Il n’existe pas de ligne droite pour The Beths…

The Beths, un groupe néo-zélandais composé de la chanteuse Elizabeth Stokes, du guitariste Jonathan Pearce, du bassiste Benjamin Sinclair et du batteur Tristan Deck, annonce la sortie de son nouvel elpee "Straight Line Was A Lie", le 29 août 2025. En avril,…

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La fresque de Vincent Delerm

Six ans après « Panorama », le chanteur cinéaste au cœur battant Vincent Delerm élargit encore son travelling sentimental en gravant « La Fresque ». Un huitième album dont la chanson-titre parlée, sur un arrangement tout en palpitations électroniques et…

Miossec simplifie…

Miossec, le poète du Finistère, reprend la route avec "Simplifier", un album vibrant de…

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Bai Kamara Jr

Urban Gipsy

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On connaît surtout Bai Kamara Jr pour son « Donwtown in St-Josse », belle comptine sur une des communes les plus pauvres de Bruxelles. Après avoir concocté un album solo acoustique (« Living-Room »), il sort cet album de groupe enregistré il y a cinq ans et qui pour des raisons financières n’avait pu être finalisé. A cheval entre rock (Sting) et soul (Marvin Gaye), cette collection de chansons classiques mais efficaces souffre un peu d’une production un peu trop neutre pour convaincre. On se prend d’ailleurs à imaginer ce qu’aurait pu devenir cet album s’il avait été confié à un de ces producteurs imaginatifs d’outre-atlantique. Car cet interprète hors pair a composé ici quelques excellents morceaux (« Learning Something New », « Beautiful Love », « Live It Up the Most and Just Cruise », « Quite Sure »…) qui méritent mieux que ce traitement sonore compassé. A découvrir tout de même, car on risque d’entendre encore parler du bonhomme.

Anderson

Weradioanderson

Écrit par
Le duo Anderson ne compte pas un an d’existence, mais il peut déjà être fier d’avoir été sacré meilleur espoir 2004 de la scène pop-rock hollandaise. Dans la foulée, la formation a sorti ce 1er album “Weradioanderson”. A l’écoute entre autre du délicat “Top of the Hill”, on ne peut s’empêcher de penser que Bas van Nienes et Jeroen van der Werken ont beaucoup – mais alors là vraiment beaucoup – écouté les norvégiens Kings of Convenience. Même univers sonore ciselé, mariage identique de la guitare acoustique et des claviers synthétiques, harmonies vocales semblablement légères (“As the Ocean Rises”) et chansons également mélo-romantiques. A l’instar de leur compatriote Zoetemelk (6 fois 2e du Tour de France), Anderson ne sont que d’appliqués suceurs de roues pop. A souligner le très beau packaging (carte routière et photos de vacances des années 50).

Natacha Atlas

The Best Of

Écrit par
Résumant les six albums déjà sortis par la chanteuse aux racines bruxelloises, ce « best of » ne se contente pas d’aligner les succès de Natacha mais propose aussi des nouvelles adaptations et quelques remixes peu entendus. « Leysh Nat’Arak », sûrement un de ses meilleurs morceaux, est par exemple décliné en pas moins de trois versions (dont deux totalement dispensables). L’essentiel du menu parcourt ce grand mélange des genres qu’elle a initié en compagnie de Transglobal Underground. Un mix entre cordes égyptiennes, percussions africaines et orientales, culture indienne ainsi que rythmiques dance et ragga. On passera notre tour sur les reprises moyennement réussies d’« I Put A Spell On You » et du « Man’s World » de James Brown. Le reste recèle son lot de choses intéressantes, à l’instar du groovy « Eye Of The Duck ». On ne peut que saluer le talent vocal de Natacha Atlas dont le timbre rehausse souvent les compositions qui se laissent trop fréquemment aller aux tentations d’une world-dance un peu facile.

Audiotransparent

Nevland

Écrit par
- Qu’est-ce que c’est? Tiens, ça me fait penser à …?
- Je sais, c’est sûrement ce groupe américain! Comment il s’appelle encore? Euh…
- Audiotransparent!? Quoi? Mais non, ils sont néerlandais!!!
Exact ! Ils sont issus du nord des Pays Bas. De Groningen très exactement. Un quintet responsable de ce « Nevland ». Leur deuxième album. En effet, il n’y a pas qu’au pays de l’Uncle Sam que l’on peut se baigner au sein d’un univers sonore dont les influences éclectiques puisent à la fois dans l’indie rock, le postrock et le néocountry. Ces jeunes gens pratiquent une musique à la fois sombre et indolente, empreinte de mélancolie et de tendresse. Violon et piano sont ainsi capables de vous entraîner sur des sentiers propices aux bal(l)ades romantiques et langoureuses. Les senteurs de Low y sont même très présentes. Pourtant Audiotransparent affiche sa propre personnalité et n’a absolument rien à envier à qui que ce soit. Après plusieurs écoutes, on ressent toujours de nouvelles vibrations, des sons qui montent en puissance et nous emportent au-delà de nos rêves. Sincèrement, plus on écoute et plus on apprécie cet opus…!!! (Morceaux conseillés: “Friday of our lives”, “September waltz”, “Vague millimetre”…)

August Born

August Born

Revoilà Ben Chasny, en congé de ses Six Organs of Admittance et Comets on Fire, en pleine forme dans son joli costume de chaman ‘revivaliste’. Accompagné pour la circonstance par le Japonais Hiroyuki Usui (aka L), batteur émérite de Marble Sheep et de Fushitsusha, et même de Ghost (première cuvée). Le concept d’August Born (ils sont tous les deux nés au mois d’août) : ‘tu parles le nippon, je parle anglais, l’Océan nous sépare, personne n’y comprend rien, mais faisons tout de même de la musique ensemble’. Autrement dit : laissons la place à l’improvisation, au hasard de l’interprétation, au montage parallèle. Au final ça donne ce disque, conçu grâce aux miracles d’Internet : un condensé de folk tantrique, de jazz rock balbutiant, de drones et de fingerpicking, d’ambient et d’exotisme. ‘You’ve got a message… You’ve got a message… You’ve g…’

Azymuth

Brazilian Soul

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Précurseur du ‘tropical funk’, ce groupe brésilien fête ses trente années d’activité par la publication de ce copieux album qui navigue allègrement entre bossa-nova, soul et jazz-funk. Embrassant de larges portions instrumentales où les musicos démontrent leur impressionnante dextérité, « Brazilian Soul » compte aussi quelques invités vocaux dont Roberto Menescal (NDR : pour ne citer que le plus connu). Le disque commence sous les meilleurs auspices par « Estatico », une chanson à la mélodie envoûtante qui évoque le générique d’une ‘telenovella’ sud-américaine. Par la suite, « Brazilian Soul » s’égare quelque peu dans de stériles joutes instrumentales au cours desquelles les musiciens oublient de composer des chansons (NDR : et le plaisir de l’auditeur par la même occasion). Tout au long de cette semi débâcle, je retiendrai malgré tout le classique mais efficace « Ed Lincoln » ainsi que « O Lance » caractérisé par son ambiance funk années 80. En lissant la production de cet opus, toutes les aspérités ont été soigneusement gommées et le sens premier du mot ‘funk’ a été oublié...

16 Horsepower

16 HP – Dvd

Écrit par
Le 16 Horsepower vient donc de splitter. Pas de querelle. Simplement des différents philosophiques et spirituels. Et puis la formation se sentait probablement à court d’inspiration. D’ailleurs, les musiciens vont encore travailler ensemble. Et notamment à travers leurs différents projets : Lilium, Woven Hand, etc. Coïncidence, mais un double DVD consacré à leur carrière vient de sortir. Il réunit toutes les vidéos du groupe, quelques prestations ‘live’, des documentaires, des séances de répétition. Et même des interviews. Pas très intéressantes, il faut le reconnaître. Heureusement le reste est à la hauteur du sujet. Et en particulier le clip de « Black soul choir » réalisé par les frères Quay, les covers de Joy Division (« Heart and soul » et « Twenty-four hours ») enregistrés respectivement en public et lors d’une répète. Et deux prestations en solo de Woven Hand, le projet de David Eugène Edwards…

A Cake A Room

Cutlass Supreme

Écrit par
Depuis 1994, A Cake A Room prêche sa bonne nouvelle aux quatre coins des vertes campagnes rennaises. Et depuis tout ce temps, nos amis français évaluent inlassablement la distance qui les sépare du rêve américain. L’écoute attentive de ce troisième album suffit amplement à souligner les malheurs de ces messieurs : ils ne sont pas nés sur le bon continent ! Infiniment plus proche des univers barrés de Sebadoh ou de Bonnie Prince Billie, A Cake A Room s’installe à la lisière de l’americana et dépose quelques courbettes folky aux pieds de leurs maîtres. Parfois plus rock (« Snoopy »), les neuf musiciens ne délaissent pourtant jamais leur amour de toujours : une country-pop pastorale élégante et décontractée. Le psychédélisme en poche (« Sugar Ray »), on s’écroule dans cette grande pièce après avoir goûté aux effets de ce cake très spécial…

Absynthe Minded

New day

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Auteur d’un premier elpee fort intéressant l’an dernier (« Acquired taste »), cette formation nous revient avec un deuxième opus. Un disque pour lequel Absynthe Minded a reçu le concours de l’ex TC Matic, Jean-Marie Aerts, à la production. 16 plages qui oscillent essentiellement du jazz à la pop, en passant par le blues, et le ragtime. Essentiellement, parce qu’elles se chargent constamment de nuances. « Mary’s hotel », le titre d’ouverture porte ainsi les stigmates prog du Vandergraaf Generator de l’époque Graham Smith. A cause du violon de Renaud Ghilbert, bien sûr. Un violon qui donne pourtant, le plus souvent, une coloration tsigane, baroque (dEUS ?) ou jazzyfiante (Django Reinhart). Il flirte même avec le swing sur « Clock is ticking », un morceau cabaret réminiscent de Paolo Conte. L’orgue hammond domine le premier single « To the boredom dying slowly », un titre ténébreux, rythm’n blues dans l’esprit des Animals, nonobstant les accès de guitare psyché. Un clavier toujours très présent sur le latino « Singalong song », dont le climat fiévreux aurait pu naître d’une rencontre entre les Doors et Santana, mais sans la guitare. Etonnant ! « One way or another » opère une rencontre entre le funk et le tango alors que « My heroics, part one » adopte un ton ‘emo’. Et puis, il ne faut pas oublier Bert Ostyn. Le leader. Le chanteur aussi. Il possède une très belle voix, dont le timbre mélancolique, chaleureux, évoque très souvent un certain Mark Olivier Everett (Eels).

Aerosmith

Rockin the Joint – Live at the Hard Rock Hotel Las Vegas

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Sur “Honkin on Bobo”, sorti il y a à peine 20 mois, Aerosmith prenait un malin plaisir à reprendre des grands standards du blues ou plutôt à s’approprier ces ‘hits’ avec un tel talent qu’on aurait pu croire en un véritable album du combo plutôt qu’à un exercice de style. 2005, les « Toxic Twins » débarquent leur énième compile ‘live’ enregistrée au prestigieux Hard-Rock Hotel de Las Vegas, sous la houlette de l’ingénieur du son vedette Guy Charbonneau. Pour les plus jeunes, ce disque constitue une belle opportunité de s’initier au heavy rock US de la bande à Steven Tyler. Car hormis la ballade à l’eau de rose « I don’t want to miss a thing », les fragments de ce « Rockin the Joint » sont tous issus de la carrière rock n’roll d’Aero. Et la part belle est faite aux années 70 ! Sur 12 titres, plus de la moitié sont empruntés au répertoire seventies, soit la meilleure période, avant que le groupe – clean aujourd’hui – ne sombre dans la drogue et l’alcool. « Same old Song and Dance », « Draw the Line », « Rattlesnake Shake », « Walk this Way » et le sublime « Train kept a rollin » en guise de cloture. Il manque bien entendu un fameux paquet de titres essentiels, mais cette plaque n’est que le reflet du concert ‘club’ d’un groupe qui parvient à garder le bon cap malgré les galères accumulées. Plus que satisfaisant !

After All

The vermin breed

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Depuis l’enregistrement de leur premier album en 1995, les Brugeois d’After All se sont forgés une solide réputation, au-delà de la scène heavy nationale. Leur musique s’inscrit dans le registre traditionnel du ‘old school métal’ avec une nette tendance pour le trash contemporain, et parfois même le hard core. La formation est composée de Piet Focroul (vocals), Dries Van Damme (guitars), Christophe Depree (guitars), Erwin Casier (bass) et Kevin Strubbe (drums). Pour l’enregistrement de ce très honnête « The vermin Breed », After All a émigré vers Berlin et investi le studio « Spiderhouse », sous la houlette du producteur Harris Johns. Le résultat sonore est excellent ! Les complices de Cowboys and Aliens n’ont rien à envier à certains combos américains du genre. Après avoir tourné en compagnie de Therion, Anathema, Voivod, Anthrax, Life of Agony, Angel Witch etc… After All va sillonner les routes européennes avec Agent Steel, un band eighties dont ils sont très proches musicalement.

The Album Leaf

Seal Beach ep

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Suite à l’excellent accueil critique et public de son 3e cd “In a Safe Place” (2004, Sub Pop), Jimmy LaValle, alias The Album Leaf, ressort ce “Seal Beach ep” originellement publié en 2003 par le label espagnol Acuarela. Pour l’occasion Jimmy a ajouté 5 versions live de titres parus sur son 2e album, “One Day I’ll Be on Time” (2001, Tiger Style Records). Ces morceaux ont été enregistrés lors d’un concert à Atlanta en compagnie de musiciens du combo islandais Sigur Ros (présents aussi sur l’album acclamé ci-dessus). On retrouve évidemment l’univers de Jimmy LaValle, fluctuant entre jazz ambient électro-mélancolique (et ces claviers limite sirupeux du Fender Rhodes) et post-rock un rien neurasthénique (purement instrumental, aucune rythmique si ce n’est sur deux titres). A destination uniquement des fans convaincus ou de tout qui cherche des vignettes sonores pour illustrer ces vidéos simili arty. Pas particulièrement excitant donc!

All Natural

Vintage

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Actif depuis 1986, ce duo chicagolais nous propose son troisième long format. C’est dire si DJ Tone B. et MC Capital se réclament d’une certaine coolitude et d’un attachement aux anciennes valeurs du hip hop. Ils se sont donc acoquinés à quelques pourvoyeurs de beats pour accoucher de cette œuvre qui nous transporte au début des années nonante. On a donc droit à des productions aux ambiances très chaudes où l’alternance de boucles jazzy et soul rappelle les travaux du producteur Pete Rock. Le flow de Mc Capital et de ses invités renvoie aux groupes de la Native Tongue ; un style posé qui sans faire preuve d’originalité demeure solide. Parmi les morceaux les plus réussis, citons les groovys « Southside » et « Keep It Movin’ », le lascif « When I See You » et l’excellente relecture de « Check the Time », le classique de A Tribe Called Quest. En résumé, si vous êtes de ceux qui pensent que le rap a arrêté d’être intéressant après 1995, ce disque devrait vous combler. Pour ceux qui aiment les innovations, vous pouvez d’ores et déjà passer votre chemin.

Armand Amar

Va, vis et deviens

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La musique de ce film français oscille entre musique africaine, orientale et surtout classique d’inspiration occidentale. Grave comme l’histoire qu’elle illustre, la partition est d’une grande sobriété et fera certainement le bonheur de ceux et celles qui ont déjà vu le film. Les cordes dominent l’ensemble, mais les éléments vocaux ne manquent pas. Sortent du lot le très beau « Naté » et l’intrigante mélodie de « Mère et enfant » qui évoque un peu les travaux de Danny Elfman pour le compte de Tim Burton. Un travail d’accès peu aisé, mais qui réserve de bonnes surprises à l’oreille curieuse. Un bémol : la chanson Every Time, une horrible bluette tire larmes que même Bryan Adams n’oserait plus nous balancer depuis 1993.

The Amazing Pilots

Hello My Captor

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Ami, lève-toi, et viens sentir l’Illinois. Le précepte lancé par Sufjan Stevens a, aujourd’hui encore, de belles mélopées devant lui. Entre le Mississippi et le lac Michigan, Paul et Phil Wilkinson emballent les douces mélodies de leur ambitieux projet : The Amazing Pilots. Mixé en France, dans la Vallée de la Loire (ça ne s’invente pas), « Hello My Captor » regorge d’inventivité et de préciosité. La pop volatile de ces incroyables pilotes usent d’une myriade d’outils sibyllins : guitare ‘steel’, violon, trompette, piano, etc. Les deux voix se relaient ou chantent à l’unisson, parfois chancelantes, toujours frémissantes. The Amazing Pilots s’inscrit dans une veine piquée par Pinback, David Pajo ou Matt Ward, taillée par Elliot Smith (on y revient toujours…). Un brin moins subtil et délicat que ces illustres références, The Amazing Pilots s’en sort néanmoins auréolé d’une belle réussite. L’atterrissage est donc parfaitement maîtrisé. Reste à savoir s’ils parviendront à prendre de nouveaux départs…

Ambulance LTD

Ambulance LTD

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Il y a du masochisme à s’appeler Ambulance LTD, à moins que ce ne soit une réminiscence de l’époque punk où tout le monde s’ingéniait à se trouver un nom le plus ridicule possible, histoire de bien se déprécier (ce qui était d’un grand chic). Et comme on n’est pas sadique, on évitera soigneusement de tirer sur cette Ambulance, fût-elle société anonyme (c’est ce que veut dire « LTD », pour « Limited »). Ambulance LTD est donc un quatuor new-yorkais, originaire de Brooklyn. Il ne doute de rien et a sorti l’an passé un premier album fort bien accueilli. Il y joue un rock indépendant pas follement original puisqu’il recycle avec savoir-faire des recettes entendues chez les Smiths (l’instrumental « Yoga means union » qui ouvre le disque reprend à son compte la guitare en ellipse à la façon de Johnny Marr), et surtout chez le Velvet Underground dont on se demande bien quand l’influence finira par s’estomper… Cà et là, on pense aussi à la vague de ces groupes britanniques qui, en concert, ne jouaient que les yeux rivés sur leurs godasses (Ride, Stone Roses, etc.). Tout ceci sonne donc joliment suranné, et pourrait même être un sujet de risée si - à mon grand étonnement, je l’avoue - les chansons du groupe ne prenaient pas un malin plaisir à squatter vos neurones. Le genre: vous écoutez une chanson au réveil et elle vous trotte dans la tête toute la journée comme si un patch vous la diffusait en permanence. Eh bien, Ambulance, c’est exactement ça: des chansons entêtantes qui finissent par avoir un charme désarmant. Parce qu’en plus, on ne parvient pas à savoir si ces chansons vous mettent dans un état euphorique ou mélancolique. C’est à la fois l’un et l’autre, l’un puis l’autre, l’autre puis l’un… Bref, on navigue dans un entre-deux. Exactement comme dans un rêve lorsqu’on est presque éveillé : on a le pouvoir d’influencer son déroulement, entre réalité et songe ; on a aussi le pouvoir de le prolonger, simplement parce qu’on s’y sent bien.

Anaïs

The Cheap Show Live

Écrit par
La vie est quand même bien faite. Ainsi, cet enregistrement d’Anaïs, sorti en autoproduction au début de l’été a aujourd’hui trouvé une maison de disques digne de ce nom. Que le show (re)commence ! Guitare en bandoulière, paroles libertaires et l’air de rien, Anaïs signe « The Cheap Show Live », premier album enregistré en public et pour pas cher. Méli-mélo de sketches, de badinages et de contes modernes, ce disque opte pour une interprétation sincère d’effluves (très) personnels, polaroid intime d’aventures excentriques. D’un bout à l’autre, Anaïs joue la carte d’une fraîcheur très ‘second degré’. Un passage furtif dans son univers nous laisse entrevoir l’existence d’un autre monde : honnête, osé, sans ambages. Le seul (gros ?) défaut d’Anaïs réside incontestablement dans son extrême expansivité. Comme dans ce « Bad Blues Player » où l’image manque cruellement au son, carence diégétique qui trouve sa source dans l’idée même d’un album ‘live’. Parfois, les textes de la Française s’emberlificotent dans des parodies incompréhensibles même si l’auditeur sait que ces histoires abracadabrantes flirtent étroitement avec les gestuelles bizarroïdes de l’artiste. Pour le reste, l’aplomb d’Anaïs lui vaut toute notre sympathie. Et ses bobards nous le rendent bien : « Elle sort qu’avec des blacks » révèle les préférences amoureuses d’une demoiselle plantée à la troisième personne du singulier. Mais singulièrement, cette révélation revêt une dimension autobiographique. Alors, Anaïs ne sortirait-elle qu’avec des Blacks ? Si tel est le cas : « Elle a bien raison » !

…And You Know Us By The Trail Of Dead

Worlds apart

Écrit par
Le 4ème opus (NDR : paru en 2003, « The Secret of Elena's Tomb » ne recelait que cinq titres !) de AYKUBTTOD a été complètement descendu en flammes par une large frange de la presse spécialisée. En fait, ce sont surtout les arrangements qui sont visés. Trop sophistiqués, symphoniques, lisses ou luxuriants, ils dénatureraient la nature même des compos de la formation texane. On leur a même reproché de ressusciter la démesure et la grandiloquence d’un certain esprit prog. Celui de Supertramp, du Floyd voire de Supertramp. Evidemment, pour un groupe considéré à l’origine comme punk et supposé reprendre une partie de la succession de Sonic Youth, c’est plutôt mal perçu. Aussi, comment ne pas comprendre la frustration des fans de la première heure ? D’autant plus que la fureur, la vindicte et l’énergie primaire ont été filtrées à travers une certaine forme d’élégance et de délicatesse. Pourtant, l’intensité dramatique est toujours bien présente ; mais présentée sous cette forme, elle risque de pousser le groupe dans l’univers formaté de la FM…

Ange

N´importe lequel de préférence

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Singleton plus que trentenaire éclairant l'Hexagone, initiateur d'un certain 'rock théâtral', Ange fut jusqu' il y a peu LA référence incontournable pour tous les groupes prog français. Boudé par les médias, idolâtré par une sympathique tribu d'imbibés, provocateur de talent, c'est typiquement le groupe dont on adorerait n'avoir que du bien à dire. Dans cette perspective, l'album précédent du groupe, « Culinaire Lingus », était un pur régal. Auquel il était difficile de donner un successeur de qualité égale ou supérieure. Qu'en est- il de ce « « N´importe lequel de préférence » ? Les paroles, d'abord. La poésie surréaliste maniant volontiers jeux de mots, doubles sens et dérapages savoureux a toujours été une composante déterminante de l'œuvre. Elle est fidèle à elle-même et se pose ici en véritable 'marque de fabrique'. Car musicalement, le groupe dilue son identité dans un 'laboratoire' aux résultats multiformes. Il serait indécent de reprocher à Ange d'évoluer. Mais force est de constater que les compos partent dans tous les sens ; et que le band, de tête de proue, s'est mué en suiveur, s'abreuvant à plusieurs sources à la fois. Certains morceaux nous laissent sur notre faim. « Le couteau suisse » est déclamé plus que chanté, sur lit de rythmique trip hop, et laisse trop peu d'espace au foisonnement de trouvailles sonores qui ne font que passer. Des reproches similaires s'adressent à « J'aurais aimé ne pas t'aimer ». 'Entre foutre et foot' endosse la révolte des femme-objets, mais le fait au travers d'une composition succincte et d'une durée… machiste. Plus frustrant est le cas de « Naufragé du Zodiaque ». Nappée de claviers en boucles façon Crimson, la première partie est vraiment excellente ; mais la suite est gâchée par une batterie (pourtant parfaite partout ailleurs) qui, de faux départs en incursions explosives, ne trouve jamais sa place. Dommage, vraiment. Heureusement, il y a du très bon. « Histoires d'outre rêve » s'impose en pièce maîtresse. Les breaks judicieux s'y succèdent. Le père Descamps s'y lâche avec énergie et puissance. Les mélodies sont attachantes et sa finale instrumentale, basée sur un thème finement exposé en début de plage, libère un groove assassin. Au rayon des franches réussites, épinglons encore « Le cœur à corps », rengaine énergique et entraînante enrichie d'un efficace duo au chant. « Les eaux du Gange » séduit par sa beauté sereine, alors qu'elle évoque la mort. D'autres plages permettent de passer un très bon moment ou nous réservent d’agréables surprises. Certes pas un mauvais CD, donc. Mais un album de transition. Qui par sa richesse et ses qualités, confirme le potentiel de l'équipe actuelle. Deux mots sur l'emballage pour terminer : beau et comique.

Antony & The Johnsons

I´m a bird now

Qu’il ait l’air d’une geisha octogénaire fardée jusqu’aux orteils n’a pas d’importance. Qu’il se lamente de vouloir devenir une fille, non plus. Car la voix d’Antony est de celle qui vous colle à la peau, à la chair (de poule), et puis ne vous lâche plus. Cette voix, à la limite de l’emphase théâtrale mais sans aucun pathos, est notre amie, notre aimable confidente. On souffre aussi pour elle, puisque l’homme qui la porte est un artiste sensible, au bord de la rupture (d’identité, de sexe, de mue), qui combat ses démons en restant toujours digne. A ses côtés, Rufus Wainwright, Devendra Banhart, Lou Reed et Boy George lui donnent parfois le change : on compatit en douce, on se mouche dans la dentelle. Car ce disque, le troisième du pianiste (si on compte l’EP « The Lake »), sonne comme le glas du médiocre et du bruit qui nous tanne : il est beau à pleurer, du début à la fin. Bryan Ferry, Nina Simone, David Sylvian, Martin Gore, Hedwig,… Les grandes voix de ce monde ont souvent des secrets à cacher : celui d’Antony n’est pas lourd à porter, puisqu’il vole. Aucune gravité, donc, dans les chansons de ce grand romantique : juste un trop-plein d’empathie, pour le reste du monde. L’amour, c’est de ça qu’il s’agit. Il est temps d’avaler un petit peu de morphine.

Apocalyptica

Apocalyptica

Écrit par
Particulièrement remarqué lors de son passage en première partie de Rammstein au Zénith de Lille, le trio d’Helsinki Apocalyptica signe son œuvre la plus diversifiée. En 1996, quatre chevelus surprenaient tant les amateurs de musique classique que les fans de hard rock en interprétant au violoncelle, sur un album devenu mythique, les grands classiques de Metallica. Aujourd’hui, pour son cinquième véritable opus (on ne compte pas les ‘best of’ et autres rééditions), Apocalyptica nous livre un travail moins heavy et très personnel, pour tenter de séduire un plus large public. Les Finlandais veulent entrer dans les charts, c’est plus qu’évident. Chanté en duo par Lauri Ylonen (The Rasmus) et Ville Valo (Him), le langoureux « Bitter Sweet » récolte un succès phénoménal en Finlande, et la navrante sucrerie « En vie » (NDR : chantée en français par Manu Monet du groupe Dolly) est un peu lourde à digérer. Heureusement, l’ensemble est doté de quelques pièces bien heavy comme à l’époque de « Réflections » et d’« Inquisition symphony ». J’accorderai cependant et tout particulièrement un bon point à « Betrayal/Forgiveness », une plage au cours de laquelle le trio de violoncellistes a de nouveau fait appel à Dave Lombardo de Slayer dont on reconnaît instantanément la frappe aussi précise que brutale.