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Joseph d’Anvers

Les choses en face

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Faire valser les gens à contretemps ? Un soir de Saint-Sylvestre, orchestré d’effets pyrotechniques joyeux, Joseph a détourné les yeux, ressassé cette immuable question. Les idées noires côtoyaient désillusions et revers amoureux. « La vie était une putain ». Temps de se prendre en main, de chercher de meilleurs lendemains. Entre hésitations et déterminations, Joseph s’affuble d’un patronyme métropolitain. D’Anvers débarque des bouches éponymes d’une station de métro du IXe arrondissement. Paris : ces trottoirs, sa vie nocturne, taciturne, nostalgique, impossible. Les thèmes se bousculent aux portes du répertoire de Joseph d’Anvers. Les rencontres aussi. Comme celle, décisive, en compagnie de Daniel Darc. De bars en salles indescriptibles, le musicien gagne finalement ses jalons sur une compilation des Inrockuptibles. L’univers personnel de Joseph s’orne alors de nouvelles contributions. Celles de Jean-Louis Piérot (Daho, Brigitte Fontaine, Bashung) ou de Miossec demeurent déterminantes. Au bout du compte, Joseph d’Anvers étale ses sentiments et regarde, enfin, « Les choses en face », son premier album. Quatorze titres, ni trop tristes ni trop mélancoliques, qui empruntent un itinéraire subtil, posé entre la trame de Dominique A et les confidences de Miossec (en duo sur « La vie est une putain »). L’ombre de Daniel Darc, aussi, n’est jamais très loin. Un disque sombre et, paradoxalement, haut en couleurs. Ces textes précieux s’installent dans les oreilles des malheureux, des cœurs brisés, au gré d’une production impeccable. Mais ce disque n’est pas l’apanage exclusif des âmes tourmentées. Un tout un chacun somnole inconsciemment en filigrane des jolis refrains de Joseph d’Anvers. Les belles chansons (« A contretemps », « Nos jours heureux », « Comme un souffle ») s’alignent. Sans se ressembler, elles donnent envie d’aimer, de rêver. De se laisser vivre, toujours avec le sourire.

Hayes Carll

Little Rock

Écrit par

Rigole, pisse dans ton froc. C’est quoi ce truc ? Tes ancêtres t’ont laissé un disque en héritage ? Pour tous les atrophiés du bulbe rachidien qui se risqueraient à telle allégation, une solution existe : courir loin de chez moi ! Oui, Hayes Carll a une sale gueule ! Mais sa musique est traversée d’une sève essentielle, d’une imagerie américaine que ne peuvent renier les passionnés, adorateurs de Johnny Cash, Merle Haggard et autres Townes Van Zandt. Seul à la guitare acoustique, notre homme écume les accords comme les bars de la Côte Ouest. Le troubadour balancé au bord de la route. L’homme seul face à son destin. Une vie à traverser, une gratte pour seul allié. Hayes Carll est de ceux-là. De ces gens qui ont planté leur existence entre six cordes. Typiquement yankee dans sa conception, ce deuxième album traverse le cœur de 50 états en moins de 11 titres. Allergiques à cette expression typiquement ricaine, passez votre chemin ; laissez ce monsieur en compagnie de ses tourments. C’est suffisant. Il se contera de séduire quelques âmes rencontrées au bord du chemin.

Bayside

Bayside

Écrit par

Encore un groupe d’emocore. Un de plus ! Originaire de Long Island, Bayside aime les vocalises affectées et les grosses guitares, c’est une certitude. Bénéficiant d’une production efficace (batterie marteau et mur d’accords électriques), ce premier album le leur rend bien et a apparemment déjà conquis près de 40.000 acheteurs téméraires. Il faut dire que dans la catégorie ‘rock teen-ager émotionnel’ cette formation, qui doit faire chialer plus d’une adolescente dans sa chambre tapissée de posters, se défend plutôt bien. Mélodies héroïques efficaces, voix torturée influencée par Morrisey (« Blame it on Bad luck », un des bon titres du disque, rythmique enlevée digne d’un « Final Countdown n°2 » : le tableau brossé par nos jeunes amis possède touts les atouts pour finir en clip sur MCM, entre le nouveau morceau d’Indochine et une petite ballade de Kyo. Manque plus que quelques plans séquence, montrant un pauvre perdu se faisant humilier par deux ou trois joueurs de football américain, dans un lycée, et l’affaire est dans le sac…

Arno

Live in Brussels

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Arno reste un performer attachant. La scène : son élément, sa passion. L’ivresse demeure, les mots s’enivrent. Et, plus que jamais, les musiciens apportent un soutien impeccable aux textes de l’Ostendais. Serge Feys aux claviers et à l'accordéon, Geoffrey Burton aux guitares, Mirko Banovic à la basse et Frederick Van De Berghe à la batterie orchestrent le tout. Enregistré à l’Ancienne Belgique en mars 2005, « Live in Brussels » revêt davantage le costard anthologique que le complet best of. Plus proche des fans, cet album en public s’éloigne des titres de « Chic et pas cher », dernier disque en date. Rétrospective jouissive. Le concert s’emballe d’entrée de jeu dans l’intensité de « Ratata ». Concentré, émouvant, Arno mêle tragique et nostalgique sur « Les yeux de ma mère », chanson belle à faire pleurer une colonie de paternels. « Meets the Freaks » brûle les planches d’un blues électrisant, crispant. Ahurissant. A « 40 ans », les mots semblent plonger l’auditoire dans une écoute attentive, voire réflective. Un message : les générations passent, les années suivent, Arno prend de la bouteille. Le bondissant « With You » en atteste. L’Ostendais se tape des millésimes. A chaque année sa cuvée. « La vie est une partouze » démontre l’option éclectique du répertoire proposé ce soir. Dépouillée, la reprise du « Mother’s Little Helper » des Stones n’en est que plus belle. Initiant ensuite le public à « Françoise », ‘danse, danse comme une Bruxelloise’, Arno signe son contrat de belgitude. Se découvre des racines reggae, le temps du « Bathroom Singer », d’enflammer une nouvelle fois son assistance d’un « Oh La La La ! » à tout va. Et de revenir clôturer son « Live in Brussels » par « Vide », chanson écrite par Stef Kamil Carlens, le joyeux drille de Zita Swoon. Trame d’un grand concert à Bruxelles, capitale du Royaume de Belgique, antre d’une incessante ébullition artistique.

Cypress Hill

Greatest Hits from the Bong

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Concept douteux, voire fumeux dans le cas présent, le « Greatest Hits » présente néanmoins un certain nombre d’attributs. Les tubes, marque de fabrique de ce genre d’arsenal discographique. Ils remplissent les moindres recoins de la surface digitale. L’occasion rêvée pour moult retardataires de se refaire une santé en compagnie des trois rappeurs de Cypress. Ou plutôt de se défaire la santé ! Mais entendons nous bien : Cypress, c’est pas de la soufflette ! C’est de la bombe, un son hip-rock à vous faire verdir de bonheur. Présentés dans une typologie chronologique, les hits sortent du bong : « How I Could Just Kill a Man », « Hand on the Pump », « Insane in the Brain ». Ca scratche, ça roule, c’est cool ! « Dr Greenthumb » met définitivement le feu aux poudres. C’est l’éclate. Et puis, « (Rock) Superstar », s’amuse à paraphraser l’existence présumée des manieurs de guitares fantasmés. Histoire de grosses maisons, de bagnoles de luxes, découverte pour la première fois sur la trame sonore de « Little Nicky », super-production ultra-nulle présentant le burlesque Adam Sandler en progéniture défectueuse de Satan. Mais qui s’en souvient ? Mis à part les quelques déroutés souhaitant posséder une avant-première du fameux « (Rock) Superstar » ? Personne. Brillamment démontré : le « Greatest Hits » permet donc de se remémorer des souvenirs sans intérêt. C’est aussi une façon de planquer quelques titres moins mémorables des dernières productions (« Latin Thugs », « Ez Come Ez Go »). Et enfin, de balancer de subtils appâts en édition limitée (« Can’t Get the Best of Me », « Lowrider »), histoire d'allécher le fan enfumé. « Greatest Hits from the Bong » aligne les psychotropes dansants et remuants. A écouter sans manger. Pour rouler, boire ou fumer. Au final, l’auditeur s’accordera tout de même un petit cake, histoire de se consoler d’une absence de marque : « What’s Your Number », véritable hit from the Bong !

 

Leslie Woods

The Luxury of Sin

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‘Songez-vous au suicide ? Pas de panique, vous n’êtes pas seul dans le cas’. Un traitement s’impose cependant. Que diriez-vous d’une bonne cure discographique en compagnie de cette tendre Leslie Woods ? D’abord un petit saut sur le site Internet de la jouvencelle country : les jambes écartées, l’accueil réchauffe forcément. Ensuite, c’est une histoire de goût. Mais prêt à parier que « Luxury of Sin » peut sauver la vie de nombreux traumatisés, on vous le prescrit. En douze titres et près d’une heure de malheur, Leslie et ses potes musiciens raclent le cul des clichés. Talons aiguilles, flingues in the pocket, jupe au ras des pâquerettes et autres cow-boys alcooliques se bousculent au portillon d’un disque stéréotypé jusqu’à la pointe des Santiags. C’est une conscientisation. Quel bonheur d’élever la parodie en philosophie ! Se retaper le moral à coups de plaisanterie ? Inutile : un disque suffit. Un album, un geste, Leslie fait le reste.

Susan Tedeschi

Hope and desire

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Susan Tedeschi est née dans les faubourgs de Boston (Massachusetts). Elle est aujourd'hui âgée de 35 balais. A 15 ans, elle chantait dans le gospel choir du Collège de musique de Berklee. Elle fonde son band en 1994. Fin 95, elle sort son 1er album "Better days", un disque qui ne bénéficiera que d’une distribution confidentielle. Elle signe chez Tone-Cool Records en 98 et commet "Just won't burn", un opus qui la fera connaître. En 2000, elle enregistre deux plages pour l'album "Been a long time" de Double Trouble (la section rythmique de Stevie Ray Vaughan). En 2001, elle épouse Derek Trucks, préposé à la slide au sein de l'Allman Brothers Band et leader de sa propre formation. Fin 2001, elle grave "Wait for me", une plaque produite par Tom Dowd. Et en 2004, "Live from Austin TX" sur New West.

« Hope and desire » constitue déjà son cinquième elpee ; une œuvre consacrée aux reprises, l’album soul qu’elle avait toujours rêvé concrétiser. Nonobstant sa réputation d’excellente compositrice, elle se concentre ici sur ses performances vocales. Faut dire qu’au cours des dernières années, elle a donné naissance à deux enfants : Charlie et Sophia. Normal dès lors, qu’elle ait négligé sa création. Le talentueux Doyle Bramhall II se réserve la guitare, tandis que son époux, Derek Trucks intervient à sa slide sur trois plages. Le bassiste Paul Bryan, le drummer Jay Bellerose ainsi que les claviéristes Jebin Bruni et David Palmer ont participé aux sessions d’enregistrement.

Ce nouvel elpee s’ouvre idéalement par une reprise poignante de "You got the silver" des Rolling Stones (NDR : cette compo figurait sur "Let it bleed", un album paru en 1969). Susan chante généreusement cette version country/folk/blues caractérisée par les interventions lumineuses de Derek Trucks à la slide. Les sonorités volontairement surannées du piano de David Palmer introduisent "Soul of a man" de Fontella Bass. Le timbre radieux de Susan y épanche toute sa sensibilité. Une remarquable relecture de cette plage soul. Ballade gospel folk signée Bob Dylan, "Lord protect my child" rencontre la beauté à l'état pur, le dénuement extrême au service de l'efficacité. Derek s’y réserve le dobro acoustique. Susan passe spontanément au registre soul lors de l’adaptation du "Tired of my tears" de Ray Charles. Elle est soutenue par les voix puissantes de Jean McClain et de Niki ; mais également, et pour la dernière fois, par la slide de son époux. Douce ballade, le "Share your love with me" d’Aretha Franklin est enrichi par l'orgue Hammond de Bruni. La voix légèrement rocailleuse de Susan sort de sa réserve sur l'excellent "Evidence". Du tout bon R&B au cours duquel l'orgue et le piano électrique conjuguent leurs efforts. Quel que soit le registre abordé, la voix de Susan est d'une réelle beauté. Et c’est encore le cas tout au long de la ballade country pop "Sweet forgiveness", du morceau soul pop "Loving you is sweeter that ever" ou encore du R&B dansant "Security", une plage au cours de laquelle son timbre évolue dans un registre proche d’Etta James voire d’Aretha Franklin. L’émotion est à son comble, lorsqu’elle s'entoure des merveilleuses voix des Blind Boys of Alabama pour attaquer le "Magnificent sanctuary band" de Donny Hathaway. Lors de la cover de "Follow", elle a le bon goût de respecter la majesté du chant d’époque de Richie Havens. L'album s’achève par "The danger zone", un blues lent particulièrement accrocheur. Des drums de Jay Bellerose à la guitare sensuelle de Doyle, l’interprétation y manifeste une grande sensibilité. Si cet elpee demeure de bonne facture, je dois avouer attendre impatiemment sa prochaine œuvre personnelle…

Saïan Supa Crew

Hold-up

On ne donnait pas cher de la peau du Saïan Supa Crew depuis que Specta s’était barré en douce et que les autres s’étaient lancés, pour la plupart, dans une carrière solo après le succès de « X Raisons », en 2001… C’est donc avec bonheur qu’on les retrouve aujourd’hui, pour un troisième disque qui sonne directement comme leur plus bel effort. Dès « Blow », le titre d’ouverture, le beat claque et le flow subit d’incroyables embardées : ‘un bon son brut’, mais pas pour les « truands »… Même si sur l’ensemble de l’album le Saïan se montre plus dramatique qu’avant, un peu plus sombre. Mais que le b-boy lambda se rassure : au programme il y a de quoi faire la fête, de l’impeccable « La Patte » au comique « Feceps », une ode aux gros derrières et à la ‘booty dance’ qui va avec. Ailleurs, le ‘posse’ parisien n’oublie pas ses racines africaines et DOM-TOM (« Jungle », « Jacko »), et tente humoristiquement de faire valdinguer les clichés ‘sarkozystes’ qui collent à leurs banlieues (le puissant « Zonarisk »). Léger changement : la gymnastique verbale que tout le monde leur envie se fait ici moins bégueule, et sert d’abord le texte. Moins de frime, de tchatche et de refrains trop variet’ : pour toutes ces (x) raisons, « Hold up » est le meilleur album de Saïan Supa Crew. En plus, il y a Camille comme invitée sur le joyeux « Si j’avais su » : un gage de bon goût, là où d’autres rappeurs auraient choisi une biatche qui tire trop vite la langue (et l’agrafe de son 95C). Voilà un disque qui donne du peps et pétille aux oreilles : dans ce genre de braquage, on veut bien tous lever les mains en l’air.

Susheela Raman

Music For Crocodiles

Paru en 2001, « Salt Rain », le premier album de Susheela Raman, tentait de redéfinir les contours de ce qu’on nomme souvent sans réfléchir la ‘world music’, une étiquette devenue presque insultante à force de clichés réducteurs. En mixant les sonorités traditionnelles de son pays d’origine (l’Inde) aux rythmes occidentaux (soul, rock, funk, folk,…) qui l’ont bercé depuis sa tendre enfance (passée en Australie et au Royaume-Uni), Susheela Raman avait pondu un disque rassembleur, d’une étonnante modernité. Embrasser différentes cultures, mais éviter l’indigeste ‘fusion’ qu’on nous sert à la louche depuis le « Graceland » du petit Paul Simon : voilà le pari qu’elle se fixe à chaque disque, et qu’elle arrive jusqu’ici à tenir, malgré les mauvaises langues. La nouveauté de ce troisième album, c’est la présence sur la plupart des titres de musiciens traditionnels indiens. Ceux-là même qui gardent bien vivante la mémoire d’une culture musicale, peu connue sur notre continent. Ce qui donne une succession de morceaux aux tonalités chamarrées et subtiles, où les tablas côtoient la guitare électrique et le sitar les notes funky du Rhodes… Sans parler de cette voix, qui s’exprime aussi bien en anglais qu’en hindou, voire en français sur un titre charmant (« L’Ame Volatile »). Enregistré entre Madras, Londres et Paris, « Music For Crocodiles » distille ses charmes universels sans verser dans le stéréotype qui colle souvent à ce genre de musique. Ici c’est du vécu, et ça s’entend. Les faussaires sont prévenus.

Mama´s Biscuit

w.o.m.a.n

Écrit par

Cette formation a été fondée en 2001 par Véronique Sauriat, une chanteuse qui a longtemps sévi au sein du Difference Gospel Choir. Elle a ainsi partagé les planches avec le Golden Gate Quartet et Carole Fredericks. A l’instar de la plupart des autres vocalistes contemporaines, elle cite volontiers Big Mama Thornton, Sister Rosetta Tharpe, Aretha Franklin et Etta James comme influences majeures. Pour interpréter son blues teinté de jazz, de soul et de R&B, elle s’est entourée de musiciens talentueux et compétents. Et en particulier les Tortilleurs de Benoit Blue Boy, le guitariste Stan Noubard Pacha et le bassiste Thibaut Chopin, considérés -au cours de ces dernières années - comme les meilleurs instrumentistes français. Cependant, il y a quelques mois, le dernier Tortilleur (NDR : en l’occurrence le batteur Fabrice Millerioux) a été remplacé par Simon Boyer. Sans oublier un des trésors cachés de la scène hexagonale : le jeune pianiste Julien Brunetaud. Vu le cv de ces musiciens, il n'est guère difficile d’imaginer cette équipe s’attaquer aux exercices de style les plus délicats. Mama's Biscuits avait déjà commis "Strange things are happening" en 2003.

L’opus s’ouvre par le "Can't no grave hold my body down" de Rosetta Sharpe. Et c’est une excellente idée ! La voix sensuelle mène le débat sur un rythme qui emprunte au blues, au jazz et au gospel ; un aperçu de ce qui nous attend par la suite. "Good rocking daddy" ajoute un soupçon de jump à son swing. La section rythmique est veloutée. Le saxophoniste Ruud De Vries est venu prêter main forte à l’ensemble. "Let me down easy" baigne au sein d’un climat intimiste. La voix de Vero affiche bien l'étendue de son registre. Elle est également capable d’y accumuler une grande sensibilité, avant de la déverser lorsqu’elle déborde, face à ses accompagnateurs qui manifestent une grande modération, tout en demeurant sûrs d'eux-mêmes. Le titre maître est une synthèse de ce qui se fait de mieux dans le blues. Nous sommes alors quelque part entre les scènes de Chicago, de Memphis et de Kansas City. Pacha dispense de petites grappes de notes inspirées par BB King pour introduire "Hello baby". Il est rapidement rejoint par les ivoires de Brunetaud. On se croirait presque au sein d’un juke joint bien enfumé des années 50s. Le timbre de Véronique peut se révéler plus agressif. A l’instar de « Hello baby », un délicat slow blues issu de la plume du regretté Texan Jimmy Hughes. Un moment très fort de l'elpee ! La chanteuse puise alors dans son passé de choriste de gospel pour reprendre le "Something's got a hold on me" d'Etta James. La cover du "Because it's love" de Slim Harpo est un autre grand moment. L’émotion est à son comble lorsque les Biscuits virent vers Baton Rouge. Thibaut Chopin souffle dans l'harmonica devant une section rythmique bien homogène. Seul le piano vivace de Julien parvient à s’y extraire. L'inspiration s'évade une nouvelle fois pour embrasser les rythmes syncopés et exotiques des Caraïbes tout au long d’"Ocean of tears". La pause est de courte durée, car nous repartons du côté des swamps lors de l’indolent "Shake a hand" de Joe Morris. Miss Sauriat vit passionnément cette plage. Pacha est bien dans son élément au cœur de cette Louisiane qui a toujours inspiré Benoit Blue Boy! Une grande complicité lie Chopin et sa patronne lorsqu’ils chantent "I wanna know" de Sugar Pie Desanto, une plage ensoleillée, illuminée par le jeu de Julien. Les solistes sont une nouvelle fois en verve pour interpréter "I don't believe". Stan se fait et nous fait plaisir lors de ce bon Chicago shuffle. L'œuvre ne souffre d’aucune faiblesse. Sémillant, le "Please Mr Jailer" de Wynonie Carr constitue le blues fin de soirée. D’un timbre félin et suave, Véronique susurre les lyrics de "Cold cold feeling". Elle est pourtant face au public. Pacha semble inspiré par le grand T-Bone. De connivence, le piano prend progressivement l’ascendant. Le tempo accélère et se métamorphose en boogie rock léger pour exécuter le "I want to do more", écrit par la paire Leiber/Stoller. Thibaut et Véro se partagent "If Ican't have you", la finale de cet excellent opus. Si vous appréciez ce style musical, je vous invite à découvrir la formation de Julien Brunetaud : le JB Boogie ; et en particulier l'album "Cocktail Bues and Boogie". On y retrouve Thierry Chopin, mais également le guitariste Anthony Stelmaszack.

Marbles

Expo

Écrit par

Mieux connu pour son rôle de leader chez Apples in Stereo, Robert Schneider aime aussi cultiver son petit jardin secret. C’est ainsi qu’après 10 années de stand-by, notre homme a décidé de réactiver « Marbles », projet qu’il mena à ses débuts musicaux, bien avant de s’investir dans le commerce des pommes stéréophoniques. Pour y parvenir, il a disposé 10 morceaux sursaturés de claviers vintages, clairement estampillés 80’s, sur son petit étal du marché de la pop. Au consommateur, dès lors, de faire son choix entre les fruits trop ou pas assez mûrs et ceux prêts à la dégustation. Histoire de garder le meilleur pour la fin, on commencera par éliminer de son panier des titres comme « Circuit », « Jewel of India » ou encore « Magic », qui aurait pu figurer sur une fausse compilation de Supergrass achetée sur un stand de CD’s, à Bangkok. En amuse bouche electro/cheap 8 Bit à la saveur de lychees en boîte, on s’attardera ensuite sur « Expo » avant d’enchaîner par le plat de résistance composé d’une juteuse grappe à laquelle pendent « Out Of Zone », « When you Open » ou encore « Hello Sun ». Pour ces trois derniers titres, m’sieurs dames, vous pouvez y aller les yeux fermés, ça vient de chez Rentals, en face…

Los Calzones

Frecuencia Extrema

Écrit par

Petit pot-pourri de réflexions à propos des Argentins de " Los Calzones ". Premièrement, gageons que les membres du groupe ne sont jamais allés manger dans une pizzeria… Deuxièmement, ils sont bien Argentins puisque la première page du site Web consacré au combo est barrée du splendide titre " Los Calzones & Diego Maradona ", photos à l'appui. Troisièmement, on confirme leur goût prononcé pour le football ; étant donné que les chœurs de hooligans semblent être la marque de fabrique de la musique qu'ils pratiquent. Quatrièmement, le groupe existe déjà depuis 1988 et se pose en chantre d'une sorte de ska/punk particulièrement indigeste. Cinquièmement, le solo de basse est probablement une des choses les plus laides jamais imaginées en musique populaire. Sixièmement, les Skatalites doivent se retourner sur leurs chaises roulantes en apprenant que les Los Calzones ont commencé à jouer par amour pour ces inoxydables défenseurs du ska originel. Septièmement, " Frecuencia Extrema " est un album… extrêmement mauvais…

Juanes

Mi Sangre

Écrit par

La pochette et les photos intérieures de ce disque font craindre les pires stéréotypes… Un type musclé et tatoué, de long cheveux noirs, un regard sombre, des poses plus cliché les unes que les autres... Bref, on se dit qu’on a hérité d’une plaque du digne héritier de Julio Iglesias…

Juan Esteban Aristizabal, alias Juanes, a débuté sa carrière à la fin des années 80 dans la sombre Colombie où Pablo Escobar faisait la loi. Son groupe Ekhymosis pratiquait du heavy metal et a même connu un certain succès. Entre-temps, Juanes a émigré aux Etats-Unis et a renoué avec ses racines colombiennes. Il a signé trois albums (entièrement en espagnol) qui ont fait de lui une superstar en Colombie et parmi la communauté latino-américaine vivant aux Etats-Unis. Ce nouvel album hésite entre des ballades un peu convenues (« Para tu amor », « Qué pasa ? », « Volverte a ver ») et quelques morceaux un peu plus intéressants où notre homme élargit sa palette musicale. Ouvrant l’album, le sautillant « Amame » donne le ton à « Mi Sangre » : une production efficace qui favorise les guitares et les orgues sans oublier les rythmiques (les batteries sonnent vraiment très bien). Focalisé sur une guitare sèche, « La camisa negra » est un mélange réussi entre des contretemps quasi reggae et des rythmiques traditionnelles. « No siento penas » trahit les influences Beatles de Juanes, tandis que « Damelo » est une incursion dans le funk rock tel que le pratique Lenny Kravitz. « Lo que me gusta a mi » et « Rosaria Tijeras » puisent quant à eux dans les rythmiques colombiennes et cubaines. A la fin, ce curieux assemblage qui oscille entre recherche musicale (plutôt réussie d’ailleurs) et ballades très FM laisse donc perplexe. On vous laissera donc le soin de juger, mais la production musicale de notre homme vaut en tout cas mieux que l’attirail visuel qui le présente.


Iba

Children of the Nile

Écrit par

Le jeune chanteur Iba est originaire des Iles Vierges mais vit désormais aux Connecticut. Il est abrité par le label des musiciens de Bambu Station, autre formation originaire du même coin des Caraïbes. Il nous propose ici du reggae ‘strictly roots’ et empli de rhétorique rastafarienne. Le son est chaleureux, les musiques de Bambu Station sont soignées et bien produites, mais se cantonnent au style ‘one drop’ popularisé par Bob Marley. Le registre vocal emphatique de notre homme évoque un croisement entre Dennis Brown et Jacob Miller, tandis que ses vers font penser aux textes sans concessions de Max Romeo. Résultat, ce disque n’est guère novateur, et les maîtres du genre ont fait beaucoup mieux, il y a presque trente ans. Evidemment, les mordus incurables de ce style de reggae devraient trouver leur compte tout au long de cette galette ‘roots’ un peu convenue.

Lauren Hoffman

Choreography

Écrit par

A 28 ans, Lauren Hoffman n’a plus rien à apprendre. Signée à 17 ans par Virgin pour son premier album (« Megiddo »), la jeune fille tombe d’emblée sur une rivale impromptue : Fiona Apple. A l’époque, malgré un joli succès, cette concurrence tourne à l’avantage des courbes sensuelles de Fiona. Alors, la Major lui fait de gros yeux. Et Lauren détourne le regard, le plongeant sous d’autres cieux, créant Union Record, son propre label. Elle signe « From the Blue House », second album acclamé. Mais accablée par la gestion afférente à une maison de disque, miss Hoffman ordonne l’autodestruction de la structure et s’accorde une pause carrière pour ses 21 ans. Retour à la case départ : une vie familiale rangée dans une ferme de Virginie. Là-bas, elle ressasse l’histoire du folk, s’ennuie. Elle décide donc de s’envoler vers la Grosse Pomme, où elle vit des aventures humaines, danse sur des rythmes contemporains, étudie et grandit. Aujourd’hui, Lauren revient aux affaires par le prisme de « Choreography », abîme de mélodies endolories. La profondeur des textes, la beauté des notes d’un piano, l’éclat folklorique d’une guitare acoustique pointent Lauren Hoffman au firmament des univers de Cat Power, Fiona Apple et PJ Harvey. Irrésistible comme sur « Broken », cathartique, voire introspective sur « Solipsist », Lauren Hoffman nous offre un véritable exercice de style, grande leçon de persévérance. En onze titres, « Choreography » indique la marche à suivre et élargit les perspectives de la jeune chanteuse.

Hail Social

Hail Social

Écrit par

Hail Social décrit sa musique comme ‘une bande-son roller-skate des années 80, jouée par un groupe de métal’. Surtout, rester calme : s’astreindre à ne pas les vexer ! La bande-son des années 80… Voyons voir… Ah mais certainement : la belle carcasse rouillée de Duran Duran se profile à l’horizon. Pour le côté patins à roulettes, le problème est retourné sous toutes les acrobaties. Et, décidemment, le détail nous échappe. Reste le groupe de Metal. L’idéal serait d’envoyer un exemplaire promo de Hail Social à l’adresse postale du fan club de Burzum. Là, les quatre gigolos de Philadelphie auraient du souci à se faire. Invoquant le blasphème, une armée de Scandinaves chauffée à la scie circulaire se plairait à leur raccourcir les pattes arrière. Restons sérieux. Malgré une impressionnante série de concerts en première partie d’Interpol, Secret Machines, Rogers Sisters et autres TV On the Radio, Hail Social peine à sortir du lot, à aiguiser ses propos. La mèche demeure humide, le pétard mouillé. Où sont les tubes ? De gauche à droite, de droite à gauche, la lecture reste inchangée. L’album de Hail social trépasse, inodore, indolore. Poli à l’extrême, le son du quatuor ne rend pas hommage à leur bonne volonté. Une production imberbe grave le disque dans le musicalement correct et, quelques bons titres mis à part, le plaisir est instantané, rapidement évaporé : une bonne branlette sonore en somme.

James Hunter

People Gonna Talk

Écrit par

Protégé de Van Morrison avec lequel le mimétisme vocal est parfois saisissant, James Hunter se la joue old school. Entre le vieux rhythm and blues cher aux intrépides danseurs et le voluptueux reggae des fieffés fumeurs. Sans blague, on croirait que l’enregistrement fut un incessant aller-retour entre les studios de Muscle Shoals et Kingston. Baignée d’orgue sixties et de guitares langoureuses, mâtinés de cuivres chaloupés, sa musique évoque toute une palette de sentiments bigarrés. Genre, je suis un gangster mais avec un putain de bon cœur. Sans même parler de cette voix, gracieuse et chaleureuse comme le corps d’une femme et posant ci et là quelques inflexions dignes du grand Ray. Le tout jouissant d’une production impeccable enfantée dans les studios vintage Toe Rag qui accouchent d’un grand album de Blue-Eyed Soul comme on n'en fait plus. Alors bien sûr, c’est absolument rétro mais le voyage est plutôt chic. Un saut dans la machine, quelqu’un ?

Demo

Tous des étoiles...

Petite remarque préliminaire : il ne s’agit pas d’une démo, mais bien d’un groupe du même nom. Et justement, ce 5 titres sonne comme tel… Le jeu de mot est facile ? Mais il fallait le faire, même si on sent chez ces quatre Lillois une volonté tenace de pratiquer un rock coriace, tendance Pleymo, Placebo, ce genre de groupes pour ados. Créé à la fin de l’an 2000, Demo a changé son fusil punk rock d’épaule pour un rock plus FM, bourré de riffs (tics ?) néo-metal et de textes engagés. Ils y parlent de la guerre (que c’est pas bien de la faire), des jeunes qui sont déboussolés, de leur futur qui part en couilles et de l’argent qui ne fait pas le bonheur. En gros que des thèmes sociétaux qui importeront toujours, mais traités avec la maladresse qui incombe au jeune âge… « Démo », comme ‘premières armes’, mais au fil du temps l’écriture s’affinera. Qu’ils lisent donc « Le Monde Diplomatique » à la place du « Rock Sound », peut-être que cette lecture leur servira !

Au Revoir Simone

Verses of Comfort, Assurance & Salvation

Bonne nouvelle pour les amateurs de musique pop moderne : il y a du neuf du côté des labels. Il s’appelle Moshi Moshi et compte déjà à son actif quelques plaques d’évidente qualité. Après le disque pétulant d’Architecture in Helsinki, saluons donc l’apparition dans les bacs de cet EP d’Au Revoir Simone. Quatre jeunes filles de New York, toutes fans de Mum, Lali Puna et de Stereolab, qui de leur quarante doigts tapotent des synthés en chantant de jolies choses, comme c’est dit dans le titre. Enregistré à Brooklyn dans l’appart d’un pote, « Verses… » distille donc ses charmes mélancoliques comme une bonne vieille tisane après une nuit d’enfer. Et le brunch automnal un dimanche d’ennui ? Aussi… Bref il s’agit bien d’un disque à écouter en couple, ou même quand on est seul, pour se rappeler l’être absent, comme quand on renifle ses draps. Un truc de filles fait par des filles pour des filles ? Entre autre, mais Au Revoir Simone, comme ses contemporains de Morr Music (par exemple), titille nos zones d’ombre (les textes) et réveille la part de l’autre (masculin/féminin) qui sommeille en chacun de nous. C’est beau, touchant et chaleureux : de la pop synthétique qui appelle l’édredon, terrain des rêves et du confort à deux. A bientôt, Simone…

Robbie Williams

Intensive Care

« Here I stand victorious / The only man who made you come » : Robbie Williams is back, prêt à faire chialer les gonzesses de ballades de plus en plus subtiles. Subtiles, oui, parce qu’ici l’ex-Take That a choisi un très bon songwriter pour lui écrire des tubes : rien moins que le Stephen Duffy, l’ex-leader des Pale Fountains, inconnu des fans mais culte chez tout amateur de mélodies jolies. Si James Blunt ravalait sa salive de crooner midinette et exigeait qu’on lui refile pareil bras droit pour torcher ses scies de « Rock’mantique », imaginez comme la vie serait belle… Heureusement, Robbie Williams est là, et que celui qui n’a jamais apprécié un de ses hits nous jette la première pierre. Depuis plusieurs années maintenant, notre homme sait comment faire pour trousser de belles chansons FM : c’est déjà mieux que rien, même si personne n’ose vraiment le dire. Alors, on l’écrit : Robbie Williams, c’est l’antidote au snobisme. Même que « Ghosts », « Sin Sin Sin » et « Random Acts of Kindness », eh bien ça sonne comme du David Bowie, ou presque. Un Bowie eighties, façon « Let’s Dance » (au pire) et « Scary Monsters » (au mieux). Voire du Neil Tennant (Pet Shop Boys), et l’on se demande d’ailleurs si le Robbie, tiens…, ne serait pas un peu bi (« I’ll be your gay friend »). Qu’importe le lynchage, la vie sans lui au hit-parade apparaîtrait bien fade. Plus de slows à la « Advertising Space » pour emballer la fille qui pieute au bar, ni de refrains tubesques (au hasard, « Tripping ») pour ensuite lui montrer qu’on danse comme personne. Ah, sans Robbie, qu’est-ce que la vie serait monotone ! D’accord on exagère, mais lui aussi et c’est pour ça qu’on l’aime.

Wombat

Une Pierre à l´édifice

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Quel judicieux choix d’illustration pour la pochette. On n’aurait pas fait mieux : un triste monsieur sur un pont, prêt à se jeter par-dessus bord. C’est qu’on le jalouserait presque... Psalmodiant leurs incantations burlesques dans un français abscons, Wombat apporte une pierre à un édifice qui n’en avait pas forcement besoin. Les Valenciennois officient dans un rap-métal insipide lorgnant aléatoirement du côté hardcore de la force mais sans réelle énergie. Les vocalises lassantes de ce second EP ressassent des thèmes déjà mille fois usités, au détriment de la variété des arrangements de certains morceaux comme « Mauvais sort » ou « Esclaves en sursis » qui auraient pu quelque peu relever le niveau. Sans grand intérêt.