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The Epoxies

Stop the future

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Effusion féroce et rétroactive élaborée à base de punk rock, de power pop et de résidus new wave, la musique des Epoxies mise radicalement sur l'originalité. Apparus en 2000 à Portland, au cœur de leur Oregon natal, les Epoxies sortent aujourd'hui "Stop The Future", deuxième disque farouche et rudimentaire, coup de pied aux couilles de l'ennui. Prêts à ‘endiguer le futur’, les cinq larbins avaient déjà prévenu leur auditoire par l'entremise d'un album éponyme unanimement accueilli par la critique et la scène punk d'alors. Car s'ils ont l'air de ringards finis, les Epoxies dégagent un style singulier et atypique dans le paysage rock(ambolesque) actuel. Vêtus de cuir sombre, de vestes en latex et épousant des dégaines de sado masos en manque de sensations fortes, ces charlots présentent de nombreux atouts. Le plus beau réside sans aucun doute dans la charmante mécanique de la chanteuse Roxy Epoxy. Néanmoins, le reste de la compagnie vaut également son pesant d'or : Shock Diode à la basse, Viz Spectrum à la guitare, le Docteur Grip (grippe?) à la batterie et l'entêtant clavier de Moxie Static viennent compléter cet étrange tableau de Modern Art. Sortes de rockers androïdes, les Epoxies s'attachent à mettre au goût du jour un punk futuriste flingué en pleine évolution. Plus exubérant que The Faint, rappelant joyeusement la délicieuse touche vocale de Déborah Harry (Blondie), on coincera sans mal ce disque entre ceux des vieux B-52's et des sympathiques jeunots de Pretty Girls Make Graves.

Eté 67

EP

Écrit par
On entend beaucoup parler des jeunes liégeois d’Eté 67 ; et leur « Quartier de la Gare » squatte déjà les ondes des radios belges. Leur premier quatre titres réunit leur mini hit ainsi que trois autres chansons d’un niveau plus qu’honorable dont les meilleures sont sans aucun doute « Sens Unique » et le très chouette « Générique 67 ». Du rock’n’roll teinté de pop, dont les paroles ne sont pas toujours à la hauteur (le chanteur a sûrement dû beaucoup écouter - trop peut-être ? - Noir Désir), mais qui laisse entrevoir le large potentiel de la formation. On saluera l’originalité des arrangements (cuivres, piano) et le parti pris de ne pas vouloir faire de la variété lisse (style Vincent Venet). Rien que pour cette raison, on lève les pouces et confiants, on attend l’album.

Eternal Reign

Forbidden Path

Écrit par
Même si la pochette est particulièrement réussie, ne nous laissons pas trop vite séduire par cette nouvelle production. Non pas que cet album soit mauvais, loin s’en faut, mais il s’agit ici d’un pur produit power métal allemand, charriant une artillerie de clichés qui caractérisent ce type de formation. Mais si on aime le genre, « Forbidden path » est une fort belle réussite. Textes introvertis, batterie puissante, chant influencé à la fois par Manowar et Queensryche, soli piquants comme des rondelles de citron, cet opus s’apprécie assez rapidement dès la deuxième écoute. Petit détail amusant : il semble y avoir eu un problème technique dans l’ordre des pistes, du moins sur la version promo. Si la version commerciale est corrigée, la promo cartonnée deviendra un authentique collector !

Etron

Necrodogs

Écrit par
Dans le tout petit monde du rock wallo-bruxellois, on connaît plus les Etron pour leurs frasques (discours raciste, déguisements nazis et foutage de gueule en général) que pour leur musique. C’est dire si c’est avec curiosité qu’on s’apprêtait à écouter les travaux des pires langues de pute de la scène belge, qui se sont d’ailleurs autoproclamés ‘greatest rock’n’roll band in the world’… Mais il est malheureusement peu question de rock’n’roll ici mais bien de…gothique. Andrew Eldritch est-tu là ? Oui mon général : basse ‘curesque’, boîte à rythmes (serait-ce Doktor Avalanche ?), guitare à la Fields of the Nephilim et ambiance malsaine sont au rendez-vous, comme si rien n’avait changé depuis 1983. Six chansons aux titres évocateurs (« Cockrider », « Fried Chinese Cunt ») mais qui sans briller par leur originalité, restent fidèles aux clichés du genre. Seule exception, « Die ! », dont la minute et douze secondes évoque les premiers travaux de La Muerte. Alors, Etron ? Des sacrés belges !

Early Man

Closing in

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Partagé en onze titres cumulant à peine 45 minutes, on ne peut reprocher à ce premier album de Early Man de se perdre en circonvolutions hasardeuses. Ici, on frappe droit ! Early Man est né 25 ans trop tard. En pleine vague de la New Wave of British Heavy Metal, nul doute que « Closing in » aurait remporté un certain succès. Mais aujourd’hui, seuls les rares fans hard core de Tygers of Pan Tang, d’Angelwitch et de Witchfynde apprécieront à sa juste valeur le travail ‘archéologique’ du duo. Mike Conte et Adam Bennati se sont très sérieusement penchés sur cette période de l’ère métallique avant de composer « War Eagle » ou « Feeding Frenzy ». Les années 80 en pleine ébullition, mais aussi la fin des années 70 caractérisées par des riffs qui auraient pu figurer sur « British Steel » de Judas Priest ou sur « Heaven and Hell » de Black Sabbath. Un brin de finesse et de créativité n’aurait pas été de refus, mais les groupes qui réussissent à reproduire aussi parfaitement le son de la NWOBHM sont si rares que nous pardonnerons les imperfections de cette galette ‘very very british old school’.

Eastern Lane

The Article

Écrit par
Natifs de Berwick-upon-Tweed, quelque part entre Newcastle et la frontière écossaise, les 4 gaillards d’Eastern Lane ne pouvaient pratiquer qu’un rock énergique, histoire de se réchauffer. Car même au beau milieu de l’été, les nuits sont fraîches à Berwick. Repérés par Rough Trade, Andrew, Derek, Danny et Stuart sortent début 2003 leur premier album, « Shades of Black ». Leur nouvel opus, The Article, débute avec un trio de titres incendiaires, où le meilleur de Von Bondies voisine avec les riffs de The Libertines, notamment sur l’excellent single « I Said Pig on Friday ». Du rock à danser le vendredi soir, la bave aux lèvres, une pinte dans la main, en zieutant ostensiblement les filles restées au bar. C’est que la vie n’est pas facile dans cette région oubliée de la perfide Albion. Alors autant s’oublier dans le houblon et le rock (« Feed Your Addiction »). Et pour la subtilité des sentiments, passez votre tour : hé c’est du rock garage m’enfin quoi! Perfide ouais !

Editors

The back room

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L’Angleterre a déniché un jeune groupe talentueux et prometteur capable de rivaliser avec les Américains de The Killers et d’Interpol : The Editors. Rythmé et entraînant, le single « Munich » a opéré une fougueuse entrée dans les ‘charts’ de l’Albion. Dès la première écoute, on ressent une inspiration new ave aux tons explosifs, manifestement sous l’influence de Joy Division. « The back room » constitue le premier opus de ce quatuor. Etrangement semblable à celle du chanteur d’Interpol, la voix intrigue. On craint même l’imitation. Ce qui n’est absolument pas le cas. Car ce groupe a trouvé son créneau en jouant une pop qui nous transporte dans un univers à la fois sombre et romantique. Une chose et sûre, cet opus devrait plaire aux fans des eighties. Et des morceaux comme « Blood », « Lights », « Fingers in the factories » et bien sûr le single en sont la plus parfaite démonstration.

Kathleen Edwards

Back To Me

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Kathleen Edwards est née à Ottawa. En 1979. Bercée dans sa jeunesse par la collection de disques de son frère (Bob Dylan, Tom Petty et Neil Young e.a.), elle débute comme chanteuse dans les clubs de la métropole canadienne. Ayant emménagée dans la campagne québecquoise, elle sort un premier album, “Failer”, fin 2001. Déjà apparaît l’univers désenchanté de la songwriter, nourri de folk et de country. De nombreuses tournées se succèdent, notamment en supporting act des Rolling Stones (!). Ce qui explique peut-être le virage ‘rock mainstream’ pris par son 2e opus, “Back To Me”. Car si on y retrouve les mêmes ingrédients traditionnels, certains titres (“In State”, “Back To Me” ou “What Are You Waiting For?”) lorgnent en effet vers un rock FM déjà entendu chez Sherryl Crow et autre Aimée Mann. Quant aux acoustiques “Pink Emerson Radio” ou “Old Time Sake”, ils drainent leur lot de mélancolie et de pedal steel. Kathleen est probablement sincère, ses textes personnels et son Americana de bonne tenue, mais ce “Back To Me” est davantage un produit F(or)M(até), peu avare en clichés cow girl (la ferme abandonnée comme décor, Kathleen pose la gratte en bandoulière, en jupe ou en jeans, mais toujours avec des bottes de cuir !)

Eels

Blinking lights and other revelations

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Il n’y a aucune hésitation à avoir : le nouveau (double) CD des Eels est le plus important de la carrière de Mark Everett alias Mark E., celui qui se cache derrière ce nom de groupe mais qui est bien tout seul à la barre, au moins cette fois-ci. Pourquoi ‘important’ ? Parce que dans ce copieux album de 33 chansons très autobiographiques, cet Américain, natif de Virginie, a choisi d’aborder de front les démons de sa vie familiale. Et il y a de quoi ! Son père (le physicien quantique Hugh Everett III) est mort alcoolique en 1982, sa sœur Elizabeth s’est suicidée en 96 et sa mère, dépressive, a fini par mourir d’un cancer en 98… Forcément, ça laisse des traces. Et Mark, seul survivant familial, estime que c’est son amour de la musique qui lui a permis d’éviter une fin comme celle de sa soeur. ‘C’est pour ça, dit-il simplement, que je prends la musique autant au sérieux…’ Dans son salon, avec l’aide de quelques-uns parfois (comme Tom Waits, Peter Buck de REM ou John Sebastian des Lovin’ Spoonful), Mark E. a pris le risque d’évoquer ses tragédies privées dans un style minimal, beaucoup plus aride mais aussi beaucoup plus profond que celui qui avait fait son succès à l’époque de « Beautiful Freak » en 1996. Le show-biz ne l’a évidemment pas trop bien pris : soudain, Mark était considéré comme un emmerdeur, un artiste ‘difficile’. ‘Les firmes de disques, répond-il, n’ont plus la moindre vision artistique…’ Aujourd’hui, les Eels ne sont donc plus chez Geffen. Cela se comprend à l’écoute de ce disque qui, çà et là, pâtit, c’est vrai, de l’absence d’un vrai groupe pour accompagner la voix plaintive et endormie de Mark E. C’est à peu près le seul reproche à faire à ce magnifique album, puisque, dans un univers clairement dépressif, Mark E. parvient à allumer les lueurs d’espoir les plus revigorantes qui soient. Si, si la vie est belle, s’empresse-on de penser après l’avoir écouté. C’est là qu’on situe son exploit !

Mark Eitzel

Candy ass

Écrit par
En 2001, Mark Eitzel commettait un album solo à la fois remarquable et étonnant (« The invisible man »), un disque déchiré entre instrumentation acoustique et électronique qui contrastait avec l’ensemble de son œuvre ; et en particulier celle d’American Music Club. Pour enregistrer « Candy ass », Eitzel vient de remettre le couvert. Alignant même toute une série de fragments synthétiques, ambient, que n’auraient pas reniés Aphex Twin, Boards of Canada, Matmos, Notwist, et même Brian Eno (« Cotton candy ») ou encore Riuichi Sakamoto (« Guitar lover »). Pourtant, c’est lorsque l’artiste opère dans la musique hybride qu’il se montre le plus intéressant. Au sein de cet univers ténébreux, sa voix écorchée si caractéristique et ses accords de sèche en picking font absolument merveille. Tout en alimentant des chansons à la fois belles et dramatiques. Ce qui n’empêche pas l’artiste de s’enfoncer dans l’exploration la plus pure. A l’instar de « Song of the mole », sorte de Tom Waits qui aurait poussé sur la distorsion. Ou encore de « Green eyes », morceau qui oscille allègrement entre le cabaret et le délire psychédélique, morceau pour lequel il a reçu la collaboration des musiciens de Calexico. Le tout enrichi de lyrics sarcastiques, visionnaires, provocateurs, qui traitent de la situation morale, mentale de la société américaine qu’il estime victime de la corruption émotionnelle (NDR : une aspirine ?). Et si vous ne comprenez rien à ce que Mark raconte, n’en faites pas un drame ; son « Candy ass » est tout simplement… un must

Akim El Sikameya

Aïni

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Violoniste originaire d’Oran, Akim est un spécialiste de musique arabo-andalouse. Ce style musical est nettement exploré sur ce second album, mais enrichi de salvatrices entorses à la tradition et de multiples emprunts aux autres musiques (latino, soul, funk). Ajoutez-y un logique parfum ‘raï’, car n’oublions pas qu’Oran a vu naître ce courant musical qui a conquis la jeunesse algérienne (dans un premier temps) et la France (remember 1, 2, 3 Soleils), et vous aurez une idée plus ou moins exacte de l’univers sonore au sein duquel baigne cet opus. Entièrement chanté par le violoniste, « Aïni » oscille entre plages mélancoliques (« La’miss », « Wissal ») et plages plus festives où les cuivres ont la part belle (« He Mama », « Ayli », le très soul « Ya habibi ya lil »). Si on regrettera la production un peu sage, cet excellent opus parvient tout de même à séduire grâce à de très bonnes mélodies. Et sans effets de manche. Ce qui est assez rare pour être signalé.

Elbow

Leaders Of The Free World

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La Britpop s’est trouvée ses éternels seconds. La complexité du cas Elbow remet perpétuellement nos croyances musicales en cause. Le groupe de Guy Garvey dispose d’une puissante assise artistique, d’un lyrisme à faire fondre des kilomètres de banquise et d’irréprochables compositions, habitées d’une aura à la profondeur abyssale. Mais où sont les milliers de fans ? Les couvertures du New Musical Express ? Les femmes nues ? Les stades en ébullition ? L’Elbowmania ? Les tamponnades chez Top Of The Pop ? Le problème de la formation de Manchester est récurrent: trop petit pour être grand, trop grand pour être petit, l’énigme Elbow pourrait être la suivante. Proches cousins de Radiohead dans leurs sublimations expérimentales, liés à Coldplay dans les intonations et la manière, les membres d’Elbow peuvent aujourd’hui s’interroger. Pourquoi sont-ils malmenés par la planète rock ? Que peuvent-ils faire de plus ? Rien. La réponse est définitive. Guy Garvey et les siens fourbissent d’excellentes intentions, ne se répètent pas et font constamment évoluer leur musique vers de nouvelles cimes. En 2001, les Anglais signaient « Asleep In The Back », solide album, unanimement acclamé par la critique et immédiatement nominé au prestigieux Mercury Prize. En 2003, contre toute attente, Elbow livre un classique : « Cast Of Thousands ». Un disque fulgurant. Coincé entre la musique classique, le rock, la Britpop, l’expérimentation et l’électronique. Décrit par beaucoup comme le « OK Computer » du groupe, l’album trempe ses onze titres dans le calice du succès. Pourtant, l’Europe continentale résiste, nie l’évidence et refuse de contempler l’œuvre d’Elbow à sa juste valeur. Aujourd’hui, l’heure du troisième essai a sonné. « Leaders Of The New World » s’imbrique dans l’invraisemblable discographie de la formation. Magnifique. Une fois encore. Mais combien de temps faudra-t-il pour que cède le nouveau monde ? Elbow s’applique et redécouvre ses racines, revient à Manchester (« Station Approach »), fonce à travers les ruelles à la recherche de l’amour et s’oublie dans les bras de l’être attendu, de la reconnaissance publique (« Forget Myself »). Les musiciens s’impliquent et s’affranchissent d’un puissant message politique (« Leaders Of The Free World »). Et pour tout dire, Elbow présente toutes les caractéristiques du leader idéal, souverain respectueux d’un monde libre. Un monde plus logique où triomphe l’honnêteté et la labeur. Un monde nettoyé des jérémiades de Chris Martin, sauvé des arnaques commerciales de Keane. Un monde plus libre. Tout simplement.

Electrelane

Axes

Bonne nouvelle : le premier disque d’Electrelane, « Rock It To The Moon » (2002), ressort ce mois-ci alors qu’on le cherchait en vain depuis déjà trois ans. Autre bonne nouvelle : « Axes », le troisième album de ces quatre filles de Brighton, est encore meilleur que son prédécesseur, « The Power Out ». Une trilogie aux couleurs plutôt sombres, tirant sa sève rythmique du krautrock des années 70 (voire du jazz genre ESP), tout en lorgnant parfois du côté obscur du mathcore et de la musique klezmer (l’étonnant « Eight Steps »). En treize titres dont dix instrumentaux, Electrelane invoque les fantômes de Can, de Blurt et de The Ex… Sans oublier parfois d’y coller une jolie mélodie ou des chœurs rageurs – mais sans cesse à contre emploi. C’est que rien n’est facile chez ces filles à la dextérité maligne : même les titres ne sont pas séparés, d’un blanc dans lequel trop souvent s’engouffre le vide, et l’auditeur avec… Non : il s’agit d’un voyage sans escales, plein de virages et de ruptures de rythmes, d’ornières menaçantes et de montées/descentes imprévisibles. Enregistré live aux studios d’Albini, « Axes » chevauche ainsi la pop music et l’avant-garde sans choisir son camp : dans cette avalanche de notes qui se heurtent et se marient en noir, l’oreille reste sur ses gardes, timide. A confesse, elle avoue ses péchés : ‘Electrelane mon père, chaque soir si je le veux’.

Juan De Marcos

Step Forward

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Première sortie du nouveau label de Juan de Marcos (un des initiateurs du projet Buena Vista Social Club), ce troisième opus des Afro Cuban All Stars rassemble une cinquantaine de musiciens qui comptent parmi les pointures musicales de l’île. Un pied dans la tradition cubaine et l’autre dans la modernité, ce « Step Forward » pèche par une volonté un peu trop forte de ratisser large. Les douze morceaux présentés ici tentent toutes les fusions possibles et imaginables pour plaire au plus grand nombre : funk (« Addimu a Chango »), ballades langoureuses (« Barbaridad »), jazz cocktail (l’abominable « Glicy’s Mood »), rock, etc. Résultat des courses, les plages sont fort aseptisées et manquent singulièrement de consistance. L’auditeur reste avec la désagréable impression d’entendre une foule de musiciens doués techniquement qui se contentent de jammer sur des thèmes aux mélodies rachitiques. Réservé donc aux incurables de musique cubaine.

Kelly De Martino

Radar

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Peut-on réellement s'attacher à Kelly De Martino ? C'est la question qui nous brûle les lèvres dès les premiers mots prononcés par l'intrigante jeune femme. ‘Please don't call me. Please don't love me, I'm not pretty’, supplie-t-elle de son timbre aérien. Le genre de déclaration à faire fuir des colonies d'homme en mal d'amour et de compassion. Pourtant, la carte de visite de Kelly De Martino a de quoi séduire. A l'écran, elle assure quelques répliques du côté d'Hollywood. Au quotidien, elle se voit styliste dans une petite boutique new-yorkaise. A Paris, elle rencontre Dominique Depret (Holden) et enregistre de jolies mélopées flanquées sur un mélange dépouillé de folk et de jazz. Et à chaque fois, ce sont de grandes réussites. Oui mais une fois seule, Kelly se perd dans ses tréfonds sentimentaux, ses récurrents conflits introspectifs. Sur "Bumblebees", par exemple, la belle déclare ses intentions : partir loin. Loin de son interlocuteur imaginaire, loin de cet angoissant amour. A cet instant précis, personne ne souhaiterait se trouver face à Kelly De Martino. Que cherche-t-elle? Du soutien? Une forme réconfortante d'isolation? D'un bout à l'autre de ce disque, Kelly De Martino semble trouver son inspiration au plus profond de ses peurs, de ses complexes et d'un évident manque de confiance. Radar est un album en forme de catharsis, un appareil de radiorepérage romantique. On peine toujours à croire que Kelly De Martino a le cœur brisé. Car nous, secrètement, on l'aime Kelly de Martino.

Dave Matthews

Stand Up

Écrit par
Si on s’en réfère à l’adage avancé par Joe Matt (cartooniste/humaniste refoulé et névrosé) dans Strip-Tease, ‘la variété serait le sel de la vie’. Très bien. Partant de là, nous limiterons nos assaisonnements quotidiens. Et nous éviterons de nous prélasser dans la cuisine de Dave Matthews. Il y a plus de dix ans que ce musicien sud-africain nous refait le coup de son « Under the Table & Dreaming », disque acclamé et écoulé à plus de six millions de copies sur la planète Terre… Son secret ? De la pop recouverte d’une fine pellicule de jazz, des excentricités world auxquelles Sting ou Paul Simon avaient déjà songé ; et une voix à chercher dans le voisinage de Christopher Barron (Spin Doctors). Et, depuis 1993, ce stakhanoviste de la bande FM américaine nous exporte sa livraison annuelle. 2005 sera donc l’année de « Stand Up », album accessoire dans la discographie de Dave Matthews. Le défilé des 14 chansons ressemble à une longue procession : comme chaque automne, on ressort la tunique de la confrérie Saint Dave Matthews, en rejouant les prouesses instrumentales et vocales d’antan. Aussi « Stand Up » s’inscrit d’emblée dans la pure tradition locale. Ce nouvel effort de Dave et son Matthews Band risque encore de se vendre dans toutes les ‘bonnes’ boulangeries (pour les petits pains) et librairies (pour les petits comics) américaines. De son côté, l’Europe attend le déclic, l’innovation et le changement artistique d’un musicien devenu redondant. Peut-être que la Saint Sylvestre 2005 marquera le tournant spontané d’une musique devenue forcée.

Dead Fly Buchowski

Land of the rough

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‘La mouche morte Bukowski’! Un nom à coucher dehors pour ce quatuor basé à Glasgow, impliquant un Autrichien aux drums (Simon Hofer), un Irlandais à la guitare et au chant (Tom Davis), un Londonien à la basse (Michael Thorpe) et bien sûr un Ecossais au lead vocal (Roddy Campbell). « Land of the rough » constitue leur premier elpee. Un disque dont l’enregistrement avait commencé au printemps 2003 pour se terminer début 2004. Découpé alors en 9 fragments et produit par Chris Gordon (NDR : un ex Baby Chaos), il était paru en édition très limitée. En fait, il avait été concocté pour être présenté à différents labels. Beggars Banquet ayant eu la préférence de la formation, le groupe a été invité à retourner en studio pour concocter trois morceaux supplémentaires et retravailler un titre originel. Puis le tout a été remixé par le producteur Mark Williams et remasterisé dans les célèbres studios Abbey Road, fin 2004. D.F.B. joue une musique organique essentiellement inspirée par la fin des sixties et le début des seventies. Un cocktail de rock, de blues et de psychédélisme. Réminiscent de la vague West Coast, c’est une certitude. Pensez à des formations telles que Quicksilver, Grateful Dead, Hot Tuna, les Doors et même Iron Butterfly. Mais interprété sur un ton contemporain, ténébreux, marécageux, dans l’esprit d’un Nick Cave flanqué de ses Bad Seeds ou encore de Stone Temple Pilots. La voix graveleuse, nicotinée de Roddy Campbell collant parfaitement à cette solution sonore généreusement électrifiée. En fin de parcours, D.F.B. nous propose même une plage complètement déjantée, envoûtante, qui dépasse allègrement les 9 minutes, démontrant ainsi qu’une grande part d’impro régit leurs compositions. Il paraît d’ailleurs que sur les planches, l’interprétation de leurs chansons varie d’un set à l’autre.

Death From Above 1979

You´re a Woman, I´m A Machine

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Auditeur contemplatif : prudence ! Ce passage est hautement électrifié. Une seule décharge de cette fricassée pré-eighties peut entraîner un sérieux pétage de plombs récalcitrant. Ce premier disque de la paire Death From Above 1979 est une véritable bombe nucléaire, un Hiroshima de tension, un Nagasaki tout-puissant. Le duo canadien impulse un époustouflant hard-rock’n’roll hypnotique sauce Liars. Plus curieux encore : Sébastien Grainger s’applique à mener le chant et la batterie de front alors que son Jesse Keeler de compère se poste à la basse et aux synthés. Ici la basse est utilisée comme une six cordes. Et la mixture opérée ‘frouche’ dans le lard comme David fracasse Goliath. Les deux petits Canadiens n’ont guère de craintes à se faire : ils sont très forts. Les poids lourds qui se risqueraient à se frotter à ces deux-là devront faire gaffe. Ces types sont des tueurs de son, d’authentiques ‘audiovores’. Le riff initial de « Turn It Out » indique la marche à suivre. C’est la course folle : le rythme est infernal, intransigeant. Plus loin, « Blood On Our Hands » s’épanche sur le plancher comme le hit de la révélation, la terreur qui corrige les erreurs. Et puis, l’heure de la rythmique psychotique de « Black History Month » retentit. Les coups de basse montent comme une grosse poussée d’adrénaline entaillant un état comateux prolongé. Finalement, Death From Above 1979 sort l’artillerie pour un « Sexy Results » insufflé au cœur même de la torpeur. L’expérimentation reprend les dessous de la scène rock : la mort est proche !

Deep Purple

Rapture of the Deep

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Après un “Bananas” en demi-teinte et un bref passage chez EMI, le monstre sacré du hard rock des années 70 débarque là où on veut bien encore de lui. Toujours privé du génial mais caractériel Ritchie Blackmore ainsi que du maître de l’orgue Hammond Jon Lord, Purple continue tant bien que mal à essayer de faire croire à son public que rien n’a changé depuis « Machine Head ». Loin d’être une pure catastrophe « Rapture of the Deep » ne relève malheureusement pas le niveau du précédent opus. Pourtant, les interventions du claviériste Don Airey sont particulièrement bien construites, et Ian Gillan - toujours bien en voix - tente l’impossible pour sauver son navire. Sur « Girls like that », il parodie à merveille Steven Tyler, tandis qu’il se prend pour Chris Cornell sur « Wrong man ». Evoluant dans un registre hard-boogie léché et un peu lisse, le combo fatigué a du mal à surprendre. Aussi nous ne retiendrons de cette nouvelle production que l’entraînant « Money Talks », plage d’ouverture, et surtout le superbe « Rapture of the Deep », dont les ambiances arabisantes et épiques sont irrésistibles. Malheureusement, on ne fait pas un bon album avec deux titres, aussi brillants soient-ils.

Deerhoof

The runners four

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Huitième album pour Deerhoof. Vingt chansons, 56 minutes, une plombe d'effusions noisy qui tournoient dans des entrelacs de mélodies sucrées. Originaire de la baie de San Francisco, le trio présente des caractéristiques typiquement indie. Indépendante jusqu’à l’os, cette musique viscérale chavire dans un univers tortueux où les belles mélopées sautillent, pieds liés à des riffs solidement sanglés. Derrière le micro, le timbre de l’espiègle Satomi Matsuzaki apostrophe celui de Kazu Makino (Blonde Redhead). Les chevauchées délirantes de Deerhoof évoquent les élucubrations foldingues d’Erase Errata, sans oublier d’inviter l’héritage libertaire de Sonic Youth. Les chansons respirent d’inspirations, se chantent à tue-tête (« Wrong Time Capsule », « Twin Killers »). Goûtant ici (« Midnight Bicycle Mystery ») et là (« Bone-Dry ») aux joies de l’expérimentation, « The Runners Four » n’en demeure pas moins un disque abordable et mélodique. Et ce, même si les tympans dégustent sur « Scream Team ». Pour l’occasion, Deerhoof délivre son album le plus long. Ce ne sera pas le moins bon : en déplaise aux amateurs de courtes distances. Partout, des refrains catchy s’élèvent et galopent à la lisière de la folie électrique qui anime le trio. Dynamique au possible, toujours sur le qui-vive, rarement policé, le rock de Deerhoof suit une trajectoire parallèle, volontairement ignorée des ondes hertziennes.

The Departure

Dirty Words

Écrit par
L’année dernière, la presse spécialisée recherchait vainement ses nouveaux Franz Ferdinand. Aujourd’hui, le dernier passe-temps préféré des magnats de la critique rock suppose de pourchasser toute décalcomanie d’Interpol et ce, jusqu’aux portes du local de répétition. But de la poursuite : une croix dûment libellée dans le coin inférieur droit d’un bout de contrat. Au terme de cette traque aux billets verts: un disque, quelques dates de concerts et une ‘nouvelle vague’ d’articles incendiaires sur l’énième révélation post-punk de l’année. Alors voilà, c’est dans cette jungle marketée à en crever qu’apparaissent les cinq dandys de The Departure. Evidemment, tous les doutes sont permis quand à l’honnêteté du projet : moins d’un an d’existence et déjà une signature chez Parlophone. C’est sûr, ce genre d’idylle en ferait rêver plus d’un… Mais ne remettons pas en doute la loyauté et la clairvoyance du label britannique. Ces gens ont souvent fait preuve de bon goût. Pour la circonstance, le catalogue s’enrichit d’une jeune formation (23 ans de moyenne d’âge) noyée de références revivalistes. The Departure épingle d’entrée de jeu ces disques cultes au portillon : « War » de U2, « Meat Is Murder » des Smiths et « Violator » de Depeche Mode. Dans ces conditions, comment ne pas être étiqueté eighties ? Peu importe, la formation persiste et signe « Dirty Words », album consensuel mais sans fausse note perceptible. « All Mapped Out », le premier simple, laissait augurer du meilleur. A l’arrivée, The Departure évite le pire, esquive les traquenards de l’industrie du disque et tout en réverbération, glisse un disque méritoire, véritable instantané de l’époque. Les côtés les plus dérangeants du répertoire des pensionnaires de Northampton renvoient directement à ceux des jeunots de The Killers (« Just Like TV ») ou aux lustres vieillots de Human League (« Arms Around Me »). Le reste de l’album négocie un tournant contemporain en compagnie de Bloc Party (« Don’t Came Any Closer ») ou des inévitables Interpol (« Only Human »). Les vocalises de David Jones apparaissent indéniablement comme celles du clone de Paul Banks, lui-même clone de Ian Curtis, lui-même décédé. Preuve ultime des dangers du clonage ?