeling, c'est le plaisir d'entendre ces musiciens qui véhiculent leur flamme musicale. Vous avez tout à fait raison, Mr Chortkoff! Qui sont donc les Blue Flames actuels? Les anciens, le chanteur harmoniciste Al Blake, le pianiste Fred Kaplan, le bassiste Larry Taylor et le batteur Richard Innes ainsi que le jeune guitariste noir, Kirk "Eli" Fletcher. En 2005, "Soul sanctuary" était déjà paru chez Delta Groove. Ce nouvel opus, "Road to Cairo", est le fruit de plusieurs séances d'enregistrements opérées entre 1996 et février 2006.

Le titre maître ouvre la plaque. Fred Kaplan se réserve l'orgue Hammond. La guitare de Fletcher est bien amplifiée. Al Blake chante cette plage nerveuse, très contemporaine. Kirk ne tient guère en place et ne peut attendre bien longtemps avant d'éclater dans un solo détonant. "Everyboy's blues" baigne au sein d’un blues de bonne facture. Faut dire qu’il est interprété par des serviteurs qui ont tellement d’années d’expérience. Al Blake assure les vocaux. Le tempo imprimé par Innes prend une coloration très John Lee Hooker ; une tonalité renforcée par le travail rythmique de Fletcher et le piano de Kaplan. "Coffee grindin' man" macère dans le Chicago Blues. Celui de la grande époque des 50s : très Southside. Le piano est passé à l'avant-plan. Al se met à souffler comme Sonny Boy II. Que du bonheur! Et on retrouve cette même ambiance tout au long de "Long black Cadillac". De nouveau plus contemporain, "Steady rollin' est hydraté par l’orgue. Les cordes sont généreuses. S’appuyant sur une rythmique chère à Billy Boy Arnold, la sensibilité de l'harmonica est, pour la circonstance, bien plus proche de Little Walter. Instrumental, "Gumbo grinder" date de plus de 10 ans. Interprété sous la forme d’un trio, il implique Fred, Richard et Larry ; un vrai gumbo louisianais qui sonne très New Orleans et flirte avec le boogie woogie. Al Blake chante "Gona away" en s’accompagnant à la guitare acoustique ; un blues envoûtant au cours duquel, son célèbre ami, Kim Wilson, souffle passionnément dans son harmonica. Autre instrumental, "3rd degree burn" met en exergue toute la verve et l'inventivité du guitariste Eli Fletcher, véritablement impressionnant dans son style. Al Blake s’inspire manifestement de Howlin’ Wolf pour attaquer "Let's rock a while". La rythmique est efficace. Al double la guitare et l'harmo. Tout le talent de Blake à l’harmonica éclate sur " Dr Black's boogie", un troisième instrumental brillant, puissant, au cours duquel on ne peut s’empêcher de penser à Little Walter, Junior Wells ou encore James Cotton. Chatoyant, le "Sharpest man in town" de LC McKinley implique Tom Fabre au sax ténor. Cet elpee bénéficie encore de trois bonus tracks rehaussés par la présence de Junior Watson. Ce génie des cordes a souvent été à leurs côtés. Il était probablement le seul à pouvoir rivaliser avec Hollywood Fats. Son talent, sa technique, sa puissance et sa présence. Sa collaboration est prodigieuse tout au long de "Junior's boogie rocket". Et on le retrouve, bien sûr, lors de l’adaptation du "Let me love you" de Willie Dixon et le "Honeydripper" de Roosevelt Dykes.

Le deuxième cd s’ouvre par "Fats fries one". Le changement n'est pas radical mais le son est différent. Un démarrage extraordinaire ! Hollywood Fats est au sommet de son art. Sa technique et sa vitesse d'exécution sont absolument déroutantes. Mais cette plage est un véritable mystère : pas de date ni de lieu d’enregistrement. Pas de renseignements relatifs aux musiciens en présence. Une chose est sûre : c'est bien ce diable de Fats qui est aux cordes! "Nasty boogie woogie" est une bien curieuse plage. Fred Kaplan tire son épingle du jeu au piano. Il est soutenu par Larry Taylor à la basse et John Boudreaux aux drums ; mais c'est Hollywood Fats qui chante ou plutôt présente et shoute d'une voix bien chaude. La reprise du célèbre "Sidetracked" de Freddie King a été enregistrée sur une cassette portable au Belly Up Tavern. En 1980. Le son est loin d’être hi fi ; mais les instrumentistes affichent ici une classe incomparable. Deux plages ont été immortalisées lors de l’édition 1979 du Monterey Jazz Festival. En backing band du shouter saxophoniste, Eddie ‘Cleanhead’ Vinson : "Kidney stew blues" et "Cleanhead blues". Deux superbes fragments au cours desquels les parties de saxophone et de guitare valent le détour. Toutes les dernières plages ont été immortalisées au White House de Laguna Beach. En 1980. Un concert exceptionnel qu’il aurait fallu ne manquer sous aucun prétexte. Le niveau musical flotte au-dessus de la norme. La version de "Shake rattle and roll" est de la pure dynamite. L’explosivité du guitariste fait des ravages. Fred Kaplan se déchaîne sur son vieux piano. Une plage qui vaut à elle seule l'achat de ce double album! Et je le répète une nouvelle fois, si le son n'est pas parfait, la prestation des musiciens nous entraîne dans un autre univers. Al Blake se réserve l'harmo pour exécuter le "This little voice" de AC Reed. Un autre shouter fait son entrée sur scène : Roy Brown. Il chante "Love for sale", un slow blues fiévreux et participatif, ainsi que le jump blues "Boogie woogie blues", caractérisé par la présence d’une guitare qui refuse de rendre l'âme. Ce superbe recueil s’achève par "Motel time". Fats se consacre, pour la dernière fois, aux vocaux. Un album absolument indispensable. Mais également un hommage vibrant à Michael Mann, alias Hollywood Fats, qui nous a quittés, victime d'une crise cardiaque, il y a tout juste vingt ans…

The Hormonauts

Hormonized

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« Hormonized » constitue déjà le quatrième album de cet ensemble italo-écossais. Un trio dont le talent scénique s’est déjà exporté aux quatre coins de l’Europe. Son rock’n’roll anecdotique et sans prétention est simplement destiné à faire passer du bon temps. Et il y parvient sans grande difficulté. Si la voix du chanteur, Andy Mac Farlane, évoque celle de Billy Idol en moins racoleur, la musique puise allègrement dans le rockabilly, le surf (« Hatuey »), le blues-punk (« Hormonized ») et les atmosphères de film western (« Greasy Black Hands »). Hormis la reprise cocktail de « My Sharona », quelques compos démontrent la capacité des gaillards à écrire des chansons contagieuses. A l’instar du rock « Top Of the World » ou encore de « Swimming Pool », histoire d’un barbecue réussi (NDR : c’est-à-dire sans pluie). Bref, on nage ici en plein univers sonore ludique. Ce disque devrait donc plaire à celles et ceux qui ne jurent que par le rock hédoniste et sans prises de tête.

Kaiser George & The Hi-Risers

Transatlantic Dynamite !

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Le meilleur groupe beat après les Beatles. C’est ce qu’annonce le dossier de presse à propos des Kaisers, groupe écossais qui officie depuis le milieu des années nonante. Carrément. Le seul groupe beat à sévir depuis les Beatles aurait semblé plus approprié. Associé aux new-yorkais Hi-Risers, George, le kaiser en chef compte relancer la british invasion. Mais cinquante ans plus tard. Autant dire qu’il n’y a plus grand-chose à envahir. On prend donc les mêmes ingrédients et on balance la tambouille. Les guitares crépitent, la rythmique sautille et on chante son désir à la jeune fille en jupe plissée, juste là, en bas de la scène. Mais quelques chansons et regards aguicheurs plus tard, la demoiselle se renfrogne doucement devant tant de niaiseries. Du genre ‘je m’en fous de ce que les gens pensent parce que… je préfère être avec toi’. Elle finit par se dire que les Beatles écrivaient des putains de chansons, eux et qu’ils sont vite passés à autre chose. Aurait préféré un trip Backbeat, chansons d’alors mais rage d’aujourd’hui. Et se casse en compagnie d’un junkie sauvage et tatoué. Le groupe tirera peut-être son coup la prochaine fois. Dynamite ? Pétard mouillé !

The Dagons

Reverse

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C’est l’histoire d’un duo, guitare-batterie pour la forme. Un homme, une femme : un couple, un vrai. Cette fois, pas de décorum : oubliez le rouge, le blanc. Bienvenus chez The Dagons, formation de la belle Karie Jacobson et du solide Drew Kowalski. Unis par l’amour, nos deux tourtereaux explorent les strates hallucinogènes d’un blues-rock psychédélique. Ici, la fille occupe le devant de la scène. Dans l’urgence, elle égorge sa guitare, délivrant des riffs étouffés. De sa voix, elle prêche une dernière messe : gothique et romantique. Rendez-vous étrange, inattendu.

Nous sommes ici au carrefour des trips cosmiques des Fiery Furnaces (« Scylla »), d’un rock garage lorgnant du côté des White Stripes (« How To Get Through The Glass », « Reverse ») et d’un plongeon mystique digne des Faun Fables (« In Gingham », « Helium »). Véritable monde parallèle, l’univers des Dagons colporte une aura transcendantale. Bande son rêvée des défonces dominicales du gourou de la secte des lapins chiliens, la musique du duo s’inhale comme une bouffée d’air impur. Une odeur d’interdit nous chatouille alors les sinus. On y retourne. Encore et encore. The Dagons ou comment prendre goût à l’interdit.

Various Artists

Hostile 2006 - Changer la donne pour les 10 ans à venir

A l’instar de « Rapattitude » en 1990 et la BO de « La Haine » en 1995, la première compile du label Hostile, sortie il y a dix ans, aura bouleversé en profondeur le paysage du rap français. Après Suprême N.T.M., IAM, Assassin et Dee Nasty, une nouvelle génération de rappeurs sortait de l’ombre, plus gangsta, plus violente, qui n’hésiterait sans doute pas à ‘appuyer sur la gâchette’ si le besoin s’en faisait ressentir. C’est le règne de Lunatik et de Booba, de Rohff, de Disiz, de Diam’s et de Sinik, aujourd’hui des stars de l’industrie du disque, qui en vendent autant que Goldman et Pascal Obispo. Pour marquer ses dix ans d’existence, Hostile a donc décidé de réaliser une nouvelle compile, censée réunir les ‘nouveaux talents’ du hip hop français. A la prod on retrouve Tefa et Masta, duo de choc à l’origine des tubes de Diam’s (« Dans Ma Bulle ») et de Sinik (« Sang Froid »), bref des types du terroir macadam, qui se sentent chez Hostile comme chez eux. Leur mission : ‘renouer avec l’esprit et la qualité artistique de 1996 !’, bref rehausser le niveau d’un rap français qui pour l’instant se cherche un peu. De cette ‘nouvelle école’, on retiendra sûrement les prestations de Sam’s et d’Eloquence, qui tchatchent comme des pitbulls en chaleur. Costaud, glacial, hostile… Pour le reste c’est faiblard, comme une mauvaise saison de la Star’Ac. Armande, reviens !

Various Artists

Switch 9

Il ne faut pas grand-chose pour réussir une soirée dansante. Du beat, par exemple, et le reste, les jambes, les bras, la tête, suivent. Vous êtes mou du bassin, victime d’épilepsie, allergique au poumtchak et la new beat de Vitalic vous tape sur le système ? Découvrez les plaisirs de l’électronique en écoutant ‘Switch’, l’émission de Jan Van Biesen, diffusée tous les vendredis et samedis sur Studio Brussel. Au menu de cette neuvième compile, encore du BPM de qualité : l’excellent « Exceeder » de Mason, « Night Falls » de Booka Shade (tiré du bel album « Movements »), « Domino » de Oxia (un pote de The Hacker, ici plutôt deep et minimal), la nouvelle sensation flamande Shameboy (Luuk Cox de Buscemi + Jimmy Dewit, le ‘Bobby Ewing’ du soundsystem Discobar Galaxy), « Beautiful Day Without You » de Röyksopp (remixé par le talentueux Rex The Dog), Ellen Allien & Apparat, Coldcut feat. Roots Manuva,… Comme d’hab’, il y en a donc pour tous les goûts. Plus besoin d’acheter les maxis des tubes techno actuels : ils sont tous là, à raison de deux/trois compiles « Switch » par an. Un maître achat pour qui aime danser et s’improviser pousse-disques.

Camera Obscura

Let´s Get Out Of This Country

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Ecossais, mélodieux, doux et racé. La filiation avec Belle and Sebastian est inéluctable. Un certain Stuart Murdoch aurait même signé la pochette du précédent disque. Mais à l'égard de ce troisième effort, Camera Obscura sort de l’imposante ombre de ses augustes maîtres et se forge peu à peu une identité propre. Tracyanne Campbell, reine mère du projet, écrit d’intimes et tendres ballades dont les moindres inflexions lyriques, flots de cordes ou harmonies vocales sont propices à vous briser le cœur. Le disque débute d’ailleurs par « Lloyd, I’m Ready To Be Heartbroken » hommage et réponse tardifs au « Are You Ready To Be Heartbroken » de Lloyd Cole and The Commotions. Qu’elle chante d’une voix mielleuse et directe est un imparable atout pour propulser les déchirantes « Country Mile » et « Dory Previn » dans une dimension parallèle ou le spleen constituerait le dessein ultime de toute âme. Loin de s’engoncer dans des poncifs asthéniques, la troupe s’adonne également à une pop de haute volée, jamais racoleuse. Le jeu fin et retenu du groupe et la production de Jari Haapalainen ( Ed Harcourt, The Concretes mais aussi The (International) Noise Conspiracy) contribuent à enrober ces parfaites friandises que sont « Tears for Affairs », « If Looks Could Kill » ou l’appel « I Need All The Friends I Can Get ». Ca tombe bien, je suis disponible en ce moment...

Akro

L´encre, la sueur et le sang

L’égoïsme, le racisme, l’intolérance, la drogue, l’alcool, le proxénétisme, l’industrie du disque, le snobisme, le capitalisme, l’obscurantisme, la misère sociale, la frime, l’adoption, la drague, le gangsta rap, le marketing, l’argent, l’indifférence, le chômage, l’amitié, la guerre, l’amour et Starflam : pour son premier disque solo, Akro se pose en bon samaritain de la plume versatile, prêt à donner de sa voix pour jouer au grand frère modèle, dans un monde où, pour citer NTM, ‘tout n’est pas si facile / tout ne tient qu’à un fil...’ Le Liégeois parle d’expérience : il a connu chez Starflam les remises en question, le succès et les critiques faciles. Objectif de cette escapade en solitaire : mettre les points sur les ‘i’, en tapant fort dessus pour que le message atteigne bien sa cible. Aux beats et aux scratches, DJ Mig One, et derrière le mic’ des invités triés sur le volet : Roldan d’Orishas, Buckshot et Steele de Boot Camp, Christa, Sandrine Collard, James Deano (avec M.A.X.), Bienvenu (sans Sonar) et, cerise sur le gâteau, le Starflam Crew, sans Balo, parti bivouaquer chez les Flamands d’Arsenal… Si dans l’ensemble Akro parvient à tirer son épingle du jeu hip hop par la fluidité de son flow et une écriture qui sans cesse s’affine, le rappeur de Tox City tombe parfois dans les clichés dont il pense être lui-même le pourfendeur. « Paradoxe » est justement le titre d’un des morceaux présents sur cet album ; et à force de se prendre pour le mec qui a forcément raison, Akro passe surtout pour un donneur de leçons (ça rime). En fin de compte, on préfèrerait l’entendre rapper sur des textes qui ne pointent pas sans cesse du doigt les carences de notre système et les turpitudes de notre race humaine : ça nous ferait des vacances. L’homme, un loup pour l’homme ? Sans blague couzin !

Pukkelpop 2006 : samedi 19 août

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Dernier jour. Déjà. Sniff. On souhaiterait que ce festival exceptionnel dure éternellement mais comme le veut l'adage : 'toutes les bonnes choses ont une fin…' Saloperie d'adage…

13h. Nick Oliveri et son Mondo Generator prennent d'assaut la Main Stage. En grande forme, l'ex-Queens of the Stone Age hurle au micro ses dernières compos, issues de l'EP « III » ainsi que des titres de son ancienne formation. Rien de transcendant… Ce qui ne sera pas le cas de Midlake, énième bonne surprise de cette édition du Pukkelpop. « The Trials of Van Occupanther » est une petite merveille scénique. Comme quoi, y a pas des ploucs au Texas. On en oublie même la Joan. Celle qui se prend pour une 'fliquette', en s'égosillant au Club. On s'était pourtant promis d'aller lui faire un petit coucou… Tant pis !

Les cieux s'étaient retenus trop longtemps. La musique des Eagles Of Death Metal ne devait pas être à leur goût. Car c'est lors de leur concert qu'ils ont choisi d'ouvrir les vannes. Pourtant, leur set n'était du tout désagréable. On s'était même permis de chanter à tue-tête « I Only Want You », « Speaking In Tongues » et « I Want You So Hard (Boy's Bad News) », en essayant désespérément d'esquiver les gouttes. En vain.

Le club s'est donc improvisé abri de fortune pour de nombreux festivaliers mais notre présence était surtout motivée par le prochain et très attendu concert de ce chapiteau : les subjectivement merveilleux Cursive. Ces derniers figurent parmi ces groupes qui balancent toute la sauce en 40 minutes. En outre, ils n'ont pas besoin d'en remettre une couche pour conquérir le plus récalcitrant des publics. Le groupe dispense ses meilleurs morceaux d'une traite, avant de se retirer sagement, quittant les spectateurs, pour la majorité heureux et satisfaits. 'Que du bonheur !', comme ils disent…

Et du bonheur, il n'a pas fini d'en pleuvoir. Ca tombe bien, le ciel est à nouveau au beau fixe. Etape suivante : s'installer sous le Marquee et ne pas en bouger avant l'arrivée des dieux du jour. Non, pas Daft Punk. Les vrais dieux du jour : !!! (!). Excité comme une puce, le public attend sa décharge d'electro-funk orgasmique. Ils débarquent sur scène. Déjà, c'est la folie. Partout, sous le chapiteau, on danse et on sautille. Les sourires sont sur toutes les lèvres. Les nouveaux messies, dans une forme olympienne (comme d'habitude), enchaînent les rouleaux compresseurs. Une version survitaminée de « Pardon My Freedom », un « Intensify » encore plus intense que le titre ne l'indique, un tout nouveau tout beau « Sweet Thing » (ou un truc du genre) et un « Dear Can » en apothéose. Plus jouissif qu'une partie de jambes en l'air. D'ailleurs nos guiboles en tremblent encore. Vivement leur retour.

Pas grand-chose à se mettre sous la dent après cette intervention divine. On en oublierait presque le passage de Panic! At The Disco sur la Skate Stage. Pratiquant de l'emo-pop, le nouveau genre qu'il est cool de détester, la formation était venue présenter l'album « A Fever That You Can't Sweat Out ». Un disque que d'aucuns (n'est-ce pas Massimo ?) auront carrément taxé de 'début de la fin de la musique'. Ceux-ci n'ont manifestement pas écouté Fall Out Boy. Cependant, on n'attendait pas grand-chose du combo qui a effectivement rempli son 'contrat-fadeur' sur scène. Si certains (oui, oui, j'avoue) apprécient l'un ou l'autre morceau sur disque, ce live misérable aura balayé leurs dernières illusions. Allez, on s'en refait un petit dernier ? Ok : cheminement mental d'un festivalier appréciant Panic! At The Disco et souhaitant les voir malgré l'avertissement de ses potes :

1/ Il prend leur défense avant de se rendre à la Skate Stage : 'Mais qu'est ce que vous leur reprochez, bordel ???'

2/ Il observe religieusement le début du concert. Quelle chance, ils jouent d'abord sa chanson préférée. 'Mais qu'est ce qu'ils leur reprochent, bordel ???' répète-t-il ?

3/ Après celle-ci, ses jambes commencent à devenir lourdes. Ses paupières davantage.

4/ Il se dit 'Bon. Il n'y a pas grand chose qui se passe...'

5/ Quelques morceaux plus tard, il s'en va déçu. Il est surtout écoeuré de donner raison à ses potes. Une véritable remise en question de ses goûts musicaux s'impose, de toute urgence.

Et Arctic Monkeys ? Ils se défendent pas mal les petits, là-haut, sur la Main Stage. Pourtant, il est bien plus agréable de les voir se produire dans une petite salle. Ici, les compos n'ont pas l'effet escompté et le résultat est d'une platitude à se jeter sous un train. On leur préférera donc le set electro tonitruant de Justice sous la Boiler Room qui, vu le brio du duo, portait son nom à merveille.

Paraît qu'il pleut à nouveau. Pas grave, on est à l'abri sous le Marquee, prêt à recevoir Karen O et sa paire masculine. A l'arrivée, petite déception. Décidément pas très couillus en live, les Yeah Yeah Yeahs nous refont le coup de leur show au Botanique. Alternant un peu trop souvent chansons pêchues et moments plus calmes, on ne sait pas trop sur quel pied danser. La formation a la mauvaise habitude de faire grimper la tension pour la relâcher immédiatement après. Pas très judicieux.

Tant pis, on finira leur set au Club, du côté des Hot Chip. Et bon dieu, quelle merveilleuse idée ! Habituellement fadasses en live, le combo a prouvé qu'il ne faut jamais se fier aux apparences. C'est effectivement devant un public réduit qu'il donne le meilleur de lui-même. A commencer par la démonstration de son capital dansant sur le single « Over & Over ». Une tuerie ! L'euphorie est à son paroxysme lorsque le groupe enchaîne par « No Fit State » (et ses vocalises à la Chris Martin (!)). Comment ça, déjà fini ? Aaargh, Karen O, je te hais. Tant pis. De toutes manières rendez-vous est pris le 1er octobre à la Rotonde du Botanique, en comité encore plus réduit ! Tous en chœur : 'Who said party ?'

L'abus d'alcool nuit à la santé. Et à la mémoire. Par conséquent, tout ce qu'on pourrait vous rapporter des prestations de Broken Social Scene et de Erol Alkan serait monté de toutes pièces.

Place enfin au second et dernier gros dossier de cette édition. La foule attend impatiemment les deux hommes aux combinaisons de robots. Le retard s'accumule. La tension est palpable. Soudain, la pyramide de lumière déployée à l'arrière de la scène s'éclaire. Les basses sont littéralement crachées hors des baffles. « Robot Rock » fait son effet. L'intégralité de la foule se laisse aller. De l'avant scène jusqu'au fond de la plaine, personne ne résiste. Sur le podium, tout ce que l'on distingue de Daft Punk, ce sont deux ombres postées devant un light show époustouflant et derrière une gigantesque table de mixage. Etrangement, on a comme un doute sur l'utilité de cette dernière. Les titres s'enchaînent à une vitesse déconcertante. La foule est dans un état second et ne se doute à aucun instant du leurre. Petite devinette : Guy-Manuel de Homen Christo et Thomas Banglater participent à un festival. Guy-Manuel s'écroule à terre, mort bourré. Qui reste-t-il ? L'imposture n'aura cependant rien retiré à l'excellence du show. De « Da Funk » à « Aerodynamic » en passant par le Para One Remix de « Prime Time Of Your Life », le (faux) duo a transformé la plaine de Kiewit en gigantesque Daft Club. Jubilatoire.

Et voilà. Trois jours de pur plaisir inoubliable touchent à leur fin. La larme à l'œil, on démonte la tente avant de se mettre en route vers la gare. Dernier regard en arrière puis retour à la réalité. L'horrible réalité. L'affreuse et sordide réalité…

 

Pukkelpop 2006 : Vendredi 18 août

Après une première journée sans répit, on reprend nos esprits. Mais à voir ce qui nous attend, on n'est pas encore sorti de l'auberge... (R.S.)

A peine endormi qu'il faut y retourner. Pas de temps à perdre. Archie Bronson Outfit ouvre le bal à 11h30. Ouf ! Le ciel est toujours aussi clément que la veille. On court donc vers la Marquee en maudissant le mec de la tente de droite et ses ronflements incessants. Sans oublier les deux pipelettes de celle de gauche (mais non, Max et Nico, je ne parle pas de vous. Quoique…) Archie Bronson Outfit ou le repas le plus important de la journée. Une bonne dose de « Cherry Lips », un délicieux bol de « Dead Funny » et quelques gouttes de « Dart For My Sweetheart ». Vous reprendrez bien du « Derdang Derdang » ? Pour notre part, ce ne serait pas de refus.

Requinqués, un large sourire aux lèvres, on attend impatiemment l'arrivée au Club de Psapp. Avez-vous déjà vu un chat attraper une pelote de laine, se mettre à tricoter des pulls et des chaussettes ? Faites donc écouter « The Only Thing I Ever Wanted » à votre petit chaton, vous allez halluciner... Grands gamins dans l'âme, Galia Durant et Carim Classmann s'amusent à faire de la musique amusante à l'aide d'instruments amusants. Là, je viens de griller l'intro de l'interview à paraître sur Musiczine ! (NDR : évidemment, ceci n'est pas de l'autopromo...) La scène prend des allures de cours de récré : dans un joyeux bordel organisé, la formation présente quelques titres de ses deux albums. Malheureusement, le temps est compté. Et 35 minutes plus tard Psapp et leurs 'sock pupetts' se retirent sur un chat-leureux « Everybody Wants To Be a Cat », tiré d'un film de Disney dont vous devinerez assez facilement le titre…

Toujours sous Club démarre quelques instants plus tard le show très attendu des anachronismes ambulants, The Pipettes. Gwyneth, Biquette et Roquette... euh... Gweno, Becky et Rose sont trois charmantes demoiselles se prenant pour les Chordettes ou les Ronettes. Ou presque. Leur accoutrement et leurs pas de danse se mariant parfaitement à la saveur désuète de leurs compositions, on ne peut s'empêcher de sourire et de danser comme des tapettes sur « Your Kisses Are Wasted On Me » ou « Pull Shapes ». Comme dirait l'idole des jeune(tte)s, 'on a tous quelque chose en nous de sixties' (ou un truc du genre)... On peut le dire : les Pipettes, c'est chouette (ça, c'est de la rime, dit-il, presque fier de lui) !

Chers lecteurs, si l'un d'entre-vous peut entrer en contact avec l'un ou l'autre membre de White Rose Movement, auriez-vous l'obligeance de lui ordonner de ramener illico les fesses de sa troupe dans notre petite contrée ? Comprenez : un aller-retour au camping peut être fatal. Vous vous dites d'abord que vous allez simplement chercher rapidement telle ou telle babiole sous la tente. Mais vous finissez par vous installer pour manger un bout, sans prendre garde au temps. Et là, c'est la catastrophe. Aucun You Say Party ! We Say Die ! ne pourra vous venir en aide... Vous avez bel et bien manqué un concert que vous vouliez absolument voir… Dammit !

On vous le disait déjà dans la review du jeudi, la moustache, c'est vachement hype. Si, en plus, vous faites de l'electro qui déchire, là, vous êtes indéniablement une icône. Ce n'est pas Jesse Keefe qui dira le contraire. Après avoir mis la clef sous la porte de Death from Above 1979 (le con), l'homme se consacre aujourd'hui entièrement à son projet MSTRKRFT (répétez après moi : Maaaaasteeeeer Kraaaaaft). Et il n'a pas tort, le salopiaud, parce que c'est tout aussi bon. En DJ set sous la Dance Hall, le duo a entremêlé sans relâche pendant deux heures les tueries remixées de Daft Punk, Annie et autres Juan McLean. C'était tellement bon que certains ont fini par ignorer la prestation de Carl Barat et ses potes. Oui, à ce point ! On en bave encore.

Ta-Dah ! Finalement Jake Shears a tout faux lorsqu'il chante « I Don't Feel Like Dancin' ». On pensait lui donner raison vu la programmation du show des Scissor Sisters sur la Main Stage. Même pas ! Que ce soit sur une petite ou une grande scène, le groupe parvient à foutre le feu. Sans faire le moindre effort. Il faut dire qu'avec des scuds comme « Filthy/Gorgeous », « Take Your Mama », « Comfortably Numb » ou les extraits du prochain album, ils n'ont aucun souci à se faire. Who said party ?

The Spinto Band (ou The Spino Ban pour les intimes) se présentent telle une bande de joyeux drilles. Egalement une des (nombreuses) bonnes surprises de ce festival, malgré un problème technique privant momentanément le Club de son. Mais rien de grave : la formation improvise quelques petites danses. Histoire de distraire son public avant que le jus inonde à nouveau les câbles d'alimentation. D'une présence scénique impressionnante, les six rejetons ont fait valoir leur dextérité, démontrant qu'ils sont loin d'être une bande d'amateurs. Puis, nous sommes privé de Blur et de Pulp depuis tellement longtemps… Et comme Weezer est mort, on ne leur dira qu'une chose : Nice and nicely done !

Faut pas se leurrer. Si Jack White ne faisait pas partie de The Raconteurs, le groupe n'aurait jamais intégré la programmation sur la Main Stage. Au Club, tout au plus. Cette reconnaissance est néanmoins méritée car, sans Brendan Benson et les ex-Greenhornes, Jake White, en solo, n'aurait peut-être pas obtenu sa place sur le grand podium. Au Marquee, tout au plus. Ce sont donc des entités complémentaires et de sacrés musiciens qui se sont produit devant un public emballé, reprenant en chœur « Steady As She Goes ». Rien d'exceptionnel mais un show assez entraînant.

Ah Ah Ah, la bonne blague ! Paraît que les mecs de Keane ont reporté leur tournée américaine. Prétexte : Tom Chaplin, le leader de la formation, doit entrer en cure de désintox vu son léger penchant pour les drogues et l'alcool. Comme quoi, il ne faut pas se fier aux têtes d'innocents. Sans vouloir être mesquin, à voir leur show laborieux, on le comprend. Faut bien un petit remontant de temps en temps pour assurer comme il le fait, sans avoir les paupières lourdes. Il a donc du mérite, le petit gars.

'Que tous ceux qui ont affirmé que TV On The Radio n'était pas leur tasse de thé ferment leur grande gueule', dit-il en se faisant tout petit. La baffe. Que dis-je ? Le poing dans la tronche ! Cheminement mental d'un festivalier peu convaincu par TV On The Radio (version courte) :

1/ Il se dit 'Putain, c'est nul'.

2/ Au bout de trois chansons, il s'emporte : 'Bon, j'me casse, vais voir Ministry'.

3/ Un confrère mieux avisé (merci à lui), lui ordonne de rester. Comme il n'est pas trop difficile, le garçon, il obéit.

4/ Quatrième morceau : la révélation.

5/ Plus tard, pendant l'orgasmique « Staring At The Sun », il se souvient : 'Quelle honte, j'ai failli partir !' et remet véritablement en question ses goûts musicaux.

Maintenant, en voilà un qui réfléchira à deux fois avant de dire des conneries.

Bizarrement, après le set splendide de TV On The Radio, plus rien n'a de goût. Devant Massive Attack, on s'emmerde ferme. Devant Dave Clarke, on se fait chier grave. Devant Roni Size, on s'endort carrément (après avoir tenté de danser un chouïa... Quand même !). Conclusion : retour au camping pour une nuit de sommeil bien méritée. Et si le mec d'à côté ronfle encore, ce sera sa dernière nuit sur terre.

R.S.

 

Pour la deuxième journée les choix alternatifs se sont, davantage encore, révélés cornéliens ; car se n'est pas en deux qu'il aurait fallu se couper, mais en quatre… (B.D.)

Fondé en 1995, The Dears ne compte plus en son sein qu'un seul membre originel : Murray Lightburn. Normal, puisqu'il compose, chante et joue de la guitare. On devrait même dire des guitares, puisqu'il en change à chaque morceau. Quoique noir de peau, Murray possède une voix dont le timbre nonchalant évoque tantôt Morrissey, Damon Albarn ou encore David Bowie. Il interprète des chansons mélancoliques dans un style presque britrock. Etonnant pour un groupe canadien dont le line up implique également une excellente section rythmique, mais souffre du concours d'un deuxième guitariste plutôt limité (NDR : c'est le pote à Murray !) et de deux claviéristes/choristes en guise de tapisserie. En particulier la très jolie et sexy Valerie Jodoin-Keaton. Elle participe généreusement aux harmonies vocales, certes ; mais on se demande quand même si son clavier est branché. Par contre, Natalia Yanchak est un peu moins effacée. Elle partage même un duo pour « The death of all romance », en compagnie de Murray et s'investit davantage dans les chœurs. Elle assure le minimum syndical. Mais pas de stress pour elle cependant. En effet, dans le civil, elle est également l'épouse du leader. Le plus étonnant, c'est que ces Dears soient parvenus à accorder un set d'honnête facture. Et dans ces conditions, c'est une performance !

Les Baby Shambles ayant fait faux bond pour la énième fois, les aficionados des défunts Libertines attendaient les Dirty Pretty Things avec une impatience décuplée. Le concert des Dears n'était pas encore terminé que ces fanatiques commençaient déjà à bousculer les spectateurs des premiers rangs pour se réserver une place de choix au pied du podium. Cinquante minutes avant le début des hostilités ! N'importe quoi... Surtout que la bande à Barât était complètement pétée. Pas à la dope, mais à l'alcool. Imaginez donc un groupe qui d'ordinaire pratique une musique parfaitement crade, au son sale, déglingué et vintage, soit dans un état plus qu'imparfait. Je vous laisse le soin d'en tirer les conclusions. Parce qu'après trois morceaux, on ne se faisait plus d'illusions, on s'est tiré, sans attendre les conclusions…

A force d'entendre dire du bien des Dresden Dolls, il semblait judicieux d'aller voir leur spectacle. Il sont deux : la chanteuse/pianiste, Amanda Palmer, et le drummer - circonstanciellement guitariste et vocaliste - Brian Viglione. Issus de Boston, ils pratiquent une sorte de cabaret punk brechtien. Ceci expliquant leur look. Elle, culotte en dentelles, porte-jarretelles et bas rayés. Lui, chapeau melon et figure peinte en blanc. En montant sur les planches, ils jettent des fleurs au public. Et puis se lancent dans un répertoire oscillant entre ballades fiévreuses et rock gothique. Lui joue de la batterie à la manière de Bill Ward du mythique Black Sabbath. Elle, ne tient pas en place derrière son clavier. Assise sur un banc souple, qu'elle enjambe régulièrement, elle caresse un instant ses ivoires avant de les marteler comme une possédée. En chantant d'une voix dont le timbre oscille entre Marlen Dietrich, Lene Lovitch et Siouxsie Sioux. L'énergie dispensée par les Dresden Dolls est inouïe. Au beau milieu de leur show, Brian - armé d'une sèche - et Amanda - rien qu'au micro - interprètent leur incontournable reprise d'« Amsterdam » de Brel. Si sur disque, et en particulier sur leur dernier album, « Yes, Virginia », leur musique manque de punch ; en 'live', le duo est franchement impressionnant. Un grand moment du festival !

En 1995, les Frames s'étaient produits au festival Cactus de Bruges. Et il faut reconnaître que leur prestation n'avait guère convaincu. Depuis, la formation irlandaise semble avoir mieux équilibré sa setlist. On entend le violoniste. Excellent par ailleurs. Les mélodies sont contagieuses. Le public reprend très souvent les refrains en choeur. Et Glen Hansard, le chanteur compositeur, semble d'excellente humeur, plaisantant même régulièrement avec son public. Chassez le naturel, il revient au galop : en fin de parcours, les Frames sont retombés dans leurs travers, diluant les morceaux dans une monotonie suscitant rapidement l'ennui. Une fin en queue de poisson (NDR : évidemment pour des Irlandais !)

Afghan Whigs n'est plus, vive Twilight Singers. Cependant, il n'y a guère de différence entre les deux formations, puisque c'est toujours Greg Dulli qui s'y réserve le chant, la guitare, épisodiquement le piano et, surtout, la composition. Mais si la voix râpeuse, écorchée, dramatique de Greg continue d'abraser ses chansons rock-rythm'n blues-soul, son répertoire actuel n'a plus l'intensité d'un « Fountain And Fairfax » de « When We Two Parted » ou encore d'un « Gentlemen », issus de l'album du même nom. Sans oublier « Going To Town », voire « I'm Your Slave ». Sauf lors de ses reprises, exercice de style au cours duquel il continue d'exceller. Les premiers titres du set sont plutôt inconsistants. En outre, le guitariste finit par agacer, empruntant systématiquement les riffs cosmiques immortalisés par David Gilmour dans « Echoes ». Et puis soudain, Mark Lanegan débarque. Le temps de deux morceaux, la magie commence à opérer ses charmes. Grâce, entre autres, à son baryton profond et charismatique, capable d'envoûter une foule entière. Et lorsqu'il se retire, le public continue de suivre le show des Twilight Singers, espérant secrètement qu'il revienne. Mais il n'est jamais réapparu… Au fait, le prochain concert de Lanegan, c'est pour quand ?

Quelques mots quand même de la scène Wablief ? réservée aux formations du nord du pays sur laquelle se produisait la formation la plus sous-estimée de Flandre : Perverted. A l'origine baptisée Perverted by Desire, elle a réduit son patronyme, lorsque deux des membres fondateurs ont abandonné le projet. Depuis, le groupe continue son petit bonhomme de chemin. Aujourd'hui, on peut d'ailleurs parler davantage d'un projet que d'un groupe, puisque lors de l'enregistrement de son dernier album « Rope skipping for flies », Genius U, chanteur, guitariste et compositeur, a fait appel à une multitude de collaborateurs pour aboutir à un opus âpre, complexe, éclectique. Valsant du post industriel au funk blanc, en passant par la world, le reggae ou le psychédélisme. Sur scène la solution sonore est aussi expérimentale. Pour la circonstance, il a même invité quelques vocalistes, dont une chanteuse, qui, tour à tour, viennent donner de la voix…

Ministry ? Ben, on n'a vu que la fin. Pour les mêmes raisons invoquées quelques lignes plus haut par Redouane. Les dix dernières minutes. Après la claque que nous avait assénée TV On The Radio. Avant de reprendre la route. Juste pour nous convaincre d'avoir fait le bon choix. Et manifestement, c'était un bon choix.

B.D.