La clef de TOPS git 6 pieds sous terre…

TOPS sortira son nouvel elpee, "Bury the Key", ce 22 août. Le quatuor propose une musique intemporelle qui allie profondeur et immédiateté. Il s’agit de son premier album complet depuis 2020, un opus qui explore des tons plus sombres tout en restant maîtres…

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La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

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Grupo Batuque

O Tempo Do Samba

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« O Tempo Do Samba » constitue le cinquième opus de ce collectif samba qui compte parmi ses membres des musiciens officiant dans les omniprésents Azymuth. A noter aussi la présence de Cidinho Moreira, percussionniste qui collabora par le passé avec Stevie Wonder. Un album aux voix africaines, constellé d’intermèdes d’une minute qui donnent un peu de respiration à ce copieux volume. On préférera les moments chantés (les sympathiques « Bom Pra Kalimba » et « Nacao Tupi ») aux jams funk-jazz un peu stériles qui constituent la majorité de l’album et ne vont pas plus loin que la démonstration virtuose. Hormis les ‘sampleurs’ en herbe (le disque est truffé de breaks de batterie), on voit donc mal qui pourra s’intéresser à ce disque formidablement produit, mais qui n’a pas d’âme ; un comble pour ce genre de musique !

Mike Guldin

Roadhouse rhythm

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Mike Guldin roule sa bosse sur les routes du blues depuis plus de vingt ans. Un chanteur guitariste qui sévit aujourd’hui dans la région de Philadelphie. Il a réuni autour de lui d'excellents musiciens. Sous la bannière de Rollin' & Tumblin' ou plus simplement des Tumblers, comme il semble l'affectionner. Un premier album, "Caught between the blues and a heartache", était déjà paru en 2003.
 
La guitare ouvre l’album sur "Snuggle man". Bien sentie, elle est activée par un musicien qui doit déjà avoir accumulé une bonne dose d'expérience au sein des clubs, outre-Atlantique. Bien présents, les cuivres donnent de l'épaisseur à la musique. Le piano est également à l'avant-plan. Un orgue le soutient. Ce qui confère une dimension de big band à l’ensemble. Enfin, la voix de Mike recèle aussi dans le timbre ce qu'il faut de vécu. Une ouverture judicieuse. "Memphis women and chicken" trempe bien sûr dans le Memphis R&B. Le vocal de Mike est sensiblement ravagé, particulièrement éraillé même. Des chœurs féminins lui donnent la réplique lors du refrain. Très soul, cette musique doit certainement produire de bonnes vibrations en ‘live’. Un solo de guitare clôture cette plage remarquablement ficelée. D’une solidité à toute épreuve, la section rythmique réunit CJ Clark à la basse, Billy Wear aux drums et Alan Howe à la guitare rythmique. Funky, l’excellent "25 miles" d'Edwin Starr franchit un pas de plus vers la soul, épinglant au passage une superbe combinaison entre l'orgue Hammond B3 de Karl Frick et le piano de Tim Hooper. Clairement une invitation à vous remuer les fesses. Surpuissante, la voix de Guldin domine cette tranche musicale dont le but est manifestement de libérer un maximum de groove! Ballade très cool, un peu surannée, "The coast of goin' broke" courtise un soupçon de jazz traditionnel à travers la trompette de Terry Townson. L'album alterne compositions originales et covers. Mike met d’ailleurs le célèbre "Lucille" ( NDR : signé Little Richard et Albert Collins) à la sauce R&B. Tout au long de cette plage, Tim - au piano - et Tommy Castro - invité de prestige à la guitare - se montrent brillants. Mike insiste dans ce style ‘blues southern’ en attaquant "Goin' back to Memphis". Les parties vocales affichent un profil particulièrement gospel ; et notamment le chant de Denise Dejame. Les musiciens de Delbert Mc Clinton sont également au rendez-vous : James Pennebaker à la slide, Townson à la trompette et Don Wise au saxophone. Le Rollin' and Tumblin' reprend "I wanna love you" de McClinton, une plage que chante, de sa voix remarquable et douce, le bassiste CJ Clark. Le titre maître ("Roadhouse rhythm") est tout à fait judicieux. Une plage qui bluese et qui rocke. Tous les musiciens sont à l'avant-plan pour produire ce smokin' style. Les voix de Mike et de Miss Denise se conjuguent en harmonie. Impressionnant ! Les cordes de Guldin et de Pennebaker vibrent de chaque côté de la sono. La version d’"Angel eyes", une ballade issue de la plume de John Hiatt, est une autre réussite. Elle démontre, en outre, la grande cohésion de l'ensemble. "You left the water running" replonge vigoureusement dans le R&B. Un véritable cocktail pétillant dont les bulles sont produites par le piano, la guitare et le sax ténor. Après une dernière parenthèse très rock'n'roll intitulée "The real thing", ce très bon album s’achève par une chanson intimiste : "Southern woman and a nawthern man". Shawn Appleby s’y réserve le Resonator Dobro. Mike a empoigné sa guitare et chante cet authentique Delta blues en duo avec la délicieuse EG Kight, dont la pureté du timbre est tellement proche de Bonnie Raitt…

G3

Live in Tokyo

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Pour les aficionados de G3, ce projet est une véritable fête, une pluie de décibels et une démonstration de virtuosité par des acrobates de la six cordes. Encore faut-il adhérer au style ‘guitar heroes’, très en vogue dans les années 80, mais qui a notamment trouvé une seconde jeunesse depuis l’avènement de Dream Theater. En mai 2005, le public japonais - particulièrement friand de ce genre d’exercice - a eu droit à un set alignant les prestations du grand Steve Vai, de l’indétrônable Joe Satriani et du magicien John Petrucci (Dream Theater).

La parole est d’abord donnée à ce dernier. Deux titres extraits de son album solo, pas enthousiasmants outre mesure, même si « Damage control » s’avère toutefois plus vivant que l’ennuyeux « Glasgow Kiss ». Petrucci ne sera jamais aussi bon que flanqué des autres membres du Théâtre du rêve. En voici une preuve supplémentaire. Vient ensuite le set de Mister Vai, autre virtuose du manche, mais dans un registre totalement différent. Steve nous accorde trois compositions, dont le magistral « The audience is listening » en guise d’ouverture. On sent une réelle excitation dans la salle ; et les Nippons reconnaissent d’emblée les deux fragments issus du dernier album studio de l’ex gratteux de David Lee Roth. Rien à dire, le bonhomme est un grand professionnel. Satriani y va lui aussi de ses trois titres. Pas de grande surprise. Le « Satch », fidèle à lui-même, délivre un fulgurant « War », une compo issue de « The Extremist », son œuvre la plus ambitieuse et variée. Les versions de « Up in Flames » et « Searching », deux titres commis sur l’elpee « Is There Love in Space », sont des répliques parfaites calquées sur les originales, donc sans véritable intérêt. Mais ce qui fait la réputation du G3 - depuis sa création il y a plus de dix ans - ce sont les fameuses jams de fin de concert. Pour la circonstance, elle est entamée par un une cover du « Foxy Lady » d’Hendrix renforcé par la présence de Mike Portnoy à la batterie, se poursuit par une version survitaminée de « La Grange » des trois barbus texans, et se boucle sur un « Smoke on the Water » chanté par Matt Bissonette. G3 aurait pu faire preuve d’un peu plus d’originalité, mais Satriani et consorts savent bien que les Japonais sont toujours en attente des grands hits qui ont forgé l’histoire du rock.

Galatasaray

Boxing camp for blues oriented snack heads

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Galatasaray serait le meilleur club de foot d’Istanbul? C’est aussi le nom choisi par cet orchestre issu de Courtrai. Un ensemble réunissant une dizaine de musiciens qui se partagent incongrûment saxo, trompette, trombone, clarinette, guitare (NDR : le plus souvent torturée) sur un rythme frénétique. Hormis « Rock star », compo au cours de laquelle deux voix dialoguent (NDR : en jouant en quelque sorte à question/ réponse) et dont le refrain évoque le générique d’une vieille série télévisée américaine (NDR : « Drôles de dames », pour ne pas la citer), avant de s’achever dans l’univers du noise rock (Sonic Youth, Mogwai), l’elpee privilégie la formule instrumentale. « Minimalist » cultive une certaine autodérision. La trompette annonce l’entrée du matador et s’achève par la mise à mort du taureau (de la guitare ?). La plupart des autres plages pourraient relever d’une ‘B.O.’ à suspense (Tarantino, Lynch) voire d’un western spaghetti. Loin du créneau rock belge actuel (Ghinzu, Girls In Hawaï) et sans jamais lasser, ce big banb ose et manifeste une certaine originalité en nous livrant son second opus abouti. Tout a été fait à la maison : studio, label ; et par des musiciens issus de la patrie d’Ozark Henry ! Le moment fort de cet opus est sans aucun doute « Snack heads on empty part 1&2 ». C’est également le premier titre ; et il résume l’atmosphère qui plane tout au long de ce « Boxing camp for blues oriented snack heads ». A découvrir absolument !

Gang Of Four

Return the gift

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Gang Of Four vient donc de se reformer. Sous son line up initial, c'est-à-dire John King, Andy Gill, Dave Allen et Hugo Burnham. Une formule qui remonte quand même à plus de 20 ans (NDR : très exactement en 1982, lorsque Dave Allen - futur Shriekback - a été remplacé par Sarah Lee) ; la séparation du groupe décrétée en 1984 et les reformations épisodiques et successives n’ayant plus jamais depuis impliqué la bande des quatre. Issue de Leeds, cette formation devenue mythique exerce aujourd’hui une influence sur une multitude de groupes contemporains. Parmi le plus notoires : Futureheads, Franz Ferdinand et Bloc Party en Grande-Bretagne, Radio 4 et The Rapture aux States (NDR : ces derniers à travers une scène qui répond au nom de punk funk et dont l’épicentre se situe à New York). Responsable d’une musique spasmodique, aride, tendue, angulaire et clinique (NDR : qu’on appellera à cette époque funk blanc), le Gang Of Four manifestait également son engagement sociopolitique à travers ses lyrics ; ce qui lui vaudra une censure régulière sur les ondes de la BBC. Bref, le come-back de Gang Of Four est traduit par ce « Return the gift », une compile découpée en deux volets. Le premier disque réunit des titres issus des trois premiers elpees (« Entertainment », « Solid gold » et « Song of the Free »), dont les inévitables « To hell with poverty », « Anthrax », « Paralysed » ou encore « I love a man in uniform ». Bref, la quintessence de leur œuvre. Mais le tout a été remasterisé par la technologie moderne. Le deuxième CD propose 12 remixes. 12 exercices de style opérés par Hot Hot Heat, les Yeah Yeah Yeahs, The Others, Dandy Warhols et quelques autres, parmi lesquels Ladytron (pour « Natural’s not in it ») et Amusement Parks on Fire (sur « Why theory ? ») se montrent les plus convaincants. Reste maintenant à espérer que le gang enregistre un nouvel album. On verra alors ce qu’ils ont encore réellement dans le ventre…

Garbage

Bleed like me

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En 2001, Garbage commettait “Beautifulgarbage”, un opus indigne de la réputation du groupe. Et surtout un disque qui a fait des dégâts au sein du line up. Pensez donc, la promo avait été tellement bien faite que le groupe a fini par croire que cet album était de bonne facture. Comme quoi, lorsqu’on encense un artiste ou un groupe par complaisance, on lui cause un grave préjudice. La vérité n’est pas toujours bonne à dire, mais au moins elle peut susciter une remise en question. La chute aura été d’autant plus douloureuse. Maladies, crises internes, absence d’inspiration : le quatuor allait droit dans le mur. Et puis Butch Vig a quitté le navire. Avant de le réintégrer quatre mois plus tard. C’est alors que Garbage s’est remis à travailler. Pour cette nouvelle plaque, il a décidé de privilégier les guitares sur la technologie. Elle n’est pas absente, à l’instar de « Boys wanna fight », réminiscent du premier elpee ou encore du post industriel « Metal heart », hanté par l’esprit de Trent Reznor. Mais l’électricité est prépondérante et surtout vivifiante sur la première moitié de l’opus. Dave Grohl, invité pour la circonstance, a même apporté son concours à la plage d’ouverture, « Bad boyriend ». Et des titres comme le rugissant et ténébreux (New Order ?) « Run baby run », le distordu et menaçant « Right between the eyes » et le groovy « Why do you love me » ne peuvent que réconcilier les fans avec le combo. Curieusement, ce sont les plages au cours desquelles le timbre vocal de Shirley n’a jamais été aussi proche de Deborah Harry (Blondie). « Bleed like me » évolue dans un tout autre registre. Une ballade bouleversante, glacée, presque sinistre, qui traite de thèmes aussi difficiles que la maladie, la dépendance et le suicide. Le deuxième volet de l’œuvre s’éteint au fil des morceaux, suscitant même une certaine indifférence en fin de parcours. Dommage, car la première partie crache véritablement le feu !

Eelco Gelling

On the road

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Pour les vétérans de la scène blues, Eelco Gelling n’est certainement pas un inconnu ! Agé aujourd’hui de 59 ans, ce guitariste hollandais s’est illustré, fin des sixties, chez Cuby and the Blizzards. En plein ‘blues boom’. A l’époque, cette formation s’est régulièrement produite chez nous. La naissance de cet ensemble remonte à 1964. Harry ‘Cuby’ Muskee et Eelco étaient les membres fondateurs du combo. Un quintette ! C&B a commis toute une série d’elpees dignes d’intérêt ; dont le fameux "Desolation", en 1966. Au cours des 70’s, Eelco monte Red White & Blue, puis sévit quelque temps chez Golden Earring, en compagnie duquel il enregistre l’un ou l’autre disque. Entre 77 et 78. Au cours des années 80, il rejoint Cuby. D’abord dans le Muskee Gang, puis le Blues Connection.
 
L’Eelco Gelling Band constitue son nouveau projet. Et "On the road" leur premier opus. Une œuvre inspirée d’un livre de Jack Kerouac, naguère figure emblématique de la Beat Generation. Son band implique le chanteur Ron Krop, qui double également à la guitare, le saxophoniste Bert Van Meeuwen, l’organiste (NDR : préposé au hammond !) Willem Van der Schoof, le bassiste Arjen Tijsdijk et le drummer Jeffrey Van Duffelen.
 
Après une courte et dispensable entrée en matière ‘live’ exécutée à la guitare, l’album s’ouvre par "Stingin’ Eyes", un blues lent au cours duquel le clavier introduit les autres musiciens. Différente de celle de Cuby, la voix de Ron passe bien la rampe. La guitare d’Eelco est facilement reconnaissable. Il utilise une bonne vieille Gibson Les Paul. Il y injecte ce qu’il faut de réverbération dans le son ; comme le faisait si bien Peter Green en son temps. Le traditionnel "Deep Elem blues" maintient un tempo lent, plutôt paresseux, laidback même. Bert opère une bonne intervention au saxophone. Cependant, je n’apprécie guère le son de l’orgue : il ne restitue pas celui d’un Hammond B3. Le rythme s’élève enfin pour "Somebody knows". De bonne facture, cette composition nerveuse est bien menée par Krop. Sa voix secoue. Les cordes sortent enfin de leur réserve pour s’offrir une escapade un tantinet jazzy ; mais jamais ennuyeuse. "Travellin’ man" respecte bien l’esprit ‘sur la route’ de Kerouac. Mais nonobstant les vocaux R&B qui ne manquent pas d’allure, la plage est gâchée par la sonorité de l’orgue. Funky R&B, "Down the highway side" est dominé par le sax et l’orgue. Le timbre vocal assez sombre, empreint de vécu de Ron correspond bien à ce style. Ballade légèrement funky, "Got to get moving" sied bien au groupe. La tonalité de l’orgue Hammond est enfin à la hauteur. Le son métallique de la guitare acoustique s’intègre parfaitement au rythme ; mais la surprise procède de l’incursion rap, opérée par le fils aîné de Krop, Emiel. Original ! La reprise du classique "After a while" est excellente. Il faut préciser que lorsqu’elle est bien utilisée, la voix de Ron possède de solides atouts. De ses cordes, Eelco concède à nouveau les notes idéales. Son feeling est omniprésent! Agréable composition laidback, "You talk too much" lorgne du côté d’un certain Eric Clapton ! « On the road » est un disque d’honnête facture ; mais s’il avait laissé la part plus belle aux envolées de Gelling, il aurait eu une bien meilleure critique.

Genesis

Inside Genesis – The Gabriel Years 1970 – 1975 (Dvd)

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Tous les aficionados de prog savent pertinemment que Genesis a vécu ses années les plus créatives entre 1970 et 1975. Tout en apportant la théâtralité dans la musique, la bande à Petere Gabriel a commis, au cours de cette période, quatre elpees incontournables : « Nursery Cryme », « Foxtrot », « Selling England by the pound » et « The lamb lies down on Broadway ». Ce Dvd décortique techniquement la forme de cette musique. Journalistes spécialisés, musiciens de studio et producteurs décortiquent en long et en large le phénomène Genesis. Le document est illustré par de multiples séquences musicales. Mais constamment interrompues par les analyses des spécialistes, elles finissent par perdre de leur charme. Si le Dvd avait pu réunir ces prestations scéniques (NDR : parfois inédites) en entier, il aurait recueilli toutes mes faveurs. Ce n’est pas le cas, vous l’avez compris…

Githead

Profile

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Githead est une formation fondée par Colin Newan (Wire), Robin Rimbaud (Scanner) et Malka Spigel (Minimal Compact). L’an dernier elle avait commis un premier EP, « Headgit ». Elargi à un quatuor depuis l’arrivée de Max Franken, le drummer de Minimal Compact, Githead nous propose donc son premier album. Un disque découpé en 9 fragments, dont deux instrumentaux : le final « Pylons » et puis « Antiphon », compo caractérisée par un rythme voluptueux entretenu par une ligne de basse dub, voluptueuse. Hormis « Wallpaper », chansons pop réminiscente de New Order sur laquelle Colin chante un peu à la manière de Bernard Summer, la plupart des vocaux sont déclamatoires. Même sur « My LCA (Little box of magic) » que se réserve Malka Spigel. Impassibles, mais très harmonieux, ils conduisent la mélodie de ce titre manipulé par la digitalisation. Mieux encore, la voix de Newman est presque rapée sur « Cosmology for beginners », une plage sculptée dans un funk house que n’aurait pas renié les Happy Mondays. Le spectre de la new wave du début des eighties est cependant très présent tout au long de cet opus. « Alpha » semble même hanté par l’esprit gothique de Sisters Of Mercy. Beaucoup de groove sur les morceaux de ce « Profile » ; mais aussi une texture instrumentale très complexe, embrumée de nuages d’électricité scintillante, limpide (« They are », « Option paralysis »). Et puis une compos assez curieuse (« Running down ») qui laisse transparaître en filigrane un sens mélodique très proche d’un Neil Young…

Howard Glazer

Brown paper bag

Écrit par
Howard Glazer est un citoyen de la Motor City. Un pur et dur. Normal puisqu’il est né à Detroit, dans le Michigan. Il pratique une forme musicale qualifiée de ‘high energy blues’. Il monte sur les planches, pour la première fois, à l’âge de 13 ans. A cette époque, il joue alors du jazz, du rock et du punk. A la fin des années 80, il s’oriente vers le blues. Il vit quelque temps à Chicago, sans doute pour s'imprégner de la musique locale ; mais revient vite chez lui pour former un duo en compagnie de l'harmoniciste noir Harmonica Shah. Ce tandem sévira six années et se produira un peu partout sur le nouveau et l'ancien continent. Il est également responsable de quelques albums, parmi lesquels je vous recommande "Deep Detroit" (Bluetrack), paru en 2000 et "Tell it to your landlord" (Electro-Fi), en 2003! Des différents musicaux provoquent leur séparation. Howard opte alors pour une aventure plus personnelle. Il fonde cependant les El 34s. En l’occurrence une section rythmique impliquant Bob Goodwin à la basse et Charles Stuart à la batterie. Glazer avoue avoir beaucoup écouté Buddy Guy, Johnny Winter, Hubert Sumlin et son concitoyen, Fred "Sonic" Smith (MC5). Et pour la 1ère fois, il peut enfin donner libre cours à son inspiration à travers treize compositions personnelles. Le Glazer blues est né.
 
L'album s’ouvre par le titre maître. Le trio joue naturellement sans filet. La guitare occupe - avec bonheur - tous les espaces. Enfin plus exactement une slide généreuse, gouailleuse et assez primaire. Quoique relativement monocorde, le chant s’intègre parfaitement aux cordes. "Cold, sad and lonely" évolue sur un tempo moins vivace. L’introduction émarge au Chicago westside. Un style proche d'Otis Rush. La guitare est en permanence sur le qui vive. La voix est grave, presque parlée. Elle ne se manifeste qu’épisodiquement, s’effaçant dès que possible, au profit des cordes. Le répertoire est très éclectique. Il passe au roots sur "Steamrollin' baby". Seul, armé d’une guitare acoustique, le chant du leader est en totale harmonie avec son instrument. Le courant passe! Glazer écrase les pédales pour accentuer les effets de ses cordes. Il chante "Going to Chicago" en relatant cet axe Chicago Detroit, qui lui tient tant à cœur. Maggie McCabe lui donne la réplique vocale. Mais le plus interpellant procède de la guitare détonante, bourrée d'effets. Tonique, elle broie tout sur son passage, dans un style proche de Jimi Hendrix. Blues long et lent, "Sad situation" constitue un exercice de style attendu. Howard (NDR : pas un débutant !) ne distille que les notes nécessaires. Il entrecoupe ses interventions d’espaces vides. Conférant à son interprétation des instants dramatiques. Tout en laissant le champ libre à la sensibilité exacerbée du musicien. Une formule qui ne manque pas de charme. Le solo monte progressivement de quelques degrés pour atteindre des sommets escomptés. Des sommets empreints d’une d'une fragilité bien naturelle pour ce blues à fleur de peau! Un point d’orgue atteint derechef sur "The dogs they bark at midnight". Intensité, émotion et douleur se rejoignent le temps de 9 minutes. Les doigts font de plus en plus vibrer les cordes. Ils y communiquent de l'effet. Nous ne somme plus loin d’un Buddy Guy! Howard attaque "Radioactive woman" sous un format acoustique. Un blues bien rythmé par les percussions de Charles. La voix soutient le texte dans un style, ma foi, assez personnel. "Full moon blues" constitue certainement un des meilleurs moments de l'album. L'homme est seul. Ses cordes au bord de la rupture libèrent un feeling tellement présent. L'échange opéré entre la voix et les cordes concède un rare moment de blues authentique ! Cinq minutes de bonheur ! Roots blues rock, "Don't love you no more" manifeste des accents empruntés au sud. La ligne de guitare est mélodieuse. Les voix féminines de Maggie et Stephanie Johnson épaulent le timbre particulièrement rugueux du leader. La guitare rythmique épouse délicatement un profil rock'n'roll. "Mean harted woman" conjugue virtuosité et technique tout en laissant le champ libre aux vertus instrumentales des El34s. Blues rocker, "Smokin' and drinkin" est une parfaite démonstration du style Glazer. "Start again" constitue un exercice en solitaire inspiré par John Lee Hooker. Et une musique freeform, sans doute inspirée par le fantôme de Jimi Hendrix, achève cet opus! Un elpee à savourer ! Et sans réserve !

The Forecast

Late Night Conversations

Écrit par
Effluves de jouvence, émotions et premières sensations. The Forecast, c'est un peu l'histoire d'une jeunesse réussie. Le genre de groupe indie découvert, un jour, au hasard d'un présentoir de disques. Un album qu'on achète sans la moindre conviction. Mais une fois sur la platine, The Forecast s'incruste et la relation devient fusionnelle. La passion s'installe et le rêve américain recouvre ses racines adolescentes. C'est ainsi… Ensuite, de longues et ‘tardives conversations nocturnes’ seraient nécessaires pour dévoiler à nos potes les raisons de cette nouvelle marotte. Alors, on se lancerait dans des arguments farfelus, des explications tarées du genre: ‘cet entortillage de voix masculines et féminines fleure bon la Californie !’ Oui, mais pas de bol, The Forecast est un quatuor de Peoria, en Illinois: un groupe plombé de références flagrantes, peut-être gênantes (Jimmy Eat World ou The Get Up Kids en tête). Et puis, Dustin Addis, guitariste émérite, semble avoir décalqué ses écorchures vocales sur celles de Nikola Sarcevic, le chanteur de Millencolin. Et lorsque sa bassiste de Shannon Burns lui répond d'une voix adolescente, c'est la légèreté des Lemonheads qui trépasse (le timbre de la petite Burns évoque irrémédiablement le refrain entêtant de Juliana Hatfield sur "It's a shame about Ray"). Ce truc s'apparente à de l'emo-punk-pop pour jeunots en pleine crise identitaire… Et comment ! "Late night conversations" transpire d'une mélancolie urgente, d'une émotion palpable. Et de fait, The Forecast joue sur l'émotivité d'un public en proie à ce genre de cornichoneries plaintives. Et paf. Ces petits salopards ont réussi à nous toucher là où la douleur devient bonheur: en plein cœur. Allez, ça suffit comme ça… Tous à vos BMX, on va draguer les filles !

The Freak Accident

The Freak Accident

Écrit par
Alias Ralph Spight, The Freak Accident n’est pas inconnu sur la scène indépendante US. Leader du légendaire combo punk Victim’s Family (1984-1992), il fut également actif au sein des formations Saturn’s Flea Collar et Hellworms. Spight a toujours proposé un punk intelligent, incorporant des éléments de hardcore, funk, jazz et hard rock (à l’instar de ses confrères et amis canadiens No Means No). Le nouveau projet solo de ce provocateur né voit toujours autant de diversité dans ses compositions, le tout servi avec une bonne dose d’humour. L’ami Ralph peut aussi écrire des titres accessibles mais néanmoins puissants, tels “Ex-Wife” ou “Chinese Phrasebook”. Les pitreries de ce touche-à-tout de Spight (on n’est pas éloigné de l’univers de They Might Be Giant, puissance 10) n’empêchent pas d’écouter avec bonheur ces 11 titres, loin des stéréotypes punks US habituels.

The Futureheads

The Futureheads

Écrit par
Premier album pour ce quatuor issu du nord-est de l’Angleterre. De Sunderland très exactement. Très attachés à leur région, ils chantent avec l’accent du terroir. Tous les quatre. Parfois même a cappella (« Danger of the water »). Mais le plus souvent en jouant sur la diversité des harmonies vocales. Des chansons brèves (14 en 33 minutes !), percutantes, convulsives, qui rappellent le début des eighties. Et en particulier des groupes comme XTC, Jam et Gang of Four. C’est d’ailleurs Andy Gill qui produit cet opus. Des vocaux qui sont un peu la ligne de conduite des compositions. Ce qui n’empêche pas d’assister à une débauche d’énergie. Une intensité généreuse alimentée par des rythmes convulsifs, des accès de drums féroces, des breaks ou les riffs de guitare déchiquetés, nerveux, discordants ou stridents. Ni de faire la part belle aux mélodies hymniques ! Si le quatuor se partage la composition, les lyrics sont issus de la plume de Barry Hyde. Des lyrics introspectifs qui traitent aussi bien de l’aliénation, de la robotisation que de problèmes sociaux. Les Futureheads sont parvenus à se forger un son distinct, particulièrement original, susceptible de se charger de nuances. Et je pense tout particulièrement à « Decent days and nights » dont le tempo est aussi contagieux que le célèbre « My Sharona » de Knack, de « He knows », sorte de clin d’œil aux Housemartins, et surtout à la cover très réussie, interprétée dans l’esprit de « Another girl, another planet » des Only Ones, du « Hounds of love » de Kate Bush, artiste à laquelle les Futureheads vouent une grande admiration. Et plus on écoute le disque plus on rencontre des surprises. Incontournable !

Favez

Old and Strong in the Modern Times

Écrit par
Les Lausannois de Favez jouissent d’une solide réputation dans le monde de l’emo-rock européen. Ce quatrième album propose une collection de chansons majoritairement up-tempo qui conjuguent des mélodies très lyriques à l’énergie rock la plus pure. La production très live met bien en valeur le cœur et la sincérité qui émanent de cette formation. A l’arrivée on obtient de la musique sans concession qui mérite tout notre respect. Malheureusement, on regrettera le niveau moyen des mélodies et le manque de relief du chant. En conclusion, ce disque est réservé aux fans acharnés d’emocore.

Thomas Fersen

Le Pavillon des Fous

Écrit par
Depuis « Piece Montee des Grands Jours » et l’empathique single « Deux Pieds », Fersen est un personnage public, notoriété respectée de la chanson française. Pourtant, c’est oublier que depuis 1993 Fersen chante une nouvelle livraison tous les deux ans. Le « Pavillon des Fous » constitue donc le sixième album du monsieur. Et sa maisonnette des barjots est superbe, emplie de folie (forcément), d’humour et de fatalisme. Des histoires tordues, ornées de mots fleuris comme sur « Hyacinthe » et « Je n’ai pas la gale », comptine folk langoureuse. Fersen revisite son univers mot par mot, phrase par phrase. Le voyage est fabuleux, vif, couleur orange (mécanique). Le livret délivre ainsi un drôle de clin d’œil à Stanley Kubrick. Thomas Fersen se fend également d’un bel hommage à « Zaza », son clébard. Poème tendre et comique pour cette chienne puante qui ne réalise certainement pas sa chance, à l’instar de son « Iguanodon ». Mais Fersen ne fête pas que ses trente millions d’amis. Sa voix, proche de celle de Dutronc ou d’Higelin, se colle sans mal sur des frasques tubesques : « Pégase » et « Le Tournis » sont les témoins sonores de l’avènement d’un type dont le mérite trouve sa légitimité au cœur même de son style, sincère et personnel. Fersen joue avec les mots, s’amuse à vulgariser la complexité pour, finalement, accoucher de son œuvre la plus accessible. Et lorsque la porte du « Pavillon des Fous » se referme, nous restons là, séquestré en sa compagnie, camisole et sourire névrosé de circonstance.

The Fever

Red Bedroom

Écrit par
A l’instar de Radio 4 ou de The Rapture, The Fever est un jeune groupe new-yorkais qui se nourrit à la pop new wave du début des années 80. Ce 1er opus ne décevra pas les amateurs de Gang of Four (les immédiats « Cold Blooded » et « Artificial Heart ») ou de The Cars (le sucré « Put It On You »). Le quintet des frères Esquire réalise une première moitié d’album de très bonne tenue. La recette est simple : rythmique froide et groovy, guitares économes et acérées, chant juste ce qu’il faut de maniéré. Le point d’orgue de ce départ en trombe étant l’enfiévré « Ladyfingers », un titre qui ne laissera insensible aucun rock-clubber. Faut dire que l’ambition de The Fever est juste de faire bouger vos pieds, bras, jambes et/ou bassin. On ne leur fera donc pas le procès de ne pas apporter plus de densité à leur musique. En clair : écrire une putain de bonne chanson rock Ce que confirme un dernier tiers d’album bâclé et éminemment dispensable (les insupportables « Scorpio » et « Nite Vision »). Au final un « Red Bedroom » où les préliminaires sont prometteurs mais le plaisir éphémère.

Final Fantasy

Has a good home

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Final Fantasy est le projet solo d’Owen Pallett. Guitariste, chanteur, violoniste et arrangeur il est ou a été impliqué, à des degrés divers, dans une multitude de projets : Les Mouches, Internet, The Jim Guthrie Band, Picastro, Hidden Cameras, King Tut, Do Make Say Think, Royal City, Gentlemen Reg, The Phonemes, etc. L’an dernier, Canadien (Toronto) a même participé à l’enregistrement du fabuleux album d’Arcade Fire, « Funeral », formation qu’il a d’ailleurs accompagné en tournée. Les 15 plages qui constituent « Has a good home » gravitent essentiellement autour du violon et de la voix d’Owen. Un violon à la sonorité fort classique ; mais qu’il triture très souvent à l’aide d’une pédale de distorsion. Et dans ce domaine, c’est vraiment un virtuose ! Ce qui n’empêche pas les compos de s’avérer particulièrement mélodiques, contagieuses et parfois même euphoriques. Quoique minimaliste, l’instrumentation implique quand même de la guitare acoustique, des boucles et aussi des cuivres. Et puis épisodiquement des arrangements symphoniques véritablement somptueux. A l’instar du luxuriant « The chronicles of Samia ». Mais c’est un peu l’exception qui confirme la règle. En outre, Owen possède un timbre fragile, sucré, dont les inflexions peuvent rappeler tantôt David Byrne, tantôt Perry Blake. Une voix qui fait pourtant plus parler d’elle à cause de l’impact des lyrics. Des lyrics confessionnels ou fantastiques, sinistres ou humoristiques qui narrent des contes de fantômes, de déception, de culpabilité, de désolation et même de mort. Un disque épatant : c’est le moins que l’on puisse dire…

The Fire Engines

Codex teenage premonition

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Issue des cendres des Dirty Reds, Fire Engines est une formation écossaise dont l’existence éphémère ne les a pas empêchés de devenir mythique. Fondée à Glasgow en 1981, elle s’est séparée en 1981, ne laissant comme seul héritage qu’une volée de 7 inches et 12 inches, quelques apparitions sur l’un ou l’autre recueil et l’elpee « Lubricate your living room ». Sans oublier la compilation posthume « Fond », parue en 1992. Et figurez-vous qu’à l’initiative des Magic Numbers et de Franz Ferdinand, qui sont de fervents admirateurs des Fire Engines, le groupe s’est reformé. Enfin pour jouer en première partie des premiers cités à Edimbourg, l’année dernière. Et pour assurer le supporting act des seconds nommés à Glasgow, le soir de Noël. Maintenant, il ne faut pas trop espérer un come-back en bonne et due forme du quatuor. Tout simplement parce que Davy Henderson et Russell Burn sont aujourd’hui impliqués chez Nectarine n°9. « Codex teenage premonition » immortalise un set accordé ‘live’ le 16 mars 1981 au Leith Community Centre. C'est-à-dire leur toute première prestation accordée en public. Le son est de piètre qualité. On dirait presque un bootleg. Mais il constitue un véritable testament pour ce groupe punk inspiré par les Voivoids et James Chance, dont l’attitude, la frénésie et l’insolence leur avait valu une certaine aura mystique. Pour inconditionnels uniquement !

Fœtus

Love

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JG Thirwell est un des pionniers de l’electro-indus. Né en Australie, à Melbourne très exactement, il a émigré à Londres en 1978. Puis dégoûté par le business, s’est exilé à New-York en 1984. Ce qui ne l’a pas empêché de continuer à produire ses œuvres fœtales. Une conduite qu’il observe depuis plus de vingt-cinq ans. Il ne faut pas non plus négliger l’influence primordiale qu’il a exercée chez des groupes comme Ministry ou Nine Inch Nails. Si les samplers sonnent toujours de la même façon, les compos de ce nouvel opus sont, en général, hantées par un clavecin qui confère à l’expression sonore un certain climat baroque. Mais surtout, elles bénéficient d’une orchestration particulièrement riche et imposante. Lors de l’enregistrement de cet opus, Jennifer Charles (Elysian Fields) est venue donner un petit coup de voix (lascif) à « Thrush », ode à l’amour version fœtus. Côté vocaux, il faut reconnaître que le timbre de Thirwell s’égare parfois dans une sorte de big-bang sonore réminiscent des Nails voire d’Einsturzende Neubauten. Plus soft que « Gash », son elpee précédent, « Love » permet à l’artiste d’entrer dans de plein pied dans le monde contemporain, tout en demeurant fidèle à sa ligne de conduite. Pas encore le chef d’œuvre cependant, mais d’un album de bonne facture. La plaque est en outre enrichie d’un DVD réunissant trois clips plutôt gore, des anciens morceaux immortalisés live et un documentaire sur sa carrière.

Foo Fighters

In you honor

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Pour enregistrer ce double album, les Foo Fighters ont reçu la collaboration de quelques invités prestigieux ; et en particulier John Paul Jones du Led Zeppelin, Josh Homme de Queens of The Stone Age ainsi que Norah Jones. Un double album. Un électrique et un acoustique. Le second épingle à travers « Friend of a friend » un hommage particulièrement émouvant à Kurt Cobain. Et puis une bossa nova singulière (« Virginia moon ») à laquelle participe justement Norah. Le reste ne manque pas pour autant d’allure. Se couvrant d’accents folk, pop, glam, flamenco ou jazzyfiants. Le plus souvent en picking. Avec même parfois violon, harmonica et même mellotron. Et puis surtout des arrangements et des orchestrations particulièrement soignées. Démontrant finalement que les ex musiciens de Niravana ne sont pas des manchots. Mais la pièce de résistance nous vient de la partie électrique. Si les prestations scéniques de Foo Fighters ne m’ont jamais laissé un souvenir impérissable, je dois reconnaître que tout au long de l’écoute de cette plaque, j’ai presque dansé la danse du scalp ! J’ai même eu l’impression de replonger dans l’univers du harcorde juvénile de Hüsker Dü. La voix écorchée de Grohl suppléant bien sûr le timbre limpide de Bob Mould. Jamais cette empreinte ne m’a semblée aussi présente. Même à l’époque de Nirvana, qui reconnaissait d’ailleurs ce groupe comme une de ses influences majeures. Riffs, groove, pèche, mélodies contagieuses. Rien ne manque. Et là-dessus je m’en vais réécouter cet opus en montant le volume. Juste pour se remonter le moral. Après toute la pluie qui vient de tomber, rien de tel pour se remettre en forme…

Ford Brothers

Center Stage

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Californiens, les frères Ford roulent leur bosse les routes du blues depuis belle lurette. Robben et Patrick ont entamé leur carrière au début des années 70. Ils accompagnent alors Charlie Musselwhite. Mark, leur frère cadet, les rejoint alors au sein du Charles Ford Band, du nom de leur père. A partir de 72, les frangins décident de faire cavalier seul ; ce qui ne les empêchera pas de se réunir régulièrement. Patrick est le moins connu. Il joue de la batterie mais ne chante pas ; cependant, il est le fondateur du label ‘Blues Rock it’. Au cours des dernières années, le Ford Band avait commis deux elpees bien sympathiques : "Tribute to Paul Butterfield" et "In memory of Michael Bloomfield".
 
Le concert s’ouvre par le très notoire "Mellow down easy" de Little Walter. L'ensemble manifeste une grande cohésion ; ce qui n'est manifestement pas une surprise pour un line up constitué de trois frères. Robben est le premier à sortir de sa réserve en dispensant un premier solo dans son style bien personnel. La scène permet le développement de thèmes ; et nos trois frangins ne se privent pas de cette opportunité. Robben introduit le funky "Another fine day", une plage interprétée d'une voix mâle par Volker Strifler, le deuxième guitariste. Robben chante le classique "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy Williamson I. Mark y tire tout naturellement son épingle du jeu. Son intervention à l’harmonica est étonnante, inventive et toujours très inspirée. Robben se réserve ensuite les vocaux pour deux de ses compositions : "Nothing to nobody" et "Tired of talkin'". La première est une plage très personnelle mêlant à la fois jazz, rock et blues. Elle nous permet sans doute ici de retrouver le meilleur du Ford Band. Robben possède un timbre musical qui se prête facilement à son écriture. Les sorties instrumentales sont de haute facture. L'entente entre les frères est telle, qu'ils peuvent se permettre de jammer sans jamais ( ?!?!?) susciter l'ennui. "Tired of talkin" est un blues rock plus classique. Mark y développe un solo majestueux à l'harmo. Mark vient à son tour chanter deux de ses compositions dont "Feelin' disconnected". Mark jouit également d’un timbre très musical. Plus frêle, il libère cependant beaucoup de feeling. Invité, le guitariste Chris Cain monte sur scène pour interpréter "Up from the streets", un jazz rock funky émaillé d’interventions originales. Ce Californien relève également de l'équipe du label Blues Rock It. Le set s’achève par le "Lovin' cup" de Paul Butterfield. Patrick s’y réserve le chant. Et un bon album de plus pour l'équipe Ford!