La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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Paddang à la poursuite des fantômes…

Paddang est un trio de rock psyché formé en 2020 à Toulouse. Osees et King Crimson à fond dans lʼautoradio et un nom de groupe inspiré d'un spot de surf en Indonésie, Paddang file à toute berzingue dans une épopée cosmique. Les trois voix dictent le ton et…

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D Hiver Rock 2006 / Cerise sur le gâteau : Zita Swoon - A band in a box...

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Cerise sur le gâteau, la troisième et dernière journée du festival D'hiver Rock accueillait Zita Swoon dans le cadre de sa tournée « A band in a Box ». Un concept dont le principe repose sur le désir de vouloir abolir la distance entre l'artiste et les spectateurs, en se produisant au milieu du public, avec le minimum de matériel possible. Une amplification réduite, quelques moniteurs et un light show limité à sa plus simple expression, au travers duquel la musique est proposée sous sa forme la plus dépouillée.

C'est entouré d'une foule en majorité assise sur le sol (NDR : on se serait cru revenu à l'époque des groupes prog du début des seventies) que Stef Kamil Carlens se présente, armé de sa guitare. Il est alors seul pour interpréter sa première chanson, « Hey you, whatsdoing ». Une ballade feutrée, intimiste, qui donne le ton de ce début de set. Le groupe entre ensuite en scène : Aarich Jespers aux drums, Bjon Erikson à la guitare ou aux claviers, Tomas de Smet à la basse ou à la contrebasse, Tom Pintens (un bonnet sur la tête) à la guitare, aux claviers ou à la clarinette, ainsi qu'un percussionniste disposant d'une panoplie d'instruments insolites. Sans oublier, bien sûr, les trois choristes. Les sœurs Gijsels. De jolies métisses, élégantes et sexy dans leurs longues robes fleuries et dont les voix gospel apportent une coloration savoureusement exotique à la musique de Zita Swoon. Bref, un régal pour les yeux et les oreilles. D'autant plus que le son est absolument parfait… Et toute cette équipe nous entraîne dans une ambiance soul, nightclubienne à travers « Intrigue », un morceau chanté dans la langue de Voltaire. Et c'est encore en français que Stef interprète « De quoi a besoin l'amour », une compo flamboyante au cours de laquelle Tom est passé à l'accordéon. A cet instant, Carlens a déjà abandonné sa six cordes depuis un bon bout de temps. Nonobstant l'alternance des climats, qui oscillent du jazz au rock en passant par le r&b, le swing et la pop, on sent que l'ambiance commence à  monter. Et ce n'est pas la cover acoustique du « By the rivers dark » de Léonard Cohen, plus proche d'un Peter Hammill que du poète canadien ou Stef jouant du mélocica à la manière du joueur de flûte d'Hamelin, qui tempère la montée de fièvre. Une fièvre communiquée par les vahinés qui invitent le public à se lever et à danser. Une invitation à laquelle il se plie de bonne grâce lors de l'inévitable « My bond with you and your planet : disco ». Stef tourne parfois autour du band en se servant d'un tambourin oriental (NDR : assez mal en point, il faut le reconnaître). Et c'est la fièvre lorsque le band s'attaque aux deux morceaux de Moondor Jr, « Jintro » et « The Ricochet », ce dernier s'achevant sur un tempo tribal digne de Santana. Le groupe retrouve alors une certaine quiétude pour attaquer les covers dont « You're a big girl » de Dylan, et en rappel le « Raining pleasure» des Triffids ou encore « The night » de Morphine. Le public est conquis par la prestation en tous points remarquable de Zita Swoon. Et dire que ce n'était pas sold out !...

 

Seether

Karma & Effect

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Rien de bien neuf sous le ciel ricain. Ah si, une chose. Kurt Cobain n’est pas mort. Pour son grand retour, il a décidé d’entrer par la petite porte et de dépoussiérer ses cordes vocales sur l’un ou l’autre titre du second album de Seether. Enième avatar du groupe culte, le quatuor a cependant l’avantage d’être légèrement plus subtil que des Staind, Puddle Of Mudd et autres Nickleback. Il y a deux ans Shaun Morgan, leader du groupe, accompagné d’Amy ‘Evanescence’ Lee, sa célèbre petite amie, nous livrait un duo crédible et presque touchant. Le but de ce « Broken » était, sans aucun doute, de booster les ventes de « Disclaimer II », une version améliorée de la première œuvre de la bande, laquelle contenait le ‘tube’. Mais il est bien ironique le marché du disque et bien que Seether vendit un peu plus de disques, ce fut surtout le « Fallen » d’Evanescence qui vit ses chiffres de vente grimper en flèche. Pour essuyer ce demi-échec, les quatre hommes reviennent sans l’aide de personne. Aussi vrai que l’originalité ne soit pas le maître mot de ce « Karma & Effect », comme c’est malheureusement souvent le cas pour les formations officiant dans les catégories post-grunge et néo-métal, il serait de mauvaise foi de prétendre que tout son contenu est à jeter. L’acoustique « Plastic Man » ou les entraînants « Truth » et « I’m The One » sont autant de morceaux qui font que ce disque mérite un minimum d’attention. En tout cas, assez pour laisser Seether faire son bonhomme de chemin en toute tranquillité sans oublier de jeter de temps à autre un regard furtif dans leur direction.

No Innocent Victim

To Burn Again

Du hardcore chrétien ? Ca existe. Des gros balèzes tatoués qui beuglent le message du Christ, avec en fond une musique plutôt nerveuse et violente ? Méwé. Du genre : ‘Pray for endurance, avoid the snares that trip and stall’ (« To the Death ») ou : ‘Indulge, deceive yourself into believing’ (« Your Freedom »)… C’est ta liberté, jeune pubère fan de metal, toi qui croit que Marilyn Manson s’habille ainsi chez lui et mange des vierges au moins deux fois par jour. Donc, oui, si tu as des doutes, que tu crois en Jésus mais que n’oses pas le dire à tes potes (‘…‘tain ! La honte !’), eh bien écoute No Innocent Victim. C’est leur nouvel album, et il déchire. Quatorze onctions qui fleurent bon le hardcore catholique, plein de bons sentiments (l’abnégation, la persévérance, le combat contre soi-même) et de guitares qui saignent. En plus, ils ne sont plus trois, mais cinq : encore sept, et ce sera comme la Cène… Quelle fête ! Si tu aimes Sick Of It All, Hatebreed, US Bombs, Agnostic Front mais que tu n’aimes pas leur message de haine et de bestialité, viens donc par ici et propage la bonne parole : ‘No Innocent Victim ? C’est mieux que le catéchisme !’. Et tu iras au paradis, au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit, Amen.

John Keith

Blues come tumblin´ down

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Issu de Los Angeles, John Keith est établi à Tulare County, dans le centre de la Californie, depuis plus de vingt ans. Un chanteur/guitariste réputé pour son fingerstyle traditionnel qu’il exerce dans l’esprit du delta et du Piedmont. Il se produit tantôt en solitaire ou au sein de différents groupes : Revolver (une formation très inspirée par les Beatles), Fat Tuesday (dans un registre proche du Mardi Gras) et surtout le Loose Gravel Blues Band. En 2001, il avait commis un album consacré à des compos personnelles : "Dirty lowdown blues". Et l’année suivante à des reprises (NDR : notamment de Robert Johnson, Charley Patton, Mississippi John Hur et Rev Gary Davis) : "Woke up this mornin", une œuvre immortalisée ‘live’ au Brewbakers Bar & Grill de Vesalia, en Californie... John milite donc également au sein du Loose Gravel, un combo drivé par le chanteur/guitariste Bob Dennison et l'harmoniciste Steve Gaut. Un ensemble responsable d’un elpee en 2000 : "Too Loose blues". Au cours des dernières années, John s’est essentiellement consacré à sa carrière solo, une aventure qu’il concentre la plupart du temps dans la Vallée de San Joaquin!

Pour concocter cette plaque, il a reçu le concours de quelques connaissances : son ami Don Boomer et Rocky Siegenthaler (du Loose Gravel) se partagent les drums, John Lauffenburger se réserve à la basse, Hunt Graves la guitare rythmique, Jeff Levine les claviers et John King le saxophone ténor. Un line up enrichi par la présence d’une section de cuivre (NDR : un trio !) : Grit-tones. Personnage plutôt modeste, John Keith chante et joue de la guitare ; mais aussi de la basse, du piano et du trombone. Il signe cependant onze des douze plages de cet album!

Il prend son départ au Sud des Etats-Unis en interprétant "Mexico", un titre roots pop aux forts effluves latinos. A cause des guitares. Mais aussi des drums soutenus par les percussions exotiques (congas, shakers et cowbells) et des chœurs féminins. John prend la direction du Delta du Mississippi flanqué de sa six cordes. Une Resonator dont les accents métalliques électrisent le titre maître. L'artiste aime changer d'atmosphère. Cuivré, "Won't you please come back to Memphis and share my bed" évolue au cœur d’un triangle formé entre Memphis, Kansas City et New Orleans. Le piano de Jeff Levine roule. Les Grit-tones assument, mais le sax ténor de Kevin Yee et l’alto de Tony Rohrkemper font la différence. Mr Keith attise l'ambiance en chantant le blues d’un timbre chaud et graveleux, dans un style sensiblement proche de Ray Charles, sur le bien nommé "Brother Ray". La superbe voix soul de Syl Grigsby le rejoint au sein d’un décor sonore tapissé par l'orgue Hammond, les chœurs puissants et le saxophone. Excellent ! Enfin, John décide de retourner auprès de ses racines. Les plus pures ! Il empoigne son bottleneck pour attaquer "The mockingbird", ne tolérant que le seul Boomer derrière lui! "Honey Do" emprunte une nouvelle direction. Un blues rock léger qui macère dans le Memphis sound, au sein duquel l'orgue de Levine se détache. John dispose d’une voix susceptible d’emprunter différents registres. Elle colle aussi bien à la roots, au folk pop ou encore à la world, à l’instar d’"I've got a life of my own". En tirant parti du rerecording, il cumule cordes électriques, acoustiques et banjo à 5 cordes. Armé de sa guitare slide, il reprend la direction de la Nouvelle Orléans pour chanter "Only old men sing the blues". Le ton est grave. Le piano est placé à l’avant plan. Plus discrets, les cuivres prennent un certain recul. Impeccable ! Il poursuit dans le même style pour concéder sa seule cover : le "Gimme that wine" de Jon Hendricks. Mais également, un autre fragment issu de sa plume et intitulé "The road". Blues très lent, "Alone in a crowd" observe une ligne mélodique très soignée. L'orgue Hammond de Jeff trace la ligne de conduite avant de laisser Howard "Lazy boy" Kent (NDR : un invité !) prendre son envol sur les cordes. Particulièrement soigné, cet opus s’achève par "Kaikamahine nan!", une plage bercée par la douceur de John à la guitare sèche et de Don Boomer au djembe.

Various Artists

Goal ! / Music From The Motion Picture

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C’est étrange, dès que le mot football est évoqué, la chansonnette poussée penche davantage pour « Seven Nation Army » stadium remix ou le buvette mix d’« I Will Survive ». Alors, lorsque l’industrie du cinéma projette de réaliser un film dédié au ballon rond, les inquiétudes sont légitimes. Et, naturellement, l’auditeur-spectateur appréhende les égarements sonores qui risquent de tartiner la pellicule. « Goal ! » s’annonce ainsi sous les plus sombres auspices. Finalement, il n’en est rien. Oasis, Kasabian, The Bees et autres Dirty Vegas sont venus renforcer les rangs de l’équipe à l’occasion du mercato. D’entrée de jeu, long dégagement hypnotique des Happy Mondays, qui marquent ainsi un retour à la compétition. Au plus haut niveau, Shaun Ryder et les siens réussissent un titre ravageur. Relancé sur les rails (de coke ?) par le projet Gorillaz et l’infatigable single « Dare », Shaun retrouve ses couleurs. Pour un nouvel album en 2006 ? De leur côté, Liam et Noël Gallagher n’ont jamais caché leur volonté de participer à un bon gros match de foot. La paire est donc réunie, à la pointe de l’attaque, le temps d’une rencontre cinématographique bien amicale. Plus surprenante, la présence de la sulfureuse Princess Superstar et ses complaintes aguicheuses. « Wet ! Wet ! Wet ! », chante-t-elle. D’accord, elle dispose du physique… Mais a-t-elle vraiment le souffle pour s’aligner dans cette équipe de machos. Et puis, remporter un match dans ses conditions, c’est impossible ! Les tétons de la belle dépassent du maillot et son petit short moulant va faire craquer tous les mâles en rut engagés dans le championnat. Heureusement, le coach peut compter sur les défenseurs (défonceurs ?) texans de And You Will Know Us By The Trail Of Dead pour remettre un peut d’ordre dans les vestiaires. Inutile de préciser que les remontrances du groupe de Jason Reece et Conrad Keely sont efficaces. Bref, de quoi remporter un match sans réels enjeux.

Various Artists

Revolving World – A Tribute to New Order

New Order, grand groupe ‘tributé’ devant l’éternel, à l’origine du mariage, à l’époque improbable, du rock et de l’électro : alors quoi ? Une compile de plus réunissant des groupes méconnus qui s’attaquent à « Blue Monday » en faisant les malins ? Certes, mais il n’y a pas que de l’amateurisme trivial sur ce disque : en 15 covers, certains des artistes au menu font même preuve d’une belle élégance dans la citation, surtout les Lyonnais. Il y a aussi des Belges (Une vie austère = Geoffroy Klompkes = L’essentiel de l’actualité sur Pure FM. A quand le Comic’Art ?), des Argentins, des Américains, des Néo-Zélandais et des Suédois, parce que New Order, ben ouais, c’est connu partout dans le monde. Mais la question qui se pose donc, c’est : pourquoi les meilleures covers viennent-elles de Lyon ? Est-ce que Popswirl est une structure locale ? Airbag, d’abord : on dirait Mark E. Smith au micro, voire Shaun Ryder, si on veut être méchant… Et For The Chosen Few, qui reprend « In Your Silent Face » de fort belle manière, entre post-rock et shoegazing. Et So Happy et Magnolia, qui nous feraient presque croire que Sumner était un enfant du soleil (les sixties, l’acid, Nouvelle Vague) ! Quant au reste, il est un peu à l’avenant, et donne surtout envie d’écouter les plus jolis ersatz de New Order/Joy Division en 2006 : Aswefall, Circlesquare, Colder,… Nostalgie, quand tu nous tiens.

D'Hiver Rock 2006 : samedi 25 février / Experimental Tropic Blues Band nous en mis plein les oreilles, Punish Yourself plein la vue...

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La deuxième journée du festival débutait à 16 h20. Une journée bien chargée attendait votre serviteur ; d'autant plus que quatre groupes de métal étaient programmés dans une troisième salle, à partir de 19h20. Dont Vandal X. Une prestation à laquelle je n'ai malheureusement pu assister, puisqu'au même moment se produisait Experimental Tropic Blues Band. Et de cette scène, je n'ai pu assister qu'à quelques minutes du set dévastateur de Morning Red. Une certitude, plus de monde dans les salles qu'au bar lors de cette deuxième journée, même si le jus de houblon semble encore avoir coulé à flots…  

Issu de Lille, Glory Pop est le lauréat de l'Open Stage de Mouscron, édition 2006. Un quatuor qui remet au goût du jour le style théâtral, parodique et humoristique de Bonzo Dog Band. Encore que parfois, leur humour décalé évoque les Monthy Python. Pas étonnant d'ailleurs que la formation adore les déguisements. Entrant sur scène vêtus d'une bure blanche, semblable à celle des adeptes du Ku Klux Klan, les membres du band terminent en string, après avoir transité par les accoutrements les plus farfelus possibles et imaginables (plumes, scaphandre et j'en passe). A un tel point qu'on finit par en oublier la musique qui tire un peu dans tous les azimuts. On y recèle même du rap et du glam (NDR : évidemment). N'empêche le chanteur est capable de passer du clavier au violon avec un certain talent. Et une chose est sûre : on s'amuse tout au long de leur prestation…

Peu réceptif au hip hop, je me suis quand même risqué à assister au set de Prise de Son soutenu par les Choco Pops. Collectif particulièrement jeune, Prise de Son rape comme mille et un autre groupe du style dans l'Hexagone. A leur avantage, des textes engagés et surtout intelligents, en phase avec les problèmes des banlieues en France. La présence des Choco Pops donne cependant une toute autre coloration à l'expression sonore. Le trio guitare/basse/batterie a des planches, et notamment le drummer. Balèze (au propre comme au figuré), il donne une amplitude phénoménale à la musique proposée. D'ailleurs, livré à lui-même au beau milieu du set, le collectif lasse très rapidement. Et il faudra le retour du backing group pour que la prestation retrouve des couleurs. N'empêche pour une première, cette collaboration méritait d'être vécue et demande même une suite…

Skeil est un quintet lillois qui pratique une sorte de funk/acid/jazz directement inspiré par Jamiroquai voire Steely Dan. C'est également le nom du chanteur/claviériste et leader de cette formation. Un chanteur qui possède un falsetto d'une grande limpidité. En outre son backing group n'est pas constitué de manchots ; et en particulier le saxophoniste. Malheureusement, leur solution sonore manque paradoxalement de groove. Mortel pour un combo qui revendique un tel style musical…

Ensemble courtraisien, Rencontrez l'Amour baigne dans le surf jusqu'au cou. Pas de chanteur, mais une musique instrumentale instituée, il y a près d'un quart de siècle par les Shadows, et perpétuée encore aujourd'hui par Dick Dale. Au début, c'est sympa, mais au bout de 20 minutes, on atteint le stade de saturation. Et on retourne au bar.

Sarah Markewich est américaine. New-yorkaise, très exactement. Elle vit cependant aujourd'hui à Courtrai. Depuis 9 ans. Vocaliste chez Greyn elle possède une superbe voix qui rappelle tantôt Nathalie Merchant des 10.000 Maniacs, tantôt Ani DiFranco. Le quintet pratique une sorte de pop/rock semi-acoustique particulièrement soigné. Mais aussi très ennuyeux. Et le groupe a beau se réclamer des Violent Femmes, dont il interprète d'ailleurs une cover, on se demande s'il ne devrait pas privilégier les bars nightclubbiens.

Apparemment, la pub de Morning Red a fait recette. Après avoir distribué moult tracts pendant deux jours, ils sont parvenus à attirer la foule dans la salle réservée aux groupes de métal. Disposant de deux chanteurs, le sextuor pratique une musique féroce, turbulente, fruit d'un cocktail improbable entre Mass Hysteria, Colcut, Soulfly et Incubus. Et le public averti réagit instantanément à cette flambée de fureur. Un set dévastateur auquel je me suis soustrait après dix minutes, histoire de sauver ma peau… et mes tympans…

Raspoutitsa n'est pas le nom d'un ancien agent du KGB, mais le patronyme d'une formation issue de la région tournaisienne responsable d'une style musical particulièrement original qui oscille entre chanson française et prog, en passant par l'électro et la pop. Mais la force du groupe procède des lyrics de Mathieu. Des textes lourds de sens et de pertinence. Il joue également de la guitare. Et chante. Pourtant, son timbre n'a rien d'exceptionnel ; mais ce soir, ses inflexions ont fait la différence. D'ailleurs, à ces débuts, Cantat avait-il une belle voix ? Après trois années d'absence, le groupe a décidé de sortir un maxi (NDR : dont le digipack est absolument superbe !) et de repartir en tournée. Franchement, on est ici en présence d'un talent à l'état brut. Qui mérite d'être poli. Peut-être pas toujours facile d'accès, il faut le reconnaître… Et quoi, Ferré était-il facile d'accès ?

Fondé en été 2000, Two Star Hotel a été signé par le label allemand Sounds Of Subterrania, une écurie qui compte en ses rangs King Kahn, Dirtbombs, Melt Banana, El Guapo Stuntteam et The Monsters. La formation liégeoise a d'ailleurs sorti son premier opus en 2005. Et à l'écoute de cette plaque, cette signature se justifie. En fait, TSH pratique un cocktail de boogie, de funk et de punk qu'ils appellent avec dérision du 'plastic-avant-rock' (NDR : si on veut bien !). Sur scène le groupe se présente vêtus en rouge et noir, un foulard noué autour du cou. Deux guitaristes (qui disposent d'un rack de grattes assez impressionnant, dont une transparente !) alimentent leur solution sonore aride, énergique, convulsive, qui transpire le sexe et le rock'n roll. D'ailleurs, dès les premiers accords, vous avez une envie irrésistible de taper du pied. Et leur nouveau chanteur semble s'être facilement moulé dans l'ensemble. Pantalon de cuir noir, poses lascives, il se déhanche, harangue la foule, et termine même son set au milieu du public.  

PPZ30 n'est pas né de la dernière pluie, puisque le combo existe depuis 1992. Malheureusement, leur funk métal semble avoir pris un sérieux coup de vieux. Pas que l'énergie soit absente ; au contraire ! Mais elle est le fruit d'une accumulation de clichés qui finissent par devenir agaçants. Et leur dernier album, « Duck my sick » en est la plus belle illustration. Heureusement, sur les planches, la formation est toujours aussi intéressante. Et puis rien que la présence de Bruce, le chanteur/showman, est un véritable régal. Bénéficiant du concours d'une section de cuivres le combo n'a donc pas failli à sa réputation. Enthousiasmant même ceux qui ne les avaient jamais vus…

Experimental Tropic Blues Band ! Nous ne sommes plus dans la même division… Les héritiers naturels des Cramps et de Jon Spencer Blues Explosion ont encore frappé… Psycho Tiger et Boogie Snake étaient au sommet de leur forme, même si en final, ils ne savaient plus trop où ils étaient. Et le public leur a rappelé en leur accordant une formidable acclamation. Qui a débouché par un rappel ! Une chose est sûre leur psycho boogie (NDR ou si vous préférez leur rock'n roll blues & roots) est unique en leur genre. Toujours pas de bassiste, mais deux râpes qui se conjuguent à merveille, déchirent l'espace sonore ou l'enflamment pour mieux le rendre dansant et sulfureux, pendant que Devil d'Inferno martèle tribalement ses fûts. Et les voix des deux solistes (une plus claire, l'autre caverneuse) se complètent parfaitement. Bref, même si le public ne faisait pas la danse du scalp, il pogotait ferme. Et difficile de ne pas avoir des fourmis dans les jambes à l'écoute de leur musique. Assurément le moment le plus fort de ce samedi. Le groupe est actuellement en studio pour enregistrer son tout premier long playing…

Encensé par la presse traditionnelle pour son premier album « Skyline society » (NDR : impossible d'en dire quoique ce soit, puisque aucun exemplaire promo n'est parvenu à Musiczine), Major Deluxe s'était déjà produit lors de l'édition 2002 du D'Hiver Rock, pour un set dont le souvenir ne restera pas impérissable. Depuis, la formation de Sébastien Carbonnelle a effectué d'énormes progrès. Leur musique easy listening, orchestrale, perfectionniste est irréprochable, mais franchement soporifique. En fermant les yeux, on avait l'impression d'être dans son salon, bien calé dans un sofa soyeux, prêt à tomber dans les bras de Morphée. Manquait plus que le casque sur les oreilles. Mais je n'étais pas dans mon salon…

Alors là, j'ai été surpris. Pas que la musique soit sensationnelle, mais le look de Punish Yourself est impressionnant. Les corps des musiciens et d'une danseuse aux seins nus, peints aux couleurs fluo donnent vraiment un effet visuel qui ne peut laisser indifférent. Côté musique, Punish Yourself pratique une sorte de métal indus qui ne lésine ni sur l'électronique, ni sur les pulsions primaires. En vrac, leur attitude implique le sado-masochisme, le sang, la dope, la fascination pour la mort et j'en passe. Fallait voir les fans du style accoutrés comme des punks de la fin des 70's ou maquillés à la manière de Marylin Mansun, se bousculer devant la scène. On a même eu droit à l'irruption d'un exhibitionniste sur le podium, que le service d'ordre a éjecté manu militari... Episodiquement, la danseuse actionnait une disqueuse pour en laisser cracher des étincelles semblables à des flammes. Sex, drugs & Cyberpunk ? Euh… Plutôt plein la vue…

Et pour terminer la journée, rien de tel qu'un moment de franche rigolade. Que nous a accordé Colonel Bastard, en l'occurrence Jérémy, le chanteur d'Experimental Tropic Blues Band. Avec pour seul accompagnement un micro et un lecteur CD pourrave, il a réalisé une performance à la fois délirante, décalée et sans complexe (NDR : c'est dans le dossier de presse !), qu'il termine par un strip-tease improvisé (NDR : ce n'est pas dans le dossier de presse). Bref, un bon moment de bonne humeur pour clore cette deuxième journée…

D Hiver Rock 2006 / Trop de piliers de comptoir...

On a beau être au beau milieu de l'hiver (NDR : le cinglant -5° affiché dehors nous le rappelle d'ailleurs), ce festival organisé à la Maison de la culture de Tournai sent déjà aussi bon que ces grands frères d'été. Il s'agit d'ailleurs déjà de la 4ème édition. Tous les ingrédients, hormis le soleil, sont là pour nous le rappeler : plusieurs scènes sans temps mort, un public éclectique qui frôle les 7 à 77 ans - même si pour ce vendredi on y rencontre une majorité de 14/16 ans - et une affiche riche et variée. Rien qu'à l'entrée, l'accueil des charmantes organisatrices est déjà à lui seul, enthousiaste et chaleureux.

Il revenait à Pulsur, vainqueur de la 3ème édition du concours 'open stage', organisée en 2005 (Prix du jury professionnel et prix jeunes) d'ouvrir le festival. Une formation tournaisienne au sein de laquelle on retrouve Ludovic Notebaert, un excellent bassiste qui avait accompagné, à une certaine époque, Pierre Surquin. Et nonobstant son style un peu suranné, qu'on pourrait situer à la croisée des chemins de Soundgarden, Rage Against The Machine et Stone Temple Pilots, il faut reconnaître que le combo ne se débrouille pas trop mal ; d'autant plus que le chanteur (NDR : Louis Prest) ne manque ni de voix ni de présence…

Issu de la région de Lille, Costa Gravos revendique des influences qui oscillent du jazz au métal en passant par la salsa, le trash, la techno, le drum'n' bass, le ragga, le reggae, le grindcore, la musette, le disco, le dub, la valse et une foultitude d'autres styles. Si l'éclectisme est donc de rigueur, on ne peut pas dire que leur prestation fut transcendante. On devrait y voir plus clair lors de la sortie de leur premier elpee, dont la sortie est prévue pour ce mois de mars.

Les choses sérieuses commençaient donc en compagnie d'une des valeurs montantes du rock français : les Hush Puppies. Dès les premiers accords, leur 'rock garage' est facilement reconnaissable. Le son est (volontairement ?) un peu crade. Le look classe et rétro rappelle les Hives. Bref, on nage en plein revivalisme sixties, même si le quintet n'hésite pas à tirer parti d'une boîte à rythmes. L'énergie libérée par la formation rappelle tantôt les Strokes, tantôt Ed Harcourt ; et la fougue du vocaliste celle du regretté leader de Penthouse. C'est d'ailleurs lui qui focalise toute l'attention du public. Et pour cause, il déménage littéralement sur les planches ; ce qui ne l'empêche pas de maîtriser son chant. Et la plus belle démonstration procède de cette jolie ballade attendrissante, qui nous fait penser à l'adorable chien, effigie de la même marque de chaussures. Si le groupe manque encore un peu de cohérence, il ne manque pas de talent. Et ce retour en force du garage offre de belles perspectives d'avenir aux Hush Puppies. Maintenant, il reste au combo à se faire connaître. C'est sans doute la raison pour laquelle Olivier Jourdan, clame régulièrement, tout au long de son set : 'Nous sommes les Hush Pupies'. Ils se produiront à Bruxelles dans le cadre des Nuits du Botanique.

Enchaînement et changement de décor, mais aussi d'ambiance pour Guerilla Poubelle. Un groupe d'Outre-quiévrain qui commence aussi à se forger une réputation, dans un tout autre style. Si leur punk primaire est agréable à écouter sur disque, en 'live' c'est autre chose. L'attitude juvénile, les discours simplistes ('la chanson suivante, c'est contre la violence, et ça s'appelle « La bagarre c'est trop nul »') et certains titres de 30 secondes emballent les ados ; mais les vieux fans de GBH ou autre UK Subs font plutôt la grimace, et abandonnent rapidement la partie. Appartenant plutôt à cette deuxième catégorie, je dois vous avouer ne pas être resté plus de 20 minutes pour assister au set de Guerilla Poubelle…

Flexa Lyndo figure parmi les formations wallonnes les plus en vogue aujourd'hui. Pratiquant, à l'origine, une pop mielleuse, il faut reconnaître que le groupe a complètement changé de style. Responsable d'un excellent album l'an dernier (« Slow club »), le combo a également chamboulé son line up. Avec pour résultat une musique qui navigue aujourd'hui dans un univers psychédélique, réminiscent de My Bloody Valentine. Même les voix sont au diapason. Des harmonies vocales soulignées par le très joli timbre de la très jolie claviériste (NDR : Ben quoi chez MBV, il y avait deux filles ! Une bassiste et une guitariste… Qui a dit qu'elles étaient moches ?). Dommage que la salle était à moitié vide. Drôle d'idée d'aller se rincer le gosier lors d'un des moments les plus forts du festival.

En fait, il y a autant de monde au bar que de spectateurs dans les salles. Si pas plus ! L'ambiance y est conviviale ; mais on se demande si une partie du public n'est pas venue pour faire la fête plutôt que d'assister aux concerts. D'ailleurs, il faut user de la ruse pour éviter les 'guets-à-pintes'. Notamment avant d'aller applaudir Parabellum. Un des derniers survivants de la grande vague de rock alternatif qui avait balayé la France, fin des eighties/début des nineties. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien que les Wampas leur rendent hommage dans une leurs chansons. Parabellum reste bien une des références de cette époque, au même titre que Ludwig Von 88, Bérurier Noir et autre Garçons Bouchers. La voix rauque et puissante du leader n'est d'ailleurs pas sans rappeler Pierrot Sapu et son physique rustre celui de François Hadji-Lazaro. Soutenu par une rythmique semblable à celle de Trust, les chansons à textes et les refrains trottent rapidement dans votre tête. D'ailleurs, tous les ingrédients sont réunis pour faire revivre, sans tomber dans le 'has been', les ambiances bon enfant que ce genre de groupe peut dégager. Alignant ses grands classiques comme « Saturnin », « La bombe et moi » ou la traditionnelle chanson paillarde « Cayenne » (reprise en chœur par tous les punks dans la salle), la soirée s'est clôturée en beauté (même si on aurait pu attendre plus de sympathie et de communication de la part de Parabellum).

La soirée, musicale du moins, est terminée ; mais au bar de la maison de la culture les réjouissances se sont prolongées jusqu'aux petites heures…

Tilly & The Wall

Wild Like Children

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Première signature de Team Love, le nouveau label de Conor Oberst (leader de Bright Eyes), Tilly And The Wall pratique une pop inspirée par le malaise et les tourments de l’adolescence. La composition du groupe est atypique ; deux voix (fille et garçon), beaucoup de claviers aux sons ‘enfantins’ et des instruments à vent, peu de batteries naturelles mais plutôt des percussions diverses et variées, dont une joueuse de claquettes (tap dancer), qui doit sûrement constituer l’attraction principale lors des concerts. Côté musique, Tilly And The Wall lorgne particulièrement vers la pop des Bataves de john.wayne.shot.me ; faussement légère et emprunte de mélancolie. Les ballades pastorales constituent les meilleurs morceaux du disque : « Fell Down The Stairs », « Bessa », « Reckless », « Let It Rain », « Shake It Out », « I Always Knew » ; toutes parfaites et qu’on écoutera en boucle. Si vous avez versé une larme sur le disque d’Hermann Düne, vous pouvez franchement écouter Tilly And The Wall ; et vous ne serez pas déçus…

Svald

Loyal(e) Mutinerie

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‘Approchez, approchez mesdames et messieurs !’. A première vue, l’invitation est saine, on l’accepte. Le cirque de Svald semble sensible, poétique. Une fois à l’intérieur de cette « Loyale Mutinerie », changement de décor. L’auditeur n’a plus qu’une idée en tête : quitter le palais des horreurs ! La musique de Svald est bien déguisée. Sous des airs de clowns itinérants, les nordistes transgressent les codes et optent pour une fusion gothique de heavy, de black metal et d’emocore. Tracer la tangente entre ces genres n’est guère aisé. De loin, la fresque évoque Evanescence crucifiant le timbre de Lara Fabian d’un brame médiéval. Les vampires s’en donnent à cœur joie, les autres restent planqués. Protégeant leurs oreilles, attendant sagement la venue du jour, le soleil, la libération. L’œuvre proposée par Svald impose le funambulisme à vie, un équilibre instable entre la folie et la démence. Svald jongle méticuleusement avec l’hystérie. Y a-il une vie après la lypémanie ? Sincèrement, on l’espère…

Solid State Revival

From the bubble to the box

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EP camouflé en album (7 morceaux, 27 minutes), « From the Bubble to the Box » est la première plaque de Des Murphy, alias Solid State Revival. Débutant par « Step into the sun », morceau pop franchement emballant, l’oeuvrette a ensuite tendance à s’essouffler quelque peu sans pour autant sombrer dans la médiocrité. Evoluant dans un registre pop indie saupoudré d’électro, Solid Sate Revival propose ainsi deux ou trois autres morceaux de qualité plus que correcte. « Circles » lorgne du côté de Flaming Lips période « Yoshimi Battle The Pink Robots» alors que « Better » se rapproche de certains morceaux des Américains de Wheat. En un peu moins bien, cependant…

Soweto Gospel Choir

Blessed

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Depuis quelques temps, on assiste à un regain de popularité du gospel. Pour le meilleur et pour le pire, cette musique religieuse est occupée de reconquérir une certaine visibilité. La chorale de Soweto fait partie des pointures du genre et leur premier disque « Voices from Heaven » a été une des meilleures vente de ‘world music’ aux Etats-Unis. Il est important de signaler que les gains engrangés par la chorale lors de ses tournées mondiales servent à financer des actions sociales dans la ravagée Afrique du Sud. Musicalement, les nombreux morceaux proposés sur ce disque oscillent entre traditionnels africains, reprises (« Asimbonanga » de Johnny Clegg) et évidemment classiques du genre tels que le beau « I Bid You Goodnight » ou encore l’immanquable « Happy Day ». L’accompagnement instrumental se résume souvent à de simples percussions africaines, même si parfois une formation basique (piano-basse-guitare-batterie-cuivres) soutient la chorale. Un accompagnement de toute façon discret, puisque les plus important procède des belles performances de ces chanteurs d’exception.

Refree

La Matrona

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Les clichés ont la vie dure…Il est tellement peu habituel d’entendre de la pop léchée en espagnol qu’il a fallu à votre humble serviteur quelques écoutes attentives avant de pouvoir émettre enfin un avis un peu moins partial sur « La Matrona », le nouveau disque de Refree. Chantées pour la plupart en castillan et en catalan, les ritournelles proposées par Raul Fernandez, la tête pensante du projet, ne manquent pourtant pas de charme. Mais que voulez-vous, on ne chasse pas en un coup de cuillère à pot plusieurs années d’expériences malheureuses… Quoi ? Vous me trouvez injuste ? Allez donc faire un tour du coté des clubs de Barcelone et de Madrid et vous vous rendrez bien vite compte que l’Espagne ne sera probablement jamais une terre de Pop/Rock… Entendre parler de « Pearrrll Jaaam » en 2006 est quelques fois désespérant… Et puis voilà que ce type (Raul Fernandez, bien sûr) débarque et décide de mettre à mal toutes mes vieilles convictions de ‘rascard’ musical. Et bon dieu ça fait du bien… Pas que « La Matrona » soit une perle…Mais cet album tient vraiment la route et offre même quelques moments de grâce fragile. A l’instar de « La Invasion de los Cuerpos » d’une popitude touchante ou un « Faltas Lavas » que l’on dirait emprunté à Elliot Smith. Et que dire alors de « Color Mazapan » ou de « El Cumpleanos », tout aussi fragiles et sensibles ? Malgré quelque égarement jazzy pas très convaincant en milieu de parcours« Batis », « Il Sotano »et une propension aux mélodies mielleuses (« Glorietas »), Refree livre une œuvre courageuse et rafraîchissante. Qu’il en soit remercié !

Ruacutane

Interior Design

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Quintet belge en activité depuis 2003, les Ruacutane trouvent l’occasion de distiller leur pop subtile sur le dynamique label Carte Postale. Cinq titres où l’électronique pointilliste flirte avec les guitares et une contrebasse. Le pop en diable « Just A Coda » ouvre les hostilités. C’est une mélodie immédiate rehaussée par de beaux arrangements électroniques et un bel équilibre entre les voix féminine et masculine. Sûrement la meilleure chanson du lot. Plus jazzy, « Jack Boom » évoque les premiers morceaux « narratifs » de dEUS et s’aventure un peu plus du côté des déflagrations électriques mais la chanson souffre d’un mixage peut-être un peu sage. « Franky » commence de manière assez anodine mais gagne de l’intérêt avec l’arrivée des synthés très « kraftwerkiens » dans le refrain. Le brumeux « Smoke in the Air » renoue avec les atmosphères sombres et tendues de « Jack Boom » tandis que « Tea Spoon » oscille entre rock et électronique grinçante. Du beau boulot qui laisse augurer du meilleur pour la suite et qui devrait sûrement titiller les aficionados de The Notwist.

Miguel Moreno

A new day

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Quoique d’origine espagnole, Miguel Moreno est né en Champagne. Il y a 33 ans. Ce chanteur/guitariste a fondé le Miguel M & the Brachay's Blues Band, en 1993. Dans la Haute-Marne. Miguel possède une voix particulièrement ample, taillée pour la soul et le funk blues. Il a assuré le supporting act pour de nombreux artistes confirmés tels que Lucky Peterson, Mighty Mo Rogers ou Trudi Lynn. En 99, le groupe a remporté l’"Open Days" du Chesterfield Café, une victoire qui lui a permis d'enregistrer un album live dans ce même club. Un disque paru en 2000. Depuis 2002, il a décidé de jouer et d’enregistrer sous son propre patronyme, même s’il est toujours soutenu par un backing band. A cette époque, il avait commis une démo cinq titres.

"A new day " constitue donc officiellement son premier opus. Un disque partagé entre reprises et compos personnelles, même si les textes sont le plus souvent issus de la plume de sa compagne, Ouacila. Miguel est soutenu par Fred Souche à la guitare, Abder Benachour à la basse, Patrick Machenaud à la batterie, Johan Dalgaard aux claviers une section de cuivres. L'album s'ouvre par le "Bad condition", de Lucky Peterson. Le chant funk respecte celui de la version traditionnelle. Au service du rythme, tous les musiciens libèrent un groove puissant. Cependant, l'orgue de Johan s'évade rapidement et dessine un superbe solo, tout en préservant l’esprit de Mr Peterson! Les cordes acoustiques ouvrent "My little home". Une ballade qui se métamorphose, s’emballe et finit même par s’embraser lorsque les autres instruments font leur apparition : la guitare électrique de Fred Souche, l'orgue, l’imparable section rythmique et enfin les cuivres. Le R&B coule dans leurs veines. Jean-Claude Thyes souffle dans son saxophone avec beaucoup d’originalité. Son solo est remarquable! Très dansant et particulièrement électrique, "Young man" trempe dans le funk le plus pur. La section rythmique veille au grain et soutient parfaitement la sortie de l'orgue. Largement amplifiée, la guitare s'enflamme enfin. "My father" constitue -vous l'aurez deviné- un solide hommage à son père. Il ne verse par autant dans l’émotion. D’ailleurs le rythme est ici omniprésent, sans faille, sculpté dans le R&B. Lorsqu'on dispose d’une machine de guerre aussi percutante, toutes les audaces sont permises ; et Miguel M ne s’en prive pas, en adaptant le "We will rock you" de Queen. Une version assez étonnante, il faut l’avouer. Imprimé par les percussions et les cordes amplifiées, le rythme est offensif. Ce qui permet d’introduire idéalement les chœurs et la trompette feutrée de Stéphane Garaffi. Une cover qui doit faire un malheur sur les planches. Retour au calme pour une ballade qui plonge ses racines jusqu’au berceau des origines de Miguel : "Spain". Il la chante d’un timbre très grave. Les cordes sont lumineuses. L’orgue mélodieux. Le M Band prend à nouveau des risques en opérant une adaptation funk d’un classique : le "I'm ready" de Willie Dixon. Poussé dans le dos par le front de cuivres, le public monte sur la piste. Nous ne sommes ici plus tellement loin d'un Bernard Allison. La cover est excellente. Pas un espace libre n’est toléré, tant la densité rythmique est intense. La guitare de l'ami Fred Chapellier déverse des flots de notes fulgurantes. Changement de paysage sonore et direction la Jamaïque pour cuisiner le fameux "Get up, stand up" de Bob Marley à la sauce M. Rien de bien révolutionnaire ici, mais un niveau musical qui frise la perfection. L’orgue donne toujours de l'épaisseur au décor et les guitares se libèrent. Proche de la colère, la voix devient de plus en plus grave pour attaquer "Indiana blues". La plage adopte un tempo tribal pour rappeler les souffrances des Indiens, toujours en quête de liberté. Le rythme s'élève et vous envoûte. La slide participe à ce rite. Miguel gratte nerveusement sa guitare acoustique tout au long de "A new day". Impeccable, son timbre ne manque pas de relief. Seules les percussions discrètes du derbuka de Pat Grimaud talonnent le chant et les cordes. Et le souci de la liberté le ronge toujours lorsqu’après quatre bonnes minutes, il se met à chanter "The purist", d’une voix éraillée, taillée au couteau, à la sensibilité exacerbée. Un blues très personnel qui rend hommage à "Mr Blues", John Lee Hooker. Le son métallique du bottleneck marche sur les traces de son vocal jusqu'à extinction… Excellent !

Madness

The Dangermen Session/ Volume 1

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Madness… Rien qu’à l’évocation de ce nom, les souvenirs se bousculent… Nous sommes en 1984 et, âgé à peu près de 6 ans, votre serviteur passe en revue la discothèque de ses parents. Gainsbourg : mmmhhh, ce sera pour plus tard… Bashung : chouette mais déjà un peu trop intello par moments… The Rolling Stones : la bouche du chanteur est trop grande… Brassens, m’emmerde déjà celui-là… Bon, y’a plus rien à se mettre sous la dent dans ce paquet de 33 tours ou quoi ? Y’en a marre d’écouter « Abbey Road » des Beatles en boucle depuis près d’un an et puis le disque de Stevie Wonder que j’aimais tant est griffé à mort depuis que je me suis amusé à le faire glisser sur le tapis du salon… ! ! ! Tiens, c’est quoi ce truc ? C’est qui ces types qui font la chenille, leurs grosses lunettes noires sur le nez ? « M…A….D….N….E….S….S », « O….N….E S…..T…..E…..P B……E……Y…..O…..N…..D ». Bon allez, c’est vendu… Craquements, deux ou trois petites griffes en plus sur le vinyle, et puis ce bruit de sirène de bateau qui retentit. ‘Pooouuuuaaahhhh, poooouuuuaaaah’. Génial, on dirait le son du gros cargo que j’ai vu dans « Bernard et Bianca » ! ! ! » C’est le coup de foudre, le disque est adopté au grand dam de géniteurs complètement écœurés à l’idée de voir l’une de leur plaque préférée s’agiter dans de petites mains boudinées rendues bien graisseuses par la manipulation de centaines de ‘chipitos’ au fromage. « One Step Beyond »… Ce morceau à lui seul a probablement suffit à rendre dingue la moitié des habitants de Schaerbeek, tant il fut joué et rejoué

Nona Mez

Out of Touch

Comme sur ses deux premiers albums (« Songs Of Leaving » et « Cast In Concrete »), Geert Maris chante pour ceux qui ont connu l’amour, et qui l’ont perdu. Qu’il en parle à la première ou à la troisième personne, c’est d’ailleurs du pareil au même : ici tout est question de désespoir, d’adultère, de mauvaise foi et de vague à l’âme, comme souvent le ressent celui ou celle chez qui ne restent que les yeux, et l’amour propre (un semblant…), pour pleurer. On a beau se rassurer en tentant de se convaincre qu’on est ‘hors de portée’, l’ombre, elle, ne s’efface pas forcément quand le soleil se lève. Et c’est ce que chante Maris. Avec toujours dans la voix cette pointe d’ironie qui sauve du naufrage, mais pas de l’amertume… Héééé ouais : c’est pas drôle, hein, la vie de romantique ! Et l’on ressasse, et l’on essaie de comprendre, et puis au lieu de prendre du Xanax on fait un disque où on se confie, et c’est déjà ça de gagné, au prix où coûtent les psys ! Au troisième, forcément, rien n’a changé : la thérapie est longue. A peine se sent-on plus confiant, ce qui explique peut-être l’envie de Geert Maris d’être entouré de potes : Peter Pazmany au piano, Davy Deckmijn (Zornik, Tom Helsen) à la batterie et Bart Van Lierde (Zita Swoon, Zornik) à la basse. Un vrai groupe, donc, qui permet aux chansons de gagner en texture, en profondeur, et en radiophonie… Bref, le résultat vaut bien du Novastar, en moins U2. L’ambiance d’un dîner aux chandelles, mais sans les allumettes. Visiter le zoo d’Anvers en hiver. Manger seul en regardant « La Cible ». Se réveiller le soir en croyant que c’est le matin. Bref. Nona Mez, c’est du propre. De l’amour, du Prozac et d’autres curiosités.

Lynn Miles

Love Sweet Love

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‘All you need is Love, Love is all you need’. Sans cesse rabâchée, la formule a fait des émules. Reste un sérieux problème d’interprétation, d’adaptation. Car si l’amour constitue un besoin vital, certains se sont mis en quête du coup de foudre. Et beaucoup s’y sont brûlés. Le Cœur carbonisé par l’illusion. Car, en général, les histoires d’amour finissent mal. En d’autre terme, la soif d’affection, éculée par les Fab Four sur toutes les ondes du monde, demeure une belle escroquerie pour une partie de l’humanité. A Ottawa, Lynn Miles a fait les frais de cette mésaventure. Comme pour s’en expliquer, la Canadienne livre un quatrième album : « Love Sweet Love ». Le disque aurait pu s’intituler ‘l’histoire vraie d’une jeune femme mal-aimée’. Le message serait resté inchangé. Les utopistes de la romance n’ont qu’à bien se tenir. Lynn Miles chante son désir : flanquer une flèche dans le cul de Cupidon. Ca lui fera des pieds ! Chaque titre évoque l’amertume de la passion. Même les notes d’espoir sont désespérantes. Ce qui, soit dit en passant, ne laisse à l’optimisme que très peu de place. « Love Sweet Love » se classe, sans hésitation, dans la catégorie tragico-pas-comique. Et le premier qui rigole se ramasse un coup de boule !

 

Sonny Landreth

Grant street

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Né à Canton, dans le Mississippi, Sonny Landreth compte aujourd’hui 55 ans au compteur. Il était encore très jeune, lorsque sa famille s'est établie à Lafayette, en Louisiane. Il vit d’ailleurs toujours à Breaux Bridge, au cœur du pays cajun. Ce chanteur/compositeur/producteur est avant tout un musicien exceptionnel. Un surdoué de la slide guitar qui est parvenu progressivement à se forger un univers musical très personnel : le ‘Slydeco’. Soit un savant mélange de zydeco, de swamp, de pop et de valse cajun. Avant de driver son propre groupe, Sonny a longtemps milité au sein du Red Hot Louisiana Band de Clifton Chenier. Il a également participé à de multiples sessions d’enregistrement. Et notamment pour Beausoleil, Michael Doucet, John Hiatt et Zachary Richard ; sans oublier John Mayall et Junior Wells. Mais ses premières expériences individuelles en studio remontent aux années 70. Elles ont été rééditées sur trois collections : "Crazy cajun recordings" (chez Edsel), "Prodigal son" (pour Westside) et "Prodigal son : the Collection" (sur Music Club). Son premier album officiel a été concocté en 1981 : "Blues attack". Un elpee qui recèle quelques classiques du blues, comme "Key to the highway", "Baby please don't go" ou "I'm ready". En 85, il commet "Down in Louisiana", une oeuvre qui recèle deux de ses meilleures compositions : "Sugarcane" et "Congo square". Il se signale encore par la sortie d’"Outward bound" en 92, de "South of I-10" en 95, de "Levee town" en 2000 et de "The road we're on" en 2003, sur le label Sugar Hill.

Nous sommes en avril 2004, au Dancehall de Grant Street, à Lafayette. Et accrochez bien vos ceintures ! Sonny saisit sa slide et s'installe derrière le micro. Respectivement bassiste et drummer, Dave Ranson et Kenneth Bevins forment la section rythmique. La slide ouvre le feu sur "Native stepson". Le tempo est contagieux. Le public est déjà invité à se trémousser sur le dance-floor. Une plage instrumentale de rêve pour ouvrir un concert. Le rythme ralentit pour aborder "Broken hearted room". Sonny chante avec beaucoup de conviction ce blues authentique, bien senti. La sonorité de la slide accentue le caractère volontairement dramatique du chant! Et lorsque le bottleneck frétille sur le manche, le charme opère. "Gone pecan" marque un changement radical. Extrait de son dernier opus, "The road we're on" concède un rock'n'roll teinté de zydeco d’une grande pureté. Une plage qui démontre que l’artiste est à l'aise quelque soit le tempo. Ballade instrumentale, "Port of calling" est une nouvelle chanson, une compo qui baigne au sein d’une atmosphère propice à l’exploration de nouvelles sonorités. Une perspective qu’il prolonge tout au long d’un autre inédit : "Pedal to metal". Sonny embraie par un de ses titres-phare : "Blues attack". Blues rock rapide, ce titre manifeste une grande efficacité sur les planches. Le trio passe au grand galop pour "Z rider", un autre instrumental mouvementé au cours duquel la slide témoigne d’une férocité certaine. Sonny n’en oublie pas pour autant la culture locale. A l’instar de "USS Zydecoldsmobile", un zydeco chargé d'électricité. Poussée dans ses derniers retranchements, la slide émet des cris bestiaux. Autre inédit, "Wind in Denver" permet quelque peu de souffler. Un slow blues programmé judicieusement à ce stade du concert. La slide, de nouveau majestueuse, domine le chant sans éclat de Landreth. "All about you" prend les allures d'un shuffle. Le leader est soutenu par sa section rythmique. Une occasion propice pour laisser délirer ses cordes. Elles sont même ici prises d'une frénésie irrésistible. Le concert s’achève par une version kilométrique de "Congo square", son titre fétiche. Au cours de cette superbe composition, Kenneth Blevins obtient son billet de sortie. Nonobstant certaines lacunes dans le domaine du vocal, Sonny est un instrumentiste exceptionnel ; et incontestablement un des meilleurs sliders de la musique roots contemporaine.

 

 

 

 

King Creosote

Rocket DIY

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Parachutage diachronique. Kenny Anderson, alias King Creosote, remue les unités sonores d’un genre élémentaire: le folk. Chez lui, la tendance est toute britannique. Autrement dit, Dylan a la main coincée dans sa gratte. Ici, la musique tourne à la folie, la démence démesurée, la démesure démentielle. En prise direct avec l’univers de Nick Drake, le folk de King Creosote n’alimente pas la rubrique ‘new weird’. King Creoste touche au baroque. Au sens noble du terme, il superpose les couches, amoncelle les notes et s’abandonne dans l’abondance de trois accords primaires. Sans relâche, il les tient, les serre jusqu’à en retirer l’essence ultime. Après l’initial « Kenny and Beth’s Musakal Boat Rides », ce deuxième disque est propice aux nuits banches. « Rocket DIY » est un soleil perché dans les étoiles, un puit de lumière plongé dans l’obscurité. La créativité excentrique du bonhomme tend pourtant à faire oublier la richesse mélodique qui se trame en filigrane de ces 12 titres faussement désabusés. Les trouvailles électroniques côtoient l’inventivité. La rencontre naturelle : aucune préméditation auxiliaire. Croisée quelques mois plus tôt sur le dernier album de Magnétophone sous le titre « a sad Ha Ha », la chanson « Circled my demise » retrouve toute sa simplicité, une candeur limpide, rafraîchissante. Haute volée d’innocence, de pureté, « Rocket DIY » se plante devant les discographies de Badly Drawn Boy, Nick Drake, Elliott Smith, Syd Barrett et autres Sebadoh. Et attend patiemment sa place dans la discothèque idéale de tous les amateurs du genre.

Bebel Gilberto

Remixed

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C’est désormais une tradition chez Bebel Gilberto, chacun de ses albums subit un reliftage en règle de la main de remixeurs aguerris. Ce « Remixed » revisite donc le bel album éponyme sorti il y a plus ou moins un an sur Ziriguiboom. Des producteurs et beatmakers comme Thievery Corporation, Steve Hillier (producteur du « Think Tank » de Blur) ou encore Dj Spinna s’y collent donc. Le remix étant un exercice périlleux au nom duquel beaucoup d’horreurs musicales ont déjà été commises, les relectures présentées ici sont donc forcément de valeur inégale, mais la qualité reste souvent assez élevée. La majeure partie d’entre eux a été conçue avec des salons « cosy » en tête plutôt que la sueur des pistes de danse. Peu de grosses caisses qui marquent tous les temps donc, mais plutôt des claviers acides et vaporeux et une nuée de percussions qui évoquent le soleil et la mer. La structure originelle des morceaux est conservée, la voix de Bebel étant souvent le seul élément qui subsiste des compos. Parmi les mixes plus réussis, on citera « O Caminho ». Le dénommé Guy Sigsworth a ajouté à la chanson une belle saveur sixties qui donne l’impression d’entendre un inédit de Burt Bacharach. Le mélancolique « All Around » est très réussi aussi et évoque les atmosphères chères à Air : guitare acoustique et batterie en avant. L’intrigant « Cada Beijo » et son intro orchestrale sont repris tels quels par Thievery Corporation qui se contente (à raison) de tirer le morceau de sa brume originelle à coups de percussions samba. Le joli « Jabuticada », coécrit en compagnie de Carlinhos Brown, subit lui aussi un joli traitement, entre acoustique et percus bourrées d’effets. Le plus iconoclaste du lot reste « Aganju » par Spiritual South, le remix le plus « dancefloor » du lot, rehaussé par les vocalises « scat » de Miucha.