New Brutalism de 087 à 089…

New Brutalism est un groupe de rock minimaliste formé à Knoxville, Tennessee, en 1998. Le groupe est composé de Shane Elliott (chant), Matt Hall (guitare/chant), David Basford (basse/chant) et Carey Balch (batterie). Son nouvel Ep, « Requiescat Record »,…

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Farfouiller dans la Pure Carrière…

Après des années de chaos et de réinvention, Pure Carrière revient avec « Farfouiller », une ode brute, étouffante mais libératrice à l'ennui, au chaos et à la mort. Née des racines du slacker punk, cette pièce marque un nouveau départ et un retour en force.…

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Troublemakers

Express Way

Il y a trois ans sortait « Doubts and Convictions », le premier album de ce trio (maintenant duo) marseillais, un mix juteux de soul seventies, d’ambiances blaxploitation et de travellings en Cinémascope. Aujourd’hui signés sur le mythique label de jazz Blue Note, les Troublemakers passent à la vitesse supérieure et ressuscitent les fantômes de Gainsbourg, Schifrin, Marvin Gaye et Curtis Mayfield. « Express Way » s’écoute ainsi comme la bande-son parfaite d’un film imaginaire… qu’on peut d’ailleurs voir sur le DVD offert en bonus. Mais l’album se suffit amplement à lui-même, en faisant naître à chaque écoute un nouvel univers qui rappelle Melville et Melvin Van Peebles. « Express Way », malgré quelques longueurs, surprendra qui croit encore que Blue Note est de l’histoire ancienne. Car aujourd’hui, c’est aux confins de l’électro et du hip hop que le jazz se ressource (Cinematic Orchestra, Madlib, Four Tet, Bugge Wesseltoft,…) : « Express Way » brasse ainsi tous les genres pour mieux leur faire honneur, en évitant de trop leur ressembler. Une belle manière de s’exprimer sans tomber dans le cérémoniel, et de prouver que le jazz en 2004, ce n’est pas forcément des types aux cheveux gris qui jouent en costume au Palais des Beaux-Arts. « Everyday is just an extension of yesterday » : hier Miles Davis et Stevie Wonder, aujourd’hui les Troublemakers ? C’est une manière de voir, même si elle est encore réductrice. Pour une fois, laissons donc parler la musique.

The Skidmarks

Till the Last One´s Gone

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Fidèles à leurs premiers amours musicaux (rock garage sixties, heavy métal à la AC-DC et punk-glam à la New York Dolls) ces Bataves écument les scènes allemandes et hollandaises depuis déjà quelque temps. « Till the Last One’s Gone » constitue leur troisième plaque. Le chanteur beugle comme un furieux tandis que les musiciens assurent tranquillement, forts de ce qui a l’air d’être une solide expérience live. Pas mal de morceaux sympathiques (« Lapdance », « I Can’t Stand Her », « Liquor Shot », « What I Need », « Summertime Love ») où l’équilibre entre ‘pêche’ et mélodies est judicieusement préservé. L’ensemble est savamment enregistré : une production brute qui va comme un gant à ce genre de musique. Les fans de rock hédoniste et volontairement couillon trouveront en cette plaque un sain défouloir pour saluer l’arrivée de l’été, oublier les déceptions footballistiques ou autres.

Skooshny

Zoloto

Écrit par
Mark Breyer, Bruce Wagner et David Winogrond ont une conception très particulière de la notion du groupe rock. En activité depuis 1978 et responsable d’un 1er EP éponyme, ce trio de Los Angeles teinte son garage-rock de pop-psyché proprement californienne. Trois albums sortis dans les années 90 sur l’obscur label londonien (!) Minus Zero et quelques contributions à des compilations plus qu’alternatives n’ont pas assuré à Skooshny une grande notoriété. D’autant qu’en près de 3 décennies d’existence, la bande de Mark Breyer n’a livré qu’un seul concert ! Rendez-vous compte ! (NDR : Gaëtan Vigneron, plusieurs fois à chaque Grand Prix de Formule 1, depuis près de 15 ans de diffusion RTBF). Et encore c’était lors d’un hommage aux Love d’Arthur Lee ! Difficile d’être plus casanier que Breyer, lui qui n’a même pas de permis de conduire ; ce qui doit être exceptionnel pour un rocker US ! Et la musique dans tout ça ? Zoloto est une collection d’extraits d’EP’s, d’albums et d’inédits, invariablement sympathiques, décontractés, rock’n’roll, qu’on imagine bien entendre dans n’importe quelle gargote de la côte Ouest. Sans se départir d’un regard acerbe et indépendant sur l’Amérique d’aujourd’hui… Curieux et rafraîchissant.

Slam

Year Zero

« Year Zero », comme s’il était temps pour Stuart McMillan et Orde Meikle de remettre les pendules de leur label (Soma) à l’heure, en perte de vitesse depuis l’hégémonie allemande (Bpitch, Playhouse, Gigolos, Gomma, Kompakt,…). Le problème, c’est que le duo prétend prendre des risques, mais nous ressert un « Alien Radio »… en moins bien. Les mêmes invités (Dot Allison, Tyrone Palmer), la même tambouille électro,… Mais sans la rage des débuts (ce « Positive Education » d’auguste mémoire). Les deux Anglais ont vieilli, veulent faire des « chansons » (l’horripilant « Lie To Me » qui implique Ann Saunderson d’Inner City) et rendre hommage aux genres ‘non electro’ qui les ont influencés (du funk de Prince à la soul de Detroit). Bonne idée… Mais c’est encore et toujours sur le dance-floor qu’ils continueront à vraiment nous convaincre (« Human », « Known Pleasures »). Le beat est mort ? Vive le beat !

Sluts Of Trust

We are all sluts of trust

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Amis du rock n’ roll, je vous salue ! Amateurs de couinements en tous genre et de plaisirs salaces (hummmm), je vous présente le disque qui vous manquait. Celui que vous allez vouloir vous procurer à tout prix. Sur lequel vous allez vous remuer les fesses (de préférence). Accompagné. Mais seul ça marche aussi ! Entité bicéphale hybride venue tout droit de Glasgow, SOT inscrit le chiffre 2 comme alternative aux trios et autres partouzeurs musicaux. Ce retour au couple traditionnel (les Kills, les White Stripes, Laurel et Hardy) vous (re)donne l’envie d’être l’homme (ou la femme) d’une seule femme (ou d’un seul homme). Car même si nous nous inclinerons face au retour d’une formule recentrée en terme de partenaire, rien n’est (contre)indiqué en ce qui concerne le choix de son sexe. Ayez confiance, nous sommes tous quelque part, au fond, des petites salopes...

Sly & Robbie

The Dub Revolutionaries

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Cet album est le fruit de la rencontre entre l’équipe rythmique la plus réputée de Jamaïque et le producteur anglais Mad Professor. Alors qu’il a déjà eu l’occasion de travailler en compagnie de quelques pointures (parmi lesquelles Lee Perry), le professeur fou n’avait jusqu’ici jamais eu l’honneur de travailler avec ces stakhanovistes du riddim. La rencontre s’est déroulée en avril 2003 et pour l’occasion Sly & Robbie ont décidé de reprendre leurs instruments traditionnels, puisque depuis quelques années ils ne comptent plus que sur des machines. Un autre héros du reggae vintage des années 70 est aussi de la partie ; le souffleur Dean Fraser connu pour ces travaux chez le producteur Joe Gibbs. Le premier volume de cette collaboration (d’autres sont apparemment à venir) voit nos compères revisiter en mode dub le catalogue d’Ariwa, le label de Mad Professor. C’est du dub tout ce qu’il y a de plus classique. Les amateurs prendront un malin plaisir à écouter ces morceaux à un volume élevé, histoire de mieux apprécier nos deux ténors dans leur excellence rythmique. Mad Professor prend l’option de ne pas saturer d’effets les morceaux, histoire de mieux mettre en avant les cuivres et les efficaces rythmes « rockers »... En résumé, un passage obligé pour les fanatiques de dub, mais pas essentiel pour les fans de Sly & Robbie.

Small Jackets

Play at High Level

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"Play at High Level" : le titre de l'album des Small Jackets annonce la couleur. Croisement entre un Iggy Pop période "Raw Power" et du AC/DC grand cru, la musique du combo issu de Detroit ne fait pas dans le détail. Et mine de rien, le talent de composition du groupe est indéniable et ses arrangements accrochent l'auditeur immédiatement. En l'espace de 9 titres, Small Jackets réussit le grand écart entre le rock des années 70 et le plus récent mouvement Stoner. Certains reprocheront à la plaque une sonorité un peu crue, mais le son garage donne un charme supplémentaire à des titres aussi énergiques que "Raunch n'roll", "No More Time", "If you Stay" ou "Extra Miles". Amateurs de pur rock n' roll, n'hésitez pas à vous jeter sur cette plaque diablement jouissive. Du tout bon !

Elliott Smith

From a basement on the hill

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Difficile de chroniquer cet album sans évoquer le décès de son auteur. Qui se serait suicidé le 21 octobre 2003. Encore que le flou qui entoure les circonstances de sa mort mérite réflexion. Une chose est sûre, à l’écoute de son sixième opus posthume, les fans auront bien le droit de pleurer sa disparition. Car cette plaque est un petit chef d’œuvre. Oh oui, peu de plages sortent du lot. Pour la bonne raison qu’elles semblent former un tout. Et il est nécessaire d’écouter ce disque 4 ou 5 fois avant d’en capturer l’âme. Lors de son enregistrement, Elliott voulait qu’il soit double. Dans l’esprit du double blanc des Beatles. Rob Schnapf (le producteur du « Mellow gold » de Beck et de « XO » de Smith) ainsi que par Joanna Bome (The Minders, Stephen Malkmus & The Jicks) n’ont retenu que 15 fragments pour plus ou moins 56 minutes. Mais si les compos acoustiques évoquent le « White album », les titres électriques lorgnent davantage du côté d’« Abbey road ». Même le sens mélodique est aussi contagieux. Seule différence, mais elle est de taille, les chansons ne parlent ni des petits oiseaux (NDR : même si on entend épisodiquement quelques pépiements), ni des verts pâturages, mais de douleur, d’angoisse, de désir, de mélancolie, de regret, d’amour, de dépendance, de dépression, de solitude et de mort, thèmes qu’il développe avec cynisme et fatalisme, mais surtout un sens de la caricature et de la rime intelligente. Rien que les titres des chansons traduisent ces états d’âmes (« Don’t go down », « The last hour », « Memory lane », etc.) Un étalage d’émotions humaines responsable d’une progression lente et inexorable vers son suicide. Nonobstant ce contenu tragique, l’album parvient à vous bercer dans la mélancolie douce. Dans un style qui peut même parfois faire penser à Radiohead (« Strung out again »), à Mercury Rev (« King’s crossing »), mais avant tout aux Fab Four… L’album de l’année !

Patti Smith

Trampin´

Écrit par
Patti Smith est donc de retour avec un neuvième opus. Poète (sûrement), prêtresse (peut-être), mais surtout légende du punk new-yorkais, elle s’est décidée à commettre un nouvel album, parce qu’elle avait des choses à dire. Sa mère est décédée. Une épreuve supplémentaire qui s’ajoute à la longue liste de ses proches disparus au cours des dernières années. Et puis le contexte géopolitique actuel ne pouvait la laisser indifférente. Car chez Patti Smith, la révolte est toujours latente. En fait, elle nous invite à examiner sa conscience face à la politique menée par le gouvernement Bush. Et à réfléchir, à penser, à manifester. Mais aussi à tirer des conclusions (NDR : les prochaines élections ?) à travers quelques hymnes à l’espérance. Pour enregistrer cet elpee, elle a notamment reçu le concours de ses amis incontournables Lenny Kaye et Jay Dee Daugherty. Et si le spectre de feu son mari, Fred ‘Sonic’ Smith, plane tout au long de cet elpee, elle a également eu le bon goût d’inviter sa fille Jesse, qui l’accompagne au piano sur le titre maître, fragment qui clôture par ailleurs le disque. Elle lui consacre également une chanson, « Cartwheels ». Partagées entre ballades bouleversantes et titres rageurs, les chansons de ce « Trampin’ » expriment un large éventail d’émotions qui oscillent de la tendresse en passant par le regret, la passion, la joie et l’intuition. Le timbre vocal de Patti se charge alors de nuances, pour encore mieux faire passer son (ses ?) message(s). Mais ce sont les titres les plus saignants, les plus féroces, les plus intenses, les plus fiévreux qui m’ont le plus fasciné. Tout d’abord les 9 minutes d’hommage au légendaire pacifiste « Gandhi ». Tramé sur un crescendo hypnotique, il est littéralement déchiqueté par des riffs d’électricité féroce, presque ‘cold’. Les 12 minutes de « Radio Baghdad », ensuite. Une méditation sur l’histoire tumultueuse de Moyen-Orient. Un exorcisme dont la vitalité dramatique peut parfois rappeler le Led Zeppelin. Et enfin « Stride of the mind » et « Jubilee », deux plages taillées dans le rock/garage contagieux, sensuel, énigmatique, dont Patti a le secret. Pensez à « Gloria » ou encore à « Land ». Bref, que des bonnes nouvelles. Patti Smith se produira ce 9 juillet dans le cadre du festival ‘Cactus’…

Dwayne Sodahberk

Unfortunately

Dwayne Sodahberk pourrait bien être le cousin suédois de Riyan Kidwell (alias Cex) : même propension à la remise en question, même talent de mixeur fou (ici : du folk, de l’electronica, de l’ambient, du post-rock, du gothique), même envie de bluffer son monde et de provoquer chez certains de graves crises d’urticaire. Cette fois, Mr Sodahberk a troqué son sampler contre une guitare à 12 cordes, de quoi faire son Fennesz sans en avoir l’air, jouer à Tim Hecker sans tomber dans le bruit facile. C’est beau (« The Agreeing Song », « Afternoon Shape », « Good Curse »), parfois neurasthénique (« No Fun », d’où le titre), mais jamais gratuit : Sodahberk évite d’en faire trop, parce qu’il n’y a pas que Squarepusher et Kid 606 pour faire avancer le schmilblick. Un autre monde existe, peuplé de songwriters aux tympans fragiles, qui ne crachent pas dans la soupe électro mais n’en font pas non plus leur nouveau sacerdoce. Une leçon que le Scandinave applique à la lettre, et qu’on suit avec plaisir, sans copions ni chahuts.

Sofa

Démo

Écrit par
Avant d’opter pour le patronyme Sofa, cette formation normande a répondu successivement aux noms de Union Jack, puis de Mr Jack. Les cinq titres de cette démo constituent un avant-goût d’un premier album qui est actuellement en préparation. On nage ici en pleine noisy pop rappelant les débuts de Noir Désir. Et la véhémence affichée tout au long de « Radiosofa », proposé ici sous une forme ‘live’, en est la plus belle démonstration. Seule différence, mais elle est de taille le vocaliste possède une voix claire, capable de virer au falsetto ; alors que Cantat avait, à l’époque, surtout tendance à racler son baryton. Sur les trois titres enregistrés en studio, Sofa manifeste un sens mélodique qui n’est pas sans me rappeler Yel ; même si l’électricité, plutôt branchée sur le U2 circa « Boy », épouse parfois des envolées stratosphériques comme chez Muse. Un bémol, la noisy est parfois un peu trop noisy. M’enfin il ne s’agit que d’un brouillon. On devrait donc y voir plus clair lors de la sortie de l’elpee.

Solbakken

Music For Lost

On les avait découverts dans la série des compiles « In The Fishtank », en compagnie de Black Heart Procession. « Lost » est en fait la musique d’une pièce de théâtre (signée Jakop Ahlbom), l’histoire d’un homme qui n’en peut plus de vivre dans ce monde d’aliénation qui est le nôtre. « Seabird Flavour », le morceau d’ouverture, installe l’ambiance, crépusculaire : on pense au post-rock de Mogwai et de Migala, voire aux disques de Carte Postale Records. Puis la batterie se fait plus lourde, le piano hanté : c’est « Lonely Shepherd » et ses relents slowcore (Black Heart Procession, justement). Un vibraphone rapplique ensuite, et Solbakken se met à jouer au lièvre et à la tortue (en anglais : « Tortoise ») avec nos sentiments. La tortue, Huysmans, Des Esseintes : décadence. Après l’interlude « Ring Of Fire » (cover de Cash), du rock noisy et du folk vocal (Patty Waters, ce genre), avant le retour des guitares reptiliennes. Solbakken, trio hollandais dans la lignée de The Ex, entretient la flamme d’un rock malade aux profondeurs troubles. S’y brûler revient à hurler son envie de vivre, malgré les turpitudes, malgré la faucheuse qui nous guette. Rien n’est perdu. Pas encore.

James Solberg

....Real time

Écrit par
James Solberg est né en 1951. Dans le Wisconsin. Très jeune, il s'exerce sur divers instruments : le banjo, le violon et la guitare. A quinze ans, il part à Chicago. Seul. Il attrape le virus du blues en jouant en accompagnant Eddie Taylor, Jimmy Reed, Big Walter Horton et Johnny Young. Au début des années 70, il émigre à Milwaukee. Il y fonde un groupe avec John Paris, l'harmoniciste de Johnny Winter. C'est à cette époque qu’il fait la connaissance de Luther Allison. En fait, le célèbre bluesman séjournait alors dans cette fameuse ville du Wisconsin pour la pour Tamla Motown. A l’issue de cette rencontre on retrouve James sur la route, dans le backing band de Luther. Une aventure qu’il va partager entre 75 et 79. Il a ainsi participé à la confection de plusieurs albums commis par Luther au cours de cette période, dont "Live in Paris" et "Live at Montreux". Lorsque Allison se fixe en France, il rejoint Short Stuff et son remarquable harmoniciste, Jim Liban. Il décide ensuite de faire un break pour s’adonner à son autre passion : la moto ! (NDR : une Harley Davidson). Lorsqu’il se remet à la musique, c’est pour réunir tous des anciens musiciens du Muddy Waters Band. Au sein du Legendary Blues Band. Il fonde ensuite son James Solberg Band. En 93, Luther Allison revient aux States et bat le rappel de la bande à Solberg. Une époque en or qui s’achèvera à la mort de Luther, en 97. De ce moment privilégié naîtront "Soul fixin' man", "Blue streak", "Reckless" et plus tard "Live in Chicago". Ce qui n’a pas empêché le James Solberg Band de commettre quelques elpees d’excellente facture ; et en particulier "See that my grave is kept clean" en 95 et "One of these days" en 96. En 1998, il grave encore "L.A Blues", en hommage à son ami disparu, puis "The hand you're dealt" en 2000.
 
James est un guitariste qui a de la bouteille. Ses accords à la six cordes sont très affûtés. Faut dire qu’il a beaucoup écouté - et qui lui reprocherait ? - Luther Allison. Il a tout compris de sa manière d’électrifier le son. Un son puissant, volontiers agressif, qu’il propage dès "It's alright". La guitare ne peut être contenue. Elle déborde d’intensité. Criarde, lacérée, impressionnante, elle n’a que faire de la voix nasillarde de son maître pour se manifester. Une entrée en matière fracassante. Les musiciens sont à la hauteur et assurent bien leur rôle. Que ce soit le claviériste Larry Byrne, le drummer Allen Kirk ou le bassiste Scot Sutherland. Très rythmé, "Real time" est un blues plus classique. Très riche, la section rythmique soutient parfaitement Solberg. Ce dernier en profite pour s’autoriser un solo monstrueux, qui s’élève quelque part entre Allison et le pauvre Son Seals (NDR : sur le site web de Solberg figure une photo de Son Seals. Assis, il est accompagné du James Solberg Band au grand complet. Immortalisée au Cafe Boogaloo de Hermosa Beach, à Los Angeles, elle remonte au 9 octobre dernier). La famille Solberg a partagé une maison avec Bob Dylan, lorsque James était encore gamin. Coïncidence, mais son timbre me rappelle souvent celui de Dylan. Et parfois aussi sa musique. Tout au long de "Let the teardrops fall", on croirait entendre le Zim flanqué du Band. Une superbe ballade déchirée par une guitare gémissante et tapissée par l’orgue Hammond B3. Excellent! Très nasillarde, sa voix est à nouveau calquée sur celle du vieux Bob, tout au long de "Secondhand smoke". Pourtant, James peut lui donner une autre dimension et démontrer qu’elle possède un certain registre. Et il le démontre sur le rock'n'roll "Champaign dreams", un fragment dynamisé par un piano et enrichi d’une section de cuivres. Bien amplifié, "Everybody wants to go to heaven" est un slow blues classique de toute bonne facture. Blues rock entraînant et luxuriant, "Fightin' all round the world" est entretenu par une guitare puissante et saturée. Un titre pour la route ! "Rockin' the gradle" est imprimé sur un tempo soutenu, alimenté par une section rythmique pleine de swing et le piano, pendant que la guitare en picking de James se détache de l’ensemble. Solberg est un excellent compositeur. Toutes les plages de « ....Real time » sont issues de sa plume. Un talent qu’il avait mis naguère au service de Luther Allison. Et on s’en rend parfaitement compte à l’écoute du superbe "Ever been a rainbow". Il ne manque finalement plus que la voix rocailleuse de Luther (NDR : qu'on espère entendre à tout moment…) Dans son style, "Real Time " est un album irréprochable. Et je vous le recommande chaudement. Un elpee qui recèle encore le funky "Down, down, down", avant de s’achever par le long slow blues "Gotta play my blues", une finale dispensée par un maître du style…

Solex

The Laughing Stock of Indie Rock

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Solex est le projet personnel d’une ex-propriétaire d’un magasin de disques amstellodamois, à savoir Elisabeth Esselink. Ses premiers opus étaient marqués par l’emprunt de sons à de vieux disques pour en faire de nouveaux (« The Hitmeister », « Pick Up » et « Low Kick and Hard Bop »), contribuant à créer un style très personnel, qu’on appellera lo-fi techno pop (!). Pour ce 4e opus, Solex a délaissé les machines et les samples pour recourir aux instruments classiques : claviers, guitares et percussions. Sans pour autant abandonner un don pour l’excentricité. Les chansonnettes pop de Solex sont des petits bijoux de bricolage sonore, parfois sans refrain ni couplet, ce que d’aucuns nommeraient sans queue ni tête. Autre plus, la voix caverneuse de l’invité Stuart Brown, renforçant l’impression de vignettes d’animation, de petits dessins animés sonores, qui se dégage à l’écoute de ce justement nommé « The Laughing Stock of Indie Rock ». Bien qu’inégal – c’est le genre qui le veut – on retiendra le swamp blues « The Boxer », l’hilarant « Hot Diggity Dog Run Run Run » ou le brico psychédélique « You’ve Got Me ». Déconcertant et souvent amusant !

Son Ambulance

Key

Écrit par
Deuxième album de « Son, Ambulance », « Key » aurait pu être une très belle réussite. Passé le faible morceau d’introduction (« Paper Snowflakes »), on se dit en effet que l’on tient peut être là un groupe ayant compris comment faire de la pop romantique à l’anglaise sans tomber dans les travers habituels du genre. Portés par une musique emphatique (NDR : mon Dieu, que de piano ! ! !) étrangement touchante et une voix évitant les inflexions pénibles ‘à la Chris Martin’ pour se poser dans un registre plus proche de celui de Jarvis Cocker (leader de Pulp), les premiers morceaux de l’album étonnent par une certaine légèreté empreinte de nostalgie. Ainsi, « Billy Budd » et son petit parfum rétro font mouche alors que « Chlorophyll » émeut par la grâce d’un métissage improbable entre Travis et Coldplay. Dans la continuité, un « House Guest » aux arrangements kitsch proches de Maximilian Hecker ou encore le plus enjoué « Taxi Cab Driver » finissent par donner l’impression que le groupe maîtrise parfaitement son sujet… Et puis, alors que l’on semble s’acheminer tranquillement vers une fin de disque ‘pépère’, l’irréparable survient sous la forme de trois morceaux franchement laids. La première salve est tirée par « Glitter Angel », sorte de slow FM sirupeux clôturé par un solo de guitare dégoulinant. Ensuite c’est carrément l’invasion barbare qui gagne l’ego trip de « If I Should Fall Asleep » et un « Pleasure Now » portant décidément bien mal son nom… La bataille terminée et les cendres refroidies surgit une interrogation : comment la bande de petits poètes du début a-t-elle pu se transformer en une horrible armée au service des forces du mal (NDR : question que se posait également mon grand-père au sujet des Allemands pendant l’entre-deux guerres…) ? Répondre à cette question permettra, on l’espère, à « Son, Ambulance » de produire un troisième album digne des réelles qualités entrevues avant que son côté obscur ne l’emporte… (NDR : avant le triomphe du côté obscur…)

Sonic Youth

Sonic Nurse

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Fondé en 1981, Sonic Youth en est déjà à son 19ème album (NDR : et je ne parle pas des Eps, bootlegs ou autres projets en solitaire ou pas). Un fameux bail pour une formation qui a évolué d’une musique aussi expérimentale que bruitiste (NDR : qu’on a appelée no wave) vers une noisy pop oblique et aventureuse. Confirmation : Jim O' Rourke est bien devenu le cinquième membre du groupe. A l’issue de la première écoute, « Sonic Nurse » laisse une étrange impression d’apaisement. Etrange, car hormis le final « Peace attack », fragment pop dans le sens le plus rigoureux du terme, mais dont les lyrics vilipendent la politique de Bush, ainsi que le très atmosphérique « I love you golden blue », toutes les autres compositions démontrent à nouveau l’art de Sonic Youth à rendre la dissonance mélodique. Que ce soit à travers les harmonies décalées, les arpèges torturés, les larsens maîtrisés et les dérapages instrumentaux. Plage qui ouvre l’opus, « Pattern recognition » s’achève même dans un véritable déluge de guitares. En fait, cet apparent apaisement procède des vocaux partagés entre Thurston Moore et sa compagne Kim Gordon, des vocaux qu’on pourrait qualifier de vaporeux, parfois même de nonchalants. Un disque dont le charme insidieux peut parfois rappeler « Sister », « Evol » ou encore « Daydream Nation »…

Sons & Daughters

Love The Cup

Nouvelle signature de Domino, qui décidément joue ces temps-ci au furieux chasseur de têtes. Rock’n’roll, les bouilles. Du moins c’est ce qu’on croit à l’écoute du titre d’ouverture de cet EP (7 morceaux), garage à souhait, tendance The Kills. Deux voix se répondent, en pleine combustion sensorielle : c’est Adele Bethel, déjà entendue chez Arab Strap, et Scott Paterson. A deux ils forment un beau couple, électrique et sensuel, comme si les Thompson (Linda et Richard) avaient eu 20 ans en 2000 et découvraient le rock’n’roll d’aujourd’hui, celui qu’on trouve à New York et Stockholm. Minimaliste, en tout cas : une guitare, une batterie. L’épine dorsale du rock qui prend aux tripes, avant de vous les faire vomir. Parfois la tension se relâche (« Start To End »), mais jamais pour longtemps : le Velvet, PJ Harvey, Gun Club,… Ils sont passés par là. Et Johnny Cash, figure tutélaire de cet EP incendiaire, honoré par un titre à son nom (une claque). Sons and Daughters ? Une question de filiation. Avec tel arbre généalogique, ces deux-là peuvent être fiers.

The Soundtrack Of Our Lives

Origin Vol. 1

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Lors du poll 2002, j’avais plébiscité « Behind the music », le troisième opus de ce sextuor suédois, album de l’année. Un disque qui ne puisait plus exclusivement son inspiration dans l’essence du psychédélisme, mais aussi dans toute l’histoire de la pop et du rock. Je vous invite d’ailleurs à relire cette chronique. « Origin Vol. 1 » est sculpté dans le même moule, mais revisite d’autres pans de l’histoire de cette musique. On y retrouve bien sûr toujours les références aux Beatles (le ‘lennonesque’ « Song for the others ») et au Floyd circa « The Piper at the Gates of Dawn ». Tout au long de « Believe I’ve found », c’est une évidence. Donc à Syd Barrett. Et lorsque la voix nasillarde d’Ebbot Lunberg emprunte ses inflexions sinusoïdales, c’est encore plus flagrant. L’esprit de Roger rencontre ainsi Lenny Kravitz sur le très groovy « Royal explosion (part II) », George Harrison tout au long du contagieux « Bordeline » et l’orientaliste « Wheels of boredom ». Mais à l’instar du défunt Guided By Voices, TSOOL a exhumé l’intensité hymnique du Who. Du chef d’œuvre « Tommy », bien sûr. Pensez à « Pinball wizard ». « Transcendental suicide », même si le sens mélodique rappelle les débuts d’Oasis, et le final « Age of no reply », nonobstant ses claviers rognés, ‘manzarekiens’ (NDR : comme chez les Doors, si vous préférez), épousent ce profil. Si « Bigtime » s’enfonce dans la noisy ténébreuse et hypnotique de Jesus & Mary Chain, l’allègre « Heading for a breakdown » adresse un clin d’œil aux Byrds. Violent, furieux et échevelé, « Mother one track mind » carbure sur un tempo punk que n’aurait pas renié le MC5. Enfin « Lone summer dream » bénéficie d’orchestrations somptueuses dignes de Love. A moins que ce ne soit des Pretty Things. En fait, le psychédélisme de l’œuvre est tellement ample, tellement riche, que je ne puis m’empêcher de penser à la période la plus hallucinée des Jolies Choses. Et pour couronner le tout, Jane Birkin est venue donner de la voix sur « Midnight children », une chanson tout aussi langoureuse, mais forcément moins sensuelle que le célèbre « Je t’aime, moi non plus », qu’elle partageait alors avec Gainsbarre. Et pourtant, on n’a jamais l’impression que l’œuvre souffre de revivalisme. En fait, TSOOL est encore une fois brillamment parvenu à transcender ses influences pour les conjuguer au présent. Et à ce titre, cet elpee mérite de figurer parmi les ‘musts’ de l’année…

The Spangles

Daddy´s Boy

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On sait peu de choses sur ces français anglophiles si ce n’est que ce disque est leur premier long format. Si vous êtes curieux, vous aurez l’occasion de découvrir des jeunes gens fortement influencés par le rock anglais. La voix du chanteur Manöx (aucun lien avec la pommade du même nom) évoque un croisement improbable entre les singers de James, Bauhaus et des Buzzcocks. La musique puise dans la fureur du punk, l’efficacité rythmique du funk et les mélodies de la britpop. Certains morceaux sont par ailleurs enrichis d’un quatuor à cordes, de percussions et autres trompettes. Les ingrédients pour une bonne plaque sont présents, mais il manque le cuisinier pour rendre un tel programme digeste. Plusieurs bonnes idées, quelques morceaux corrects laissent entrevoir le potentiel du groupe, mais la production sans imagination rend les chansons interchangeables et l’ensemble monotone. Résultat des courses, « Daddy’s boy » n’est pas toujours passionnant à écouter. L’engagement d’un producteur pour les futurs travaux devrait s’avérer bénéfique. En attendant, on leur souhaite bonne chance mais on passe notre tour pour cette fois-ci.

Speaking T

Poised and Ready

Écrit par
Entièrement marquetée pour le marché international, la deuxième plaque de ce duo américano-belge s’amuse à mélanger quelques styles musicaux fort à la mode pendant les années 90. Les ambiances délétères et les rythmiques appuyées du trip hop. Les bidouillages électroniques et les voix soul chers à la drum and bass. Ron Neuman (drums), Pierre Goudesone (compos et prod) et Markest Tate (chant à la Martin Gore) présentent donc une douzaine de morceaux où ils appliquent systématiquement cette formule avec un bonheur pour le moins inégal. La sauce prend bien sur la plage titre, où la balance entre atmosphère et mélodie est parfaite. Le reste se révèle difficile à écouter sans s’endormir. Les mélodies sont faiblardes ou carrément inexistantes. L’utilisation systématique de synthétiseurs midi rend l’ensemble totalement uniforme et on a bien du mal à pouvoir différencier un morceau de l’autre. Mais l’absence de feeling de l’ensemble est de loin le plus gros péché de cet album. Un peu plus de cœur et moins de cerveau pour composer les chansons aurait peut-être sauvé « Poised and Ready » du dangereux ennui qu’il dégage.

The Spirit That Guides Us

North And South

L’ennemi du rock’n’roll est sans aucun doute l’embonpoint du " 1, 2, 3, 4 ", la pose juvénile, l’adrénaline sans contrepoids mélodique… Parce qu’il ne faut pas confondre application et talent, compétences et sérieux. Cette recette, The Spirit That Guides Us la bien comprise ; et en concoctant " North And South ", évitent tout malentendu : le rock est une histoire d’élégance et de hargne, d’équilibre précaire entre fougue et justesse. En vertu de ce constat, ces Hollandais viennent de signer un grand album de rock sensible et fiévreux, à ranger entre les disques d’At The Drive-In et Q And Not U, Blood Brothers et… Nada Surf. Sans cesse sur le fil du rasoir, les chansons de Spirit That Guides Us impressionnent par leur sophistication, tout en paraissant d’une incroyable évidence : la marque des grands. Il n’y a rien à jeter sur ce disque, qui contient même des tubes (" El Salvador ", " Making Beds In A Burning House ", " Concertine Crash ", " Accelerator ",…). Gueuler, rire, pleurer : on peut y aller franchement en écoutant " North And South ". C’est de l’émotion pure… Et c’est ce qui nous guide, envers et contre tout.