L’école d’art de Library Card

Library Card a beaucoup joué en live à travers l'Europe et les États-Unis. Son nouveau morceau, "Art School", est devenu un favori du public lors de ses concerts. Ce titre marque un nouveau chapitre pour la formation, qui est rapidement devenue l'un des…

logo_musiczine

La vision de l’art prônée par Superchunk…

Superchunk sortira son nouvel album, « Songs in the Key of Yikes », ce 22 août. En attendant, il a partagé le single, « Is It Making You Feel Something ». ‘Il a toujours été vrai que tout le monde traverse quelque chose dont on n'est pas forcément conscient’,…

La vérité selon RORI

Après avoir marqué les esprits en assurant la première partie de Lana Del Rey, au…

Trouver des articles

Suivez-nous !

Facebook Instagram Myspace Myspace

Fil de navigation

concours_200

Se connecter

Nos partenaires

Search results (26653 Items)

Duffy Power

Sky blues

Écrit par
Que de grands noms sont nés de ce glorieux british blues boom des 60s ! Mais on y recensait également de très nombreux artistes de talent qui ne connurent, en réalité, que de brefs instants de célébrité. Cette vague a engendré la vocation de peu d’harmonicistes, mais bien de guitaristes dont le légendaire Cyril Davies (NDR : trop tôt disparu en janvier 1964), John Mayall, bien sûr ( NDR : qui n'était pas spécialement un musicien hyper doué), Duster Bennett, John O'Leary, Shakey Vick et Duffy Power. Duffy avait été, pendant quelques mois, le chanteur d'Alexis Korner Blues Incorporated. Il a enregistré également quelques 45 tours en compagnie du Graham Bond Organisation. Il a commis son premier album en 1971, "Innovations", flanqué de son groupe, le Duffy's Nucleus. Une formation au sein de laquelle militait John McLaughlin, Danny Thompson et Terry Cox. Duffy véhiculait une solide réputation, à la fois de chanteur, compositeur et instrumentiste. Cet opus nous permet de découvrir différentes sessions enregistrées pour la BBC.
 
L'elpee s’ouvre par "Gin house blues", un bon blues destiné à l'émission "The blues roll on", diffusé sur Radio 3 en juillet 68. Duster chante d’une vois très présente, au feeling naturel très rare. Il est secondé par les remarquables Alexis Korner à la guitare, Steve Thompson à la basse et Terry Cox aux drums. Cinq fragments procèdent de "Blues is where you hear it", une émission animée par Alexis Korner en juillet 1970. Une session très intimiste. Duffy est seul, armé de sa guitare totalement unplugged. Sa voix craintive, timide à l'extrême, est totalement bouleversante dans le dépouillement et la beauté pure pour interpréter son "Halfway blues", le "That's all right Mama" d'Arthur Crudup et le "Hellhound" de Robert Johnson, qui bénéficie pour la circonstance d’un arrangement très personnalisé. Nous sommes ensuite transportés en 1971. Duffy n'est plus seul. La qualité sonore n'est pas exceptionnelle, mais la sensibilité est à nouveau très palpable tout au long de "Give me one". Un orgue Hammond le soutient. On jurerait entendre Graham Bond. Et puis surtout il a emporté son harmonica. Il ne souffle que les notes nécessaires. Celles qui viennent du cœur. Pas de prouesse technique. Juste cette émotion qu’il épanche. Le rythme s'accélère enfin. A cause du piano de Mike Hall. Il épouse même le tempo du boogie pour attaquer son "City women". Lorsqu’il introduit le très lent "Louise" à l'harmonica, il laisse transparaître un sentiment de tristesse réminiscent de Big Walter Horton. Une influence majeure, sans aucun doute. Et quand il chante, on dirait qu’il pousse un cri de douleur! Dans son solo, la manière de souffler, le son, on jurerait être en présence d’une une trompette. La dernière prise de cette session est particulièrement surprenante. Duffy chante seul, en s’accompagnant de sa guitare, pour commettre une poignante version d’"I was her standing there" des Beatles. Nous ne sommes pas loin du pré war blues. La session suivante opère un changement radical de style. Les quatre plages sont extraites d'un show accordé en septembre 73, pour le "Sound of the seventies"du fameux John Peel. Il est soutenu par tout un groupe, mais la musique s’est muée en rock progressif bien d'époque, sans excès, toujours marqué par la voix si personnelle de Duffy. Bénéficiant de la participation du guitariste Graham Quinten-Jones, de Chris Bailey et de Peter Kirk, "Dusty road" est un véritable joyau. Et dans le style, "Little soldiers" n'est pas mal non plus. Enfin, un dernier bond dans le temps nous propulse en août 1994, lors du Paul Jones R&B show. Duffy Power a reçu le concours du célèbre Dick Heckstall-Smith aux saxophones. Les deux vétérans n'ont rien perdu de leur art. Et ils le démontrent aussi bien sur le doux "Sky blues" que sur le remuant "Little boy blue". Très free jazz, Dick se met à souffler dans ses deux saxes à la fois, comme au bon vieux temps…

PPz 30

Duck My Sick

Écrit par
Il y a bien dix ans que PPz 30 sévit sur la scène musicale belge. Après avoir vécu les inévitables hauts et bas inhérents à leur métier, ils nous reviennent avec un nouvel album sur un nouveau label, signe d’une vitalité intacte qui inspire le respect. Rien de bien neuf, pourtant, dans leur funk-métal ; l’atmosphère de dessin animé sous LSD est toujours présente (le flow tout terrain de Bruce), tout comme la haute quantité d’énergie délivrée. Avouons-le franchement, PPz 30 a cessé d’être intéressant sur disque il y a quand même bien longtemps (« Jumpin’ Joesaphat » ?). L’accumulation des tics de compos sur ce nouvel opus frôle l’insupportable et cette demie heure d’orgie délirante est carrément indigeste. Je réserverai donc cette plaque exclusivement aux fans ! Je vous conseille cependant d’aller les applaudir en concert : c’est quand même le point fort de nos gaillards…

Preston School Of Industry

Monsoon

Écrit par
Au sein de PSOI, on retrouve Spiral Stairs, alias Scott Kannberg, guitariste et membre fondateur de Pavement. Un personnage qui était toujours resté dans l’ombre ; mais qui depuis la séparation du groupe mythique, a mis les bouchées double. Tout d’abord en fondant son label, « Amazin Grease », et puis en fondant Preston School Of Industry. En 2001, la formation avait d’ailleurs déjà sorti un premier elpee, « All this sounds gas », un disque apparemment constitué de sessions d’enregistrements écartées de l’album « Tenor twilight ». Pour enregistrer « Monson », PSOI a reçu le concours de Wilco (« Get your crayons out ! ») ainsi que de Scott Mc Caughey desYoung Fresh Fellows) et de Minus Five (« Caught in the rain » et « Tone it down »). Ce qui explique sans doute pourquoi l’opus trahit de larges affinités pour la musique country alternative. Une chose est sûre, la plupart des chansons de ce disque manifestent des arabesques héritées en ligne droite de chez Pavement, même si elles sont imperceptibles. Une certaine nonchalance aussi. Tout en empruntant la sensibilité hymnique d’un Lloyd Cole, voire d’un Evan Dando. Scott y a ajouté des cuivres, du violoncelle et même de la mandoline. Et puis surtout ses lyrics véhiculent un engagement sournoisement politique. Opus fort agréable à écouter, « Monsoon » manque cependant de personnalité. Exception qui confirme la règle : « Line it up », un morceau élégamment déchiqueté par l’électricité de la guitare ; presque noisy, si vous préférez. Inutile de dire qu’il s’agit du meilleur morceau de la plaque.

Pretty Girls Make Graves

Good Health

L’année dernière sortait « The New Romance », le deuxième album de ces Américains qu’on aura trop vite faits d’étiqueter ‘post-punk’. C’est qu’on y décelait, aux détours des refrains vrombissants et des rythmiques métronomiques, des influences quasiment pop, qui collaient trop aux baskets pour qu’on puisse vraiment pogoter à notre aise. Ce premier album, sorti d’abord sur le label garage-punk Dim Mak, est enfin réédité à grande échelle (grâce à Matador)… Et sonne une fois pour toutes le glas des discussions sans fin de rock critics : Pretty Girls Make Graves est un sacré groupe de… rock. Point barre. Et qui cartonne, mesdames et messieurs : douze titres costauds et furibards, qui donnent envie de se taper la tête contre les murs (du son) et d’empoigner une guitare, même pour de faux. Une bonne chose que cette réédition : la preuve que tout ce revival rock’n’roll n’est qu’une grosse blague médiatique, puisqu’il a toujours existé des groupes qui castagnent, depuis la nuit des temps (rappelez-vous The Monks en 1965… le premier groupe punk). Le rock tient une pêche d’enfer, et PGMG en est le fruit défendu.

Primal Scream

Primal Scream

On ne présente plus Primal Scream, un des groupes rock majeurs des années 90 et 2000, dont la carrière n’a jamais souffert d’aucune baisse de régime, ou presque (aucun titre des deux premiers albums du groupe, « Sonic Flower Grooves » et « Primal Scream », ne sont ici présents). Primal Scream, c’est d’abord « Screamadelica » (1991), un des elpees phare de l’indie dance, qui trône à côté du premier album des Stones Roses et des Happy Mondays. Une pierre angulaire de cette époque insouciante où l’X déferlait dans les clubs et déchaînait les passions les plus contradictoires. De cette époque que beaucoup comparèrent au « Summer of Love » psychédélique de la fin des années 60, on retiendra surtout « Loaded », véritable appel à la fête et à la défonce ; en fait un remix d’un vieux titre du groupe (« I’m Losing More Than I’ll Ever Have ») opéré par Andrew Weatherall. Puis c’est la gueule de bois et la régression stonienne de « Give Out But Don’t Give Out » en 1994, avant le très dub « Vanishing Point », album du retour en grâce, sur lequel Mani (des… Stone Roses) et Kevin Shields apportent un renfort logistique. Mais la vraie claque s’appelle « XTRMNTR », un furieux mélange de garage punk et d’électro martiale, dont on retrouve ici pas moins de quatre titres (tous des bombes). Le dernier épisode de Primal Scream s’appelle « Evil Heat », sorti il y a deux ans, encore plus violent, mais moins techno. Si vous n’avez aucun disque du groupe à Bobbie Gillepsie, ce best of s’avère un achat indispensable. En fait c’est bien simple : « Dirty Hits » est grandiose du début à la fin.

Prince

Musicology

Écrit par
Grâce à l’album « Rainbow Children », le prince du funk-pop des eighties a récupéré son pseudonyme et la faveur des critiques (à défaut du public). Certes, Prince remplit encore tranquillement les salles, mais il y a longtemps qu’il n’a pas eu un grand succès populaire. Elément qui n’est capital en soi, l’important étant d’écrire des bonnes chansons. « Musicology » est donc une pierre en plus dans l’édifice d’un artiste qui n’a plus rien à prouver mais s’amuse encore à pratiquer la musique. La plaque commence donc très fort par une plage titre au groove énorme et l’électro-funk de « Illusion, Coma, Pimp & Circumstance ». S’ensuivent quelques plages qui souffrent d’un excès de glucose. Comme ces « Million Days » et autres « Call My Name » où Prince noie son manque d’idées sous un déluge de pathos. Le pop-rock de « Cinnamon Girl » est joué aussi finement qu’un groupe de camionneurs bourrés, mais contient la mélodie la plus convaincante de l’album. Ce qui séduit surtout, c’est le radicalisme instrumental des morceaux funk, et leur synthèse parfaite entre acoustique et électronique… Dommage que l’inspiration mélodique ne soit pas toujours au rendez-vous. Une cuvée 2004 pour le moins faiblarde donc, même si le génie et l’aisance du prince rayonnent toujours autant.

Probot

Probot

Écrit par
Rien qu'à voir la tête de Dave Grohl aux côtés de tous les monstres du heavy/doom/trash metal composant cette entité protéiforme qu'est Probot, un seul constat : l'ex-batteur de Nirvana s'est fait un petit plaisir de gamin. Reconverti au rock stadium en compagnie de ses Foo Fighters, le sieur Grohl coupe l'herbe sous les pieds des observateurs blasés en réunissant le temps d'un album la crème des eigthies. Tout ça sent bien évidemment la bière, l'animal et les donzelles aux tétons barrés de chatterton. Et la calvitie naissante des chevelus quadras aujourd'hui... Tableau de chasse impressionnant, irréprochable sur papier, finalement dispensable sur laser. Maintenant tout dépend du point de vue. Quelle était la volonté de Grohl ? S'amuser ? Réussi. Rendre à Lemmy ce qui lui appartient ? A mon avis, les superstars de Probot s'en battent comme de leur première biture. Remettre au goût du jour les oubliés du métal ? Pfft, qu'on les laisse finir leur vie en paix. La joie de composer semble avoir été partagée. Généralement expédiée, les bandes traînaient dans un tiroir pour finir compilées aujourd'hui. Finalement depuis le temps qu'on en parle de Probot, qu'on en attendait monts et merveilles, le résultat sent l'hommage plus que la collaboration. Grohl se fait bouffer par ses mentors. Victime consentante ? A partir de là, Probot constitue une chouette compile d'inédits opérée par une flopée de pointures. Pour appâter le chaland, Voivod, Venom, Sepultura, Motorhead, COC, D.R.I., Cathedral, St Vitus, Celtic Frost, Trouble, Mercyful Fate sont des noms qui font rêver. La parole à mon collègue Stéphane...

Prosaics

Aghast agape

Écrit par
A l’instar d’Interpol, Prosaics avoue un petit faible pour la cold wave, la new wave et le post punk du début des eighties. Un trio qui doit partager un même culte pour Joy Division. Et surtout pour Ian Curtis. Deux formations qui paradoxalement nous viennent de New York. Même les spectres des Smiths, d’Echo & the Bunnymen et du Sound transparaissent à travers leur musique. Alors copie conforme ? Non, puisque les Prosaics ont opté pour une formule tour à tour allègre ou frénétique. Et puis la voix d’Andy Comes (NDR : ex Tel Aviv) n’est pas aussi clinique et monocorde de celle de Paul Banks. Parfois gémissante. Mais pas comme celle de Robert Smith. Plutôt de Robbie Grey. Si, si, souvenez-vous de Modern English, auquel Prosaics emprunte finalement le sens mélodique. Avec pour résultat ce mini album 5 titres qui prélude la sortie d’un premier opus.

Pseudosix

Days of Delay

Écrit par
En cette période de relations tourmentées entre l’Europe et les Etats-Unis, il est toujours agréable de se rendre compte que le pays de l’Oncle Sam peut offrir au monde d’autres visages que les faciès patibulaires de ses affreux dirigeants (NDR : sans pour autant affirmer que nos ‘chers’ leaders européens valent vraiment mieux)…Si, de plus, c’est un bon petit groupe d’Americana qui se charge de mener la fronde, le monde ne pourra alors que nous sembler meilleur. Composé de trois musiciens que l’on imagine facilement barbus et mal fagotés, « Pseudosix » ne révolutionnera certes pas le genre mais propose un album bien fait, classique dans le fond et la forme. Jeu approximatif mais touchant, voix lancinantes et intimistes, guitares enregistrées dans un poulailler, petite perle cachée en fin d’album (le génial « Hollow Abyss »), toutes les caractéristiques de ce que l’on aime (ou pas) dans ce style de musique en provenance d’une ‘autre Amérique’ sont présentes au sein de « Days of Delay ». Ainsi, que ce soit par la grâce d’un « Crooked Carroussel » faisant copain copain avec Songs Ohia ou des très beaux « Run Rebel », « Madness » et « Put Your Back on the sun » lorgnant vers Cat Power, ce sont des images de champs de blé ensoleillés et de routes sillonnées par des papys au volant de tondeuses à gazon trafiquées qui nous viennent à l’esprit. Et de se rappeler que l’Amérique que l’on aime, c’est celle là…

Paatos

Kallocain

Écrit par
Paatos est géniteur d'un premier album passionnant, 'Timeloss', paru l'année dernière. Le groupe a depuis attiré l'attention du très actif label InsideOut et de l'infatigable Steve Wilson, leader de Porcupine Tree et producteur d'une flopée de projets récents. Une collaboration entre de tels protagonistes tombait presque sous le sens. 'Kallocain' en est le fruit. Et la récolte est bonne, autant le dire tout de suite. Les amateurs de Prog intégristes en seront pour leurs frais. Cet opus embrasse des perspectives globalement plus pop sur lit de rythmique trip-hop. Mais l'esprit d'aventure intact, le mellotron généreux et les ambiances scandinaves typiques préservent le capital prog de ce groupe décidément prometteur. A l’instar de son prédécesseur, l'album s'ouvre par une plage atypique et intrigante, pour la circonstance articulée autour d'un violon tzigane, d'un chant déformé et d'une basse grondante et prolixe. Fort réussi! Suit 'Holding on', morceau sobre et élégant affilié à Massive Attack, mais alliant le sucré et le salé grâce au timbre suave de la chanteuse Petronella. Celle-ci inonde de lumière le refrain de 'Happiness', la troisième plage, par sa voix superbe, presque enfantine. Elle y évoque plus les petits chanteurs à la croix de bois qu'autre chose, mais le résultat est d'une innocence et d'une pureté irrésistibles. La quatrième plage renoue avec des ambiances plus glacées, parfois parées d'un manteau de mellotron. D'abord joliment anodin, 'Look at us' s'achève sans abus en digression rythmique et guitaristique. Répétitive et hypnotique,'Reality' ferme lentement sa porte. 'Stream' évolue au sein d’un univers plus proche de 'Timeloss'. Tout comme 'Won't be coming back', qui laisse voir un peu de feu sous la glace. Paatos prend ensuite congé sur la pointe des pieds, dans une ambiance feutrée et intimiste. Et très grande est la tentation d'effleurer le bouton ‘Play’ à nouveau. Un très bel album, donc, fait de velours et de givre, alliant finesse modernisme et psychédélisme. Une oeuvre admirablement produite qui revendique, au fil de ses neuf perles, son lien de parenté avec le post- rock mélancolique des Anathema, Antimatter et autres Radiohead. Un des incontournables de l'année!

Pagan’s Mind

Infinity divine

Écrit par
Vu le succès de l’album “Celestial Entrance”, les Norvégiens de Pagan’s Mind ont choisi de rééditer leur premier opus sorti en 2000. L’objet se voit pour le coup agrémenté d’une cover de « At the Graves » du ténébreux King Diamond. Dans les années 80, un groupe comme TNT défendait les couleurs du heavy metal norvégien. Depuis l’explosion ‘black’, peu de bands ‘traditionnels’ ont réussi à se faire un nom au pays des caribous. Pagan’s Mind assure dorénavant la relève. Et la réédition de ce formidable premier album est une surprise de taille. A l’instar d’un Opeth, d’un Kamelot ou d’un Porcupine Tree, c’est dans la durée que la profondeur de la musique de Pagan’s Mind prend toute sa dimension. Riffs puissants, soli efficaces, vocaux aigus mais très mélodiques, esprit baroque ; le combo s’inscrit dans la pure tradition du speed mélodique à l’allemande, ajoutant de l’emphase et des influences prog à son metal. Le sublime « Caught in a Dream » démontre à lui seul l’étendue des capacités vocales de Nils K. Rue qui emprunte autant à Michael Kiske (Helloween) qu’à Jon Oliva (Savatage). Chaque titre réussit à surprendre l’auditeur, et Pagan’s Mind explore au fil des morceaux un très large spectre musical, ce qui n’est pas monnaie courante dans la famille ‘speed metal’. Une heureuse réédition chaudement recommandable, et un groupe à suivre de très près.

Parne Gadje

O Manuš

Écrit par
Marc Constandse est un passionné des musiques issues de l’Europe de l’Est. Fasciné par le ‘Rebetiko’, un style né dans les bas-fonds grecs des années 30 et la musique des gitans roumains, ce musicien hollandais s’est mis en tête d’adapter ces styles en les jouant dans la rue et dans des fêtes diverses. Flanqué de trois compères qui manient une flopée d’instruments, dont quelques uns inventés par leurs soins, comme le mystérieux velofoon et le bike-tire bass, il chante en s’accompagnant d’un bandonéon. Ce deuxième long format se partage entre des endiablées ballades balkaniques et des morceaux sombres et tendus de « Rebetiko » comme ce « To Praktorio », noir à fendre les pierres. Quoique brillamment exécuté, il est difficile d’imaginer que les chansons soient interprétées par des Européens sédentaires (des « gadje » comme disent les gitans), tant le mimétisme avec les interprètes originaux est grand. Une œuvre généreuse qui reste malgré tout difficile d’accès, la longueur et la noirceur délétère de l’ensemble n’y étant pas étrangers. Pour esprits solides uniquement !

Will Oldham

Seafarers Music

Ces temps-ci, Will Oldham (Palace, Bonnie ‘Prince’ Billy) sort des disques à la douzaine : après la compilation de ses propres covers de titres de Palace, voilà que notre barbu préféré se lance dans l’illustration sonore d’un documentaire… maritime. Cela dit, ce n’est pas la première fois que Will Oldham s’essaie à ce genre d’exercice : il y a quelque temps déjà, il signait avec A Boxhead Ensemble la musique d’un autre documentaire intitulé « Dutch Harbor ». Sur cet EP entièrement instrumental, l’Américain démontre ses talents de musicien hors pair, tel un John Fahey des temps modernes. Les quatre thèmes ici présents se révèlent ainsi une ode au « guitar picking » : entre le son des cordes pincées respectueusement, on entendrait presque le bruit du ressac. Si Flaherty était encore vivant, sûr qu’il demanderait à Will Oldham de composer une musique pour « L’Homme d’Aran », son splendide documentaire sur les pêcheurs de l’île britannique du même nom. A défaut, on écoutera ces variations acoustiques sur le thème de la mer en imaginant nous-mêmes les images qui vont avec. Ainsi bercés par ces guitares en apesanteur, on évitera tout risque d’avoir l’estomac retourné.

Olympos Mons

Conquistador

Écrit par
Si le marché du power metal symphonique commence sérieusement à saturer, Olympos Mons ne risque malheureusement pas d’apporter une bouffée d’oxygène salvatrice au style. Finlandais, il aimerait s’inscrire en droite ligne de ses compatriotes de Sonata Arctica. Malheureusement, le vocaliste chante faux sur la plupart des parties aiguës, les passages instrumentaux deviennent rapidement douloureux pour nos oreilles sensibles, et les compositions sont d’une banalité affligeante. Bref, Sonata Arctica n’a absolument rien à craindre. Olympos Mons compte 15 ans de retard, un retard qu’il ne rattrapera probablement jamais. Si vous aimez le style, précipitez vous plutôt sur la réédition du superbe premier album de Pagan’s Mind. A bon entendeur…

OMR

Side Effects

La France a son Lali Puna ! Au pire son Hooverphonic (lire : au mieux son Hoover). Un gars, une fille : combinaison parfaite pour chanter les délices (et les supplices) de l’amour… La complicité, dans un couple uni par la musique (ici, electro-pop), est souvent essentielle. Els Pynoo et Danny Mommens (Vive La Fête), Matthew Herbert et Dani Siciliano, Valerie Trebeljahr et Markus Acher (Lali Puna), Miss Kittin et The Hacker,… Autant d’exemples de duos masculin/féminin qui nous feraient presque dire que l’amour en électro, c’est pas du pipeau. Et dans « Amour » il y a OMR, ce qui tombe plutôt bien. Fusion du corps numérique et du corps humain, des machines et de la cyprine, du beat et de la b… : l’electro-pop, c’est d’abord ça, et rien d’autre… Vous en reprendrez bien une tranche, mmmm ?

Oneida

Secret Wars

« Secret Wars » est déjà le sixième album de ce trio de Brooklyn et le premier pour Rough Trade. Ce mur de guitares crispantes, auquel se cogne une batterie sans frein et des synthés spasmodiques, rappelle le meilleur de la no-wave du début des années 80, des Flying Lizards à DNA… Et pourtant, Oneida n’est pas de ces groupes à la mode qui adoucissent leur son pour faire la couverture des magazines : même si « Secret Wars » est moins jusqu’au-boutiste que ses prédécesseurs, il n’en reste pas moins d’une puissance de frappe ahurissante, et d’un étourdissement des plus cathartiques. En clair, ça tape, sans jamais faiblir. Pris dans cette tourmente post punk apocalyptique, l’auditeur n’a pas 10.000 alternatives : soit il saute à pieds joints dans l’œil du cyclone et s’abandonne à ces coups de butoir électriques, soit il subit ces boucles entêtantes et vacille dans un coma des nerfs et des sens. Les deux sont également possibles, à condition d’avoir une santé de fer. C’est qu’il faut savoir garder la tête froide à l’écoute des furieux « Capt. Bo Dignifies The Allegations with a Response » et « $50 Tea », et même quand on croit avoir la paix deux minutes (« The Last Act, Every Time » et son banjo curieusement pop), ça repart pour un quart d’heure de mantra punkoïde (« Changes in the City »). Ouf, c’est la fin : ça fait du bien. Au prochain tour, on prévoira quelques calmants et des serviettes humides, pour éviter tout basculement dans la folie.

Oranger

Shutdown the sun

Écrit par
Issu de San Francisco, Oranger compte déjà quatre albums à son actif. Une formation qui collabore régulièrement aux projets de groupes avec lesquels ils partagent les mêmes affinités musicales. Récemment, Matt Harris avait rejoint les Posies, Mike Drake et Jim Lindsay joué en compagnie de Preston School Of Industry, et Patrick Main apporté son concours au Tarnation de Paul Frazer. Réputé pour leur psyché/garage hérité en ligne droite de la West Coast, le quatuor a décidé de rendre ses chansons plus pop, plus contagieuses. Sans pour autant renier leur démarche sous influence. Résultat des courses, le combo californien vient de commettre un opus fort intéressant. Riche aussi. Dans la lignée des Wilco (NDR : décidemment on ne parle plus que d’eux), de Son Volt et d’Uncle Tupelo. Et la participation de David Dondero (alias Chris ‘The Texican’ Heinrich) à la pedal steel pour « Cut off yer thumbs » et « The writer » accentue, bien évidemment, cette impression. Maintenant, en grattant un peu, on se rend compte que chaque chanson, d’abord composée à la guitare acoustique, puis mise en forme avec toute la panoplie de l’instrumentation basique (guitares, basse, batterie et claviers), possède ses propres spécificités. Plus surprenantes les unes que les autres. A l’instar de l’excellent « Othersider », dont le groove semble avoir été piqué à Beck. Du croustillant « Going under », dont le fruit de la rencontre entre ELO et Teenage Fan Club, semble hanté par le spectre de George Harrison. Du déjanté « Sweet goodbye », morceau qui aurait pu naître d’une jam entre les Stones et Gomez. Et enfin du titre maître. Ses harmonies vocales beatlenesques, sinusoïdales nous ramènent même à l’époque du « Magical Mystery Tour ». Et je nous laisse le soin de découvrir le reste. Car au plus on écoute cet opus, au plus on découvre de surprises. Epatant !

Einar Örn

Ghostigital

Écrit par
Vétéran du punk islandais, Einar Örn est surtout connu pour sa participation aux Sugarcubes en compagnie de Bjork. Pour pondre cette plaque sombre et apocalyptique, il s’est acoquiné au producteur Curver et le MC Sensational (ex-Jungle Brothers). Que l’auditeur ne s’attende pas à rencontrer dans cette collection quelque chose s’approchant du ‘format classique’ de la chanson, mais plutôt des descriptions cauchemardesques de la vie quotidienne illustrées par des rythmiques plombées, des strates sonores et du pur bruit. Les tracks où Sensational tient le crachoir rappellent le rap abstrait d’Anti Pop Consortium. Quant à lui, Einar déclame et éructe ses textes sur les beats de Curver. « Ghostigital » n’est pas à proprement parler le disque qu’on s’envoie tous les matins pour se donner de l’énergie. Il n’en reste pas moins qu’il recèle plusieurs bons morceaux comme « Bank » ou « Strangely Shaped ». Ces plages rachètent largement les nombreux moments éreintants qui font de ce disque une expérience masochiste.

Shuggie Otis

Inspiration Information

Écrit par
Déjà sortie en 2002, cette réédition avait déjà focalisé l’attention de magazines au nez creux comme « Vibrations ». Le label de David Byrne prend l’initiative de la promouvoir à nouveau cette année, histoire de rendre une justice bien méritée à ce classique trop longtemps ignoré. Multi-instrumentiste de génie, Shuggie Otis a commis une poignée d’albums au début des seventies. Entre 20 et 22 ans il a composé et arrangé « Freedom Flight » (dont quelques traces sont reprises ici) et surtout « Inspiration Information », en 1974. Une œuvre extrêmement audacieuse caractérisée par l’utilisation intensive de boîtes à rythmes. Mais un échec commercial retentissant qui a empêché Shuggie d’enregistrer de nouvelles plaques. Pourtant, cette réussite artistique a largement influencé quelques générations de musiciens. Otis évoque un Bill Withers expérimental qui n’aurait pas peur de s’embarquer dans des structures étranges. On y recèle également des réminiscences de Sly Stone, mais en bien plus chaleureux. Le résultat engendre quelques purs chef d’œuvre comme « Inspiration information », « Sparkle city », « Aht Uh Mi Hed », « Happy House », dont les mélodies ne quittent plus l’esprit une fois dans l’oreille. Un disque qui ne se dévoile pas facilement, mais qui réserve de belles surprises à l’auditeur aventureux.

Overhead

No time between

Écrit par
Attention, cet album contient un tube radiophonique en puissance ! Ce genre d’événement étant suffisamment rare, inutile dès lors de bouder son plaisir. « The handsome machine », puisqu’il faut nommer la bête, est un p… de morceau alliant Jeff Buckley et pop anglaise dans une sorte d’alchimie improbable. Tout y paraît calibré au poil, comme dans une petite horloge suisse au mécanisme fin et fragile. De plus, lorsque l’on apprendra que l’orfèvre (un groupe nommé Overhead) ayant mis au point cette belle mécanique ne provient pas du pays du gruyère mais plutôt de celui du camembert, on ne pourra que s’incliner. Pour une fois qu’un groupe français ne sonne pas…français ! ! ! Evidemment, l’inconvénient dans ce genre de situation c’est que le reste de l’album paraît un peu pâlichon par rapport à cette tuerie. Lorgnant clairement de l’autre coté de la manche, la pop d’Overhead n’en reste pas moins très classe et franchement agréable à écouter. Agrémentées d’une voix entre Morissey et Buckley, les compostions du groupe s’étalent avec grâce tout au long de l’album et se révèlent, paradoxalement, plus convaincantes dans les moments les plus enlevés… Si les morceaux plus calmes n’échappent pas, en quelques occasions, à certains relents héroïques à la mode Coldplay, « No time between » n’en reste pas moins du bel ouvrage…

Ozark Henry

The sailor not the sea

Écrit par
Autant le dire tout de suite, le nouvel album d’Ozark Henry ne m’a pas convaincu. J’attendais mieux, beaucoup mieux, du petit prodige flamand. Bien sûr, « The sailor not the sea » n’est pas une daube infecte, loin de là. Certaines chansons, comme le single « Indian Summer » ou encore le nostalgique « Give yourself a chance » sont de belles réussites. Mesurées, retenues, originales du point de vue de la production, elles ne peuvent cependant pas racheter à elles seules un album tout entier qui, pour le reste, sombre souvent dans la banalité. Si « La donna è mobile » et « The sailor not the sea » passent encore, « Free haven », « Cry » ou encore « At sea » étonnent par un côté passe-partout auquel le Courtraisien ne nous avait pas habitués. « Vespertine » et « Jocelyn, it’s crazy we ain’t sixteen anymore » sont quant à elles gâchées par des envolées de guitares franchissant allègrement les limites du mauvais goût… Au final, on hérite d’un album mitigé, sans grand relief. Evidemment, ce n’est qu’une opinion et il s’en manifestera sûrement d’autres pour affirmer que cet opus est une réussite. D’un point de vue personnel, cependant, « The sailor not the sea » est une petite déception…